📌 La CECA supprime les droits de douane entre les États membres et interdit les subventions et aides étatiques susceptibles de fausser la concurrence.
Coopération sectorielle → institution supranationale → intégration politique
Rome → Acte unique → Maastricht
📌 L’intégration économique combine des actions négatives, qui suppriment les entraves nationales, et des actions positives, qui harmonisent les législations et mettent en place des politiques communes.
📌 L’article 26 TFUE définit le marché intérieur comme un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée.
Libre-échange → union douanière → marché commun → UEM
★ À maîtriser
Le modèle de décentralisation laisse aux États une liberté de régulation sous réserve du respect du droit supranational, tandis que le modèle de centralisation repose sur l’harmonisation européenne.
Le principe de non-discrimination à raison de la nationalité impose que les ressortissants des autres États membres bénéficient d’un traitement équivalent à celui des nationaux.
Le critère de l’accès au marché permet de sanctionner toute mesure nationale qui empêche ou gêne l’accès au marché d’un autre État membre, même sans discrimination directe.
Les quatre libertés de circulation concernent :
Compléments
L’article 119 TFUE fonde l’Union sur une économie de marché ouverte où la concurrence est libre.
La libre circulation des capitaux est la seule des quatre libertés qui s’applique également aux échanges avec les pays tiers.
Décentralisation et concurrence versus centralisation et harmonisation
★ À maîtriser
📌 Les stupéfiants et la fausse monnaie sont exclus de la notion de marchandise parce qu’ils sont intrinsèquement illicites dans les États membres, même lorsqu’une tolérance nationale existe.
📌 Les États peuvent restreindre la circulation des armes, munitions et matériels de guerre pour protéger leurs intérêts essentiels de sécurité au titre de l’article 346, paragraphe 2, TFUE, sous le contrôle de la CJUE.
Compléments
📌 Les produits de contrebande restent des marchandises, car c’est l’opération de vente qui est illicite et non nécessairement le produit lui-même. - CJCE, Goodwin, 28 mai 1998
Les marchandises comprennent notamment :
Les déchets, y compris les déchets non recyclables, sont des marchandises lorsqu’ils sont évaluables en argent et font l’objet d’une transaction commerciale. - CJCE, 1990
L’article 13 TFUE impose de tenir compte du bien-être animal, ce qui peut justifier certaines restrictions nationales à la libre circulation des animaux.
Marchandise licite et échangeable versus produit hors commerce
★ À maîtriser
Lorsqu’une mesure affecte principalement la circulation d’un bien matériel, les règles relatives aux marchandises s’appliquent, tandis que les règles relatives aux services s’appliquent lorsque la prestation est principalement affectée.
Les pièces ayant encore cours légal sont des moyens de paiement relevant de la libre circulation des capitaux, tandis que les pièces démonétisées relèvent de la libre circulation des marchandises.
L’article 57 TFUE réserve la libre prestation de services aux prestations fournies normalement contre rémunération qui ne relèvent pas déjà de la libre circulation des marchandises, des capitaux ou des personnes.
Les produits de contrebande restent des marchandises lorsque leur nature permet leur intégration dans le circuit économique licite, car seule l’opération de vente illicite est exclue. - CJCE, 28 mai 1998, aff. C-3/97, Goodwin, 28 mai 1998
Compléments
📌 Une mesure peut relever simultanément de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services lorsque le décodeur constitue une marchandise et que la réception des programmes télévisés constitue un service. - CJCE, 22 janv. 2002, Canal Satellite Digital, 22 janv. 2002
Marchandise matérielle, service immatériel : la Cour regarde ce qui est principalement affecté
★ À maîtriser
Les règles de libre circulation des marchandises s’imposent à toutes les autorités publiques, y compris les pouvoirs législatif, réglementaire, juridictionnel et les autorités locales. - CJCE, 2001, De Coster, 2001
La responsabilité de l’État peut être engagée lorsqu’une législation, une réglementation ou une jurisprudence nationale crée une entrave discriminatoire à la libre circulation des marchandises.
L’abstention d’un État face à des actions privées entravant les échanges peut constituer une violation de la libre circulation des marchandises, car l’État doit prendre les mesures nécessaires pour assurer cette liberté. - CJCE, 9 décembre 1997, « la guerre des fraises », 9 décembre 1997
Une entrave imputable à l’État peut être justifiée lorsque celui-ci met en balance la libre circulation des marchandises avec des libertés fondamentales de même valeur et respecte le principe de proportionnalité. - CJCE, Schmidberger, 2003
Les trois indices sont :
Compléments
📌 La responsabilité de l’État peut être engagée pour une violation du droit de l’Union commise par une juridiction nationale, quelle que soit la nature de l’institution à l’origine du préjudice. - CJCE, 30 sept. 2003, aff. C-224/01, Köbler, 30 sept. 2003
📌 L’État peut être responsable du comportement d’une personne privée lorsqu’il en tire directement avantage, même sans lien organique ou fonctionnel avec cette personne. - CJCE, 11 aout 1995, Dubois Cargo C/ Garonor, 11 aout 1995
Pouvoir public ou inertie étatique → imputabilité à l’État
★ À maîtriser
📌 Les régions ultrapériphériques font partie du territoire de l’Union avec des adaptations possibles, tandis que les pays et territoires d’outre-mer sont seulement associés à l’Union et n’en font pas partie territorialement.
📌 Une marchandise est originaire d’un pays lorsqu’elle y est entièrement obtenue ou lorsqu’elle y a subi sa dernière transformation substantielle, laquelle doit créer un produit nouveau ou correspondre à un stade de fabrication important.
Compléments
Le code des douanes de l’Union, établi par le règlement 952/2013/UE, fixe les règles et procédures générales applicables aux marchandises entrant ou sortant du territoire douanier de l’Union.
Le transit externe concerne les produits de pays tiers destinés à un autre pays tiers, tandis que le transit interne concerne les marchandises de l’Union traversant temporairement un pays tiers sans changement de statut douanier.
Origine juridique ≠ provenance factuelle
★ À maîtriser
📌 La libre circulation des marchandises exige que les marchandises se trouvent sur le territoire douanier européen et qu’un lien de rattachement au droit de l’Union existe par un mouvement entre États membres.
📌 Les règles de libre circulation des marchandises ne s’appliquent en principe pas aux situations purement internes, qui relèvent de la compétence de l’État membre concerné.
Compléments
📌 L’origine d’une marchandise désigne son rattachement juridique déterminé par les règles douanières, tandis que sa provenance désigne seulement le lieu d’où elle arrive.
📌 Une réglementation nationale discriminatoire peut provoquer une discrimination à rebours lorsque les produits étrangers bénéficient de la libre circulation tandis que les produits nationaux restent soumis à la réglementation nationale.
Échange entre États membres ≠ situation purement interne
📌 Dans Waterkeyn, la Cour précise que la condamnation de la France ne concerne que le traitement des produits importés et les entraves aux échanges, de sorte que la réglementation peut continuer à s’appliquer aux produits français. - CJCE, 1982
📌 L’article 18 TFUE ne permet pas d’interdire les discriminations à rebours, car il garantit aux ressortissants d’un État membre l’égalité de traitement avec les nationaux de l’État d’accueil. - CJCE, Oebel, 1981
Échange transfrontalier = droit de l’Union ; litige cantonné à un État = droit national
★ À maîtriser
Dans Legros, la Cour considère qu’une taxe perçue lorsqu’une marchandise franchit une frontière régionale constitue une taxe d’effet équivalent interdite par l’article 30 TFUE, même si la marchandise reste à l’intérieur d’un même État membre. - CJUE, 1992
Dans Lancry, la Cour applique le droit de l’Union à une taxe frappant une marchandise française introduite dans une autre partie du territoire français, en raison de l’unicité du territoire douanier communautaire. - CJCE, 1994
Dans Guimont, la Cour juge que le droit de l’Union ne s’applique pas directement à une situation purement interne indistinctement applicable, mais accepte de répondre à la question préjudicielle si sa réponse peut aider le juge national à appliquer son droit interne conformément au droit de l’Union. - CJCE, Jean-Pierre Guimont, 2000
🔄 La jurisprudence suit une progression :
Compléments
📌 Dans Karner, la Cour accepte de répondre à une question préjudicielle dans un litige purement interne, mais constate sur le fond que la mesure indistinctement applicable ne constitue pas une mesure d’effet équivalent puisqu’elle affecte de la même manière les produits nationaux et importés. - CJCE, 2004
Taxes régionales, communales, puis entraves potentielles
📌 L’interdiction des droits de douane et des taxes d’effet équivalent produit un effet direct, de sorte que les particuliers peuvent invoquer devant les juridictions nationales le droit de ne pas acquitter ces taxes. - CJCE, Van Gend en Loos, 5 fév. 1963
DD–TEE–II : droits de douane, taxes d’effet équivalent, impositions intérieures
★ À maîtriser
Une taxe d’effet équivalent frappe une marchandise en raison du franchissement d’une frontière, tandis qu’une imposition intérieure relève d’un régime général appliqué systématiquement aux produits nationaux et importés selon des critères objectifs indépendants de leur origine. - CJCE, Marimex
L’interdiction des taxes d’effet équivalent est absolue : les États ne peuvent pas la justifier par la protection du patrimoine culturel, des raisons sociales, une taxe phytosanitaire ou la protection de l’environnement.
Les impositions intérieures sont en principe licites, mais les articles 110 et 111 TFUE interdisent qu’elles traitent plus défavorablement les produits importés ou exportés que les produits nationaux comparables.
Une redevance pour service rendu échappe à la qualification de taxe d’effet équivalent seulement si elle rémunère un service effectif, facultatif, procurant un avantage individuel et spécifique, et proportionné au service rendu.
Compléments
📌 Une redevance destinée à financer un contrôle imposé par le droit de l’Union peut être licite si le contrôle est obligatoire en vertu d’un acte de l’Union, uniforme, justifié par l’intérêt général de l’Union et financé par une redevance ne dépassant pas son coût réel. - CJCE, Bauhuis
Frontière = TEE interdite ; service réel, facultatif, individuel et proportionné = redevance possible
★ À maîtriser
📌 L’article 110, alinéa 1, TFUE interdit d’imposer plus lourdement les produits importés que les produits nationaux similaires.
📌 Une imposition intérieure est discriminatoire lorsque son taux, son assiette ou ses modalités de perception défavorisent les produits importés par rapport aux produits nationaux similaires, même si le taux nominal est identique. - CJCE, Kalinchev, 3 juin 2010
Compléments
★ À maîtriser
📌 L’article 110, alinéa 2, TFUE interdit les impositions intérieures qui protègent indirectement d’autres productions nationales en frappant plus lourdement des produits importés concurrents.
Compléments
📌 Une mesure fiscale peut être interdite comme protectrice dès lors qu’elle est susceptible d’entraîner un effet protecteur, sans qu’il soit nécessaire de prouver statistiquement cet effet.
Taxation plus lourde → protection indirecte de la production nationale
★ À maîtriser
📌 Le principe d’équivalence exige que les règles procédurales applicables aux recours fondés sur le droit de l’Union ne soient pas moins favorables que celles applicables aux recours similaires de droit interne. - CJCE
📌 Le principe d’effectivité interdit des modalités nationales qui rendent impossible ou excessivement difficile l’exercice du droit à répétition de l’indu.
Compléments
📌 Il n’existe pas de droit à répétition de l’indu lorsque l’opérateur économique a répercuté la charge sur le consommateur, car son remboursement provoquerait un enrichissement sans cause. - CJCE, Hans Just, 1980
Primauté → remboursement → équivalence et effectivité
Selon Keck et Mithouard, les règles relatives aux caractéristiques du produit constituent des MEE, tandis que les modalités de vente échappent à cette qualification si elles s’appliquent à tous les opérateurs et affectent de la même manière les produits nationaux et importés. - CJCE, 1993
L’ordre public et la sécurité publique sont des fonctions essentielles de l’État au sens de l’article 4, paragraphe 2, du TFUE, mais leur invocation est rarement admise par la Cour.
Les exigences impératives d’intérêt général peuvent justifier les mesures indistinctement applicables, tandis que les dérogations de l’article 36 TFUE justifient les mesures d’effet équivalent aux restrictions quantitatives.
L’harmonisation exhaustive dessaisit les États membres dans les domaines réglementés, tandis que l’harmonisation partielle leur permet de conserver leurs compétences dans les domaines non harmonisés.
Une mesure indistinctement applicable aux produits nationaux et importés peut constituer une MEE lorsqu’elle impose des exigences disproportionnées ou rend plus difficile l’accès au marché des produits importés. - CJCE, Cassis de Dijon, 1979
L’article 36 TFUE autorise exceptionnellement des mesures entravantes justifiées par des raisons limitativement énumérées d’intérêt général, notamment la moralité publique, l’ordre public, la sécurité publique, la santé et la vie des personnes, ainsi que la protection de la propriété industrielle et commerciale.
Les objectifs exclusivement économiques, comme la baisse des dépenses publiques ou la survie d’une entreprise, ne peuvent pas justifier une MEE, sauf s’ils sont indissociables d’une exigence d’intérêt général incontestable. - CJCE
Les dérogations de l’article 36 TFUE sont d’interprétation stricte et ne doivent constituer ni une discrimination arbitraire ni une restriction déguisée au commerce entre les États membres. - CJCE
La justification fondée sur la moralité publique doit être appliquée de manière non discriminatoire et cohérente : un État ne peut interdire l’importation d’un produit qu’il autorise à fabriquer et commercialiser sur son territoire.
La sécurité publique, qui comprend la sécurité intérieure et la sécurité extérieure, ne peut justifier une restriction que si une menace réelle, actuelle et suffisamment grave affecte un intérêt fondamental de la société.
La Cour peut mettre en balance une liberté de circulation et un droit fondamental lorsque la protection de ce droit justifie une restriction, les deux ayant la même valeur juridique et la restriction devant rester proportionnée.
Un État membre ne peut invoquer l’article 36 TFUE ou une exigence impérative d’intérêt général lorsqu’une norme européenne a procédé à une harmonisation exhaustive du domaine concerné.
Restriction quantitative = limitation en volume ; MEE = entrave fonctionnelle aux échanges
| Étape | Éléments principaux |
|---|---|
| Zone de libre-échange | Suppression des droits de douane internes ; tarifs extérieurs nationaux |
| Union douanière | Droits internes supprimés ; tarif extérieur commun |
| Marché commun | Libre circulation des marchandises et des facteurs de production |
| Union économique et monétaire | Monnaie unique et coordination des politiques économiques |
| Régime | Origine ou destination | Effet |
|---|---|---|
| Originaire de l’Union | Obtenue ou substantiellement transformée dans un État membre | Bénéficie de la libre circulation |
| Libre pratique | Produit tiers ayant accompli les formalités et payé les droits | Assimilation aux produits des États membres |
| Transit externe | Produit tiers destiné à un autre pays tiers | Pas de droits de douane pour l’entrée sur le marché de l’Union |
| Transit interne | Marchandise de l’Union traversant temporairement un pays tiers | Conservation du statut douanier européen |
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