Fiche de révision : Protection contre la corrosion

Plan du Cours

  1. Corrosion et réactions électrochimiques
  2. Potentiels et loi de Faraday
  3. Facteurs de corrosivité des sols
  4. Corrosions galvaniques et courants continus
  5. Risques des courants alternatifs
  6. Protection passive et cathodique
  7. Dimensionnement des anodes galvaniques
  8. Protection par courant imposé
  9. Matériel de protection cathodique
  10. Évaluations générales et détaillées
  11. Mesures des potentiels et courants
  12. Résistivité et valeur d’isolement
  13. Contrôle des raccords isolants
  14. Contrôle des systèmes de protection cathodique
  15. Mesures sur fourreaux métalliques
  16. Courants alternatifs et dispositifs MALT
  17. Courants vagabonds continus et drainage
  18. Influences entre ouvrages

1. Corrosion et réactions électrochimiques

Notions clés & Définitions

  • Corrosion : Attaque destructive d’un métal par réaction électrochimique avec son environnement, notamment l’air, le sol ou l’eau.
  • Oxydant : Corps apte à capter des électrons.
  • Réducteur : Corps apte à céder des électrons et il est oxydé lorsqu’il les cède.

★ À maîtriser

📌 L’oxydation est une réaction anodique avec perte d’électrons, tandis que la réduction est une réaction cathodique avec gain d’électrons.

  • Dans la corrosion du fer en solution aqueuse aérée, le fer s’oxyde en ions Fe²⁺, l’oxygène dissous se réduit en ions OH⁻, Fe²⁺ et OH⁻ forment Fe(OH)₂ vert, puis celui-ci s’oxyde en Fe(OH)₃ brun, la rouille.

Compléments

  • Environ 7 % de la production mondiale d’acier est détruite chaque année par la corrosion.

  • Dans les solutions aqueuses aérées peu acides, neutres ou basiques, la réduction de l’oxygène dissous est la principale réaction cathodique.

Astuce mémo

Fer oxydé → oxygène réduit → hydroxyde vert → rouille brune

2. Potentiels et loi de Faraday

★ À maîtriser

  • Le potentiel naturel du fer est d’environ −0,6 V par rapport à une électrode Cu/CuSO₄ à pH voisin de 7, et il se situe alors dans la zone de corrosion. - Marcel POURBAIX

📌 La norme EN NF12954 précise que le potentiel des ouvrages métalliques enterrés doit être inférieur ou égal à −0,85 V.

📐 Formule - La masse métallique consommée suit la relation m=kIt=M96500nItm = kIt = \frac{M}{96500n}It, où M est la masse atomique, n la valence de l’ion, I l’intensité, t le temps et k un coefficient dépendant du métal. - Michael FARADAY

Compléments

  • Walter Nernst a montré qu’un métal plongé dans un électrolyte prend un potentiel caractéristique du métal, appelé potentiel de corrosion libre.

  • En pratique, le potentiel des canalisations métalliques est maintenu autour de −1 V.

  • La masse consommée par ampère et par an est de (Michael FARADAY) :

    • 10 kg pour le fer
    • 10,4 kg pour le cuivre
    • 7,1 kg pour le magnésium
    • 11,2 kg pour le zinc
    • 34 kg pour le plomb
    • 0,5 kg pour le ferrosilicium

3. Facteurs de corrosivité des sols

Notions clés & Définitions

  • Résistivité : Capacité d’un terrain à s’opposer à la circulation du courant électrique, correspondant à la résistance d’un tronçon de 1 m de longueur et de 1 m² de section ; elle se mesure au telluromètre en ohm-mètre (Ω·m).

★ À maîtriser

  • Une concentration élevée en oxygène dissous augmente la corrosivité de l’eau, comme dans l’eau agitée ou l’eau de pluie.

📌 Pour l’acier, un terrain est très agressif si ρ ≤ 50 Ω·m, agressif si 50 < ρ ≤ 100 Ω·m et faiblement agressif si ρ > 100 Ω·m.

Compléments

  • La présence de sel accroît la corrosivité de l’eau.

  • L’élévation de la température accélère les réactions électrochimiques et la diffusion de l’oxygène ; une hausse de 30 °C peut doubler la corrosion.

  • Le pH des sols est généralement compris entre 5 et 9, et les terrains naturellement de pH inférieur à 6 se rencontrent dans les tourbes ou les sols siliceux.

4. Corrosions galvaniques et courants continus

Notions clés & Définitions

  • Corrosion galvanique : Couplage électrique de deux métaux différents, en contact l’un avec l’autre et immergés dans un électrolyte.
  • Courants vagabonds continus : Courants électriques circulant dans le sol et provenant de réseaux de traction électrique continue, notamment les voies ferrées et les tramways.

★ À maîtriser

  • La corrosion galvanique se produit lorsque la protection cathodique est hors service ; par exemple, une canalisation en acier reliée électriquement à un branchement en cuivre se corrode au profit de celui-ci.

Compléments

📌 Dans un couplage galvanique, le métal le plus négatif protège celui qui est le plus positif.

  • Une conduite sans protection cathodique traversant des terrains électrolytiques hétérogènes prend des potentiels différents selon le milieu traversé, ce qui peut créer des zones anodiques et cathodiques.

  • Les courants vagabonds continus empruntent les ouvrages métalliques enterrés, modifient leur potentiel et y créent des zones anodiques et cathodiques ; leur intensité et leur direction varient.

  • Un drainage de courant relie le rail perturbateur à l’ouvrage enterré par une liaison polarisée comportant une diode ; une résistance ajustable peut être placée en série pour limiter le courant drainé.

Astuce mémo

Le métal le plus négatif protège le plus positif ; dans une pile géologique, l’argile devient anodique face au sable.

5. Risques des courants alternatifs

Notions clés & Définitions

  • Couplage capacitif : Dû au champ électrique présent à proximité des conducteurs électriques.

★ À maîtriser

📌 L’article 75 de l’arrêté du 17 mai 2001 impose, pour le voisinage de canalisations avec des lignes électriques de tension nominale ≥ 50 kV, une distance supérieure à 2 m entre la zone de servitude de la canalisation et la prise de terre.

  • Le voisinage d’une ligne haute tension peut perturber une canalisation par couplage inductif, couplage conductif ou couplage capacitif.

  • Le couplage inductif apparaît lorsqu’un conducteur parcouru par un courant alternatif crée un champ électromagnétique variable qui induit une force électromotrice, des courants et des tensions dans une canalisation parallèle.

  • En couplage conductif, le courant de défaut ou de foudre fait monter le potentiel de la prise de terre et du sol voisin ; une différence de potentiel peut alors provoquer une circulation de courant et endommager le revêtement ou le métal de la canalisation.

Compléments

  • Les critères de la norme NF EN 50443 sont pris en compte par GRTgaz par l’application de la PRO-0415.

  • En régime de défaut, les seuils indiqués sont, selon les critères concernés, inférieurs à 650 V pour le danger au personnel au robinet, inférieurs à 2 000 V pour les dommages à l’ouvrage, inférieurs à 60 V pour le danger au personnel et les dommages à l’ouvrage selon NF EN 50443, et inférieurs à 15 V selon NF EN 15280.

  • En couplage inductif, les tensions induites peuvent atteindre environ 100 V en régime normal et plusieurs kilovolts en régime de défaut.

  • La tension induite dépend notamment des facteurs suivants : la longueur et les caractéristiques électriques de la canalisation, les caractéristiques électriques et la position des ouvrages reliés à la canalisation, la force électromotrice induite sur la canalisation, la longueur du parallélisme, les caractéristiques électriques et la disposition de la ligne électrique, la distance entre la canalisation et la ligne électrique

📌 Pour réduire le couplage inductif, la solution la plus efficace est d’augmenter la distance entre la canalisation et la ligne électrique ; des mises à la terre équipées de filtres peuvent aussi écouler les courants induits.

  • La montée en tension dépend de : l’intensité du courant de court-circuit, la valeur de la prise de terre du pylône, la position de la canalisation par rapport à la prise de terre du pylône, les caractéristiques électriques de la canalisation

📌 Pour limiter le couplage conductif, il est possible d’augmenter la distance entre la canalisation et le pylône ou de renforcer le revêtement de la conduite à proximité du pylône.

  • Le couplage capacitif peut affecter une conduite longue de plusieurs centaines de mètres, en attente de pose, proche d’une ligne haute tension et bien isolée du sol ; la tension peut atteindre plusieurs milliers de volts dans les cas extrêmes, mais le phénomène est très limité par temps humide.

📌 La mise à la terre de la conduite en un ou plusieurs points permet d’évacuer les charges capacitives.

Astuce mémo

ICC : inductif, conductif, capacitif

6. Protection passive et cathodique

★ À maîtriser

  • La protection passive d’une canalisation repose notamment sur un revêtement, une peinture, une protection anti-roche et des raccords isolants.

  • Le choix d’un système de protection cathodique dépend de : le besoin de courant de protection lié au type de revêtement, la résistivité du sol, la localisation du futur système, la durée de vie souhaitée du système

📐 Formule - Le courant de protection cathodique se calcule par I=J×SI = J \times S, où I est l’intensité en mA, J la densité de courant en mA/m² et S la surface à protéger en m².

  • La protection cathodique par anodes galvaniques consiste à relier électriquement l’ouvrage en acier à des masses de zinc ou de magnésium, qui se corrodent préférentiellement et fournissent un courant cathodique à l’ouvrage.

Compléments

  • Le revêtement en polyéthylène comporte trois couches :

    • époxy
    • adhésif
    • polyéthylène
  • Pour une protection par soutirage, les densités indicatives sont de 0,005 à 0,1 mA/m² pour un revêtement PE et de 0,3 mA/m² pour un revêtement C ; pour une protection par anodes galvaniques, elles sont de 0,05 mA/m² pour un revêtement PE et de 0,1 mA/m² pour un revêtement C.

📌 Le schéma de protection par anode galvanique indique un courant inférieur ou égal à 20 mA, une résistivité du sol inférieure ou égale à 50 Ω·m et une distance anode-canalisation supérieure ou égale à 3 m.

📌 La protection par anodes galvaniques est adaptée aux électrolytes très conducteurs dont la résistivité est inférieure à 50 Ω·m.

  • Avant la pose d’une anode magnésium, il faut retirer son sac plastique puis humidifier l’anode et son mélange régulateur pendant 2 à 3 heures dans un grand bac rempli d’eau.

Astuce mémo

La barrière passive isole le métal ; la protection cathodique lui fournit une protection électrique complémentaire.

7. Dimensionnement des anodes galvaniques

★ À maîtriser

📐 Formule - La surface à protéger est calculée par S=πDextLS = \pi D_{ext} L ; pour l’exemple, S=3,14×0,114×300=107 m2S = 3{,}14 \times 0{,}114 \times 300 = 107\ \text{m}^2.

  • La densité théorique de courant retenue pour un revêtement de type C est de 0,1 mA/m², ce qui donne un courant de protection de 10,7 mA pour 107 m².

  • Avec une différence de potentiel de 250 mV pour le zinc et de 400 mV pour le magnésium, le courant débité par une anode de résistance 35 Ω est respectivement de 7 mA et 11 mA.

Compléments

  • L’application numérique porte sur une canalisation DN100 de diamètre extérieur 114,3 mm et de longueur 300 m, revêtue de type C, dans un terrain de résistivité 50 Ω·m, avec une durée de vie souhaitée de 20 ans.

📐 Formule - La résistance de terre simplifiée de l’anode est calculée par rA=0,7ρr_A = 0{,}7\rho ; pour une résistivité de 50 Ω·m, elle vaut 35 Ω.

  • Le dimensionnement de l’exemple aboutit à une anode de magnésium de 3 kg ou à une anode de zinc de 1,65 kg, et le rondin de zinc est privilégié car son rendement est plus important.

  • Pour les anodes galvaniques, le zinc présente un potentiel de −1100 mV, une consommation de 11,2 kg/A/an et un rendement de 0,95, tandis que le magnésium présente −1550 mV, 7,1 kg/A/an et 0,5.

8. Protection par courant imposé

Notions clés & Définitions

  • Protection cathodique par courant imposé : Fait circuler un courant électrique unidirectionnel à travers l’électrolyte vers l’ouvrage à protéger, depuis une masse sacrificielle ou un déversoir, afin de polariser négativement le métal jusqu’à rendre négligeables les réactions d’oxydation.

★ À maîtriser

📐 Formule - La tension du redresseur vérifie U=(Rc+Rd)IU = (R_c + R_d)I, où RcR_c est la résistance de la conduite, RdR_d celle du déversoir et II le courant de protection cathodique.

Compléments

  • La résistance du déversoir dépend de sa forme et de la résistivité du milieu, tandis que la résistance de la conduite dépend de son niveau d’isolement et de la résistivité du milieu.

  • Le redressement du courant peut être réalisé par un pont de diodes ou par des thyristors associés ou non à des diodes.

  • Un transformateur-redresseur alimenté par le réseau électrique basse tension fournit un courant continu de protection cathodique.

Astuce mémo

Le courant imposé polarise négativement le métal et rend négligeables les réactions d’oxydation.

9. Matériel de protection cathodique

Notions clés & Définitions

  • Câble de prise de potentiel : Permet d’accéder à la canalisation pour mesurer son potentiel et est soudé à celle-ci.
  • Témoin métallique : Permet de quantifier la corrosion ou l’efficacité de la protection cathodique et de mesurer le potentiel et le courant dans les zones soumises aux influences électriques extérieures.
  • Drainage : Liaison polarisée entre un rail perturbateur et un ouvrage métallique enterré, comportant une diode qui ne laisse circuler les courants vagabonds continus que de la canalisation vers le rail.
  • Mise à la terre : Écoule le courant alternatif induit par les lignes à haute tension présent sur la canalisation ; son filtre capacitif laisse passer les courants alternatifs vers la terre et bloque le courant continu de protection cathodique.

Points essentiels

  • Le câble de prise de potentiel est en cuivre multibrins de section 10 mm² et ses prises doivent être espacées au maximum de 3 km en zone rurale et de 1 km en zone urbaine.

📌 Le témoin métallique peut être permanent ou provisoire, tous deux pouvant être amovibles, mais seul le témoin permanent peut être enterré.

  • Le boîtier de connexion relie les câbles de :

    • prise de potentiel
    • témoin métallique
    • anode galvanique
    • électrode de mesure
  • Une prise de potentiel télésurveillée permet de contrôler la présence de protection cathodique par des mesures EON et de surveiller certains points critiques.

  • Une armoire de soutirage fournit le courant électrique nécessaire à la protection cathodique et comprend notamment un redresseur, une signalisation du courant, les coordonnées de l’exploitant et une protection par fusibles.

  • Le redresseur peut être régulé en tension, en courant débité ou en potentiel d’électrode de mesure ; cette dernière régulation nécessite une électrode posée près de la conduite.

10. Évaluations générales et détaillées

Notions clés & Définitions

  • Évaluation générale : Vérifie que la protection cathodique est appliquée sur l’ensemble électrique et s’appuie sur la télémesure pour s’assurer de la continuité de fonctionnement.
  • Évaluation complète et détaillée : Vérifie l’efficacité de la protection cathodique et du traitement des influences électriques à partir des contrôles des équipements, des résultats des évaluations générales ou télémesures, des résultats de l’ECD et du diagnostic du système avec contrôle des ratios caractéristiques.

★ À maîtriser

  • En l’absence de télésurveillance ou en cas de panne, les postes de soutirage sont contrôlés une fois par mois, les postes de drainage tous les 15 jours, les dispositifs d’écoulement des courants alternatifs tous les trois mois et les anodes une fois par an.

Compléments

  • Le contrôle de fonctionnement des équipements de protection cathodique vérifie la continuité de fonctionnement des soutirages, drainages, mises à la terre et anodes, notamment par télémesure.

  • Dans le cadre de l’évaluation générale, les prises de potentiel sélectionnées sont contrôlées une fois par an en l’absence de télémesure, tandis que les données télémesurées sont transmises chaque jour et enregistrées mensuellement dans PROTECA.

  • Les prises de potentiel télésurveillées pour l’évaluation générale sont situées aux extrémités du réseau, sur les antennes de plus de 3 km et sur celles de moins de 3 km uniquement si un raccord isolant est confirmé au départ de l’antenne.

  • Lorsque les influences électriques sont maîtrisées et que les actions correctives de niveaux 1 et 2 sont traitées, les évaluations complètes et détaillées des ensembles télésurveillés sont réalisées tous les 4 ans.

  • En l’absence de télémesure, les mesures EOFF, EON et des équipements associés aux prises de potentiel sont réalisées tous les 3 ans, contre tous les 4 ans pour les ensembles électriques télémesurés.

11. Mesures des potentiels et courants

★ À maîtriser

  • La mesure EON et de tension alternative consiste à positionner l’électrode de référence au sol au plus près de l’ouvrage, relever la tension alternative et sa fréquence, puis commuter en continu pour mesurer EON.

  • En fonctionnement normal, le potentiel EON est négatif et doit être au minimum de −1200 mV ; il doit également être proche du dernier relevé effectué à la même période.

  • Pour mesurer EOFF sur une canalisation maîtrisée de 10 km au plus, sans influences électriques et après coupure simultanée de toutes les sources de protection cathodique, on relève EON puis EOFF rapidement après la coupure cyclique.

  • Le critère général d’efficacité hors chute ohmique est un potentiel de −900 mV par rapport à l’électrode Cu/CuSO₄, avec une incertitude de mesure intégrée de 50 mV.

Compléments

📌 Si EON est instable en raison de courants vagabonds continus, il faut enregistrer la mesure pendant 5 à 10 minutes en mode min/max ; si Ucana~ dépasse 3 V à 50 Hz, il faut également l’enregistrer.

  • En présence d’influences électriques, de structures complexes ou lorsqu’il est impossible de couper tous les systèmes de protection cathodique, la mesure EOFF peut être réalisée avec un témoin métallique après stabilisation de sa polarisation.

  • Les mesures de courant peuvent être réalisées avec :

    • un ampèremètre
    • un multimètre et un shunt adapté
    • une pince ampèremétrique
    • des clamps pour les mesures sur canalisation

📐 Formule - Avec un shunt, le courant mesuré est calculé par Imesureˊ=IshuntUmesureˊUshuntI_{mesuré} = \frac{I_{shunt}U_{mesuré}}{U_{shunt}} ; un shunt de 10 A/100 mV avec une tension mesurée de 57,2 mV donne 5,72 A.

12. Résistivité et valeur d’isolement

★ À maîtriser

  • La méthode Wenner mesure la résistivité du sol à l’aide de quatre piquets alignés et espacés régulièrement, puis d’un telluromètre réglé sur quatre pôles.

  • Un terrain est très agressif si sa résistivité est inférieure ou égale à 50 Ω·m, agressif si elle est supérieure à 50 et inférieure ou égale à 100 Ω·m, et faiblement agressif au-delà de 100 Ω·m.

📐 Formule - La valeur d’isolement est calculée par VI=ΔUISVI = \frac{\Delta U}{I}S, avec ΔU=EON−EOFF\Delta U = EON - EOFF et S=πDextLS = \pi D_{ext}L, où I est le courant injecté et S la surface latérale du tube.

Compléments

📐 Formule - La résistivité du sol se calcule par ρ=2πRA\rho = 2\pi R A, où R est la valeur lue au telluromètre et A l’espacement des piquets ; la mesure correspond à une profondeur d’environ 3A/4.

  • La valeur d’isolement vérifie la qualité de pose du revêtement et est mesurée à la réception des canalisations neuves, notamment sur les tronçons, forages dirigés, passages en fourreau et souilles.

13. Contrôle des raccords isolants

★ À maîtriser

  • Lors du contrôle d’un raccord isolant, une différence de potentiel EON inférieure à 200 mV indique un raccord efficace selon le critère présenté.

  • L’efficacité d’un raccord isolant se vérifie en injectant ponctuellement du courant et en mesurant simultanément les potentiels EA et EB de part et d’autre.

📌 Si EA devient plus électronégatif tandis que EB reste constant ou augmente, le raccord isolant est efficace.

📌 Si EA et EB deviennent plus électronégatifs avec des valeurs différentes, le raccord isolant est résistant ou shunté ; si leurs valeurs sont égales ou voisines, il est passant ou shunté.

Compléments

  • L’efficacité d’un raccord isolant peut être évaluée en mesurant les potentiels de part et d’autre du raccord, puis en répétant la mesure après une mise à la terre provisoire d’un côté.

📌 Un courant nul ou très faible mesuré dans la liaison équipotentielle indique un raccord isolant défectueux, mais cette technique ne révèle pas un défaut partiel.

  • Avec un détecteur de canalisation, injecter un courant alternatif d’un côté du raccord à la fréquence la plus basse possible, soit 1 kHz, puis vérifier au récepteur si le signal est présent de l’autre côté.

14. Contrôle des systèmes de protection cathodique

★ À maîtriser

  • Le contrôle visuel annuel d’un poste de soutirage porte sur l’armoire, les connexions, le redresseur, la prise de terre des masses métalliques et les témoins des parafoudres lorsqu’ils sont présents.

📌 Pour un soutirage télésurveillé, les valeurs Is et Us sont relevées chaque mois par télémesure et enregistrées sous PROTECA ; toute alarme doit être interprétée et suivie d’une action adaptée dans les meilleurs délais.

📌 Pour les mesures en zone de gradient nul, un rapport Rd/Rc supérieur à 5 ou rd/rc supérieur à 10 conduit à réaliser un diagnostic de soutirage et à envisager le renforcement ou le remplacement du système de protection cathodique si les critères ne sont pas respectés.

Compléments

  • Sans télésurveillance, Is et Us sont contrôlés chaque mois à l’ampèremètre et au voltmètre du soutirage, et avec un multimètre selon le contrôle réalisé.

📌 Pour une anode galvanique non télésurveillée, le contrôle visuel et les mesures Eon+anode, I, Eoff et Eanode sont réalisés chaque année.

15. Mesures sur fourreaux métalliques

Notions clés & Définitions

  • Contact entre fourreau et canalisation : Le contact entre fourreau métallique et canalisation peut être franc, résistant ou absent, et se caractérise par des mesures comparatives de potentiels et de courants.

★ À maîtriser

📌 Un contact franc se caractérise par EON et EOFF de la canalisation proches de ceux du fourreau et par Idc canalisation inférieur à Idc fourreau ; un contact résistant présente des potentiels de canalisation inférieurs et Idc canalisation supérieur.

Compléments

📌 Lors de la mesure comparative, si le potentiel du fourreau est supérieur à −800 mV par rapport à l’électrode Cu/CuSO4, l’absence de contact est considérée comme conforme.

  • Pour le contrôle gaine ou canalisation, connecter l’élément indiqué côté ouvrage à la borne positive de l’interface, enregistrer le comportement électrique du témoin pendant 15 minutes, puis relever EON TM, EOFF TM et ITM.

  • Pour mesurer la polarisation de la gaine avec un soutirage provisoire, injecter le courant par paliers dans le fourreau, puis enregistrer E fourreau, EON canalisation et le courant injecté.

Astuce mémo

Contact franc : potentiels proches ; sans contact : potentiels distincts.

16. Courants alternatifs et dispositifs MALT

★ À maîtriser

📌 L’analyse du risque de corrosion par courants alternatifs induits est réalisée lors des campagnes de mesure lorsque Uac dépasse 3 V à 50 Hz, après discrimination des signaux 50 Hz des autres fréquences.

  • Pour mesurer le risque alternatif, planter un témoin métallique de 1 cm², le laisser polariser 10 minutes, enregistrer Uac, EON, EOFF, Iac et Idc pendant 10 minutes, puis calculer Jac.

📌 Le risque alternatif est faible ou absent pour Jac inférieur à 30 A/m², modéré pour Jac de 30 à 100 A/m² selon Jdc et le rapport Jac/Jdc, et élevé pour Jac supérieur à 100 A/m² ou lorsque Jac est de 30 à 100 A/m² avec Jdc supérieur à 1 A/m² et Jac/Jdc supérieur à 5.

Compléments

📐 Formule - Pour un témoin métallique de 1 cm², Jac=10×IacJ_{ac}=10\times I_{ac} lorsque Iac est exprimé en mA et Jac en A/m².

📌 Si Jac dépasse 30 A/m², un enregistrement de longue durée est réalisé ; si Jac est inférieur à 30 A/m², l’enregistrement de courte durée est conservé et le risque est classé R3.

  • Lors des ECD d’une MALT, les contrôles comprennent les courants continu et alternatif du condensateur, Ucana~ avec la MALT raccordée puis déraccordée, et la résistance de terre.

17. Courants vagabonds continus et drainage

★ À maîtriser

📌 Pour rechercher une influence continue, une canalisation est considérée affectée lorsque la différence entre EON maximal et EON moyen dépasse 100 mV.

  • Hors période de courants vagabonds, rétablir un niveau correct de protection cathodique ; pendant leur présence, analyser avec LOANA les courants du témoin selon la norme NF EN 50162.

📌 Si EOFF maximal est supérieur à −900 mV et qu’au moins une plage d’analyse des courants du témoin ne respecte pas le critère, le niveau de protection est jugé non satisfaisant et une anomalie PC de priorité 1 est créée.

Compléments

  • Pour les points peu influencés, enregistrer pendant 10 minutes EON, EOFF et Idc avec leurs valeurs maximale, moyenne et minimale sur un témoin polarisé ; pour les points très influencés ou présentant un creux de potentiel, effectuer cet enregistrement pendant 24 heures.

📌 Un drainage est contrôlé visuellement chaque année, notamment pour l’état de l’armoire, les connexions, les lampes et la prise de terre, puis au multimètre lors des ECD ou après alarme pour vérifier l’ampèremètre, la diode de puissance et le DAD éventuel.

📌 Pour le contrôle d’un DAD, lorsque Erail est supérieur à Ecana, le courant traversant le DAD est presque nul ; lorsque Erail est inférieur à Ecana, ce courant est significatif, de l’ordre de quelques ampères.

Astuce mémo

Courants vagabonds continus → variations de potentiel et risque de corrosion.

18. Influences entre ouvrages

★ À maîtriser

  • Pour analyser des influences entre ouvrages, enregistrer simultanément EON, EOFF et ITM sur les deux ouvrages, avec un témoin métallique et une électrode placés près de chaque ouvrage.

📌 Des variations opposées de ITM entre deux ouvrages indiquent la présence d’influences, qui disparaissent lorsque la source influençante est coupée.

📌 La méthode alternative de dépolarisation de 100 mV est utilisable lorsque les critères de protection de la norme NF EN 12954 ne sont pas atteints sur un témoin métallique de 1 ou 5 cm², mais elle ne s’applique pas au-dessus de 40 °C, en présence de bactéries, d’influences électriques alternatives ou continues, ni de courant d’égalisation.

  • La méthode consiste à enregistrer le potentiel à courant coupé du témoin, à le laisser se dépolariser environ 1 heure, puis à vérifier que la différence entre EOFF initial et EOFF après dépolarisation atteint au moins 100 mV.

  • Le critère EOFF dépend du milieu : −900 mV en cas général, −1000 mV en cas de suspicion de bactéries sulfato-réductrices, −800 mV dans un sol sableux de résistivité comprise entre 100 et 1000 Ω·m, −700 mV dans un sol de résistivité supérieure à 1000 Ω·m

Compléments

  • En cas d’influences constantes, synchroniser les chronorupteurs afin d’obtenir des périodes où tous les soutirages sont coupés ou établis et des périodes où chaque soutirage est coupé séparément.

  • La présence de courants vagabonds dans le sol ne suffit pas à établir une influence ; il faut rechercher les sorties de courant et contacter les exploitants des ouvrages tiers.

📌 Après la mesure de dépolarisation, vérifier visuellement l’absence de corrosion sur le témoin amovible de 1 ou 5 cm² et tracer les résultats dans le rapport d’efficacité de la protection cathodique.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Protection contre la corrosion avec 56 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une pièce métallique se dégrade au contact d’un sol humide et conducteur. Quel phénomène décrit cette attaque du métal par son environnement ?

2. Dans une cellule de corrosion, une zone métallique libère des électrons tandis qu’une autre les reçoit. Comment classer ces deux réactions ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Protection contre la corrosion avec 93 flashcards interactives.

Qu’est-ce que la corrosion d’un métal ?

Une attaque destructive par réaction électrochimique avec son environnement.

Que perd un métal lors de son oxydation anodique ?

Des électrons.

Que gagne une espèce lors de sa réduction cathodique ?

Des électrons.

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