Fiche de révision : Sémiologie cardio-respiratoire et anamnèse

Plan du Cours

  1. Signes fonctionnels cardio-respiratoires
  2. Signes physiques cardio-vasculaires
  3. Inspection respiratoire
  4. Signes d’alerte en pneumologie
  5. Palpation et percussion thoraciques
  6. Auscultation et corrélations pulmonaires
  7. Observation médicale et interrogatoire
  8. Histoire de maladie et antécédents
  9. Habitudes toxiques
  10. Conditions socio-économiques
  11. Évaluation du statut général
  12. Mesures anthropométriques systématiques

1. Signes fonctionnels cardio-respiratoires

Notions clés & Définitions

  • Dyspnée : Respiration difficile ou difficulté à respirer.
  • Hémoptysie : Rejet de sang rouge aéré par la toux.
  • Précordialgies : Douleurs ressenties devant le cœur.
  • Palpitations : Cœur qui bat fort et vite.
  • Toux : Expiration brusque réflexe.
  • Expectoration : Rejet de mucosités, ou crachats.
  • Douleur thoracique : Douleur de la cage thoracique.

Astuce mémo

Le patient ressent les symptômes, le médecin observe les signes physiques.

2. Signes physiques cardio-vasculaires

Notions clés & Définitions

  • Cyanose : Coloration bleue de la peau liée à un manque d’oxygène.
  • Tachycardie : La tachycardie correspond à une fréquence cardiaque ≥ 100/min.
  • Turgescence jugulaire : Veines du cou gonflées en raison d’une pression veineuse élevée.
  • Signe du godet : Le signe du godet est une fossette qui persiste après une pression du doigt sur un œdème.
  • Bradycardie : La bradycardie correspond à une fréquence cardiaque < 60/min.
  • Souffle cardiaque : Bruit anormal dû à une turbulence du sang.

★ À maîtriser

📌 La cyanose centrale est chaude, touche la langue et les lèvres et est liée à un problème pulmonaire ou cardiaque, tandis que la cyanose périphérique est froide, touche seulement les doigts ou les orteils et est liée à une mauvaise circulation.

Compléments

  • Le bruit B1 marque le début de la systole.

3. Inspection respiratoire

Notions clés & Définitions

  • Polypnée : Respiration rapide et superficielle.
  • Signe de Hoover : Le signe de Hoover est le creusement du bas du thorax à l’inspiration et indique une obstruction sévère.
  • Tirage intercostal : Le tirage intercostal correspond à une contraction forte des muscles qui rend visible le creux entre les côtes et constitue un signe de lutte.
  • Signe de Campbell : Le signe de Campbell est la descente de la pomme d’Adam à chaque inspiration.

★ À maîtriser

📐 Formule - La fréquence respiratoire normale est de 14 (±2) cycles/min14\,(\pm 2)\ \text{cycles/min}.

📌 La tachypnée correspond à une fréquence respiratoire > 16/min, tandis que la bradypnée correspond à une fréquence < 12/min.

📌 Le thorax en tonneau est distendu et constitue un signe de BPCO ou d’emphysème, tandis que le thorax en entonnoir présente un sternum enfoncé vers l’intérieur et le thorax en carène un sternum saillant vers l’extérieur.

Compléments

  • Un thorax normal présente un diamètre transversal supérieur au diamètre antéro-postérieur.

  • Les lèvres pincées sont un signe de BPCO.

📌 La respiration de Kussmaul est profonde et rapide, tandis que la respiration de Cheyne-Stokes présente des cycles avec des pauses d’apnée.

  • L’inspection est la première étape de l’examen respiratoire et fournit des indices sur la pathologie.

Astuce mémo

Kussmaul : profond et rapide ; Cheyne-Stokes : cycles interrompus par des pauses.

4. Signes d’alerte en pneumologie

Notions clés & Définitions

  • Hippocratisme digital : L’hippocratisme digital se manifeste par des doigts bombés en « verre de montre » et en « baguette de tambour ».
  • Gynécomastie : Développement des seins chez l’homme.
  • Syndrome de Pierre Marie : Le syndrome de Pierre Marie associe un hippocratisme digital et des douleurs articulaires, est lié au cancer du poumon et ne présente pas de fente.

★ À maîtriser

  • Le syndrome cave supérieur peut associer un visage gonflé, des veines jugulaires dilatées et des veines collatérales sur la poitrine.

Compléments

  • La manœuvre de Pemberton consiste à lever les bras ; le gonflement du visage et du cou qui en résulte montre une compression de la veine cave supérieure.

  • Les causes de l’hippocratisme digital sont : pulmonaires, notamment le cancer bronchique, cardiaques, notamment l’endocardite et les cardiopathies, digestives, notamment la maladie de Crohn, hépatiques, notamment la cirrhose et l’insuffisance hépatique

  • La gynécomastie est un signe d’alerte de syndrome paranéoplasique lié au cancer bronchique, mais peut aussi être due à certains médicaments, notamment les antiandrogènes et la spironolactone.

Astuce mémo

TOC TOC : Turgescence, Œdème, Circulation collatérale, Télangiectasies, Œdème en pèlerine, Cyanose.

5. Palpation et percussion thoraciques

Notions clés & Définitions

  • Emphysème sous-cutané : Sensation de crépitation neigeuse sous la peau.

★ À maîtriser

📌 Les vibrations vocales diminuées ou abolies donnent un frémissement faible ou absent et sont associées à de l’air dans un pneumothorax ou à du liquide dans une pleurésie, tandis que les vibrations vocales augmentées donnent un frémissement fort et sont associées à un poumon condensé dans une pneumonie.

📌 La sonorité normale est claire et résonnante et indique un poumon aéré, tandis que le tympanisme est un son très fort associé à un épanchement aérien comme un pneumothorax.

Compléments

  • Pour évaluer les vibrations vocales, le patient dit « 33 » pendant que le médecin palpe le thorax.

  • À la percussion thoracique, le médecin tape sur un espace entre les côtes et interprète le son produit pour apprécier la présence d’air, de liquide ou de tissu solide sous-jacent.

📌 La matité est un son sourd associé à une pleurésie ou une pneumonie, tandis que la submatité est un son atténué associé à un épaississement de la plèvre ou à une petite quantité de liquide.

Astuce mémo

Air : tympanisme ; liquide ou solide : matité.

6. Auscultation et corrélations pulmonaires

Notions clés & Définitions

  • Murmure vésiculaire : Le murmure vésiculaire est un bruit doux, d’origine alvéolaire, avec une inspiration plus longue que l’expiration et sans pause.
  • Bruit trachéo-bronchique : Le bruit trachéo-bronchique est rude et grave, produit par l’air dans la trachée et les grosses bronches, et s’entend normalement au haut du sternum et au cou.

★ À maîtriser

  • Pour l’auscultation pulmonaire, le patient est assis torse nu, tousse pour décoller les sécrétions, respire profondément par la bouche et le médecin compare les deux côtés du thorax.

  • Les râles crépitants ressemblent à des cheveux frottés ou à du sel qui craque, s’entendent à l’inspiration et sont associés à la pneumonie, tandis que les râles sibilants sont des sifflements aigus surtout expiratoires associés à l’asthme.

  • Les ronchi sont des ronflements graves qui changent avec la toux et sont associés à la bronchite, tandis que le frottement pleural est un bruit râpeux qui ne disparaît pas à la toux et est associé à la pleurésie.

  • Le diagnostic s’appuie sur le type de bruit, sa localisation et les signes associés.

Compléments

  • L’auscultation pulmonaire doit toujours porter sur les apex et les bases.

  • Le murmure vésiculaire aboli correspond à un silence total associé au pneumothorax ou à la pleurésie, tandis qu’un murmure diminué est associé à l’emphysème ou à l’obésité et qu’un murmure rude est associé à une bronchite débutante ou en fin d’évolution.

  • Le souffle tubaire est un bruit trachéal entendu sur le poumon et associé à la pneumonie, le souffle pleurétique s’entend à la limite d’un épanchement et est associé à la pleurésie, et le souffle amphorique est un bruit creux rare associé à une cavité, notamment un pneumothorax avec plaie.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, la pneumonie associe souffle tubaire et crépitants, matité et vibrations vocales augmentées.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, l’épanchement pleural associe abolition du murmure vésiculaire, souffle pleurétique, matité et vibrations vocales diminuées.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, le pneumothorax associe abolition du murmure vésiculaire, tympanisme et vibrations vocales diminuées.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, l’asthme associe des sibilants diffus et une sonorité normale à la percussion.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, l’OAP associe des crépitants bilatéraux surtout aux bases.

  • Dans le tableau clinique récapitulatif, la bronchite aiguë associe un murmure vésiculaire rude, des ronchi et une sonorité normale à la percussion.

7. Observation médicale et interrogatoire

Notions clés & Définitions

  • Observation médicale : L’observation médicale est un outil de travail du médecin qui permet d’évoquer et parfois de confirmer un diagnostic.

★ À maîtriser

  • L’observation médicale comporte deux phases : l’interrogatoire, ou anamnèse, puis l’examen physique.

  • Le plan de l’interrogatoire comprend :

    • l’état civil
    • le motif d’hospitalisation
    • l’histoire de la maladie
    • les antécédents
    • les habitudes toxiques
    • les conditions socio-économiques

Compléments

  • Un dossier sans observation médicale est un dossier vide sans valeur.

  • La préparation de l’examen demande une tenue propre, une blouse blanche, des ongles courts, le lavage des mains avant et après, une attitude souriante et polie avec présentation comme étudiant, ainsi qu’un stéthoscope, un tensiomètre, un thermomètre, un marteau, un abaisse-langue et un mètre ruban.

  • L’état civil comprend :

    • le nom et le prénom
    • l’âge
    • le lieu de naissance et de résidence
    • la situation familiale
    • la profession

📌 Le motif d’hospitalisation précise le symptôme principal, sa date et son lieu.

  • L’histoire de la maladie retrace la chronologie depuis le premier symptôme jusqu’au jour de l’interrogatoire.

  • Une bonne anamnèse est présentée comme représentant 50 % du diagnostic.

8. Histoire de maladie et antécédents

★ À maîtriser

  • L’histoire de la maladie documente : la durée depuis le premier symptôme, la nature des premiers symptômes, les consultations, avec diagnostic, bilan et médicaments (DCI et dose), les hospitalisations, avec leur motif, leur lieu et leur date

  • Les antécédents personnels physiologiques à rechercher comprennent les vaccins, la ménarchie à 13–15 ans, la gestité (grossesses et IVG), la parité (accouchements), la ménopause à 45–54 ans et la contraception.

  • Les antécédents personnels pathologiques comprennent les maladies médicales, comme le diabète, l’HTA et l’asthme, avec leur durée, leur traitement et les hospitalisations, ainsi que les opérations avec leur type, leur date et leur lieu.

Compléments

📌 Pour une maladie chronique, l’histoire de la maladie ne rapporte que le dernier épisode.

📌 « Remonte à… » indique une date exacte, tandis que « semble remonter à… » indique une date approximative.

  • Les antécédents familiaux médicaux portent sur les parents du premier degré (père, mère, frères, sœurs et enfants) et du deuxième degré (grands-parents, oncles et tantes), et les antécédents chirurgicaux recensent les opérations dans la famille.

📌 Les antécédents familiaux ne font pas partie de l’histoire de la maladie.

  • En l’absence d’antécédents, la formule à noter est : « Les antécédents : sans particularités. »

9. Habitudes toxiques

Notions clés & Définitions

  • Automédication : L’automédication est la prise de médicaments sans ordonnance, par exemple du paracétamol tous les jours pour des céphalées.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le nombre de paquets-années se calcule ainsi : PA=paquets par jour×nombre d’anneˊes\text{PA} = \text{paquets par jour} \times \text{nombre d’années}.

Compléments

  • Une consommation de deux paquets par jour pendant 30 ans correspond à 60 PA.

  • L’interrogatoire sur le tabac précise s’il est fumé, notamment en cigarettes ou à la pipe, ou chiqué, et indique depuis combien de temps le patient est sevré le cas échéant.

  • Pour l’alcool, l’interrogatoire précise le type, la fréquence et le nombre de verres par jour ; pour les drogues, il précise le type, la durée et le sevrage.

📌 Les habitudes toxiques doivent être recherchées avec discrétion et sans culpabiliser le patient.

10. Conditions socio-économiques

★ À maîtriser

  • L’habitat est caractérisé par :

    • son milieu rural ou urbain
    • le type de logement (maison ou appartement)
    • l’accès à l’eau (robinet ou puits)
  • La précarité expose à davantage de maladies infectieuses, comme la tuberculose.

Compléments

  • L’évaluation socio-économique recueille le revenu mensuel de la famille et le nombre de personnes à charge.

11. Évaluation du statut général

Points essentiels

  • L’état général se classe en : état conservé (patient bien portant), état moyennement altéré (fatigue et perte de poids), état très altéré (patient alité, cachectique et déshydraté)

12. Mesures anthropométriques systématiques

Points essentiels

📐 Formule - L’indice de masse corporelle se calcule ainsi : IMC=poidstaille2IMC = \frac{\text{poids}}{\text{taille}^2}, avec la taille exprimée en mètres.

  • Les catégories d’IMC sont :

    • normal de 18,5 à 25
    • surpoids de 25 à 30
    • obésité à partir de 30
  • Un tour de taille supérieur à 94 cm chez l’homme et supérieur à 80 cm chez la femme indique une obésité abdominale associée à un risque cardiovasculaire.

Tableaux de synthèse

Signes et corrélations pulmonaires

PathologieAuscultationPercussion et VV
PneumonieSouffle tubaire et crépitantsMatité et VV augmentées
Épanchement pleuralMV aboli et souffle pleurétiqueMatité et VV diminuées
PneumothoraxMV aboli, silence totalTympanisme et VV diminuées
AsthmeSibilants diffusSonorité normale
OAPCrépitants bilatéraux, surtout aux basesNon précisé
Bronchite aiguëMV rude et ronchiSonorité normale

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1. Concernant les signes fonctionnels cardio-respiratoires :

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Qu’est-ce que la dyspnée ?

Une respiration difficile.

Qu’est-ce qu’une hémoptysie ?

Le rejet de sang rouge aéré par la toux.

Qu’est-ce que la cyanose ?

Une coloration bleue de la peau liée à un manque d’oxygène.

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