QCM : Culture juridique et institutions (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une nouvelle réglementation change fréquemment et sans prévisibilité, au point que les personnes ne savent plus ce que le droit leur permet. Quel principe est directement compromis ?

La laïcité
L’égalité devant le droit
La sûreté
La sécurité juridique

La sécurité juridique

Explication

La sécurité juridique suppose des normes claires, intelligibles et suffisamment stables pour permettre à chacun de prévoir ce qui est autorisé ou interdit. La sûreté concerne les arrestations et détentions arbitraires, l’égalité est une composante de l’État de droit et la laïcité organise les rapports entre l’État et les cultes.

2. Dans un pays, des lois sont adoptées et l’administration s’y conforme, mais aucun juge indépendant ne peut contrôler si le pouvoir respecte les normes supérieures. Quelle qualification décrit le mieux cette situation ?

Une situation de sécurité juridique suffisante
Un État de droit pleinement caractérisé
Un État légal sans garantie complète d’État de droit
Un régime de séparation des cultes et de l’État

Un État légal sans garantie complète d’État de droit

Explication

L’État de droit exige que la puissance publique soit soumise à une hiérarchie des normes et que des juges indépendants puissent en contrôler le respect. L’existence de lois évoque l’État légal, mais ne garantit pas à elle seule ce contrôle ; la stabilité des règles et la laïcité sont d’autres notions.

3. Un dirigeant confie une partie de ses pouvoirs à une responsable compétente, mais ne lui donne ni autorité sur le personnel ni ressources suffisantes. Quel est l’effet de cette délégation ?

Elle est inefficace, car les conditions sont cumulatives
Elle transfère les responsabilités malgré l’absence d’autorité
Elle est valable dès lors que des moyens sont disponibles
Elle est valable, car la responsable est compétente

Elle est inefficace, car les conditions sont cumulatives

Explication

Une délégation efficace exige cumulativement la compétence, l’autorité et les moyens ; l’absence d’une seule condition la rend inefficace et la responsabilité remonte au dirigeant. La compétence seule ne suffit pas, et des ressources ne remplacent pas un véritable pouvoir de commandement.

4. Une personne conteste, d’une part, une détention sans fondement légal et, d’autre part, une règle qui change de façon imprévisible. Quel principe protège respectivement ces deux intérêts ?

L’égalité devant le droit, puis la laïcité
La sécurité juridique, puis la sûreté
La sûreté, puis la sécurité juridique
La laïcité, puis l’égalité devant le droit

La sûreté, puis la sécurité juridique

Explication

La sûreté protège la personne contre les arrestations et détentions arbitraires, tandis que la sécurité juridique rend la règle de droit prévisible. Inverser ces notions confond la protection de la liberté individuelle avec la prévisibilité normative.

5. Dans une juridiction, une magistrate tranche un litige civil tandis qu’un magistrat présente les réquisitions du ministère public. Quel statut correspond à leurs fonctions respectives ?

Siège chargé des réquisitions ; parquet chargé de trancher
Parquet inamovible ; siège hiérarchisé et sans inamovibilité
Siège inamovible ; parquet hiérarchisé et sans inamovibilité
Siège et parquet tous deux inamovibles et indépendants de la hiérarchie

Siège inamovible ; parquet hiérarchisé et sans inamovibilité

Explication

Les magistrats du siège tranchent les litiges et bénéficient de l’inamovibilité ; ceux du parquet requièrent l’application de la loi dans un cadre hiérarchisé, sans cette garantie. La réponse qui inverse les rôles confond jugement et réquisitions.

6. Le garde des Sceaux propose un candidat à un poste du parquet. Quelle intervention le Conseil supérieur de la magistrature doit-il exercer pour cette nomination ?

Nommer directement le candidat
Rendre un avis conforme
Proposer lui-même le candidat
Rendre un avis simple

Rendre un avis simple

Explication

Pour les nominations au parquet, le CSM rend un avis simple, que le Gouvernement peut juridiquement ne pas suivre. L’avis conforme concerne les autres postes du siège, tandis que le CSM propose les plus hauts postes du siège.

7. Quel penseur a posé les fondements de la séparation des pouvoirs dans les Deux traités du gouvernement civil, publiés en 1690 ?

Hans Kelsen
John Locke
Jean-Jacques Rousseau
Montesquieu

John Locke

Explication

Locke pose les fondements de la séparation des pouvoirs dans les Deux traités du gouvernement civil en 1690 ; Montesquieu lui donne ensuite sa forme classique en 1748. Kelsen est associé à la hiérarchie des normes, et Rousseau n’est pas l’auteur de l’ouvrage cité.

8. Un gouvernement invoque un mécanisme créé en 2020 pour faire face à une crise sanitaire, tandis qu’un opposant le confond avec le dispositif de l’article 16 de la Constitution. Quelle distinction est correcte ?

L’état d’urgence sanitaire correspond au régime de la loi de 1955
L’état d’urgence sanitaire est distinct de l’article 16
L’état d’urgence sanitaire est une application de l’article 16
L’article 16 a créé l’état d’urgence sanitaire en 2020

L’état d’urgence sanitaire est distinct de l’article 16

Explication

L’état d’urgence sanitaire a été créé par la loi du 23 mars 2020 et se distingue de l’article 16 de la Constitution, mécanisme qui n’a jamais été utilisé depuis 1961. Le régime de la loi du 3 avril 1955 constitue encore un dispositif distinct.

9. Dans une représentation hiérarchisée du droit, pourquoi une norme est-elle valide au regard d’une autre norme ?

Parce qu’elle est appliquée par une juridiction supérieure
Parce qu’elle est conforme à une norme supérieure
Parce qu’elle porte sur un domaine plus général
Parce qu’elle a été adoptée après la norme supérieure

Parce qu’elle est conforme à une norme supérieure

Explication

Dans la hiérarchie des normes, chaque norme tire sa validité de sa conformité à une norme supérieure. L’adoption postérieure, le rang du juge et le caractère général ne déterminent pas ce rapport de validité.

10. Un juriste classe des normes françaises de la plus élevée à la moins élevée : quel ordre doit-il retenir pour la Constitution et le bloc de constitutionnalité, les traités, la loi et les règlements ?

Constitution et bloc, traités, règlements, loi
Traités, Constitution et bloc, loi, règlements
Constitution et bloc, traités, loi, règlements
Constitution et bloc, loi, traités, règlements

Constitution et bloc, traités, loi, règlements

Explication

Dans la hiérarchie française, la Constitution et le bloc de constitutionnalité précèdent les traités, puis viennent la loi et les règlements. Les autres ordres inversent le rang des traités ou celui de la loi et des règlements.

11. Une loi est contestée à la fois parce qu’elle méconnaîtrait la Constitution et parce qu’elle serait incompatible avec un traité : quelle répartition des contrôles convient ?

Les juges ordinaires contrôlent la constitutionnalité, le Conseil la conventionnalité
Le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité, les juges ordinaires la conventionnalité
Les juges ordinaires contrôlent la conventionnalité, le Conseil la légalité
Le Conseil contrôle la conventionnalité, les juges ordinaires la légalité

Le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité, les juges ordinaires la conventionnalité

Explication

Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité des lois à la Constitution, tandis que les juges ordinaires contrôlent leur conventionnalité et leur légalité. Attribuer la constitutionnalité aux juges ordinaires ou la conventionnalité au Conseil confond les rôles.

12. Quelle décision marque la première fois où le Conseil constitutionnel contrôle une loi au regard du Préambule de la Constitution ?

La décision sur la primauté des traités du 16 juillet 1971
La décision Liberté d’expression du 16 juillet 1971
La décision Liberté d’association du 4 octobre 1958
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

Le 16 juillet 1971, la décision Liberté d’association a conduit le Conseil constitutionnel à contrôler pour la première fois une loi au regard du Préambule. La primauté des traités et la liberté d’expression ne désignent pas cette décision fondatrice, et 1958 est la date de la Constitution.

13. Quelles possibilités l’option successorale offre-t-elle à un héritier ?

Accepter purement et simplement, demander le partage ou renoncer
Accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer
Accepter purement et simplement, accepter une partie des biens ou renoncer
Accepter à concurrence de l’actif net, différer l’acceptation ou renoncer

Accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer

Explication

L’option successorale comprend l’acceptation pure et simple, l’acceptation à concurrence de l’actif net et la renonciation. Le partage ou le report ne constitue pas l’une de ces trois options.

14. Une héritière renonce à une succession : quelle conséquence cette renonciation entraîne-t-elle pour sa qualité d’héritière, les biens et les dettes successorales ?

Elle reçoit les biens à concurrence de l’actif net et répond des dettes dans cette limite
Elle est réputée n’avoir jamais été héritière, sans recevoir de biens ni répondre des dettes
Elle perd les biens, mais demeure tenue des dettes successorales
Elle reste héritière des biens, mais ne répond pas des dettes

Elle est réputée n’avoir jamais été héritière, sans recevoir de biens ni répondre des dettes

Explication

Le renonçant est réputé n’avoir jamais été héritier : il ne reçoit aucun bien et ne répond d’aucune dette. L’acceptation à concurrence de l’actif net est une option distincte qui ne doit pas être confondue avec la renonciation.

15. Dans un démembrement de propriété, une personne utilise un logement et en perçoit les loyers, tandis qu’une autre conserve le droit de le vendre : quels sont leurs rôles respectifs ?

La première est indivisaire et la seconde usufruitière
La première est usufruitière et la seconde nu-propriétaire
La première est nu-propriétaire et la seconde usufruitière
La première est usufruitière et la seconde également usufruitière

La première est usufruitière et la seconde nu-propriétaire

Explication

L’usufruitier détient l’usage et les fruits du bien, tandis que le nu-propriétaire conserve le droit d’en disposer. Inverser ces attributs confond les rôles, et l’indivision ne décrit pas cette répartition.

16. Une société civile ne peut pas payer une dette malgré les poursuites engagées contre elle : comment les créanciers peuvent-ils mettre en jeu la responsabilité de ses associés ?

Chaque associé répond sur son patrimoine personnel à parts égales
Chaque associé répond solidairement sur son patrimoine personnel à proportion de sa part
Chaque associé répond sur son patrimoine personnel à proportion de sa part dans le capital
Chaque associé répond dans la limite du montant de son apport

Chaque associé répond sur son patrimoine personnel à proportion de sa part dans le capital

Explication

Après de vaines poursuites contre la société, chaque associé répond indéfiniment des dettes sociales sur son patrimoine personnel, à proportion de sa part dans le capital, sans solidarité entre associés. La responsabilité limitée aux apports est la confusion expressément à éviter.

17. Un avocat veut invoquer directement la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 devant un juge français. Quelle distinction doit-il retenir entre cette déclaration et la CEDH ?

La DUDH est une résolution sans force contraignante ni valeur normative interne, tandis que la CEDH est un traité invocable.
La DUDH et la CEDH sont des résolutions dépourvues de valeur normative interne.
La DUDH et la CEDH sont des traités invocables devant un juge français.
La DUDH est un traité invocable, tandis que la CEDH est une résolution sans force contraignante.

La DUDH est une résolution sans force contraignante ni valeur normative interne, tandis que la CEDH est un traité invocable.

Explication

La DUDH de 1948 est une résolution sans force contraignante ni valeur normative en droit interne, contrairement à la CEDH, qui est un traité invocable. La confondre avec un traité inverse leur statut ; la portée morale de la DUDH ne lui confère pas de force juridique interne.

18. En période de guerre, un État invoque l’article 15 de la CEDH pour déroger à l’article 3 après des actes de torture. Quelle règle s’applique ?

La dérogation est exclue seulement si les actes de torture n’ont pas été commis en temps de paix.
La dérogation est admise, car la réserve liée aux actes licites de guerre s’applique à l’article 3.
La dérogation est exclue, car l’article 3 est indérogeable, même en période de guerre.
La dérogation est admise, car l’article 15 suspend les droits concernés pendant une guerre.

La dérogation est exclue, car l’article 3 est indérogeable, même en période de guerre.

Explication

L’article 3 est indérogeable au titre de l’article 15, sans réserve liée à la guerre. La réserve relative aux décès résultant d’actes licites de guerre concerne l’article 2 ; la guerre ne crée pas une exception générale permettant de déroger à l’article 3.

19. Après la décision interne définitive rendue dans son affaire, une personne saisit la Cour européenne des droits de l’homme cinq mois plus tard, après avoir exercé les recours internes disponibles. Quelle condition de recevabilité n’a-t-elle pas respectée ?

L’obligation de saisir la Cour dans les quatre mois suivant la décision initiale.
L’obligation d’épuiser les voies de recours internes.
Le délai de quatre mois suivant la décision interne définitive.
L’obligation de saisir la Cour avant toute décision interne définitive.

Le délai de quatre mois suivant la décision interne définitive.

Explication

Une requête doit être introduite dans les quatre mois suivant la décision interne définitive, même lorsque les voies de recours internes ont été épuisées. L’épuisement des recours est une condition distincte et ne prolonge pas le délai ; le point de départ n’est pas la décision initiale.

20. Une directive européenne fixe un résultat à atteindre et un délai de transposition, sans imposer la forme ni les moyens. Que doit faire l’État membre ?

Laisser les institutions européennes choisir la forme nationale et les moyens d’exécution.
Atteindre le résultat fixé en choisissant la forme et les moyens, puis transposer dans le délai prévu.
Appliquer une forme identique dans tous les États et transposer à la date qu’il choisit.
Choisir librement le résultat et les moyens, sans être tenu par un délai de transposition.

Atteindre le résultat fixé en choisissant la forme et les moyens, puis transposer dans le délai prévu.

Explication

La directive lie les États quant au résultat, mais leur laisse le choix de la forme et des moyens ; elle doit être transposée dans le délai fixé. La liberté de choix ne porte donc pas sur le résultat ni sur le respect du délai.

21. Une personne consent à être utilisée comme un simple instrument au service d’un objectif collectif. Quel principe permet de caractériser l’atteinte en cause ?

La vie privée, qui interdit toute utilisation d’une personne dans un objectif collectif.
La dignité humaine, qui interdit de traiter une personne comme un objet ou un pur moyen.
L’égalité, qui interdit toute différence de traitement entre les personnes concernées.
Le consentement, qui interdit toute intervention lorsqu’une personne y a donné son accord.

La dignité humaine, qui interdit de traiter une personne comme un objet ou un pur moyen.

Explication

La dignité humaine repose sur l’interdiction de traiter une personne comme un objet ou un pur moyen. Le consentement et la vie privée sont des notions distinctes et ne remplacent pas ce principe.

22. Un juriste doit identifier les deux étapes de la consécration juridique de la dignité humaine en France. Quelle association est exacte ?

Valeur constitutionnelle par la décision Bioéthique de 1994 ; composante de l’ordre public par l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1995.
Valeur constitutionnelle par l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1995 ; composante de l’ordre public par la décision Bioéthique de 1994.
Valeur constitutionnelle par la décision Bioéthique de 1994 ; composante de l’ordre public par l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1994.
Valeur constitutionnelle par la décision Bioéthique de 1995 ; composante de l’ordre public par l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1994.

Valeur constitutionnelle par la décision Bioéthique de 1994 ; composante de l’ordre public par l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1995.

Explication

La décision Bioéthique du Conseil constitutionnel, rendue en 1994, reconnaît la valeur constitutionnelle de la dignité ; l’arrêt Morsang-sur-Orge du Conseil d’État, en 1995, en fait une composante de l’ordre public. Les autres associations inversent les juridictions ou les repères chronologiques.

23. Une personne invoque la CEDH pour soutenir que le droit à la vie implique un droit de mourir, tout en revendiquant le respect de ses choix de fin de vie. Quelle analyse distingue correctement les articles 2 et 8 ?

L’article 2 protège les choix de fin de vie ; l’article 8 consacre un droit conventionnel de mourir.
L’article 2 et l’article 8 consacrent ensemble un droit de mourir au titre de la vie privée.
L’article 2 ne fonde pas un droit de mourir ; l’article 8 protège les choix de fin de vie au titre de la vie privée.
L’article 2 fonde un droit de mourir ; l’article 8 protège les choix de fin de vie au titre de la vie privée.

L’article 2 ne fonde pas un droit de mourir ; l’article 8 protège les choix de fin de vie au titre de la vie privée.

Explication

La CEDH ne déduit pas de l’article 2 un droit de mourir, mais rattache les choix relatifs à la fin de vie à l’autonomie personnelle et à la vie privée protégée par l’article 8. Déduire un droit de mourir de l’article 2 confond le droit à la vie avec la protection de la vie privée.

24. Une personne majeure résidant régulièrement en France souffre d’une affection grave et incurable en phase avancée, avec un pronostic vital engagé, et peut exprimer une volonté libre et éclairée. Sa seule souffrance est psychologique et n’est pas liée à l’affection. Remplit-elle les conditions décrites pour l’aide à mourir ?

Oui, car la majorité et une volonté libre et éclairée suffisent malgré la nature de la souffrance.
Non, car la condition de résidence régulière exclut les personnes qui ne sont pas françaises.
Non, car une souffrance psychologique seule ne suffit pas si elle n’est pas liée à l’affection.
Oui, car une affection grave et incurable suffit même sans souffrance liée à celle-ci.

Non, car une souffrance psychologique seule ne suffit pas si elle n’est pas liée à l’affection.

Explication

Les conditions incluent une souffrance liée à l’affection répondant aux critères légaux ; une souffrance psychologique seule ne suffit pas. La résidence stable et régulière peut satisfaire la condition de rattachement, et la volonté libre et éclairée ne remplace pas les autres exigences.

25. Une entreprise associe un identifiant en ligne à des données qui, par recoupement raisonnable, permettent de retrouver une personne physique. Comment qualifier cet identifiant au regard du RGPD ?

Une donnée sensible, car tout identifiant numérique révèle l’intimité
Une donnée non personnelle, car un identifiant en ligne est technique
Une donnée personnelle seulement si le nom est indiqué directement
Une donnée personnelle, car la personne est identifiable indirectement

Une donnée personnelle, car la personne est identifiable indirectement

Explication

Une information se rapportant à une personne physique identifiable directement ou indirectement est une donnée personnelle. La donnée sensible concerne des catégories particulières, l’identification directe n’est pas nécessaire, et le caractère technique d’un identifiant ne l’exclut pas.

26. Un organisme envisage de traiter des données révélant les convictions religieuses d’une personne. Quelle qualification et quel principe s’appliquent à ces données ?

Une donnée personnelle ordinaire dont le traitement est libre par principe
Une donnée personnelle dont le traitement est interdit par principe
Une donnée biométrique dont le traitement est par principe interdit
Une donnée sensible dont le traitement est par principe interdit

Une donnée sensible dont le traitement est par principe interdit

Explication

Les convictions religieuses relèvent des catégories particulières de données sensibles, dont le traitement est par principe interdit par l’article 9 du RGPD. Une donnée personnelle ordinaire n’est pas soumise à cette interdiction de principe, et les convictions religieuses ne sont pas des données biométriques.

27. Après un contrôle, la formation restreinte de la CNIL envisage une amende à l’encontre d’une entreprise. Quel plafond maximal peut-elle appliquer ?

300 000 euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial
20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial
20 millions d’euros et 4 % du chiffre d’affaires mondial cumulés
20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires national

20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial

Explication

La formation restreinte peut infliger des amendes allant jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial. Le plafond de 300 000 euros est antérieur au RGPD, et le pourcentage se rapporte au chiffre d’affaires mondial.

28. En France, un service veut recueillir le consentement d’un enfant de 14 ans au traitement de ses données personnelles. Quel consentement doit être obtenu ?

Celui du titulaire de l’autorité parentale, uniquement après 16 ans
Celui du titulaire de l’autorité parentale
Celui de l’enfant seul, car la majorité numérique est de 16 ans
Celui de l’enfant seul, car il a dépassé 13 ans

Celui du titulaire de l’autorité parentale

Explication

La majorité numérique est fixée à 15 ans en France ; en dessous de cet âge, le consentement au traitement requiert celui du titulaire de l’autorité parentale. Le seuil n’est ni 13 ni 16 ans, et la majorité civile n’est pas le critère applicable.

29. Une personne engage des poursuites pour une infraction de presse relevant de la loi du 29 juillet 1881. Quel délai de prescription abrégé s’applique ?

Six mois
Trois ans
Trois mois
Un an

Trois mois

Explication

La loi du 29 juillet 1881 prévoit notamment une prescription abrégée de trois mois pour les poursuites relatives aux infractions de presse. Un an, six mois et trois ans ne correspondent pas au délai indiqué pour ce régime.

30. Un journal publie une caricature critiquant un symbole religieux, sans injurier ni diffamer des personnes ni provoquer à la haine contre elles. Comment cette publication est-elle traitée au regard du blasphème ?

Elle constitue une provocation à la haine du fait de sa critique religieuse
Elle relève de la critique libre des dogmes et symboles religieux
Elle constitue un blasphème réprimé en tant qu’atteinte aux croyances
Elle constitue une injure envers les croyants du fait de la caricature

Elle relève de la critique libre des dogmes et symboles religieux

Explication

La République ne réprime pas le blasphème : la critique des dogmes et symboles religieux reste libre. Le droit réprime en revanche certains propos visant des personnes en raison de leur religion, comme l’injure, la diffamation ou la provocation à la haine.

31. Un usager porte un signe religieux dans un espace public qui n’est ni un service public ni soumis à une loi spéciale. À qui le principe de laïcité s’impose-t-il dans cette situation ?

Il s’impose à l’usager comme aux agents d’un service public
Il s’impose à l’usager dès qu’il porte un signe religieux
Il s’impose à toute personne présente dans l’espace public
Il ne s’impose pas à l’usager en général ni à l’espace public

Il ne s’impose pas à l’usager en général ni à l’espace public

Explication

La laïcité s’impose à l’État, aux collectivités, aux services publics et à leurs agents, mais pas aux usagers en général ni à l’espace public, sous réserve des lois spéciales. Assimiler les usagers aux agents ou étendre la neutralité à toute personne présente méconnaît cette distinction.

32. Un employeur examine les mesures à prendre pour permettre à une personne handicapée d’exercer son emploi. Quelle obligation découle de la directive 2000/78 ?

Écarter toute embauche nécessitant une adaptation du poste
Maintenir les conditions de travail sans adaptation particulière
Mettre en place des aménagements raisonnables
Mettre en place des aménagements réservés aux établissements scolaires

Mettre en place des aménagements raisonnables

Explication

La directive 2000/78 impose aux employeurs des aménagements raisonnables pour les personnes handicapées. Ne prévoir aucune adaptation contredit cette obligation, tandis que l’obligation concerne les employeurs et ne se limite pas au milieu scolaire.

33. Un employeur veut rompre le contrat d’un salarié sans invoquer de motif. Quelle exigence s’y oppose en droit du travail ?

La preuve d’un préjudice, traduite en droit français par une rupture abusive
L’autorisation administrative, traduite en droit français par une faute personnelle
L’existence d’un motif valable, traduite en droit français par la cause réelle et sérieuse
L’accord préalable du salarié, traduit en droit français par une cause économique

L’existence d’un motif valable, traduite en droit français par la cause réelle et sérieuse

Explication

L’article 4 de la convention n° 158 de l’OIT impose un motif valable et constitue une norme directement invocable, que le droit français traduit par la cause réelle et sérieuse. L’accord préalable confond motif et consentement, l’autorisation administrative n’est pas l’exigence générale et le préjudice ne remplace pas le motif valable.

34. Une salariée revient après des absences répétées pour maladie. L’entreprise établit une perturbation réelle et la nécessité de son remplacement définitif, sans manquement de l’employeur à l’origine des absences. Quel motif peut soutenir son licenciement ?

La seule durée des absences, sans preuve de perturbation de l’entreprise
La désorganisation réelle de l’entreprise répondant aux conditions requises
L’état de santé de la salariée, indépendamment des effets sur l’entreprise
L’existence d’une maladie, qui interdit toute rupture du contrat

La désorganisation réelle de l’entreprise répondant aux conditions requises

Explication

Le licenciement peut reposer sur une désorganisation réelle due aux absences si le remplacement définitif est nécessaire et si l’absence ne provient pas d’un manquement de l’employeur. L’état de santé est un motif discriminatoire, la durée seule ne suffit pas et la protection n’interdit pas toute rupture fondée sur ces conséquences objectives.

35. Une salariée a repris le travail depuis six semaines après son congé de maternité. Dans quelle situation son licenciement peut-il être envisagé ?

En cas de faute simple liée à l’organisation du service ou d’impossibilité de maintenir le contrat liée à la grossesse
En cas de désorganisation due à l’absence ou de motif économique sans autre condition
En cas de faute grave étrangère à la grossesse ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à celle-ci
En cas de faute grave liée à la grossesse ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour tout motif

En cas de faute grave étrangère à la grossesse ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à celle-ci

Explication

Pendant les dix semaines suivant le retour, un licenciement est possible pour faute grave étrangère à la grossesse ou si un motif étranger à celle-ci rend impossible le maintien du contrat. Une faute simple ou un motif lié à la grossesse ne répond pas à la règle, et la période après le retour n’est pas couverte par l’interdiction absolue applicable au congé.

36. Un employeur impose à une salariée une restriction à une liberté individuelle dans le cadre de son poste. Quel critère permet de justifier cette restriction ?

Une justification liée à l’image de l’entreprise et une mesure conforme aux usages internes
Une justification liée à la rentabilité du service et une mesure décidée par la direction
Une justification liée à l’autorité de l’employeur et une mesure adaptée à ses préférences
Une justification liée à la nature de la tâche et une mesure proportionnée au but recherché

Une justification liée à la nature de la tâche et une mesure proportionnée au but recherché

Explication

L’article L. 1121-1 du Code du travail exige que la restriction soit justifiée par la nature de la tâche et proportionnée au but recherché. L’autorité, l’image ou la rentabilité de l’entreprise ne dispensent pas de ces deux critères.

37. Un étranger ne remplit pas les conditions du statut de réfugié, mais risquerait la torture en cas de retour dans son pays. Quelle protection peut lui être accordée ?

La protection diplomatique, temporaire et liée à un conflit armé
L’asile constitutionnel, fondé sur toute menace de torture
La protection subsidiaire, temporaire et renouvelable
Le statut de réfugié, fondé sur toute atteinte grave au retour

La protection subsidiaire, temporaire et renouvelable

Explication

La protection subsidiaire couvre notamment le risque de torture au retour lorsque les conditions du statut de réfugié ne sont pas réunies, et elle est temporaire et renouvelable. Le statut de réfugié repose sur une crainte de persécution liée à un motif de Genève ; l’asile constitutionnel et la protection diplomatique ne correspondent pas à cette définition.

38. Une atteinte non négligeable aux écosystèmes est constatée, sans qu’aucune victime humaine soit identifiée. Quelle qualification peut s’appliquer ?

Le dommage matériel à un bien privé
Le préjudice corporel
Le préjudice écologique
Le préjudice moral individuel

Le préjudice écologique

Explication

Le préjudice écologique est une atteinte non négligeable aux éléments ou aux fonctions des écosystèmes, indépendamment de toute victime humaine. Le préjudice corporel suppose une atteinte à une personne, le préjudice moral individuel une victime concernée et le dommage matériel privé porte sur un bien.

39. Dans une procédure pénale, une audience de jugement se déroule oralement, publiquement et de façon contradictoire. De quelle inspiration cette phase relève-t-elle ?

De l’inspiration inquisitoire
De l’inspiration accusatoire
D’une inspiration écrite et secrète
D’une inspiration exclusivement administrative

De l’inspiration accusatoire

Explication

La procédure pénale française est mixte : le jugement est d’inspiration accusatoire, oral, public et contradictoire, tandis que l’enquête et l’instruction sont d’inspiration inquisitoire. La procédure écrite et secrète caractérise ces phases antérieures, et la procédure n’est pas entièrement accusatoire.

40. Au procès pénal, l’accusation n’apporte pas de preuve suffisante et la personne poursuivie garde le silence. Quel principe gouverne l’issue de cette situation ?

La personne doit répondre aux accusations pour bénéficier du doute
La personne est présumée coupable jusqu’à une preuve contraire
La personne reste présumée innocente et le doute lui profite
La personne doit prouver son innocence et son silence vaut aveu

La personne reste présumée innocente et le doute lui profite

Explication

La présomption d’innocence fait peser la charge de la preuve sur l’accusation ; le doute profite à l’accusé et la personne poursuivie a le droit de se taire. Exiger qu’elle prouve son innocence inverse la charge de la preuve, et son silence ne constitue pas un aveu.

41. Dans un litige disciplinaire, plusieurs attestations anonymisées corroborent des courriels et des documents identifiables. Quelle place le juge peut-il leur accorder ?

Les considérer comme suffisantes à elles seules
Les retenir comme éléments corroborant les autres preuves
Fonder sa décision de manière déterminante sur ces attestations
Les écarter même si elles corroborent les autres preuves

Les retenir comme éléments corroborant les autres preuves

Explication

Des attestations anonymisées peuvent corroborer d’autres preuves, mais le juge ne peut fonder sa décision uniquement ou de manière déterminante sur des témoignages anonymes. Les rendre déterminantes confond anonymisation et preuve décisive, tandis que l’exclusion systématique ou leur suffisance autonome méconnaît leur rôle de corroboration.

42. Un demandeur veut prouver par témoignages, contre le contenu d’un acte juridique portant sur 2 000 euros, une allégation civile; dans une affaire pénale distincte, un témoin est entendu. Quelle comparaison est correcte ?

Dans les deux affaires, le témoignage ne peut contribuer à la conviction du juge
En civil, le témoignage est libre; au pénal, il est limité au seuil de 1 500 euros
Dans les deux affaires, le témoignage est libre et suffit à établir les faits
En civil, la limite de 1 500 euros s’applique; au pénal, la preuve est libre et le témoignage contribue à la conviction du juge

En civil, la limite de 1 500 euros s’applique; au pénal, la preuve est libre et le témoignage contribue à la conviction du juge

Explication

En matière civile, le témoignage ne peut prouver contre ou outre un acte juridique au-delà de 1 500 euros; en matière pénale, la preuve est libre et le témoignage contribue à la conviction sans suffire à lui seul. La liberté pénale ne supprime pas la limite civile, et le seuil civil ne s’applique pas au pénal.

43. Une autorité publique recueille une preuve en violation de la loi, tandis qu’une partie privée produit une preuve obtenue de façon déloyale, indispensable à son droit à la preuve et strictement proportionnée. Quelle solution correspond à ces deux situations ?

Écarter en principe la preuve publique illégale et pouvoir admettre la preuve privée déloyale sous ces conditions
Admettre les deux preuves dès lors qu’elles sont utiles au litige
Écarter les deux preuves en raison de leur irrégularité
Admettre la preuve publique et rejeter la preuve privée déloyale

Écarter en principe la preuve publique illégale et pouvoir admettre la preuve privée déloyale sous ces conditions

Explication

La preuve illégale recueillie par l’autorité publique est en principe écartée, tandis qu’une preuve déloyale produite par une partie privée peut être admise si elle est indispensable au droit à la preuve et strictement proportionnée. Le régime n’est donc pas identique, et l’utilité seule ne suffit pas à justifier la preuve publique illégale.

44. Informé d’une infraction, le procureur examine trois suites possibles avant de décider de l’orientation du dossier. Quel principe décrit cette faculté de choix ?

La présomption d’innocence
La légalité des délits et des peines
La séparation des pouvoirs
L’opportunité des poursuites

L’opportunité des poursuites

Explication

L’opportunité des poursuites permet au procureur de choisir entre le classement sans suite, une alternative aux poursuites et la saisine d’une juridiction. La présomption d’innocence concerne le statut de la personne poursuivie, et la légalité des délits et des peines porte sur les infractions et les sanctions.

45. Une personne commence directement l’exécution d’une infraction, mais son acte échoue en raison de l’intervention d’un tiers; dans un autre cas, l’auteur renonce de son plein gré avant l’intervention extérieure. Quelle analyse est correcte ?

Le premier cas relève d’actes préparatoires; le second constitue une tentative punissable
Le premier cas peut constituer une tentative; le désistement volontaire exclut la répression dans le second
Aucun des deux cas ne peut constituer une tentative
Les deux cas constituent une tentative punissable dès qu’un projet a été formé

Le premier cas peut constituer une tentative; le désistement volontaire exclut la répression dans le second

Explication

La tentative suppose un commencement d’exécution interrompu ou manqué en raison de circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur; le désistement volontaire exclut la répression. Assimiler le projet à une tentative confond actes préparatoires et commencement d’exécution, tandis que la renonciation volontaire empêche la répression.

46. Un dossier concerne une tentative de crime, un délit dont aucun texte ne prévoit la tentative punissable, et une contravention. Pour quelles tentatives la répression est-elle prévue ?

Pour le délit si un texte le prévoit, mais pas pour le crime ni la contravention
Pour le crime et le délit, mais pas pour la contravention
Pour les trois catégories, dès lors qu’un commencement d’exécution existe
Pour le crime, et pour le délit si un texte le prévoit, mais pas pour la contravention

Pour le crime, et pour le délit si un texte le prévoit, mais pas pour la contravention

Explication

La tentative de crime est punissable; celle de délit ne l’est que lorsqu’un texte le prévoit, et celle de contravention ne l’est pas. Étendre le régime criminel à tous les délits néglige l’exigence d’un texte, tandis que la tentative de contravention demeure exclue.

47. Après une condamnation devenue définitive, une personne commet une nouvelle infraction. Quelle qualification décrit cette situation et son effet sur la peine encourue ?

Le concours d’infractions, qui aggrave nécessairement la peine encourue
La répétition matérielle, sans effet sur la peine encourue
La récidive, qui aggrave la peine encourue
La réitération, qui suppose une condamnation définitive antérieure

La récidive, qui aggrave la peine encourue

Explication

La récidive est la commission d’une nouvelle infraction après une condamnation définitive et elle aggrave la peine encourue. Le concours d’infractions ne repose pas sur cette définition, tandis que la réitération se distingue par l’absence de condamnation définitive intermédiaire.

48. Pour protéger une autre personne d’une agression injustifiée en cours, un témoin intervient par une riposte nécessaire et proportionnée à la gravité de l’atteinte. Quel élément permet de caractériser la légitime défense ?

La riposte est disproportionnée mais vise à protéger autrui
La riposte est concomitante à l’agression et protège autrui contre une atteinte injustifiée
La riposte répond à une atteinte justifiée et protège l’intervenant
La riposte intervient après l’agression et protège les biens de l’intervenant

La riposte est concomitante à l’agression et protège autrui contre une atteinte injustifiée

Explication

La légitime défense peut protéger soi-même ou autrui face à une atteinte injustifiée; la riposte doit être nécessaire, concomitante et proportionnée. Une riposte différée manque la concomitance, une riposte disproportionnée méconnaît la proportionnalité et une atteinte justifiée ne remplit pas la condition d’injustice.

49. Un prévenu est jugé pour un délit en récidive légale. Quelle peine d’emprisonnement maximale le tribunal correctionnel peut-il prononcer dans cette situation ?

Jusqu’à 10 ans d’emprisonnement
De 15 à 20 ans de réclusion
Jusqu’à 20 ans d’emprisonnement
Jusqu’à 20 ans de réclusion

Jusqu’à 20 ans d’emprisonnement

Explication

Le tribunal correctionnel peut prononcer jusqu’à 20 ans d’emprisonnement en cas de récidive légale, alors que la limite ordinaire des délits est de 10 ans. Le seuil de 15 à 20 ans de réclusion concerne les cours criminelles départementales, et la réclusion n’est pas la peine visée ici.

50. Un mineur discernant de 15 ans est reconnu responsable d’une infraction. Quelle règle encadre la peine qui peut lui être infligée ?

Une peine pouvant atteindre celle encourue par un majeur
Des mesures éducatives sans possibilité de peine
Une peine réduite au quart de celle encourue par un majeur
Une peine au plus égale à la moitié de celle encourue par un majeur

Une peine au plus égale à la moitié de celle encourue par un majeur

Explication

À partir de 13 ans, un mineur discernant est pénalement responsable, mais sa peine est en principe au plus égale à la moitié de celle encourue par un majeur. L’écartement motivé de cette atténuation concerne les plus de 16 ans, tandis que les seules mesures éducatives sont prévues pour les moins de 13 ans.

51. Une personne condamnée à la perpétuité demande si sa peine peut être compatible avec la Convention européenne des droits de l’homme. Quelle condition est déterminante ?

L’absence de toute possibilité de réexamen
Une réduction automatique de la peine après une durée fixe
Une perspective réelle de réexamen et d’élargissement
Une libération immédiate dès le premier réexamen

Une perspective réelle de réexamen et d’élargissement

Explication

La perpétuité est admise si elle est compressible, c’est-à-dire si une perspective réelle de réexamen et d’élargissement existe. L’absence de perspective correspond à la confusion documentée, et le réexamen ne signifie pas une libération automatique.

52. En détention, l’administration restreint les déplacements d’une personne. Quelle proposition décrit correctement les droits qu’elle conserve ?

Elle conserve ses droits aux soins, mais perd son droit à la dignité
Elle conserve notamment ses droits à la dignité, aux soins et aux liens familiaux
Elle conserve ses droits civils, mais perd ses droits aux soins et à la religion
Elle conserve ses liens familiaux, mais perd tout recours contre l’administration

Elle conserve notamment ses droits à la dignité, aux soins et aux liens familiaux

Explication

La détention prive principalement la personne de sa liberté d’aller et venir et des droits expressément restreints ; elle conserve notamment la dignité, les soins, les liens familiaux, la liberté religieuse et le recours effectif. La restriction des déplacements ne supprime donc pas ces droits fondamentaux.

53. Face à la surpopulation carcérale, un groupe propose de réduire les entrées en prison et de développer les alternatives à l’incarcération. À quelle orientation cette proposition correspond-elle ?

Réguler les entrées et développer les alternatives à l’incarcération
Réserver les nouvelles places aux personnes condamnées à de courtes peines
Construire davantage de places pour augmenter les capacités carcérales
Maintenir les entrées et agrandir les maisons d’arrêt existantes

Réguler les entrées et développer les alternatives à l’incarcération

Explication

La régulation des entrées, notamment par un mécanisme contraignant et le développement des alternatives, constitue l’une des deux orientations avancées face à la surpopulation. La construction de places supplémentaires est l’autre option, distincte de cette proposition.

54. Un médecin estime qu’un détenu peut gérer son traitement courant en cellule, mais que certains médicaments sont sensibles. Quelle organisation est conforme à la règle ?

Tous les médicaments restent en cellule, y compris les produits sensibles
Le détenu garde son traitement gérable, tandis que les médicaments sensibles sont distribués sous surveillance
Le chef d’établissement décide seul de la gestion médicale du traitement
Tous les médicaments sont distribués sous surveillance, quel que soit le traitement

Le détenu garde son traitement gérable, tandis que les médicaments sensibles sont distribués sous surveillance

Explication

Le détenu peut conserver en cellule les médicaments si le médecin le juge capable de gérer son traitement ; les médicaments sensibles sont distribués sous surveillance. Le chef d’établissement peut s’opposer à cette organisation pour des motifs d’ordre et de sécurité, mais ne remplace pas l’évaluation médicale.

55. Après avoir reçu les informations nécessaires sur un acte médical, une personne détenue le refuse. Quelle conduite doit être respectée ?

Respecter le refus de soins de la personne détenue
Demander à l’administration pénitentiaire de consentir à sa place
Réaliser l’acte dès lors qu’il est recommandé par le médecin
Reporter le refus jusqu’à la sortie de détention

Respecter le refus de soins de la personne détenue

Explication

Comme tout patient, un détenu doit consentir aux actes médicaux après avoir été informé, et son refus doit être respecté conformément à la loi du 4 mars 2002. La détention ne crée pas d’exception au droit médical commun.

56. Une personne détenue provisoirement est définitivement acquittée. Quel recours peut-elle demander pour les préjudices causés par cette détention ?

La réparation de son seul préjudice matériel
Le remboursement de ses seuls frais de défense
La révision de la décision définitive d’acquittement
La réparation intégrale de ses préjudices moral et matériel

La réparation intégrale de ses préjudices moral et matériel

Explication

Après un non-lieu, une relaxe ou un acquittement définitifs, une personne détenue provisoirement peut demander, au titre des articles 149 et suivants du Code de procédure pénale, la réparation intégrale de ses préjudices moral et matériel. La demande ne se limite donc pas aux frais de défense ou au préjudice matériel.

57. Lors d’une opération, des agents empêchent préventivement l’accès à une place afin d’éviter des troubles à la tranquillité publique. Quelle police exercent-ils au regard de la finalité de l’opération ?

La police juridictionnelle
La police de l’exécution des peines
La police administrative
La police judiciaire

La police administrative

Explication

La police administrative vise à prévenir les atteintes à l’ordre public ; la police judiciaire tend à réprimer des infractions déterminées. La répression d’infractions relève donc de la police judiciaire, tandis que l’identité des agents et l’enquête pénale ne déterminent pas ici la qualification.

58. Une autorité municipale envisage d’interdire une réunion pour prévenir un trouble à l’ordre public. Quel principe doit guider le contrôle de cette mesure ?

La restriction doit être proportionnée, la liberté demeurant la règle
L’interdiction prévaut dès qu’un risque de trouble est évoqué
La restriction doit sanctionner une infraction déjà commise
La mesure échappe au contrôle si elle vise l’ordre public

La restriction doit être proportionnée, la liberté demeurant la règle

Explication

Depuis la jurisprudence Benjamin, une mesure de police doit être proportionnée et la restriction de liberté constitue l’exception. Faire prévaloir l’interdiction inverse ce principe, écarter la proportionnalité méconnaît le contrôle requis, et la sanction d’une infraction relève d’une autre finalité.

59. Un justiciable affirme que la juridiction administrative appartient à l’autorité judiciaire visée aux articles 64 à 66 de la Constitution. Quelle distinction corrige cette affirmation ?

L’autorité judiciaire désigne l’ordre administratif, distinct de l’ordre judiciaire
L’autorité judiciaire désigne toute juridiction indépendante de l’exécutif
L’autorité judiciaire regroupe les ordres judiciaire et administratif
L’autorité judiciaire désigne l’ordre judiciaire, distinct de l’ordre administratif

L’autorité judiciaire désigne l’ordre judiciaire, distinct de l’ordre administratif

Explication

Au sens des articles 64 à 66 de la Constitution, l’autorité judiciaire correspond au seul ordre judiciaire ; la juridiction administrative appartient à un ordre distinct. L’indépendance des deux ordres ne les fusionne pas, et l’expression ne vise ni toutes les juridictions ni l’ordre administratif.

60. Un décret reprend fidèlement une loi, et un requérant demande au juge administratif d’écarter cette loi au motif qu’elle serait contraire à la Constitution. Quel obstacle découle de la théorie de la loi-écran ?

Le juge ne contrôle ni la constitutionnalité de la loi ni celle du décret conforme à celle-ci
Le juge écarte la loi et contrôle directement le décret au regard de la Constitution
Le juge transmet nécessairement la question à la Cour de justice de l’Union européenne
Le juge contrôle la loi, mais ne peut examiner aucun acte administratif

Le juge ne contrôle ni la constitutionnalité de la loi ni celle du décret conforme à celle-ci

Explication

La loi-écran, issue de l’arrêt Arrighi, empêche le juge administratif de contrôler la constitutionnalité de la loi et celle d’un acte administratif pris conformément à cette loi. Le contrôle de conventionnalité et la démarche de l’arrêt Arcelor répondent à d’autres questions, tandis que la contestation du décret ne permet pas de franchir l’écran législatif.

61. Avant qu’un procès au fond soit engagé, une entreprise demande une expertise pour conserver la preuve de faits susceptibles d’appuyer un litige, en invoquant un motif légitime. De quel mécanisme s’agit-il ?

Une médiation préalable destinée à régler le litige
Une expertise au fond ordonnée pendant l’instance
Une mesure d’instruction in futurum fondée sur l’article 145
Une mesure d’exécution forcée d’un jugement

Une mesure d’instruction in futurum fondée sur l’article 145

Explication

L’article 145 permet, avant tout procès au fond et pour un motif légitime, de conserver ou d’établir une preuve liée à un litige potentiel. Une expertise pendant l’instance intervient au cours du procès, la médiation vise un accord, et l’exécution forcée suppose une décision à exécuter.

62. Deux sociétés confient leur différend à des arbitres en vertu d’une clause compromissoire. Quelle conséquence caractérise l’arbitrage ?

La sentence peut être exécutée de force sans intervention du juge judiciaire
La sentence est une recommandation sans autorité de chose jugée
La sentence constitue un jugement rendu directement par le tribunal judiciaire
La sentence a autorité de chose jugée et son exécution forcée requiert l’exequatur

La sentence a autorité de chose jugée et son exécution forcée requiert l’exequatur

Explication

L’arbitrage est une justice privée choisie par les parties : la sentence a autorité de chose jugée, mais son exécution forcée requiert l’exequatur du juge judiciaire. Une simple recommandation méconnaît cet effet, et l’arbitre n’est pas un tribunal étatique chargé de délivrer l’exequatur.

63. Un salarié est licencié sans cause réelle et sérieuse. Selon quelle logique le barème Macron encadre-t-il l’indemnité due ?

Par un plafond lié à la gravité d’une faute pénale
Par un montant fixe identique quelle que soit l’ancienneté
Par des planchers liés au poste et à la rémunération seulement
Par des planchers et des plafonds liés à l’ancienneté et à l’effectif

Par des planchers et des plafonds liés à l’ancienneté et à l’effectif

Explication

Le barème de l’article L. 1235-3 encadre l’indemnité par des planchers et des plafonds déterminés selon l’ancienneté et l’effectif. Un montant uniforme efface ces critères, tandis que la faute pénale et le poste ne correspondent pas aux paramètres indiqués.

64. Une salariée présente des faits laissant supposer un harcèlement moral au travail. Selon la règle de preuve applicable, quelle étape incombe ensuite à l’employeur ?

Établir dès le départ l’ensemble des faits invoqués par la salariée
Démontrer que la salariée a déjà obtenu une condamnation pénale
Prouver que les agissements sont étrangers au harcèlement et objectivement justifiés
Contester les faits sans apporter de justification objective

Prouver que les agissements sont étrangers au harcèlement et objectivement justifiés

Explication

Lorsque le salarié présente des éléments de fait laissant supposer un harcèlement, l’employeur doit prouver que ses agissements y sont étrangers et qu’ils sont justifiés objectivement. Exiger de l’employeur la preuve initiale inverse la séquence, et une simple dénégation ou une condamnation pénale préalable ne répond pas à cette règle.

65. Quel statut caractérise la profession d’avocat et quel texte constitue son socle législatif principal ?

Une profession libérale et hiérarchisée, fondée principalement sur le code de déontologie de 2023
Une profession salariée et indépendante, fondée principalement sur la loi du 31 décembre 1990
Une profession publique et réglementée, fondée principalement sur le RIN adopté par le CNB
Une profession libérale et indépendante, fondée principalement sur la loi du 31 décembre 1971

Une profession libérale et indépendante, fondée principalement sur la loi du 31 décembre 1971

Explication

La profession d’avocat est libérale et indépendante, et son socle législatif principal est la loi du 31 décembre 1971. La loi de 1990 a remanié ce cadre et fusionné les professions d’avocat et de conseil juridique ; le code de 2023 et le RIN sont des textes d’un autre niveau.

66. Un avocat doit déterminer si une règle du RIN peut écarter une disposition du code de déontologie de 2023. Quelle hiérarchie doit-il appliquer ?

Le code et le RIN ont le même rang et prévalent sur les décrets
Le RIN, texte réglementaire, est supérieur au code, norme professionnelle
Les décrets et le RIN ont un rang supérieur au code de déontologie
Le code de déontologie, texte réglementaire, est supérieur au RIN, norme professionnelle

Le code de déontologie, texte réglementaire, est supérieur au RIN, norme professionnelle

Explication

La réglementation suit une hiérarchie où les décrets, dont le code de déontologie, sont supérieurs au RIN adopté par le CNB, qui est une norme professionnelle. Placer le RIN au-dessus du code inverse cette hiérarchie ; assimiler les deux textes ou les faire primer sur les décrets méconnaît leurs rangs.

67. Une candidate a validé les 60 premiers crédits d’un master en droit et souhaite suivre le parcours de droit commun pour devenir avocate. Quelle séquence doit-elle accomplir ?

CAPA, accès à l’examen du CRFPA, formation de 18 mois, serment, inscription au tableau
Accès à l’examen du CRFPA, CAPA, formation de 18 mois, serment, inscription au tableau
Accès à l’examen du CRFPA, formation de 18 mois, serment, CAPA, inscription au tableau
Accès à l’examen du CRFPA, formation de 18 mois, CAPA, serment, inscription au tableau

Accès à l’examen du CRFPA, formation de 18 mois, CAPA, serment, inscription au tableau

Explication

Le parcours commence par l’accès à l’examen du CRFPA après la validation des 60 premiers crédits, puis comprend 18 mois de formation et la réussite du CAPA, avant le serment et l’inscription au tableau. Placer le serment avant le CAPA inverse leur ordre, tandis que l’omettre ou déplacer l’examen ne respecte pas la séquence prévue.

68. Une candidate à la profession a été condamnée pour des agissements contraires à la probité. Quelle conséquence cette condamnation peut-elle avoir sur son accès au barreau ?

Elle entraîne une interdiction temporaire d’exercer de trois ans au plus
Elle peut empêcher l’accès, selon l’appréciation du conseil de l’ordre
Elle entraîne automatiquement une radiation définitive du tableau
Elle est sans effet si les agissements n’ont pas eu lieu au barreau

Elle peut empêcher l’accès, selon l’appréciation du conseil de l’ordre

Explication

Une condamnation pour des agissements contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs peut faire obstacle à l’accès à la profession, selon l’appréciation du conseil de l’ordre. L’exclusion n’est pas automatique, et la radiation ou l’interdiction temporaire relèvent de sanctions disciplinaires à distinguer de cette condition d’accès.

69. Un avocat prévoit une rémunération de base pour son travail, à laquelle s’ajouterait une somme dépendant du résultat du dossier. Quel dispositif est licite ?

Un honoraire complémentaire de résultat ajouté à un honoraire de base indépendant de l’issue
Un honoraire de résultat remplaçant la rémunération du travail effectué
Un honoraire de base calculé selon le résultat, complété par une somme fixe
Un honoraire exclusivement fixé selon le résultat, sans rémunération de base

Un honoraire complémentaire de résultat ajouté à un honoraire de base indépendant de l’issue

Explication

L’honoraire complémentaire de résultat est permis lorsqu’il s’ajoute à un honoraire de base indépendant de l’issue du dossier. Une rémunération exclusivement déterminée par le résultat constitue un pacte de quota litis interdit ; la règle n’interdit donc pas tout honoraire de résultat.

70. Une personne aux ressources modestes ne peut assumer les honoraires d’un avocat ni les frais de son procès. Quel dispositif peut contribuer à sa prise en charge ?

L’aide juridictionnelle, avec une prise en charge totale ou partielle selon les revenus
La protection juridique, avec une prise en charge identique pour tous les revenus
L’aide juridictionnelle, avec le paiement des seuls frais du procès
La commission d’office, avec une prise en charge liée au résultat de l’affaire

L’aide juridictionnelle, avec une prise en charge totale ou partielle selon les revenus

Explication

L’aide juridictionnelle permet à l’État de prendre en charge totalement ou partiellement, selon les revenus, la rétribution de l’avocat et les frais du procès des personnes aux ressources modestes. La limiter aux frais du procès omet les honoraires de l’avocat ; la prise en charge ne suit pas une formule identique pour tous.

71. Un associé d’un cabinet découvre que le dossier proposé à un autre associé crée un conflit d’intérêts. Quelle conduite s’impose en principe ?

Refuser le dossier ou s’en dessaisir, le conflit affectant en principe toute la structure
Transférer le dossier à un autre associé après avoir informé le client
Maintenir le dossier dans le cabinet si un autre associé le traite
Suspendre le dossier jusqu’à ce que les intérêts des clients convergent

Refuser le dossier ou s’en dessaisir, le conflit affectant en principe toute la structure

Explication

En cas de conflit d’intérêts, l’avocat doit refuser le dossier ou s’en dessaisir ; en principe, le conflit d’un associé affecte toute la structure d’exercice. Le transférer simplement à un autre associé ignore cet effet collectif, et la seule information du client ne remplace pas le devoir de déport.

72. Lors d’obsèques, un avocat assiste à la cérémonie en qualité de membre de la profession. Quelle règle s’applique au port de la robe ?

La robe se porte seulement lors d’une audience devant une juridiction
La robe se porte aux obsèques de toute personne proche d’un avocat
La robe se porte aux obsèques d’un confrère
La robe se porte aux cérémonies privées organisées par le barreau

La robe se porte aux obsèques d’un confrère

Explication

Le port de la robe est prévu aux obsèques d’un confrère, comme au palais, devant toute juridiction, en instance disciplinaire et lors de manifestations officielles de la profession. Le limiter aux audiences écarte les cérémonies professionnelles concernées, tandis que l’étendre à toute cérémonie privée n’est pas la règle.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur Culture juridique et institutions.

Que permet la sécurité juridique grâce à des normes claires et stables ?

Déterminer ce que le droit applicable autorise ou interdit.

Qu’est-ce que l’État de droit ?

Un système où la puissance publique est soumise au droit, selon une hiérarchie des normes, l’égalité devant le droit et le contrôle de juges indépendants.

Quelle décision de la Cour de cassation est associée à la délégation de pouvoirs ?

Cass. crim., 11 mars 1993.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Culture juridique et institutions.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM