La succession légale ou ab intestat s’applique en l’absence de testament, tandis que la succession testamentaire repose sur les dernières volontés du défunt.
En cas de testament nul, la succession est liquidée selon les règles légales du Code civil.
Selon l’article 722 du Code civil, les conventions créant ou faisant renoncer à des droits sur une succession non encore ouverte ne produisent effet que dans les cas autorisés par la loi.
📌 L’histoire du droit successoral oppose principalement la liberté du défunt, l’égalité entre les enfants et la protection du conjoint survivant.
Organiser les transmissions → structurer les rapports entre générations
★ À maîtriser
Le droit romain associait égalité et liberté testamentaire, et le pater familias pouvait désigner par testament une personne non descendante comme héritière de la totalité de ses biens.
Le droit révolutionnaire a aboli les privilèges fondés sur l’âge, le sexe, la filiation et la nationalité, notamment la primogéniture, la masculinité et le droit d’aubaine.
Le Code civil de 1804 a concilié les traditions de l’ancien droit avec les acquis révolutionnaires en maintenant la distinction entre quotité disponible et réserve héréditaire.
Compléments
Sous Justinien, les héritiers furent classés par ordres et degrés selon leur proximité avec le défunt, tandis que le conjoint pauvre pouvait bénéficier de la quarte du conjoint pauvre.
Dans les pays de coutume, les propres étaient soumis à une réserve de quatre cinquièmes au profit des descendants ou, à défaut, des ascendants ou collatéraux selon la règle materna maternis, paterna paternis.
Rome → Ancien droit → Révolution → Code civil → Réformes contemporaines
★ À maîtriser
📌 Le conjoint survivant bénéficie d’un droit temporaire au logement pendant un an et peut ensuite bénéficier d’un droit viager au logement.
📌 Les partenaires de Pacs et les concubins ne sont pas successibles l’un de l’autre par dévolution légale et doivent établir des dispositions testamentaires pour hériter.
Compléments
Le Pacte Dutreil permet, sous conditions, d’exonérer de droits de mutation à concurrence de 75 % de la valeur des parts ou actions d’une société transmise par décès ou entre vifs.
Six ménages sur dix sont propriétaires de leur résidence principale, qui demeure le principal bien hérité.
Égalité en nature hier, égalité en valeur aujourd’hui
★ À maîtriser
La succession privée se fonde sur le droit de propriété, car le propriétaire dispose de la prérogative ultime de déterminer qui lui succédera.
La raison économique de la succession privée tient au fait qu’une propriété limitée à la vie du titulaire découragerait la valorisation à long terme au profit d’une minimisation à court terme.
Compléments
📌 Selon l’article 720 du Code civil, les successions s’ouvrent par la mort au dernier domicile du défunt.
📌 La mort constatée est établie par un acte de décès lorsque le corps du défunt est disponible, tandis que la mort présumée résulte d’une absence ou d’une disparition judiciairement déclarée.
📌 Le jugement déclaratif d’absence peut être prononcé dix ans après la décision constatant la présomption d’absence, ou après vingt ans sans nouvelles en l’absence de constatation judiciaire initiale.
📌 En cas de disparition dans des circonstances mettant la vie en danger et lorsque le corps n’a pas été retrouvé, le décès peut être judiciairement déclaré à la demande du procureur de la République ou d’une partie intéressée.
Mort constatée avec corps, mort présumée sans certitude immédiate
★ À maîtriser
📌 Le lieu d’ouverture de la succession est le dernier domicile du défunt et non le lieu de son décès.
📌 Selon le règlement européen du 4 juillet 2012, la loi applicable et la juridiction compétente sont en principe celles de l’État de la dernière résidence habituelle du défunt au moment du décès.
Compléments
📌 Une personne peut choisir par testament la loi de l’État dont elle possède la nationalité au moment du choix ou du décès pour régir l’ensemble de sa succession.
Dernier domicile → compétence interne et loi successorale applicable
★ À maîtriser
Selon l’article 725 du Code civil, il faut exister au moment de l’ouverture de la succession ou, ayant déjà été conçu, naître viable pour succéder.
L’enfant conçu est réputé né chaque fois que son intérêt l’exige, à condition de naître vivant et viable.
L’absent non déclaré est considéré comme vivant et peut hériter, tandis que l’absent déclaré est considéré comme décédé et ne remplit plus la condition d’existence.
Compléments
📌 Selon l’article 311 du Code civil, la conception est présumée avoir eu lieu entre le trois centième et le cent quatre-vingtième jour inclus avant la naissance, la preuve contraire étant recevable.
📌 Pendant l’incertitude sur la naissance de l’enfant conçu, les cohéritiers peuvent prendre des mesures conservatoires mais ne peuvent pas provoquer le partage.
Exister → être conçu et viable → éviter le partage avant la naissance
★ À maîtriser
📌 L’indignité de plein droit frappe celui qui est condamné comme auteur ou complice à une peine criminelle pour avoir volontairement donné ou tenté de donner la mort au défunt, ou pour lui avoir volontairement porté des violences ayant entraîné sa mort sans intention de la donner.
📌 L’indignité facultative peut viser notamment l’auteur ou le complice d’un homicide correctionnel, de violences, de tortures, d’un viol, d’une agression sexuelle, d’un faux témoignage criminel, d’une abstention volontaire de secours ou d’une dénonciation calomnieuse.
Compléments
📌 Une peine criminelle correspond notamment à une réclusion ou une détention d’une durée d’au moins dix ans, tandis qu’une peine correctionnelle est inférieure à dix ans.
Indignité de plein droit par condamnation criminelle, facultative selon décision
★ À maîtriser
L’indignité exclut rétroactivement l’héritier de la succession du défunt envers lequel il a été déclaré indigne et l’oblige à restituer les fruits et revenus perçus depuis l’ouverture de la succession.
L’indignité est une sanction personnelle qui n’exclut pas les enfants de l’indigne, lesquels peuvent succéder de leur chef ou par représentation.
Le défunt peut pardonner l’indignité après les faits et après en avoir eu connaissance en déclarant expressément, dans la forme testamentaire, qu’il maintient l’indigne dans ses droits héréditaires ou en lui consentant une libéralité universelle ou à titre universel.
Compléments
Indignité → exclusion personnelle et rétroactive → représentation des enfants
| Type | Condition | Règle de dévolution |
|---|---|---|
| Légale ou ab intestat | Absence de testament | La loi désigne les héritiers |
| Testamentaire | Testament valable | Les dernières volontés organisent la transmission |
| Contractuelle | Convention autorisée par la loi | La convention organise le partage en vue du décès |
| Situation | Condition | Effet |
|---|---|---|
| Absence | Absence prolongée de nouvelles | Déclaration d’absence produisant les effets du décès |
| Disparition | Circonstances dangereuses et corps introuvable | Déclaration judiciaire du décès |
| Réapparition | Existence prouvée après jugement | Annulation du jugement et récupération des biens |
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