QCM : Droit constitutionnel et Ancien Régime (43 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel type de règle appartient à l’ensemble des règles et principes qui constituent le droit ?

Une règle sociale
Une norme juridique
Une règle religieuse
Une règle morale

Une norme juridique

Explication

Une norme juridique est une règle ou un principe juridique appartenant à l’ensemble qui constitue le droit. Une règle morale, une règle sociale ou une règle religieuse ne relève pas, de ce seul fait, du droit.

2. Une conductrice s’arrête à un feu rouge parce qu’une règle lui interdit de le franchir. De quel type de règle s’agit-il ?

D’une norme juridique
D’une norme sociale
D’une norme religieuse
D’une norme morale

D’une norme juridique

Explication

L’interdiction de franchir un feu rouge est une norme juridique qui impose un comportement aux automobilistes. La norme sociale relève des usages, la norme religieuse des prescriptions religieuses et la norme morale d’un jugement moral.

3. Un agent des impôts ordonne à une personne de payer un impôt en application d’une loi. Quel élément fonde la validité de cet ordre ?

La loi qui habilite l’agent à percevoir l’impôt
La Constitution prise comme ordre direct à cette personne
La volonté de la personne qui doit payer
La fonction publique exercée par l’agent

La loi qui habilite l’agent à percevoir l’impôt

Explication

La validité du commandement de l’agent repose sur sa conformité à la loi qui lui ordonne de percevoir les impôts. La fonction de l’agent ne suffit pas sans ce fondement légal, et le commandement découle de la loi plutôt que de la volonté du contribuable ou d’un ordre direct de la Constitution.

4. Dans la hiérarchie des normes présentée pour la France, quel rang vient immédiatement après la Constitution ?

Les règlements autonomes
Les règlements d’exécution des lois
La loi
Les traités internationaux et le droit de l’Union européenne

Les traités internationaux et le droit de l’Union européenne

Explication

Après la Constitution viennent les traités internationaux et le droit de l’Union européenne, puis la loi et les catégories de règlements. Placer la loi ou les règlements immédiatement sous la Constitution omet le rang des normes internationales et européennes.

5. Quelles règles composent le droit constitutionnel au sens matériel ?

Les règles qui déterminent la procédure d’adoption des lois
Les règles portant sur la protection des libertés individuelles
Les normes qui occupent le sommet de la hiérarchie juridique
Les règles relatives à l’organisation de l’État et à la limitation de son pouvoir

Les règles relatives à l’organisation de l’État et à la limitation de son pouvoir

Explication

Au sens matériel, le droit constitutionnel réunit les règles qui organisent l’État et limitent son pouvoir. La hiérarchie renvoie à la définition formelle, la protection des libertés est ici trop restreinte et la procédure législative ne définit pas à elle seule ce domaine.

6. Au XVIIIe siècle, quelle idée du constitutionnalisme justifie l’adoption de règles appelées constitutions ?

La garantie des libertés exige de limiter le pouvoir par des règles
La limitation du pouvoir réduit la garantie des libertés
La garantie des libertés exige de renforcer le pouvoir politique
La constitution vise à supprimer les libertés au profit de l’État

La garantie des libertés exige de limiter le pouvoir par des règles

Explication

Le constitutionnalisme du XVIIIe siècle part de l’opposition entre pouvoir et liberté : garantir les libertés implique de limiter le pouvoir par des règles. Le renforcement du pouvoir inverse cette logique, tandis que les deux autres réponses déforment le lien entre pouvoir et libertés.

7. Une juriste classe les normes selon leur place dans la hiérarchie juridique. Quelle définition formelle du droit constitutionnel doit-elle retenir ?

L’ensemble des normes qui occupent le rang des lois ordinaires
L’ensemble des règles relatives à l’organisation de l’État
L’ensemble des normes qui occupent le sommet de la hiérarchie juridique
L’ensemble des règles qui limitent le pouvoir politique de l’État

L’ensemble des normes qui occupent le sommet de la hiérarchie juridique

Explication

La définition formelle identifie les normes constitutionnelles par leur place au sommet de la hiérarchie juridique. L’organisation de l’État et la limitation de son pouvoir relèvent de l’approche matérielle, tandis que les lois ordinaires ne sont pas au sommet.

8. Une loi ordinaire tente de modifier une règle constitutionnelle sans suivre la procédure spéciale de révision. Quel principe s’applique ?

La modification est impossible sans la procédure spéciale de révision
La modification est valable si les deux normes ont le même objet
La modification est valable dès que la loi ordinaire est adoptée
La modification suit la procédure ordinaire applicable aux autres normes

La modification est impossible sans la procédure spéciale de révision

Explication

Les normes constitutionnelles sont supérieures aux normes ordinaires et ne peuvent être modifiées que selon une procédure spéciale. L’égalité hiérarchique, l’identité d’objet ou la procédure législative ordinaire ne permettent donc pas à une loi ordinaire de modifier la Constitution.

9. Dans une hiérarchie juridique, quel statut la Constitution occupe-t-elle à l’égard des autres normes et de son propre fondement ?

Elle est fondée par une loi ordinaire qui lui est subordonnée
Elle fonde les lois, mais pas les autres catégories de normes juridiques
Elle fonde juridiquement les autres normes sans reposer sur une norme supérieure
Elle est fondée par une norme juridique supérieure à elle-même

Elle fonde juridiquement les autres normes sans reposer sur une norme supérieure

Explication

La Constitution est le fondement juridique ultime des normes et ne repose elle-même sur aucune norme juridique supérieure. Une norme supérieure ou une loi ordinaire ne peut donc la fonder, et son rôle de fondement ne se limite pas aux seules lois.

10. Une règle figure dans la Constitution, mais ne concerne pas l’organisation de l’État. Quelle conclusion distingue correctement les définitions formelle et matérielle ?

Elle relève des deux définitions puisque celles-ci coïncident nécessairement
Elle ne peut être formellement constitutionnelle si elle ne concerne pas l’État
Elle est matériellement constitutionnelle dès qu’elle figure dans la Constitution
Elle peut être formellement constitutionnelle sans l’être matériellement

Elle peut être formellement constitutionnelle sans l’être matériellement

Explication

Les définitions formelle et matérielle ne coïncident pas nécessairement : une règle peut être constitutionnelle par sa forme sans porter sur l’organisation de l’État. L’inscription dans la Constitution ne suffit donc pas à en faire une règle matériellement constitutionnelle.

11. Quel principe caractérise l’absolutisme royal dans l’Ancien Régime ?

Le roi reçoit son pouvoir d’une élection régulière
Le roi détient un pouvoir absolu en tant que souverain
Le roi partage la souveraineté avec ses sujets
Le roi exerce un pouvoir limité par des représentants élus

Le roi détient un pouvoir absolu en tant que souverain

Explication

L’absolutisme royal désigne le principe selon lequel le roi détient un pouvoir absolu en qualité de souverain. La souveraineté partagée, le pouvoir limité par des représentants et l’élection royale correspondent à des conceptions différentes.

12. Un roi édicte une nouvelle ordonnance pour fixer une règle applicable dans son royaume. Quel attribut de souveraineté exerce-t-il ainsi ?

Le pouvoir judiciaire, qui tranche les litiges du royaume
Le pouvoir monétaire, qui règle la circulation des espèces
Le pouvoir diplomatique, qui déclare la guerre ou fait la paix
Le pouvoir législatif, acte de souveraineté par excellence

Le pouvoir législatif, acte de souveraineté par excellence

Explication

Le pouvoir législatif est présenté comme le premier acte de souveraineté et l’acte de souveraineté par excellence. Rendre justice relève du pouvoir judiciaire, battre monnaie du pouvoir monétaire, et déclarer la guerre ou faire la paix d’un autre attribut de souveraineté.

13. Quelle conséquence les lois fondamentales du royaume ont-elles sur le pouvoir royal ?

Elles permettent au roi de modifier les règles fondamentales à volonté
Elles limitent le pouvoir royal, et le roi est dans l’impuissance de les violer
Elles transfèrent le pouvoir royal à l’ensemble des sujets du royaume
Elles conseillent le roi sans restreindre l’exercice de son pouvoir

Elles limitent le pouvoir royal, et le roi est dans l’impuissance de les violer

Explication

Les lois fondamentales limitent le pouvoir royal, et le roi est décrit comme étant dans l’impuissance de les violer. Un transfert de souveraineté, une faculté de les modifier à volonté ou leur caractère simplement consultatif ne traduit pas cette limitation.

14. Un roi doit être désigné après son père ; deux fils peuvent prétendre à la couronne. Quelle règle détermine leur rang de succession ?

La succession, selon l’ancienneté du fils cadet
La succession, selon l’élection des sujets du royaume
La loi salique, selon la primogéniture masculine
La loi salique, selon le choix du roi régnant

La loi salique, selon la primogéniture masculine

Explication

La loi salique transmet la couronne de mâle en mâle selon l’ordre de primogéniture : parmi les fils, le rang dépend donc de l’aînesse. Le choix du roi ou l’élection des sujets ne remplace pas cette règle, et le fils cadet ne passe pas devant l’aîné.

15. Un roi souhaite désigner un héritier qui n’est pas le successeur prévu par les règles, puis lui transférer définitivement ses pouvoirs. Quel principe s’y oppose ?

La catholicité du monarque
L’indisponibilité de la couronne
L’inaliénabilité du domaine de la couronne
La souveraineté législative du roi

L’indisponibilité de la couronne

Explication

L’indisponibilité de la couronne interdit au roi de choisir son successeur et de transférer définitivement ses pouvoirs à un autre. L’inaliénabilité concerne les biens de la couronne, la catholicité la confession du monarque, et le pouvoir législatif la production de la loi.

16. Quels groupes composent les États généraux ?

La noblesse, la bourgeoisie et les cours souveraines
Le clergé, les officiers royaux et le tiers état
La noblesse, le clergé et le tiers état
La noblesse, le clergé et les magistrats royaux

La noblesse, le clergé et le tiers état

Explication

Les États généraux réunissent les trois ordres de la société : noblesse, clergé et tiers état. La bourgeoisie ne remplace pas un ordre distinct, les officiers royaux ne constituent pas un ordre et les magistrats ne se substituent pas au tiers état.

17. Un roi refuse de réunir les États généraux alors que ceux-ci revendiquent un rôle dans la décision fiscale. Quel obstacle institutionnel explique qu’ils ne puissent se réunir de leur propre initiative ?

La réunion dépend d’une décision commune des trois ordres
La réunion dépend de l’accord du Parlement de Paris
La réunion dépend de l’autorisation du Conseil du Roi
La réunion dépend de la convocation royale

La réunion dépend de la convocation royale

Explication

Les États généraux revendiquent le droit de consentir à l’impôt, mais leur réunion dépend du roi, qui les convoque. Le consentement fiscal ne leur donne pas le pouvoir de convoquer la réunion ; le Parlement et les trois ordres ne disposent pas de cette prérogative.

18. Dans une contestation de l’absolutisme, un groupe veut s’appuyer sur les États généraux, tandis qu’un autre privilégie les Parlements. Quelle attribution distingue correctement ces deux stratégies ?

Les monarchomaques privilégient les États généraux, l’aristocratie libérale les Parlements
Les monarchomaques privilégient les Parlements, l’aristocratie libérale les États généraux
Les monarchomaques privilégient les États généraux, l’aristocratie libérale le Conseil du Roi
Les monarchomaques privilégient le Conseil du Roi, l’aristocratie libérale les États généraux

Les monarchomaques privilégient les États généraux, l’aristocratie libérale les Parlements

Explication

Les monarchomaques veulent limiter le pouvoir royal en s’appuyant sur les États généraux, tandis que l’aristocratie libérale privilégie les Parlements. L’inversion attribue à chaque courant la stratégie de l’autre, et le Conseil du Roi n’est pas l’institution retenue par ces deux positions.

19. Quelle fonction caractérisait le Parlement de Paris à ses débuts, lorsqu’il émanait de la cour du roi ?

Rendre la justice au nom du roi dans les affaires civiles et criminelles
Consentir à l’impôt au nom des trois ordres du royaume
Représenter les trois ordres auprès du roi dans les affaires du royaume
Édicter les lois générales au nom du roi et des trois ordres

Rendre la justice au nom du roi dans les affaires civiles et criminelles

Explication

Le Parlement de Paris reçoit une délégation judiciaire et statue au nom du roi sur les affaires civiles et criminelles. Le consentement à l’impôt relève d’une revendication des États généraux ; la fonction législative générale et la représentation des ordres ne définissent pas sa mission initiale.

20. Le roi promulgue un édit, mais le Parlement ne l’a pas encore enregistré. Quelle conséquence en découle pour l’application de cet édit ?

L’édit est exécutoire dès que le Parlement formule des remontrances
L’édit est exécutoire après son examen par le Conseil du Roi
L’édit est exécutoire dès sa promulgation royale
L’édit n’est pas encore exécutoire

L’édit n’est pas encore exécutoire

Explication

Les ordonnances et les édits du roi ne deviennent exécutoires qu’après leur enregistrement par les Parlements. La promulgation seule ne suffit pas, et les remontrances comme l’examen par le Conseil du Roi ne remplacent pas l’enregistrement parlementaire.

21. Un Parlement présente ses observations sur un édit soumis à l’enregistrement afin d’en contester l’enregistrement. Comment cette démarche est-elle appelée ?

Une cassation
Un enregistrement
Des remontrances
Un lit de justice

Des remontrances

Explication

Les remontrances sont les observations formulées par les Parlements sur les textes soumis à enregistrement et permettent d’exprimer leur refus d’enregistrement. L’enregistrement est l’acte contesté, le lit de justice est un moyen royal d’imposer l’enregistrement et la cassation concerne une décision judiciaire.

22. Quelle mesure figure dans la déclaration adoptée par le Parlement de Paris en 1648 ?

L’abolition des remontrances parlementaires
Le rétablissement des édits de Maupeou
L’abolition des lettres de cachet
La suppression du consentement à l’impôt

L’abolition des lettres de cachet

Explication

La déclaration de 1648, composée de 27 articles, réaffirme des libertés essentielles, proclame l’abolition des lettres de cachet et revendique le consentement à l’impôt. Elle ne supprime pas les remontrances, ne rétablit pas les édits de Maupeou et ne rejette pas le consentement fiscal.

23. En 1774, Louis XVI revient sur les édits de Maupeou et rétablit l’état antérieur. Quelle évolution politique cette décision contribue-t-elle à entraîner ?

La défaite du Parlement pendant la Fronde ouvre le processus révolutionnaire
La résistance parlementaire mène à la convocation des États généraux et au processus révolutionnaire
La résistance parlementaire s’achève et l’autorité royale n’est plus contestée
La déclaration de 1648 entraîne immédiatement la convocation des États généraux

La résistance parlementaire mène à la convocation des États généraux et au processus révolutionnaire

Explication

En revenant sur les édits de Maupeou en 1774, Louis XVI rétablit l’état antérieur ; la résistance des Parlements conduit ensuite à la convocation des États généraux et au processus révolutionnaire. Cette séquence ne signifie pas la fin de la résistance, et ni la déclaration de 1648 ni la défaite lors de la Fronde ne correspondent à la convocation de 1789.

24. Quelles idées politiques des Lumières ont notamment servi d’assise à la Révolution ?

Le contrat social et la concentration des pouvoirs
Le droit divin et la séparation des pouvoirs
La souveraineté monarchique et le droit divin
Le contrat social et la séparation des pouvoirs

Le contrat social et la séparation des pouvoirs

Explication

Le contrat social et la séparation des pouvoirs figurent parmi les idées des Lumières qui ont servi d’assise à la Révolution. Le droit divin et la souveraineté monarchique renvoient à la légitimation monarchique, tandis que la concentration des pouvoirs s’oppose à leur séparation.

25. Des philosophes souhaitent réformer la monarchie sans abolir l’Ancien Régime, mais la monarchie ne parvient pas à se réformer. Quel lien entre ces idées et la Révolution en découle ?

Leurs idées contribuent à la Révolution malgré leur projet de réforme
Leurs idées restent sans effet sur la Révolution malgré l’échec des réformes
Leurs idées conduisent à la Révolution parce qu’ils veulent abolir la monarchie
Leurs idées perdent leur rôle révolutionnaire puisque la monarchie se réforme

Leurs idées contribuent à la Révolution malgré leur projet de réforme

Explication

Les philosophes des Lumières souhaitaient réformer la monarchie, et non mettre fin à l’Ancien Régime ; l’incapacité monarchique à se réformer a néanmoins contribué à la Révolution. Vouloir abolir la monarchie confond leur objectif avec la conséquence, tandis que le succès des réformes et l’absence d’influence contredisent le lien décrit.

26. Une théorie affirme que les individus forment la société par leur accord, tandis qu’une autre soutient que l’homme est naturellement un animal politique et que la société le constitue. Quelle conception correspond au contrat social ?

Les individus sont naturellement définis par la vie politique
Les individus sont les créateurs de la société
Le pouvoir monarchique crée les individus et la société
La société constitue pleinement les individus

Les individus sont les créateurs de la société

Explication

La philosophie du contrat social fait des individus les créateurs de la société, à l’inverse de la conception attribuée à Aristote. Dire que la société constitue les individus reprend cette conception opposée ; la référence au pouvoir monarchique ne décrit pas cette distinction.

27. Un penseur décrit l’état de nature comme un chaos où chacun est en guerre contre tous, tandis qu’un autre estime que cet état n’est pas chaotique. Quelle attribution est correcte ?

Le chaos est associé à Locke, pas à Hobbes
Le chaos est associé de la même façon à Hobbes et à Locke
Le chaos est associé à Hobbes, pas à Locke
Ni Hobbes ni Locke ne décrivent l’état de nature comme chaotique

Le chaos est associé à Hobbes, pas à Locke

Explication

Hobbes décrit l’état de nature comme une guerre de tous contre tous, alors que Locke ne le considère pas comme un état de chaos. L’attribution du chaos à Locke inverse leurs positions ; l’affirmer pour les deux ou pour aucun efface la distinction.

28. Dans un scénario inspiré de Hobbes, des individus égaux transfèrent leurs droits naturels à un corps public pour assurer leur survie. Quelle conséquence caractérise ce contrat ?

Une conservation des droits fondamentaux limitant le pouvoir du corps public
Une remise des droits à un souverain extérieur au corps public
Une aliénation totale fondant un pouvoir totalitaire, figuré par le Léviathan
Une aliénation partielle fondant un pouvoir soumis à la volonté de chaque individu

Une aliénation totale fondant un pouvoir totalitaire, figuré par le Léviathan

Explication

Chez Hobbes, le transfert des droits naturels à un corps public pour survivre fonde une aliénation totale et un pouvoir totalitaire symbolisé par le Léviathan. La conservation de droits opposables au pouvoir relève de Locke ; l’aliénation partielle et le souverain extérieur ne correspondent pas à cette conception.

29. Une communauté conclut un contrat social pour mieux vivre, mais ses membres conservent des droits naturels qu’ils peuvent opposer au pouvoir. Quelle pensée cela illustre-t-il ?

La conception de Thomas Hobbes
La conception de Jean-Jacques Rousseau
La conception de John Locke
La conception attribuée à Aristote

La conception de John Locke

Explication

Pour Locke, le contrat social vise à mieux vivre et les individus gardent des droits fondamentaux issus de la nature, opposables au pouvoir. Le transfert total des droits renvoie à Hobbes ; la soumission à la volonté générale caractérise Rousseau, tandis que la conception d’Aristote porte sur le caractère naturellement politique de l’homme.

30. Dans une cité inspirée de Rousseau, les citoyens ne votent pas eux-mêmes les lois et laissent leurs délégués décider à leur place. Quelle condition de la liberté politique fait défaut ?

La délégation de la volonté générale aux représentants
La participation personnelle à la formation de la volonté générale
L’égalité des droits et des obligations entre citoyens
La garantie civile de la propriété par le contrat social

La participation personnelle à la formation de la volonté générale

Explication

Pour Rousseau, la liberté politique suppose que chacun participe personnellement à la formation de la volonté générale. La propriété civile relève du contrat social, l’égalité des droits découle de l’universalisme et la délégation aux représentants ne constitue pas cette participation directe.

31. En entrant dans le contrat social, qu’est-ce que les hommes abandonnent et qu’est-ce qu’ils obtiennent en échange, selon Rousseau ?

Ils perdent la liberté naturelle et obtiennent l’état de nature ainsi que la sécurité
Ils perdent la liberté civile et obtiennent la liberté naturelle ainsi que la propriété
Ils perdent la liberté naturelle et obtiennent la liberté civile ainsi que la propriété
Ils conservent l’état de nature et obtiennent la liberté civile ainsi que la propriété

Ils perdent la liberté naturelle et obtiennent la liberté civile ainsi que la propriété

Explication

Le contrat social fait quitter l’état de nature et implique la perte de la liberté naturelle, tout en garantissant la liberté civile et la propriété. La liberté civile n’est pas celle qui est abandonnée, et le contrat ne maintient pas les hommes dans l’état de nature.

32. Une société politique considère ses membres comme des individus identiques et leur reconnaît les mêmes droits et obligations. Quel lien doctrinal de Rousseau cette organisation illustre-t-elle ?

L’universalisme explique le régime représentatif
La liberté civile explique l’individualisme
L’individualisme explique l’universalisme
La propriété explique l’universalisme

L’individualisme explique l’universalisme

Explication

Chez Rousseau, l’individualisme explique l’universalisme : des individus considérés comme identiques ont les mêmes droits et obligations. Le régime représentatif concerne la délégation de la décision, tandis que la liberté civile et la propriété relèvent des garanties du contrat social.

33. Un juriste propose de répartir les pouvoirs de l’État afin d’empêcher qu’un pouvoir despotique ne s’impose. Quel objectif poursuit cette technique juridique ?

Condamner l’Ancien Régime
Garantir la propriété civile
Éviter le despotisme
Exprimer la volonté générale

Éviter le despotisme

Explication

La séparation des pouvoirs est une technique juridique dont le but est d’éviter le despotisme. L’expression de la volonté générale et la garantie de la propriété renvoient à la doctrine du contrat social, tandis que la condamnation de l’Ancien Régime est liée aux idées des Lumières et aux conflits avec les Parlements.

34. Quels deux philosophes des Lumières ont pensé l’idée de séparation des pouvoirs ?

Calonne et Brienne
Montesquieu et Calonne
Rousseau et Brienne
Montesquieu et Rousseau

Montesquieu et Rousseau

Explication

Montesquieu et Rousseau sont les deux philosophes des Lumières associés à l’idée de séparation des pouvoirs. Calonne et Brienne sont mentionnés comme contrôleurs généraux des finances, et leur rôle ne correspond pas à cette attribution doctrinale.

35. Un gouvernement royal fait face à des comptes déficitaires et les privilégiés rejettent les réformes fiscales proposées. Quelle conséquence historique découle de cette combinaison ?

Une réforme fiscale qui rétablit les comptes royaux
Une crise qui renforce durablement la monarchie
Une crise qui conduit à la chute de la monarchie
Une crise qui entraîne la suppression des États généraux

Une crise qui conduit à la chute de la monarchie

Explication

Le déficit des comptes royaux, aggravé par le refus des réformes fiscales par les privilégiés, déclenche une crise qui conduit à la chute de la monarchie. L’influence des États généraux attribue la conséquence à un autre événement, la mise en œuvre des réformes inverse le refus décrit, et la suppression des États généraux n’est pas la conséquence indiquée.

36. Lors d’une réunion à Versailles le 5 mai 1789, une délégation compte 300 députés pour chacun des deux ordres privilégiés. Combien de députés représentent alors le tiers état ?

1 200 députés
900 députés
300 députés
600 députés

600 députés

Explication

Les États généraux réunis à Versailles le 5 mai 1789 comptent 600 députés du tiers état et 300 pour chacun des deux ordres privilégiés. Le chiffre de 300 correspond à un ordre privilégié, 900 au total des deux ordres privilégiés, et 1 200 à l’ensemble des députés.

37. Dans la conception de Sieyès, qu’est-ce qui caractérise la nation ?

Une autorité politique créée par l’adoption d’une constitution
Un groupement d’hommes réunis par besoin et participant au bien collectif
Un groupement de privilégiés unis par la défense de leurs intérêts
Un ensemble d’individus réunis par leur obéissance au roi

Un groupement d’hommes réunis par besoin et participant au bien collectif

Explication

Pour Sieyès, la nation est un groupement d’hommes qui se rassemblent par besoin et participent tous au bien collectif. Les privilégiés renvoient à la conception qu’il critique, l’autorité créée par une constitution confond la nation avec la société politique, et l’obéissance au roi ne définit pas la nation dans cette théorie.

38. Une communauté nationale adopte une constitution et se dote alors d’une société politique. Dans la théorie de Sieyès, quel rapport chronologique cela illustre-t-il ?

La société politique précède la nation, qui naît avec la constitution
La constitution précède la nation, tandis que la société politique lui est antérieure
La nation et la société politique apparaissent simultanément avant la constitution
La nation précède la société politique, qui naît avec la constitution

La nation précède la société politique, qui naît avec la constitution

Explication

Pour Sieyès, la nation existe avant la société politique, laquelle apparaît lorsque la nation se dote d’une constitution. Faire précéder la nation par la société politique inverse cette relation, tandis que placer la constitution à l’origine de la nation ou avant la société politique contredit cet ordre.

39. Dans un débat sur la représentation, un groupe participe au bien collectif tandis que deux ordres défendent leurs intérêts personnels. Qui Sieyès considère-t-il comme constituant à lui seul la nation ?

Le clergé et le tiers état
Les deux ordres privilégiés
Le tiers état
Les trois ordres réunis

Le tiers état

Explication

Sieyès considère que le tiers état constitue à lui seul la nation parce que ses membres participent au bien collectif, contrairement aux ordres privilégiés qu’il accuse de poursuivre leurs intérêts personnels. Les ordres privilégiés ne peuvent donc être assimilés au tiers état, et l’inclusion de tous les ordres contredit sa thèse.

40. Une assemblée souhaite rédiger une constitution, mais la nation n’a pas confié ce pouvoir à ses représentants. Selon Sieyès, à qui appartient le pouvoir constituant ?

Aux ordres privilégiés, garants de l’organisation politique
Au roi, détenteur du pouvoir exécutif et constituant
Aux États généraux, compétents pour établir une constitution
À la nation, seule compétente pour établir une constitution

À la nation, seule compétente pour établir une constitution

Explication

Pour Sieyès, le pouvoir constituant appartient à la nation, seule compétente pour établir une constitution. Attribuer ce pouvoir aux États généraux, au roi ou aux ordres privilégiés revient à le confier à une autorité que sa règle ne désigne pas.

41. Quel auteur a théorisé l’absolutisme royal et développé la notion de souveraineté monarchique dans *Les Six Livres de la République* ?

Jean Bodin
Louis XV
Montesquieu
Étienne de La Boétie

Jean Bodin

Explication

Jean Bodin expose la souveraineté monarchique dans *Les Six Livres de la République*. Louis XV est associé à une déclaration sur la puissance souveraine, tandis que La Boétie et Montesquieu ne sont pas l’auteur cité pour cette théorie.

42. Après une longue interruption, Louis XVI convoque les États généraux en 1789. Quel événement cette convocation contribue-t-elle à déclencher ?

La première réunion des États généraux
La Révolution
La reprise régulière des réunions après 1614
La création des Parlements

La Révolution

Explication

La convocation des États généraux par Louis XVI en 1789 débouche sur la Révolution. La première réunion remonte à 1302, et la convocation de 1789 ne rétablit pas des réunions régulières ni ne crée les Parlements.

43. En pleine opposition des Parlements, quelle décision Louis XVI prit-il le 8 août 1788 pour chercher l’appui de la nation ?

Convoquer les Parlements afin de solliciter l’appui de la nation
Réunir immédiatement les États généraux, absents depuis 1614
Rétablir la réforme Lamoignon pour écarter les Parlements
Convoquer les États généraux, absents depuis 1614

Convoquer les États généraux, absents depuis 1614

Explication

Louis XVI convoqua les États généraux le 8 août 1788 afin de s’appuyer sur la nation contre la résistance des Parlements; la convocation ne signifie pas leur réunion immédiate.

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Qu’est-ce qu’une norme juridique ?

Une règle ou un principe appartenant à l’ensemble des règles et principes constituant le droit.

Sur quoi repose la validité d’une norme juridique ?

Sur sa conformité à une norme supérieure qui fonde sa valeur juridique.

Quelle norme se trouve au sommet de la hiérarchie présentée en France ?

La Constitution.

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