Fiche de révision : Nombres réels et relations d’ordre

Plan du Cours

  1. Des entiers aux nombres irrationnels
  2. Construction et propriétés des réels
  3. Relations binaires et propriétés
  4. Ordres partiels et totaux
  5. Majorants et éléments extrémaux
  6. Bornes supérieure et inférieure
  7. Bornes inférieure et supérieure dans ℝ
  8. Calculer les bornes de parties
  9. Valeur absolue et ses propriétés
  10. Archimédianité et partie entière
  11. Intervalles et convexité
  12. Densité et nombres irrationnels
  13. Topologie et ensembles fermés
  14. Adhérence et accumulation
  15. Intérieur et frontière

1. Des entiers aux nombres irrationnels

Notions clés & Définitions

  • Entiers relatifs : Les entiers relatifs sont l’ensemble Z={…,−2,−1,0,1,2,…}\mathbb{Z}=\{\ldots,-2,-1{,}0{,}1{,}2,\ldots\}, dans lequel toute soustraction d’entiers donne un entier relatif.
  • Nombres décimaux : Les nombres décimaux sont les nombres de la forme a10n\frac{a}{10^n}, avec a∈Za\in\mathbb{Z} et n∈Nn\in\mathbb{N}.
  • Nombres rationnels : Les nombres rationnels sont les nombres de la forme pq\frac{p}{q}, avec p∈Zp\in\mathbb{Z} et q∈Z∗q\in\mathbb{Z}^{*}.
  • Entiers naturels : Les entiers naturels sont l’ensemble N={0,1,2,…}\mathbb{N}=\{0{,}1{,}2,\ldots\}, utilisé pour le dénombrement.

★ À maîtriser

📌 L’addition et la multiplication de deux entiers naturels donnent un entier naturel, contrairement à la soustraction et à la division qui ne le font pas toujours.

📌 Le quotient de deux nombres décimaux n’est pas toujours décimal : la division de 4 par 3 produit un développement décimal qui se répète indéfiniment.

  • Les nombres 2\sqrt{2}, π\pi et le nombre d’Euler ee sont irrationnels.

Compléments

  • L’ensemble des entiers naturels est infini, car chaque entier naturel n possède un successeur n+1.

  • Au XVe siècle, Nicolas Chuquet a introduit les nombres négatifs en Occident comme auxiliaires de calcul pour résoudre des équations.

  • Les nombres décimaux permettent d’approcher la mesure d’une longueur avec une précision aussi grande qu’on le souhaite.

  • Les quatre opérations arithmétiques peuvent être réalisées dans Q\mathbb{Q} sans que le résultat sorte de cet ensemble.

  • L’écriture décimale d’un nombre rationnel est finie ou, si elle est infinie, nécessairement périodique.

  • Pour démontrer par l’absurde que 2\sqrt{2} est irrationnel, on suppose 2=p/q\sqrt{2}=p/q avec p,q∈Np,q\in\mathbb{N}, q≠0q\ne0 et pp et qq premiers entre eux ; l’égalité p2=2q2p^2=2q^2 implique que pp est pair, puis que qq est pair, contradiction avec leur coprimalité.

2. Construction et propriétés des réels

Notions clés & Définitions

  • Nombres réels : Les nombres réels sont constitués des nombres rationnels et des nombres irrationnels.
  • Droite numérique : La droite numérique est une droite munie d’une origine OO et d’un vecteur i⃗\vec{i}, sur laquelle chaque point MM correspond à un unique réel xx tel que OM→=xi⃗\overrightarrow{OM}=x\vec{i}, et chaque réel correspond à un point.

★ À maîtriser

📌 L’ensemble R\mathbb{R} est muni d’une addition et d’une multiplication qui en font un corps commutatif : l’addition et la multiplication sont associatives et commutatives, leurs éléments neutres sont respectivement 0 et 1, chaque réel a un opposé, chaque réel non nul a un inverse multiplicatif, et la multiplication est distributive sur l’addition.

Compléments

  • Dedekind a défini les nombres réels au moyen des coupures de Dedekind, tandis que Cantor et Méray les ont définis comme les limites de suites de Cauchy dans Q\mathbb{Q}.

  • Les nombres réels positifs, représentés à droite de l’origine sur la droite numérique, permettent de mesurer n’importe quelle longueur.

Astuce mémo

Une droite graduée où chaque point correspond à un unique réel.

3. Relations binaires et propriétés

Notions clés & Définitions

  • Relation binaire : Une relation binaire de EE vers FF est un triplet R=(E,F,G)R=(E,F,G), où GG est une partie de E×FE\times F ; EE est l’ensemble de départ, FF l’ensemble d’arrivée et GG le graphe de la relation.
  • Relation réflexive : Une relation RR sur EE est réflexive si, pour tout x∈Ex\in E, on a xRxxRx.
  • Relation antisymétrique : Une relation RR sur EE est antisymétrique si, pour tous x,y∈Ex,y\in E, xRyxRy et yRxyRx impliquent x=yx=y.
  • Relation transitive : Une relation RR sur EE est transitive si, pour tous x,y,z∈Ex,y,z\in E, xRyxRy et yRzyRz impliquent xRzxRz.

Points essentiels

📌 Pour x∈Ex\in E et y∈Fy\in F, la notation xRyxRy signifie que le couple (x,y)(x,y) appartient au graphe GG de la relation.

  • Une relation binaire sur un ensemble EE est une propriété portant sur les couples d’éléments de EE.

  • L’inégalité ≤\leq est une relation sur N\mathbb{N}, Z\mathbb{Z} ou R\mathbb{R} ; le parallélisme et l’orthogonalité sont des relations sur les droites du plan ou de l’espace ; l’inclusion est une relation sur P(X)\mathcal{P}(X) ; une fonction f:R→Rf:\mathbb{R}\to\mathbb{R} est une relation définie par xRy⟺y=f(x)xRy\Longleftrightarrow y=f(x).

4. Ordres partiels et totaux

Notions clés & Définitions

  • Relation d’ordre : Une relation d’ordre sur un ensemble EE est une relation binaire réflexive, antisymétrique et transitive.
  • Éléments comparables : Deux éléments xx et yy d’un ensemble ordonné sont comparables si x≤yx\leq y ou y≤xy\leq x.

★ À maîtriser

📌 Un ordre est total si tous les couples d’éléments sont comparables et partiel sinon.

📌 Sur R2\mathbb{R}^2, l’ordre produit compare deux couples coordonnée par coordonnée et définit un ordre partiel, tandis que l’ordre lexicographique définit un ordre total.

  • Sur ℝ, la relation définie par x ≤ y si et seulement si y − x est positif est un ordre total.

Compléments

  • Sur P(X)\mathcal{P}(X), l’inclusion définit un ordre partiel.

  • La divisibilité définit un ordre partiel sur N\mathbb{N} ; par exemple, 2 et 3 ne sont pas comparables.

📌 Sur ℝ, si x ≤ y, alors x + z ≤ y + z pour tout réel z.

📌 Sur ℝ, si x ≤ y et 0 ≤ z, alors xz ≤ yz.

5. Majorants et éléments extrémaux

Notions clés & Définitions

  • Majorant : Élément de E tel que tout x de A vérifie x ≤ M.
  • Minorant : Élément de E tel que m ≤ x pour tout x de A.
  • Plus grand élément : Élément de A qui est un majorant de A.
  • Partie bornée : Partie à la fois majorée et minorée.
  • Plus petit élément : Élément de A qui est un minorant de A.

★ À maîtriser

  • Toute partie non vide de ℕ possède un plus petit élément, et toute partie non vide et majorée de ℕ possède un plus grand élément.

Compléments

  • Un majorant ou un minorant d’une partie n’est pas nécessairement unique.

  • Dans un ensemble ordonné, si une partie possède un plus grand élément, celui-ci est unique ; son plus petit élément, s’il existe, est également unique.

Astuce mémo

Un majorant peut être hors de A ; un plus grand élément doit appartenir à A.

6. Bornes supérieure et inférieure

Notions clés & Définitions

  • Borne supérieure : Plus petit élément de l’ensemble des majorants de A, lorsqu’il existe.
  • Borne inférieure : Plus grand élément de l’ensemble des minorants de A, lorsqu’il existe.

★ À maîtriser

  • Dans ℝ, toute partie non vide et majorée possède une borne supérieure.

Compléments

  • Si une partie A possède un plus grand élément, alors sa borne supérieure existe et vaut max A ; si elle possède un plus petit élément, sa borne inférieure existe et vaut min A.

📐 Formule - Pour toute partie non vide et minorée A de ℝ, en posant −A = {−a : a ∈ A}, on a inf⁡A=−sup⁡(−A)\inf A = -\sup(-A).

Astuce mémo

La borne peut être hors de A ; le maximum appartient à A.

7. Bornes inférieure et supérieure dans ℝ

★ À maîtriser

  • Si A est non vide et minorée dans ℝ, alors −A = {−a : a ∈ A} est non vide et majorée, et inf A = −sup(−A).

  • Toute partie non vide et minorée de ℝ possède une borne inférieure.

  • Si A est une partie non vide de ℝ et si M majore A, alors sup A existe et sup A ≤ M.

  • Pour une partie A non vide et majorée de ℝ, M = sup A si et seulement si (i) tout a ∈ A vérifie a ≤ M et (ii) pour tout ε > 0, il existe a ∈ A tel que M − ε < a ≤ M.

  • Pour une partie A non vide et minorée de ℝ, m = inf A si et seulement si (i) tout a ∈ A vérifie m ≤ a et (ii) pour tout ε > 0, il existe a ∈ A tel que m ≤ a < m + ε.

Compléments

📌 Si A est une partie non vide de ℝ et si m minore A, alors inf A existe et m ≤ inf A.

  • Pour A = [0,1[, 1 est un majorant et sup A = 1, bien que 1 n’appartienne pas à A.

  • ℚ ne possède pas la propriété de la borne supérieure : {r ∈ ℚ : r² < 2} est non vide et majoré dans ℚ, mais n’y admet pas de borne supérieure.

  • Pour I = ]0,1[, les caractérisations par approximation donnent sup I = 1 et inf I = 0.

Astuce mémo

Une borne est une limite possible ; un maximum ou un minimum appartient à l’ensemble.

8. Calculer les bornes de parties

Notions clés & Définitions

  • Parties adjacentes : Deux parties non vides A et B de ℝ sont adjacentes si tout a ∈ A et tout b ∈ B vérifient a ≤ b, et si pour tout ε > 0 il existe a ∈ A et b ∈ B tels que b − a ≤ ε.

★ À maîtriser

📐 Formule - Pour deux parties non vides et majorées A et B de ℝ, la somme A + B = {a + b : a ∈ A, b ∈ B} vérifie sup⁡(A+B)=sup⁡A+sup⁡B\sup(A+B)=\sup A+\sup B.

📐 Formule - Pour deux parties non vides et bornées A et B de ℝ, sup⁡(A∪B)=max⁡(sup⁡A,sup⁡B)\sup(A\cup B)=\max(\sup A,\sup B) et inf⁡(A∪B)=min⁡(inf⁡A,inf⁡B)\inf(A\cup B)=\min(\inf A,\inf B).

📌 Si A et B sont adjacentes, alors sup A = inf B.

Compléments

📌 Si A et B sont non vides, majorées et A ⊂ B, alors sup A ≤ sup B.

📌 Si A et B sont non vides, minorées et A ⊂ B, alors inf B ≤ inf A.

  • Les ensembles A = {r ∈ ℚ+ : r² ≤ 2} et B = {r ∈ ℚ+ : r² ≥ 2} sont adjacents et vérifient sup A = inf B = √2.

9. Valeur absolue et ses propriétés

Notions clés & Définitions

  • Valeur absolue : La valeur absolue d’un réel x est le nombre |x| = max{x, −x}.
  • Distance réelle : La distance entre deux réels xx et yy est d(x,y)=∣x−y∣d(x,y)=|x-y|.
  • Espace métrique : Le couple (R,d)(\mathbb{R},d), où d(x,y)=∣x−y∣d(x,y)=|x-y|, est un espace métrique.

★ À maîtriser

  • Pour tout x ∈ ℝ, |x| ≥ 0 et |x| = 0 si et seulement si x = 0.

📐 Formule - Pour tout x ∈ ℝ et tout r ≥ 0, ∣x∣≤r⟺−r≤x≤r|x|\le r\Longleftrightarrow -r\le x\le r.

  • La distance réelle vérifie la séparation d(x,y)=0⟺x=yd(x,y)=0\Longleftrightarrow x=y, la symétrie d(x,y)=d(y,x)d(x,y)=d(y,x) et l’inégalité triangulaire d(x,z)≤d(x,y)+d(y,z)d(x,z)\leq d(x,y)+d(y,z).

Compléments

📐 Formule - Pour tous x,y ∈ ℝ, ∣x+y∣≤∣x∣+∣y∣|x+y|\le |x|+|y|.

📐 Formule - Pour tous x,y ∈ ℝ, ∣x×y∣=∣x∣×∣y∣|x\times y|=|x|\times|y|.

  • Pour tous réels x,yx,y, l’inégalité triangulaire inversée donne $$\bigl||x|-|y|\bigr|\leq |x-y|$.

10. Archimédianité et partie entière

Notions clés & Définitions

  • Partie entière : La partie entière E(x)E(x) d’un réel xx est l’unique entier mm tel que m≤x<m+1m\leq x<m+1.

★ À maîtriser

📌 Pour tous réels x>0x>0 et yy, il existe un entier naturel nn tel que y<nxy<nx.

Compléments

  • Pour tout réel xx, il existe un entier naturel nn tel que x<nx<n.

  • La partie entière de xx est le plus grand entier inférieur ou égal à xx, soit E(x)=max⁡{n∈Z:n≤x}E(x)=\max\{n\in\mathbb{Z}:n\leq x\}.

📌 La partie entière est croissante : si x≤yx\leq y, alors E(x)≤E(y)E(x)\leq E(y).

📌 Pour tout réel xx et tout entier pp, E(x+p)=E(x)+pE(x+p)=E(x)+p.

11. Intervalles et convexité

Notions clés & Définitions

  • Intervalles de R : Pour a≤ba\leq b, les intervalles de R\mathbb{R} sont [a,b][a,b], [a,b[[a,b[, ]a,b]]a,b], ]a,b[]a,b[, [a,+∞[[a,+\infty[, ]a,+∞[]a,+\infty[, ]−∞,a]]-\infty,a], ]−∞,a[]-\infty,a[ et R=]−∞,+∞[\mathbb{R}=]-\infty,+\infty[.
  • Partie convexe : Une partie AA de R\mathbb{R} est convexe si, dès qu’elle contient deux réels xx et yy, elle contient tout réel zz tel que x≤z≤yx\leq z\leq y.

★ À maîtriser

  • Les parties convexes de R\mathbb{R} sont exactement les intervalles de R\mathbb{R}.

Compléments

  • Une partie AA de R\mathbb{R} est un intervalle si et seulement si elle est convexe, ce qui équivaut à ta+(1−t)b∈Ata+(1-t)b\in A pour tous a,b∈Aa,b\in A et t∈[0,1]t\in[0,1].

  • Toute intersection d’intervalles de R\mathbb{R} est un intervalle.

12. Densité et nombres irrationnels

Notions clés & Définitions

  • Partie dense : Une partie non vide AA de R\mathbb{R} est dense dans R\mathbb{R} si, pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} et tout ε>0\varepsilon>0, il existe a∈Aa\in A tel que ∣x−a∣<ε|x-a|<\varepsilon.
  • Ensemble E : L’ensemble E={p+q2:(p,q)∈Z2}E=\{p+q\sqrt{2}:(p,q)\in\mathbb{Z}^2\} est stable par multiplication par tout entier : pour tout n∈Zn\in\mathbb{Z} et tout v∈Ev\in E, nv∈Env\in E.

★ À maîtriser

  • L’ensemble Q\mathbb{Q} des rationnels est dense dans R\mathbb{R}.

  • L’ensemble R∖Q\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q} des irrationnels est dense dans R\mathbb{R}.

  • Tout intervalle ouvert non vide de ℝ contient une infinité de rationnels et une infinité d’irrationnels.

  • Pour tous réels a<ba<b, il existe un entier n0≥1n_0\geq1 tel que 0<un0<b−a0<u^{n_0}<b-a, puis un entier m=⌊a/un0⌋+1m=\lfloor a/u^{n_0}\rfloor+1 tel que mun0∈]a,b[mu^{n_0}\in]a,b[, avec mun0∈Emu^{n_0}\in E.

  • L’ensemble E={p+q2:(p,q)∈Z2}E=\{p+q\sqrt{2}:(p,q)\in\mathbb{Z}^2\} est dense dans ℝ.

Compléments

📌 Une partie AA de R\mathbb{R} est dense dans R\mathbb{R} si et seulement si tout intervalle ouvert non vide rencontre AA, ce qui équivaut à dire qu’entre deux réels distincts se trouve un élément de AA.

  • Pour u=2−1u=\sqrt{2}-1, on a un∈Eu^n\in E pour tout entier n≥1n\geq1.

13. Topologie et ensembles fermés

Notions clés & Définitions

  • Voisinage : Un voisinage de x0∈Rx_0\in\mathbb{R} est une partie V⊆RV\subseteq\mathbb{R} qui contient un intervalle ouvert centré en x0x_0, c’est-à-dire qu’il existe η>0\eta>0 tel que ]x0−η,x0+η[⊆V]x_0-\eta,x_0+\eta[\subseteq V.
  • Ensemble ouvert : Partie de ℝ qui est vide ou qui est un voisinage de chacun de ses points.
  • Ensemble fermé : Une partie FF de ℝ est fermée si son complémentaire R∖F\mathbb{R}\setminus F est ouvert.

★ À maîtriser

📌 Toute réunion, même arbitraire, d’ouverts de ℝ est ouverte, et toute intersection finie d’ouverts de ℝ est ouverte.

Compléments

  • Tout intervalle ouvert contenant x0x_0 est un voisinage de x0x_0.

📌 Dans ℝ, ]0,1]]0,1] est un voisinage de tout point de ]0,1[]0,1[, mais n’est pas un voisinage de 00.

  • ℝ et ∅\varnothing sont à la fois ouverts et fermés.

  • Tout intervalle ouvert de ℝ est un ensemble ouvert.

  • Pour tout x0∈Rx_0\in\mathbb{R}, le singleton {x0}\{x_0\} est fermé dans ℝ.

  • L’intersection ⋂n≥1]−1/n,1/n[={0}\bigcap_{n\geq1}] -1/n,1/n[=\{0\} n’est pas ouverte.

Astuce mémo

Réunions arbitraires d’ouverts, mais intersections seulement finies.

14. Adhérence et accumulation

Notions clés & Définitions

  • Point adhérent : Un point x0∈Rx_0\in\mathbb{R} est adhérent à A⊆RA\subseteq\mathbb{R} si tout intervalle ouvert centré en x0x_0 rencontre AA ; l’ensemble de ces points est l’adhérence de AA, notée A‾\overline{A}.
  • Point d’accumulation : Un point x0∈Rx_0\in\mathbb{R} est un point d’accumulation de AA si tout intervalle ouvert centré en x0x_0 contient un point de AA distinct de x0x_0.
  • Point isolé : Un point x0x_0 est isolé de AA s’il appartient à AA et s’il existe un intervalle ouvert centré en x0x_0 dont l’intersection avec AA est {x0}\{x_0\}.

Points essentiels

  • Pour toute partie non vide A⊆RA\subseteq\mathbb{R}, on a A⊆A‾A\subseteq\overline{A}.

  • Le point 00 est adhérent à ]0,1]]0,1].

📌 Pour toute partie AA de ℝ, Acc⁡(A)∩Is⁡(A)=∅\operatorname{Acc}(A)\cap\operatorname{Is}(A)=\varnothing et A‾=Acc⁡(A)∪Is⁡(A)\overline{A}=\operatorname{Acc}(A)\cup\operatorname{Is}(A).

Astuce mémo

Un point d’accumulation peut être hors de A ; un point isolé appartient à A.

15. Intérieur et frontière

Notions clés & Définitions

  • Point intérieur : Un point x0x_0 est intérieur à AA si AA est un voisinage de x0x_0 ; l’ensemble des points intérieurs se note A˚\mathring{A}.
  • Point frontière : Un point x0x_0 est un point frontière de AA s’il est adhérent à AA et à son complémentaire ; l’ensemble des points frontière se note ∂A\partial A.
  • Droite réelle achevée : La droite réelle achevée est R‾=R∪{−∞,+∞}\overline{\mathbb{R}}=\mathbb{R}\cup\{-\infty,+\infty\}, ordonnée par −∞<x<+∞-\infty<x<+\infty pour tout x∈Rx\in\mathbb{R}.

★ À maîtriser

  • L’addition et la multiplication ne sont pas des lois de composition sur la droite réelle achevée, car +∞+(−∞)+\infty+(-\infty), 0⋅(+∞)0\cdot(+\infty) et 0⋅(−∞)0\cdot(-\infty) ne sont pas définis et sont appelés formes indéterminées.

Compléments

  • Tout point intérieur à AA appartient à AA.

  • Pour A=[0,1[A=[0,1[, on a A‾=[0,1]\overline{A}=[0,1], A˚=]0,1[\mathring{A}=]0,1[ et ∂A={0,1}\partial A=\{0,1\}.

  • Pour A=QA=\mathbb{Q}, on a A‾=∂A=R\overline{A}=\partial A=\mathbb{R} et A˚=∅\mathring{A}=\varnothing.

  • Dans la droite réelle achevée, les intervalles ouverts s’écrivent ]a,b[]a,b[ avec a,b∈R‾a,b\in\overline{\mathbb{R}}.

📌 L’addition prolongée vérifie x+(+∞)=+∞x+(+\infty)=+\infty et x+(−∞)=−∞x+(-\infty)=-\infty pour tout réel xx, ainsi que +∞+(+∞)=+∞+\infty+(+\infty)=+\infty et −∞+(−∞)=−∞-\infty+(-\infty)=-\infty.

📌 La multiplication prolongée vérifie x(+∞)=+∞x(+\infty)=+\infty et x(−∞)=−∞x(-\infty)=-\infty si x>0x>0, x(+∞)=−∞x(+\infty)=-\infty et x(−∞)=+∞x(-\infty)=+\infty si x<0x<0, ainsi que +∞⋅+∞=+∞+\infty\cdot+\infty=+\infty, −∞⋅−∞=+∞-\infty\cdot-\infty=+\infty et +∞⋅−∞=−∞+\infty\cdot-\infty=-\infty.

Tableaux de synthèse

Ordres sur différents ensembles

EnsembleRelationType d’ordre
P(X)\mathcal{P}(X)InclusionPartiel
R2\mathbb{R}^2Ordre produitPartiel
R2\mathbb{R}^2Ordre lexicographiqueTotal
N\mathbb{N}DivisibilitéPartiel

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Nombres réels et relations d’ordre avec 51 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pour une relation binaire de EE vers FF, quel rôle joue le sous-ensemble GG de E×FE\times F ?

2. Quel est le statut de l’ensemble des nombres rationnels dans R\mathbb{R} au regard de la densité ?

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Quelles opérations sur deux entiers naturels donnent toujours un entier naturel ?

L’addition et la multiplication.

Comment définit-on l’ensemble des entiers relatifs ?

Z={…,−2,−1,0,1,2,…}\mathbb{Z}=\{\ldots,-2,-1,0,1,2,\ldots\}.

Quelle forme ont les nombres décimaux ?

a10n\frac{a}{10^n}, avec a∈Za\in\mathbb{Z} et n∈Nn\in\mathbb{N}.

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