QCM : Organométalliques et liaisons carbone-carbone — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit un composé organométallique de formule générale R–MF ?

Il associe un carbone à un halogène sans métal
Il contient une liaison directe entre deux métaux différents
Il contient une liaison directe entre un carbone et un métal
Il possède un métal lié uniquement à un atome d’oxygène

Il contient une liaison directe entre un carbone et un métal

Explication

Un organométallique est défini par la présence d’une liaison carbone–métal, notée R–M. Les autres propositions décrivent des liaisons qui ne correspondent pas à cette définition.

2. Comment se polarise la liaison C–M dans un organométallique lorsque le métal est plus électropositif que le carbone ?

Elle devient Cδ− ⁣ ⁣− ⁣ ⁣Mδ+\mathrm{C}^{\delta-}\!\!-\!\!\mathrm{M}^{\delta+}
Elle porte une charge négative localisée sur le métal
Elle reste apolaire entre les deux atomes
Elle devient Cδ+ ⁣ ⁣− ⁣ ⁣Mδ−\mathrm{C}^{\delta+}\!\!-\!\!\mathrm{M}^{\delta-}

Elle devient $$\mathrm{C}^{\delta-}\!\!-\!\!\mathrm{M}^{\delta+}$$

Explication

Le carbone, plus électronégatif, attire davantage les électrons et porte donc une charge partielle négative, tandis que le métal porte une charge partielle positive. La polarisation inverse attribuerait à tort l’électronégativité la plus élevée au métal.

3. Comment évoluent la polarisation et la réactivité d’une liaison carbone–métal lorsque l’écart d’électronégativité entre les deux atomes augmente ?

Elles augmentent avec cet écart d’électronégativité
Elles disparaissent lorsque la liaison devient davantage polarisée
Elles diminuent lorsque cet écart devient plus important
Elles restent indépendantes de l’écart d’électronégativité

Elles augmentent avec cet écart d’électronégativité

Explication

Une différence d’électronégativité plus grande accentue la polarisation de la liaison C–M et augmente sa réactivité. Une baisse ou une absence d’influence contredit cette relation entre polarisation et écart d’électronégativité.

4. Quelle méthode de préparation consiste à introduire un métal dans une liaison carbone–halogène ?

L’échange d’un groupe organique entre deux métaux
La déprotonation d’une liaison C–H acide
L’insertion d’un métal dans la liaison C–X
La transmétallation vers un métal moins électropositif

L’insertion d’un métal dans la liaison C–X

Explication

L’insertion ajoute directement le métal au sein de la liaison carbone–halogène C–X. La transmétallation, elle, transfère un groupe organique déjà lié à un métal vers un autre métal.

5. Lors d’un échange halogène–métal, quel ordre de réactivité des halogènes est attendu ?

I > Br > Cl
Cl > Br > I
I > Cl > Br
Br > Cl > I

I > Br > Cl

Explication

La chimiosélectivité suit l’ordre I > Br > Cl, car l’iode et le brome sont plus polarisables et sont échangés préférentiellement. Le chlore réagit donc moins facilement dans ces conditions.

6. Quel ordre exprime correctement la stabilité relative des carbanions selon l’hybridation du carbone chargé négativement ?

sp≫sp2≫sp3sp \gg sp^2 \gg sp^3
sp3≫sp2≫spsp^3 \gg sp^2 \gg sp
sp2≫sp3≫spsp^2 \gg sp^3 \gg sp
sp≫sp3≫sp2sp \gg sp^3 \gg sp^2

$$sp \gg sp^2 \gg sp^3$$

Explication

La stabilité diminue selon sp≫sp2≫sp3sp \gg sp^2 \gg sp^3, car une orbitale possédant davantage de caractère s stabilise mieux une charge négative. L’ordre inverse favoriserait à tort le carbone sp3, dont le caractère s est le plus faible.

7. Quelles conditions sont nécessaires pour préparer correctement un réactif de Grignard à partir d’un dérivé halogéné RX ?

Du sodium dans un solvant aqueux légèrement acide
Du magnésium dans un solvant très sec, comme l’éther ou le THF
Du magnésium dans l’eau afin de faciliter la protonation
Du magnésium dans un solvant fortement oxydant et humide

Du magnésium dans un solvant très sec, comme l’éther ou le THF

Explication

Un réactif de Grignard se forme avec du magnésium dans un milieu très sec, généralement l’éther diéthylique ou le THF. L’eau le détruit par protonation, ce qui rend les milieux aqueux impropres à sa préparation.

8. Quel solvant est généralement privilégié pour un organomagnésien alkyle, tandis que le THF est souvent utilisé pour un organomagnésien alcénylique ?

L’éther diéthylique pour les deux types d’organomagnésiens
Le THF pour l’alkyle et l’eau pour l’alcénylique
L’éther diéthylique pour l’alkyle et le THF pour l’alcénylique
Le toluène pour l’alkyle et l’éther diéthylique pour l’alcénylique

L’éther diéthylique pour l’alkyle et le THF pour l’alcénylique

Explication

La préparation d’un organomagnésien alkyle utilise généralement l’éther diéthylique, alors que le THF convient souvent à un organomagnésien alcénylique. L’eau ne peut pas être employée, car elle détruit le réactif de Grignard.

9. Pourquoi les organomagnésiens se comportent-ils à la fois comme des bases et comme des nucléophiles ?

La liaison C–Mg, ionique à environ 35 %, donne au carbone un caractère carbanionique
La liaison C–Mg rend le carbone électrophile et favorise l’acceptation d’électrons
Le magnésium porte la charge négative et attaque les électrophiles carbonés
La liaison C–Mg est totalement covalente et prive le carbone de toute réactivité

La liaison C–Mg, ionique à environ 35 %, donne au carbone un caractère carbanionique

Explication

Le caractère ionique estimé à 35 % de la liaison C–Mg confère au carbone un comportement de carbanion, expliquant ses propriétés basiques et nucléophiles. Le magnésium n’est pas le centre nucléophile, et le carbone n’est pas rendu électrophile par cette polarisation.

10. Quelle succession d’étapes décrit l’addition d’un organomagnésien à un aldéhyde ou à une cétone ?

Oxydation du carbonyle, puis substitution du magnésium par un proton
Protonation du carbone magnésien, puis attaque électrophile du carbonyle
Attaque nucléophile du carbone lié au magnésium, puis protonation
Attaque du magnésium sur le carbone carbonylé, puis élimination d’un halogénure

Attaque nucléophile du carbone lié au magnésium, puis protonation

Explication

Le carbone lié au magnésium attaque nucléophiliquement le carbone du groupe carbonyle, puis l’intermédiaire est protoné. Les autres séquences inversent la polarité des espèces ou introduisent une oxydation et une élimination non prévues.

11. Quelle méthode permet principalement de préparer un organolithien ?

Faire réagir du magnésium métallique avec un halogénoalcane dans le THF
Faire réagir du zinc métallique avec un halogénoalcane dans le DME
Faire réagir du lithium métallique avec un halogénoalcane dans l’éther diéthylique
Faire réagir un sel de lithium avec un alcool dans l’éther diéthylique

Faire réagir du lithium métallique avec un halogénoalcane dans l’éther diéthylique

Explication

La préparation principale consiste à faire réagir le lithium métallique avec un halogénoalcane, le produit étant associé au bromure de lithium dans l’éther diéthylique. Le magnésium métallique est caractéristique de la préparation des réactifs de Grignard, et non des organolithiens.

12. Quelle relation entre la structure des agrégats et la réactivité des organolithiens est généralement correcte ?

Les monomères et les petits agrégats sont généralement les plus réactifs
Tous les agrégats présentent généralement une réactivité équivalente
Les formes tétramériques sont généralement plus réactives que les monomères
Les agrégats d’ordre supérieur sont généralement les plus réactifs

Les monomères et les petits agrégats sont généralement les plus réactifs

Explication

Les monomères et les agrégats légers réagissent généralement plus facilement que les agrégats d’ordre supérieur. Une agrégation plus importante diminue en général la réactivité apparente de l’organolithien.

13. Quelle est l’utilisation principale du butyllithium commercial ?

Une base très forte pour déprotoner des substrats
Un nucléophile modéré pour hydrolyser des esters
Un électrophile doux pour activer les aldéhydes
Un catalyseur métallique pour réduire les alcènes

Une base très forte pour déprotoner des substrats

Explication

Le butyllithium commercial est principalement employé comme base forte, parmi les plus puissantes utilisées en synthèse. Son rôle courant n’est donc pas celui d’un catalyseur ou d’un électrophile.

14. Dans quelle situation un organolithien peut-il se comporter comme un nucléophile plutôt que comme une base ?

Lorsque le lithium métallique remplace le groupe partant du substrat
Lorsque le solvant transforme systématiquement le réactif en agrégat lourd
Lorsque le substrat et les conditions favorisent l’attaque d’un centre électrophile
Lorsque la réaction empêche toute interaction avec un électrophile

Lorsque le substrat et les conditions favorisent l’attaque d’un centre électrophile

Explication

Un organolithien peut agir comme nucléophile ou comme base selon le substrat et les conditions réactionnelles. La formation d’un agrégat ou la présence du lithium métallique ne suffit pas à déterminer seule ce comportement.

15. Quelle désignation correspond à la formule R−Zn−X\mathrm{R{-}Zn{-}X} ?

Un diorganozinc
Un halogénure d’organozinc
Un organomagnésien halogéné
Un zincate de lithium

Un halogénure d’organozinc

Explication

La formule R−Zn−X\mathrm{R{-}Zn{-}X} désigne un halogénure d’organozinc. Un diorganozinc possède la formule R2Zn\mathrm{R_2Zn}, tandis qu’un zincate de lithium s’écrit R3Zn−Li+\mathrm{R_3Zn^-Li^+}.

16. Quelle comparaison décrit correctement la réactivité des organozinciques envers les composés carbonylés ?

Ils sont plus nucléophiles que les organolithiens et réagissent avec tous les dérivés carbonylés
Ils réagissent avec les cétones et les esters, tandis que les chlorures d’acyle restent inertes
Ils réagissent vivement avec les esters et les cétones, mais pas avec les aldéhydes
Ils réagissent avec les chlorures d’acyle et les aldéhydes, plus difficilement avec les cétones et pas avec les esters

Ils réagissent avec les chlorures d’acyle et les aldéhydes, plus difficilement avec les cétones et pas avec les esters

Explication

Les organozinciques sont moins nucléophiles que les organolithiens et les organomagnésiens, mais ils réagissent avec les chlorures d’acyle et les aldéhydes. Leur réaction avec les cétones est plus difficile et ils ne réagissent pas avec les esters dans ce cadre.

17. Quel produit résulte de la réaction de Réformatsky entre un énolate de zinc d’ester et un composé carbonylé ?

Un alcool tertiaire issu d’une double addition sur l’ester
Un β-hydroxyester issu de l’addition sur un aldéhyde ou une cétone
Un ester α,β-insaturé issu d’une élimination de l’alcool
Un cyclopropane issu d’une addition sur une double liaison

Un β-hydroxyester issu de l’addition sur un aldéhyde ou une cétone

Explication

La réaction de Réformatsky est la condensation d’un énolate de zinc d’ester sur un aldéhyde ou une cétone, ce qui forme un β-hydroxyester. La cyclopropanation correspond plutôt à la réaction de Simmons-Smith.

18. Quelle transformation caractérise la réaction de Simmons-Smith ?

La formation d’un β-hydroxyester par addition d’un énolate de zinc
La substitution d’un halogénoalcane par un organocuprate
La réduction d’un aldéhyde en alcool par un diorganozinc
La cyclopropanation stéréospécifique d’un alcène par syn-addition d’un carbénoïde de zinc

La cyclopropanation stéréospécifique d’un alcène par syn-addition d’un carbénoïde de zinc

Explication

La réaction de Simmons-Smith transforme un alcène en cyclopropane par syn-addition stéréospécifique d’un carbénoïde de zinc. La formation d’un β-hydroxyester relève de la réaction de Réformatsky.

19. Quelle formule correspond à un homocuprate ?

RCuLi2\mathrm{RCuLi_2} ou RCuMgX2\mathrm{RCuMgX_2}
RCuX\mathrm{RCuX} ou RCu2Li\mathrm{RCu_2Li}
RZnX\mathrm{RZnX} ou R2Zn\mathrm{R_2Zn}
R2CuLi\mathrm{R_2CuLi} ou R2CuMgX\mathrm{R_2CuMgX}

$$\mathrm{R_2CuLi}$$ ou $$\mathrm{R_2CuMgX}$$

Explication

Un homocuprate possède deux groupes organiques identiques liés au cuivre, avec les formules R2CuLi\mathrm{R_2CuLi} ou R2CuMgX\mathrm{R_2CuMgX}. Il est préparé à partir d’un sel de cuivre(I) et de deux équivalents d’un organolithien ou d’un réactif de Grignard.

20. Que devient le second groupe organique d’un homocuprate lors du transfert vers un électrophile ?

Il reste attaché au cuivre et devient un groupe non transférable
Il est transféré deux fois sur le même électrophile
Il est perdu, tandis qu’un seul groupe organique est transféré
Il est converti en halogénoalcane avant le transfert

Il est perdu, tandis qu’un seul groupe organique est transféré

Explication

Dans un homocuprate, un seul des deux groupes organiques est transféré à l’électrophile et le second est perdu. Dans un hétérocuprate, le groupe non transférable est introduit pour améliorer la stabilité du réactif.

21. Pourquoi les organocuprates sont-ils particulièrement adaptés aux substitutions sur les halogénoalcanes ?

Ils provoquent une oxydation directe de l’halogénoalcane
Ils favorisent l’élimination avec peu de substitution
Ils favorisent la substitution avec peu d’élimination
Ils transforment l’halogénoalcane en alcool par hydrolyse

Ils favorisent la substitution avec peu d’élimination

Explication

Les organocuprates réalisent des substitutions sur les halogénoalcanes sans élimination notable, ce qui les rend avantageux par rapport aux organomagnésiens. Leur intérêt dans cette transformation vient donc de leur sélectivité substitutionnelle.

22. Quelle régiosélectivité les organocuprates favorisent-ils avec un dérivé carbonylé α,β-éthylénique ?

Une addition 1,2 directement sur le carbone carbonylé
Une addition 1,4 sur le système conjugué
Une substitution du groupe carbonyle par un halogène
Une addition au seul carbone alpha sans interaction avec la double liaison

Une addition 1,4 sur le système conjugué

Explication

Les organocuprates favorisent l’addition 1,4 sur les dérivés carbonylés α,β-éthyléniques. L’addition 1,2 correspond à une autre régiosélectivité, généralement moins favorisée avec ces réactifs.

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Qu'est-ce qu'un organométallique ?

Un composé avec une liaison carbone-métal R–M.

Comment est polarisée la liaison carbone-métal dans un organométallique ?

Vers Cδ−–Mδ+ car le métal est électropositif et le carbone électronégatif.

Qu'est-ce qui augmente la polarisation et la réactivité de la liaison C–M ?

La différence d’électronégativité entre le carbone et le métal.

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