QCM : Droit constitutionnel et souveraineté (42 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle fonction caractérise le droit constitutionnel dans l’organisation du pouvoir politique ?

Exercer directement le pouvoir au nom des institutions
Encadrer le pouvoir politique par le droit
Régir les rapports économiques entre acteurs publics
Décrire les institutions politiques sans les encadrer

Encadrer le pouvoir politique par le droit

Explication

Le droit constitutionnel encadre le pouvoir politique au moyen de règles juridiques. La simple description des institutions correspond à une conception descriptive, tandis que les intérêts économiques et l’exercice direct du pouvoir ne définissent pas sa fonction.

2. Dans une société dépourvue de garantie des droits et de séparation des pouvoirs, quelle conclusion découle de l’article 16 de la Déclaration de 1789 ?

Elle possède une Constitution si le pouvoir exécutif est centralisé
Elle possède une Constitution dès qu’elle organise des élections
Elle possède une Constitution dès qu’un texte organise les institutions
Elle ne possède pas de Constitution au sens de l’article 16

Elle ne possède pas de Constitution au sens de l’article 16

Explication

L’article 16 affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a point de Constitution. Réduire celle-ci à l’organisation institutionnelle omet ces exigences, et l’organisation des élections ou la centralisation ne remplace pas ces garanties.

3. Un nouvel État adopte, à l’image des États-Unis en 1787, des règles juridiques supérieures qui encadrent ses gouvernants. Quel statut ces règles confèrent-elles à sa Constitution ?

Une description des institutions sans règles supérieures
Une loi fondamentale qui encadre juridiquement le pouvoir
Un ensemble de lois ordinaires votées par les gouvernants
Une déclaration de principes sans portée juridique supérieure

Une loi fondamentale qui encadre juridiquement le pouvoir

Explication

La Constitution américaine de 1787 devient une loi fondamentale, formée de règles juridiques supérieures qui encadrent le pouvoir politique. La conception descriptive antique, les lois ordinaires et une déclaration dépourvue de portée supérieure ne rendent pas compte de cette fonction.

4. En 1803, un juge américain examine une loi contraire à la Constitution. Quelle démarche correspond au principe affirmé par l’arrêt Marbury v. Madison ?

Faire prévaloir la loi parce qu’elle est adoptée par le législateur
Maintenir la loi si son adoption paraît politiquement souhaitable
Écarter la loi en raison de la supériorité de la Constitution
Annuler généralement la loi avec effet pour tous les cas futurs

Écarter la loi en raison de la supériorité de la Constitution

Explication

Marbury v. Madison affirme la supériorité de la Constitution sur la loi et le pouvoir du juge d’écarter une loi contraire. Faire prévaloir la loi inverse cette hiérarchie, l’annulation générale dépasse le principe formulé ici, et l’opportunité politique ne détermine pas la conformité constitutionnelle.

5. Une personne exerce des fonctions au nom d’une institution publique, indépendamment de sa personnalité. Quelle caractéristique du pouvoir politique cette situation illustre-t-elle ?

Un pouvoir militaire lié à la force armée
Un pouvoir économique lié aux ressources
Un pouvoir public institutionnalisé
Un pouvoir personnel lié au dirigeant

Un pouvoir public institutionnalisé

Explication

Le pouvoir politique est un pouvoir public institutionnalisé : il s’exerce au nom d’une institution plutôt que de reposer sur la personne qui l’exerce. Le pouvoir économique, le pouvoir militaire et l’autorité purement personnelle sont des notions distinctes.

6. Une règle constitutionnelle autorise une dissolution, mais les acteurs débattent aussi de son opportunité au regard de la conjoncture. Quelle distinction permet d’analyser ces deux aspects ?

La pratique institutionnelle équivaut à une règle applicable, indépendamment des circonstances
Le droit positif dépend des usages, tandis que la pratique fixe la règle applicable
Le droit positif fixe la règle applicable, la pratique dépend aussi de la conjoncture et des usages
La légalité mesure l’opportunité, tandis que la conjoncture établit la conformité juridique

Le droit positif fixe la règle applicable, la pratique dépend aussi de la conjoncture et des usages

Explication

Le droit positif désigne les règles juridiquement applicables, alors que la pratique politique et institutionnelle dépend aussi de la conjoncture et des usages. Confondre usages et règle applicable efface cette distinction, et l’opportunité politique n’est pas la mesure de la légalité.

7. Le président de la République envisage de dissoudre l’Assemblée nationale. Quelles consultations l’article 12 de la Constitution prévoit-il avant cette décision ?

Consulter le Premier ministre et les membres du Gouvernement
Obtenir l’accord du Premier ministre et des présidents des assemblées
Consulter le Premier ministre et les présidents des assemblées
Consulter les présidents des assemblées avant de nommer le Premier ministre

Consulter le Premier ministre et les présidents des assemblées

Explication

L’article 12 prévoit que le président peut dissoudre l’Assemblée nationale après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées. L’avis des membres du Gouvernement ne remplace pas les consultations prévues, lesquelles n’impliquent pas ici un accord formel.

8. Le Premier ministre remet la démission du Gouvernement et propose de nouveaux ministres. Quelle action relève des pouvoirs présidentiels prévus par l’article 8 ?

Mettre fin aux fonctions du Premier ministre après la démission, puis nommer les ministres sur proposition de celui-ci
Nommer le Premier ministre sur proposition du Gouvernement, puis choisir les ministres sans proposition
Mettre fin aux fonctions du Premier ministre avant toute démission, puis nommer les ministres de sa propre initiative
Accepter la démission du Gouvernement, puis nommer le Premier ministre sur proposition des assemblées

Mettre fin aux fonctions du Premier ministre après la démission, puis nommer les ministres sur proposition de celui-ci

Explication

L’article 8 prévoit que le président met fin aux fonctions du Premier ministre sur présentation de la démission du Gouvernement et nomme les autres membres du Gouvernement sur proposition du Premier ministre. La démission ne vient pas du président, et la proposition ministérielle ne revient ni aux assemblées ni au président seul.

9. Dans un régime où une constitution répartit les compétences entre plusieurs institutions, garantit des libertés et définit les procédures de décision, quelles fonctions remplit-elle ?

Elle garantit les libertés sans régler l’exercice du pouvoir.
Elle organise les institutions sans limiter le pouvoir.
Elle supprime les institutions pour empêcher l’exercice du pouvoir.
Elle limite le pouvoir et organise son exercice.

Elle limite le pouvoir et organise son exercice.

Explication

La Constitution limite le pouvoir en répartissant les compétences et en garantissant des droits, tout en organisant les institutions et leurs procédures. Réduire son rôle à l’organisation, à la suppression des institutions ou à la seule garantie des libertés écarte l’une de ces dimensions.

10. Une réforme constitutionnelle attribue des compétences distinctes à plusieurs institutions, fixe leurs procédures et protège des droits fondamentaux. Quel effet décrit le mieux cette réforme sur l’exercice du pouvoir ?

Elle encadre le pouvoir tout en organisant son exercice.
Elle affirme des garanties sans organiser les compétences.
Elle transfère tout le pouvoir à une seule institution.
Elle protège les droits en laissant les institutions sans règles.

Elle encadre le pouvoir tout en organisant son exercice.

Explication

En répartissant les compétences, en fixant des procédures et en garantissant des droits, la Constitution limite le pouvoir et rend son exercice organisé. Le transfert intégral à une institution, l’absence de règles ou des garanties sans organisation ne correspondent pas à cette fonction.

11. Un historien compare une société où le pouvoir est morcelé entre seigneurs à un État moderne fondé sur une autorité souveraine. Quelle distinction caractérise ces deux formes d’organisation ?

La féodalité et l’État moderne reposent tous deux sur une autorité souveraine unifiée.
La féodalité disperse le pouvoir, tandis que l’État moderne se construit autour de la souveraineté.
La féodalité centralise le pouvoir, tandis que l’État moderne repose sur son morcellement.
La féodalité et l’État moderne reposent tous deux sur le pouvoir dispersé entre seigneurs.

La féodalité disperse le pouvoir, tandis que l’État moderne se construit autour de la souveraineté.

Explication

La féodalité se caractérise par l’éclatement et la dispersion du pouvoir, tandis que l’État moderne se développe avec la souveraineté. Inverser ces caractéristiques, confondre féodalité et centralisation ou attribuer aux deux une même structure manque cette distinction.

12. Un monarque revendique une autorité suprême et affirme son indépendance face à une autorité concurrente qui prétend également commander. Quelle notion décrit cette position ?

Le pouvoir spirituel, autorité religieuse exercée par le pape.
La souveraineté, pouvoir suprême indépendant des autorités concurrentes.
La suzeraineté, lien féodal entre un roi et d’autres seigneurs.
La féodalité, organisation fondée sur la dispersion du pouvoir.

La souveraineté, pouvoir suprême indépendant des autorités concurrentes.

Explication

La souveraineté désigne le pouvoir suprême du souverain et se caractérise notamment par son indépendance à l’égard des autorités concurrentes. La suzeraineté renvoie aux liens féodaux, la féodalité au morcellement du pouvoir, et le pouvoir spirituel à l’autorité religieuse du pape.

13. Quelle définition de la souveraineté Jean Bodin donne-t-il dans *Les Six Livres de la République*, publié en 1576 ?

La puissance perpétuelle et partagée d’une assemblée
La puissance limitée et temporaire d’un gouvernement
La puissance absolue et perpétuelle d’une République
La puissance absolue et temporaire d’un monarque

La puissance absolue et perpétuelle d’une République

Explication

Bodin définit la souveraineté comme la puissance absolue et perpétuelle d’une République. La puissance limitée confond souveraineté et compétence d’un organe, la puissance temporaire oublie la perpétuité, et la puissance partagée contredit l’unité de la souveraineté.

14. Après la disparition du dirigeant qui exerçait le pouvoir, qu’est-ce qui demeure selon la conception bodinienne de la souveraineté perpétuelle ?

La souveraineté disparaît avec la fonction de gouvernement
La souveraineté demeure attachée à la personne du dirigeant
La souveraineté demeure attachée à l’institution politique
La souveraineté passe à la population sans continuité institutionnelle

La souveraineté demeure attachée à l’institution politique

Explication

La souveraineté est perpétuelle parce qu’elle demeure attachée à l’institution politique malgré le départ de la personne qui l’exerce. La survie du dirigeant confond personne et institution, le transfert sans continuité ne rend pas compte de cette permanence, et la disparition de la souveraineté nie son caractère perpétuel.

15. Dans un régime, plusieurs organes exercent des fonctions distinctes, mais une autorité souveraine unique peut faire ou modifier la loi. Quelle caractéristique de la souveraineté cette situation illustre-t-elle ?

Une puissance législative sans unité, répartie entre des autorités souveraines
Une puissance unique limitée à l’application des lois existantes
Une puissance divisée entre les organes, qui se manifeste notamment par la loi
Une puissance unique et indivisible, qui se manifeste notamment par la loi

Une puissance unique et indivisible, qui se manifeste notamment par la loi

Explication

La souveraineté est une et indivisible, et elle se manifeste notamment par le pouvoir de faire ou de modifier la loi. La répartition entre organes concerne l’exercice, non la division de la souveraineté; plusieurs organes ne signifient donc pas plusieurs souverainetés, et la souveraineté ne se limite pas à appliquer les lois.

16. Un groupe local prétend exercer la souveraineté nationale à la place des représentants et sans recourir au référendum. Quelle règle de l’article 3 de la Constitution française s’oppose à cette prétention ?

La souveraineté appartient aux représentants et s’exerce sans intervention populaire
La souveraineté appartient au peuple et s’exerce par ses représentants ou par référendum
La souveraineté appartient au groupe qui la revendique et s’exerce par son initiative
La souveraineté appartient à l’État et s’exerce par les institutions administratives

La souveraineté appartient au peuple et s’exerce par ses représentants ou par référendum

Explication

L’article 3 attribue la souveraineté nationale au peuple et prévoit son exercice par les représentants ou par référendum; aucun individu ni aucune section du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice. La revendication du groupe méconnaît cette interdiction, la réponse centrée sur les représentants omet le référendum, et l’attribution à l’État contredit le titulaire désigné.

17. Dans un État, quelle notion juridique désigne l’espace où l’État exerce sa souveraineté et qui constitue sa projection spatiale ?

Le patrimoine de l’État
La population de l’État
Le territoire communal
Le territoire de l’État

Le territoire de l’État

Explication

Le territoire de l’État est l’espace juridique dans lequel s’exerce sa souveraineté et constitue sa projection spatiale. Le territoire communal relève d’un pouvoir dérivé, la population désigne les personnes sous l’autorité de l’État, et le patrimoine renvoie à la propriété plutôt qu’à l’espace de souveraineté.

18. Un maire prend une mesure dans le cadre des compétences que l’État et la loi attribuent à sa commune. Comment qualifier le pouvoir qu’il exerce ?

Un pouvoir privé, exercé en dehors de l’organisation juridique
Un pouvoir dérivé, exercé dans le cadre de compétences attribuées
Un pouvoir souverain, exercé au titre de compétences originaires
Un pouvoir étatique, exercé indépendamment des compétences attribuées

Un pouvoir dérivé, exercé dans le cadre de compétences attribuées

Explication

Le maire exerce un pouvoir dérivé, limité aux compétences attribuées par l’État et la loi; ce n’est pas un pouvoir souverain ou originaire. Qualifier ce pouvoir d’originaire confond attribution et souveraineté, l’assimiler à celui de l’État élève indûment l’autorité locale, et le réduire à une autorité privée ignore son cadre légal.

19. Un État place des citoyens et des étrangers présents sur son territoire sous son autorité. Quel ensemble forme sa population au sens de la souveraineté ?

Les seuls citoyens qui possèdent la nationalité de l’État
Les seuls propriétaires de biens situés dans l’État
Les seuls électeurs qui participent à la vie politique
Toutes les personnes placées sous l’autorité de l’État

Toutes les personnes placées sous l’autorité de l’État

Explication

La population d’un État comprend l’ensemble des personnes placées sous son autorité, ce qui peut inclure des étrangers présents sur son territoire. La limiter aux citoyens confond population et nationalité, la propriété ne définit pas l’appartenance à la population, et la participation électorale n’en est pas le critère.

20. Une personne possède un terrain en France et soutient que son droit de propriété la soustrait aux lois de l’État. Quelle analyse correspond à la souveraineté ?

La propriété écarte l’autorité de l’État sur le terrain concerné
La propriété confère à son titulaire une souveraineté sur le terrain
La propriété demeure, mais son titulaire reste soumis à la souveraineté et aux lois de l’État
La propriété disparaît dès que le terrain est soumis aux lois de l’État

La propriété demeure, mais son titulaire reste soumis à la souveraineté et aux lois de l’État

Explication

La souveraineté n’est pas un droit de propriété : l’État français n’est pas propriétaire du territoire, et les propriétaires restent soumis à ses lois. La souveraineté privée confond propriété et pouvoir public, l’exemption des lois nie l’autorité de l’État, et l’application des lois n’abolit pas le droit de propriété.

21. Dans un régime où les institutions adoptent les décisions publiques au nom des citoyens, qui détient le titre de la souveraineté et qui en exerce les pouvoirs ?

Les gouvernants détiennent le titre, les gouvernés exercent les pouvoirs
Le peuple détient le titre, les institutions exercent les pouvoirs
Les institutions détiennent le titre, le peuple exerce les pouvoirs
L’État détient le titre, le peuple maîtrise le droit territorial

Le peuple détient le titre, les institutions exercent les pouvoirs

Explication

Le peuple est titulaire de la souveraineté, tandis que les institutions en exercent les pouvoirs au nom des gouvernés. Attribuer le titre aux institutions confond titulaires et organes d’exercice ; inverser gouvernants et gouvernés renverse la relation représentative ; réduire la distinction à la maîtrise territoriale du droit confond les dimensions politique et juridique.

22. Un peuple choisit librement la forme de son régime et les orientations de son avenir politique sans dépendre d’une décision extérieure. Quelle capacité manifeste-t-il ?

Une maîtrise juridique fondée sur la définition du droit territorial
Une unité étatique fondée sur l’application uniforme du droit
Une autonomie politique fondée sur le choix indépendant de son avenir
Un exercice institutionnel fondé sur les décisions des gouvernants

Une autonomie politique fondée sur le choix indépendant de son avenir

Explication

L’autonomie politique désigne la capacité d’un peuple à choisir indépendamment son avenir politique. La maîtrise du droit territorial relève de la dimension juridique, l’exercice institutionnel concerne les organes de pouvoir, et l’unité étatique ne définit pas cette capacité.

23. Dans un pays, une souveraineté unique s’exerce sur l’ensemble du territoire, même si des subdivisions administratives y existent. De quel type d’État s’agit-il ?

D’une confédération d’États
D’un État unitaire
D’un État fédéral
D’un État décentralisé sans souveraineté commune

D’un État unitaire

Explication

Un État unitaire se caractérise par une souveraineté unique qui s’exerce sur tout le territoire, y compris lorsque celui-ci comporte des subdivisions. L’État fédéral réunit des entités fédérées, les subdivisions ne prouvent pas un partage de souveraineté, et la décentralisation ne supprime pas la souveraineté commune.

24. Une loi confie à des communes des compétences qu’elles exercent de façon autonome. Quel mode d’organisation cette situation illustre-t-elle ?

Le fédéralisme
La décentralisation
L’État unitaire
La déconcentration

La décentralisation

Explication

La décentralisation attribue par la loi des compétences à des collectivités territoriales, qui les exercent de manière autonome. La déconcentration fait agir l’État par ses intermédiaires, le fédéralisme concerne des États fédérés, et l’État unitaire décrit une forme de souveraineté plutôt qu’un transfert autonome de compétences.

25. Quelle organisation réunit des États fédérés dans un État commun tout en préservant leur existence propre ?

Un État unitaire
Un État décentralisé
Un État fédéral
Une confédération

Un État fédéral

Explication

Un État fédéral rassemble des États fédérés au sein d’un État commun sans effacer leur existence propre. L’État unitaire repose sur une souveraineté unique, la confédération laisse la souveraineté aux États membres, et les collectivités décentralisées ne sont pas des États fédérés.

26. Dans une union politique, des institutions communes gèrent certaines compétences, tandis que chaque État membre conserve son existence propre. Quel principe décrit cette organisation ?

L’État unitaire
Le fédéralisme
La confédération
La déconcentration

Le fédéralisme

Explication

Le fédéralisme met en commun certaines compétences, exercées par des institutions communes, tout en préservant l’existence des États fédérés. La souveraineté unitaire ne correspond pas à cette organisation, la déconcentration repose sur des relais de l’État, et la confédération se distingue par la souveraineté conservée par ses États membres.

27. Quel pouvoir crée la constitution et est titulaire de la souveraineté ?

Les pouvoirs constitués
Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir constituant
Le Conseil constitutionnel

Le pouvoir constituant

Explication

Le pouvoir constituant crée la constitution et détient la souveraineté. Les pouvoirs constitués sont les organes qu’elle institue, le pouvoir dérivé la modifie, et le Conseil constitutionnel exerce une fonction juridictionnelle.

28. Une constitution institue un parlement et un gouvernement, puis les soumet à ses règles : comment distinguer le pouvoir créateur de ces organes ?

Le pouvoir constituant applique les règles constitutionnelles ; les pouvoirs constitués les établissent.
Le pouvoir constituant crée la constitution ; les pouvoirs constitués sont les organes subordonnés qu’elle institue.
Le pouvoir constituant et les pouvoirs constitués sont des organes institués par la constitution.
Les pouvoirs constitués créent la constitution ; le pouvoir constituant désigne les organes qu’elle subordonne.

Le pouvoir constituant crée la constitution ; les pouvoirs constitués sont les organes subordonnés qu’elle institue.

Explication

Le pouvoir constituant établit la constitution, tandis que les pouvoirs constitués sont créés par elle et soumis à ses règles. La réponse qui attribue la création aux pouvoirs constitués inverse les rôles ; celle qui subordonne le pouvoir constituant et celle qui lui attribue une simple fonction d’application confondent création et institution.

29. Un mouvement fonde un nouvel ordre constitutionnel sans règle juridique préalable qui le limite ; plus tard, une procédure prévue par cette constitution permet de la modifier. Quelle distinction s’applique ?

La fondation et la modification relèvent du pouvoir originaire.
La fondation relève du pouvoir originaire et la modification du pouvoir dérivé.
La fondation relève du pouvoir dérivé et la modification du pouvoir originaire.
La fondation et la modification relèvent du pouvoir dérivé.

La fondation relève du pouvoir originaire et la modification du pouvoir dérivé.

Explication

Le pouvoir constituant originaire crée une constitution sans limite juridique préalable, alors que le pouvoir dérivé la modifie selon les modalités qu’elle prévoit. Inverser les catégories confond fondation et révision ; attribuer la même catégorie aux deux étapes efface cette distinction.

30. Dans un pays, la modification de la constitution exige une procédure plus contraignante que la modification des lois ordinaires. Comment qualifier cette constitution ?

Une constitution rigide
Une constitution irrévisable
Une constitution souple
Une constitution coutumière

Une constitution rigide

Explication

Une constitution est rigide lorsque sa modification est plus difficile que celle d’une constitution souple. La constitution souple correspond à une modification plus aisée ; le caractère coutumier concerne une autre distinction, et la rigidité ne signifie pas qu’une révision est impossible.

31. Un organe constitué prétend modifier seul la constitution française de 1958. Quelle règle encadre la révision pour empêcher cette appropriation unilatérale ?

Un organe constitué peut s’approprier seul la révision.
Le contrôle du Conseil constitutionnel encadre la révision.
L’article 89 encadre la révision constitutionnelle.
L’article 11 encadre la révision constitutionnelle.

L’article 89 encadre la révision constitutionnelle.

Explication

L’article 89 encadre la révision constitutionnelle afin qu’un pouvoir constitué ne s’approprie pas seul ce pouvoir. L’article 11 est associé à la voie utilisée en 1962, l’option de l’organe seul contredit le principe, et le contrôle juridictionnel n’est pas la règle d’encadrement visée.

32. Quelle procédure a été utilisée en 1962 pour faire adopter la réforme instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel direct ?

Un référendum fondé sur l’article 11
Un vote de désignation par les deux assemblées
Un référendum fondé sur l’article 89
Un vote d’adoption par le Congrès

Un référendum fondé sur l’article 11

Explication

En 1962, le général de Gaulle a fait adopter cette réforme par référendum sur le fondement de l’article 11. L’article 89 encadre la révision constitutionnelle, tandis que le Congrès et les deux assemblées ne désignent pas le président au suffrage universel direct.

33. Lors d’un débat, une députée affirme que l’article 89, alinéa 5, empêche une révision parce que la procédure suivie est irrégulière. Quelle qualification décrit correctement la limite posée par cet alinéa ?

Une interdiction absolue portant sur certains éléments révisables
Une limite temporelle interdisant la révision à certains moments
Une limite procédurale encadrant les étapes de la révision
Une règle de forme déterminant la voie de révision applicable

Une interdiction absolue portant sur certains éléments révisables

Explication

L’alinéa 5 énonce une interdiction absolue portant sur certains éléments, contrairement aux limites procédurales ou temporelles qui encadrent les modalités ou le moment de la révision. La « limite procédurale » confond le fond de l’interdiction avec la procédure, et la « limite temporelle » avec le moment où la révision peut intervenir.

34. Un théoricien envisage le rétablissement de la monarchie malgré l’interdiction constitutionnelle de réviser la forme républicaine du gouvernement. Quelle voie correspond à la seconde solution théorique présentée pour défendre cette possibilité ?

Soumettre directement le rétablissement de la monarchie à un référendum
Soutenir que le pouvoir de révision relève d’un ordre différent du pouvoir constituant originaire
Faire abroger l’alinéa 5 par le Congrès avant de rétablir la monarchie
Faire reconnaître par un juge que l’interdiction constitutionnelle est invalide

Soutenir que le pouvoir de révision relève d’un ordre différent du pouvoir constituant originaire

Explication

La seconde voie théorique consiste à distinguer le pouvoir de révision du pouvoir constituant originaire en les situant dans des ordres différents. L’« abrogation par le Congrès » est l’autre voie évoquée, tandis que l’annulation judiciaire et le référendum ne correspondent pas aux deux solutions présentées.

35. Sans engager la procédure formelle de révision, les responsables politiques interprètent durablement une disposition constitutionnelle d’une manière qui transforme son application. De quel phénomène s’agit-il ?

D’une convention constitutionnelle définie par une règle politique particulière
D’une révision constitutionnelle formelle adoptée selon la procédure prévue
D’un changement constitutionnel informel par la pratique et l’interprétation
D’un écart ponctuel entre les pratiques politiques et le texte constitutionnel

D’un changement constitutionnel informel par la pratique et l’interprétation

Explication

Un changement constitutionnel informel est une évolution résultant des pratiques et de l’interprétation en dehors d’une procédure formelle de révision. La « révision formelle » suppose une procédure officielle, tandis qu’un « écart ponctuel » ne désigne pas nécessairement une évolution durable.

36. Les acteurs politiques d’un régime suivent une pratique qu’ils considèrent obligatoire, mais aucun juge ne peut la sanctionner comme une règle de droit. Comment cette pratique doit-elle être qualifiée ?

Une procédure de révision constitutionnelle, soumise au contrôle du juge
Une règle de droit positif, juridiquement obligatoire et contrôlée par le juge
Une convention constitutionnelle, règle politique reconnue sans sanction judiciaire
Un usage politique facultatif, suivi sans être tenu pour obligatoire

Une convention constitutionnelle, règle politique reconnue sans sanction judiciaire

Explication

Une convention constitutionnelle est une règle de pratique politique reconnue comme obligatoire par les acteurs, sans sanction judiciaire. La « règle de droit positif » relève du contrôle du juge, tandis qu’un « usage facultatif » ne possède pas le caractère obligatoire reconnu à la convention.

37. En France, un président dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale et demande au Premier ministre de quitter ses fonctions. Quelle convention constitutionnelle s’applique dans cette situation ?

Le président peut juridiquement révoquer directement le Premier ministre.
Le président peut demander cette démission même sans majorité à l’Assemblée.
Le Premier ministre peut dissoudre l’Assemblée nationale.
Le président peut demander la démission du Premier ministre.

Le président peut demander la démission du Premier ministre.

Explication

La convention permet au président de demander la démission du Premier ministre lorsque le président dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. L’extension à l’absence de majorité méconnaît cette condition, la révocation directe confond demande conventionnelle et pouvoir juridique, et la dissolution attribuée au Premier ministre déplace la compétence.

38. À quelle date Jules Grévy affirme-t-il sa soumission au régime parlementaire et à la volonté nationale exprimée par les organes constitutionnels ?

Le 6 février 1879.
Le 4 octobre 1958.
En 1791.
Depuis 1713.

Le 6 février 1879.

Explication

Jules Grévy fait lire son message de soumission au régime parlementaire le 6 février 1879. La date de 1958 concerne une constitution ultérieure, 1713 se rapporte à la pratique britannique du veto et 1791 à la qualité constitutionnelle de Louis XVI.

39. Quelle conception de la constitution Georges Burdeau défend-il ?

Une garantie juridictionnelle des droits sans fonction d’organisation des institutions.
Un catalogue de libertés individuelles sans conception du pouvoir politique.
Un instrument de gouvernement au service d’une idée organisant les institutions et exprimant une conception du pouvoir politique.
Une répartition administrative des services sans principe de gouvernement.

Un instrument de gouvernement au service d’une idée organisant les institutions et exprimant une conception du pouvoir politique.

Explication

Pour Burdeau, la constitution est un instrument de gouvernement qui organise les institutions au service d’une idée et traduit une conception du pouvoir politique. La réduire à la garantie juridictionnelle, au seul catalogue des libertés ou à l’administration des services écarte cette fonction de statut du pouvoir.

40. Une constitution répartit des compétences entre les organes de l’État et leur permet d’agir dans leurs domaines respectifs. Quel double rôle constitutionnel cette situation illustre-t-elle ?

Garantir les droits individuels sans encadrer les organes constitutionnels.
Limiter le pouvoir sans habiliter les organes à exercer leurs fonctions.
Limiter le pouvoir et habiliter les organes constitutionnels à exercer leurs fonctions.
Habiliter les organes à agir sans limiter le pouvoir politique.

Limiter le pouvoir et habiliter les organes constitutionnels à exercer leurs fonctions.

Explication

La constitution encadre le pouvoir en le limitant, tout en habilitant les organes constitutionnels à exercer leurs fonctions. L’habilitation sans limitation omet le premier rôle, la limitation seule omet le second, et la garantie des droits ne rend pas compte de cette double fonction.

41. Une décision prise collectivement par la majorité restreint la marge d’action d’une personne; celle-ci invoque une protection contre cette décision. Quelle conception de la liberté met-elle en avant ?

La liberté démocratique, collective et active.
La liberté démocratique, individuelle et défensive.
La liberté libérale, individuelle et défensive.
La liberté libérale, collective et active.

La liberté libérale, individuelle et défensive.

Explication

La liberté libérale protège défensivement les individus contre les décisions collectives, tandis que la liberté démocratique est collective et active. La participation collective décrit la liberté démocratique, et les deux autres propositions inversent soit les caractères individuels et collectifs, soit les caractères défensifs et actifs.

42. Dans un régime, plusieurs organes se partagent les fonctions de l’État afin d’éviter qu’un seul concentre le pouvoir. Quel objectif de la séparation des pouvoirs selon Montesquieu cette organisation poursuit-elle ?

Faire en sorte que le pouvoir arrête le pouvoir.
Faire en sorte que les organes étatiques fusionnent leurs fonctions.
Faire en sorte qu’un organe concentre les fonctions étatiques.
Faire en sorte que le juge garantisse seul les libertés individuelles.

Faire en sorte que le pouvoir arrête le pouvoir.

Explication

Selon Montesquieu, répartir les fonctions étatiques entre plusieurs organes permet que le pouvoir arrête le pouvoir. La concentration et la fusion contredisent cette répartition, tandis que la garantie juridictionnelle des droits ne formule pas l’objectif central de la séparation.

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Qu’encadre le droit constitutionnel par le droit ?

Le pouvoir politique.

Que pose l’article 16 de la Déclaration de 1789 comme condition d’une Constitution ?

La garantie des droits et la séparation des pouvoirs.

Quel arrêt affirme en 1803 la supériorité de la Constitution sur la loi aux États-Unis ?

L’arrêt *Marbury v. Madison*.

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