Fiche de révision : Psychologie de la santé

Plan du Cours

  1. Psychologie et notions de santé
  2. Souffrance psychique et soin
  3. Déterminants sociaux et environnementaux
  4. Approche psychosomatique
  5. Psychobiologie et interactions
  6. Schéma corporel et image du corps
  7. Mécanismes de défense
  8. Coping et stratégies d’adaptation
  9. Qualité de vie et participation sociale
  10. Résilience et accompagnement
  11. Vulnérabilité et responsabilité soignante

1. Psychologie et notions de santé

Notions clés & Définitions

  • Psychologie de la santé : La psychologie de la santé synthétise les contributions éducative, scientifique et pratique de la psychologie à la promotion et au maintien de la santé, ainsi qu’à la prévention et au traitement des maladies et des dysfonctionnements associés, selon Matarazzo (1980).
  • Santé : Selon l’OMS (1948), la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
  • Maladie : La maladie est une altération de l’état de santé se manifestant par des signes et symptômes perceptibles ou non, correspondant à des troubles généraux ou localisés, fonctionnels ou lésionnels, dus à des causes internes ou externes et comportant une évolution.

Points essentiels

  • La psychologie de la santé étudie la santé et la maladie en considérant l’interdépendance des facteurs psychologiques, sociaux et biologiques dans le maintien de la santé et le déclenchement ou l’évolution des maladies, selon Fischer et Tarquinio (2014). - Fischer & Tarquinio

2. Souffrance psychique et soin

★ À maîtriser

  • La souffrance psychique est une souffrance psychologique ou spirituelle distincte d’une douleur d’origine purement physiologique.

  • La souffrance psychique renvoie à la normalité, évaluée selon la norme sociale et le fonctionnement intérieur, et elle est considérée comme normale et universelle parce qu’elle est liée aux émotions.

  • La souffrance psychique s’exprime notamment par une plainte somato-psychique, qui constitue un langage recherchant un interlocuteur, et peut se manifester par des symptômes psychologiques, corporels ou des maladies.

Compléments

  • En France, 1 personne sur 5, soit 12 millions de personnes, souffre actuellement d’un trouble mental.

  • Dans le monde, 20 % des enfants et adolescents souffrent ou ont souffert de troubles mentaux.

  • En France, 1,4 million de personnes sont suivies par les services de psychiatrie publique.

📌 Pour soigner une personne en souffrance psychique, le soignant doit dépasser ses clichés, examiner ses propres croyances et adapter sa communication et ses gestes à la personne.

3. Déterminants sociaux et environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Déterminants sociaux de la santé : Les déterminants sociaux de la santé sont les conditions dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent, système de santé inclus, selon la commission de l’OMS (2011).
  • Santé environnementale : La santé environnementale concerne les aspects de la santé et de la qualité de vie des populations résultant de l’action de facteurs biologiques, chimiques et physiques de l’environnement, naturels ou anthropiques, selon l’OMS.

★ À maîtriser

📌 L’environnement et l’histoire de la personne influencent l’accès et la poursuite des soins, notamment les arrêts de soins, les refus de consentement, l’agressivité ou l’incrédulité; le soignant doit donc les prendre en compte.

  • Le Black Report (Royaume-Uni, 1980) associe étroitement la position socio-économique à l’état de santé : les personnes au sommet de la pyramide sociale sont en meilleure santé que celles situées plus bas, ce qui constitue le gradient social de santé.
  • Les déterminants de la santé se répartissent en niveaux :
    • les déterminants structurels généraux : contexte politique et économique
    • les déterminants sociaux intermédiaires : niveau socio-économique, revenu, niveau d’éducation
    • les déterminants intermédiaires : communauté et ethnie
    • les déterminants proximaux : groupe de pairs, milieu professionnel et famille

Compléments

  • Les déterminants sociaux de la santé comprennent :
    • les facteurs environnementaux
    • les facteurs sociaux
    • les facteurs économiques
    • les facteurs professionnels
    • les facteurs politiques
    • les facteurs culturels

4. Approche psychosomatique

Notions clés & Définitions

  • Approche psychosomatique : L’approche psychosomatique étudie les liens entre la psyché, ensemble des phénomènes psychiques formant l’unité personnelle, et le corps ou soma.
  • Trouble psychosomatique : Un trouble psychosomatique correspond à un fonctionnement opératoire dans lequel l’excitation psychique est évacuée dans le corps en raison de difficultés à élaborer psychiquement les conflits.

★ À maîtriser

  • Les symptômes psychosomatiques sont réels et vécus par le patient; les émotions, le stress et les facteurs psychiques peuvent influencer les systèmes digestif, cardiovasculaire, respiratoire et musculaire.

Compléments

  • Le stress peut modifier la motricité et les sensations digestives, notamment dans le syndrome de l’intestin irritable, qui peut associer douleurs abdominales, ballonnements et diarrhées ou constipation.

  • Une situation de stress ou d’anxiété peut s’accompagner de manifestations corporelles telles que palpitations, douleurs abdominales, nausées, diarrhée, oppression thoracique, tremblements ou tensions musculaires.

Astuce mémo

Un symptôme psychosomatique est réel, même si les facteurs psychiques contribuent à son expression.

5. Psychobiologie et interactions

Notions clés & Définitions

  • Psychobiologie : La psychobiologie étudie les interactions entre les processus psychologiques et les mécanismes biologiques, notamment ceux des systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire, ainsi que leurs effets sur le comportement et la santé.

★ À maîtriser

📌 La psychobiologie étudie les interactions dans les deux sens entre psychisme et corps, tandis que l’approche psychosomatique s’intéresse plus spécifiquement à l’influence des facteurs psychiques sur les manifestations corporelles et la santé.

Compléments

  • Face à une intervention chirurgicale imminente, l’anxiété et les pensées catastrophiques peuvent activer le système sympathique, augmenter la fréquence cardiaque et la tension musculaire, provoquer la transpiration et la libération de cortisol et d’adrénaline, puis entraîner agitation, troubles du sommeil, questions répétées ou évitement des soins.

  • Un stress prolongé peut avoir des effets sur certaines fonctions immunitaires.

  • Une maladie chronique, la douleur ou l’inflammation peuvent à leur tour influencer l’humeur et les comportements.

Astuce mémo

Psychobiologie : psychisme ↔ corps ; psychosomatique : psychisme → corps.

6. Schéma corporel et image du corps

Notions clés & Définitions

  • Schéma corporel : Le schéma corporel est la représentation plus ou moins consciente du corps agissant ou immobile, de sa position dans l’espace, de la posture de ses segments et de son revêtement cutané, construite à partir d’impressions visuelles, tactiles, kinesthésiques et vestibulaires.
  • Image corporelle : L’image corporelle, dans l’approche analytique, est une représentation inconsciente du corps liée au développement narcissique du sujet.

★ À maîtriser

  • Le schéma corporel se construit à partir de données intéroceptives, proprioceptives et extéroceptives et se remanie avec l’expérience, mais la globalité du corps n’est pleinement ressentie qu’après 6 ans.

Compléments

  • Vers 8 mois, l’enfant devient capable de distinguer son corps des objets extérieurs, et l’acquisition des déplacements et de la marche complète ensuite sa conscience de la posture dans l’environnement.

  • Vers 6 ans, l’enfant reconnaît la droite et la gauche sur son propre corps; vers 9 ans, il les reconnaît sur le corps d’autrui.

  • Le schéma corporel comprend trois formes : un schéma tridimensionnel organisé par la main, un schéma viscéral organisé par la langue et un schéma intermédiaire, présent notamment dans les rêves et les phénomènes de dépersonnalisation.

  • Chez une personne amputée, la représentation topographique du corps entier peut persister et être à l’origine de sensations rapportées au membre absent, appelées membre fantôme.

Astuce mémo

Le schéma corporel représente le corps physique ; l’image du corps relève d’une représentation inconsciente.

7. Mécanismes de défense

Notions clés & Définitions

  • Mécanisme de défense : Un mécanisme de défense est une opération mentale involontaire et inconsciente élaborée par le Moi pour atténuer les tensions et lutter contre l’angoisse en protégeant la personne d’une réalité vécue comme intolérable.

★ À maîtriser

  • Les mécanismes de défense se mettent en place face à l’angoisse, l’impuissance, le malaise ou l’incapacité à répondre aux attentes; ils sont fréquents, automatiques, inconscients et peuvent s’exacerber en situation de crise.

Compléments

  • Les mécanismes de défense sont classés en catégories :
    • immatures : projection et hypocondrie
    • névrotiques : intellectualisation, répression et formation réactionnelle
    • matures : sublimation, humour et suppression
  • Les mécanismes de défense ont une valeur adaptative variable et peuvent servir d’indices du fonctionnement psychique, du diagnostic et de l’évolution des troubles; leur repérage aide le soignant à comprendre le patient et à se connaître lui-même.

  • Perry et Cooper (1989) distinguent des mécanismes de défense fonctionnels et dysfonctionnels.

8. Coping et stratégies d’adaptation

Notions clés & Définitions

  • Coping : Le coping est l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux changeants déployés pour répondre à des demandes internes ou externes évaluées comme fortes et dépassant les ressources adaptatives, selon Lazarus et Folkman (1984).

★ À maîtriser

📌 Contrairement aux mécanismes de défense, une stratégie de coping est flexible, consciente, spécifique à un problème et orientée vers la réalité interne ou externe.

  • L’évaluation du coping comprend une évaluation primaire de la nature et de l’impact de la situation, puis une évaluation secondaire des ressources, des réponses possibles et de leur efficacité.

📌 Le coping centré sur le problème vise à réduire les exigences de la situation ou à accroître ses propres ressources, tandis que le coping centré sur l’émotion vise à gérer les réponses émotionnelles induites par la situation.

📌 Un coping adapté peut mobiliser des attentes réalistes, la planification, la relaxation, la verbalisation, la défocalisation et un sommeil de qualité, tandis qu’un coping inadapté peut comporter l’évitement ou la rupture de soins, la colère, le désespoir, l’agressivité, les toxiques ou la mésestime de soi.

Compléments

  • Une même personne peut utiliser simultanément un coping centré sur le problème et un coping centré sur l’émotion face au même événement.

  • Une stratégie de coping peut protéger contre l’affectivité négative tout en nuisant à la santé, comme dans l’alcoolisme ou le tabagisme, et son efficacité dépend de la situation.

  • Les stratégies de coping centrées sur le problème des soignants comprennent : le self-control, la résolution des problèmes, le travail d’équipe, l’organisation, la gestion du travail et l’anticipation des tâches, les stratégies interactionnelles, la planification et l’adaptation

  • Les stratégies de coping émotionnel les plus utilisées par les infirmiers comprennent :

    • la réinterprétation positive
    • la recherche de soutien
    • la spiritualité

📌 Face à un coping dysfonctionnel, le soignant peut écouter, mettre des mots sur les difficultés et favoriser un processus d’élaboration comprenant prise de conscience, compréhension et acceptation.

Astuce mémo

Le coping est flexible et conscient ; la défense est involontaire et inconsciente.

9. Qualité de vie et participation sociale

Notions clés & Définitions

  • Qualité de vie : Selon l’OMS (1994), la qualité de vie est la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans son contexte culturel et son système de valeurs, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes.

★ À maîtriser

  • La qualité de vie est subjective, influencée par le contexte environnemental et dynamique, car les variables personnelles et environnementales interagissent et évoluent.

📌 La qualité de vie est un concept subjectif portant sur le ressenti de la personne, tandis que la participation sociale est un concept objectif portant sur la réalisation de ses activités dans son environnement.

📌 Un instrument générique de qualité de vie, comme le SF-36, permet de comparer le retentissement de différentes maladies, tandis qu’un instrument spécifique mesure le retentissement d’une maladie particulière et s’adapte mieux à ses enjeux.

Compléments

  • La qualité de vie est multidimensionnelle et englobe le bien-être physique, fonctionnel, émotionnel et social, les relations, la satisfaction personnelle, l’emploi, l’autodétermination, l’autonomie, les choix, les compétences et l’intégration.

  • L’autodétermination, l’accès aux ressources et l’intégration sont des vecteurs communs à la qualité de vie et à la participation sociale.

📌 L’évaluation de la qualité de vie aide à quantifier l’impact des maladies et des interventions sur la vie quotidienne, à évaluer et comparer les stratégies thérapeutiques et à éclairer les choix du patient.

  • La qualité de vie au travail concerne les relations sociales et professionnelles, le contenu et l’organisation du travail, les parcours professionnels et la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.

10. Résilience et accompagnement

Notions clés & Définitions

  • Résilience : En psychologie, la résilience est la capacité d’une personne à continuer à se développer, différemment, après un traumatisme; elle nécessite des interactions sociales et un réseau extérieur soutenant.
  • Tuteur de résilience : Un tuteur de résilience est une personne rencontrée par l’enfant qui lui apporte aide, affection ou estime et soutient la reprise de son développement après un traumatisme.

★ À maîtriser

  • La résilience n’efface pas le traumatisme, mais permet de le supporter et de continuer à se développer.

  • Le processus de résilience comprend un premier temps où la personne résiste à la désorganisation psychique après le traumatisme, puis un temps d’intégration du choc et de réparation par le rétablissement des liens, la reconstruction et la recherche de sens.

📌 Les mécanismes de défense désignent des processus inconscients, le coping des processus davantage cognitifs, et la résilience dépend de la présence d’un autre ou d’un soutien.

Compléments

  • En 1982, Emmy Werner a rapporté que, parmi 700 enfants suivis à Hawaï dans des conditions très défavorables, 28 % étaient devenus des adultes sans troubles psychiques majeurs et capables de travailler et de fonder une famille.

  • Les facteurs de résilience sont individuels, familiaux ou sociaux :

    • facteurs individuels : autonomie, faculté d’adaptation, empathie, expression des émotions et humour
    • facteurs familiaux : qualité de la communication et environnement sécurisant
    • facteurs sociaux : groupes de parole, personnes aidantes, communauté, religion et sport

📌 Pour soutenir la résilience, le soignant peut écouter avec respect et bienveillance, proposer un espace de parole, rechercher et mobiliser le soutien de l’entourage et orienter si nécessaire vers un psychologue, un psychiatre ou un CMP.

📌 Les interventions de soin peuvent restaurer l’équilibre en diminuant l’exposition aux facteurs de risque et aux événements stressants ou en augmentant les facteurs protecteurs, les compétences et les sources de soutien.

Astuce mémo

Traumatisme, intégration, réparation : intégrer, c’est faire avec, non effacer.

11. Vulnérabilité et responsabilité soignante

Notions clés & Définitions

  • Vulnérabilité : La vulnérabilité désigne une situation où l’équilibre d’une personne est momentanément ou durablement rompu, la rendant susceptible d’être blessée, affaiblie ou diminuée par des atteintes extérieures ou physiques.

★ À maîtriser

📌 La fragilité est une brisure interne et endogène, tandis que la vulnérabilité est une atteinte externe et exogène.

📌 Face à la vulnérabilité, le rôle du soignant consiste notamment à restaurer le sentiment de dignité et de sécurité de la personne.

Compléments

  • La vulnérabilité peut être favorisée par la condition socio-économique, l’âge, l’état de santé physique ou psychique et des événements extérieurs comme le climat ou un conflit.

  • Six causes de vulnérabilité sont citées :

    • la pauvreté monétaire
    • le handicap et la santé dégradée
    • la relégation territoriale
    • l’isolement social et la solitude
    • la précarité professionnelle
    • le mal-logement
  • La loi « Léonetti II », n° 2016-87 du 2 février 2016, a pris en compte la détresse morale et privilégié le terme de « souffrance » à celui de « douleur ».

📌 Les actes de prévention, d’investigation, de traitement et de soins ne doivent pas faire courir au patient, au regard des connaissances médicales, des risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté.

  • Les enfants, les personnes en fin de vie et les personnes atteintes de troubles mentaux bénéficient d’une protection renforcée; l’autonomie de patients particulièrement vulnérables peut dépendre de leur faculté de discernement ou de leur maturité, appréciées au cas par cas.

Astuce mémo

Fragilité intérieure, vulnérabilité extérieure.

Tableaux de synthèse

Défense, coping et résilience

NotionCaractéristiqueRôle
Mécanisme de défenseInvolontaire et inconscientAtténuer tensions et angoisse
CopingFlexible, conscient et cognitifMaîtriser ou supporter les perturbations
RésilienceDépend d’interactions et d’un soutienContinuer à se développer après un traumatisme

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1. Quelle définition Matarazzo donne-t-il à la psychologie de la santé ?

2. Comment l’OMS définit-elle la santé dans sa définition de 1948 ?

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Selon Matarazzo (1980), que synthétise la psychologie de la santé ?

Les contributions éducative, scientifique et pratique de la psychologie à la santé et aux maladies.

En quelle année l’OMS a-t-elle défini la santé ?

1948.

Selon l’OMS (1948), comment se définit la santé ?

Un état de complet bien-être physique, mental et social.

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