QCM : Contentieux administratif précontentieux (26 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne le droit objectif ?

Les recours ouverts contre les actes de l’administration
L’ensemble des règles qui organisent la vie en société
Les prérogatives individuelles reconnues à une personne
Les décisions prises par les autorités administratives

L’ensemble des règles qui organisent la vie en société

Explication

Le droit objectif rassemble les règles qui encadrent la vie en société. Les prérogatives reconnues à une personne relèvent des droits subjectifs.

2. Une personne invoque une prérogative que les règles de droit lui reconnaissent individuellement. De quelle notion s’agit-il ?

D’une règle de compétence
Du droit objectif
D’un pouvoir discrétionnaire
D’un droit subjectif

D’un droit subjectif

Explication

Un droit subjectif est une prérogative individuelle reconnue à une personne par le droit objectif. Le droit objectif désigne les règles générales, et non la prérogative individuelle elle-même.

3. Lorsqu’il contrôle la légalité d’une décision administrative, que peut apprécier le juge administratif ?

La décision elle-même, en tenant compte du pouvoir exercé par l’administration
L’opportunité politique de la décision, indépendamment de sa légalité
La responsabilité personnelle de l’agent qui a préparé la décision
La seule conformité de la décision à la loi, sans examiner le pouvoir exercé

La décision elle-même, en tenant compte du pouvoir exercé par l’administration

Explication

Le juge administratif apprécie la légalité en tenant compte du pouvoir exercé et peut contrôler la décision elle-même, au-delà de la seule loi. L’examen ne se limite donc pas à une comparaison abstraite avec le texte législatif.

4. Une décision administrative limite une liberté fondamentale : que vérifie le contrôle de proportionnalité ?

Que l’autorité dispose d’un pouvoir discrétionnaire
Que l’administration ait agi dans le territoire approprié
Que la décision ait été notifiée dans un délai donné
Que l’atteinte à la liberté ne soit pas disproportionnée

Que l’atteinte à la liberté ne soit pas disproportionnée

Explication

Le contrôle de proportionnalité vérifie que la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. La compétence territoriale concerne le territoire dans lequel l’administration peut agir, non la mesure de l’atteinte à une liberté.

5. Comment naît une décision implicite ?

Le dépôt d’un recours contre une décision administrative expresse
Le silence de l’administration après une demande, une fois écoulé le délai applicable
La notification orale d’une réponse par un agent de l’administration
La publication d’un acte administratif avant qu’une demande soit présentée

Le silence de l’administration après une demande, une fois écoulé le délai applicable

Explication

Une décision implicite est générée par le silence de l’administration lorsqu’elle ne répond pas à une demande dans le délai fixé. La publication d’un acte est une démarche explicite, et non une décision née du silence.

6. En principe, à partir de quand une décision implicite naît-elle après réception d’une demande ?

Trois mois après sa réception
Un mois après sa réception
Six mois après sa réception
Deux mois après sa réception

Deux mois après sa réception

Explication

Le délai de principe est de deux mois à compter de la réception de la demande. Un délai d’un mois ne correspond pas au délai général indiqué pour la naissance de la décision implicite.

7. Quel principe s’applique au silence de l’administration depuis la loi du 12 novembre 2013 ?

Il vaut en principe rejet
Il suspend le traitement de la demande
Il vaut en principe acceptation
Il impose une réponse écrite expresse

Il vaut en principe acceptation

Explication

Depuis cette loi, le silence de l’administration vaut en principe acceptation. Le rejet correspond à certaines exceptions et non au principe général.

8. Dans quel délai l’administré doit-il saisir le tribunal administratif contre une décision implicite, sous peine d’irrecevabilité ?

Dans le mois
Dans les deux mois
Dans les six mois
Dans les trois mois

Dans les deux mois

Explication

L’administré dispose de deux mois pour contester une décision implicite devant le tribunal administratif. Le délai de trois mois ne correspond pas au délai de recours indiqué.

9. Que porte principalement sur la légalité externe d’une décision administrative ?

L’opportunité de la mesure au regard des objectifs poursuivis
La proportionnalité de l’atteinte aux libertés fondamentales
Le contenu de la décision et ses effets juridiques
La forme de l’acte et la procédure suivie pour l’édicter

La forme de l’acte et la procédure suivie pour l’édicter

Explication

La légalité externe concerne la forme de l’acte et la procédure suivie par l’administration pour prendre la décision. Le contenu de la décision relève de la légalité interne.

10. À quel moment le moyen tiré de l’incompétence de l’administration peut-il être soulevé ?

Après l’arrêt d’appel, dans le cadre de toute nouvelle procédure
Au moment du dépôt du recours, sans possibilité de l’ajouter ensuite
À tout moment de l’instance, y compris pour la première fois en appel
Avant la clôture de la première instance, mais pas en appel

À tout moment de l’instance, y compris pour la première fois en appel

Explication

La compétence est un moyen d’ordre public qui peut être soulevé à tout moment de l’instance, même pour la première fois en appel. Il n’est donc pas limité au dépôt initial du recours.

11. Une autorité doit vérifier qu’elle peut intervenir dans une zone donnée et qu’elle est habilitée à traiter le type de décision en cause. Quelle distinction s’applique ?

La compétence matérielle concerne le lieu et la compétence territoriale concerne la nature de l’affaire
La compétence matérielle concerne le délai et la compétence territoriale concerne les effets de la décision
La compétence territoriale concerne le lieu et la compétence matérielle concerne la nature de l’affaire
La compétence territoriale concerne la procédure et la compétence matérielle concerne la forme de l’acte

La compétence territoriale concerne le lieu et la compétence matérielle concerne la nature de l’affaire

Explication

La compétence territoriale détermine si l’administration pouvait agir dans le territoire concerné, tandis que la compétence matérielle porte sur la nature de l’affaire. Inverser ces deux critères confond le lieu d’intervention avec le type de décision concerné.

12. Quelles conditions rendent une délégation de signature opposable aux tiers ?

Elle doit être temporaire, motivée et notifiée au seul délégataire
Elle doit être orale, générale et confirmée après la décision
Elle doit être implicite, limitée à une affaire et communiquée au demandeur
Elle doit être expresse, nominative et publiée

Elle doit être expresse, nominative et publiée

Explication

Pour être opposable aux tiers, la délégation de signature doit être expresse, nominative et publiée; une délégation implicite n’existe pas. Une délégation orale et générale ne satisfait pas à ces exigences.

13. Quelle exigence de motivation s’applique à une décision qui restreint l’exercice d’une liberté publique ?

Énoncer les circonstances de droit et de fait qui fondent la décision
Présenter les voies de recours sans exposer les motifs de la décision
Indiquer uniquement le service chargé de son exécution
Préciser les effets de la décision sans expliquer ses fondements

Énoncer les circonstances de droit et de fait qui fondent la décision

Explication

L’article L. 211-2 du CRPA impose d’exposer les circonstances de droit et de fait qui fondent une décision restreignant une liberté publique. La mention des voies de recours, à elle seule, ne constitue pas la motivation exigée.

14. Une décision cite le texte juridique qui la fonde et décrit la situation particulière de l’administré ; quelle distinction s’applique à ces deux éléments ?

Le texte relève de la motivation en fait et la situation de la motivation en droit
Les deux éléments relèvent de la motivation en fait, car ils concernent l’administré
Le texte relève de la motivation en droit et la situation de la motivation en fait
Les deux éléments relèvent de la motivation en droit, car ils fondent la décision

Le texte relève de la motivation en droit et la situation de la motivation en fait

Explication

La motivation en droit identifie le texte servant de fondement juridique, tandis que la motivation en fait rend compte de la situation particulière de l’administré. Décrire cette situation ne constitue donc pas une motivation en droit.

15. Parmi les décisions suivantes, laquelle doit être motivée par l’administration ?

La transmission d’un dossier au service compétent
La confirmation de la date de réception d’un courrier
L’accusé de réception d’une demande complète
Le refus d’une autorisation demandée par un administré

Le refus d’une autorisation demandée par un administré

Explication

Le refus d’une autorisation fait partie des décisions que l’administration doit motiver. Un accusé de réception informe notamment sur le traitement de la demande, mais ne constitue pas en lui-même un refus d’autorisation.

16. Que doit notamment contenir l’accusé de réception écrit d’une demande adressée à l’administration ?

La date de réception, la date prévisible d’une décision implicite et les coordonnées du service chargé du dossier
Le texte intégral de la décision explicite et les motifs détaillés de son adoption
La date limite de saisine du tribunal et l’identité des agents ayant instruit le dossier
La liste des pièces communiquées aux autres services et les coordonnées du tribunal compétent

La date de réception, la date prévisible d’une décision implicite et les coordonnées du service chargé du dossier

Explication

L’accusé de réception indique notamment les dates de réception et prévisible de la décision implicite ainsi que l’identification et les coordonnées du service chargé du dossier. Il ne contient pas nécessairement une décision explicite ni ses motifs détaillés.

17. À quel moment une décision administrative devient-elle opposable à l’administré et fait-elle courir le délai de recours contentieux ?

Dès qu’elle est adoptée par l’administration
Lorsqu’elle lui est notifiée
À partir de la date à laquelle son projet est communiqué à l’administré
Lorsqu’elle est transmise au service chargé de son exécution

Lorsqu’elle lui est notifiée

Explication

La notification rend la décision opposable à l’administré et fait courir le délai de recours contentieux. La seule adoption de la décision ne déclenche pas ce délai.

18. Hors matière de travaux publics, dans quel délai un recours contre une décision administrative doit-il en principe être introduit ?

Dans les six mois suivant la réception de la demande initiale
Dans l’année suivant la notification, quelle que soit la décision
Dans les deux mois suivant la notification ou la naissance de la décision implicite
Dans les trente jours suivant l’adoption de la décision explicite

Dans les deux mois suivant la notification ou la naissance de la décision implicite

Explication

Le délai de principe est de deux mois à compter de la notification d’une décision explicite ou de la naissance d’une décision implicite. Le délai raisonnable d’un an concerne une situation particulière où la notification explicite omet les voies et délais de recours.

19. À quelle condition les délais de recours sont-ils opposables à l’administré ?

La notification doit exposer les motifs de fait et de droit de la décision
L’administré doit avoir accusé réception de la décision par écrit
La décision doit avoir été précédée d’un recours gracieux
Les voies et délais de recours doivent être mentionnés dans la notification

Les voies et délais de recours doivent être mentionnés dans la notification

Explication

Les délais de recours ne sont opposables que si la notification mentionne les voies et délais de recours. L’exposition des motifs de la décision ne remplace pas cette mention.

20. À qui une personne adresse-t-elle un recours gracieux pour faire réexaminer une décision administrative ?

À l’auteur de la décision contestée
Au tribunal administratif compétent
À un tiers chargé de résoudre le litige
À l’autorité supérieure à celle qui a pris la décision

À l’auteur de la décision contestée

Explication

Le recours gracieux est adressé à l’auteur de l’acte afin qu’il réexamine sa décision, la modifie, la corrige ou la retire. Le recours adressé à l’autorité supérieure est un recours hiérarchique.

21. Une administration ne répond pas pendant plus de deux mois à un recours gracieux : quel effet produit ce silence ?

Il vaut rejet implicite du recours
Il transforme le recours en recours hiérarchique
Il vaut acceptation implicite du recours
Il prolonge automatiquement le délai de réponse

Il vaut rejet implicite du recours

Explication

Le silence de l’administration pendant plus de deux mois sur un recours gracieux vaut rejet implicite, conformément à l’article L. 411-7 du CRPA. La règle d’acceptation évoquée comme distracteur concerne en principe le silence sur une demande initiale, et non sur un recours administratif.

22. Une personne envisage à la fois un recours gracieux et un recours hiérarchique : comment doit-elle les exercer pour interrompre le délai contentieux ?

Elle peut les exercer successivement, car chaque recours interrompt le délai une fois
Elle doit les exercer simultanément, car l’interruption ne peut se produire qu’une fois
Elle doit exercer le recours gracieux, puis attendre son issue avant de former l’autre
Elle doit exercer le recours hiérarchique, puis le renouveler après deux mois

Elle doit les exercer simultanément, car l’interruption ne peut se produire qu’une fois

Explication

Un recours gracieux ou hiérarchique interrompt le délai contentieux, mais cette interruption ne peut avoir lieu qu’une seule fois. Les exercer successivement ne permet donc pas d’obtenir deux interruptions distinctes.

23. Que risque un requérant qui saisit le juge administratif sans avoir exercé un recours administratif préalable obligatoire prévu par un texte ?

Le remplacement automatique de sa requête par un recours gracieux
La suspension de sa requête jusqu’à une décision de médiation
La transmission obligatoire de sa requête à l’autorité supérieure
L’irrecevabilité de sa requête contentieuse

L’irrecevabilité de sa requête contentieuse

Explication

Le RAPO est un recours amiable imposé par un texte avant la saisine du juge administratif, et son omission entraîne l’irrecevabilité de la requête contentieuse. Un recours gracieux ne remplace pas automatiquement cette formalité obligatoire.

24. Dans la phase conventionnelle de règlement d’un litige, quel rôle les parties organisent-elles en dehors de la présence directe du juge ?

Le réexamen par l’administration de la décision contestée dans une démarche préalable
L’échange de leurs arguments, de leurs pièces et des délais dans une démarche amiable
La transmission au juge d’un arbitrage qui tranche le droit applicable
La désignation d’une autorité supérieure chargée d’annuler la décision contestée

L’échange de leurs arguments, de leurs pièces et des délais dans une démarche amiable

Explication

La phase conventionnelle permet aux parties d’organiser l’échange de leurs arguments, de leurs pièces et des délais en vue d’une résolution amiable, sans présence directe du juge. Le réexamen d’une décision par l’administration relève plutôt de la phase administrative.

25. Quels sont les trois modes amiables de règlement des litiges administratifs cités ?

La médiation, l’arbitrage et la transaction
La transaction, la procédure participative et le jugement
La médiation, la conciliation et la transaction
La conciliation, l’arbitrage et la procédure contentieuse

La médiation, la conciliation et la transaction

Explication

Les trois modes amiables cités sont la médiation, la conciliation et la transaction. L’arbitrage ne fait pas partie de cette liste, car l’arbitre tranche le droit comme un juge.

26. Pourquoi l’arbitrage ne constitue-t-il pas un mode amiable de règlement des litiges administratifs dans le cadre considéré ?

Parce que l’arbitre organise les échanges sans se prononcer sur le litige
Parce que l’arbitre tranche le droit comme le ferait un juge
Parce que l’arbitrage correspond à un recours adressé à l’administration
Parce que l’arbitrage consiste à négocier une transaction entre les parties

Parce que l’arbitre tranche le droit comme le ferait un juge

Explication

L’arbitre dit le droit comme le juge, ce qui distingue l’arbitrage des modes amiables tels que la médiation, la conciliation et la transaction. L’organisation d’échanges sans trancher le litige correspond davantage à une démarche de résolution amiable.

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Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles qui organisent la vie en société.

Que sont les droits subjectifs ?

Des prérogatives individuelles reconnues à une personne par le droit objectif.

Que peut contrôler le juge administratif au-delà de la seule loi ?

La décision administrative elle-même, en tenant compte du pouvoir exercé par l’administration.

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