QCM : Droit constitutionnel et formes de l’État (37 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition de la constitution est attribuée à Alvaro D’Ors ?

L’ensemble des institutions qui dirigent l’État au quotidien
L’organisation des ministres placés sous l’autorité du chef du gouvernement
Le texte juridique qui énonce les règles d’un régime politique
La forme stable structurant un État doté d’un type déterminé de gouvernement

La forme stable structurant un État doté d’un type déterminé de gouvernement

Explication

Pour Alvaro D’Ors, la constitution est la forme stable par laquelle se structure un État doté d’un type déterminé de gouvernement. La réduire à un texte écrit confond la constitution avec une forme documentaire; le régime politique et les ministres relèvent d’autres notions.

2. Dans une analyse institutionnelle, on étudie toutes les institutions qui orientent et dirigent l’État, et non le seul cabinet ministériel : quel sens du mot « gouvernement » convient ?

Le sens américain, qui désigne l’administration des États
Le sens parlementaire réduit, qui désigne les ministres
Le sens large, qui désigne l’ensemble des institutions dirigeant l’État
Le type de gouvernement, qui correspond au régime politique

Le sens large, qui désigne l’ensemble des institutions dirigeant l’État

Explication

Au sens large, le gouvernement désigne l’ensemble des institutions qui guident et dirigent l’État. Le cabinet ministériel correspond au sens parlementaire réduit; le régime politique est le type de gouvernement, tandis que l’administration des États-Unis est un usage distinct.

3. Quelle conception Aristote défend-il de la vie en société ?

L’être humain vit en société parce qu’il ne peut transformer ses règles politiques
L’être humain fonde la société politique par un contrat volontaire
L’être humain choisit de quitter l’état de nature pour former une société politique
L’être humain est naturellement un animal politique fait pour vivre en société organisée

L’être humain est naturellement un animal politique fait pour vivre en société organisée

Explication

Pour Aristote, la sociabilité politique appartient à la nature humaine. L’idée d’une volonté de quitter l’état de nature est associée à Hobbes, Locke et Rousseau; l’incapacité à transformer les règles caractérise les sociétés animales, et le contrat volontaire n’est pas la thèse d’Aristote.

4. Un penseur explique que les humains, d’abord à l’état de nature, décident de vivre en société : à quelle conception cette explication correspond-elle ?

À l’approche aristotélicienne, qui explique la société par une décision collective
À l’approche d’Aristote, qui fait de la vie politique une disposition naturelle
À l’approche de Hobbes, Locke et Rousseau, fondée sur une volonté de quitter l’état de nature
À l’approche des sociétés animales, qui choisissent consciemment leurs institutions

À l’approche de Hobbes, Locke et Rousseau, fondée sur une volonté de quitter l’état de nature

Explication

Hobbes, Locke et Rousseau rattachent la société politique à la volonté de quitter l’état de nature, contrairement à la sociabilité naturelle d’Aristote. L’explication par une décision ne correspond donc pas à Aristote, et le choix conscient des institutions distingue les sociétés humaines des sociétés animales.

5. Une communauté modifie consciemment ses institutions et ses règles politiques pour adopter une nouvelle organisation : quelle caractéristique des sociétés humaines cette situation illustre-t-elle ?

La capacité de choisir et de transformer consciemment les règles politiques
La tendance à reproduire un mode d’organisation fixé par la nature
Le simple fait de vivre en groupe, comme les sociétés animales
L’incapacité à réorganiser les institutions établies

La capacité de choisir et de transformer consciemment les règles politiques

Explication

Les sociétés humaines se distinguent par la possibilité de choisir et de transformer consciemment leurs institutions et leurs règles politiques. La répétition instinctive et l’incapacité à réorganiser sont associées aux sociétés animales; la seule vie en groupe ne suffit pas à établir cette distinction.

6. Au Ve siècle, quelles trois formes de régime politique Hérodote distingue-t-il ?

L’oligarchie, l’aristocratie et le régime mixte
La monarchie, la tyrannie et la démocratie
La monarchie, l’oligarchie et la démocratie
La démocratie, la dictature et la monarchie

La monarchie, l’oligarchie et la démocratie

Explication

Hérodote distingue la monarchie, l’oligarchie et la démocratie. La tyrannie remplace à tort l’une de ces formes, tandis que le régime mixte et la dictature relèvent d’autres distinctions.

7. Dans une cité, une seule personne gouverne, mais son pouvoir est encadré et elle doit agir au service de l’État. De quel régime s’agit-il ?

Une oligarchie
Une tyrannie
Une monarchie
Une démocratie

Une monarchie

Explication

La monarchie confie la direction à une seule personne dont le pouvoir est encadré et associé à un devoir envers l’État. L’oligarchie confie le gouvernement à un petit groupe, la tyrannie évoque ici une domination personnelle, et la démocratie le pouvoir du peuple.

8. Dans une cité, un petit groupe de citoyens réputés courageux et prêts à se sacrifier pour l’État gouverne. Quelle conception de l’oligarchie cette situation illustre-t-elle ?

Le pouvoir du peuple défini par les citoyens
Le gouvernement personnel d’un seul dirigeant
La dérive vers le pouvoir d’un groupe de riches
L’idéal du gouvernement des meilleurs citoyens

L’idéal du gouvernement des meilleurs citoyens

Explication

Dans son idéal grec, l’oligarchie est le gouvernement des meilleurs citoyens, associés au courage et au dévouement envers l’État. Le pouvoir des riches est sa dérive, tandis que le pouvoir du peuple caractérise la démocratie et le gouvernement d’une personne la monarchie.

9. Dans l’Athènes ancienne, un homme athénien ayant accompli son service militaire est reconnu comme citoyen au sens institutionnel. À quel peuple renvoie alors le terme « démocratie » ?

À la foule sans distinction de statut civique
Au groupe restreint des citoyens jugés les meilleurs
À l’ensemble des habitants présents dans la cité
Au peuple des citoyens répondant aux conditions civiques

Au peuple des citoyens répondant aux conditions civiques

Explication

Dans la démocratie athénienne décrite ici, le peuple désigne les citoyens répondant à des conditions civiques, notamment être un homme athénien ayant accompli son service militaire. La foule au sens large et les habitants sans distinction ne correspondent pas à cette définition, pas plus que le groupe restreint des meilleurs.

10. Une constitution combine des éléments de plusieurs formes de gouvernement afin de réduire les défauts propres à chacune. Quel principe applique-t-elle ?

L’oligarchie idéale
Le régime mixte
La démocratie athénienne
La dictature romaine

Le régime mixte

Explication

Le régime mixte associe les points forts de plusieurs formes de gouvernement afin de limiter leurs failles respectives. La dictature romaine est une mesure temporaire de salut public, l’oligarchie idéale repose sur le gouvernement des meilleurs et la démocratie athénienne sur le pouvoir des citoyens.

11. Pour sauver la République, une cité romaine confie légalement les pleins pouvoirs à une personne pour environ six mois, jusqu’à l’accomplissement de sa mission. Comment qualifier cette mesure ?

Un régime mixte combinant plusieurs formes de gouvernement
Une dictature romaine temporaire et juridiquement instituée
Une dictature durable exercée hors du cadre juridique
Une monarchie confiée à un dirigeant sans échéance fixée

Une dictature romaine temporaire et juridiquement instituée

Explication

La dictature romaine est instituée pour une durée limitée afin de sauver la République, et le dictateur doit cesser sa charge une fois sa mission accomplie. Le pouvoir durable hors du cadre juridique correspond plutôt au sens actuel évoqué dans la distinction, tandis que le régime mixte combine des formes de gouvernement.

12. L’indépendance d’une nation est menacée par une crise. Quelle condition permet au président, en vertu de l’article 16 de la Constitution de la Ve République, de prendre des mesures exceptionnelles ?

Une demande de l’Assemblée visant à réviser la Constitution
Une menace contre l’indépendance de la nation ou l’intégrité du territoire
La fin d’une mission temporaire confiée à un dictateur romain
Une opposition politique à une décision du gouvernement

Une menace contre l’indépendance de la nation ou l’intégrité du territoire

Explication

L’article 16 permet au président de prendre des mesures exceptionnelles lorsque l’indépendance de la nation ou l’intégrité du territoire est menacée. Une opposition politique ordinaire, une demande de révision ou la fin d’une dictature romaine ne constitue pas le seuil indiqué.

13. Un État revendique un territoire terrestre délimité, mais néglige la surveillance de son espace aérien et l’exploitation de ses ressources souterraines. Quel aspect constitutif de son territoire doit-il aussi prendre en compte ?

La protection des espaces aérien et maritime et l’exploitation du sous-sol
La permanence des pouvoirs de justice, de guerre et de nomination
La détention par les institutions du monopole de la contrainte publique
La présence d’une population partageant une même langue et une même religion

La protection des espaces aérien et maritime et l’exploitation du sous-sol

Explication

Le territoire étatique ne se limite pas à sa surface terrestre : sa délimitation et sa protection concernent aussi les espaces aérien et maritime, ainsi que l’exploitation du sous-sol et des richesses. La langue et la religion relèvent de facteurs d’unité, le monopole de la contrainte de la puissance publique, et les pouvoirs régaliens de la souveraineté.

14. Une île est délimitée et possède des ressources, mais aucun groupe humain n’y est juridiquement lié. Quel élément fait défaut pour qu’elle constitue un État ?

Une population liée juridiquement à l’État
Une délimitation territoriale suffisamment précise
Une exploitation du sous-sol et des richesses
Une organisation politique détentrice de la puissance publique

Une population liée juridiquement à l’État

Explication

Un territoire, même délimité et riche en ressources, ne constitue pas un État sans groupe humain juridiquement lié à celui-ci. L’organisation politique, les ressources et les frontières sont des éléments distincts et ne remplacent pas la population.

15. Une entreprise privée impose une contrainte à des personnes au nom de ses intérêts, tandis que les institutions étatiques disposent du pouvoir régalien. À qui appartient la puissance publique ?

À toute organisation qui exerce une influence sur le comportement d’autrui
Aux institutions de l’État, qui détiennent normalement le monopole de la force
Aux personnes privées, dès lors qu’elles peuvent imposer une contrainte
Aux entreprises privées, lorsqu’elles poursuivent un objectif d’intérêt général

Aux institutions de l’État, qui détiennent normalement le monopole de la force

Explication

La puissance publique est le pouvoir de contrainte de l’État, dont les institutions détiennent normalement le monopole de l’usage de la force et des pouvoirs régaliens. La capacité d’influence ou de contrainte d’une personne privée ne lui confère pas ce monopole.

16. Un dirigeant soutient que la souveraineté de l’État prend fin au terme du mandat de l’institution qui exerce une compétence particulière. Quelle distinction permet de corriger son raisonnement ?

La souveraineté désigne le monopole de la contrainte, tandis qu’une compétence institutionnelle relève de la justice
La souveraineté est le pouvoir de nommer les officiers, tandis qu’une compétence institutionnelle permet de faire la paix
La souveraineté est perpétuelle, tandis qu’une compétence institutionnelle s’exerce dans un cadre juridique déterminé
La souveraineté est une compétence temporaire, tandis que le mandat d’une institution est perpétuel

La souveraineté est perpétuelle, tandis qu’une compétence institutionnelle s’exerce dans un cadre juridique déterminé

Explication

La souveraineté est une puissance absolue et perpétuelle de l’État, qui se manifeste notamment par des pouvoirs régaliens. Une compétence attribuée à une institution est, elle, un titre juridique exercé dans un cadre déterminé : la limiter à la durée d’un mandat confond ces deux notions.

17. Dans un pays, les acteurs répètent une pratique constitutionnelle et les juristes la reconnaissent comme obligatoire. De quel type de règle constitutionnelle s’agit-il ?

Une règle écrite adoptée dans un document constitutionnel
Une convention ponctuelle sans pratique répétée ni acceptation
Une règle juridictionnelle issue d’une décision isolée des tribunaux
Une règle coutumière fondée sur une pratique répétée et acceptée

Une règle coutumière fondée sur une pratique répétée et acceptée

Explication

Une constitution coutumière se forme lorsque des pratiques répétées sont acceptées par les acteurs, notamment les juristes, avec une opinio juris. Une règle écrite tient à sa consignation dans un document, tandis qu’une pratique ponctuelle ne suffit pas à établir une coutume.

18. Un étudiant décrit la Constitution britannique comme un ensemble composé de pratiques des tribunaux, de conventions constitutionnelles et de lois écrites. Quelle évaluation de cette description est correcte ?

Elle est correcte, car la Constitution britannique associe coutume, conventions et textes écrits
Elle est incorrecte, car la Constitution britannique repose sur des textes écrits sans coutume
Elle est correcte seulement si les lois écrites sont considérées comme des pratiques coutumières
Elle est incorrecte, car les conventions constitutionnelles remplacent les textes et la pratique judiciaire

Elle est correcte, car la Constitution britannique associe coutume, conventions et textes écrits

Explication

La Constitution britannique associe des règles coutumières issues notamment de la pratique des tribunaux, des conventions constitutionnelles et des textes écrits. La réduire à la coutume ou aux seuls textes méconnaît cette combinaison.

19. Comment définit-on une constitution écrite ?

Un ou plusieurs documents rassemblant les règles fondamentales d’organisation et de fonctionnement de l’État
Des accords politiques non écrits qui organisent les rapports entre les institutions de l’État
Des pratiques répétées et acceptées qui déterminent l’organisation et le fonctionnement de l’État
Un ensemble de décisions judiciaires qui fixe les principes fondamentaux de l’État

Un ou plusieurs documents rassemblant les règles fondamentales d’organisation et de fonctionnement de l’État

Explication

Une constitution écrite rassemble dans un ou plusieurs documents les principes et règles fondamentaux d’organisation et de fonctionnement de l’État. Les pratiques répétées relèvent de la coutume, tandis que les décisions judiciaires et les accords politiques ne définissent pas à eux seuls une constitution écrite.

20. Une constitution peut-elle être qualifiée de souple même si elle est écrite, et quel critère permet de la qualifier ainsi ?

Oui, si sa modification est relativement facile selon la procédure et le droit concernés
Oui, seulement si aucune procédure ne règle sa modification
Non, car la souplesse signifie que la constitution ne peut être modifiée
Non, car une constitution écrite est nécessairement rigide

Oui, si sa modification est relativement facile selon la procédure et le droit concernés

Explication

La souplesse désigne la facilité relative de modification, appréciée au regard de la procédure et du contenu concernés. La forme écrite ne détermine pas cette facilité ; l’absence de procédure et l’impossibilité de réviser ne définissent pas non plus la souplesse.

21. Une constitution prévoit une procédure de révision spécifique et interdit de modifier certaines dispositions. Comment la qualifier au regard de ces caractéristiques ?

De rigide, car sa modification est encadrée par une procédure ou des limites de contenu
De coutumière, car certaines dispositions échappent à la révision
De souple, car toute constitution peut évoluer au fil du temps
De non constitutionnelle, car une procédure spécifique empêche toute révision

De rigide, car sa modification est encadrée par une procédure ou des limites de contenu

Explication

Une constitution est rigide lorsque sa modification dépend de procédures spécifiques ou de limites portant sur son contenu. La possibilité d’évoluer ne suffit pas à la rendre souple, et la rigidité ne se confond ni avec la forme coutumière ni avec l’impossibilité totale de révision.

22. Une proposition de révision de la Constitution de 1958 vise à remplacer la forme républicaine du gouvernement par une autre forme de gouvernement. Quelle règle s’applique ?

La révision est interdite par l’article 89, alinéa 5
La révision dépend du contrôle préalable du Conseil constitutionnel
La révision est possible si le Congrès l’adopte aux trois cinquièmes
La révision est possible si elle est approuvée par référendum

La révision est interdite par l’article 89, alinéa 5

Explication

L’article 89, alinéa 5, interdit de réviser la forme républicaine du gouvernement. Une procédure de vote renforcée ou un référendum ne lève pas cette limite matérielle ; la règle citée ne se réduit pas à une question de contrôle juridictionnel.

23. Dans la distinction de Sieyès, comment se différencient le pouvoir constituant originaire et le pouvoir institué de révision ?

Le pouvoir originaire est un organe institué, tandis que le pouvoir de révision crée l’État
Le pouvoir originaire et le pouvoir de révision sont tous deux souverains
Le pouvoir originaire est limité, tandis que le pouvoir de révision est souverain
Le pouvoir originaire est souverain, tandis que le pouvoir de révision est limité par la constitution

Le pouvoir originaire est souverain, tandis que le pouvoir de révision est limité par la constitution

Explication

Sieyès distingue le pouvoir constituant originaire, souverain, du pouvoir institué de révision, qui reste limité par la constitution. Inverser leurs statuts ou rendre les deux pouvoirs souverains efface cette distinction ; le pouvoir originaire n’est pas un organe institué.

24. Un juriste décrit les organes compétents et les procédures d’adoption des normes, tandis qu’un autre étudie leur contenu et les valeurs qu’elles expriment. Quelle attribution des approches est correcte ?

Les deux adoptent une approche formelle, centrée sur les organes
Le premier adopte une approche formelle et le second une approche matérielle
Le premier adopte une approche matérielle et le second une approche formelle
Les deux adoptent une approche matérielle, centrée sur les valeurs

Le premier adopte une approche formelle et le second une approche matérielle

Explication

L’approche formelle examine les organes, les compétences et les procédures ; l’approche matérielle s’intéresse au contenu du droit et aux valeurs qui le sous-tendent. Les réponses qui inversent ou confondent ces objets attribuent à chaque approche le domaine de l’autre.

25. Quelle conception de la constitution Raymond Carré de Malberg défend-il ?

Une idée d’œuvre qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social
Une décision fondamentale sur le caractère et la forme de l’unité politique
Une norme supérieure hypothétique qui fonde la hiérarchie des normes juridiques
Un acte émis par le pouvoir constituant, dont la compétence dérive de la constitution antérieure

Un acte émis par le pouvoir constituant, dont la compétence dérive de la constitution antérieure

Explication

Pour Carré de Malberg, la constitution est l’acte émis par le pouvoir constituant, lequel tient sa compétence de la constitution antérieure, jusqu’à la première constitution liée à l’apparition de l’État. La norme fondamentale renvoie à Kelsen, la décision politique à Schmitt et l’idée d’œuvre à Hauriou.

26. Dans la théorie de Hans Kelsen, quel rôle joue la norme fondamentale hypothétique ?

Elle constitue la norme supérieure supposée sur laquelle repose la hiérarchie juridique
Elle désigne l’idée d’œuvre qui se réalise durablement dans un milieu social
Elle exprime la décision fondamentale qui définit l’unité politique d’un peuple
Elle désigne la constitution antérieure qui habilite chaque nouveau pouvoir constituant

Elle constitue la norme supérieure supposée sur laquelle repose la hiérarchie juridique

Explication

Chez Kelsen, la norme fondamentale hypothétique est la norme supérieure supposée sur laquelle repose la hiérarchie des normes juridiques. La compétence tirée d’une constitution antérieure correspond à Carré de Malberg, tandis que la décision politique et l’idée d’œuvre renvoient respectivement à Schmitt et Hauriou.

27. Quelle définition de l’institution correspond à la conception de Maurice Hauriou ?

Une décision fondamentale qui détermine le caractère et la forme de l’unité politique d’un peuple
Un acte émis par le pouvoir constituant et habilité par une constitution antérieure
Une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social, autour d’un pouvoir, d’organes et de procédures
Une norme supérieure supposée qui fonde la validité de toute la hiérarchie juridique

Une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social, autour d’un pouvoir, d’organes et de procédures

Explication

Pour Hauriou, l’institution est une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social, en s’organisant autour d’un pouvoir, d’organes et de procédures. La norme fondamentale, la décision politique et l’acte du pouvoir constituant renvoient à d’autres conceptions doctrinales.

28. Quelle distinction oppose le fédéralisme international au fédéralisme interne ?

Le premier associe des États autour d’un monarque, le second organise un ensemble fédéral par constitution.
Le premier unit des États par traité, le second conserve une union de souverains décidant à l’unanimité.
Le premier organise un ensemble fédéral par constitution, le second unit des États par traité.
Le premier unit des États par traité, le second organise un ensemble fédéral par constitution.

Le premier unit des États par traité, le second organise un ensemble fédéral par constitution.

Explication

Le fédéralisme international repose sur un traité entre États, tandis que le fédéralisme interne s’appuie sur une constitution organisant un ensemble politique fédéral. La constitution attribuée au fédéralisme international inverse la distinction, l’unanimité renvoie à la confédération et le monarque commun à une union personnelle.

29. Plusieurs États restent souverains, créent des organes et des compétences communs, et doivent approuver unanimement leurs décisions. De quel type d’union s’agit-il ?

Une union personnelle d’États.
Une fédération interne d’États.
Une confédération d’États.
Une union réelle d’États.

Une confédération d’États.

Explication

Une confédération associe des États souverains dans des organes et des compétences communs, et ses décisions sont prises à l’unanimité. L’union réelle suppose un monarque commun et des compétences partagées, l’union personnelle un monarque commun, tandis qu’une fédération interne est organisée par une constitution.

30. Lors de la réforme de leur fédération, des collectivités fédérées interviennent dans la révision constitutionnelle, siègent au pouvoir législatif et contribuent à désigner l’exécutif fédéral. Quel principe est illustré ?

Le principe de participation des collectivités fédérées.
Le principe d’arbitrage des conflits fédéraux.
Le principe d’indépendance des collectivités fédérées.
Le principe d’autonomie des collectivités fédérées.

Le principe de participation des collectivités fédérées.

Explication

La participation comprend la contribution des collectivités fédérées à la constitution et à sa révision, au pouvoir législatif ainsi qu’à la désignation de l’exécutif. L’autonomie concerne leurs compétences propres, l’arbitrage le règlement des conflits de compétences et l’indépendance la souveraineté extérieure.

31. Une région fédérée exerce des compétences propres prévues par la constitution fédérale, mais ne possède pas de souveraineté extérieure. Quelle notion décrit sa situation ?

La participation représentative aux institutions fédérales.
L’autonomie fédérée au sein de la fédération.
La délégation administrative accordée par le pouvoir fédéral.
L’indépendance souveraine à l’égard de la fédération.

L’autonomie fédérée au sein de la fédération.

Explication

L’autonomie fédérée permet d’exercer des compétences propres prévues par la constitution, sans donner l’indépendance. La souveraineté extérieure caractérise l’indépendance, tandis qu’une délégation administrative et la participation institutionnelle désignent d’autres mécanismes.

32. La fédération et une collectivité fédérée revendiquent chacune une compétence que la constitution répartit entre elles. Quelle institution a pour fonction d’arbitrer ce conflit ?

Une juridiction constitutionnelle interprétant la constitution.
Une chambre fédérale représentant les collectivités fédérées.
Un organe fédéral désignant l’exécutif central.
Une collectivité fédérée exerçant ses compétences propres.

Une juridiction constitutionnelle interprétant la constitution.

Explication

Les juridictions constitutionnelles interprètent la constitution afin d’arbitrer les conflits de compétences entre la fédération et les collectivités fédérées. La chambre représentative participe au pouvoir législatif, la désignation de l’exécutif relève d’un autre aspect de la participation et les compétences propres relèvent de l’autonomie.

33. Dans un État où la loi est produite par une autorité législative centrale, quelle caractéristique institutionnelle décrit le régime ?

L’application uniforme des lois sur tout le territoire
L’autonomie constitutionnelle des collectivités régionales
La répartition fédérale des compétences législatives
L’unité de la source législative

L’unité de la source législative

Explication

L’État unitaire se définit par une source législative unique et le monopole étatique de la production de la loi. La répartition fédérale partage la compétence législative, l’uniformité territoriale n’est pas exigée et l’autonomie constitutionnelle renvoie à un autre modèle.

34. Dans un département, un préfet applique les décisions du pouvoir central sous son autorité hiérarchique et ne possède pas de personnalité juridique propre. Quel mode d’organisation décrit cette situation ?

La déconcentration
La décentralisation fonctionnelle
L’autonomie régionale
La décentralisation territoriale

La déconcentration

Explication

La déconcentration fait agir le pouvoir central par des relais territoriaux qui restent intégrés à l’État et soumis à sa hiérarchie. La décentralisation territoriale repose sur des collectivités distinctes, la décentralisation fonctionnelle concerne des établissements publics et l’autonomie régionale caractérise un autre degré d’organisation.

35. Une loi confie la gestion de certains services à une entité infra-étatique distincte, qui s’administre librement dans le cadre légal. Quel principe est appliqué ?

La décentralisation
La déconcentration
Le contrôle hiérarchique
Le fédéralisme législatif

La décentralisation

Explication

La décentralisation confie des compétences à des entités infra-étatiques distinctes, libres de s’administrer dans le cadre de la loi. Une délégation interne et un relais sans personnalité juridique relèvent plutôt de la déconcentration, tandis que la souveraineté législative indépendante dépasse cette définition.

36. Un État accorde de larges compétences à des régions marquées par leur histoire et leur géographie, tout en conservant son caractère unitaire. De quel modèle s’agit-il ?

Un État régional
Un État unitaire centralisé
Un État fédéral
Une confédération d’États

Un État régional

Explication

L’État régional demeure un État unitaire tout en accordant de larges compétences à des collectivités importantes par leur histoire, leur géographie ou leur économie. Le fédéralisme implique une autonomie constitutionnelle des entités fédérées, tandis que la centralisation réduit les compétences locales et qu’une confédération rassemble des États.

37. En Espagne, deux communautés autonomes revendiquent la compétence pour une même matière. Quel dispositif correspond au cadre institutionnel espagnol décrit ?

L’État détermine les compétences par des décisions administratives, sans intervention du Tribunal constitutionnel
Le Parlement tranche le conflit, tandis que le Tribunal constitutionnel approuve les statuts des communautés
Le gouvernement de l’une des communautés règle le conflit, selon un statut qu’elle adopte sans approbation parlementaire
Le Tribunal constitutionnel règle le conflit, dans le cadre des compétences définies par des statuts approuvés par le Parlement

Le Tribunal constitutionnel règle le conflit, dans le cadre des compétences définies par des statuts approuvés par le Parlement

Explication

Chaque communauté dispose d’un statut approuvé par le Parlement qui définit ses compétences, et le Tribunal constitutionnel règle les conflits de compétences. Le Parlement approuve les statuts mais n’est pas l’organe d’arbitrage indiqué; une communauté ne tranche pas son propre différend et les décisions administratives ne remplacent pas le rôle du Tribunal.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 91 flashcards sur Droit constitutionnel et formes de l’État.

Selon Alvaro D’Ors, qu’est-ce qu’une constitution ?

La forme stable structurant un État doté d’un type déterminé de gouvernement.

Quel auteur définit la constitution comme une forme stable structurant l’État ?

Alvaro D’Ors.

Que désigne le gouvernement au sens large ?

L’ensemble des institutions qui guident et dirigent l’État.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Droit constitutionnel et formes de l’État.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM