Fiche de révision : Vieillissement de l’organisme

Plan du Cours

  1. Production et effets des ROS
  2. Stress oxydant et longévité
  3. Hormèse et protection cellulaire
  4. Mitochondries et pathologies
  5. Vieillissement général et changements structuraux
  6. Vieillissement musculaire et conséquences fonctionnelles
  7. Cellules souches neurales et neurogenèse
  8. Vieillissement cutané et héliodermie
  9. Mécanismes du vieillissement photo-induit
  10. Évaluation et prévention cutanées
  11. Traitements du vieillissement cutané
  12. Fragilité et cascade gériatrique
  13. Évaluation gériatrique standardisée
  14. Vieillissement cardiovasculaire
  15. Points de contrôle des dommages ADN
  16. Caféine et points de contrôle
  17. MicroARN et sénescence cellulaire
  18. Sénothérapie et médecine régénérative

1. Production et effets des ROS

Notions clés & Définitions

  • Stress oxydant : Produit par une accumulation toxique d’espèces réactives de l’oxygène, notamment l’anion superoxyde, le radical hydroxyle et le monoxyde d’azote.
  • Ferroptose : Mort cellulaire programmée favorisée par le fer intracellulaire et provoquée par l’accumulation de peroxydes lipidiques toxiques dans les membranes.

★ À maîtriser

  • Dans la mitochondrie, l’anion superoxyde produit par les complexes I et III est converti en peroxyde d’hydrogène par les SOD, puis le peroxyde d’hydrogène est réduit en eau par les peroxirédoxines, la glutathion peroxydase ou la catalase.

  • Le cerveau est particulièrement sensible au stress oxydant en raison de sa forte activité respiratoire, de ses faibles capacités de détoxification et de la richesse de ses membranes neuronales en acides gras polyinsaturés oxydables.

📌 Les ROS en excès oxydent les lipides membranaires en hydroperoxydes lipidiques, les protéines comme la méthionine en méthionine oxydée et l’ADN en lésions telles que la 8-oxodG.

Compléments

  • Le fer ferreux Fe²⁺ participe à la réaction de Fenton, qui génère des radicaux hydroxyles très réactifs.

Astuce mémo

Excès de ROS → oxydation des lipides, protéines et ADN

2. Stress oxydant et longévité

★ À maîtriser

  • Harman propose en 1950 une théorie selon laquelle la durée de vie est inversement proportionnelle à la consommation d’oxygène ou à la vitesse du métabolisme.

  • En 1972, la théorie des radicaux libres mitochondriaux du vieillissement, ou MFRTA, place la mitochondrie au centre du vieillissement en reliant l’accumulation de ROS à l’instabilité de l’ADN mitochondrial et à une production accrue de ROS.

📌 Les supplémentations en antioxydants et les modifications des enzymes antioxydantes produisent des effets ambigus sur la longévité, ce qui rend difficile la vérification d’une théorie forte où le stress oxydant limiterait directement la durée de vie.

Compléments

  • Chez la Drosophile, l’inactivation de la CuZnSOD ou de la MnSOD diminue fortement la survie, jusqu’à une réduction de la durée de vie de 80 %, tandis que la surexpression de certaines enzymes antioxydantes donne des résultats variables.

  • Chez la souris, l’invalidation de la CuZnSOD diminue la durée de vie de 30 % et s’accompagne de pertes musculaires, de dommages oxydatifs et d’une infertilité des femelles.

Astuce mémo

Harman → MFRTA → théorie consensuelle des pathologies

3. Hormèse et protection cellulaire

Notions clés & Définitions

  • Hormèse : Correspond à des effets bénéfiques déclenchés dans les cellules par un stress modéré, qui active une réponse adaptative protectrice.
  • Voie Nrf2 : Voie de défense dans laquelle Nrf2 se fixe aux éléments de réponse antioxydants ARE et déclenche l’expression de gènes codant des enzymes antioxydantes.

Points essentiels

  • Lors d’une hormèse, un stress cellulaire active des récepteurs, des kinases, des phosphatases ou des désacétylases, puis des facteurs de transcription comme Nrf2 et FOXO, qui induisent des effecteurs protecteurs tels que les antioxydants et les protéines chaperonnes.

  • La restriction calorique active la voie IGF1R-AKT, favorise FOXO au détriment de TOR, augmente l’expression de SIRT1 et permet à SIRT1, stimulée par l’AMPK, de désacétyler p53.

  • L’exercice physique augmente transitoirement les ROS mitochondriaux et déclenche la mitohormèse, qui améliore la biogenèse mitochondriale, le contrôle qualité et la mitophagie.

Astuce mémo

Stress modéré = adaptation protectrice ; stress chronique = charge allostatique

4. Mitochondries et pathologies

Notions clés & Définitions

  • Sénescence cellulaire : État d’arrêt du cycle cellulaire associé à l’activation des systèmes suppresseurs de tumeurs Rb/p16 et p53/p21, souvent déclenché par une dysfonction mitochondriale ou des dommages de l’ADN.
  • SASP : Phénotype sécrétoire associé à la sénescence, caractérisé notamment par la production de cytokines pro-inflammatoires pouvant propager la sénescence aux cellules voisines.

★ À maîtriser

  • La maladie de Parkinson implique le stress oxydant dopaminergique, car la dégradation enzymatique et non enzymatique de la dopamine produit des radicaux oxygénés et des quinones réactives.

  • Les mutations de PINK1 et Parkin inhibent la mitophagie, favorisent l’accumulation de mitochondries dysfonctionnelles et peuvent contribuer à l’inflammation dans la maladie de Parkinson.

Compléments

  • Le photovieillissement cutané associe une augmentation des ROS et des cytokines pro-inflammatoires à une diminution du collagène et à des dommages de l’ADN comme les adduits de thymine.

Astuce mémo

Dysfonction mitochondriale → ROS → sénescence et inflammation

5. Vieillissement général et changements structuraux

Notions clés & Définitions

  • Vieillissement normal : Processus progressif qui se déroule en l’absence de maladie et prédispose davantage à certaines maladies.

★ À maîtriser

📌 Le vieillissement pathologique associe au vieillissement normal une maladie telle qu’une démence ou une insuffisance cardiaque.

  • En France métropolitaine, l’espérance de vie à la naissance était en 2019 de 79,8 ans chez les hommes et de 85,7 ans chez les femmes.

  • 🔄 Le vieillissement suit une chaîne de mécanismes:

    1. Interaction de facteurs génétiques et stochastiques
    2. Accumulation de lésions cellulaires
    3. Diminution des capacités de réparation
    4. Réduction de la viabilité cellulaire
    5. Atteinte des tissus post-mitotiques
  • Le poids total des muscles est réduit de moitié entre 30 et 70 ans, avec une perte particulièrement importante de force au niveau des avant-bras.

Compléments

  • Chez une personne sédentaire de 75 ans, les besoins énergétiques sont estimés à environ 1500 kcal/j chez l’homme et 1150 kcal/j chez la femme pour une activité physique identique à celle d’un sujet jeune.

  • Le nombre total de cellules diminue d’environ 30 % entre 20 et 70 ans.

Astuce mémo

Vieillissement normal sans maladie, vieillissement pathologique avec maladie

6. Vieillissement musculaire et conséquences fonctionnelles

Notions clés & Définitions

  • Myostatine : Facteur sécrété par le muscle qui régule négativement la masse musculaire, et dont l’inhibition entraîne une hypertrophie musculaire.
  • Stress oxydant : Déséquilibre de la balance entre oxydants et antioxydants en faveur des oxydants, entraînant des dommages oxydatifs des lipides, des protéines et de l’ADN.

★ À maîtriser

  • Le vieillissement musculaire s’accompagne d’une diminution de 25 à 50 % du nombre de motoneurones α responsables de la motricité.

  • Les fibres de type II dénervées sont réinnervées par bourgeonnement axonal de petits motoneurones, puis adoptent progressivement les caractéristiques des fibres de type I, avant la perte finale des nouvelles unités motrices.

  • Environ 73 % des personnes âgées n’atteignent pas leurs apports énergétiques théoriquement nécessaires et 85 % présentent des apports protéiques insuffisants.

  • Une force de préhension inférieure à 30 kg chez l’homme et à 20 kg chez la femme identifie les personnes âgées ayant une vitesse de marche ou des capacités locomotrices réduites.

Compléments

  • En maison de retraite, l’absence d’appétit multiplie par huit le risque de dénutrition.

Astuce mémo

Dénervation et malnutrition → amyotrophie et perte fonctionnelle

7. Cellules souches neurales et neurogenèse

Notions clés & Définitions

  • Cellules souches neurales : Cellules possédant une multipotentialité, une capacité d’autorenouvellement et une capacité de division illimitée ou étendue, puis donnant indirectement naissance à des neurones par l’intermédiaire de cellules progénitrices.

Points essentiels

  • Le système nerveux comprend notamment:

    • Environ 100 milliards de neurones
    • 1 000 milliards de cellules gliales
    • Près de 10 000 types de neurones
    • Environ 180 000 km de fibres myélinisées
  • Les cellules souches neurales sont notamment localisées dans le gyrus denté de l’hippocampe et dans la zone sous-ventriculaire.

  • Chez l’humain, environ 700 nouveaux neurones sont produits chaque jour dans l’hippocampe, tandis qu’une diminution importante de la neurogenèse hippocampique est observée dans la maladie d’Alzheimer.

  • Avec l’âge, l’augmentation de Let-7b diminue Hmga2, ce qui favorise l’expression de p16INK4A, l’entrée en sénescence des cellules souches et la réduction de leur prolifération.

  • L’exercice physique favorise la neurogenèse hippocampique notamment par l’augmentation du BDNF, qui agit sur le récepteur TrkB et favorise la prolifération et la survie des jeunes neurones.

  • La neurogenèse hippocampique diminue avec l’âge sous l’effet combiné de l’augmentation de la sénescence et de la quiescence, de l’inflammation et du cortisol, ainsi que des modifications morphologiques et mécaniques de la niche.

Astuce mémo

Quiescence des cellules souches ≠ activation neurogénique

8. Vieillissement cutané et héliodermie

Notions clés & Définitions

  • Héliodermie : État de la peau résultant de l’agression chronique du derme et de l’épiderme par les rayonnements ultraviolets du Soleil, principalement sur le visage, le cou et le dos des mains.

★ À maîtriser

📌 Le vieillissement intrinsèque est lié à l’âge et concerne notamment l’atrophie dermique et épidermique, la sécheresse, la perte d’élasticité, les rides et la fragilité cutanée, tandis que le vieillissement extrinsèque dépend de facteurs environnementaux comme le soleil, le tabac, l’alcool et la nutrition.

  • Les UVA pénètrent profondément jusqu’au derme et induisent principalement un stress oxydant par production excessive d’espèces réactives de l’oxygène, tandis que les UVB agissent surtout sur l’épiderme et provoquent notamment des lésions directes de l’ADN.

  • L’héliodermie se manifeste notamment par:

    • Des taches pigmentées
    • Des rides
    • Des petits vaisseaux sanguins dilatés
    • Une peau épaissie
    • Une coloration jaunâtre
    • Une sécheresse cutanée
    • Une pigmentation irrégulière
    • Des pseudo-cicatrices stellaires

📌 Le lentigo malin est une tache pigmentaire unique, volumineuse, mal limitée et hétérogène, qui peut évoluer d’un mélanome intraépidermique vers une forme invasive, contrairement aux taches pigmentaires banales généralement bénignes.

Compléments

📌 Les kératoses actiniques sont des lésions kératosiques précarcinomateuses liées aux UV qui doivent être reconnues et traitées, notamment par application d’azote liquide, car elles peuvent évoluer vers des carcinomes.

  • La classification de Fitzpatrick distingue six phototypes et aide à évaluer la sensibilité au vieillissement héliodermique ainsi qu’à adapter la surveillance carcinologique.

Astuce mémo

Vieillissement intrinsèque chronologique ≠ vieillissement extrinsèque solaire

9. Mécanismes du vieillissement photo-induit

★ À maîtriser

📌 Les UVB agissent principalement dans l’épiderme et participent notamment à la photocarcinogenèse, tandis que les UVA pénètrent jusqu’au derme et jouent un rôle majeur dans l’héliodermie.

  • Les UVA induisent une production excessive d’espèces réactives de l’oxygène, provoquant un stress oxydatif, des dommages cellulaires et tissulaires, puis une dégradation du tissu conjonctif dermique.

  • Les espèces réactives de l’oxygène activent des voies de signalisation qui augmentent l’expression et la sécrétion des métalloprotéinases matricielles, lesquelles dégradent les composants de la matrice extracellulaire dermique.

  • Les UVB peuvent provoquer des lésions directes de l’ADN et l’accumulation de mutations touchant notamment le gène TP53, ce qui perturbe la réparation de l’ADN et l’élimination des cellules endommagées et favorise le cancer cutané.

Compléments

  • Le vieillissement hormonal cutané de la femme est principalement attribué à la carence œstrogénique, tandis que le rôle d’une carence en progestérone n’est pas démontré.

Astuce mémo

UVA → ROS → dégradation du derme → rides et héliodermie

10. Évaluation et prévention cutanées

★ À maîtriser

  • L’évaluation physique comprend:

    • l’échographie
    • la ballistométrie
    • l’étude des propriétés d’extension
    • les techniques de traction ou de compression
    • le laser-Doppler
    • la profilométrie
  • La meilleure prévention du vieillissement cutané associe l’éviction solaire et la recherche d’ombre pendant les heures les plus ensoleillées à une photoprotection adaptée contre les UVA et les UVB.

  • Environ 50 % de la dose totale de soleil reçue au cours de la vie est reçue avant l’âge de 18 ans.

Compléments

  • Les mesures physiques montrent une perte d’élasticité et d’extensibilité de la peau héliodermique, mais leur utilisation est limitée par des problèmes de standardisation et de sensibilité.

📌 Les photoprotecteurs solaires contiennent des filtres chimiques ou des écrans minéraux qui réduisent la quantité de rayonnements solaires atteignant la peau, tandis que l’efficacité des molécules antioxydantes associées doit encore être évaluée chez l’être humain.

Astuce mémo

Mesures physiques objectives ≠ évaluation clinique dépendante des scores et photographies

11. Traitements du vieillissement cutané

Notions clés & Définitions

  • Trétinoïne : Ou acide rétinoïque, est un dérivé métabolique de la vitamine A qui stimule la synthèse du collagène dermique et inhibe la production de métalloprotéinases dermiques induite par les UV.

★ À maîtriser

📌 La trétinoïne est formellement contre-indiquée pendant la grossesse et son effet bénéfique maximal semble être obtenu après environ six mois de traitement.

📌 Les alpha-hydroxy-acides diminuent la cohésion des cornéocytes à une concentration inférieure à 10 %, exercent des effets épidermiques et probablement dermiques entre 20 et 25 %, et provoquent une épidermolyse totale à une concentration supérieure ou égale à 40 %.

  • Un peeling applique un exfoliant chimique dont la concentration détermine une destruction épidermique et parfois dermique, suivie d’une cicatrisation produisant un épiderme et un derme supposés de meilleure qualité.

Compléments

  • Le laser CO₂ pulsé entraîne une destruction thermique du tissu élastosique, une rétraction du collagène dermique et un dépôt de collagène nouvellement synthétisé.

  • Après un laser CO₂ pulsé, un érythème facial persistant pendant plus de deux mois survient dans environ 50 % des cas et une hyperpigmentation transitoire dans environ un tiers des cas.

  • Les cosmétiques hydratants maintiennent l’hydratation du stratum corneum en diminuant l’évaporation, en restaurant les lipides, en substituant la phase lipidique par des produits occlusifs, en formant un film hydrophile ou en apportant et fixant de l’eau par des substances hygroscopiques.

12. Fragilité et cascade gériatrique

Notions clés & Définitions

  • Modèle du bouchon : Explique la décompensation par l’association du vieillissement physiologique, du vieillissement pathologique et d’un facteur précipitant.
  • Cascade gériatrique : La cascade gériatrique est la succession d’événements médicaux secondaires à un facteur précipitant, pouvant entraîner confusion, iatrogénie, complications, déclin fonctionnel et dépendance.
  • Fragilité : La fragilité est un état potentiellement réversible défini par la présence d’au moins trois des cinq critères de Fried : perte de poids involontaire, fatigue, réduction de l’activité physique, diminution de la vitesse de marche et diminution de la force musculaire.
  • Polypathologie : La polypathologie correspond à la présence d’au moins cinq maladies chroniques chez un même patient et s’accompagne souvent d’une polymédication.

★ À maîtriser

📌 Le vieillissement distingue trois profils : la personne robuste conserve son autonomie, la personne fragile présente une diminution des réserves avec un risque accru de perte d’autonomie, et la personne dépendante présente des atteintes importantes nécessitant une aide quotidienne.

Compléments

📌 L’overuse désigne l’utilisation excessive ou injustifiée d’un médicament, le misuse son utilisation inadaptée et l’underuse l’absence de prescription d’un traitement indiqué.

Astuce mémo

Réserves diminuées → facteur précipitant → décompensation

13. Évaluation gériatrique standardisée

Notions clés & Définitions

  • Évaluation gériatrique standardisée : L’évaluation gériatrique standardisée évalue les besoins médicaux, psychologiques et sociaux de la personne âgée, notamment ses pathologies, fonctions motrices et cognitives, humeur, nutrition, autonomie et environnement social.

★ À maîtriser

  • La vitesse de marche est un marqueur important de l’état fonctionnel et est fortement associée à la survie ; sa diminution constitue un signe d’alerte.

  • Les principaux outils cognitifs sont:

    • MMSE
    • Test des 5 mots de Dubois
    • Test de l’horloge

📌 Une perte de poids involontaire chez une personne âgée est un signe d’alerte qui impose de rechercher une pathologie sous-jacente, une diminution des apports, des troubles bucco-dentaires ou de la déglutition, des médicaments et des facteurs psychologiques ou sociaux.

  • Les ADL évaluent notamment:
    • Se laver
    • S’habiller
    • Se déplacer
    • Aller aux toilettes
    • S’alimenter

Compléments

  • La recherche gériatrique doit caractériser les participants selon leurs dimensions clinique, fonctionnelle, biologique, cognitive et sociale et privilégier des études pragmatiques représentatives des soins courants.

Astuce mémo

Moteur, Cognition, Nutrition, Autonomie, Social

14. Vieillissement cardiovasculaire

★ À maîtriser

📐 Formule — Le débit cardiaque vérifie Q=VES×FCQ = VES \times FC, où Q est le débit cardiaque, VES le volume d’éjection systolique et FC la fréquence cardiaque.

  • Chez la personne âgée sans comorbidité, la fonction cardiaque au repos reste globalement préservée et la fraction d’éjection systolique demeure conservée, tandis que le remplissage ventriculaire diminue.

📌 À l’effort, la personne âgée présente une réserve chronotrope diminuée, mais maintient le volume d’éjection systolique grâce à une augmentation du volume télédiastolique et de la contribution auriculaire.

  • Avec l’âge, la paroi artérielle s’épaissit, les fibres élastiques se fragmentent et le collagène s’accumule, entraînant une rigidification artérielle et une augmentation de la postcharge ventriculaire.

  • La fibrose cardiaque résulte d’abord de la perte de myocytes puis de l’augmentation des protéines de la matrice extracellulaire, ce qui rigidifie le ventricule et altère sa fonction diastolique.

Compléments

  • Lors de la systole, une partie de l’énergie d’éjection est stockée dans l’aorte puis restituée pendant la diastole, ce qui maintient un débit sanguin continu et limite le caractère pulsatile du flux.

  • Chez le rat mâle Wistar sénescent, 50 % de la population étudiée est décédée à 24 mois, 72 % à 28 mois et 94 % à 32 mois.

Astuce mémo

Repos préservé, effort limité

15. Points de contrôle des dommages ADN

Points essentiels

  • Chez Schizosaccharomyces pombe, la kinase Cdc2 reste inactive lorsque sa tyrosine 15 est phosphorylée ; sa déphosphorylation par Cdc25 déclenche l’entrée en mitose, tandis que Wee1 et Mik1 maintiennent l’inhibition.

📌 Le point de contrôle G2 répond notamment aux cassures double brin, tandis que le point de contrôle de la réplication répond à une progression ou un achèvement perturbé de la réplication.

  • Chez S. pombe, Rad3 transmet le signal des dommages à des médiateurs puis aux kinases Chk1 et Cds1, qui régulent Cdc25, Wee1 et Mik1 afin de retarder l’entrée en mitose.

  • Chk1 n’est pas indispensable à l’établissement initial de l’arrêt du cycle après inhibition de la réplication, mais elle est requise pour maintenir cet arrêt prolongé en phosphorylant et inhibant Cdc25.

  • Cds1 est principalement activée lorsque la réplication est bloquée et peut phosphoryler Wee1, tandis que Chk1 agit notamment sur Cdc25 ; les deux voies coopèrent avec une compensation partielle.

  • Chez les mammifères, ATM est principalement activée par les cassures double brin, tandis qu’ATR est principalement activée par les défauts de réplication et l’ADN simple brin.

  • La létalité synthétique consiste à inhiber une seconde voie de réponse aux dommages, ce qui devient létal dans les cellules tumorales déjà déficientes pour une première voie tout en épargnant davantage les cellules normales.

Astuce mémo

Détection → signalisation → effecteurs → arrêt du cycle

16. Caféine et points de contrôle

★ À maîtriser

  • Le composé C, identifié comme la caféine, bloque la réponse au blocage de la réplication et empêche l’arrêt correct du cycle en présence de dommages de l’ADN.

📌 La caféine inhibe directement Rad3, située en amont de Cds1, plutôt que Cds1 elle-même, car l’inhibition de Cds1 n’est observée que dans les cellules vivantes et non in vitro.

📌 Les inhibiteurs d’ATM, ATR, Chk1 ou Chk2 peuvent exploiter une létalité synthétique en devenant létaux surtout dans les cellules tumorales déjà déficientes pour une autre voie de réponse aux dommages de l’ADN.

Compléments

  • L’effet de la caféine résulte de l’inhibition de Rad3, qui perturbe ensuite les signaux nécessaires à l’activation de Chk1 et de Cds1.

📌 L’inhibition des points de contrôle doit être contrôlée, car elle peut réduire la surveillance de l’ADN mais aussi favoriser l’instabilité génomique et la transformation tumorale.

Astuce mémo

Caféine → inhibition de Rad3 → perturbation de Chk1 et Cds1

17. MicroARN et sénescence cellulaire

Notions clés & Définitions

  • MicroARN : Petits ARN non codants qui régulent l’expression des ARN messagers et constituent une forme de régulation épigénétique.

★ À maîtriser

  • 🔄 La maturation suit les étapes suivantes: transcription en pri-miARN, clivage en pré-miARN, export nucléaire vers le cytoplasme, clivage par Dicer, intégration d’un brin dans le complexe de silençage

📌 La séquence seed, généralement située en positions 2 à 8 du microARN, assure la reconnaissance principale de l’ARN messager ciblé, et une mutation de cette séquence peut empêcher cette reconnaissance.

  • La fixation d’un microARN provoque une dégradation de l’ARN messager dans environ 20 à 30 % des cas et inhibe principalement sa traduction dans les autres situations.

  • L’inactivation de Dicer réduit fortement la production de microARN matures et déclenche un arrêt prolifératif dose-dépendant associé à l’activation des voies p19Arf-p53 et p53-p21.

Compléments

  • La diminution coordonnée de plusieurs microARN augmente MKK4, active les voies de réponse au stress et contribue à l’installation du phénotype sénescent.

  • Les microARN miR-371, miR-372 et miR-373, lorsqu’ils sont surexprimés dans des cellules sénescentes, peuvent favoriser une forte prolifération et agir comme des facteurs oncogéniques.

Astuce mémo

pri-miARN → pré-miARN → duplex → miARN mature

18. Sénothérapie et médecine régénérative

Notions clés & Définitions

  • Sénothérapie : Ensemble des stratégies thérapeutiques qui modifient les effets des cellules sénescentes afin de retarder les maladies liées à l’âge et de favoriser la régénération tissulaire.
  • Diabète : Maladie métabolique caractérisée par une hyperglycémie chronique résultant d’un défaut de sécrétion d’insuline, d’une diminution de la sensibilité des tissus à l’insuline, ou des deux.
  • Résistance à l’insuline : Diminution de la réponse du foie, des muscles et du tissu adipeux à une concentration donnée d’insuline.
  • Repliement des protéines : Processus par lequel une protéine adopte sa conformation tridimensionnelle fonctionnelle grâce aux interactions entre les chaînes latérales de ses acides aminés.

Points essentiels

  • Les trois catégories sont:

    • les sénolytiques, qui éliminent les cellules sénescentes
    • les sénomorphiques ou sénostatiques, qui modifient leurs propriétés
    • les sénosuppresseurs, qui limitent leur propagation ou leur sécrétome
  • L’inhibition de MDM2 par UBX0101 augmente l’activité de p53 et favorise l’apoptose des cellules sénescentes, ce qui peut protéger le cartilage dans des modèles murins d’arthrose.

📌 Les sénosuppresseurs réduisent la production du SASP ou empêchent les facteurs sécrétés par les cellules sénescentes d’induire la sénescence des cellules voisines.

📌 Le diabète de type 1 est généralement provoqué par une réaction auto-immune détruisant les cellules bêta, tandis que le diabète de type 2 associe une résistance à l’insuline et une altération progressive de sa sécrétion.

  • Après un repas, l’insuline favorise la captation du glucose par les muscles et le tissu adipeux ainsi que son stockage sous forme de glycogène ou de lipides, tandis que le glucagon stimule la libération de glucose lorsque la glycémie diminue.

  • Dans le diabète de type 2, la résistance à l’insuline réduit la captation et le stockage du glucose, maintient une production hépatique insuffisamment inhibée, puis entraîne une défaillance progressive des cellules bêta.

📌 Le diabète de type 2 résulte de l’association d’une résistance des tissus à l’insuline et d’une défaillance progressive des cellules bêta pancréatiques.

  • Dans une cellule bêta, l’entrée du glucose augmente son oxydation et la production d’ATP, puis les granules d’insuline fusionnent avec la membrane plasmique et libèrent l’hormone.

  • Dans les muscles et le tissu adipeux, l’insuline stimule la translocation de GLUT4 vers la membrane plasmique, ce qui permet l’entrée du glucose dans la cellule pour son utilisation ou son stockage.

  • L’ubiquitine est un polypeptide de 76 résidus qui se lie covalemment aux protéines destinées à être dégradées et signale leur dégradation ATP-dépendante par le protéasome 26S.

  • La dégradation protéasomale comporte la liaison covalente de multiples ubiquitines au substrat, puis la dégradation de la protéine polyubiquitinylée par le protéasome 26S avec recyclage de l’ubiquitine.

  • Une chaperonine capture une protéine mal repliée, fixe de l’ATP et GroES, la déplie transitoirement dans un espace confiné, puis l’éjecte après hydrolyse de l’ATP, environ 15 secondes plus tard.

Astuce mémo

É-M-P : éliminer, modifier, propagation

Tableaux de synthèse

Théories du stress oxydant et vieillissement

ThéorieMécanisme centralLimites
Harman, 1950La durée de vie varie inversement avec la consommation d’oxygène et le métabolisme.Relation principalement corrélative.
MFRTA, 1972Les ROS mitochondriaux endommagent l’ADN mitochondrial et aggravent leur propre production.Résultats expérimentaux variables.
Théorie consensuelleLes dommages oxydatifs sont associés aux pathologies du vieillissement.N’établit pas une limitation directe de la durée de vie.

Types de vieillissement cutané

TypeCauseManifestations ou caractéristiques
IntrinsèqueÂge et facteurs génétiquesAtrophie, sécheresse, perte d’élasticité, rides et fragilité
ExtrinsèqueFacteurs environnementauxSoleil, tabac, alcool, nutrition et pollution
HéliodermieExposition solaire chronique aux UVTaches pigmentées, rides, élastose et altérations vasculaires

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Vieillissement de l’organisme avec 55 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la production et les effets des espèces réactives de l’oxygène :

2. Parmi les propositions suivantes concernant le devenir mitochondrial de l’anion superoxyde, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Vieillissement de l’organisme avec 92 flashcards interactives.

Qu'est-ce que le stress oxydant ?

Une accumulation toxique d'espèces réactives de l'oxygène.

Comment l'anion superoxyde est-il transformé dans la mitochondrie ?

Il est converti en peroxyde d'hydrogène par les SOD.

Pourquoi le cerveau est-il sensible au stress oxydant ?

À cause de sa forte activité respiratoire, faibles capacités de détoxification et membranes riches en acides gras polyinsaturés.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches