Fiche de révision : Syndrome douloureux régional complexe

Plan du Cours

  1. Définition et classification du SDRC
  2. Évolution et critères diagnostiques
  3. Épidémiologie et physiopathologie
  4. Facteurs déclenchants
  5. Phases et manifestations cliniques
  6. Examens paracliniques
  7. Atteintes selon le membre
  8. Traitements et prévention

1. Définition et classification du SDRC

Notions clés & Définitions

  • SDRC : Douleur régionale continue, spontanée ou provoquée, disproportionnée par son intensité ou sa durée par rapport à l’événement déclenchant, et ne correspondant pas à un territoire nerveux périphérique.

★ À maîtriser

📌 Le SDRC de type 1, ou algoneurodystrophie, survient sans lésion nerveuse prouvée, tandis que le SDRC de type 2, ou causalgie, est associé à une lésion nerveuse.

Compléments

  • Le terme SDRC est récent et date de 1993.

  • Le SDRC du membre supérieur est également appelé syndrome épaule-main.

  • La douleur du SDRC peut s’associer à des signes moteurs, sensitifs, sudomoteurs, vasomoteurs et trophiques, inconstants et variables dans le temps.

Astuce mémo

Type 1 sans lésion nerveuse prouvée ; type 2 avec lésion nerveuse.

2. Évolution et critères diagnostiques

★ À maîtriser

  • L’évolution du SDRC est spontanément favorable dans 90 à 95 % des cas, mais peut durer plus de 12 à 24 mois.

  • Les critères diagnostiques du SDRC de type 1 sont : un événement initiateur nociceptif ou une immobilisation, une douleur disproportionnée, continue et non systématisée, un œdème ou des troubles vasomoteurs et sudoraux dans la zone douloureuse, l’absence de diagnostic différentiel

  • Le SDRC de type 2 nécessite une douleur continue, une allodynie ou une hyperpathie après une blessure nerveuse, sans que la douleur soit nécessairement dans le territoire correspondant.

Compléments

  • Dans 5 à 10 % des cas, le SDRC évolue lentement avec des douleurs persistant plusieurs années, des troubles trophiques et des rétractions aponévrotiques.

  • Le SDRC de type 2 nécessite aussi la présence, à un moment donné, d’un œdème, d’altérations du débit sanguin cutané ou de troubles vasomoteurs dans la zone douloureuse, ainsi que l’exclusion d’un diagnostic différentiel.

3. Épidémiologie et physiopathologie

★ À maîtriser

  • Le SDRC peut survenir à tout âge, prédomine chez les femmes avec trois femmes pour un homme et reste exceptionnel chez l’enfant et l’adolescent.

  • La physiopathologie du SDRC est méconnue et pourrait associer un dysfonctionnement du système nerveux central, du système nerveux périphérique, des troubles vasomoteurs et une participation immunitaire.

Compléments

  • L’incidence indiquée pour le SDRC est de 25 pour 100 000, correspondant à 15 à 25 % des lésions.

  • Le dysfonctionnement central comporte des perturbations médullaires sympathiques et sensitives ainsi que des réorganisations fonctionnelles des cortex sensitifs et moteurs.

  • Le dysfonctionnement périphérique comprend une inflammation neurogène périphérique.

4. Facteurs déclenchants

★ À maîtriser

  • Un traumatisme déclenche plus de 50 % des cas de SDRC, sans lien entre la sévérité du traumatisme et la survenue du syndrome.

  • Les facteurs non traumatiques cités comprennent :

    • les causes neurologiques : AVC et SEP
    • les causes ligamentaires : capsulite rétractile
    • les causes oncologiques : tumeur thoracique sous-jacente et envahissement néoplasique
    • les causes vasculaires : TVP ou phlébite et IDM
    • les infections locales : zona et panaris
    • les causes endocriniennes : diabète et dysthyroïdie
    • les causes médicamenteuses : barbituriques
    • les causes obstétricales ou gestationnelles : SDRC de type 1 de hanche pendant la grossesse

Compléments

  • Après un facteur déclenchant, le SDRC apparaît après un délai variable de quelques jours à quelques semaines.

  • Les facteurs traumatiques cités sont :

    • les traumatismes
    • la chirurgie orthopédique
    • une rééducation trop intensive
    • une immobilisation prolongée inappropriée

📌 Un terrain anxio-dépressif est souvent retrouvé en l’absence de facteur déclenchant, mais ne constitue pas en soi un facteur déclenchant du SDRC.

5. Phases et manifestations cliniques

★ À maîtriser

  • Le SDRC débute souvent progressivement par une phase chaude inflammatoire durant quelques semaines à six mois, puis peut évoluer vers une phase froide jusqu’à la guérison après 12 à 24 mois.

  • La phase chaude associe douleur articulaire et périarticulaire, raideur et chaleur locale, avec un retentissement fonctionnel parfois majeur.

Compléments

  • La phase froide, inconstante, peut comporter une sensation de membre froid, une pâleur, une peau lisse et atrophique, une acrocyanose, une dépilation et des rétractions capsulo-ligamentaires.

  • La clinique est hétérogène : la phase froide peut manquer et les phases chaudes et froides peuvent alterner.

6. Examens paracliniques

★ À maîtriser

  • Le diagnostic du SDRC est purement clinique, et un bilan sanguin normal ou l’absence de syndrome inflammatoire ne l’excluent pas.
  • Les radiographies standards montrent des signes décalés de quelques semaines, avec interligne articulaire respectée et déminéralisation régionale touchant les deux versants de l’articulation.

  • La scintigraphie osseuse montre typiquement une hyperfixation locorégionale, caractéristique mais non spécifique, qui précède les signes radiologiques.

  • L’IRM est l’examen de référence et peut montrer un œdème régional ostéomédullaire touchant plusieurs pièces osseuses, plus précocement qu’en scintigraphie.

Compléments

  • La CRP est normale et le liquide articulaire est mécanique lorsqu’une ponction est réalisée.

  • Une hypofixation scintigraphique peut remplacer l’hyperfixation chez l’enfant ou l’adolescent, ou lors d’une phase froide d’emblée.

  • À l’IRM, l’œdème est en hyposignal T1, corrigé par l’injection de gadolinium, et en hypersignal T2 et STIR.

  • Une IRM normale n’élimine pas le SDRC, notamment lors d’une phase froide d’emblée.

Astuce mémo

Le diagnostic est clinique ; les examens peuvent étayer sans l’exclure s’ils sont normaux.

7. Atteintes selon le membre

★ À maîtriser

  • L’atteinte du membre inférieur est deux fois plus fréquente que celle du membre supérieur et touche surtout la cheville et le pied.

  • Dans le syndrome épaule-main, l’atteinte de l’épaule précède la douleur de la main et peut évoluer vers une capsulite rétractile limitant l’amplitude.

Compléments

  • Le SDRC de hanche peut se manifester par une douleur de hanche avec radiographie initiale normale, notamment chez la femme enceinte.

  • L’atteinte de la main est souvent pseudo-inflammatoire, avec douleurs et troubles vasomoteurs marqués, tandis que l’épaule présente une limitation douloureuse des mouvements actifs et passifs.

  • Le syndrome épaule-main peut être bilatéral ou à bascule et est souvent observé dans les cancers du poumon.

  • Les séquelles possibles sont :

    • une raideur d’épaule
    • une griffe cubitale
    • une main en rétraction
  • La durée d’évolution du syndrome épaule-main est de un à deux ans.

8. Traitements et prévention

★ À maîtriser

  • Aucun traitement médicamenteux spécifique ou consensuel du SDRC n’est établi ; la prise en charge associe kinésithérapie et antalgiques.

📌 En phase chaude, le repos doit rester relatif, car le repos total risque d’aggraver le SDRC.

  • La rééducation doit être progressive et adaptée à la clinique, avec entretien des mobilités, lutte contre l’œdème et l’amyotrophie, soutien psychologique et prise en charge prolongée.

  • La prévention repose sur : l’amélioration de la prise en charge de la douleur postopératoire, la limitation de l’immobilisation, l’individualisation des protocoles de rééducation et de réadaptation fonctionnelle

Compléments

  • Les bisphosphonates sont présentés comme utiles hors autorisation de mise sur le marché, tandis que les antalgiques et AINS sont peu efficaces comme traitements de fond mais peuvent être utilisés avant la réadaptation fonctionnelle.

  • Les traitements antalgiques cités comprennent :

    • les antidépresseurs
    • les antiépileptiques
    • les patchs de capsaïcine
    • les patchs de xylocaïne
  • Les moyens rééducatifs cités comprennent : la physiothérapie antalgique, la balnéothérapie, les massages doux, les mobilisations manuelles passives ou actives aidées, les contractions statiques, la neurostimulation TENS ou médullaire

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Quelle lésion caractérise le SDRC de type 1 ?

Aucune lésion nerveuse prouvée.

À quelle lésion le SDRC de type 2 est-il associé ?

À une lésion nerveuse.

Comment définit-on la douleur du SDRC par rapport à l’événement déclenchant ?

Elle est disproportionnée par son intensité ou sa durée.

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