Fiche de révision : Conventions collectives et acteurs sociaux

Plan du Cours

  1. Administration du personnel
  2. Métiers et qualités professionnelles
  3. Définitions et sources du droit du travail
  4. Articulation des normes du travail
  5. Conventions collectives et application
  6. Information et application des conventions collectives
  7. Extension et élargissement conventionnels
  8. Acteurs de l’administration du personnel
  9. Missions et pouvoirs de l’inspection du travail
  10. Obligations sociales envers l’URSSAF
  11. Prévention et santé au travail
  12. Organisation et compétences du CSE
  13. Sanctions et activités du CSE
  14. Santé et sécurité au travail
  15. Environnement et moyens du CSE
  16. Veille juridique et sociale
  17. Principes généraux du RGPD
  18. Données personnelles des salariés

Repères chronologiques

  1. 25 mai 2018Le RGPD, cadre juridique de l’Union européenne régissant la collecte et le traitement des données personnelles, est entré en vigueur.
  2. 2021Le rôle des SPST a été renforcé en matière de prévention, d’accompagnement des publics vulnérables et de gouvernance de la santé au travail.
  3. 2021Le CSE est consulté sur les conséquences environnementales des décisions de l’employeur et informé des conséquences environnementales des politiques de l’entreprise.
  4. 1er janvier 2025Les consultations sur les politiques de l’entreprise portent aussi sur les informations de durabilité du rapport de gestion et sur les moyens de les obtenir et de les vérifier, pour les grandes entreprises et les entreprises cotées en bourse.

1. Administration du personnel

Notions clés & Définitions

  • Fonction RH : Ensemble des pratiques mises en œuvre pour administrer, mobiliser et développer les ressources du personnel afin de répondre aux besoins de l’activité de l’entreprise.
  • Gestion du personnel : La gestion du personnel regroupe les tâches administratives essentielles à la gestion des ressources humaines, notamment les tâches légales et obligatoires, le respect des règles sociales et les relations avec des organismes externes.
  • Administration du personnel : Ensemble des processus permettant d’assurer le suivi administratif des collaborateurs dans le respect du droit du travail et des règles sociales.

★ À maîtriser

  • Les quatre grandes missions de la fonction RH sont :

    • administrer efficacement en veillant à l’expérience collaborateur
    • développer l’engagement des salariés
    • favoriser le changement et réussir la transformation
    • être un partenaire stratégique
  • L’administration du personnel couvre la production, la mise à jour et la conservation des documents et données suivants :

    • contrats de travail
    • avenants
    • dossiers salariés
    • informations sur les absences
    • informations sur les congés payés
    • éléments de paie
    • données sociales

📌 La gestion administrative du personnel porte sur l’exécution, la conformité et la fiabilité des données, tandis que la gestion des ressources humaines intègre aussi la formation, la gestion des compétences, la mobilité et le développement des talents.

  • 🔄 L’administration du personnel accompagne le salarié selon les étapes suivantes : embauche et constitution du dossier salarié, suivi du temps, des absences, de la paie et des évolutions contractuelles, départ avec remise des documents obligatoires et archivage des données

Compléments

  • La fonction RH comprend notamment quatre missions : développer les compétences et le capital humain, veiller à l’expérience collaborateur et à la qualité de vie au travail, accompagner les changements et transformations, et adapter les pratiques au contexte de l’organisation. - Jean-Marie Peretti, Gestion des Ressources Humaines 24ème édition

  • Les missions opérationnelles de l’administration du personnel comprennent la gestion des contrats, le suivi du temps de travail, l’administration de la paie, la gestion documentaire et le suivi des obligations légales.

  • L’administration du personnel sécurise les pratiques de l’employeur sur le plan légal, conditionne la fiabilité de la paie et des cotisations sur le plan économique, et contribue à la confiance des collaborateurs sur le plan social.

  • Le non-respect des formalités d’administration du personnel peut engager la responsabilité civile et pénale de l’employeur et entraîner des amendes, l’indemnisation du salarié, la qualification de travail dissimulé ou des peines complémentaires.

Astuce mémo

Embauche → suivi de la relation de travail → départ : l’administration accompagne tout le parcours du salarié.

2. Métiers et qualités professionnelles

★ À maîtriser

  • Le gestionnaire de paie calcule, contrôle et valide les bulletins de salaire chaque mois et transmet les déclarations sociales aux organismes concernés.

  • Les qualités requises comprennent : les compétences techniques en paie, droit social et procédures administratives, la rigueur, la gestion du stress, la confidentialité, la pédagogie, l’objectivité, une appétence pour les chiffres, la rédaction, le suivi et l’aspect juridique

Compléments

  • Le responsable paie peut gérer des projets de logiciel, élaborer des plans de formation et des tableaux de bord sociaux, encadrer une équipe et veiller à l’actualisation de ses connaissances en droit social et en paie.

  • L’assistant RH exerce principalement des tâches d’administration du personnel et de ressources humaines, mais peut aussi produire la paie et les déclarations sociales dans les entreprises à effectif réduit.

  • Le responsable RH peut intervenir dans la production de la paie et avoir un gestionnaire de paie sous sa responsabilité.

3. Définitions et sources du droit du travail

Notions clés & Définitions

  • Droit : Ensemble de règles de conduite socialement édictées et sanctionnées qui s’imposent aux membres d’une société, et ensemble de règles, de normes et de principes régissant les individus, les entreprises et les institutions afin de maintenir l’ordre, résoudre les conflits, protéger les droits et promouvoir la justice.
  • Hiérarchie des normes : Organisation coordonnée des composantes d’un système juridique selon laquelle une norme de degré inférieur doit respecter et mettre en œuvre la norme de degré supérieur.
  • Droit du travail : Gérard CORNU, Vocabulaire juridique – Association Henri Capitant – PUF QUADRIGE, 2002 - Branche du droit social constituée par l’ensemble des règles applicables aux relations du travail subordonné.
  • Droit social : Gérard CORNU, Vocabulaire juridique – Association Henri Capitant – PUF QUADRIGE, 2002 - Le droit social est la branche du droit qui regroupe les règles régissant les relations de travail et la protection contre les risques sociaux.

★ À maîtriser

  • Les sources du droit du travail comprennent :
    • les normes internationales
    • les normes européennes
    • le bloc de constitutionnalité
    • la loi et le Code du travail
    • la jurisprudence
    • les conventions collectives
    • les usages
    • le règlement intérieur
    • les engagements unilatéraux
    • le contrat de travail

Compléments

  • Le droit du travail se caractérise par la place importante des normes internationales et constitutionnelles et par la présence de normes non étatiques produites par des acteurs privés aux côtés des pouvoirs législatif et exécutif.

  • L’Organisation internationale du Travail a été créée en 1919, est rattachée à l’ONU et est spécifiquement dédiée au travail.

  • L’OIT agit par la coopération technique, la recherche et l’information, ainsi que par des conventions ayant valeur de traité international et des recommandations.

📌 Après l’adoption d’une convention de l’OIT, les États membres doivent la proposer à l’organe national compétent pour ratification dans un délai d’un an.

  • L’OIT ne dispose pas de pouvoir de sanction propre, mais les juridictions nationales peuvent faire respecter ses conventions.

  • L’Union européenne intervient en droit du travail principalement par des directives et n’intervient pas dans certains domaines, notamment la grève et la rémunération; la CJUE contrôle l’application du droit de l’Union.

  • Le bloc de constitutionnalité comprend : la Constitution du 4 octobre 1958, le Préambule de la Constitution de 1946, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la Charte de l’environnement de 2004

  • Le Code du travail rassemble la majorité des lois et règlements du travail; sa première partie contient les lois (L.), sa deuxième les décrets simples (D) et les décrets pris après avis du Conseil d’État (R).

📌 La jurisprudence est une activité de production de règles et le résultat de cette production dans certaines décisions des juridictions supérieures, tandis que le contentieux désigne l’ensemble des affaires jugées par les tribunaux.

4. Articulation des normes du travail

★ À maîtriser

📌 En cas de conflit entre normes, la règle de faveur fait appliquer la règle la plus favorable aux salariés et peut conduire à écarter une norme supérieure au profit d’une norme inférieure plus favorable.

📌 La règle de spécialité fait prévaloir la norme au champ d’application moins vaste; une convention collective d’entreprise peut ainsi l’emporter sur celle de branche, une convention de branche sur une convention interprofessionnelle et une convention départementale sur une convention nationale.

Compléments

📌 L’ordre public absolu impose le respect de la norme applicable et écarte toute règle contraire, même si une norme inférieure est plus favorable aux salariés.

  • Depuis 1982, certains accords collectifs peuvent, sous conditions, prévoir des dispositions différentes de celles de la loi sans être nécessairement plus favorables, selon le principe d’ordre public dérogeable.

  • La supplétivité désigne les dispositions qui s’appliquent par défaut en l’absence d’accord contraire, et le Code du travail peut distinguer ordre public, champ de la négociation collective et dispositions supplétives.

  • La loi de 2016 a donné un nouvel essor à la substitution, par laquelle une norme de champ général remplace les dispositions d’une norme de champ plus étroit.

Astuce mémo

La règle de faveur retient la norme plus avantageuse au salarié ; la spécialité retient celle dont le champ est plus étroit.

5. Conventions collectives et application

★ À maîtriser

  • Une convention collective est conclue par des représentants des salariés, en principe un ou plusieurs syndicats représentatifs, et une partie patronale pouvant être un employeur, plusieurs employeurs ou leurs groupements.

  • Les conventions collectives lient leurs signataires et ont un effet normatif qui peut les rendre applicables aux salariés n’ayant pas participé à leur élaboration ou n’adhérant pas aux syndicats signataires.

📌 Une convention collective doit être écrite sous peine de nullité, comporter un préambule présentant ses objectifs et son contenu, et être déposée à la DREETS du lieu de conclusion, sauf les conventions de branche et ANI qui sont déposés auprès des services centraux du ministère du Travail. - Elsa Peskine – Cyril Wolmark, 2025

Compléments

  • Un arrêté ministériel d’extension ou d’élargissement peut rendre une convention collective de branche applicable à des employeurs non signataires et à leurs salariés.

  • Les conventions collectives peuvent s’appliquer à un établissement, une entreprise ou une branche, tandis qu’un accord national interprofessionnel concerne plusieurs secteurs sur le territoire national.

  • Plus de 95 % des salariés sont dans le champ d’application d’au moins une convention collective.

📌 Une convention collective traite de l’ensemble des questions relatives aux rapports de travail, tandis qu’un accord collectif ne traite que d’un aspect, bien que leurs régimes juridiques soient identiques.

  • Depuis le 1er septembre 2017, les accords collectifs font l’objet d’une publicité systématique et sont disponibles dans la rubrique « Accords collectifs » de Légifrance. - Elsa Peskine – Cyril Wolmark, 2025

  • Les conventions collectives doivent être déposées au secrétariat-greffe du conseil de prud’hommes du lieu de conclusion et notifiées par la partie la plus diligente aux organisations ayant constitué une section syndicale dans l’entreprise.

6. Information et application des conventions collectives

★ À maîtriser

  • L’employeur mentionne la convention collective de branche applicable sur le bulletin de paie.

📌 Les accords d’entreprise ou d’établissement s’appliquent aux salariés de l’entreprise ou de l’établissement concerné.

  • L’assujettissement à une convention collective de branche ou interprofessionnelle peut résulter du lien de l’employeur à sa conclusion, d’un arrêté ministériel d’extension ou d’un arrêté ministériel d’élargissement.

📌 L’application d’une convention collective dépend de la situation de l’entreprise et non de celle du salarié.

  • Lorsqu’elle est applicable, une convention collective produit un effet automatique, immédiat, erga omnes et impératif dans la relation de travail.

📌 Pour qu’un salarié soit soumis à un accord collectif, son employeur doit être engagé par la convention et l’entreprise doit relever de ses champs professionnel et géographique.

📌 Le champ professionnel d’une convention de branche est déterminé par les activités économiques qu’elle vise, et l’entreprise relève de la convention correspondant à son activité réelle principale.

Compléments

  • L’employeur communique un exemplaire des conventions applicables aux représentants du personnel et aux délégués syndicaux, conformément à l’article R. 2262-2 du Code du travail.

  • L’employeur remet aux salariés embauchés une notice mentionnant la convention collective, conformément à l’article R. 2262-1, 1° du Code du travail.

  • L’employeur affiche un avis indiquant qu’il tient une convention collective à la disposition des salariés et précisant le lieu de consultation.

  • Lorsqu’un intranet existe, l’employeur y met à disposition un exemplaire de la convention collective.

📌 Une convention collective locale, départementale ou régionale s’applique selon l’implantation de l’entreprise, généralement son siège social, sauf si le salarié travaille dans un établissement autonome, auquel cas la localisation de cet établissement détermine la convention applicable.

7. Extension et élargissement conventionnels

★ À maîtriser

  • Une convention collective étendue s’applique à tous les employeurs de son champ professionnel et territorial, même s’ils ne l’ont pas signée et n’appartiennent pas à une organisation signataire.

  • Le ministre peut refuser l’extension si les conditions de procédure ne sont pas respectées, si des clauses sont illégales ou inadaptées à la branche, si l’équilibre de l’accord serait modifié, pour un motif d’intérêt général ou en cas d’atteinte excessive à la libre concurrence.

  • L’élargissement, prononcé par arrêté ministériel, agrandit le champ professionnel ou territorial d’une convention collective déjà étendue.

  • L’application volontaire d’une convention collective non applicable peut résulter d’un usage ou d’un engagement unilatéral de l’employeur, doit être avantageuse pour les salariés et ne s’étend pas aux avenants postérieurs.

Compléments

📌 Pour être susceptible d’extension, une convention collective doit être valable, avoir un contenu très complet couvrant les différents aspects du statut des salariés et avoir été conclue au sein d’une commission paritaire de négociation instituée dans la branche.

  • Les commissions paritaires de négociation réunissent des représentants de syndicats de salariés et d’organisations d’employeurs représentatives dans la branche et le champ territorial concernés.

📌 Un accord de branche ne peut être étendu s’il fait l’objet d’une opposition des organisations patronales dont les entreprises adhérentes emploient plus de 50 % des salariés des entreprises adhérant aux organisations d’employeurs reconnues représentatives.

📌 L’arrêté d’extension est pris par le ministre du Travail après avis de la commission nationale de la négociation collective, qui peut rendre un avis favorable même si toutes les organisations représentatives n’ont pas signé ou si certaines mentions obligatoires manquent.

  • Le ministre peut refuser l’extension d’une convention concernant une branche peu active ou trop peu importante, notamment lorsqu’elle compte moins de 5 000 salariés ou est uniquement locale ou régionale.

  • L’élargissement est possible lorsqu’une impossibilité persistante de négocier résulte d’une carence ou d’une absence de négociateurs dans un champ professionnel ou géographique et qu’une convention couvrant un champ différent prévoit des conditions d’emploi analogues.

  • L’élargissement prend fin lorsque l’arrêté ministériel qui l’a prononcé est abrogé.

  • La conclusion d’un accord collectif ayant le même objet met fin à l’application volontaire d’une convention collective par usage ou engagement unilatéral, sans comparaison de leur caractère plus ou moins favorable.

Astuce mémo

L’extension élargit les employeurs concernés dans le champ ; l’élargissement étend le champ lui-même.

8. Acteurs de l’administration du personnel

Points essentiels

  • Les salariés et collaborateurs fournissent à l’administration du personnel leurs justificatifs d’absence, arrêts maladie, notes de frais et changements d’adresse ou de situation familiale.

  • Les managers opérationnels transmettent les éléments de gestion du temps et signalent les entrées, sorties et besoins de remplacement.

  • La direction et le service juridique fournissent les règles, accords d’entreprise, contrats-types et informations de veille réglementaire nécessaires à l’administration du personnel.

  • Le CSE transmet des réclamations, alertes et accords négociés qui peuvent créer de nouvelles règles à appliquer par l’administration du personnel.

  • Les salariés reçoivent notamment leurs bulletins de paie et certificats de travail, ainsi que le traitement de leurs congés et remboursements de frais.

  • La direction et les ressources humaines utilisent les données administratives, indicateurs et registres obligatoires pour piloter la politique RH.

  • La comptabilité et les finances reçoivent les états de paie, charges sociales et données budgétaires nécessaires à la comptabilisation des salaires.

  • L’administration fiscale et les organismes sociaux reçoivent les déclarations obligatoires, notamment la DSN et les déclarations annuelles.

  • Le CSE reçoit des informations et documents légaux tels que la BDESE et le bilan social, ainsi que les moyens matériels nécessaires à son activité.

Astuce mémo

Les fournisseurs alimentent l’administration du personnel ; les clients reçoivent ses produits et services.

9. Missions et pouvoirs de l’inspection du travail

★ À maîtriser

  • L’inspection du travail contrôle l’application du droit du travail, notamment en matière de santé et sécurité, de représentation du personnel, de durée du travail, de contrat de travail et de travail illégal.

  • Dans certaines situations prévues par le Code du travail, l’employeur doit obtenir l’autorisation de l’inspecteur du travail, notamment pour certains horaires individualisés sans représentants du personnel, le licenciement de salariés protégés ou certaines dérogations concernant le travail des jeunes.

  • L’inspecteur du travail peut formuler des observations et des mises en demeure, tandis que le procès-verbal constate une infraction susceptible d’entraîner des poursuites pénales décidées par le procureur de la République.

Compléments

  • L’inspection du travail facilite le dialogue social et peut intervenir comme médiatrice lors d’un blocage des négociations ou de difficultés de fonctionnement des représentants du personnel.

  • L’inspection du travail peut constater notamment les infractions suivantes :

    • les discriminations
    • le travail dissimulé
    • le harcèlement moral ou sexuel
    • les manquements à la santé et à la sécurité
  • L’inspecteur du travail peut entrer de jour comme de nuit dans les lieux où le droit du travail est censé s’appliquer et effectuer les prélèvements utiles.

  • L’inspecteur du travail peut consulter les documents et registres obligatoires et demander des informations sur des faits de discrimination, d’exercice du droit syndical, de harcèlement ou de risques pour la santé et la sécurité.

  • Les modes alternatifs aux poursuites pénales comprennent la transaction pénale et l’amende administrative, plafonnée à 4 000 € par travailleur concerné.

📌 L’inspecteur du travail peut saisir directement le juge des référés pour demander la cessation d’un trouble illicite.

Astuce mémo

Observer, mettre en demeure, constater l’infraction : les réponses peuvent aller jusqu’au référé.

10. Obligations sociales envers l’URSSAF

Notions clés & Définitions

  • URSSAF : Organisme chargé de collecter les cotisations sociales dues par les employeurs et certains travailleurs indépendants afin de financer la protection sociale.

★ À maîtriser

  • Chaque entreprise transmet chaque mois à l’URSSAF la déclaration sociale nominative, qui regroupe les informations relatives aux salariés.

  • L’entreprise paie dans les délais les cotisations sociales, notamment celles liées à l’assurance maladie, à la retraite et aux accidents du travail.

  • Lors d’une vérification sur pièces ou sur place, l’URSSAF contrôle l’application de la législation sociale et peut redresser l’entreprise, proposer un délai de paiement ou appliquer le droit à l’erreur.

Compléments

  • Les URSSAF agissent localement sur le territoire français et sont pilotées au niveau national par l’ACOSS.

  • L’entreprise informe l’URSSAF des changements tels que l’embauche, la fin de contrat ou l’arrêt maladie et conserve les justificatifs nécessaires, notamment les bulletins de paie, bordereaux, relevés et preuves de paiement.

11. Prévention et santé au travail

Notions clés & Définitions

  • Services de prévention et de santé au travail : Services qui conseillent les employeurs, les travailleurs et leurs représentants afin d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail.

★ À maîtriser

📌 L’employeur doit organiser ou rejoindre un service de prévention et de santé au travail, sous la forme d’un service autonome ou d’un service interentreprises (SPSTI).

📌 Lorsque l’effectif des salariés suivis est inférieur à 500, l’employeur doit adhérer à un SPSTI ; à partir de 500 salariés, il peut mettre en place un service autonome ou adhérer à un SPSTI.

  • Les SPST conduisent des actions de santé au travail, aident à évaluer et prévenir les risques professionnels, conseillent les acteurs de l’entreprise et accompagnent les changements organisationnels importants.

Compléments

  • Les SPST surveillent l’état de santé des travailleurs, contribuent à la traçabilité des expositions et à la veille sanitaire, et participent à des actions de promotion de la santé, de vaccination et de dépistage.

  • Les SPST peuvent contribuer à la prévention de la désinsertion professionnelle et au maintien dans l’emploi, notamment par des conseils d’aménagement du poste ou du temps de travail.

  • Les équipes des SPST peuvent comprendre : des médecins du travail, des collaborateurs médecins, des internes en médecine du travail, des infirmiers en santé au travail, des intervenants en prévention des risques professionnels, des assistants de santé au travail

  • Les SPST conseillent les entreprises sur le DUERP, sensibilisent aux risques professionnels et peuvent participer à l’analyse des causes d’un accident du travail afin d’éviter sa répétition.

Astuce mémo

Prévenir les risques professionnels contribue à éviter l’altération de la santé au travail.

12. Organisation et compétences du CSE

Notions clés & Définitions

  • Comité social et économique : Instance de représentation du personnel dans l’entreprise, chargée notamment de défendre l’emploi et les conditions de travail, de veiller à la santé et à la sécurité des salariés et au respect du droit du travail.

★ À maîtriser

📌 Le CSE doit être mis en place dans les entreprises comptant au moins 11 salariés.

📌 La CSSCT est obligatoire dans les entreprises de plus de 300 salariés et dans les établissements présentant un risque nucléaire ou classés SEVESO ; dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’inspecteur du travail peut en imposer la création selon l’activité ou les locaux.

  • Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le CSE présente les réclamations individuelles ou collectives, promeut la santé et la sécurité, mène des enquêtes sur les accidents du travail et maladies professionnelles et peut saisir l’inspection du travail.

  • Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE assure l’expression collective des salariés sur la gestion et l’évolution économique et financière, l’organisation du travail, la formation professionnelle et les techniques de production.

  • Le CSE est consulté de façon récurrente sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière, la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi, ainsi que sur les conséquences environnementales de l’activité.

  • En cas de défaut d’information ou de consultation économique, le CSE peut demander des dommages-intérêts et obtenir en référé la suspension de la décision de l’employeur ou de ses effets jusqu’à la régularisation de la procédure.

Compléments

  • Le CSE comprend l’employeur et une délégation élue comportant autant de titulaires que de suppléants ; le suppléant assiste aux réunions en l’absence du titulaire.

  • Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE comprend l’employeur, éventuellement assisté de trois collaborateurs, une délégation élue et les représentants des syndicats représentatifs, qui participent avec voix consultative sans voter.

  • La première réunion du CSE désigne un bureau comprenant au minimum le président, le secrétaire et le trésorier, et le secrétaire rédige notamment les procès-verbaux des réunions.

📌 Le CSE se réunit au moins une fois par mois dans les entreprises de plus de 300 salariés et une fois tous les deux mois lorsque l’effectif est inférieur.

📌 Au moins quatre réunions du CSE par an sont consacrées à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail.

  • Les décisions du CSE sont prises à la majorité des membres présents et consignées dans un procès-verbal ; ses avis sont rendus par vote dans un délai déterminé.

  • La CSSCT comprend au minimum l’employeur et trois membres du CSE désignés par un vote interne, et peut exercer tout ou partie des prérogatives du CSE en santé, sécurité et conditions de travail.

  • Les autres commissions possibles du CSE comprennent : la commission de formation, la commission d’information et d’aide au logement, la commission de l’égalité professionnelle, la commission économique, obligatoire dans les entreprises de plus de 1 000 salariés

  • Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE dispose d’un droit d’alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes ou à leur santé, de danger grave et imminent pour la santé publique ou l’environnement, de faits affectant la situation économique ou de recours abusif aux CDD.

Astuce mémo

Moins de 50 salariés : réclamations et prévention ; dès 50 : s’ajoutent les attributions économiques et les consultations.

13. Sanctions et activités du CSE

★ À maîtriser

  • Le délit d’entrave réprime pénalement les atteintes au fonctionnement des institutions représentatives du personnel et des délégués syndicaux.

  • Certains actes, notamment le règlement intérieur et la dénonciation d’un usage ou d’un engagement unilatéral, sont inopposables aux salariés tant que le CSE n’a pas été régulièrement consulté ; ils redeviennent opposables après cette consultation.

  • Le CSE dispose d’une compétence exclusive pour gérer les activités sociales et culturelles, qui doivent lui être transférées s’il les revendique.

  • Les activités sociales regroupent les actions au profit du personnel, y compris pécuniaires si elles ne s’apparentent pas à un salaire, tandis que les activités culturelles regroupent les avantages de participation ou d’accès à la culture.

Compléments

  • Le budget consacré aux activités sociales et culturelles est spécifique et dédié à ces activités ; son montant est fixé par accord d’entreprise ou, à défaut, selon les règles légales.

Astuce mémo

Consultation régulière : l’acte devient opposable ; sans elle, il ne l’est pas.

14. Santé et sécurité au travail

★ À maîtriser

  • Le CSE contribue à promouvoir la santé, la sécurité et les conditions de travail, analyse les risques professionnels, contribue à l’adaptation des postes et à l’accès à l’emploi, peut proposer des initiatives de prévention, participe à l’évaluation des risques, inspecte régulièrement les lieux de travail et enquête sur les accidents du travail et maladies professionnelles.

📌 Le CSE peut proposer des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes, et l’employeur doit motiver son refus.

📌 Le CSE est consulté sur le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et ses mises à jour, tandis que l’évaluation des risques est menée par l’employeur avec la contribution du CSE et, si elle existe, de la CSSCT.

Compléments

  • L’analyse des risques professionnels par le CSE prend notamment en compte les femmes enceintes et les effets de l’exposition aux facteurs de risques mentionnés à l’article L. 4161-1 du Code du travail.

  • Le CSE peut désigner un expert en application de l’article L. 2315-94, 2° du Code du travail et exercer un droit d’alerte en cas de danger grave et imminent ou de risque pour la santé publique ou l’environnement.

📌 Lors d’une visite de l’Inspection du travail, les membres du CSE peuvent présenter leurs observations ; le CSE peut examiner des propositions d’amélioration des conditions de travail, d’emploi et de formation, des conditions de vie et des garanties collectives complémentaires.

📌 Le CSE peut tenir une seconde réunion à la demande de la majorité de ses membres, et il doit être réuni après un accident aux conséquences graves ou potentiellement graves, un événement grave affectant ou pouvant affecter la santé publique ou l’environnement, une demande motivée de deux membres sur la santé, la sécurité ou les conditions de travail, ou une alerte pour danger grave et imminent.

15. Environnement et moyens du CSE

Notions clés & Définitions

  • BDESE : Base de données rassemblant les informations sur les grandes orientations économiques et sociales ainsi que sur les conséquences environnementales de l’activité de l’entreprise, et donnant une vision globale de la formation et de la répartition de la valeur créée

★ À maîtriser

  • Le CSE dispose d’un local et de moyens informatiques nécessaires à l’exercice de ses prérogatives, ainsi que d’un budget de fonctionnement au moins égal à 0,2 % de la masse salariale brute, porté à 0,22 % dans les entreprises de 2 000 salariés.

  • Depuis 2022, la BDES est devenue la BDESE, qui inclut les conséquences environnementales de l’activité de l’entreprise et doit être mise en place dans les entreprises d’au moins 50 salariés.

Compléments

📌 Les budgets de fonctionnement et des activités sociales et culturelles ont une comptabilité séparée, et des transferts entre eux sont possibles sous certaines conditions.

  • Le recours aux experts-comptables et aux experts techniques est financé soit à 100 % par l’employeur, soit à 20 % par le CSE et à 80 % par l’employeur selon les thèmes.

📌 L’employeur conçoit, élabore et met à jour la BDESE, et en définit les modalités d’accès, de consultation et d’utilisation, notamment par accord collectif.

16. Veille juridique et sociale

Notions clés & Définitions

  • Veille sociale : Ensemble des actions visant à collecter, analyser et suivre en continu les informations légales, réglementaires et sociales qui concernent les entreprises

★ À maîtriser

  • Une veille sociale rigoureuse aide les entreprises à assurer leur conformité, à anticiper les réformes et les changements réglementaires et à renforcer leur pilotage stratégique.

  • 🔄 La mise en place d’une veille sociale suit ces étapes : définir les sources d’information pertinentes, organiser la collecte des données et les alertes, établir un calendrier de mise à jour, suivre les indicateurs et le reporting dans un tableau de bord, diffuser les informations à jour par le dialogue social et la communication interne

Compléments

  • La veille sociale couvre notamment les évolutions du droit du travail, les obligations sociales, la sécurité sociale, les réformes, les tendances RH, la qualité de vie et les conditions de travail, ainsi que la prévention des risques psychosociaux.

  • La veille sociale contribue au dialogue social, à une gestion des talents et à une prise de décision éclairées, à l’adaptation des pratiques RH, aux audits internes et à une conformité sociale durable.

  • La veille sociale peut être organisée par une cellule intégrée au service RH ou pilotée par des spécialistes dédiés, en s’appuyant sur des sources fiables comme les sites officiels, le ministère du Travail, le Journal officiel, les alertes Google et les réseaux sociaux professionnels.

  • Les outils numériques de veille RH automatisée permettent le suivi en temps réel des évolutions réglementaires, la création d’alertes ciblées et la synthèse des données dans des tableaux de bord personnalisés.

  • La documentation sociale comprend le Code du travail, le Code de la sécurité sociale, des ouvrages professionnels, la jurisprudence de la Cour de cassation, des sites spécialisés, des réseaux sociaux professionnels et des newsletters.

17. Principes généraux du RGPD

Notions clés & Définitions

  • Donnée personnelle : Toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable
  • Traitement de données personnelles : Opération ou ensemble d’opérations portant sur des données personnelles, quel que soit le procédé utilisé
  • Délégué à la protection des données : Personne, prestataire externe ou salarié, qui conseille la direction et contrôle la bonne application du RGPD ; sa désignation doit être notifiée à la CNIL et aux représentants du personnel

★ À maîtriser

📌 Le RGPD s’applique aux organisations publiques ou privées, quelle que soit leur taille, établies dans l’Union européenne ou ciblant directement des résidents européens, ainsi qu’aux sous-traitants qui traitent des données pour une autre entité.

  • Les six principes du RGPD sont :

    • limiter la collecte aux données nécessaires à une finalité déterminée
    • informer clairement les personnes
    • faciliter l’exercice de leurs droits
    • fixer des durées de conservation
    • sécuriser les données
    • inscrire la conformité dans une démarche continue
  • Les personnes disposent des droits suivants sur leurs données : accès, rectification, effacement, portabilité, opposition au traitement dans certaines circonstances

Compléments

  • La CNIL est garante de l’application et du respect du RGPD en France.

📌 Les organisations doivent être transparentes sur leurs traitements, mettre en place des mesures de sécurité appropriées et pouvoir démontrer leur conformité au RGPD.

18. Données personnelles des salariés

★ À maîtriser

📌 Toute entreprise qui traite des données personnelles doit tenir un registre des activités de traitement, y compris lorsqu’elle est sous-traitante ; les entreprises de moins de 250 salariés peuvent limiter le registre aux traitements non occasionnels, à risque pour les droits et libertés ou portant sur des données sensibles.

  • Le détournement de données, leur collecte frauduleuse ou le défaut d’information peut entraîner jusqu’à cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende ; la CNIL peut prononcer des amendes allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial ou 20 millions d’euros pour les manquements importants.

📌 Le droit d’effacement des données personnelles s’applique dans la limite des obligations légales de conservation.

📌 Le responsable du traitement informe les personnes lors d’une collecte directe et, lors d’une collecte indirecte, dans un délai raisonnable ne dépassant pas un mois après l’obtention des données.

Compléments

📌 L’employeur doit limiter l’accès aux données personnelles aux personnes habilitées et en assurer la conservation sécurisée pendant une durée limitée adaptée aux obligations applicables.

  • Les documents relatifs à la paie ou au contrat de chaque salarié doivent être conservés pendant cinq ans, y compris les bulletins de paie dématérialisés selon les préconisations du ministère du Travail.

📌 Un salarié ou ancien salarié justifiant de son identité peut accéder à son dossier professionnel, mais pas aux données RH prévisionnelles qui n’ont pas servi à prendre une décision à son égard ; l’employeur peut s’opposer aux demandes abusives.

  • Les bulletins de paie, déclarations d’accident du travail, documents relatifs au contrat, aux salaires, aux primes ou aux indemnités, ainsi que le registre unique du personnel, sont conservés cinq ans en archivage intermédiaire à compter du départ du salarié.

  • Les documents relatifs à la comptabilisation des jours de travail des salariés en forfait, des horaires ou des sanctions disciplinaires sont conservés trois ans.

  • L’information sur un traitement doit préciser l’identité du responsable et, le cas échéant, les coordonnées du DPO, la finalité, la base légale, le caractère obligatoire ou facultatif des données et les conséquences d’un refus, les destinataires, la durée de conservation, les droits et recours auprès de la CNIL, ainsi que la source des données indirectes et les transferts hors de l’Union européenne, le cas échéant.

📌 L’information sur les données personnelles doit être concise, transparente, compréhensible, facilement accessible et rédigée en termes clairs et simples ; aucune donnée concernant un salarié ou un agent ne peut être collectée par un dispositif qui ne lui a pas été préalablement signalé.

Tableaux de synthèse

Principes d’articulation des normes

PrincipeCritèreEffet
Règle de faveurAvantage pour les salariésLa norme inférieure plus favorable peut écarter la norme supérieure
Ordre public absoluCaractère impératifToute règle contraire est écartée
Règle de spécialitéChamp d’application plus étroitLa norme spécialisée prévaut
SubstitutionNorme générale et norme étroiteLa norme générale remplace les dispositions de la norme étroite

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