QCM : Biens et preuve des droits (69 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un juriste soutient qu’une règle peut être critiquée au nom d’une justice supérieure au droit en vigueur. À quelle conception cette idée correspond-elle ?

À la conception idéaliste, qui fonde le droit sur son existence et rejette tout droit supérieur.
À la conception idéaliste, qui fonde le droit sur la justice et admet un droit naturel supérieur.
À la conception positiviste, qui fonde le droit sur la justice et admet un droit naturel supérieur.
À la conception positiviste, qui explique le droit par des réalités sociales extérieures.

À la conception idéaliste, qui fonde le droit sur la justice et admet un droit naturel supérieur.

Explication

Les conceptions idéalistes fondent le droit sur la justice et admettent un droit naturel supérieur au droit positif. Fonder le droit sur son existence relève des conceptions positivistes, tandis que son explication par des réalités sociales extérieures caractérise le positivisme scientifique.

2. Après la promulgation d’une loi, quelle étape permet au public d’en prendre connaissance avant qu’elle lui soit imposée ?

Sa date d’entrée en vigueur
Sa publication
Son vote par le Parlement
Sa promulgation

Sa publication

Explication

La promulgation rend la loi exécutoire, tandis que la publication la fait connaître au public. Confondre promulgation et information du public inverse leurs rôles ; le vote seul ne suffit pas à rendre la loi obligatoire ; la date d’entrée en vigueur ne remplace pas la publication.

3. Dans un litige, un ministre a répondu à une question parlementaire en interprétant le texte applicable. Le juge doit-il suivre cette interprétation ?

Oui, car la réponse ministérielle lie les parties.
Oui, le juge doit reprendre cette interprétation.
Non, le juge n’est pas tenu de s’y conformer.
Non, car une réponse ministérielle annule le texte interprété.

Non, le juge n’est pas tenu de s’y conformer.

Explication

Les réponses ministérielles et leurs interprétations n’ont aucune valeur obligatoire, si bien que le juge n’est pas tenu de les suivre. Une influence possible ne crée pas d’obligation, et une réponse ministérielle ne constitue ni une décision judiciaire ni une annulation du texte.

4. Un vendeur réclame le paiement d’une livraison et l’acheteur affirme avoir déjà payé. Qui doit prouver quoi ?

L’acheteur prouve l’obligation, et le vendeur le paiement
L’acheteur prouve le paiement, et le vendeur l’absence de livraison
Le vendeur prouve l’obligation, et l’acheteur le paiement
Le vendeur prouve l’obligation et l’absence de paiement

Le vendeur prouve l’obligation, et l’acheteur le paiement

Explication

Celui qui réclame l’exécution doit prouver l’obligation, tandis que celui qui se prétend libéré doit établir le paiement ou un autre fait extinctif. Faire prouver l’absence de paiement au vendeur inverse la charge, et faire prouver l’obligation à l’acheteur inverse les rôles.

5. Un notaire compétent reçoit un acte en respectant les solennités requises. Comment cet acte est-il qualifié ?

Un acte sous seing privé
Un commencement de preuve par écrit
Un acte électronique
Un acte authentique

Un acte authentique

Explication

L’acte reçu avec les solennités requises par un officier public compétent et ayant qualité pour instrumenter est un acte authentique. Un acte sous seing privé est rédigé par les parties ou un tiers sans cette qualité, tandis que la forme électronique ne suffit pas à définir l’authenticité.

6. Un exploitant vend séparément des fruits encore attachés aux arbres, sans vendre le verger. Quelle qualification la jurisprudence peut-elle retenir pour cette vente ?

Une vente mobilière par détermination de la loi
Une vente immobilière parce que les fruits sont encore attachés
Une vente mobilière par anticipation
Une vente immobilière avec le verger

Une vente mobilière par anticipation

Explication

La jurisprudence peut qualifier de mobilière par anticipation la vente isolée de fruits qui deviendront meubles après leur cueillette. La vente avec le verger relève de la qualification immobilière ; le maintien temporaire de l’attache n’empêche pas l’anticipation ; la détermination par la loi ne vise pas cette situation.

7. Un référendum d’initiative partagée est envisagé : un cinquième des parlementaires le demande et un dixième des électeurs le soutient. Quel constat correspond à l’article 11 ?

Le seuil parlementaire est atteint, mais le soutien électoral est insuffisant
Les seuils prévus pour l’initiative partagée sont atteints
Le soutien électoral est atteint, mais le seuil parlementaire est insuffisant
Les seuils ne sont atteints que si la majorité des électeurs soutient la demande

Les seuils prévus pour l’initiative partagée sont atteints

Explication

L’article 11 prévoit une demande d’un cinquième des parlementaires soutenue par un dixième des électeurs; les deux seuils indiqués sont donc atteints. L’inversion des fractions ou l’exigence d’une majorité électorale modifie les conditions prévues.

8. Une personne exerce un droit subjectif dans le but de nuire à un voisin, sans empêcher celui-ci d’exercer ses propres droits ; selon la conception retenue par le droit positif, comment qualifier cet exercice ?

Un exercice abusif du droit
Un exercice relevant de la justice commutative
Un exercice relevant de la justice distributive
Un exercice conforme du droit

Un exercice abusif du droit

Explication

Selon la conception retenue par le droit positif, l’exercice d’un droit subjectif devient abusif lorsqu’il vise à nuire à autrui. Le critère de l’entrave aux droits d’autrui relève de la conception individualiste ; un simple désaccord ou l’absence de dommage matériel établi ne remplace pas le critère de l’intention de nuire.

9. Quel effet produit une présomption légale au bénéfice d’une partie ?

Elle rend le fait présumé incontestable
Elle la dispense de prouver le fait présumé
Elle laisse au juge le soin de déduire le fait
Elle la dispense de prouver toute l’obligation

Elle la dispense de prouver le fait présumé

Explication

La présomption légale dispense son bénéficiaire de rapporter la preuve du fait qu’elle présume. La déduction appréciée par le juge relève de la présomption judiciaire, tandis que l’effet ne s’étend pas à toute l’obligation et ne rend pas automatiquement le fait irréfutable.

10. Une étudiante commence l’étude du droit constitutionnel et se demande à quoi peut lui servir l’introduction au droit. Quel rôle cette matière remplit-elle pour elle ?

Elle enseigne le vocabulaire juridique sans fournir d’instruments pour les autres matières.
Elle fournit des instruments utiles à l’étude des seules matières de droit privé.
Elle fournit des instruments utiles à l’étude de toutes les matières juridiques.
Elle remplace l’étude des matières juridiques par un enseignement général.

Elle fournit des instruments utiles à l’étude de toutes les matières juridiques.

Explication

L’introduction au droit s’applique à toutes les matières juridiques et fournit des instruments nécessaires à leur étude. La limiter au droit privé confond son champ avec celui d’une branche particulière, tandis que la réduire au vocabulaire ou la présenter comme un remplacement de l’étude des matières ne correspond pas à son rôle.

11. Une directive européenne fixe à un État membre un objectif à atteindre avant une échéance, tout en lui laissant choisir la forme de réalisation. Quelle démarche correspond à cette norme ?

Adresser la mesure à un destinataire déterminé comme une décision européenne
Appliquer directement le texte sans mesure nationale, comme un règlement
Transposer l’objectif dans le droit national en choisissant la forme et en respectant le délai
Choisir la forme nationale sans tenir compte d’une échéance de transposition

Transposer l’objectif dans le droit national en choisissant la forme et en respectant le délai

Explication

La directive fixe un objectif et un délai de transposition, tandis que chaque État membre choisit la forme de sa réalisation en droit national. L’application directe correspond au règlement, ignorer l’échéance méconnaît la règle, et une décision vise des destinataires déterminés.

12. Une personne signe un contrat afin de transférer la propriété d’un bien. Quelle notion désigne cette manifestation de volonté accomplie pour produire un effet de droit ?

Un acte juridique
Un fait juridique
Un événement matériel
Une règle de preuve

Un acte juridique

Explication

L’acte juridique est une manifestation de volonté accomplie pour produire des effets de droit, comme le transfert d’un droit de propriété. Le fait juridique désigne un événement auquel la loi attache des effets sans qu’ils soient nécessairement voulus ; la preuve et l’événement matériel ne définissent pas l’acte juridique.

13. Une loi pénale nouvelle prévoit une rétroactivité défavorable aux personnes poursuivies. Le législateur peut-il y déroger ?

Oui, car l’article 2 du Code civil est de valeur législative
Oui, si la loi précise expressément son effet rétroactif
Oui, si le procès pénal n’a pas encore commencé
Non, la non-rétroactivité pénale est garantie par des normes supérieures

Non, la non-rétroactivité pénale est garantie par des normes supérieures

Explication

La non-rétroactivité des lois pénales est garantie par l’article 8 de la DDHC et l’article 7 de la Convention européenne des droits de l’homme ; le législateur ne peut y déroger. La dérogation législative à l’article 2 concerne la règle générale, mais ne permet pas de passer outre ces garanties pénales supérieures.

14. Comment caractériser les ordonnances au regard de leur auteur et des matières concernées ?

Des actes du Parlement portant sur des matières relevant normalement du pouvoir réglementaire
Des règlements autonomes portant sur des matières hors du domaine du législateur
Des actes du pouvoir réglementaire portant sur des matières relevant normalement du législateur
Des lois votées par le Parlement dans des matières relevant normalement du pouvoir réglementaire

Des actes du pouvoir réglementaire portant sur des matières relevant normalement du législateur

Explication

Une ordonnance est un acte du pouvoir réglementaire qui intervient dans une matière relevant normalement de la compétence du législateur. La qualifier de loi parlementaire confond son auteur, et la limiter au domaine réglementaire ordinaire méconnaît la matière concernée.

15. Quel principe énonce l’article 2 du Code civil au sujet de l’effet d’une loi dans le temps ?

La loi nouvelle régit le passé et les effets déjà produits
La loi ancienne régit les effets futurs des situations en cours
La loi nouvelle s’applique à toute situation antérieure non jugée
La loi vaut pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif

La loi vaut pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif

Explication

L’article 2 du Code civil pose le principe selon lequel la loi ne vaut que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif. Appliquer la loi nouvelle aux effets futurs relève de l’application dans le temps, et non d’une application au passé ; attribuer les effets futurs à la loi ancienne inverse la règle.

16. Une personne peut vendre un droit ayant une valeur pécuniaire, tandis que son droit à la vie privée reste attaché à elle. Quelle distinction cela illustre-t-il ?

Les deux types de droits ont une valeur pécuniaire, mais un seul peut être transmis.
Le droit extrapatrimonial est transmissible, tandis que le droit patrimonial reste attaché à la personne.
Le droit patrimonial est transmissible et pécuniaire, contrairement au droit extrapatrimonial.
La distinction dépend du fait que le droit appartient à une personne physique ou morale.

Le droit patrimonial est transmissible et pécuniaire, contrairement au droit extrapatrimonial.

Explication

Un droit patrimonial a une valeur pécuniaire et peut être transmis, échangé ou vendu, alors qu’un droit extrapatrimonial est attaché à son titulaire et ne se transmet pas. L’idée de cessibilité des droits extrapatrimoniaux inverse la distinction; le statut physique ou moral du titulaire ne la définit pas; attribuer une valeur pécuniaire aux deux catégories efface leur différence.

17. Quelles sont les quatre finalités principales du droit ?

La justice, l’utilité, l’égalité et le collectivisme
La justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme
La justice, l’utilité, l’individualisme et la légalité
La justice, l’ordre public, l’individualisme et le collectivisme

La justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme

Explication

Les quatre finalités principales sont la justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme. L’ordre public, l’égalité et la légalité sont ici des substitutions à l’une de ces finalités.

18. Dans une profession, un usage répandu depuis longtemps est suivi sans que ses membres le considèrent obligatoire. Quel élément manque pour que cet usage constitue une coutume ?

Une formulation écrite dans un texte juridique.
Une reconnaissance expresse par le législateur.
Un usage général et prolongé dans la profession.
La croyance en son caractère obligatoire.

La croyance en son caractère obligatoire.

Explication

La coutume suppose à la fois un usage général et prolongé et la croyance en son caractère obligatoire. L’ancienneté ne remplace pas cette croyance; une règle écrite ou une reconnaissance législative n’est pas un élément constitutif requis.

19. Une députée prend l’initiative d’un texte législatif. Quel est le nom de ce texte au stade de son initiative ?

Un projet de loi
Un amendement gouvernemental
Une proposition de loi
Une loi référendaire

Une proposition de loi

Explication

Un texte dont l’initiative vient d’un parlementaire est une proposition de loi; le projet de loi est d’initiative gouvernementale. Un amendement intervient dans la discussion d’un texte, tandis qu’une loi référendaire renvoie à son mode d’adoption.

20. En période de crise, des institutions de la République sont gravement menacées, mais les pouvoirs publics constitutionnels fonctionnent régulièrement. La condition de l’article 16 permettant au président de prendre des ordonnances est-elle remplie ?

Oui, car une menace grave contre les institutions suffit à déclencher ce pouvoir
Non, car le Parlement n’a pas donné l’autorisation requise par l’article 38
Non, car l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics fait défaut
Non, car toutes les menaces énumérées doivent être réunies simultanément

Non, car l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics fait défaut

Explication

L’article 16 exige cumulativement une menace grave portant sur l’un des intérêts énumérés et une interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels. La menace grave seule ne suffit pas; l’autorisation parlementaire relève de l’article 38, et toutes les menaces énumérées n’ont pas à se cumuler.

21. Dans un litige, la loi détermine les moyens de preuve admissibles et leur valeur. Quel système probatoire s’applique ?

Le système de la preuve libre
Le système de la preuve légale
Le système de l’intime conviction
Le système de la preuve testimoniale

Le système de la preuve légale

Explication

Dans le système de la preuve légale, la loi fixe les modes de preuve admissibles et leur valeur. L’intime conviction caractérise l’appréciation du juge dans la preuve libre, et la preuve légale ne se réduit pas à la preuve écrite.

22. Quel ensemble de textes et de principes constitue le bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958, le Préambule de 1946, les traités internationaux, les règlements et les PFRLR
La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, la Charte de l’environnement et les lois ordinaires
La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR
La Constitution de 1958, la DDHC de 1789, les traités internationaux, la Charte de l’environnement et les règlements

La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR

Explication

Le bloc rassemble la Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR. Les traités, les lois et les règlements se situent à d’autres niveaux de la hiérarchie, et les autres propositions omettent ou remplacent des éléments du bloc.

23. Un État membre reçoit un règlement de l’Union européenne qui fixe une règle générale et abstraite. Que faut-il faire pour que cette règle s’applique dans son ordre juridique ?

Le considérer comme une recommandation dépourvue de force obligatoire
L’appliquer directement, sans mesure nationale de transposition
L’appliquer après une décision nationale adressée à ses destinataires
Adopter une loi nationale de transposition dans un délai fixé

L’appliquer directement, sans mesure nationale de transposition

Explication

Le règlement est directement applicable dans les États membres sans transposition. Exiger une loi nationale confond le règlement avec la directive, l’assimiler à une décision méconnaît son caractère général et abstrait, et une recommandation n’a pas le caractère obligatoire du règlement.

24. Une loi paraît contraire à un traité international, tandis qu’un règlement paraît contraire à une loi ; quelle hiérarchie des normes permet d’évaluer ces conflits ?

Bloc de constitutionnalité, traités internationaux, lois, règlements
Lois, bloc de constitutionnalité, traités internationaux, règlements
Traités internationaux, bloc de constitutionnalité, lois, règlements
Bloc de constitutionnalité, traités internationaux, règlements, lois

Bloc de constitutionnalité, traités internationaux, lois, règlements

Explication

La hiérarchie place le bloc de constitutionnalité au sommet, suivi des traités internationaux, des lois et des règlements. Placer les traités au-dessus du bloc ou les règlements au-dessus des lois inverse des niveaux de cette hiérarchie.

25. Une personne donne un ordinateur à une autre sans recevoir de bien, de service ni de paiement en retour. Comment qualifier cet acte quant à sa contrepartie ?

Un fait juridique sans volonté
Un acte à titre onéreux
Un acte à titre gratuit
Un échange de contreparties réciproques

Un acte à titre gratuit

Explication

Un acte à titre gratuit est accompli sans contrepartie reçue, comme le don décrit. L’accord entre les parties ne suffit pas à rendre l’acte onéreux ; la valeur de l’ordinateur n’est pas une contrepartie reçue ; le don reste un acte volontaire, et non un fait juridique.

26. Un étudiant révise une matière juridique comportant de nombreuses règles. Quelle stratégie correspond le mieux à l’objectif de formation juridique ?

Apprendre surtout les détails des règles particulières de la matière.
Maîtriser les grandes règles et apprendre à s’orienter parmi elles.
Se concentrer sur le vocabulaire sans étudier les règles générales.
Mémoriser toutes les règles avant d’apprendre à les utiliser.

Maîtriser les grandes règles et apprendre à s’orienter parmi elles.

Explication

La capacité à maîtriser les grandes règles et à s’orienter parmi elles importe davantage que la mémorisation de toutes les règles juridiques. La mémorisation exhaustive et l’apprentissage des seuls détails inversent cette priorité, tandis que le vocabulaire seul ne remplace pas la connaissance des règles.

27. Lorsqu’un traité est soumis à l’examen du Conseil constitutionnel dans le cadre de sa ratification ou de son approbation, quel élément le Conseil contrôle-t-il ?

La conformité aux traités de la loi de ratification ou d’approbation
La conformité à la Constitution de la loi de ratification ou d’approbation
La conformité à la Constitution de toute norme internationale applicable
La conformité à la Constitution du traité international lui-même

La conformité à la Constitution de la loi de ratification ou d’approbation

Explication

Le Conseil constitutionnel contrôle la loi de ratification ou d’approbation, qui intègre le traité dans l’ordre juridique interne, et non directement le traité lui-même. Le contrôle du traité confond les deux objets, le contrôle de conformité aux traités relève d’une autre question, et l’examen de toute norme internationale généralise à tort sa compétence.

28. Un propriétaire affecte une machine mobile à l’exploitation de son fonds immobilier, sans la fixer au bâtiment. Quelle condition matérielle peut être satisfaite ?

Un rapport économique, si la machine sert à l’exploitation du fonds.
Une condition juridique, du seul fait que la machine appartient au propriétaire du fonds.
Une attache matérielle à perpétuelle demeure, du fait de son usage économique.
Aucune condition matérielle, car la machine reste mobile.

Un rapport économique, si la machine sert à l’exploitation du fonds.

Explication

La condition matérielle peut être remplie par un rapport économique lorsque le propriétaire place le meuble pour le service et l’exploitation du fonds. Une fixation perpétuelle constitue l’autre voie matérielle, mais elle n’est pas requise dans ce cas; la propriété du meuble ne se substitue pas à la condition matérielle; la mobilité n’exclut pas un rapport économique.

29. Une créancière réclame à un débiteur déterminé le paiement d’une somme d’argent. De quel type de droit est-elle titulaire ?

D’un droit de préférence, qui lui assure un rang prioritaire sur les autres créanciers.
D’un droit réel, qui lui confère un pouvoir direct sur un bien du débiteur.
D’un droit personnel, qui lui permet d’exiger une prestation du débiteur.
D’un droit extrapatrimonial, qui demeure attaché à sa personne.

D’un droit personnel, qui lui permet d’exiger une prestation du débiteur.

Explication

Le droit personnel, ou droit de créance, permet à un créancier d’exiger une prestation d’un débiteur déterminé. Un pouvoir direct sur un bien correspond à un droit réel; le droit de préférence relève des prérogatives de certains droits réels; l’attachement à la personne caractérise les droits extrapatrimoniaux.

30. À l’issue d’une QPC, une disposition légale est jugée non conforme et ne peut donc pas servir à trancher le litige. Quelle conséquence en découle ?

La disposition est abrogée et disparaît de l’ordre juridique dans son ensemble
La disposition est remplacée dans le litige par une règle créée par le juge
La disposition est appliquée dans le litige, car la décision confirme sa validité
La disposition est écartée dans ce litige, sans être supprimée de l’ordre juridique

La disposition est écartée dans ce litige, sans être supprimée de l’ordre juridique

Explication

Une disposition jugée non conforme est écartée pour le litige concerné, mais cette inapplication ne la supprime pas de l’ordre juridique. L’abrogation générale confond écartement et suppression, la validation inverse la décision, et le remplacement par une règle judiciaire n’est pas la conséquence indiquée.

31. Un juriste doit classer les meubles selon les catégories retenues en droit civil. Quelle répartition décrit correctement leur origine juridique ?

Le Code civil prévoit les trois catégories de meubles
Le Code civil prévoit les meubles par nature et par détermination de la loi ; la jurisprudence reconnaît ceux par anticipation
La jurisprudence reconnaît les trois catégories, sans distinction dans le Code civil
Le Code civil prévoit les meubles par nature et par anticipation ; la jurisprudence reconnaît ceux déterminés par la loi

Le Code civil prévoit les meubles par nature et par détermination de la loi ; la jurisprudence reconnaît ceux par anticipation

Explication

Le Code civil prévoit les meubles par nature et ceux par détermination de la loi, tandis que la jurisprudence reconnaît les meubles par anticipation. L’attribution des trois catégories au Code civil confond le rôle de la jurisprudence ; l’inversion des deux dernières catégories attribue mal leur origine ; l’absence de catégorie juridique méconnaît la reconnaissance jurisprudentielle.

32. Quels sont les deux objectifs fondamentaux de l’introduction au droit pour une personne qui débute ses études juridiques ?

Étudier les institutions publiques et apprendre les règles administratives.
Apprendre le langage juridique et acquérir un fond commun de règles.
Maîtriser les techniques de procédure et les règles commerciales.
Apprendre toutes les règles juridiques et mémoriser leurs textes.

Apprendre le langage juridique et acquérir un fond commun de règles.

Explication

L’introduction au droit vise l’apprentissage du langage juridique et l’acquisition d’un fond commun de règles. La mémorisation exhaustive confond ce fond commun avec la connaissance de toutes les règles, tandis que l’étude des seules institutions ou branches spécialisées ne reprend pas ces deux objectifs.

33. Un litige oppose deux particuliers dans une situation privée qui ne relève d’aucune règle commerciale particulière. Quelle branche fournit le cadre général applicable ?

Le droit commercial, qui régit les commerçants et toutes les situations privées.
Le droit commercial, qui régit les situations privées sans distinction de matière.
Le droit public, qui régit les rapports entre particuliers en l’absence de règle spéciale.
Le droit civil, qui régit les situations privées non réglées par une disposition spéciale.

Le droit civil, qui régit les situations privées non réglées par une disposition spéciale.

Explication

Le droit civil régit les rapports de droit privé et s’applique aux situations privées non réglées par une disposition spéciale. Étendre le droit commercial à tout rapport privé confond sa spécialisation avec le rôle général du droit civil, et le droit public concerne l’organisation publique et ses relations avec les particuliers.

34. Une présomption applicable à un litige ne peut être renversée que par la production de certains moyens de preuve déterminés. De quel type de présomption s’agit-il ?

Une présomption irréfragable
Une présomption simple
Une présomption mixte
Une présomption judiciaire

Une présomption mixte

Explication

La présomption mixte admet une preuve contraire, mais seulement par certains procédés. Une présomption simple accepte la preuve contraire par tout moyen, tandis qu’une présomption irréfragable l’interdit.

35. Des parlementaires interrogent un ministre sur l’interprétation d’une règle de droit, et celui-ci leur répond. Quel est le nom de ces réponses ?

Des décisions de justice.
Des réponses ministérielles.
Des circulaires administratives.
Des recommandations administratives.

Des réponses ministérielles.

Explication

Les réponses ministérielles sont les réponses apportées par les ministres aux questions des parlementaires, notamment sur l’interprétation des textes et des règles de droit. Une recommandation invite à agir, une décision de justice émane d’un juge et une circulaire est un autre acte administratif.

36. Comment caractériser le patrimoine d’une personne en droit ?

L’ensemble de ses obligations pécuniaires, à l’exclusion de ses droits.
Un pouvoir direct sur une chose déterminée, opposable aux tiers.
L’ensemble de ses biens et créances pécuniaires, sans les obligations.
L’ensemble de ses droits et obligations pécuniaires, formant un actif et un passif.

L’ensemble de ses droits et obligations pécuniaires, formant un actif et un passif.

Explication

Le patrimoine rassemble les droits et les obligations pécuniaires d’une personne et constitue une universalité de droit comprenant un actif et un passif. L’exclusion des dettes réduit à tort le patrimoine à l’actif; le pouvoir sur une chose décrit un droit réel; l’exclusion des droits supprime l’actif.

37. Une infraction n’a pas fait l’objet d’une condamnation passée en force de chose jugée lorsque la loi pénale devient plus douce. Quelle conséquence peut en résulter ?

La loi pénale plus douce peut s’appliquer rétroactivement
La loi pénale plus douce s’applique après une condamnation définitive
La loi pénale plus douce s’applique seulement aux infractions futures
La loi pénale plus douce ne peut rétroagir qu’en cas de disposition expresse

La loi pénale plus douce peut s’appliquer rétroactivement

Explication

Une loi pénale plus douce peut rétroagir pour une infraction qui n’a pas été jugée par une condamnation passée en force de chose jugée. Exiger une condamnation définitive inverse la condition ; la loi interprétative et la disposition expresse sont d’autres fondements possibles, mais ne définissent pas cette exception pénale.

38. Une source informelle crée elle-même une règle de droit, tandis qu’une autre éclaire le sens d’une règle déjà existante. Comment les classer ?

La première est indirecte et la seconde directe.
Les deux sont indirectes, car elles sont informelles.
La première est directe et la seconde indirecte.
Les deux sont directes, car elles influencent le droit.

La première est directe et la seconde indirecte.

Explication

Les sources informelles directes créent des règles, alors que les sources indirectes interprètent le droit existant. L’inversion des catégories confond création et interprétation; dire que toute source informelle appartient à une seule catégorie méconnaît leur distinction.

39. Une matière n’est visée par aucune disposition de l’article 34. Quel domaine lui est attribué par la Constitution ?

Le domaine législatif pour l’ensemble de ses dispositions
Le domaine des ordonnances prises par le Parlement
Le domaine du pouvoir réglementaire selon l’article 37
Le domaine législatif pour ses seuls principes fondamentaux

Le domaine du pouvoir réglementaire selon l’article 37

Explication

L’article 37 attribue au pouvoir réglementaire les matières qui ne relèvent pas de l’article 34. Le domaine législatif intégral et celui des principes fondamentaux sont deux catégories prévues par l’article 34, tandis que les ordonnances sont des actes du pouvoir réglementaire.

40. Une entreprise transporte un générateur électrique mobile d’un bâtiment à un autre. Quelle catégorie de meuble correspond à sa possibilité de déplacement ?

Un meuble par nature
Un bien immobilier par objet auquel il s’applique
Un meuble par détermination de la loi
Un meuble par anticipation

Un meuble par nature

Explication

L’article 528 qualifie de meubles par nature les biens qui peuvent être transportés d’un lieu à un autre. La détermination par la loi concerne notamment des droits ; l’anticipation concerne un immeuble destiné à devenir meuble après détachement ; l’incorporéité ne suffit pas à classer le générateur parmi les immeubles.

41. Une loi impérative interdit expressément un comportement, mais une pratique ancienne et répandue le considère permis. Quelle conséquence découle de cette situation ?

La coutume remplace la loi si elle est largement suivie.
La coutume ne peut pas contredire la loi impérative.
La coutume écarte la loi dès qu’elle est ancienne.
La coutume s’applique dès que le législateur garde le silence.

La coutume ne peut pas contredire la loi impérative.

Explication

Une coutume peut compléter un texte ou, dans les cas prévus par la loi, écarter une réglementation, mais elle ne peut pas contredire une loi impérative. L’ancienneté ou la diffusion de l’usage ne lui donne pas une force supérieure, et le silence législatif ne suffit pas à écarter une interdiction impérative.

42. Un passant glisse sur un trottoir et se blesse, sans avoir voulu provoquer de conséquence juridique. Quelle notion décrit l’événement auquel le droit peut attacher des effets ?

Un fait juridique
Une règle de preuve
Un acte juridique
Une manifestation de volonté

Un fait juridique

Explication

Un fait juridique est un événement auquel le droit attache des effets juridiques qui ne sont pas nécessairement voulus. L’acte juridique suppose une volonté de produire des effets ; une manifestation de volonté ne décrit donc pas ce cas, et une règle de preuve concerne la manière d’établir un fait.

43. Dans un litige, une partie doit établir un fait juridique. Quelle règle de preuve s’applique à ce fait ?

Il doit être établi par un acte signé des parties
Il est soumis aux règles spécifiques de preuve des actes juridiques
Il peut être prouvé par tout moyen
Il échappe à toute exigence de preuve

Il peut être prouvé par tout moyen

Explication

Les faits juridiques peuvent être prouvés par tout moyen, contrairement aux actes juridiques soumis à des règles spécifiques. L’application de ces règles aux faits confond les deux notions ; l’exigence d’un acte signé assimile à tort le fait à un acte juridique ; la liberté des moyens ne signifie pas absence de preuve.

44. Une autorité administrative recommande aux entreprises de modifier une pratique, sans attacher d’obligation juridique à cette invitation. De quel type d’acte s’agit-il ?

Une décision juridiquement contraignante.
Une recommandation non obligatoire.
Une interprétation du juge.
Une règle directe de formation du droit.

Une recommandation non obligatoire.

Explication

Une recommandation invite ses destinataires à adopter un comportement sans le rendre juridiquement obligatoire. La contrainte juridique relève d’un acte obligatoire, tandis que l’interprétation judiciaire et la création directe du droit sont d’autres fonctions.

45. Quel est l’effet de la promulgation d’une loi par le Président de la République ?

Attester l’existence de la loi et ordonner aux autorités publiques de la respecter et de la faire respecter
Publier la loi après avoir vérifié sa conformité à la Constitution
Rendre la loi immédiatement opposable aux justiciables sans autre formalité
Adopter la loi et en fixer le contenu au nom du Parlement

Attester l’existence de la loi et ordonner aux autorités publiques de la respecter et de la faire respecter

Explication

La promulgation atteste l’existence de la loi et ordonne aux autorités publiques de la respecter et de la faire respecter. L’adoption relève du Parlement, tandis que la promulgation ne se confond pas avec l’ensemble des formalités qui rendent la loi applicable aux justiciables.

46. Une loi nationale est adoptée après l’entrée en vigueur d’un traité régulièrement ratifié. En vertu de la primauté des traités, quelle règle s’applique ?

La loi postérieure prime sur le traité en raison de sa date d’adoption
Le traité prime également sur cette loi postérieure
Le traité prime sur les lois antérieures, mais pas sur cette loi postérieure
La loi nationale prime sur le traité en raison de son origine interne

Le traité prime également sur cette loi postérieure

Explication

La primauté des traités s’applique aux lois antérieures comme aux lois postérieures au traité. Limiter cette primauté aux lois antérieures ignore sa portée, tandis que faire prévaloir la loi postérieure ou son origine interne contredit la règle de primauté.

47. Laquelle de ces situations figure parmi les dérogations à l’exigence de preuve par écrit des actes juridiques ?

La contestation de l’authenticité d’un écrit
La rédaction d’un acte entre particuliers
La perte de l’écrit par force majeure
La preuve contraire apportée par témoignage

La perte de l’écrit par force majeure

Explication

La perte de l’écrit par force majeure est l’une des six dérogations énumérées à l’exigence de preuve écrite. Une simple contestation de l’écrit n’est pas cette dérogation, et la preuve contraire à un écrit doit elle-même être rapportée par écrit.

48. Un État européen qui n’est pas membre de l’Union européenne peut-il appartenir au Conseil de l’Europe ?

Non, le Conseil de l’Europe est une institution interne de l’Union européenne
Oui, le Conseil de l’Europe regroupe aussi des États européens hors de l’Union
Oui, mais seulement si l’État rejoint d’abord l’Union européenne
Non, le Conseil de l’Europe regroupe les États membres de l’Union européenne

Oui, le Conseil de l’Europe regroupe aussi des États européens hors de l’Union

Explication

Le Conseil de l’Europe est une organisation internationale plus large que l’Union européenne et comprend des États européens qui ne sont pas nécessairement membres de l’Union. L’assimiler à l’Union ou exiger l’adhésion préalable à celle-ci confond les deux organisations, et le réduire à une institution interne est erroné.

49. Un étudiant classe les traités fondateurs et modificatifs de l’Union européenne, puis les normes adoptées par ses institutions. Quelle classification est correcte ?

Les normes institutionnelles relèvent du droit primaire et les traités du droit dérivé
Les traités fondateurs relèvent du droit primaire et les traités modificatifs du droit dérivé
Les traités relèvent du droit primaire et les normes institutionnelles du droit dérivé
Les traités relèvent du droit dérivé et les normes institutionnelles du droit primaire

Les traités relèvent du droit primaire et les normes institutionnelles du droit dérivé

Explication

Le droit primaire comprend les traités de l’Union et ceux qui les ont modifiés, tandis que le droit dérivé comprend les normes adoptées par les institutions. Inverser les catégories, assimiler les normes institutionnelles aux traités ou déplacer les traités modificatifs contredit cette distinction.

50. Un règlement fixe les modalités d’application d’une loi dans un domaine réservé à celle-ci. À quelle catégorie appartient-il et quel rapport entretient-il avec la loi ?

À un règlement d’application, supérieur à la loi
À un règlement autonome, intervenant dans le domaine de la loi
À un règlement autonome, subordonné à la loi
À un règlement d’application, subordonné à la loi

À un règlement d’application, subordonné à la loi

Explication

Les règlements d’application interviennent dans le domaine de la loi et lui sont subordonnés. Le règlement autonome concerne les matières non réservées à la loi; il ne décrit donc pas le cas présenté.

51. Une loi vient d’être votée mais n’a pas encore été promulguée ; quelle procédure permet de vérifier sa conformité au bloc de constitutionnalité à ce stade ?

La QPC
Le contrôle a posteriori dans un litige
Le contrôle a priori
Le contrôle parlementaire de la loi

Le contrôle a priori

Explication

Le contrôle a priori peut être engagé après le vote de la loi et avant sa promulgation afin de vérifier sa conformité au bloc de constitutionnalité. La QPC est un contrôle a posteriori dans le cadre d’un litige, tandis que le vote parlementaire ne constitue pas ce contrôle.

52. Deux parties concluent un acte juridique portant sur 2 000 euros, mais ne rédigent aucun écrit. Quelle conséquence découle de l’article 1359 du Code civil ?

L’acte doit être prouvé par écrit uniquement si les parties le contestent
L’acte doit être prouvé par écrit, sans que cela détermine sa validité
L’acte peut être prouvé par tout moyen, car son montant est inférieur au seuil
L’acte est nul faute d’un écrit requis pour sa validité

L’acte doit être prouvé par écrit, sans que cela détermine sa validité

Explication

Au-delà de 1 500 euros, l’écrit est exigé pour prouver l’acte juridique, mais il n’est pas une condition de validité de l’acte. La nullité confond validité et preuve, et un montant de 2 000 euros dépasse bien le seuil.

53. Dans une collectivité, une contribution fiscale finance des services publics ; quelle forme de justice cette obligation envers la collectivité illustre-t-elle ?

La justice distributive
La justice légale
La justice commutative
La justice corrective individuelle

La justice légale

Explication

La justice légale correspond aux devoirs de chaque membre envers la collectivité, comme le paiement de l’impôt. La justice distributive vise à corriger des inégalités, tandis que la justice commutative repose sur une égalité arithmétique entre individus indépendants ; la justice corrective individuelle ne désigne pas ici la catégorie en cause.

54. Le gouvernement veut prendre par ordonnance des mesures relevant normalement du domaine de la loi, après avoir obtenu l’autorisation du Parlement pour une durée limitée. Quelle disposition constitutionnelle encadre cette démarche ?

L’article 16
L’article 38
L’article 37
L’article 34

L’article 38

Explication

L’article 38 permet au gouvernement, après autorisation du Parlement et pour une durée limitée, de prendre par ordonnances des mesures relevant normalement du domaine de la loi. L’article 16 concerne une situation de crise, tandis que les articles 34 et 37 répartissent les domaines législatif et réglementaire.

55. Un contrat écrit porte sur une opération de 900 euros. Une partie veut prouver par témoignages un élément qui complète le contrat. Quel moyen de preuve doit-elle produire ?

Un autre écrit, quel que soit le montant de l’opération
Un témoignage, puisque le montant est inférieur à 1 500 euros
Un acte authentique, même si les parties ont signé le contrat
Une présomption judiciaire, puisque le contrat est déjà écrit

Un autre écrit, quel que soit le montant de l’opération

Explication

Dès qu’un écrit a été établi, la preuve destinée à le compléter doit également être rapportée par écrit, quel que soit le montant. Le seuil de 1 500 euros ne supprime pas cette règle, et un témoignage ne remplace pas l’écrit exigé.

56. Au cours d’un litige, une partie conteste la conformité d’une disposition législative au bloc de constitutionnalité ; quel mécanisme permet ce contrôle a posteriori ?

Le recours contre un règlement
Le contrôle parlementaire préalable
Le contrôle a priori avant promulgation
La question prioritaire de constitutionnalité

La question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité permet de contrôler a posteriori la conformité d’une disposition législative au bloc de constitutionnalité dans le cadre d’un litige. Le contrôle a priori précède la promulgation, et les recours contre les règlements ou le contrôle parlementaire ne correspondent pas à ce mécanisme.

57. Camille possède de fait un meuble qu’elle a reçu d’un vendeur, mais ne peut produire aucun contrat de vente. Quelle règle peut-elle invoquer pour établir sa propriété ?

La preuve que le vendeur était propriétaire vaut titre de propriété
La publication du meuble au registre foncier vaut titre de propriété
La prescription acquisitive immobilière vaut titre de propriété
La possession du meuble vaut titre de propriété

La possession du meuble vaut titre de propriété

Explication

Pour un meuble, l’article 2276, alinéa 1er, du Code civil pose que la possession vaut titre de propriété. La publicité foncière concerne les immeubles, et exiger la preuve de propriété du vendeur méconnaît la règle particulière applicable aux meubles.

58. Dans une propriété, un bâtiment repose sur des fondations creusées dans le sol et des canalisations d’eau y sont incorporées. Comment ces éléments sont-ils qualifiés ?

Des immeubles par nature.
Des meubles corporels.
Des immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent.
Des immeubles par destination.

Des immeubles par nature.

Explication

Les immeubles par nature comprennent le sol et les éléments qui y sont incorporés, notamment les bâtiments reposant sur des fondations creusées dans le sol et les canalisations. La qualification par destination concerne un meuble rattaché à un immeuble; le caractère construit du bâtiment ne le rend pas meuble; le transport d’un fluide ne change pas l’incorporation au sol.

59. Un litige porte sur un immeuble situé dans une ville précise. Quel effet la qualification du bien peut-elle avoir sur la compétence territoriale ?

La qualification détermine la publicité, mais pas le tribunal compétent.
Le litige relève du tribunal dans le ressort duquel se trouve l’immeuble.
Le litige relève du tribunal du ressort où le contrat de vente a été signé.
Le litige relève du tribunal du ressort où le propriétaire a son domicile.

Le litige relève du tribunal dans le ressort duquel se trouve l’immeuble.

Explication

La qualification meuble ou immeuble détermine notamment la compétence territoriale; pour un litige immobilier, le tribunal compétent est celui du ressort où se trouve l’immeuble. Le domicile du propriétaire et le lieu de signature ne sont pas les critères énoncés; la qualification a aussi un effet sur la compétence.

60. Une chercheuse explique les règles juridiques par des réalités sociales extérieures au système des normes, sans les traiter comme une hiérarchie normative. De quel courant relève son approche ?

Du positivisme juridique.
Des conceptions idéalistes du droit.
Des doctrines du droit naturel.
Du positivisme scientifique.

Du positivisme scientifique.

Explication

Le positivisme scientifique explique le droit par des réalités sociales extérieures au système juridique. Le positivisme juridique envisage plutôt le droit comme un système de normes hiérarchisées, tandis que le droit naturel et les conceptions idéalistes fondent le droit sur une justice supérieure.

61. Une société ne rembourse pas une dette arrivée à échéance. Sur quels biens le créancier peut-il exercer ses poursuites en vertu du gage général ?

Sur les seuls biens ayant servi à obtenir la dette.
Sur les biens de la société et le patrimoine personnel de ses associés.
Sur les biens figurant dans le patrimoine de la société débitrice.
Sur les seuls biens entrés dans le patrimoine après la naissance de la dette.

Sur les biens figurant dans le patrimoine de la société débitrice.

Explication

L’actif du patrimoine du débiteur répond du passif et constitue le gage général des créanciers, qui peuvent poursuivre les biens de ce débiteur. Limiter le gage aux biens liés à la dette méconnaît son caractère général; les associés ne sont pas visés par le patrimoine de la société; la date d’acquisition des biens n’est pas le critère indiqué.

62. Une théorie juridique fait primer les droits de la collectivité et insiste sur la fonction sociale des droits individuels ; quelle thèse défend-elle ?

La thèse collectiviste
La justice distributive
La thèse individualiste
La conception individualiste de l’abus

La thèse collectiviste

Explication

La thèse collectiviste fait primer les droits de la collectivité et attribue aux droits une fonction sociale. La thèse individualiste privilégie les droits de la personne ; la justice distributive concerne la correction des inégalités, et la conception individualiste de l’abus porte sur les limites à l’exercice d’un droit.

63. Une personne détient des actions dans une société et une créance contre un débiteur. Comment ces deux droits sont-ils classés parmi les meubles ?

Comme des meubles par nature
Comme des immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent
Comme des meubles par anticipation
Comme des meubles par détermination de la loi

Comme des meubles par détermination de la loi

Explication

Les actions de sociétés et les droits de créance sont des exemples de meubles énumérés par détermination de la loi à l’article 529. Les droits réels immobiliers relèvent d’une autre catégorie ; l’anticipation suppose un immeuble appelé à être détaché ; la mobilité matérielle définit les meubles par nature.

64. Après une seconde lecture, l’Assemblée nationale et le Sénat restent en désaccord sur un texte. Quelle instance le Premier ministre peut-il réunir pour tenter de dégager un texte commun ?

Une commission parlementaire composée de 7 députés
Une commission mixte paritaire composée de 7 députés et de 7 sénateurs
Le Conseil constitutionnel composé de 9 membres
Une nouvelle navette entre les chambres sans instance de conciliation

Une commission mixte paritaire composée de 7 députés et de 7 sénateurs

Explication

Si le désaccord persiste après la seconde lecture, le Premier ministre peut réunir une commission mixte paritaire de 7 députés et 7 sénateurs pour rechercher un texte commun. Le Conseil constitutionnel n’est pas l’instance de conciliation, et la navette désigne les échanges entre les chambres.

65. Quelle classification fondamentale l’article 516 du Code civil établit-il pour les biens ?

Les biens sont corporels, incorporels ou extrapatrimoniaux.
Les biens sont des droits personnels ou des droits réels.
Les biens sont meubles ou immeubles.
Les biens sont immeubles par nature, par destination ou par objet.

Les biens sont meubles ou immeubles.

Explication

L’article 516 dispose que tous les biens sont meubles ou immeubles. Les catégories par nature, par destination et par l’objet auquel ils s’appliquent subdivisent les immeubles; les droits personnels et réels classent des droits, et non les biens selon cette règle.

66. Une situation juridique a été créée sous l’ancienne loi et a produit certains effets avant l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle. Quelle loi régit les effets ultérieurs de cette situation ?

La loi nouvelle
La loi ancienne
La loi choisie par les personnes concernées
La loi en vigueur lors de la création, pour tous les effets

La loi nouvelle

Explication

Pour une situation qui se prolonge dans le temps, la loi ancienne régit sa création et les effets déjà produits, tandis que la loi nouvelle régit les effets postérieurs à son entrée en vigueur. Étendre l’ancienne loi aux effets futurs méconnaît cette distinction ; appliquer la loi nouvelle à la création passée lui donnerait un effet rétroactif.

67. Un ressortissant étranger se trouve dans un État dont la loi locale s’applique à toutes les personnes présentes sur son territoire. Quel principe est mis en œuvre ?

La personnalité des lois
La rétroactivité des lois
La territorialité des lois
La succession des lois dans le temps

La territorialité des lois

Explication

La territorialité applique la loi de l’État sur son territoire, quelle que soit la nationalité des personnes. La personnalité des lois repose au contraire sur la nationalité, quel que soit le lieu où se trouve la personne ; les deux autres notions concernent l’effet des lois dans le temps.

68. Une loi publiée le 14 juin ne prévoit aucune date particulière d’entrée en vigueur : à partir de quand s’applique-t-elle ?

À partir du 16 juin
À partir du 15 juin
À partir du 14 juin
À la date choisie ultérieurement par le gouvernement

À partir du 15 juin

Explication

En l’absence de date expressément fixée par le législateur, la loi entre en vigueur le lendemain de sa publication : ici, le 15 juin. Le 14 juin correspond au jour de publication, tandis que le délai d’un jour franc ou le choix ultérieur du gouvernement ne constitue pas la règle applicable.

69. Un principe général du droit reconnu par la jurisprudence apporte une réponse à une question que la loi ne règle pas. Quelle fonction peut-il exercer ?

Compléter la loi ou suppléer son silence.
Remplacer toute loi portant sur le même sujet.
S’appliquer seulement après sa codification.
Écarter une disposition légale contraire.

Compléter la loi ou suppléer son silence.

Explication

Les principes généraux du droit ont la même valeur que la loi et peuvent la compléter ou suppléer son silence, sans la contredire. Leur rôle n’est donc ni d’écarter une loi contraire ni de remplacer toute règle législative du domaine.

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À quelles matières juridiques l’introduction au droit s’applique-t-elle ?

À toutes les matières juridiques.

Quel double objectif poursuit l’introduction au droit ?

Apprendre le langage juridique et acquérir un fond commun de règles.

Qu’est-ce qui importe davantage que mémoriser toutes les règles juridiques ?

Maîtriser les grandes règles et savoir s’orienter parmi elles.

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