QCM : Anthropologie et sociologie du soin (50 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment l’analyse en sciences humaines rend-elle les phénomènes accessibles à l’étude ?

En les objectivant à l’aide d’outils de récolte et d’analyse des données
En les décrivant sans recourir à des méthodes d’analyse
En les interprétant à partir d’une conception unique de l’être humain
En les ramenant à des expériences personnelles sans recueillir de données

En les objectivant à l’aide d’outils de récolte et d’analyse des données

Explication

L’analyse en sciences humaines objectivise les phénomènes grâce à des outils qui permettent de récolter et d’analyser des données. Une interprétation fondée sur une expérience personnelle ne correspond pas à ce processus d’objectivation.

2. Une étude examine les comportements de groupes en tant que collectivités, plutôt que les actions de chaque membre : quelle échelle d’analyse mobilise-t-elle ?

L’échelle qualitative, centrée sur les entretiens des membres
L’individualisme méthodologique, centré sur les actions individuelles
L’échelle quantitative, centrée sur le dénombrement des groupes
L’échelle collective, centrée sur les groupes comme collectivités

L’échelle collective, centrée sur les groupes comme collectivités

Explication

L’échelle collective prend les groupes comme collectivités, alors que l’individualisme méthodologique les étudie à l’échelle des individualités. Le fait d’étudier un groupe ne suffit donc pas à faire de l’analyse une démarche individualiste.

3. Quelle conception philosophique considère le corps et l’âme comme deux réalités distinctes ?

La conception psychophysique, qui traite la personne comme une unité
Le monisme, qui ramène le corps et l’âme à une seule réalité
Le matérialisme, qui tient l’âme pour une réalité matérielle
Le dualisme, qui distingue le corps de l’âme

Le dualisme, qui distingue le corps de l’âme

Explication

Le dualisme pose le corps et l’âme comme deux réalités distinctes. Le monisme, au contraire, considère qu’il n’existe qu’une seule réalité.

4. Quelle affirmation caractérise le matérialisme lorsqu’il aborde l’existence de l’âme ?

L’âme, si elle existe, est matérielle plutôt que spirituelle
L’âme et le corps constituent deux réalités distinctes
L’âme se définit par les relations sociales de la personne
L’âme et le corps sont les aspects d’une réalité unique

L’âme, si elle existe, est matérielle plutôt que spirituelle

Explication

Le matérialisme considère que la matière seule possède une réalité et que l’âme, si elle existe, est matérielle. L’idée de deux réalités séparées correspond plutôt au dualisme.

5. Comment le monisme conçoit-il la relation entre le corps et l’esprit humain ?

Comme deux réalités distinctes, l’une corporelle et l’autre spirituelle
Comme une unité psychophysique relevant d’une seule réalité
Comme une réalité matérielle accompagnée d’une âme matérielle distincte
Comme une réalité définie par l’environnement et les relations sociales

Comme une unité psychophysique relevant d’une seule réalité

Explication

Le monisme affirme qu’il n’existe qu’une seule réalité et conçoit le corps comme une unité psychophysique. La séparation du corps et de l’âme est plutôt caractéristique du dualisme.

6. Un soignant conçoit la personne comme une unité psychophysique : vers quoi cette conception oriente-t-elle le soin ?

Vers l’âme, considérée indépendamment du corps
Vers l’environnement et les relations, considérés sous l’angle social
Vers la personne considérée dans son ensemble psychophysique
Vers le corps, considéré selon une approche matérialiste

Vers la personne considérée dans son ensemble psychophysique

Explication

Une conception psychophysique oriente le soin vers la personne. Une orientation vers l’environnement et les relations découle plutôt d’une conception sociale.

7. Quel rapport existe entre les conceptions de l’être humain et les pratiques de soin ?

Les conceptions déterminent les soins, tandis que les pratiques restent sans effet sur elles
Les conceptions et les pratiques de soin évoluent sans rapport réciproque
Les conceptions influencent les soins, et les pratiques de soin les interrogent en retour
Les pratiques de soin déterminent les conceptions, qui ne modifient pas les soins

Les conceptions influencent les soins, et les pratiques de soin les interrogent en retour

Explication

Les conceptions anthropologiques et ontologiques influencent les soins, et les manières de soigner interrogent en retour ces conceptions. Dire que les pratiques n’ont aucun effet sur les idées supprime cette réciprocité.

8. Une thérapeutique ne prend en compte que la dimension corporelle d’un sujet et néglige ses autres aspects : quel risque illustre cette situation ?

Une approche bio-psycho-sociale qui intègre plusieurs dimensions du sujet
Une pluralité thérapeutique qui adapte les soins à différentes conceptions de l’être humain
Une réduction ontologique qui ramène le sujet à un seul aspect et limite la thérapeutique
Une approche holistique qui considère globalement la personne et élargit la thérapeutique

Une réduction ontologique qui ramène le sujet à un seul aspect et limite la thérapeutique

Explication

La réduction ontologique ramène l’être du sujet à un seul aspect et risque de limiter la thérapeutique à cet aspect. Une approche holistique, au contraire, prend globalement en compte la personne.

9. Si une discipline reconnaît plusieurs conceptions anthropologiques, quelle conséquence en chaîne en découle ?

Une approche holistique, puis l’abandon de toute diversité thérapeutique
Une pluralité thérapeutique, puis une pluralité épistémologique
Une réduction ontologique, puis une thérapeutique centrée sur un aspect
Une thérapeutique uniforme, puis une méthode de connaissance unique

Une pluralité thérapeutique, puis une pluralité épistémologique

Explication

La pluralité des conceptions anthropologiques implique une pluralité thérapeutique, qui implique à son tour une pluralité épistémologique. Une thérapeutique uniforme ne découle pas de cette diversité des conceptions.

10. Quelle conception de la personne l’anthropologie du soin favorise-t-elle ?

Une conception matérialiste qui privilégie la seule réalité corporelle
Une conception holistique et bio-psycho-sociale de la personne
Une conception dualiste qui sépare le corps et l’âme
Une conception réductionniste centrée sur une dimension du sujet

Une conception holistique et bio-psycho-sociale de la personne

Explication

L’anthropologie du soin favorise une conception holistique et bio-psycho-sociale plutôt qu’une conception réductionniste. Une conception centrée sur une seule dimension du sujet va à l’encontre de cette orientation.

11. Quelle distinction Canguilhem établit-il entre les deux sens du normal ?

Le sens descriptif évalue l’efficacité individuelle, et le sens normatif établit une moyenne statistique.
Le sens descriptif renvoie à la moyenne statistique, et le sens normatif à une appréciation de conformité ou d’efficacité.
Le sens descriptif désigne une exception statistique, et le sens normatif identifie un dysfonctionnement pathologique.
Le sens descriptif mesure la capacité d’adaptation, et le sens normatif exprime le vécu du malade.

Le sens descriptif renvoie à la moyenne statistique, et le sens normatif à une appréciation de conformité ou d’efficacité.

Explication

Le normal descriptif correspond à ce qui est objectivé par la moyenne statistique, tandis que le normal normatif relève d’une appréciation de conformité ou d’efficacité. Confondre ces sens revient à attribuer à la moyenne statistique une évaluation normative qu’elle ne fournit pas à elle seule.

12. Un individu présente une caractéristique statistiquement rare, sans que celle-ci indique à elle seule un dysfonctionnement : comment Canguilhem la qualifierait-il ?

D’optimale, car l’écart à la moyenne prouve une meilleure adaptation biologique.
De normative, car sa rareté établit une nouvelle norme biologique pour l’espèce.
D’anomale, car elle constitue une exception statistique sans désigner nécessairement une pathologie.
D’anormale, car toute exception statistique signale un état pathologique.

D’anomale, car elle constitue une exception statistique sans désigner nécessairement une pathologie.

Explication

L’anomal désigne une exception statistique, alors que l’anormal renvoie au pathologique comme dysfonctionnement relativement à un état optimal statistiquement normal. Assimiler toute rareté à une pathologie confond donc l’anomalie statistique et l’anormalité pathologique.

13. À qui faut-il se référer pour déterminer les normes biologiques selon Canguilhem ?

À la communauté médicale, dont les recommandations déterminent les normes biologiques.
À la moyenne de la population, qui définit à elle seule les normes biologiques.
À l’espèce prise globalement, indépendamment de la situation des individus.
À l’individu, dont la situation permet d’apprécier les normes biologiques.

À l’individu, dont la situation permet d’apprécier les normes biologiques.

Explication

Canguilhem affirme que, pour les normes biologiques, il faut se référer à l’individu. La moyenne de population peut décrire une fréquence statistique, mais elle ne remplace pas la référence à la situation individuelle.

14. Une personne présente des biomarqueurs situés hors des valeurs habituelles, mais doit aussi expliquer comment elle peut vivre et établir ses propres normes : quelle démarche est la plus juste ?

Conclure à un état pathologique à partir des biomarqueurs, sans prendre en compte le vécu du sujet.
Comparer les biomarqueurs à une moyenne collective et en déduire directement la capacité normative.
Considérer les biomarqueurs comme nécessaires, puis les compléter par l’expression de la norme propre du sujet.
Écarter les biomarqueurs et retenir comme seul critère la norme que le sujet énonce.

Considérer les biomarqueurs comme nécessaires, puis les compléter par l’expression de la norme propre du sujet.

Explication

La mesure des biomarqueurs est nécessaire, mais elle ne suffit pas à qualifier un état pathologique : le sujet doit aussi pouvoir énoncer sa propre norme. Les données biologiques ne justifient donc pas, à elles seules, une conclusion qui ignorerait cette dimension.

15. Comment Canguilhem caractérise-t-il la différence entre santé et maladie ?

Comme une différence statistique, définie par la fréquence des états observés.
Comme une différence quantitative, établie par le nombre de fonctions diminuées.
Comme une différence qualitative, fondée sur la nature des symptômes présents.
Comme une différence de valeur, plutôt que comme un écart quantitatif ou qualitatif.

Comme une différence de valeur, plutôt que comme un écart quantitatif ou qualitatif.

Explication

Pour Canguilhem, la distinction entre santé et maladie est une différence de valeur. La mesurer comme une simple différence quantitative ou qualitative manque donc le type de distinction qu’il met en avant.

16. Pourquoi la maladie constitue-t-elle une norme de vie limitée dans la conception de Canguilhem ?

Parce que la maladie empêche toute forme de vie, plutôt que de restreindre les possibilités d’existence.
Parce que la maladie correspond à une norme statistique qui s’applique de façon identique à tous.
Parce que le malade conserve une capacité accrue à modifier ses normes de vie selon les situations.
Parce que le malade ne peut pas véritablement la faire varier pour adopter une nouvelle norme d’existence.

Parce que le malade ne peut pas véritablement la faire varier pour adopter une nouvelle norme d’existence.

Explication

La maladie impose une norme de vie limitée que la vie rejette, car le malade ne peut pas véritablement la faire varier pour adopter une nouvelle norme d’existence. Elle ne signifie pas pour autant que toute forme de vie est empêchée.

17. Une personne en bonne santé peut s’écarter de ses habitudes sans perdre pour autant sa santé, tandis qu’une personne malade dispose de moins de marge : quelle distinction cela illustre-t-il ?

La santé dépend de la conformité à une moyenne, tandis que la maladie correspond à toute exception statistique.
La santé autorise des écarts sans risque de perte de santé, tandis que la maladie réduit la capacité normative.
La santé se définit par l’absence de conflit, tandis que la maladie résulte d’une expérience contradictoire.
La santé réduit les écarts possibles, tandis que la maladie permet de créer de nouvelles normes de vie.

La santé autorise des écarts sans risque de perte de santé, tandis que la maladie réduit la capacité normative.

Explication

La santé se caractérise par la possibilité de s’autoriser des écarts sans risquer de perdre la santé, alors que la maladie réduit cette capacité normative. La confondre avec la conformité à une moyenne statistique ne rend pas compte de cette marge d’adaptation.

18. Face à un conflit entre plusieurs normes, quelle différence distingue l’expérience normale de l’expérience pathologique ?

Dans l’expérience normale, l’individu garde l’initiative; dans l’expérience pathologique, il est happé par une contradiction qu’il ne peut surmonter.
Dans l’expérience normale, l’individu est happé par une contradiction; dans l’expérience pathologique, il garde l’initiative.
Dans l’expérience normale, les normes restent fixes; dans l’expérience pathologique, elles se multiplient sans contradiction.
Dans l’expérience normale, le conflit disparaît; dans l’expérience pathologique, le sujet choisit librement une nouvelle norme.

Dans l’expérience normale, l’individu garde l’initiative; dans l’expérience pathologique, il est happé par une contradiction qu’il ne peut surmonter.

Explication

L’expérience normale laisse à l’individu l’initiative face aux conflits de normes, tandis que l’expérience pathologique le prend dans une contradiction qu’il ne peut surmonter. Dire que le sujet pathologique garde l’initiative inverse précisément cette distinction.

19. Quel rôle Foucault attribue-t-il au corps dans la formation des utopies ?

Le corps en est le réceptacle passif : elles naissent hors de lui et peuvent ensuite le transformer.
Le corps en est le résultat final : elles naissent des lieux et déterminent ensuite les gestes.
Le corps en est l’acteur principal : elles naissent de lui et peuvent ensuite se retourner contre lui.
Le corps en est l’obstacle central : elles naissent de son absence et visent à l’effacer.

Le corps en est l’acteur principal : elles naissent de lui et peuvent ensuite se retourner contre lui.

Explication

Foucault présente le corps comme l’acteur principal des utopies : celles-ci naissent du corps lui-même et peuvent ensuite se retourner contre lui. Le décrire comme un simple réceptacle passif inverse son rôle dans cette conception.

20. Que signifie l’expression de Foucault selon laquelle le corps est le « point zéro du monde » ?

Le corps est le repère autour duquel les choses et les lieux prennent position.
Le corps est une limite qui empêche les lieux d’être situés les uns par rapport aux autres.
Le corps est un lieu parmi d’autres, dont la position dépend des objets qui l’entourent.
Le corps est un espace imaginaire qui éloigne les choses et les lieux du sujet.

Le corps est le repère autour duquel les choses et les lieux prennent position.

Explication

Le corps est le point autour duquel les choses et les lieux prennent position, ce qui en fait un repère fondamental du monde vécu. Le traiter comme un lieu parmi d’autres méconnaît ce rôle de centre de repérage.

21. Que désigne le chiasme dans la relation entre le corps et le monde ?

La séparation entre un corps percevant et des objets qui lui restent extérieurs
L’entrelacement où le corps est à la fois sentant et senti, sujet et objet, intérieur et extérieur
La priorité de la conscience sur un corps qui ne fait que recevoir des sensations
La transformation des sensations corporelles en représentations entièrement mentales

L’entrelacement où le corps est à la fois sentant et senti, sujet et objet, intérieur et extérieur

Explication

Le chiasme décrit l’entrelacement réversible du sentant et du senti, ainsi que du sujet et de l’objet. L’idée d’une séparation entre le corps percevant et les choses contredit cette relation d’entrelacement.

22. Dans la pensée de Merleau-Ponty, quel rôle la chair joue-t-elle entre celui qui voit et la chose vue ?

Elle désigne l’organe visuel qui transmet les images au cerveau
Elle transforme la chose en représentation indépendante du corps
Elle constitue un milieu de communication entre le voyant et la chose
Elle forme une barrière qui sépare le voyant de la chose

Elle constitue un milieu de communication entre le voyant et la chose

Explication

La chair est le milieu par lequel le voyant et la chose communiquent. La concevoir comme une barrière reprend précisément une interprétation erronée de son rôle.

23. Comment le sentir appréhende-t-il d’abord une qualité perçue ?

En la réduisant à un signal nerveux dépourvu de signification vécue
En la classant selon une mesure abstraite avant toute relation au sujet
En lui attribuant une valeur vitale et une signification pour nous
En la considérant comme une propriété neutre, sans lien avec notre existence

En lui attribuant une valeur vitale et une signification pour nous

Explication

Le sentir investit la qualité perçue d’une valeur vitale et la saisit d’abord selon sa signification pour nous. La réduire à un signal nerveux sans signification vécue écarte cette dimension du sentir.

24. Quelle distinction permet de différencier la douleur de la souffrance ?

La douleur est une réaction morale, tandis que la souffrance reste localisée dans un organe
La douleur et la souffrance désignent deux noms pour un trajet nerveux identique
La douleur dépend du rapport au monde, tandis que la souffrance se limite à un fragment corporel
La douleur est une expérience corporelle qui peut déborder dans le rapport au monde et devenir souffrance

La douleur est une expérience corporelle qui peut déborder dans le rapport au monde et devenir souffrance

Explication

La douleur ne se réduit pas à une zone corporelle et peut marquer l’individu jusque dans son rapport au monde, où elle devient souffrance. La souffrance n’est donc pas une expérience simplement localisée dans un organe.

25. Que désigne la souffrance par rapport à la douleur ?

La sensation corporelle elle-même, indépendamment de la manière dont la personne la vit
La transmission nerveuse qui relie une lésion à une région du corps
La résonance intime et subjective de la douleur, façonnée par les attitudes et les ressources de la personne
La disparition de la douleur lorsque les ressources morales de la personne augmentent

La résonance intime et subjective de la douleur, façonnée par les attitudes et les ressources de la personne

Explication

La souffrance correspond à la résonance subjective de la douleur et à la manière dont la personne la vit avec ses ressources physiques ou morales. La transmission nerveuse relève de la dimension corporelle de la douleur, pas de cette résonance intime.

26. Pourquoi Schopenhauer considère-t-il que la vie est essentiellement souffrance ?

Parce que les êtres humains sont incapables de ressentir une satisfaction temporaire
Parce que les besoins humains disparaissent dès qu’ils sont reconnus
Parce que la souffrance résulte principalement de l’absence de relations sociales
Parce que le désir de vivre persiste sans pouvoir être définitivement satisfait

Parce que le désir de vivre persiste sans pouvoir être définitivement satisfait

Explication

Pour Schopenhauer, le désir de vivre continue de s’animer sans jamais recevoir de satisfaction définitive, ce qui explique le caractère essentiel de la souffrance. Cette idée ne signifie pas que toute satisfaction temporaire soit impossible.

27. Quel lien Schopenhauer établit-il entre souffrance et compassion ?

La compassion dépend de la capacité à satisfaire durablement le désir de vivre
La vulnérabilité partagée des êtres humains rend possible la compassion devant la souffrance
La compassion apparaît lorsque chacun peut éviter la vulnérabilité des autres
La souffrance suscite la compassion parce qu’elle distingue les êtres humains entre eux

La vulnérabilité partagée des êtres humains rend possible la compassion devant la souffrance

Explication

La souffrance peut ouvrir à la compassion parce que les êtres humains partagent une condition de vulnérabilité. La compassion ne repose donc pas sur l’évitement de cette vulnérabilité, mais sur sa reconnaissance commune.

28. Quelle définition rend le mieux compte de la spiritualité comme besoin humain ?

Un besoin de comprendre ses croyances personnelles, sans place pour le pardon ou la continuité
Un besoin de soutien physique et médical, sans dimension de relation ni de recherche de sens
Un besoin de reconnaissance, de relation, de quête de sens et d’espoir, ainsi que de réconciliation et de transcendance
Un besoin de pratiques religieuses formelles, sans lien avec la solidarité ou la relecture de sa vie

Un besoin de reconnaissance, de relation, de quête de sens et d’espoir, ainsi que de réconciliation et de transcendance

Explication

La spiritualité comprend notamment la reconnaissance comme personne, la solidarité, la relation, la quête de sens et d’espoir, ainsi que la réconciliation et la transcendance. La limiter aux pratiques religieuses formelles laisse de côté plusieurs de ces dimensions.

29. Selon Ricœur, à quelle condition le temps devient-il humain ?

Lorsqu’il est ramené à la répétition des habitudes
Lorsqu’il est articulé de manière narrative
Lorsqu’il est vécu indépendamment des événements
Lorsqu’il est mesuré par des repères chronologiques

Lorsqu’il est articulé de manière narrative

Explication

Ricœur associe l’humanisation du temps à son articulation dans un récit. La mesure chronologique peut ordonner le temps, mais elle ne correspond pas à cette articulation narrative.

30. Dans la distinction de Ricœur, quelle association entre Idem et Ipse est correcte ?

L’Idem désigne la réflexivité à soi et l’Ipse la mêmeté
L’Idem désigne le récit et l’Ipse la succession des événements
L’Idem désigne la mêmeté et l’Ipse la réflexivité à soi
L’Idem désigne l’altérité et l’Ipse la continuité biologique

L’Idem désigne la mêmeté et l’Ipse la réflexivité à soi

Explication

Chez Ricœur, l’Idem renvoie à la mêmeté, tandis que l’Ipse concerne la réflexivité à soi. Inverser ces deux notions confond précisément les deux dimensions de l’identité.

31. Que met en relation l’identité narrative lorsqu’elle raconte comment ce que je suis devient qui je suis ?

La mêmeté et la causalité, le « quoi » de l’Ipse et le « qui » de l’Idem
Le descriptif et le prescriptif, le « quoi » de l’Idem et le « qui » de l’Ipse
La mémoire biologique et l’altérité, le « qui » de l’Idem et le « quoi » de l’Ipse
La succession chronologique et la causalité, le passé de l’Idem et l’avenir de l’Ipse

Le descriptif et le prescriptif, le « quoi » de l’Idem et le « qui » de l’Ipse

Explication

L’identité narrative articule les dimensions descriptive et prescriptive, associées respectivement au « quoi » de l’Idem et au « qui » de l’Ipse. L’association inverse entre Idem et Ipse attribue à chaque notion la dimension de l’autre.

32. Dans la pensée de Levinas, quel rapport de priorité relie éthique et ontologie ?

La connaissance est première, tandis que l’éthique et l’ontologie en dérivent
L’éthique est première, tandis que l’ontologie et la connaissance sont secondaires
L’ontologie est première, tandis que l’éthique découle de la connaissance
L’éthique et l’ontologie sont premières au même titre, indépendamment de la connaissance

L’éthique est première, tandis que l’ontologie et la connaissance sont secondaires

Explication

Pour Levinas, l’éthique précède l’ontologie et la connaissance. Faire de l’ontologie le premier rapport au sujet inverse cette priorité.

33. Pourquoi Levinas décrit-il la subjectivité comme un « pour l’autre » plutôt qu’un « pour soi » ?

Parce qu’elle dépend d’abord de la reconnaissance sociale du sujet
Parce qu’elle repose sur l’autonomie du sujet face à autrui
Parce qu’elle se constitue d’abord comme responsabilité envers autrui
Parce qu’elle se construit d’abord par la connaissance de soi

Parce qu’elle se constitue d’abord comme responsabilité envers autrui

Explication

La subjectivité est d’abord orientée vers autrui et se caractérise par la responsabilité à son égard. La connaissance de soi ne constitue pas, dans cette conception, le fondement premier de la subjectivité.

34. Dans la pensée de Levinas, que produit la rencontre du visage d’autrui ?

Elle établit une relation symétrique fondée sur des intérêts partagés
Elle transforme autrui en objet connaissable et rend possible sa maîtrise
Elle dissimule la vulnérabilité d’autrui et confirme l’autonomie du sujet
Elle manifeste sa vulnérabilité et adresse au sujet une exigence de responsabilité

Elle manifeste sa vulnérabilité et adresse au sujet une exigence de responsabilité

Explication

Le visage révèle la vulnérabilité d’autrui, résiste à sa réduction en objet et appelle le sujet à répondre de lui. Le traiter comme un objet maîtrisable contredit cette résistance à l’objectivation.

35. Quelle distinction oppose le mieux la cure au care ?

La cure organise la protection sociale, tandis que le care définit les objectifs techniques d’un traitement
La cure valorise la personne dans une relation prolongée, tandis que le care traite une pathologie selon un diagnostic
La cure traite une pathologie selon un objectif lié au diagnostic, tandis que le care valorise la personne dans une relation de soin prolongée
La cure établit une relation contextuelle sans visée thérapeutique, tandis que le care vise un résultat curatif précis

La cure traite une pathologie selon un objectif lié au diagnostic, tandis que le care valorise la personne dans une relation de soin prolongée

Explication

La cure correspond à une intervention technique orientée vers un objectif curatif lié au diagnostic, alors que le care est une relation de prise en soin contextualisée et prolongée. L’option qui attribue à la cure la valorisation relationnelle et au care le traitement diagnostique inverse les deux notions.

36. Dans une approche globale qui associe le traitement à la prise en compte des dimensions sociales et institutionnelles, quel concept est mobilisé ?

La cure, qui concentre l’approche sur le traitement de la pathologie
La vulnérabilité sociale, qui désigne les effets des dynamiques collectives
Le care, qui remplace l’intervention curative par une relation prolongée
Le caring, qui intègre cure et care dans une thérapeutique globale

Le caring, qui intègre cure et care dans une thérapeutique globale

Explication

Le caring intègre la cure et le care dans une thérapeutique bio-psycho-sociale, politique et institutionnelle. La cure seule vise d’abord un objectif de traitement de la pathologie et ne désigne pas cette intégration globale.

37. Une personne est exposée aux blessures du fait de la finitude humaine, tandis que des dynamiques collectives accroissent son exposition ou lui apportent une protection. Comment distinguer ces vulnérabilités ?

Les deux sont ontologiques, car elles impliquent une exposition à la blessure
La première est ontologique, tandis que la seconde est sociale
Les deux sont sociales, car elles se manifestent dans des situations collectives
La première est sociale, tandis que la seconde est ontologique

La première est ontologique, tandis que la seconde est sociale

Explication

La vulnérabilité ontologique tient à la finitude, à l’exposition à la blessure et à l’altérité ; la vulnérabilité sociale est liée aux dynamiques collectives qui produisent vulnérabilisation ou protection. L’exposition à une blessure ne rend donc pas, à elle seule, la vulnérabilité sociale.

38. Quelle caractéristique définit un fait social chez Durkheim ?

Une décision individuelle issue des préférences personnelles et dépourvue d’influence collective
Une habitude partagée qui résulte nécessairement d’un accord conscient entre les individus
Une règle juridique écrite dont l’application dépend directement des institutions politiques
Une manière d’agir, de penser ou de sentir, extérieure à l’individu et dotée d’une contrainte ou d’une existence propre dans la société

Une manière d’agir, de penser ou de sentir, extérieure à l’individu et dotée d’une contrainte ou d’une existence propre dans la société

Explication

Un fait social se caractérise par son extériorité à l’individu et par sa contrainte, ou par sa généralité accompagnée d’une existence propre. Une habitude issue d’un accord conscient ne rend pas compte de ces critères.

39. Dans le holisme de Durkheim, que désignent respectivement l’extériorité et la coercition du fait social ?

L’extériorité renvoie à l’origine institutionnelle du fait social, tandis que la coercition indique sa transmission entre générations
L’extériorité désigne la pression exercée sur l’individu, tandis que la coercition situe le fait social hors de lui
L’extériorité le situe hors de l’individu, tandis que la coercition désigne la contrainte qu’il exerce sur lui
L’extériorité mesure la fréquence du fait social, tandis que la coercition désigne son acceptation collective

L’extériorité le situe hors de l’individu, tandis que la coercition désigne la contrainte qu’il exerce sur lui

Explication

Le holisme repose sur le fait que les phénomènes sociaux sont extérieurs aux individus et peuvent exercer une contrainte sur eux. La pression correspond à la coercition, et non à l’extériorité.

40. Que signifie, chez Durkheim, que le suicide est un phénomène social normal au sens statistique ?

Les statistiques expriment une tendance au suicide qui affecte collectivement une société, sans en faire un acte souhaitable
Les statistiques prouvent que le suicide relève principalement de décisions privées sans dimension collective
Les statistiques montrent que le suicide est moralement acceptable dès qu’il apparaît dans une société
Les statistiques établissent que chaque individu d’une société est exposé au même risque de suicide

Les statistiques expriment une tendance au suicide qui affecte collectivement une société, sans en faire un acte souhaitable

Explication

La normalité statistique désigne une tendance collective dont les statistiques rendent compte, et non une approbation morale du suicide. Dire qu’il est moralement acceptable confond une régularité sociale avec un jugement normatif.

41. Une société connaît un défaut de régulation des conduites, tandis que l’intégration de ses membres n’est pas le problème principal : quel type de suicide cette situation caractérise-t-elle chez Durkheim ?

Le suicide égoïste
Le suicide altruiste
Le suicide fataliste
Le suicide anomique

Le suicide anomique

Explication

Le suicide anomique est associé à un défaut de régulation sociale. Le suicide égoïste correspond plutôt à un défaut d’intégration.

42. Quelle distinction Dilthey établit-il entre l’étude de la nature et celle de la vie psychique ?

La nature est comprise par le sens des intentions, tandis que la vie psychique est expliquée par des causes naturelles
La nature est expliquée par la causalité naturelle, tandis que la vie psychique est comprise par la causalité intentionnelle
La nature est étudiée par empathie, tandis que la vie psychique est interprétée à partir de lois statistiques
La nature est expliquée par les intentions des acteurs, tandis que la vie psychique est réduite à des effets mesurables

La nature est expliquée par la causalité naturelle, tandis que la vie psychique est comprise par la causalité intentionnelle

Explication

Dilthey distingue l’explication des phénomènes naturels par leurs causes de la compréhension de la vie psychique par le sens des intentions. Attribuer la causalité intentionnelle à la nature inverse cette distinction.

43. Comment procède une compréhension herméneutique d’un phénomène social ?

Elle interprète les intentions des acteurs et relie le phénomène à d’autres éléments significatifs de son contexte
Elle établit des régularités générales en écartant les intentions et le contexte des acteurs
Elle déduit les intentions individuelles à partir des seules causes matérielles du phénomène
Elle décrit les événements dans leur ordre chronologique sans interpréter leur signification

Elle interprète les intentions des acteurs et relie le phénomène à d’autres éléments significatifs de son contexte

Explication

La compréhension herméneutique interprète les intentions subjectives et contextualise le phénomène en le reliant à d’autres faits significatifs. Une démarche qui écarte les intentions et le contexte ne correspond pas à cette méthode.

44. Lorsqu’un chercheur adopte l’empathie méthodologique, quel point de vue cherche-t-il à comprendre ?

Les régularités observables des conduites en suspendant le sens que les sujets leur attribuent
Les contraintes institutionnelles des sujets en se limitant aux règles officielles de leur milieu
Les intentions supposées des sujets en privilégiant l’interprétation personnelle du chercheur
L’expérience vécue et le contexte des sujets à partir du sens que les acteurs eux-mêmes leur donnent

L’expérience vécue et le contexte des sujets à partir du sens que les acteurs eux-mêmes leur donnent

Explication

L’empathie méthodologique vise à saisir l’expérience vécue et son contexte à partir du sens donné par les acteurs. Privilégier l’interprétation personnelle du chercheur substituerait son point de vue à celui des sujets.

45. Dans les conditions belges de 2014 pour l’euthanasie d’un mineur, quelle exigence porte sur sa demande et sa situation médicale ?

Il doit formuler une demande répétée sans pression, et éprouver une souffrance physique ou psychique dans une maladie grave sans exigence de décès proche
Il doit exprimer une demande réfléchie avec l’accord de sa famille, et éprouver une souffrance physique ou psychique pouvant être apaisée par des soins
Il doit formuler une demande volontaire et répétée, et éprouver une souffrance psychique durable dans une situation médicale sans issue entraînant un décès proche
Il doit formuler une demande volontaire, réfléchie et répétée sans pression, et éprouver une souffrance physique constante et insupportable impossible à apaiser dans une situation sans issue entraînant un décès proche

Il doit formuler une demande volontaire, réfléchie et répétée sans pression, et éprouver une souffrance physique constante et insupportable impossible à apaiser dans une situation sans issue entraînant un décès proche

Explication

La loi décrite exige notamment une demande libre et répétée ainsi qu’une souffrance physique constante et insupportable impossible à apaiser, dans une situation médicale sans issue avec décès à brève échéance. La souffrance psychique n’est pas retenue pour les mineurs dans ces conditions.

46. Quelle fonction l’École de Francfort attribue-t-elle aux théories critiques ?

Associer théorie et observation pour renforcer la maîtrise prédictive des phénomènes naturels
Séparer théorie et praxis afin de préserver la neutralité des sciences face aux transformations sociales
Associer théorie et praxis pour contribuer à l’émancipation sociale et historique, en liant vérité et liberté
Privilégier la communication entre acteurs afin de décrire les normes d’une société sans viser son émancipation

Associer théorie et praxis pour contribuer à l’émancipation sociale et historique, en liant vérité et liberté

Explication

L’École de Francfort lie vérité et liberté et conçoit les théories critiques comme un moyen d’émancipation sociale et historique par l’association de la théorie et de la praxis. La maîtrise prédictive relève plutôt de l’intérêt technique.

47. Une recherche vise à libérer des individus de rapports sociaux aliénants : à quel intérêt de connaissance Habermas rattache-t-il cette visée ?

À l’intérêt prédictif des sciences sociales empiriques
À l’intérêt émancipateur des sciences critiques
À l’intérêt technique des sciences de la nature
À l’intérêt communicationnel des sciences herméneutiques

À l’intérêt émancipateur des sciences critiques

Explication

Habermas associe l’intérêt émancipateur aux sciences critiques, qui visent la libération. L’intérêt herméneutique concerne plutôt la communication et la compréhension sociale.

48. Selon M. Dupuis, quelle démarche favorise une meilleure compréhension dans un échange ?

Exposer le début de sa propre compréhension afin de faire comprendre.
Accumuler des informations avant d’engager une explication réciproque.
Reformuler les propos de l’autre sans dévoiler sa propre compréhension.
Présenter d’abord une interprétation achevée pour éviter les malentendus.

Exposer le début de sa propre compréhension afin de faire comprendre.

Explication

Pour M. Dupuis, mieux comprendre suppose de faire comprendre en exposant le début de sa propre compréhension. Présenter une interprétation déjà achevée ne correspond pas à cette démarche, qui s’amorce par un partage en cours d’élaboration.

49. Dans la conception de Gadamer, quel rôle le dialogue joue-t-il dans le soin médical ?

Il facilite le recueil des symptômes, mais reste extérieur au traitement.
Il intervient après le traitement, au moment où la guérison est confirmée.
Il constitue déjà un traitement et participe à la progression vers la guérison.
Il remplace les interventions médicales lorsque le patient peut s’exprimer.

Il constitue déjà un traitement et participe à la progression vers la guérison.

Explication

Gadamer considère que le dialogue est déjà un traitement et qu’il prend part à la progression vers la guérison. Le réduire à un simple recueil préalable des symptômes le place à tort en dehors du traitement.

50. Que devient la compréhension, selon M. Dupuis, lorsqu’elle est transmise à autrui ?

Elle se stabilise, car la transmission fixe son sens initial.
Elle se simplifie en perdant les nuances de l’expérience personnelle.
Elle se transforme en savoir social indépendant des échanges.
Elle s’enrichit et s’approfondit au cours de sa transmission.

Elle s’enrichit et s’approfondit au cours de sa transmission.

Explication

M. Dupuis affirme que la compréhension s’enrichit et s’approfondit en se transmettant. L’idée qu’elle se stabilise en perdant ses nuances contredit précisément cet approfondissement par la transmission.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 95 flashcards sur Anthropologie et sociologie du soin.

Comment l’analyse en sciences humaines objectivise-t-elle les phénomènes ?

Au moyen d’outils de récolte et d’analyse des données.

À quelle échelle l’échelle collective analyse-t-elle les groupes ?

Comme des collectivités.

À quelle échelle l’individualisme méthodologique analyse-t-il les groupes ?

À l’échelle des individualités.

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Consultez la fiche de révision complète sur Anthropologie et sociologie du soin.

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