Fiche de révision : Contrats spéciaux et vente

Plan du Cours

  1. Fondements des contrats spéciaux
  2. Qualification et classification contractuelles
  3. Formation instantanée de la vente
  4. Accords préparatoires à la vente
  5. Promesses unilatérales de vente
  6. Promesse unilatérale d’achat
  7. Promesses d’achat et clauses léonines
  8. Promesses croisées et portage
  9. Promesse synallagmatique et conditions
  10. Droits de repentir et arrhes
  11. Substitution et préemption
  12. Contrats préliminaires et contrats cadres
  13. Prix et exécution des contrats cadres
  14. Formes de la vente
  15. Identification et contrats voisins
  16. Chose vendue et disponibilité
  17. Prix de la vente
  18. Mécanismes distincts de l’inaliénabilité

1. Fondements des contrats spéciaux

Notions clés & Définitions

  • Acte juridique : Manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit
  • Contrat : Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations
  • Contrats spéciaux : Contrats nommés auxquels le droit donne un nom et associe un régime juridique particulier
  • Opération de crédit : Confiance dans la capacité et l’honnêteté du débiteur à rembourser, avec un décalage temporaire entre la naissance de l’obligation et son exigibilité

★ À maîtriser

📌 La vente transfère la propriété d’un bien, tandis que le bail transfère seulement la jouissance temporaire du bien sans en transférer la propriété.

Compléments

  • Le bail d’habitation est largement réglementé par la loi du 6 juillet 1989.

Astuce mémo

Sources des obligations → actes juridiques → contrats → contrats spéciaux

2. Qualification et classification contractuelles

Notions clés & Définitions

  • Qualification juridique : Détermination de la catégorie juridique à laquelle appartient un contrat afin de lui appliquer le régime correspondant
  • Obligation caractéristique : Obligation qui permet de déterminer la catégorie juridique d’un contrat
  • Théorie de l’accessoire : Selon la théorie de l’accessoire, l’élément accessoire suit le régime de l’élément principal.

★ À maîtriser

  • Pour qualifier un contrat, il faut examiner son objet, le but recherché par les parties et l’économie générale de l’opération.

📌 La qualification unitaire rattache le contrat à une seule catégorie, tandis que la qualification mixte applique plusieurs qualifications et régimes aux différents éléments du contrat.

📌 Dans un contrat complexe, l’application distributive est possible lorsque les prestations sont distinctes et indépendantes, mais la qualification unitaire s’impose lorsque la prestation principale absorbe l’opération globale ou que les obligations sont indivisibles.

Compléments

📌 L’accessoire quantitatif est déterminé par la valeur des prestations, tandis que l’accessoire qualitatif est déterminé par la spécificité de l’élément au cœur de l’opération.

  • Dans l’arrêt Cass. 3e civ., 16 mars 2017, la Cour admet le séquençage d’un contrat complexe lorsque ses phases sont clairement dissociables.

  • Dans l’arrêt Cass. com., 25 janvier 1989, la qualification unitaire prime lorsque l’isolement d’une prestation dénature l’économie globale du contrat.

Astuce mémo

Contrat complexe → qualification mixte ou distributive

3. Formation instantanée de la vente

Notions clés & Définitions

  • Vente : art. 1582 CC - Contrat par lequel le vendeur s’oblige à livrer une chose et l’acheteur s’oblige à en payer le prix

★ À maîtriser

📌 Selon l’article 1583 du Code civil, la vente est formée dès l’accord des parties sur la chose et sur le prix, et la propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur. - art. 1583 CC

📌 Le prix et le bien vendus doivent être déterminés ou déterminables, à défaut de quoi la vente est nulle.

  • Depuis l’ordonnance de 2016, l’article 1196 du Code civil pose le principe du transfert de propriété dès la conclusion du contrat, sauf stipulation contraire. - art. 1196 CC

Compléments

📌 La formation instantanée de la vente suppose un accord immédiat sur la chose et le prix, tandis que la formation progressive échelonne le consentement lorsque la valeur du bien justifie une protection des parties.

Astuce mémo

Accord sur la chose et le prix : vente formée, mais opposabilité distincte aux tiers

4. Accords préparatoires à la vente

Notions clés & Définitions

  • Accord de principe : L’accord de principe formalise les pourparlers et oblige les parties à négocier de bonne foi en vue d’une vente définitive, sans constituer cette vente.
  • Pacte de préférence : art. 1123 CC - Contrat par lequel une partie s’engage à proposer prioritairement à son bénéficiaire de contracter avec elle si elle décide de vendre
  • Lettre d’intention : Instrument d’encadrement de la période précontractuelle fixant les points acceptés, le calendrier et la méthode des négociations

★ À maîtriser

📌 La violation du pacte de préférence ouvre en principe droit à des dommages-intérêts, mais la nullité ou la substitution peuvent être obtenues si le tiers connaissait l’existence du pacte et l’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir.

Compléments

  • L’action interrogatoire permet au tiers d’interroger par écrit le bénéficiaire sur l’existence du pacte et son intention de s’en prévaloir dans un délai raisonnable fixé par le tiers. - art. 1123.3 CC

  • Dans l’arrêt Cass. 3e civ., 23 septembre 2009, la Cour juge qu’un pacte de préférence de vingt ans justifié par un motif d’intérêt général ne porte pas atteinte au droit de propriété.

Astuce mémo

Pacte de préférence : priorité de proposer ; promesse : droit d’opter

5. Promesses unilatérales de vente

Notions clés & Définitions

  • Promesse unilatérale : art. 1124 CC - Contrat par lequel le promettant accorde au bénéficiaire le droit d’opter pour la conclusion d’un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés

★ À maîtriser

  • Dans la promesse unilatérale de vente, le promettant est définitivement engagé à vendre, tandis que le bénéficiaire reste libre de lever ou non l’option.

  • Depuis l’article 1124 du Code civil, la révocation de la promesse pendant le délai laissé au bénéficiaire pour opter n’empêche pas la formation du contrat promis. - art. 1124 CC

  • Le contrat conclu en violation d’une promesse unilatérale avec un tiers qui en connaissait l’existence est nul. - art. 1124.3 CC

Compléments

📌 Une promesse unilatérale de vente portant sur un immeuble, un fonds de commerce, un droit au bail ou un droit immobilier doit être enregistrée dans les dix jours, à peine de nullité absolue. - art. 1589-2 CC

📌 L’indemnité d’immobilisation rémunère le blocage du bien pendant l’option, tandis que la clause pénale sanctionne l’inexécution d’une obligation.

  • Pour l’acquéreur non professionnel d’un immeuble à usage d’habitation, le délai de rétractation est de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la notification de l’acte.

Astuce mémo

Promesse → option → vente

6. Promesse unilatérale d’achat

Notions clés & Définitions

  • Promesse unilatérale d’achat : art. 1124 CC - Engagement du promettant à acheter et à payer le prix, tandis que le bénéficiaire dispose d’une option de vente

★ À maîtriser

📌 Une clause léonine est réputée non écrite lorsqu’elle prive un associé de tout profit, attribue tout le profit à un seul associé ou exonère un associé de toute contribution aux pertes. - art. 1844-1 CC

Compléments

  • Dans l’arrêt Bowater du 20 mai 1986, la Cour de cassation considère que la promesse unilatérale d’achat organise la transmission de droits sociaux à un prix convenu sans modifier la participation aux bénéfices ni la contribution aux pertes.

Astuce mémo

Promesse de vente : le promettant vend ; promesse d’achat : le promettant achète

7. Promesses d’achat et clauses léonines

★ À maîtriser

📌 L’article 1589-1 du Code civil frappe de nullité tout engagement unilatéral souscrit pour acquérir un bien ou un droit immobilier lorsqu’un versement est exigé ou reçu de celui qui s’engage, quelle qu’en soit la cause ou la forme.

  • Dans l’arrêt Bowater du 20 mai 1986, la chambre commerciale a jugé qu’une promesse unilatérale d’achat de droits sociaux organisant leur transmission à un prix librement convenu était sans incidence sur la participation aux bénéfices et la contribution aux pertes. - Cass, 20 mai 1986, Bowater

📌 Selon l’arrêt de la chambre commerciale du 22 février 2005, une promesse sèche de droits sociaux échappe à la prohibition des clauses léonines seulement si elle prévoit une fenêtre d’exercice limitée dans le temps, laissant le bénéficiaire exposé au risque de disparition ou de dépréciation des titres en dehors de cette période. - Cass, com., 22 fév. 2005

Compléments

📌 Dans une opération d’investissement en capital, la promesse d’achat peut garantir le remboursement de l’investissement au bailleur de fonds sans être une clause léonine lorsque son objet est d’assurer l’équilibre des conventions et non de modifier la participation sociale aux bénéfices et aux pertes.

Astuce mémo

Objet de transmission des titres ≠ exonération du risque social

8. Promesses croisées et portage

Notions clés & Définitions

  • Promesses croisées : Associent une promesse unilatérale de vente consentie par le vendeur et une promesse unilatérale d’achat consentie par l’acquéreur, chacun disposant d’une option.
  • Convention de portage : Opération par laquelle un porteur achète des actions ou des parts sociales pour le compte d’un donneur d’ordre, puis les lui transfère lorsque le portage prend fin.

★ À maîtriser

📌 La Cour de cassation requalifie en promesse synallagmatique de vente les promesses unilatérales croisées stipulées en termes identiques, notamment concernant la chose et le prix, et considère alors que la vente est formée par le consentement réciproque. - Cass, com., 18 juil. 1989 ; Cass, com., 22 nov. 2005 ; Cass, com., 17 sept. 2017

📌 Selon l’analyse critique du cours, des promesses unilatérales croisées ne forment pas une vente tant qu’aucune des parties n’a levé son option, car l’engagement de chacune reste soumis à cette levée.

Compléments

📌 Dans les conventions de portage, les promesses de rachat et de vente rédigées à un prix et selon des modalités identiques organisent la rétrocession des actions sans incidence sur la participation aux bénéfices et aux pertes dans les rapports sociaux. - Cass, com., 22 fév. 2005, 2005

Astuce mémo

Deux options croisées ≠ vente définitivement formée

9. Promesse synallagmatique et conditions

Notions clés & Définitions

  • Promesse synallagmatique de vente : Vaut vente au sens de l’article 1589 du Code civil lorsque les parties sont définitivement engagées et d’accord sur la chose et le prix.
  • Vente sous condition résolutoire : S’applique immédiatement, mais un événement futur et incertain peut entraîner son anéantissement rétroactif.

Points essentiels

  • La promesse synallagmatique de vente doit réunir les éléments essentiels de la vente, la capacité de contracter et de disposer des parties, ainsi qu’une chose et un prix déterminés ou déterminables.

  • Dans une vente à terme, l’événement futur est certain et suspend l’exigibilité ou le transfert jusqu’à son arrivée, tandis que dans une vente sous condition suspensive, l’événement futur est incertain.

  • La réitération devant notaire est en principe obligatoire lorsque la promesse ne fait pas de cette formalité un élément constitutif du consentement, et son exécution peut alors être forcée ou remplacée par un jugement tenant lieu d’acte authentique. - Cass, 3e civ, 20 déc. 1994, 1994

  • Depuis les articles 1304 et 1304-6 du Code civil, la condition suspensive ne suspend pas le contrat lui-même mais seulement ses effets, et la vente devient caduque si la condition ne se réalise pas avant son terme.

Astuce mémo

Terme futur et certain ≠ condition future et incertaine

10. Droits de repentir et arrhes

Notions clés & Définitions

  • Vente à réméré : Permet au vendeur de racheter le bien en restituant le prix et en remboursant les frais prévus, dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de la vente.
  • Système des arrhes : Permettent à chacun des contractants de se départir de la vente : l’acheteur les perd et le vendeur restitue le double de la somme reçue.

★ À maîtriser

📌 Le consommateur qui conclut une vente à distance ou hors établissement dispose d’un délai de rétractation de quatorze jours à compter de la livraison du bien.

📌 L’acquéreur non professionnel d’un immeuble d’habitation peut se rétracter pendant dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte.

Compléments

📌 En droit de la consommation, toute somme versée d’avance par un consommateur est présumée constituer des arrhes plutôt qu’un acompte, sauf renversement de cette présomption.

Astuce mémo

Arrhes : acheteur perd le versement, vendeur en restitue le double

11. Substitution et préemption

Notions clés & Définitions

  • Droit de préemption légal : Est la prérogative attribuée par la loi à une personne publique ou privée pour acquérir prioritairement un bien lorsque son propriétaire manifeste l’intention de le vendre.
  • Agrément : Subordonne la formation de la vente à l’accord d’un tiers, lequel ne se substitue pas nécessairement à l’acheteur en cas de refus.

★ À maîtriser

  • Dans le droit de préemption urbain, la commune dispose de deux mois après la déclaration d’intention d’aliéner pour exercer son droit sur un immeuble situé dans une zone déterminée par le plan local d’urbanisme.

📌 En théorie, le droit de préemption légal est un droit prioritaire d’acquisition exercé avant la conclusion définitive de la vente, tandis qu’en pratique il se rapproche d’un droit de substitution par lequel le préempteur reprend l’accord négocié.

📌 Le droit de préemption légal limite le droit de disposer du propriétaire en lui laissant la liberté de vendre ou non, mais en lui retirant la liberté de choisir son acquéreur lorsque le préempteur exerce son droit.

Compléments

📌 En cas de conflit, l’intérêt général prime généralement l’intérêt particulier entre deux préemptions légales, et la préemption légale prime toujours une préemption conventionnelle. - Cass. 3ᵉ civ., 24 mars 2016 et Cass. 3ᵉ civ., 11 janv. 2024

Astuce mémo

Préemption légale → priorité d’acquisition → limitation du choix de l’acquéreur

12. Contrats préliminaires et contrats cadres

Notions clés & Définitions

  • Contrat de réservation : Engage le promoteur à réserver un immeuble ou une fraction d’immeuble en contrepartie d’un dépôt de garantie consigné sur un compte spécial.
  • Contrat cadre : Définit les conditions dans lesquelles de futurs contrats d’application seront conclus et exécutés afin de stabiliser les relations contractuelles.

★ À maîtriser

  • Le contrat doit préciser: la consistance de l’immeuble, la surface habitable approximative, la notice descriptive, le prix prévisionnel et les conditions de sa révision, les délais d’exécution des travaux et de conclusion de la vente définitive

📌 Le dépôt de garantie du contrat de réservation est plafonné à 5 % du prix prévisionnel lorsque la vente doit être réalisée dans l’année et à 2 % lorsque ce délai n’excède pas deux ans.

📌 Dans un contrat cadre, l’article 1164 du Code civil permet de prévoir que le prix sera fixé unilatéralement par une partie, à charge pour elle d’en motiver le montant en cas de contestation, l’abus pouvant entraîner des dommages-intérêts.

Compléments

  • La durée d’une clause d’exclusivité dans un contrat cadre est limitée à dix ans par l’article L. 330-1 du Code de commerce.

Astuce mémo

Réserver → construire → vendre ; encadrer → appliquer

13. Prix et exécution des contrats cadres

★ À maîtriser

  • Dans un contrat-cadre, le prix peut être fixé unilatéralement par l’une des parties si cette possibilité est prévue expressément, mais elle doit motiver le montant en cas de contestation et un abus dans sa détermination entraîne des dommages-intérêts.

  • La résiliation d’une relation commerciale établie, qu’elle soit prévue dans un contrat à durée déterminée ou indéterminée, doit respecter un préavis dont la durée dépend de la durée des relations commerciales, conformément à l’article L442-1 du Code de commerce.

  • La clause de dédit permet de sortir du contrat moyennant le paiement d’une somme, tandis que la clause pénale sanctionne l’inexécution d’une obligation.

Compléments

  • Dans un contrat à exécution successive, le paiement de l’intégralité du prix restant dû pour sortir du contrat peut conduire à requalifier une clause de dédit en clause pénale lorsque cette somme constitue une sanction de l’inexécution. - Cass, 2e civ, 18 déc. 2025

  • La qualification d’une clause de dédit dépend de la finalité voulue par les parties et non seulement du montant de la somme prévue lorsque l’intention commune est claire. - Cass, 3e civ, 8 janv. 2026

Astuce mémo

Prix fixé unilatéralement abusivement → dommages-intérêts

14. Formes de la vente

Notions clés & Définitions

  • Vente consensuelle : Contrat formé par le seul accord réciproque, oral ou écrit, des parties sur la chose et le prix.
  • Vente solennelle : Contrat dont la validité dépend, en plus du consentement des parties, de l’accomplissement d’une formalité légale, généralement la rédaction d’un acte authentique.

★ À maîtriser

📌 Pour rendre une vente immobilière opposable aux tiers, l’acte authentique doit être publié au service de la publicité foncière, conformément à l’article 30-1 du décret du 4 janvier 1955 et à l’article 1198, alinéa 2, du Code civil.

📌 Dans une vente en l’état futur d’achèvement, l’acquéreur devient progressivement propriétaire du sol et du logement au fur et à mesure de la construction, tandis que dans une vente à terme il devient propriétaire à la livraison, avec un effet rétroactif au jour de la signature.

  • La conclusion d’un contrat électronique repose sur le double-clic : l’acheteur vérifie et corrige d’abord la commande et le prix total, puis confirme définitivement la commande, cette seconde validation valant signature et engagement contractuel.

Compléments

📌 Le non-respect de l’obligation précontractuelle d’information du vendeur professionnel est directement sanctionné par une contravention, mais peut aussi entraîner la nullité du contrat lorsque le manquement porte sur un élément essentiel et provoque un vice du consentement. - Cass, 1er civ, 20 déc. 2023

Astuce mémo

Consensualisme : accord seul ; formalisme : formalité imposée

15. Identification et contrats voisins

Notions clés & Définitions

  • Contrat de vente : Convention par laquelle une partie s’oblige à livrer une chose et l’autre à la payer, avec accord sur la chose et le prix dès la conclusion du contrat.

★ À maîtriser

  • Le transfert de propriété constitue un effet légal du contrat de vente et intervient en principe dès l’échange des consentements, conformément à l’article 1196 du Code civil.

  • Le contrat d’entreprise se distingue de la vente par la prédominance d’un travail ou d’un service indépendant et, pour un bien fabriqué, par sa spécificité répondant aux besoins du client plutôt que par son caractère standardisé.

  • L’échange transfère la propriété de deux choses sans prix en argent, tandis que la vente transfère une chose en contrepartie d’un prix monétaire.

  • Le commodat confère gratuitement l’usage temporaire d’une chose non consomptible avec restitution de la même chose, tandis que le prêt de consommation transfère la propriété d’une chose consomptible ou fongible avec restitution d’un équivalent.

  • Le bail procure une jouissance temporaire et onéreuse sans transfert de propriété, tandis que la vente transfère la propriété de la chose contre un prix.

Compléments

📌 L’apport en propriété transfère un bien à une société en contrepartie de titres sociaux, tandis que la vente transfère le bien contre un prix en argent.

Astuce mémo

Vente = chose, prix, transfert de propriété

16. Chose vendue et disponibilité

Notions clés & Définitions

  • Bien incorporel : Bien abstrait sans consistance physique, tel qu’un droit d’auteur, un brevet, une marque, une créance, des actions, un fonds de commerce ou une clientèle.

Points essentiels

  • Si la chose vendue est totalement détruite au moment de la conclusion de la vente, celle-ci est nulle parce que son objet, élément essentiel du contrat, n’existe pas.

  • Lorsque la chose est partiellement détruite au moment de la vente, l’acheteur peut demander la nullité ou conserver la partie intacte en obtenant une réduction du prix, sauf si l’altération est infime et conduit le juge à imposer une réfaction.

  • La vente d’une chose future est valable si la chose est déterminable, mais ses effets, notamment le transfert de propriété et des risques, sont différés jusqu’à son existence ; si elle n’existe jamais, le contrat devient caduc sauf aléa accepté.

  • Pour les marchandises fongibles vendues au poids, au compte ou à la mesure, la vente n’est parfaite et les choses restent aux risques du vendeur qu’après leur individualisation par pesage, comptage ou mesurage.

  • La vente de la chose d’autrui est en principe sanctionnée par une nullité relative que seul l’acheteur peut demander, tandis que le véritable propriétaire conserve son bien et peut le revendiquer sans demander l’annulation préalable de la vente.

  • Pour un meuble corporel, l’acquéreur de bonne foi devient immédiatement propriétaire par possession en vertu de l’article 2276 du Code civil, mais le propriétaire peut revendiquer un bien perdu ou volé pendant 3 ans.

  • La clause d’inaliénabilité n’est valable que si elle est limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, conformément à l’article 900-1 du Code civil.

Astuce mémo

Chose d’autrui : nullité possible ; meuble possédé de bonne foi : possession vaut titre

17. Prix de la vente

Points essentiels

📌 Un prix déterminé est précisément chiffré dès la conclusion du contrat, tandis qu’un prix déterminable est calculé ultérieurement à partir d’éléments objectifs prévus dans le contrat.

📌 Un prix déterminable est valable si son calcul dépend d’éléments objectifs indépendants de la volonté d’une seule partie et ne nécessite pas un nouvel accord entre l’acheteur et le vendeur.

Astuce mémo

Prix déterminé : chiffré ; prix déterminable : calculé par des éléments objectifs

18. Mécanismes distincts de l’inaliénabilité

Notions clés & Définitions

  • Prix de la vente : Contrepartie monétaire du bien transféré et élément essentiel du contrat, de sorte que sans prix il n’y a pas de vente mais une donation ou un échange.

★ À maîtriser

  • La condition résolutoire est un événement futur et incertain qui, s’il se réalise, anéantit rétroactivement le contrat, tandis que l’inaliénabilité bloque directement la capacité de transférer le bien pendant la durée prévue.

  • Le droit de préemption n’empêche pas le propriétaire de vendre, mais l’oblige à proposer prioritairement le bien à une personne déterminée, contrairement à l’inaliénabilité qui bloque la circulation du bien.

  • Le terme extinctif ou suspensif est un événement futur et certain qui fixe la naissance ou la fin d’un droit, contrairement à la condition résolutoire qui dépend d’un événement futur et incertain.

  • Selon l’article 1591 du Code civil, le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties.

  • Le prix déterminé est précisément chiffré dès la conclusion du contrat, tandis que le prix déterminable n’est pas encore fixé en chiffres mais peut être calculé ultérieurement grâce à des éléments objectifs prévus au contrat.

  • Pour qu’un prix déterminable soit valable, son calcul doit dépendre d’éléments indépendants de la volonté d’une seule partie et ne pas nécessiter un nouvel accord de volonté entre l’acheteur et le vendeur.

Compléments

📌 Une autorisation préalable ou le consentement d’un tiers laisse au propriétaire le droit de disposer du bien, mais subordonne l’acte à l’accord d’une autre personne ou autorité, contrairement à l’inaliénabilité qui interdit l’acte par nature.

Astuce mémo

Inaliénabilité : blocage du transfert ; préemption : priorité ; consentement : validation ; terme : échéance

Tableaux de synthèse

Qualification des ensembles contractuels

MéthodeCritèreEffet
Qualification unitairePrestation principale ou indivisibilitéRégime juridique unique
Qualification mixtePlusieurs éléments juridiquesPlusieurs régimes applicables
Application distributivePrestations dissociables ou séquençageRégime adapté à chaque prestation

Principaux mécanismes de désengagement

MécanismeBénéficiaireEffet
ArrhesAcheteur ou vendeurAcheteur perd les arrhes ; vendeur restitue le double
DéditPartie désignée au contratRétractation contre une contrepartie
Rétractation légaleConsommateur ou acquéreur non professionnelDélai légal pour se délier
Vente à réméréVendeurRachat du bien dans un délai maximal de cinq ans

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2. Quel est l’objectif de la qualification juridique d’un contrat ?

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Qu'est-ce qu'un acte juridique ?

Une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit.

Qu'est-ce qu'un contrat selon le droit ?

Un accord de volontés entre plusieurs personnes créant, modifiant, transmettant ou éteignant des obligations.

Que sont les contrats spéciaux ?

Des contrats nommés avec un régime juridique particulier.

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