QCM : Sources du droit médiéval (52 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel concept désigne l’ensemble des règles impersonnelles, obligatoires et applicables à tous qui organisent la vie en société ?

Les droits subjectifs
La coutume
Le droit canonique
Le droit objectif

Le droit objectif

Explication

Le droit objectif regroupe les règles communes qui régissent la vie en société. Les droits subjectifs sont des prérogatives individuelles, le droit canonique est lié aux décisions religieuses, et la coutume est une source non écrite du droit.

2. Une personne invoque son droit de vote et son droit de propriété comme des prérogatives qui lui sont reconnues. De quelle notion s’agit-il ?

Les droits subjectifs
La loi
Le droit canonique
Le droit objectif

Les droits subjectifs

Explication

Les droits subjectifs sont des prérogatives reconnues aux individus, comme le droit de vote ou de propriété. Le droit objectif désigne les règles communes, le droit canonique les décisions religieuses, et la loi une source écrite du droit.

3. Un juriste distingue une règle directement obligatoire, transmise par un usage, d’une règle directement obligatoire consignée par écrit. Quelles sources distingue-t-il ?

Les tribunaux ecclésiastiques et les tribunaux laïcs
La coutume non écrite et la loi écrite
Le droit canonique et le droit séculier
La loi non écrite et la coutume écrite

La coutume non écrite et la loi écrite

Explication

Les sources directes sont directement obligatoires : la coutume est non écrite et la loi est écrite. L’option inversant leurs formes confond leurs caractéristiques, tandis que le droit canonique et les tribunaux relèvent d’autres distinctions.

4. Un événement juridique est daté de 600 av. notre ère. Se situe-t-il dans la période royale romaine, étendue de 753 à 509 av. notre ère ?

Non, car la période royale se situe entre 150 et 27 av. notre ère
Non, car la période royale commence en 509 av. notre ère
Oui, car toute la période de l’ancien droit va de 753 à 150 av. notre ère
Oui, car 600 av. notre ère se situe entre 753 et 509 av. notre ère

Oui, car 600 av. notre ère se situe entre 753 et 509 av. notre ère

Explication

La période royale s’étend de 753 à 509 av. notre ère, et l’année 600 se trouve dans cet intervalle. 509 marque la fin de la royauté, 150 est une borne de la période de l’ancien droit, et 150–27 correspond à une période ultérieure.

5. En étudiant le droit de la période royale romaine, quelle caractéristique générale faut-il retenir à propos de ses sources ?

Elles sont rares et subordonnées au sacré
Elles sont rares et indépendantes du sacré
Elles sont nombreuses et indépendantes du sacré
Elles sont nombreuses et subordonnées au sacré

Elles sont rares et subordonnées au sacré

Explication

Les sources du droit royal romain sont caractérisées à la fois par leur rareté et leur subordination au sacré. Dire qu’elles sont nombreuses inverse leur rareté, tandis que les présenter comme indépendantes du sacré néglige leur lien avec le religieux.

6. Dans un groupe social, un usage est répété, puis reconnu et formulé par ses membres comme obligatoire. Quelle source du droit cet usage constitue-t-il ?

Les leges regiae
La loi
La coutume
Le droit sacré

La coutume

Explication

Un usage répété devient coutume lorsqu’il est reconnu et formulé comme obligatoire par un groupe social. La loi est une source écrite, les leges regiae sont des règles attribuées aux rois de Rome, et le caractère sacré ne définit pas cette formation coutumière.

7. Dans la Rome ancienne, quels prêtres sont considérés comme compétents pour mettre en œuvre et interpréter le droit ?

Les pontifes
Les préteurs
Les tribuns de la plèbe
Les comices centuries

Les pontifes

Explication

Les pontifes sont les principaux prêtres romains et sont considérés comme capables de mettre en œuvre et d’interpréter le droit. Les préteurs exercent une fonction judiciaire, les tribuns défendent la plèbe et les comices votent les lois de la cité.

8. Quelle date correspond à l’établissement de la loi des Douze Tables, qui marque la laïcisation du droit romain ?

449 av. notre ère
150 av. notre ère
390 av. notre ère
509 av. notre ère

449 av. notre ère

Explication

La loi des Douze Tables est établie en 449 av. notre ère et marque la laïcisation du droit romain. 509 av. notre ère renvoie au début de la République, 390 à la destruction des Tables et 150 à la fin de la période de législation postérieure.

9. Un juriste doit déterminer quel droit concerne un litige entre deux citoyens romains et comprend des règles de droit privé comme de droit public. Quelle catégorie doit-il retenir ?

Le jus civile
Le droit prétorien
Le droit sacré
Le droit privé

Le jus civile

Explication

Le jus civile est réservé aux citoyens romains et comprend le droit privé ainsi que le droit public. Le droit prétorien peut aussi concerner des étrangers, le droit privé n’en désigne qu’une partie et le droit sacré renvoie à la dimension religieuse.

10. Un magistrat soumet un projet de loi, appelé rogatio, aux comices centuries. Quelle action l’assemblée peut-elle entreprendre à l’égard du texte ?

Voter le projet sans en modifier le texte
Rédiger et soumettre elle-même la rogatio
Remplacer le projet par un plébiscite
Amender le projet avant de le voter

Voter le projet sans en modifier le texte

Explication

Les comices centuries votent la loi sur le projet soumis par les magistrats, mais ne peuvent pas l’amender. Le pouvoir d’amendement leur est attribué à tort; un plébiscite relève de l’assemblée de la plèbe, et la rogatio est proposée par les magistrats.

11. Un tribun de la plèbe propose une mesure que l’assemblée de la plèbe adopte. Comment cette décision est-elle appelée ?

Une autoritas patrum
Un plébiscite
Une loi de la cité
Une rogatio

Un plébiscite

Explication

Le plébiscite est une décision prise par l’assemblée de la plèbe après proposition du tribun de la plèbe. La loi de la cité relève des comices centuries, la rogatio est un projet de loi soumis par un magistrat et l’autoritas patrum désigne la confirmation sénatoriale.

12. Quel rôle les jurisconsultes jouent-ils dans les affaires juridiques ?

Ils conseillent les plaideurs, aident à rédiger des actes et donnent des avis juridiques.
Ils défendent leur propre cause, rédigent les lois et prononcent les avis judiciaires.
Ils votent les lois, organisent les assemblées et surveillent leur application.
Ils rendent les jugements, fixent les peines et exécutent les décisions judiciaires.

Ils conseillent les plaideurs, aident à rédiger des actes et donnent des avis juridiques.

Explication

Les jurisconsultes sont des spécialistes qui conseillent les plaideurs, les aident à rédiger des actes et répondent aux questions de droit. Les jugements relèvent des magistrats, le vote des lois des assemblées et la défense d’une cause des plaideurs.

13. Un capitaine jette une partie de sa cargaison à la mer pour sauver le reste du navire. Selon la lex Rhodia de iactu, comment la perte doit-elle être répartie ?

La perte est répartie entre l’ensemble des chargeurs.
La perte est répartie entre les seuls chargeurs sauvés.
La perte est supportée par les seuls chargeurs lésés.
La perte est supportée entièrement par le capitaine.

La perte est répartie entre l’ensemble des chargeurs.

Explication

La lex Rhodia de iactu répartit entre l’ensemble des chargeurs la perte résultant du sacrifice d’une partie de la cargaison pour sauver le reste. La faire porter au capitaine ou la limiter à certains chargeurs confond cette règle de répartition collective avec une responsabilité individuelle.

14. Une situation juridique n’est réglée par aucune loi, et le préteur intervient par un édit pour y apporter une réponse. De quelle source de droit s’agit-il ?

D’une loi, votée par une assemblée du peuple.
Du droit coutumier, issu des usages des citoyens.
D’un avis juridique, formulé par un jurisconsulte.
Du droit prétorien, produit par les édits du préteur.

Du droit prétorien, produit par les édits du préteur.

Explication

Le droit prétorien, ou jus honorarium, est produit par les édits des préteurs et permet notamment de traiter des situations que la loi ne règle pas. La loi est votée par une assemblée, la coutume provient des usages et le jurisconsulte donne un avis plutôt qu’un édit.

15. Un litige oppose un citoyen romain à un étranger. Quel préteur est compétent pour rendre la justice ?

Le préteur pérégrin.
Le préteur urbain.
Le jurisconsulte.
Le préteur chargé des litiges entre citoyens romains.

Le préteur pérégrin.

Explication

Le préteur pérégrin intervient dans les affaires entre étrangers et entre étrangers et citoyens romains. Le préteur urbain juge les affaires entre citoyens romains, tandis que le jurisconsulte conseille sur le droit sans exercer cette compétence judiciaire.

16. À quelles dates s’étend le principat dans l’histoire romaine ?

De 284 à 565 de notre ère
De 509 à 27 av. notre ère
De 27 av. notre ère à 284 de notre ère
De 150 av. notre ère à 284 de notre ère

De 27 av. notre ère à 284 de notre ère

Explication

Le principat s’étend de 27 av. notre ère à 284 de notre ère. La période 509–27 av. notre ère correspond à la République, 284–565 au Bas-Empire et 150 av. notre ère–284 au droit classique.

17. Un historien décrit un texte voté par le Sénat, consultatif à l’origine puis doté d’une force de loi à la fin de la République. De quel type de texte s’agit-il ?

Un sénatus-consulte
Une constitution impériale
Un édit impérial
Un rescrit impérial

Un sénatus-consulte

Explication

Le sénatus-consulte est voté par le Sénat et acquiert une force de loi à la fin de la République, après avoir eu un rôle consultatif. La constitution impériale, l’édit et le rescrit relèvent du pouvoir normatif de l’empereur.

18. Un gouverneur reçoit de l’empereur des directives administratives pour l’aider à administrer sa province. Quelle forme de constitution impériale a-t-il reçue ?

Des mandata
Des decreta
Des rescripta
Des edicta

Des mandata

Explication

Les mandata sont des instructions administratives adressées notamment aux gouverneurs. Les edicta sont des déclarations impériales, les decreta des décisions rendues dans une affaire et les rescripta des réponses à une question posée à l’empereur.

19. Sous Auguste, un jurisconsulte défend des innovations en droit privé et une orientation pro-républicaine. À quel courant appartient-il ?

Aux proculiens
Aux sabiniens
Aux jurisconsultes impériaux
Aux sénateurs consultatifs

Aux proculiens

Explication

Les proculiens sont novateurs en droit privé et de tendance pro-républicaine. Les sabiniens sont au contraire traditionalistes et liés au régime impérial; les deux autres termes ne désignent pas l’école décrite.

20. Quelles dates délimitent le Bas-Empire romain ?

De 27 av. notre ère à 284 de notre ère
De 284 à 565 de notre ère
De 509 à 27 av. notre ère
De 284 à 476 de notre ère

De 284 à 565 de notre ère

Explication

Le Bas-Empire s’étend de 284 à 565 de notre ère. La période 27–284 correspond au principat, tandis que les autres intervalles ne délimitent pas le Bas-Empire.

21. Dans le Bas-Empire, quelle place l’empereur occupe-t-il comme source du droit laïc écrit, et quelle limite encadre son pouvoir ?

Les jurisconsultes sont la source active, dans l’intérêt de la res publica
L’Église est la source active, dans l’intérêt de la res publica
Il est la seule source active, dans l’intérêt de la res publica
Le Sénat est la source active, dans l’intérêt de la res publica

Il est la seule source active, dans l’intérêt de la res publica

Explication

Au Bas-Empire, l’empereur devient la seule source active du droit laïc écrit, mais doit exercer son pouvoir dans l’intérêt de la res publica. Le Sénat, les jurisconsultes et l’Église ne remplissent pas ce rôle dans l’unité visée.

22. Quels textes composent l’œuvre juridique de Justinien ?

Le Codex, le Digeste, les Institutes et les codices privés
Le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles
Le Codex, les Institutes, les Novelles et le code théodosien
Le Codex, le Digeste, la loi des citations et les Novelles

Le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles

Explication

L’œuvre de Justinien comprend le Codex, le Digeste ou Pandectes, les Institutes et les Novelles. La loi des citations, le code théodosien et les codices privés ne remplacent aucun de ces quatre éléments.

23. Quelle décision constitue un canon adopté lors d’un concile ?

Une décision prise par une assemblée d’évêques réunie localement ou à l’échelle générale de l’Église
Une règle édictée par un roi pour fixer les obligations de ses sujets
Une coutume d’un peuple mise par écrit pour assurer la paix sociale
Une règle formulée par le pape en réponse à une question juridique

Une décision prise par une assemblée d’évêques réunie localement ou à l’échelle générale de l’Église

Explication

Les canons sont les décisions prises par des assemblées d’évêques, qu’elles se réunissent localement ou à l’échelle générale de l’Église. La réponse pontificale relève des décrétales, la coutume écrite des lois barbares et la règle royale d’une autre forme de législation.

24. Un juriste interroge le pape sur une question de droit et reçoit une réponse qui formule une règle. De quelle source canonique s’agit-il ?

D’un canon conciliaire
D’une loi barbare
D’une doctrine patristique
D’une décrétale pontificale

D’une décrétale pontificale

Explication

Une décrétale est une réponse du pape à une question juridique qui formule une règle. Le canon vient d’une assemblée d’évêques, la doctrine patristique des écrits des Pères de l’Église et la loi barbare de la mise par écrit de coutumes.

25. Quel objectif caractérise les lois barbares lorsqu’elles fixent des sommes après certaines infractions ?

Unifier les lois de tous les peuples et remplacer leurs coutumes par une règle commune
Déterminer la loi d’origine des personnes et régler les conflits liés à leur naissance
Fixer le statut des esclaves et établir la loi applicable après leur affranchissement
Mettre les coutumes par écrit, préserver l’ordre social et permettre le rachat de la vengeance

Mettre les coutumes par écrit, préserver l’ordre social et permettre le rachat de la vengeance

Explication

Les lois barbares mettent par écrit les coutumes et visent la paix et l’ordre social; les sommes dues après certaines infractions permettent de racheter la vengeance. L’unification juridique, la détermination de la loi d’origine et le statut des affranchis sont d’autres questions.

26. Dans un tribunal appliquant la personnalité des lois, un homme est interrogé sur la loi qui le régit. Quelle réponse correspond au principe général ?

La loi de mon épouse, déterminée par notre mariage
La loi liée à ma naissance et à mes origines familiales
La loi du lieu où le tribunal examine mon affaire
La loi commune appliquée à tous les habitants du territoire

La loi liée à ma naissance et à mes origines familiales

Explication

La personnalité des lois rattache chacun à la loi correspondant à sa naissance, notamment déterminée par celle de son père et de ses ancêtres. Une loi commune à tous relève d’un autre système; la loi du mari concerne la femme mariée, et le lieu du procès ne fixe pas la loi personnelle.

27. Un enfant naît hors mariage dans une société appliquant la personnalité des lois. De quelle loi relève-t-il ?

De la loi du lieu où il est né
De la loi du mari de sa mère
De la loi de son père
De la loi de sa mère

De la loi de sa mère

Explication

L’enfant naturel, né hors mariage, relève de la loi de sa mère; la loi du père est celle de l’enfant légitime. La loi du mari concerne la femme mariée, tandis que le lieu de naissance ne détermine pas ici la loi applicable.

28. Une femme relevant d’une loi donnée épouse un homme soumis à une autre loi, puis devient veuve. Quelle loi conserve-t-elle en principe après le décès de son mari ?

La loi de son père ou de sa mère
La loi du lieu de résidence du couple
La loi de son mari
Sa loi d’origine

La loi de son mari

Explication

La femme mariée relève de la loi de son mari et la veuve la conserve en principe. La loi du père ou de la mère concerne la femme non mariée; la reprise de la loi d’origine est une possibilité associée à l’évolution de 822, et le lieu de résidence ne fixe pas cette loi.

29. Dans un royaume franc, les peuples se mêlent, leurs lois s’interpénètrent et les juges utilisent la même procédure au mallum, tout en perdant la connaissance des différentes lois. Quel effet ces changements favorisent-ils ?

Le déclin de la personnalité des lois
La création immédiate d’une loi royale uniforme
Le retour aux actes royaux mérovingiens
Le renforcement de la personnalité des lois

Le déclin de la personnalité des lois

Explication

La fusion des peuples, le mélange des lois, la procédure commune au mallum et la perte de culture des juges contribuent ensemble au déclin de la personnalité des lois. Le maintien des lois d’origine inverse le phénomène, les coutumes locales relèvent d’une autre évolution et les actes mérovingiens ne sont pas en cause ici.

30. Dans une région, tous les habitants sont soumis à la même loi en raison de leur résidence, quelle que soit leur loi d’origine. Quel principe caractérise cette situation ?

La personnalité des lois
La coutume liée au statut personnel
La territorialité de la loi
La coexistence des lois d’origine

La territorialité de la loi

Explication

La territorialité soumet les habitants d’un même territoire à une même loi, tandis que la personnalité des lois dépend de la loi d’origine de chacun. La coexistence de lois d’origine et le statut personnel correspondent donc à une logique différente; une coutume locale n’est pas la définition du principe demandé.

31. En 864, un juge applique l’édit de Pistes dans une terre où les jugements ne suivent pas la loi romaine. Quelle peine doit-il infliger au faux-monnayeur ?

Le bannissement du royaume
La perte de la main droite
Le paiement d’une amende
Un jugement selon la loi romaine

La perte de la main droite

Explication

Dans les terres où les affaires ne sont pas jugées selon la loi romaine, l’édit de Pistes prévoit que le faux-monnayeur perde la main droite. L’application de la loi romaine concerne l’autre catégorie de terres; l’amende et le bannissement ne sont pas les peines indiquées.

32. Un empereur franc envisage une ordonnance royale qui a été discutée avant son adoption. Quel terme désigne cette ordonnance, attesté à partir de 779 et issu du latin capitula ?

Un capitula missorum
Un capitulaire ecclésiastique
Un capitulaire
Un decretum

Un capitulaire

Explication

Un capitulaire est une ordonnance royale discutée avant son adoption par l’empereur; le terme vient de capitula et est attesté en 779. Decretum désigne un acte royal mérovingien, le capitulaire ecclésiastique est une catégorie particulière et les capitula missorum sont des instructions destinées aux envoyés impériaux.

33. Un juriste classe deux capitulaires francs : le premier porte sur une affaire de l’Église et le second sur une question de droit laïc. Quelle distinction doit-il retenir ?

Laïc pour l’Église, ecclésiastique pour le droit laïc
Laïc pour l’administration, ecclésiastique pour la justice
Ecclésiastique pour l’Empire, laïc pour les envoyés impériaux
Ecclésiastique pour l’Église, laïc pour le droit laïc

Ecclésiastique pour l’Église, laïc pour le droit laïc

Explication

La distinction repose sur le domaine traité : les capitulaires ecclésiastiques interviennent dans le domaine de l’Église, tandis que les capitulaires laïcs concernent le droit laïc. Inverser les catégories confond leurs objets; les envoyés impériaux et l’application territoriale ne définissent pas cette distinction.

34. Quelles sont les sources nouvelles du droit canonique franc ?

Les décrétales et les conciles
Les conciles et les règles monastiques
Les décrétales et les statuts épiscopaux
Les statuts épiscopaux et les règles monastiques

Les statuts épiscopaux et les règles monastiques

Explication

Les sources nouvelles comprennent les statuts épiscopaux et les règles monastiques. Les décrétales et les conciles sont des sources anciennes, ce qui explique les autres associations.

35. Une règle fixe un droit particulier applicable à une famille religieuse déterminée. De quel type de source canonique s’agit-il ?

D’une règle monastique
D’une décrétale
D’un statut épiscopal
D’un concile

D’une règle monastique

Explication

Les règles monastiques établissent un droit particulier applicable à certaines familles religieuses. Un statut épiscopal relève de l’évêque, un concile est une assemblée d’évêques, et une décrétale appartient aux sources anciennes.

36. Quelle description correspond à la coutume comme usage juridique ?

Une décision locale, transmise par des praticiens et acceptée par les tribunaux
Un usage répété, validé par un juge et adopté par les groupes voisins
Un usage spontané, garanti par la durée et accepté par le groupe concerné
Une règle écrite, imposée par une autorité et appliquée à un territoire

Un usage spontané, garanti par la durée et accepté par le groupe concerné

Explication

La coutume est un usage juridique de formation spontanée, garanti par la durée et accepté par le groupe social concerné. La règle imposée par une autorité confond coutume et législation, tandis que les autres formulations omettent ou déforment ses caractéristiques.

37. Dans un village, un usage est répété et accepté, mais il n’existe que depuis dix ans. La doctrine exige une durée de quarante ans pour établir la durée coutumière : cette condition est-elle remplie ?

Non, car il faudrait une durée supérieure à quarante ans
Oui, l’adhésion du groupe remplace le seuil de durée
Non, dix ans ne remplissent pas le seuil doctrinal de quarante ans
Oui, la répétition suffit à établir la durée requise

Non, dix ans ne remplissent pas le seuil doctrinal de quarante ans

Explication

La coutume repose notamment sur une durée immémoriale, fixée à quarante ans par la doctrine ; dix ans ne satisfont donc pas cette condition. La répétition et l’adhésion du groupe sont aussi nécessaires, mais ne remplacent pas la durée.

38. Un juge doit statuer sur une coutume connue de tous dans le ressort. Comment doit-il la traiter ?

La faire confirmer par un ouvrage de coutumes avant application
L’appliquer automatiquement, sans exiger qu’elle soit prouvée
Exiger qu’une partie apporte la preuve de son existence
L’écarter, car une coutume connue ne peut régir le litige

L’appliquer automatiquement, sans exiger qu’elle soit prouvée

Explication

Une coutume notoire étant connue de tous, le juge doit l’appliquer automatiquement. Exiger une preuve correspond au régime de la coutume privée, et un ouvrage coutumier n’est pas une condition générale d’application.

39. Dans un litige, un coutumier célèbre décrit la coutume d’une région. Quelle attitude le tribunal peut-il adopter ?

Le suivre s’il le juge utile, sans être obligé de le faire
Le suivre obligatoirement parce qu’il est célèbre
Le traiter comme une preuve qui s’impose aux parties et au juge
L’écarter nécessairement parce qu’il s’agit d’un ouvrage privé

Le suivre s’il le juge utile, sans être obligé de le faire

Explication

Les coutumiers sont des ouvrages privés sans force obligatoire pour les tribunaux, mais les juges peuvent néanmoins les suivre lorsqu’ils sont célèbres. La célébrité ne les rend donc pas contraignants, et leur caractère privé ne les rend pas inutilisables.

40. À quelle œuvre est associé le renouveau du droit romain à partir du XIIe siècle ?

Au Corpus juris civilis de Justinien
Au Décret de Gratien
Aux établissements royaux capétiens
Aux coutumiers du royaume de France

Au Corpus juris civilis de Justinien

Explication

Le renouveau du droit romain à partir du XIIe siècle est associé à l’étude du Corpus juris civilis de Justinien. Le Décret de Gratien relève du droit canonique, tandis que les coutumiers et les établissements royaux appartiennent à d’autres traditions juridiques.

41. Un enseignant médiéval lit un texte romain, en explique les passages et en tire de brèves règles générales sans examiner le contexte historique. Quelle méthode met-il en œuvre ?

La méthode exégétique des glossateurs
La méthode coutumière des juristes locaux
La méthode utilitaire des postglossateurs
La méthode historique des romanistes

La méthode exégétique des glossateurs

Explication

Les glossateurs lisent et expliquent les textes romains, en dégagent des gloses et suivent une méthode exégétique qui ne tient pas compte de l’histoire. L’adaptation au droit médiéval caractérise plutôt les postglossateurs; l’attention au contexte historique ne correspond pas à cette méthode.

42. Des juristes tirent des principes généraux de textes romains afin de les adapter au droit de leur époque médiévale. À quel courant correspondent-ils ?

Aux postglossateurs, comme Jacques de Revigny et Pierre de Belleperche
Aux commentateurs du droit canonique, comme Gratien
Aux rédacteurs de coutumiers, comme Philippe de Beaumanoir
Aux glossateurs, comme Irnerius et Accurse

Aux postglossateurs, comme Jacques de Revigny et Pierre de Belleperche

Explication

Les postglossateurs dégagent des principes des textes romains pour les adapter au droit médiéval. Les glossateurs se concentrent sur la lecture et l’explication des textes, tandis que la rédaction de coutumiers relève d’une autre activité.

43. Dans une région du Midi, une coutume ne règle pas une question juridique. Quelle source les juristes mobilisent-ils comme droit supplétoire ?

Une ordonnance royale
Une coutume voisine
Le droit canonique
Le droit romain

Le droit romain

Explication

Dans les pays de droit écrit du Midi et du Sud-Est, le droit romain complète les coutumes lorsqu’elles ne règlent pas une question. Le recours à une coutume voisine caractérise plutôt les pays de coutume du Nord.

44. Au XIIe siècle, un établissement royal crée une règle nouvelle destinée à s’appliquer dans plusieurs seigneuries, y compris hors du domaine du roi. Quelle caractéristique cette mesure illustre-t-elle ?

Une règle nouvelle d’application générale au-delà du domaine royal
Un privilège particulier réservé à son bénéficiaire dans le domaine royal
Une règle ancienne dont la portée reste limitée aux terres royales
Une coutume locale applicable aux seuls habitants d’une seigneurie

Une règle nouvelle d’application générale au-delà du domaine royal

Explication

À partir du XIIe siècle, les établissements royaux introduisent des règles nouvelles d’application générale qui dépassent le domaine royal. Un privilège individuel ou une règle limitée à une seigneurie ne correspond pas à cette portée.

45. Sur quel fondement le roi justifie-t-il l’exercice de son pouvoir normatif ?

L’approbation permanente de la cour des barons
La défense des intérêts privés de ses vassaux
Sa mission de protection et le commun profit
La seule confirmation des coutumes seigneuriales

Sa mission de protection et le commun profit

Explication

Le roi justifie son pouvoir normatif par sa mission de protection des habitants du royaume et par la notion de commun profit. Les intérêts privés des vassaux et l’approbation des barons ne constituent pas ce fondement.

46. Une ordonnance doit s’appliquer hors du domaine royal. Quelle évolution décrit le passage de l’approbation des vassaux à la décision royale ?

Le roi décide seul d’abord, puis sollicite progressivement l’approbation de tous les vassaux
L’approbation des vassaux est d’abord requise, puis les consultations se réduisent avant que le roi décide seul
La consultation des vassaux est d’abord facultative, puis devient une condition permanente
L’approbation de tous les barons reste requise, puis la décision passe à une assemblée de vassaux

L’approbation des vassaux est d’abord requise, puis les consultations se réduisent avant que le roi décide seul

Explication

L’application hors du domaine royal exige d’abord l’approbation des vassaux; le roi consulte ensuite des groupes moins larges avant de décider seul. L’évolution ne va donc ni vers des consultations croissantes ni vers une obligation permanente d’approbation.

47. Un souverain invoque le droit privé pour écarter une règle protégeant les intérêts supérieurs du royaume. Quel principe limite son pouvoir ?

Le droit privé s’impose à la Couronne, car elle se confond avec le roi
La loi du royaume s’impose au roi, car la Couronne est distincte de sa personne
Le roi peut écarter la loi du royaume au nom de ses droits privés
Les intérêts du royaume dépendent des engagements privés du souverain

La loi du royaume s’impose au roi, car la Couronne est distincte de sa personne

Explication

La Couronne, distincte de la personne physique du roi, protège les intérêts supérieurs du royaume et ne relève pas du droit privé; les lois du royaume s’imposent donc au souverain. Confondre la Couronne avec sa personne privée inverse ce principe.

48. À partir du XIIe siècle, un juge doit qualifier une règle générale applicable à tous les fidèles et une réponse juridique visant un cas particulier. Comment doit-il les nommer, dans cet ordre ?

Une décrétale, puis un rescrit
Une constitution, puis un canon conciliaire
Un rescrit, puis une constitution
Une constitution, puis un rescrit

Une constitution, puis un rescrit

Explication

À partir du XIIe siècle, la constitution est une loi générale et le rescrit une loi spéciale. Inverser constitution et rescrit confond les deux catégories ; la décrétale et le canon conciliaire ne désignent pas ici cette distinction.

49. Quelles autorités constituent les sources législatives canoniques ?

Le roi, les conciles et les synodes
Le pape, les conciles et les synodes
Le pape, les décrétales et les collections
Le pape, les évêques et les capitulaires

Le pape, les conciles et les synodes

Explication

Les sources législatives canoniques sont le pape, les conciles et les synodes. Les décrétales et les collections sont des textes ou des recueils, les évêques pris individuellement ne remplacent pas les synodes, et le roi relève du pouvoir laïc.

50. Quelle évolution caractérise le droit canonique écrit et la compétence de l’Église sur le mariage au Moyen Âge ?

Il influence le droit public laïc, et le mariage relève de l’Église depuis les IXe-Xe siècles
Il influence le droit privé laïc, et le mariage relève du pouvoir royal depuis les IXe-Xe siècles
Il influence le droit privé laïc, et le mariage relève de l’Église depuis les XIe-XIIe siècles
Il influence le droit privé laïc, et le mariage relève de l’Église depuis les IXe-Xe siècles

Il influence le droit privé laïc, et le mariage relève de l’Église depuis les IXe-Xe siècles

Explication

Au Moyen Âge, le droit canonique écrit influence le droit privé laïc et, depuis les IXe-Xe siècles, le mariage relève de l’Église. Le droit public, les XIe-XIIe siècles et la compétence royale substituent chacun une notion erronée à celle énoncée.

51. Quelle série de compilations, avec leurs dates, compose le Corpus juris canonici et demeure en vigueur jusqu’en 1917 ?

Le Décret de Gratien vers 1140, les Décrétales de Grégoire IX en 1298, le Sexte en 1234 et les Clémentines en 1314-1317
Le Décret de Gratien vers 1140, les Décrétales de Grégoire IX en 1234, le Sexte en 1314-1317 et les Clémentines en 1298
Le Décret de Gratien vers 1140, les Décrétales de Grégoire IX en 1234, le Sexte en 1298 et les Clémentines en 1314-1317
Le Décret de Burchard vers 1000, les Décrétales de Grégoire IX en 1234, le Sexte en 1298 et les Clémentines en 1314-1317

Le Décret de Gratien vers 1140, les Décrétales de Grégoire IX en 1234, le Sexte en 1298 et les Clémentines en 1314-1317

Explication

Le Corpus juris canonici réunit le Décret de Gratien vers 1140, les Décrétales de Grégoire IX de 1234, le Sexte de 1298 et les Clémentines de 1314-1317 ; il reste en vigueur jusqu’en 1917. Les autres propositions déplacent une date ou substituent au Décret de Gratien la collection de Burchard.

52. Un compilateur réunit des décisions conciliaires et pontificales, des écrits des Pères de l’Église et du droit romain, puis s’emploie à résoudre les désaccords entre opinions. De quelle œuvre s’agit-il ?

D’une collection antérieure au Décret de Gratien
Des Décrétales de Grégoire IX
Du Décret de Gratien
Du Corpus juris canonici dans son ensemble

Du Décret de Gratien

Explication

Le Décret de Gratien rassemble des sources canoniques, patristiques et romaines, puis cherche à concilier les opinions contradictoires. Le Corpus juris canonici désigne l’ensemble de plusieurs compilations ; les collections antérieures et les Décrétales ne correspondent pas à cette caractéristique.

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Quelles règles constituent le droit objectif ?

Des règles impersonnelles, obligatoires et applicables à tous, qui régissent la vie en société.

Quelles prérogatives constituent les droits subjectifs ?

Des prérogatives reconnues aux individus, comme le droit de propriété et le droit de vote.

Quelles sources directes du droit sont écrites ou non écrites ?

La loi est écrite et la coutume est non écrite.

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