Fiche de révision : Sources du droit médiéval

Plan du Cours

  1. Notions et sources du droit
  2. Sources du droit royal romain
  3. Droit romain et sacré
  4. Lois républicaines et plébiscites
  5. Sources de la fin républicaine
  6. Sources du droit sous le principat
  7. Jurisconsultes et droit romain
  8. Sources du droit au Bas-Empire
  9. Droit canonique et apports laïcs
  10. Lois barbares et personnalité des lois
  11. Décadence de la personnalité des lois
  12. Droit royal à l’époque franque
  13. Sources du droit canonique franc
  14. Coutume médiévale et preuve
  15. Renouveau du droit romain
  16. Législation royale médiévale
  17. Législation canonique médiévale
  18. Collections et doctrine canoniques

Repères chronologiques

  1. 449 av. notre èreLa loi des Douze Tables marque la laïcisation du droit romain.
  2. 449 à 150 av. notre èreLa législation postérieure à la loi des Douze Tables se développe.
  3. 150 à 27 av. notre èreLa période des deux derniers siècles républicains voit se multiplier les sources du droit.
  4. 131Sous Hadrien, l’édit du préteur est codifié et devient l’édit perpétuel.
  5. 325Le concile de Nicée condamne l’arianisme et traite des articles de la foi.
  6. 426La loi des citations permet aux juges de prendre en compte l’opinion des jurisconsultes.
  7. 502La loi Gombette est promulguée sous le règne de Gondebaud.
  8. 533Le Digeste est publié par la constitution Tanta après la compilation de travaux de jurisconsultes.
  9. 822Sous Louis le Débonnaire ou Louis le Pieux (814-840), la veuve reprend sa loi d’origine.
  10. 864L’édit de Pistes de Charles le Chauve prévoit que les terres où les jugements suivent la loi romaine sont jugées selon celle-ci et que, dans les autres terres, le faux-monnayeur perd la main droite.

1. Notions et sources du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit objectif : Ensemble des règles impersonnelles, obligatoires et applicables à tous qui régissent la vie en société.
  • Droits subjectifs : Prérogatives reconnues aux individus, comme le droit de propriété et le droit de vote.
  • Droit canonique : Ensemble des décisions des conciles, auxquelles s’ajoutent les décrétales pontificales.
  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues par les tribunaux qui complète la loi.

★ À maîtriser

  • Les sources directes du droit sont directement obligatoires et comprennent la coutume, source non écrite, et la loi, source écrite.

Compléments

📌 Le droit canonique vise le salut des âmes et est appliqué par les tribunaux ecclésiastiques, tandis que le droit séculier règle le comportement des hommes dans les domaines privé, public et pénal et est appliqué par les tribunaux laïcs.

  • La doctrine correspond aux travaux réalisés par des juristes, notamment les commentaires de décisions de justice, tandis que la pratique comprend notamment les actes notariés.

Astuce mémo

Le droit objectif règle la société ; les droits subjectifs appartiennent aux individus.

2. Sources du droit royal romain

Notions clés & Définitions

  • Coutume : Usage répété qui devient obligatoire lorsqu’il est reconnu et formulé par un groupe social donné.
  • Leges regiae : Les leges regiae sont des règles attribuées aux rois de Rome, dont l’origine est discutée : création des rois légendaires, décision des curies ou anciennes coutumes.

★ À maîtriser

  • La période royale romaine s’étend de 753 à 509 av. notre ère.

  • Les sources du droit royal romain sont rares et subordonnées au sacré.

Compléments

  • Les leges regiae portent essentiellement sur des questions de droit privé et leurs règles sont souvent attribuées à Romulus ou à Numa.

  • Les Romains distinguent notamment les coutumes des grandes familles, les gentes, et les usages régissant la cité, les mos majorum.

3. Droit romain et sacré

Notions clés & Définitions

  • Pontifes : Les pontifes sont les principaux prêtres romains, chargés de la religion et seuls considérés comme capables de mettre en œuvre et d’interpréter le droit.
  • Jus civile : Droit réservé aux citoyens romains et comprenant le droit privé et le droit public.
  • Sponsio : La sponsio est un contrat à caractère religieux dans lequel un stipulant demande à un répondant de promettre une prestation et celui-ci s’engage par une réponse orale.

Points essentiels

  • Les pontifes maîtrisent :

    • l’interprétation des signes divins
    • le calendrier des jours fastes et néfastes
    • la procédure judiciaire
  • Dans la procédure, l’emploi d’un terme incorrect pouvait entraîner la perte du procès, comme l’illustre l’obligation de prononcer exactement le verbe « promettre » dans la sponsio.

  • Pour établir des règles communes, les patriciens acceptent de remplacer les magistrats ordinaires par dix décemvirs élus pour un an par les comices centuriates.

  • La loi des Douze Tables est composée de fragments courts exposant des cas précis en termes simples et est affichée au forum pour être lue ou lue à voix haute aux citoyens.

  • La loi des Douze Tables prévoit notamment le pouvoir du paterfamilias sur les membres de sa famille et des sanctions pénales laïques que les juges doivent respecter.

Astuce mémo

Le lien au sacré donne aux pontifes le contrôle de l’interprétation juridique.

4. Lois républicaines et plébiscites

Notions clés & Définitions

  • Plébiscite : Décision prise par l’assemblée de la plèbe après proposition du tribun de la plèbe.

★ À maîtriser

  • Les lois de la cité sont votées par les comices centuries, auxquels les magistrats soumettent un projet de loi, ou rogatio, que l’assemblée ne peut pas amender.

Compléments

  • Le vote des comices centuries se fait par groupes répartis en cinq classes selon la fortune et l’âge, de sorte que la voix de chaque citoyen n’a pas le même poids.

  • Après le vote des comices centuries, le Sénat confirme ou infirme la loi par l’auctoritas patrum, puis la lex Publilia de 339 av. notre ère transforme cette ratification en autorisation préalable au vote.

  • Les plébéiens s’engagent par serment à respecter les décisions de leur assemblée, et les lois sacrées qui en résultent sont protégées par des sanctions religieuses.

Astuce mémo

Les comices votent les lois de la cité ; l’assemblée de la plèbe vote les plébiscites.

5. Sources de la fin républicaine

Notions clés & Définitions

  • Jurisconsultes : Les jurisconsultes sont des spécialistes du droit qui conseillent les plaideurs, les aident à rédiger des actes juridiques et donnent des avis sur des questions de droit.

Points essentiels

  • La lex Rhodia de iactu impose au capitaine qui sacrifie une partie de la cargaison pour sauver le reste de faire supporter la perte par l’ensemble des chargeurs.

  • Les lois somptuaires limitent différentes formes de luxe, notamment le nombre de convives, les vêtements et les ornements en or des femmes, dont le poids ne peut dépasser 14 grammes.

  • La lex Atilia permet de désigner un tuteur à une personne qui n’en a pas, notamment pour représenter un mineur sans famille.

6. Sources du droit sous le principat

Notions clés & Définitions

  • Droit prétorien : Le droit prétorien, ou jus honorarium, est produit par les édits des préteurs afin de traiter notamment des situations que la loi ne règle pas.
  • Jus gentium : Le jus gentium est un droit qui concerne les étrangers, contrairement au jus civile, réservé aux citoyens romains.

★ À maîtriser

  • Le préteur urbain rend la justice entre citoyens romains, tandis que le préteur pérégrin intervient entre étrangers et entre étrangers et citoyens romains.

Compléments

  • L’édit du préteur expose les principes selon lesquels il entend administrer la justice et vaut pendant la durée de ses fonctions, soit un an.

📌 La pars translaticia reprend l’ancienne partie de l’édit, tandis que la pars nova en constitue la partie nouvelle.

7. Jurisconsultes et droit romain

Notions clés & Définitions

  • Sénatus-consulte : Le sénatus-consulte est un texte voté par le Sénat, d’abord consultatif puis doté d’une force de loi à la fin de la République.
  • Constitutions impériales : Textes normatifs émanant de l’empereur et constituant une source du droit propre à celui-ci.

★ À maîtriser

  • Le principat s’étend de 27 av. notre ère à 284 de notre ère.

  • Les constitutions impériales comprennent : les mandata, instructions administratives données aux gouverneurs, les edicta, déclarations valables en principe dans tout l’Empire, les decreta, décisions rendues par l’empereur dans une affaire, les rescripta, réponses à une question posée à l’empereur

Compléments

  • Au milieu du Ier siècle, les écrits des premiers apôtres, notamment ceux de Paul, contribuent à régler les problèmes internes des chrétiens.

  • Sous Auguste, les jurisconsultes se divisent entre les sabiniens, traditionalistes en droit privé et alliés du régime impérial, et les proculiens, novateurs en droit privé et de tendance pro-républicaine.

  • Les jurisconsultes produisent notamment : des libri ad Sabinum consacrés au jus civile, des libri ad edictum consacrés aux matières du droit prétorien, des digesta de synthèse, des manuels d’enseignement, des recueils de questions juridiques, des notae critiques ou explicatives

8. Sources du droit au Bas-Empire

★ À maîtriser

  • Le Bas-Empire romain s’étend de 284 à 565 de notre ère.

  • Au Bas-Empire, l’empereur devient la seule source active du droit laïc écrit, même si son pouvoir doit s’exercer dans l’intérêt de la res publica.

  • L’œuvre de Justinien comprend :

    • le Codex
    • le Digeste ou Pandectes
    • les Institutes
    • les Novelles

Compléments

  • Les codices grégorien et hermogénien sont des compilations privées de constitutions impériales, élaborées respectivement en 291 et en 295.

  • Le code théodosien, décidé en 429 et publié en 438 en Orient et en Occident, rassemble en seize livres des constitutions émises depuis Constantin.

  • La coutume repose sur :

    • l’ancienneté
    • la constance
    • le consentement tacite du peuple
    • son caractère raisonnable
  • En 212, Caracalla accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’Empire, tandis que les droits locaux continuent d’exister et s’intègrent comme coutumes provinciales.

9. Droit canonique et apports laïcs

Notions clés & Définitions

  • Canons des conciles : Les canons des conciles sont les décisions prises par des assemblées d’évêques, réunies localement ou à l’échelle générale de l’Église.
  • Décrétales pontificales : Les décrétales pontificales sont des réponses du pape à des questions juridiques qui formulent des règles.

Points essentiels

  • Les sources indirectes du droit canonique comprennent la doctrine patristique et des apports laïcs issus notamment du droit romain.

📌 En droit romain, le divortium désigne le divorce par accord commun, tandis que le repudium permet à un époux de se séparer unilatéralement de l’autre.

10. Lois barbares et personnalité des lois

Notions clés & Définitions

  • Personnalité des lois : Le principe de la personnalité des lois veut que chacun conserve toute sa vie la loi correspondant à sa naissance, déterminée notamment par celle de son père et de ses ancêtres.

★ À maîtriser

  • Les lois barbares mettent par écrit les coutumes, visent à assurer la paix et l’ordre social et fixent des sommes pour racheter la vengeance après certaines infractions.

  • Un enfant naturel, né hors mariage, relève de la loi de sa mère, tandis qu’un enfant légitime relève de celle de son père.

  • Une femme non mariée relève de la loi de son père ou de sa mère, une femme mariée de la loi de son mari et une veuve conserve en principe la loi de son mari.

  • L’esclave, considéré comme une chose dépourvue de personnalité juridique, n’a pas de loi propre et reçoit une loi lorsqu’il est affranchi.

  • L’affranchi relève de la loi correspondant au mode d’affranchissement utilisé.

  • Une personne qui entre dans les ordres relève de la loi romaine, tandis que ses enfants nés auparavant conservent la loi d’origine de leur père.

  • En cas de conflit de lois, la loi du défendeur s’applique en principe, mais la loi de la victime s’applique en matière pénale.

Compléments

  • Les principales lois barbares citées sont :

    • le code d’Euric des Wisigoths
    • la loi Gombette des Burgondes
    • la loi salique des Francs
    • la loi ripuaire des Francs
  • Le Bréviaire d’Alaric est établi en 506 pour les Gallo-Romains vivant sous domination wisigothique, puis Clovis l’applique aux Gallo-Romains sous domination franque.

  • Un Gallo-Romain sous domination wisigothique affranchi selon la loi salique relève ensuite de la loi salique.

  • En matière contractuelle, le droit romain régit la forme du contrat et la loi du débiteur en régit le fond.

  • En matière de tutelle, la loi de l’enfant s’applique lorsqu’un problème survient avec le tuteur.

  • En matière successorale, la loi applicable est celle du défunt.

11. Décadence de la personnalité des lois

Notions clés & Définitions

  • Territorialité de la loi : La territorialité de la loi signifie qu’une même loi s’applique à tous les habitants d’un territoire donné, remplaçant le système de la personnalité des lois.

★ À maîtriser

  • La fusion des peuples, le mélange des lois, l’usage d’une procédure commune au mallum et la perte de culture des juges contribuent au déclin de la personnalité des lois.

Compléments

  • Le droit local mêle des fragments de droits anciens à des solutions nouvelles et prend la forme de coutumes locales.

Astuce mémo

Fusion des peuples et perte de culture → territorialité de la loi.

12. Droit royal à l’époque franque

Notions clés & Définitions

  • Capitulaire : Un capitulaire est une ordonnance royale discutée avant son adoption par l’empereur ; le terme vient du latin capitula et est attesté en 779.

★ À maîtriser

📌 Les capitulaires se divisent en capitulaires ecclésiastiques, qui interviennent dans le domaine de l’Église, et capitulaires laïcs, qui portent sur des questions de droit laïc.

Compléments

  • Les actes royaux mérovingiens sont appelés :

    • decretum
    • edictum
    • praeceptio
  • Les capitula per se scribenda s’appliquent à tout l’Empire et traitent notamment du droit public, de la justice, de l’administration ou de l’armée.

  • Les capitula legibus addenda complètent ou augmentent les lois des peuples.

  • Les capitula missorum sont des instructions administratives données aux missi dominici, les envoyés impériaux.

  • À partir de la seconde moitié du IXe siècle, l’activité normative royale se raréfie et les capitulaires deviennent souvent inadaptés aux préoccupations des populations.

13. Sources du droit canonique franc

Notions clés & Définitions

  • Concile : Un concile est une assemblée d’évêques organisée pour régir les Églises.

★ À maîtriser

  • Les sources nouvelles du droit canonique franc comprennent les statuts épiscopaux et les règles monastiques.

Compléments

  • L’évêque est législateur pour son peuple et peut rédiger des statuts épiscopaux.

  • Les règles monastiques établissent un droit particulier applicable à certaines familles religieuses.

  • La règle bénédictine organise la vie autour de :

    • la prière
    • le travail manuel
    • le travail intellectuel
  • En 827, Ansegise, abbé de Fontenelle, constitue un recueil de capitulaires de Charlemagne, de Louis le Pieux et de Lothaire, qui devient officiel en 829.

  • La doctrine ecclésiastique carolingienne réfléchit aux relations entre l’Église et le pouvoir laïc et absorbe une partie du droit de paix dans le droit canonique.

14. Coutume médiévale et preuve

Notions clés & Définitions

  • Coutume : La coutume est un usage juridique de formation spontanée, garanti par la durée et accepté par le groupe social concerné.

★ À maîtriser

  • La coutume repose sur la répétition, une durée immémoriale — fixée à 40 ans par la doctrine — et l’adhésion du groupe social concerné.

📌 Une coutume notoire, connue de tous, doit être appliquée automatiquement par le juge, tandis qu’une coutume privée doit être prouvée.

  • Les coutumiers sont des ouvrages privés rédigés par des jurisconsultes ou des praticiens sur les coutumes d’une région ou des régions voisines, et les tribunaux ne sont pas obligés de les suivre.

Compléments

📌 La coutume est rigide parce qu’elle s’impose aux individus, mais souple parce que, orale, elle peut évoluer avec les mœurs et le groupe social.

  • Les coutumes peuvent varier selon les bailliages, les sénéchaussées ou les ressorts d’une seigneurie, et une seigneurie peut comporter plusieurs coutumes.

  • La coutume est parcellaire, liée aux territoires et aux groupes sociaux, et peut régir les domaines juridique, économique et social.

  • Dans le Midi, deux témoignages concordants établissent l’existence d’une coutume privée, tandis que dans le Nord, la preuve se fait par enquête de turbe menée par dix personnes désignant un rapporteur.

  • En 1498/1499, une ordonnance de Louis XII exige deux turbes de dix personnes pour prouver une coutume.

  • Avant le XIIIe siècle, le roi ne peut pas modifier la coutume et doit respecter les prescriptions du droit romain et du droit canonique.

  • Le roi peut abolir les mauvaises coutumes et confirmer les coutumes bonnes et équitables, ce qui lui permet de réguler les coutumes.

  • Les coutumes sont conservées dans des chartes et actes privés, des cartulaires, des chartes de villes, des recueils de décisions judiciaires et des coutumiers privés.

15. Renouveau du droit romain

★ À maîtriser

  • Le renouveau du droit romain à partir du XIIe siècle est associé à l’étude du Corpus juris civilis de l’empereur Justinien.

  • Les glossateurs lisent et expliquent les textes romains, dégagent des principes généraux appelés gloses et utilisent une méthode exégétique qui ne tient pas compte de l’histoire.

  • Les postglossateurs, notamment Jacques de Revigny et Pierre de Belleperche, dégagent des principes généraux des textes romains pour les adapter au droit médiéval.

📌 Dans les pays de droit écrit du Sud-Est et du Midi, le droit romain sert de droit supplétoire lorsque les coutumes ne règlent pas une question, tandis que dans les pays de coutume du Nord on se réfère plutôt à la coutume voisine.

Compléments

  • Irnerius, professeur à Bologne de 1088 à 1125, est présenté comme l’initiateur de la méthode des glossateurs.

  • Accurse rassemble les gloses principales dans la Glose ordinaire, également appelée Grande Glose.

  • Les réactions au droit romain comprennent : la renonciation à certaines règles romaines dans des actes notariés, la rédaction des coutumes locales, l’opposition politique à son enseignement à Paris

  • En 1219, Philippe Auguste obtient du pape Honorius III la décrétale Super specula, qui met fin à l’enseignement du droit romain à l’université de Paris.

  • Les légistes royaux adoptent la formule « le roi de France est empereur en son royaume » pour écarter l’idée que l’usage du droit romain soumettrait le roi à l’empereur germanique.

16. Législation royale médiévale

Notions clés & Définitions

  • Loi du royaume : La loi du royaume protège les intérêts supérieurs du royaume et s’impose au roi, car la Couronne, distincte de la personne physique du souverain, ne peut être soumise au droit privé.

★ À maîtriser

  • À partir du XIIe siècle, les établissements royaux introduisent des règles nouvelles d’application générale qui ne se limitent pas au domaine royal.

  • Le roi justifie l’exercice de son pouvoir normatif par sa mission de protection et la notion de commun profit.

  • Pour qu’une ordonnance royale s’applique hors du domaine royal, l’approbation des vassaux est d’abord nécessaire, puis le roi se contente progressivement de consultations moins larges avant de décider seul.

Compléments

  • En 1575, les lois du royaume prennent le nom de lois fondamentales, notamment pour les règles de transmission et d’inaliénabilité de la Couronne.

17. Législation canonique médiévale

Notions clés & Définitions

  • Synode diocésain : Un synode diocésain est une assemblée de clercs d’un diocèse, à laquelle des laïcs peuvent parfois participer, et dont les statuts sont préparés par l’évêque, législateur unique dans son diocèse.

★ À maîtriser

  • Au Moyen Âge, le droit canonique écrit influence le droit privé laïc et, depuis les IXe-Xe siècles, le mariage relève de l’Église.

  • Les sources législatives canoniques sont :

    • le pape
    • les conciles
    • les synodes

📌 À partir du XIIe siècle, les constitutions sont des lois générales, tandis que les rescrits sont des lois spéciales.

Compléments

📌 En cas de contradiction entre deux constitutions, la plus récente est retenue.

  • Les canons conciliaires ne peuvent contredire les décrétales et servent à les adapter ou à les compléter selon les exigences locales.

18. Collections et doctrine canoniques

★ À maîtriser

  • Le Corpus juris canonici comprend le Décret de Gratien (vers 1140), les Décrétales de Grégoire IX (1234), le Sexte (1298) et les Clémentines (1314-1317), et reste en vigueur jusqu’en 1917.

  • Le Décret de Gratien rassemble des décisions conciliaires et pontificales, des écrits des Pères de l’Église et du droit romain, puis cherche à concilier les opinions contradictoires.

Compléments

  • Le Décret de Gratien comprend trois parties :
    • les Distinctions
    • les Causae
    • le De consecratione

📌 Pour Gratien, le mariage commence par l’accord des volontés et devient parfait par l’union charnelle, appelée unitas carnis.

  • Les collections de décrétales sont d’abord privées, puis des collections officielles apparaissent à partir de 1234, notamment les Décrétales de Grégoire IX, le Sexte de 1298 et les Clémentines de 1314-1317.

  • La doctrine canonique se développe dans les universités, notamment par les sommes, les gloses, les apparatus, les quaestiones et les traités spécialisés.

  • En droit canonique, la coutume peut interpréter ou suppléer la loi, mais son autorité est limitée par le droit divin, le droit naturel, la raison et la législation écrite.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Sources du droit médiéval avec 52 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel concept désigne l’ensemble des règles impersonnelles, obligatoires et applicables à tous qui organisent la vie en société ?

2. Une personne invoque son droit de vote et son droit de propriété comme des prérogatives qui lui sont reconnues. De quelle notion s’agit-il ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Sources du droit médiéval avec 91 flashcards interactives.

Quelles règles constituent le droit objectif ?

Des règles impersonnelles, obligatoires et applicables à tous, qui régissent la vie en société.

Quelles prérogatives constituent les droits subjectifs ?

Des prérogatives reconnues aux individus, comme le droit de propriété et le droit de vote.

Quelles sources directes du droit sont écrites ou non écrites ?

La loi est écrite et la coutume est non écrite.

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