QCM : Droit constitutionnel et théorie de l’État (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle matière étudie les règles relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’État et des personnes publiques ?

Le droit administratif
Le droit civil
Le droit international public
Le droit constitutionnel

Le droit constitutionnel

Explication

Le droit constitutionnel porte sur les règles qui organisent l’État et les personnes publiques et régissent leur fonctionnement. Le droit administratif vise l’action administrative, le droit civil les rapports entre personnes privées et le droit international public les relations entre sujets internationaux.

2. Un gouvernement cherche à exercer ses prérogatives sans limites juridiques. Quel rôle du droit constitutionnel s’oppose à cette démarche ?

Déterminer la politique diplomatique menée par l’État
Régir les contrats conclus entre l’État et les particuliers
Attribuer au gouvernement les compétences des juridictions civiles
Encadrer l’exercice du pouvoir de l’État et en limiter l’action

Encadrer l’exercice du pouvoir de l’État et en limiter l’action

Explication

Le droit constitutionnel encadre l’exercice du pouvoir étatique et contribue à en limiter l’action. Attribuer des compétences, régir les contrats ou définir la politique diplomatique ne correspond pas à ce rôle général.

3. Une règle constitutionnelle organise une pratique politique sans figurer dans le texte de la constitution. Quelle conclusion correspond à la distinction formulée par George Vedel ?

Une règle non inscrite dans la constitution ne peut être constitutionnelle
Le droit constitutionnel peut dépasser les règles écrites dans la constitution
La pratique politique relève nécessairement du droit international
Le droit constitutionnel se limite aux dispositions votées par le parlement

Le droit constitutionnel peut dépasser les règles écrites dans la constitution

Explication

Pour George Vedel, le droit constitutionnel ne se réduit pas au droit écrit dans la constitution : certaines de ses règles peuvent ne pas y figurer. Le limiter au texte confond le droit constitutionnel avec les seules dispositions constitutionnelles écrites.

4. Comment caractériser l’État lorsqu’on souligne qu’il n’a pas d’existence physique propre, mais organise un pouvoir politique et juridique ?

Un groupe physique constitué par les gouvernants en fonction
Une addition des organes dirigeants et des moyens de contrainte
Un territoire matériel dépourvu de rapport de pouvoir
Une fiction juridique organisant un rapport de pouvoir politique et juridique

Une fiction juridique organisant un rapport de pouvoir politique et juridique

Explication

L’État est une fiction juridique sans entité physique propre, qui organise un rapport de pouvoir politique et juridique. L’identifier aux gouvernants ou aux seuls moyens de contrainte réduit cette notion abstraite à certains de ses éléments.

5. Un chercheur décrit l’État comme la personnification juridique de la collectivité, plutôt que comme une simple addition d’organes dirigeants et de moyens de contrainte. Quelle perspective adopte-t-il ?

La perspective holiste
La perspective réductionniste
La perspective féodale
La perspective souverainiste

La perspective holiste

Explication

La perspective holiste conçoit l’État comme la personnification juridique de la collectivité, conception associée à Raymond Carré de Malberg. La perspective réductionniste, elle, le ramène à la somme des organes dirigeants et des moyens de contrainte.

6. Dans un territoire, le pouvoir passe de manière continue d’un dirigeant à l’autre sans dépendre de leurs liens familiaux. Quelle caractéristique distingue cette organisation du modèle féodal ?

Le pouvoir se fragmente entre des autorités familiales concurrentes
Le pouvoir demeure attaché aux personnes et aux familles
Le pouvoir dépend des liens héréditaires entre dirigeants
Le pouvoir tend à devenir impersonnel et continu

Le pouvoir tend à devenir impersonnel et continu

Explication

L’État moderne tend à rendre le pouvoir impersonnel et continu, contrairement au modèle féodal où il est attaché aux personnes et aux familles. La transmission familiale correspond donc au modèle féodal, non à la caractéristique décrite.

7. Quelle définition Jean Bodin donne-t-il de la souveraineté dans *Les Six Livres de la République* ?

La puissance perpétuelle du prince, partagée entre les familles dirigeantes
La puissance absolue et perpétuelle d’une république, indivisible et exercée par l’État
L’autorité morale d’une république, distincte de tout pouvoir étatique
La puissance temporaire et divisible d’une république, exercée par ses organes

La puissance absolue et perpétuelle d’une république, indivisible et exercée par l’État

Explication

Pour Jean Bodin, la souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une république, indivisible et exercée par l’État. La présenter comme temporaire, divisible ou exercée par le prince plutôt que par l’État déforme cette définition.

8. Comment les théories du contrat social expliquent-elles la formation de l’État ?

Par un mandat divin conférant le pouvoir à un souverain
Par la victoire d’un groupe qui impose son autorité aux autres
Par un accord hypothétique transférant le pouvoir à une autorité commune
Par un acte historique signé entre des dirigeants déjà constitués

Par un accord hypothétique transférant le pouvoir à une autorité commune

Explication

Le contrat social est une fiction philosophique qui imagine le transfert du pouvoir des hommes à une autorité commune. Le pacte historique le prend pour un événement réel, le mandat divin renvoie à une autre justification du pouvoir et la conquête ne correspond pas à l’accord hypothétique.

9. Quel ouvrage présente la conception autoritaire de l’État défendue par Thomas Hobbes ?

Le Traité du gouvernement civil
Du contrat social
Le Léviathan
Contribution à la théorie générale de l’État

Le Léviathan

Explication

Thomas Hobbes expose sa conception autoritaire de l’État dans Le Léviathan. Le Traité du gouvernement civil est associé à Locke, Du contrat social à Rousseau et l’ouvrage de Carré de Malberg porte sur la théorie générale de l’État.

10. Dans un scénario inspiré de Hobbes, des individus renoncent à leur pouvoir au profit d’un souverain afin d’échapper à l’insécurité. Quelle règle caractérise ce transfert ?

Le pouvoir est remis à un souverain tout-puissant pour assurer sécurité et conservation
Le pouvoir demeure entre les mains de chacun, sans autorité commune
Une partie du pouvoir est déléguée à un gouvernement pour protéger les droits naturels
Le souverain reçoit un pouvoir limité par la protection des droits naturels

Le pouvoir est remis à un souverain tout-puissant pour assurer sécurité et conservation

Explication

Chez Hobbes, les hommes abandonnent leur pouvoir à un souverain tout-puissant afin d’assurer leur conservation et leur sécurité. Le transfert limité relève de Locke, tandis que le maintien du pouvoir individuel ne décrit pas le mécanisme hobbesien.

11. Un gouvernement cesse de protéger les droits naturels de la population. Quelle possibilité la théorie de Locke reconnaît-elle alors au peuple ?

Dissoudre automatiquement tout pouvoir politique organisé
Résister au gouvernement et, si nécessaire, se révolter
Continuer d’obéir sans pouvoir contester le gouvernement
Renforcer le pouvoir du souverain afin de préserver l’ordre

Résister au gouvernement et, si nécessaire, se révolter

Explication

Pour Locke, le peuple conserve le droit de résister et de se révolter si l’État trahit sa mission de protection des droits naturels. L’obéissance sans contestation évoque une conception différente, et la dissolution automatique du pouvoir ne constitue pas la règle énoncée.

12. Quels sont les trois éléments constitutifs de l’État identifiés par Raymond Carré de Malberg ?

Une population, une nationalité et une reconnaissance internationale
Un territoire, des frontières maritimes et une souveraineté économique
Une population, un territoire et un pouvoir politique organisé
Une nationalité, un gouvernement élu et une reconnaissance diplomatique

Une population, un territoire et un pouvoir politique organisé

Explication

Carré de Malberg identifie une population, un territoire et un pouvoir politique organisé comme les trois éléments constitutifs de l’État. La reconnaissance internationale, les frontières maritimes ou le seul statut de national ne remplacent pas l’un de ces éléments.

13. Dans l’analyse juridique de l’État, que désigne le territoire ?

La seule ligne de frontières qui sépare l’État de ses voisins
L’ensemble des institutions qui créent et appliquent le droit
L’ensemble des personnes liées juridiquement à l’État ou qui y résident
L’espace où s’exerce la puissance publique et les ressources dont l’État peut disposer

L’espace où s’exerce la puissance publique et les ressources dont l’État peut disposer

Explication

Le territoire comprend l’espace géographique où s’exerce la puissance publique ainsi que les ressources dont l’État peut disposer. La population désigne les personnes, les frontières ne résument pas le territoire et les institutions relèvent du pouvoir politique.

14. Un État côtier souhaite exploiter et explorer des ressources marines dans sa zone économique exclusive. Jusqu’à quelle distance des côtes cette zone s’étend-elle ?

Jusqu’à 400 km
Jusqu’à 700 km
Jusqu’à 44 km
Jusqu’à 22 km

Jusqu’à 400 km

Explication

La zone économique exclusive s’étend jusqu’à 400 km des côtes et confère des droits d’exploitation et d’exploration des ressources. La distance de 700 km est associée au plateau continental, tandis que 22 km et 44 km correspondent à d’autres espaces maritimes décrits dans le cours.

15. Un territoire est habité, mais aucune autorité indépendante n’y exerce effectivement la création et l’application du droit. Quelle conclusion juridique s’impose ?

L’État existe dès lors que le territoire est géographiquement délimité
L’État ne peut être considéré comme constitué sans pouvoir politique effectif
L’État existe dès lors qu’une population réside sur le territoire
L’État ne peut exister qu’en adoptant la forme d’une république

L’État ne peut être considéré comme constitué sans pouvoir politique effectif

Explication

L’existence d’un État exige une autorité indépendante capable de créer et d’appliquer le droit sur son territoire. La population et le territoire sont également nécessaires, mais ne remplacent pas ce pouvoir effectif; la forme républicaine n’est pas requise.

16. Une association poursuit l’État devant un tribunal pour obtenir réparation d’un préjudice. Quelle caractéristique juridique permet à l’État d’être partie à cette action ?

Son égalité juridique avec les autres États, qui lui ouvre les tribunaux
Sa personnalité de personne morale de droit public, avec capacité d’agir en justice
Son patrimoine propre, qui lui confère une compétence judiciaire
Sa souveraineté, qui lui attribue un pouvoir sur le territoire

Sa personnalité de personne morale de droit public, avec capacité d’agir en justice

Explication

La personnalité juridique de l’État lui donne des droits, des devoirs, un patrimoine propre et la capacité d’agir en justice. La souveraineté concerne l’exercice de la puissance étatique, le patrimoine ne suffit pas à expliquer l’action en justice et l’égalité entre États relève des relations internationales.

17. Quelle notion désigne la puissance de l’État sur son territoire et son indépendance à l’égard des autres États ?

La souveraineté
La personnalité juridique
Les compétences régaliennes
La nation

La souveraineté

Explication

La souveraineté désigne la puissance de l’État à l’intérieur de son territoire ainsi que son indépendance envers les autres États. La personnalité juridique concerne son statut de personne morale, la nation désigne une communauté politique, et les compétences régaliennes sont des pouvoirs essentiels de l’État.

18. Un gouvernement affirme que les États sont indépendants les uns des autres et égaux en droit dans l’ordre international. À quelle dimension de la souveraineté cette affirmation renvoie-t-elle ?

À la souveraineté interne
À la souveraineté externe
À la souveraineté populaire
À la souveraineté nationale

À la souveraineté externe

Explication

La souveraineté externe correspond à l’indépendance de l’État à l’égard des autres États et à leur égalité juridique. La souveraineté interne désigne le pouvoir sur le territoire et la population, tandis que la souveraineté nationale et la souveraineté populaire renvoient à la question du titulaire de la souveraineté.

19. Dans un débat français, une proposition affirme que la souveraineté appartient à la communauté politique qui englobe aussi les générations passées et futures. Quel est le titulaire ainsi désigné ?

L’État
La nation
Le peuple
Les collectivités territoriales

La nation

Explication

En France, la souveraineté appartient à la nation, qui comprend les générations passées et futures. Le peuple désigne la somme des individus vivant sur le territoire, l’État est la personne morale de droit public, et les collectivités territoriales ne sont pas le titulaire indiqué ici.

20. Un pays adopte une seule structure politique pour l’ensemble des compétences souveraines et applique le même ordre constitutionnel à tous ses citoyens. De quel type d’État s’agit-il ?

Un État centralisé
Un État unitaire
Un État fédéral
Une collectivité décentralisée

Un État unitaire

Explication

Un État unitaire concentre les compétences de souveraineté dans une seule structure politique et applique un ordre constitutionnel unique. Un État fédéral répartit le pouvoir entre plusieurs niveaux constitutionnels, la centralisation décrit l’organisation des décisions et une collectivité décentralisée est une entité locale autonome.

21. Dans un pays, le gouvernement national prend les décisions et les collectivités locales disposent d’une autonomie très limitée. Quelle organisation caractérise cette situation ?

Un État fédéral
Un État décentralisé
Un État centralisé
Une administration déconcentrée

Un État centralisé

Explication

Dans un État centralisé, les décisions sont prises par le pouvoir central et les collectivités locales ont une autonomie très limitée. La déconcentration délègue l’exercice administratif à des autorités locales tout en maintenant la hiérarchie, tandis que la décentralisation crée des personnes morales autonomes.

22. Un préfet reçoit des compétences administratives pour appliquer localement une politique nationale, mais reste placé sous l’autorité hiérarchique de l’État. Quel mécanisme est mis en œuvre ?

Le contrôle de légalité
La déconcentration
Le fédéralisme
La décentralisation

La déconcentration

Explication

La déconcentration délègue des compétences administratives à des autorités locales qui restent dans la hiérarchie de l’État. La décentralisation crée des personnes morales autonomes, le fédéralisme organise plusieurs niveaux de pouvoir politique, et le contrôle de légalité concerne le contrôle juridique des actes locaux.

23. Une collectivité territoriale adopte un acte que l’État central estime illégal. Quel type de contrôle l’État peut-il exercer sans sanctionner la collectivité par un lien hiérarchique ?

Une tutelle administrative de direction
Aucun contrôle
Un contrôle juridique
Un contrôle hiérarchique

Un contrôle juridique

Explication

L’État central ne peut pas sanctionner une collectivité territoriale par un contrôle hiérarchique ; seul un contrôle juridique peut s’exercer. Le contrôle hiérarchique suppose une relation de subordination, l’absence de hiérarchie n’exclut pas le contrôle de légalité, et la direction des services locaux ne décrit pas le contrôle prévu.

24. Un gouvernement décide d’engager une guerre contre un autre État. Quelle compétence régalienne est en jeu ?

Le monopole de la défense et de la sécurité
Le monopole de la fonction juridictionnelle
La gestion de la monnaie et de la fiscalité
La conduite des relations diplomatiques

Le monopole de la défense et de la sécurité

Explication

La déclaration de guerre relève du monopole étatique de la défense et de la sécurité. La diplomatie, la monnaie et la justice sont d’autres compétences régaliennes, mais elles ne désignent pas cette compétence précise.

25. Une théorie affirme que la souveraineté française appartient uniquement aux personnes présentes aujourd’hui sur le territoire. Quelle distinction permet de corriger cette affirmation ?

La souveraineté appartient au peuple, limité aux générations passées et futures
La souveraineté appartient à la nation, qui comprend plusieurs générations
La souveraineté appartient au territoire, qui rassemble les générations successives
La souveraineté appartient à l’autorité exécutive, qui représente les citoyens présents

La souveraineté appartient à la nation, qui comprend plusieurs générations

Explication

En France, la souveraineté appartient à la nation, qui inclut les générations passées, présentes et futures, tandis que le peuple désigne les individus présents sur le territoire. Assimiler la nation à la population actuelle confond ces deux notions.

26. Comment peut se présenter un État composé ?

Comme un État unitaire dont les collectivités disposent de compétences locales
Comme un regroupement d’entités politiques sous forme confédérale ou fédérale
Comme une fédération constituée sans autre forme d’union politique
Comme une alliance militaire entre États sans regroupement politique

Comme un regroupement d’entités politiques sous forme confédérale ou fédérale

Explication

Un État composé est un regroupement d’entités politiques qui peut prendre la forme d’une confédération ou d’une fédération. Le réduire à l’État unitaire décentralisé ou à la seule fédération écarte cette définition.

27. Dans une union, chaque État membre conserve sa souveraineté et dispose du même statut que les autres. Quelle caractéristique cette situation illustre-t-elle ?

La superposition des institutions fédérales et des institutions fédérées
La souveraineté partagée et l’inégalité possible des États fédérés
La souveraineté et l’égalité des États membres d’une confédération
L’organisation constitutionnelle d’un nouvel État fédéral

La souveraineté et l’égalité des États membres d’une confédération

Explication

Dans une confédération, chaque État membre conserve sa souveraineté et son égalité avec les autres. Attribuer ces deux caractéristiques aux États fédérés confond la confédération avec la fédération.

28. Un projet d’union entre plusieurs entités prévoit de reposer sur une Constitution plutôt que sur un traité international. À quelle forme d’État composé correspond-il ?

À une fédération fondée sur un traité international
À une confédération fondée sur un traité international
À une fédération fondée sur une Constitution
À une confédération fondée sur une Constitution

À une fédération fondée sur une Constitution

Explication

La fédération repose sur une Constitution, alors que la confédération est organisée par un traité international. Assimiler le traité à la fédération inverse la distinction entre leurs bases juridiques.

29. Un analyste décrit une fédération en mettant l’accent sur la coexistence de deux niveaux institutionnels, la capacité de décision des États fédérés et leur contribution aux décisions communes. Quels principes mobilise-t-il ?

L’autonomie, la centralisation et l’unité institutionnelle
La participation, le traité international et l’égalité
La superposition, l’égalité et la souveraineté internationale
La superposition, la participation et l’autonomie

La superposition, la participation et l’autonomie

Explication

L’organisation fédérale repose sur la superposition, la participation et l’autonomie. L’égalité souveraine à l’international caractérise plutôt les États membres d’une confédération, tandis que le traité international est la base juridique de celle-ci.

30. Quels sont les deux volets que comprend classiquement le contenu d’une Constitution ?

L’encadrement de l’exercice du pouvoir et la garantie des droits fondamentaux
L’organisation des institutions et la détermination de la procédure législative
La séparation des pouvoirs et l’organisation territoriale de l’État
La création des organes politiques et la hiérarchie des règlements

L’encadrement de l’exercice du pouvoir et la garantie des droits fondamentaux

Explication

Le contenu classique associe des règles qui encadrent l’exercice du pouvoir et des règles qui garantissent les droits fondamentaux. Le « seul volet institutionnel » omet la garantie des droits, l’« organisation territoriale » ne remplace pas ce second volet, et la « procédure législative » ne correspond pas aux deux éléments identifiés.

31. Une Constitution crée plusieurs organes politiques et précise les compétences juridiques de chacun. Quelle fonction remplit-elle ainsi ?

Elle définit les organes de l’État, puis attribue à chacun ses compétences
Elle fixe les règles de révision, puis détermine les sanctions applicables
Elle protège les droits individuels, puis confie leur contrôle aux citoyens
Elle attribue d’abord les compétences, puis laisse les organes se constituer

Elle définit les organes de l’État, puis attribue à chacun ses compétences

Explication

Le volet institutionnel crée ou définit les organes politiques de l’État, puis attribue à chacun ses compétences juridiques. La « protection des droits » relève de l’autre volet classique, tandis que l’inversion des étapes et la procédure de révision ne décrivent pas cette fonction.

32. Une autorité publique s’abstient d’entraver une liberté fondamentale et met en place des mesures pour la protéger. Quelle exigence de la garantie des droits respecte-t-elle ?

Inscrire les libertés dans un texte sans devoir en assurer la protection
Attribuer aux organes publics la compétence de définir les libertés
S’abstenir de porter atteinte aux droits et agir pour les protéger
S’abstenir de porter atteinte aux droits sans prendre de mesures protectrices

S’abstenir de porter atteinte aux droits et agir pour les protéger

Explication

La garantie des droits impose à l’État à la fois de ne pas porter atteinte aux droits fondamentaux et d’agir pour les protéger. L’« abstention sans mesures protectrices » néglige l’obligation d’action, tandis que l’attribution de compétences et la simple inscription formelle ne suffisent pas à exprimer cette garantie.

33. Depuis quelle année la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen fait-elle partie du bloc de constitutionnalité en France ?

Depuis 1971
Depuis 1958
Depuis 1789
Depuis 1946

Depuis 1971

Explication

En France, la DDHC fait partie du bloc de constitutionnalité depuis 1971. L’année 1958 renvoie à la Constitution actuelle, 1789 à la Déclaration elle-même et 1946 à une autre étape constitutionnelle.

34. Une juriste classe une norme comme constitutionnelle parce qu’elle porte sur l’organisation des pouvoirs publics et les droits des personnes, sans examiner la procédure qui l’a créée. Quel critère utilise-t-elle ?

Le critère matériel, fondé sur le contenu de la norme
Le critère formel, fondé sur la procédure de création
Le critère hiérarchique, fondé sur la place dans l’ordre juridique
Le critère territorial, fondé sur la répartition des compétences

Le critère matériel, fondé sur le contenu de la norme

Explication

La Constitution au sens matériel s’identifie par le contenu des normes, notamment l’organisation des pouvoirs publics, le fonctionnement des institutions et les droits et libertés. Le critère « formel » dépend de la procédure de création, l’organisation territoriale n’est qu’un domaine parfois ajouté, et le rang hiérarchique ne définit pas ici le critère matériel.

35. Deux textes abordent le même sujet, mais l’un a été adopté par une procédure renforcée et spécifique, souvent plus complexe que celle des lois. Quel critère permet de l’identifier comme constitutionnel au sens formel ?

Son adoption selon la procédure ordinaire applicable aux lois
Son adoption selon une procédure spécifique et renforcée
Son contenu portant sur un domaine jugé important
Sa place supérieure dans la hiérarchie, indépendamment de son adoption

Son adoption selon une procédure spécifique et renforcée

Explication

Au sens formel, une norme constitutionnelle est inscrite dans un texte produit par une procédure spécifique, renforcée et souvent plus complexe que celle des lois ou des règlements. Le « domaine important » relève du critère matériel, le rang seul ne précise pas la procédure, et la procédure ordinaire des lois ne correspond pas au critère formel décrit.

36. Quel élément caractérise une Constitution écrite ?

Un ensemble de textes législatifs ordinaires réunis par leur objet
Un texte constitutionnel dont la validité dépend de sa durée
Un texte constitutionnel écrit, spécifique et distinct des autres textes
Des pratiques politiques répétées sans document constitutionnel spécifique

Un texte constitutionnel écrit, spécifique et distinct des autres textes

Explication

Une Constitution écrite est un texte constitutionnel écrit, spécifique et distinct des autres textes. L’ensemble de textes ordinaires confond constitution et législation, les pratiques non codifiées relèvent d’une constitution coutumière, et la durée n’est pas un critère de définition.

37. Dans un pays, les règles fondamentales proviennent de pratiques répétées depuis longtemps et acceptées généralement, sans être réunies dans un texte constitutionnel unique. De quel type de constitution s’agit-il ?

D’une Constitution écrite réunie dans un document constitutionnel spécifique
D’une Constitution coutumière fondée sur des règles répétées et acceptées
D’une Constitution jurisprudentielle établie par une décision judiciaire unique
D’un ensemble de conventions politiques consignées dans un texte unique

D’une Constitution coutumière fondée sur des règles répétées et acceptées

Explication

Une Constitution coutumière repose sur la répétition des règles dans le temps et sur l’assentiment général, sans texte constitutionnel unique. Le texte spécifique décrit une Constitution écrite, tandis que la codification ou une décision judiciaire unique ne constitue pas le critère donné.

38. Quelle conception de la Constitution britannique la Cour suprême du Royaume-Uni a-t-elle affirmée dans Miller v. Cherry en 2019 ?

Une Constitution coutumière formée sans contribution des lois ni de la common law
Une Constitution élaborée par les seules lois votées par le Parlement
Une Constitution développée par la common law, les lois, les conventions et les pratiques
Une Constitution contenue dans un document unique adopté par le Parlement

Une Constitution développée par la common law, les lois, les conventions et les pratiques

Explication

Dans Miller v. Cherry, la Cour suprême a décrit la Constitution britannique comme s’étant développée par la common law, les lois, les conventions et les pratiques. Le document unique et le rôle exclusif des lois réduisent à tort la diversité de ces sources.

39. Un juriste soutient que les coutumes constitutionnelles sont nécessaires pour assurer la continuité entre les régimes politiques. À quelle position correspond-il ?

À celle de René Capitant, qui écarte leur utilité pour les régimes successifs
À celle de Carré de Malberg, qui défend leur rôle dans la continuité
À celle de René Capitant, qui juge ces coutumes nécessaires à la continuité
À celle de Raymond Carré de Malberg, qui refuse leur caractère contraignant

À celle de René Capitant, qui juge ces coutumes nécessaires à la continuité

Explication

René Capitant estime nécessaires les coutumes constitutionnelles qui garantissent la continuité entre les régimes. Carré de Malberg refuse de reconnaître leur caractère juridiquement contraignant, et non leur attribue ce rôle de continuité.

40. Quelle description correspond à la Constitution française actuellement en vigueur ?

Datée du 4 octobre 1958, elle établit la Ve République et comprend 90 articles
Datée du 4 octobre 1946, elle établit la Ve République et comprend 89 articles
Datée du 4 octobre 1958, elle établit la Ve République et comprend 89 articles
Datée du 4 octobre 1958, elle établit la IVe République et comprend 89 articles

Datée du 4 octobre 1958, elle établit la Ve République et comprend 89 articles

Explication

La Constitution actuelle date du 4 octobre 1958, établit la Ve République et compte 89 articles. Les autres descriptions déplacent la date, confondent les Républiques ou modifient le nombre d’articles.

41. Le Conseil constitutionnel examine une loi et s’appuie sur des normes constitutionnelles qui ne figurent pas toutes dans le texte de 1958. Quelle décision a établi cette approche élargie ?

La Constitution du 4 octobre 1958 établissant la Ve République
La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel en 1971
Une décision de la Cour suprême du Royaume-Uni rendue en 2019
La Charte de l’environnement adoptée le 1er mars 2005

La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel en 1971

Explication

La décision Liberté d’association de 1971 a élargi les normes constitutionnelles au-delà du texte de 1958 et formé le bloc de constitutionnalité. La Constitution de 1958 et la Charte de 2005 sont des textes, tandis que la décision britannique concerne un autre pays.

42. Une juriste cherche quels textes écrits, parmi ceux-ci, font partie du bloc de constitutionnalité français. Quel ensemble doit-elle retenir ?

Les préambules de 1958 et de 1946, la DDHC de 1789 et la Constitution américaine
Les préambules de 1958 et de 1946, la DDHC de 1789 et la Charte de 2005
Le préambule de 1958, la DDHC de 1789, la Charte de 2005 et une loi de 1875
Les préambules de 1958 et de 1946, les PPNT et les principes fondamentaux reconnus

Les préambules de 1958 et de 1946, la DDHC de 1789 et la Charte de 2005

Explication

Le bloc comprend les préambules de 1958 et de 1946, la DDHC de 1789 et la Charte de l’environnement du 1er mars 2005. La Constitution américaine, les PPNT et une loi de 1875 ne remplacent pas ces textes dans l’ensemble demandé.

43. Lors d’un contrôle constitutionnel, une disposition du préambule de 1946 est invoquée parce qu’elle exprime un principe particulièrement nécessaire à notre temps. À quelle catégorie du bloc de constitutionnalité ce principe appartient-il ?

Aux textes écrits du bloc, comme la Déclaration de 1789
Aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
Aux objectifs à valeur constitutionnelle développés par le Conseil constitutionnel
Aux principes particulièrement nécessaires à notre temps

Aux principes particulièrement nécessaires à notre temps

Explication

Les principes particulièrement nécessaires à notre temps sont mentionnés par le préambule de 1946 et font partie du bloc de constitutionnalité. Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République constituent une autre catégorie, tandis que les textes et les objectifs à valeur constitutionnelle sont distincts.

44. Dans un régime, la Constitution établit le Parlement et le gouvernement, tandis qu’une assemblée adopte une nouvelle Constitution. Quelle distinction décrit correctement ces pouvoirs ?

Le Parlement et le gouvernement sont des pouvoirs constitués; l’assemblée exerce le pouvoir constituant.
Les trois organes sont des pouvoirs constitués dès lors qu’ils interviennent dans la vie politique.
Le Parlement et le gouvernement sont le pouvoir constituant; l’assemblée exerce un pouvoir constitué.
Le Parlement exerce le pouvoir constituant; le gouvernement et l’assemblée sont des pouvoirs constitués.

Le Parlement et le gouvernement sont des pouvoirs constitués; l’assemblée exerce le pouvoir constituant.

Explication

Les pouvoirs constitués sont établis par la Constitution, alors que le pouvoir constituant est celui qui fait la Constitution. Confondre les institutions créées avec le pouvoir qui crée inverse la distinction; attribuer la création aux pouvoirs constitués et classer l’assemblée comme pouvoir constitué reproduit cette confusion; la participation à la vie politique ne suffit pas à rendre les trois organes des pouvoirs constitués.

45. À quel auteur et à quel ouvrage attribue-t-on communément la distinction entre pouvoir constituant et pouvoirs constitués ?

À Montesquieu, dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?
À Jean-Jacques Rousseau, dans Du contrat social.
À Emmanuel-Joseph Sieyès, dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?
À Roger Bonnard, dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?

À Emmanuel-Joseph Sieyès, dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?

Explication

La distinction entre pouvoir constituant et pouvoirs constitués est communément attribuée à Emmanuel-Joseph Sieyès dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? Roger Bonnard est associé à la distinction entre pouvoir constituant originaire et dérivé; Montesquieu à la séparation des pouvoirs; Rousseau à la théorie du contrat social.

46. Un État adopte une nouvelle Constitution après une rupture politique, tandis qu’un autre modifie quelques articles de sa Constitution en vigueur. Quel pouvoir constituant intervient dans chaque cas ?

Le pouvoir dérivé dans le premier État, le pouvoir originaire dans le second.
Le pouvoir originaire dans les deux États, puisqu’une Constitution est concernée.
Le pouvoir dérivé dans les deux États, puisque les deux opérations touchent au droit constitutionnel.
Le pouvoir originaire dans le premier État, le pouvoir dérivé dans le second.

Le pouvoir originaire dans le premier État, le pouvoir dérivé dans le second.

Explication

Le pouvoir constituant originaire crée une nouvelle Constitution, tandis que le pouvoir dérivé révise ou modifie une Constitution existante. Inverser ces fonctions attribue la création au pouvoir dérivé; assimiler toute modification à une création confond révision et adoption; qualifier les deux opérations de révision méconnaît la création d’un texte nouveau.

47. Une Constitution prévoit les étapes et les conditions que doit suivre une révision. Une assemblée constituante adopte ensuite un texte entièrement nouveau hors de cette procédure. Quelle analyse correspond à la distinction entre pouvoir constituant dérivé et originaire ?

Le pouvoir dérivé peut écarter les conditions constitutionnelles; le pouvoir originaire est limité par la procédure de révision.
Le pouvoir dérivé est juridiquement inconditionné; le pouvoir originaire doit respecter les conditions constitutionnelles.
Le pouvoir dérivé doit respecter les conditions constitutionnelles; le pouvoir originaire est juridiquement inconditionné, mais politiquement limité.
Les deux pouvoirs sont juridiquement inconditionnés, mais demeurent limités par les conditions de révision.

Le pouvoir dérivé doit respecter les conditions constitutionnelles; le pouvoir originaire est juridiquement inconditionné, mais politiquement limité.

Explication

Le pouvoir constituant dérivé est limité par les conditions de révision prévues par la Constitution, alors que le pouvoir originaire est juridiquement inconditionné et seulement limité politiquement. Appliquer la procédure de révision au pouvoir originaire confond les deux pouvoirs; l’absence de limite juridique ne supprime pas les limites politiques; qualifier le pouvoir dérivé d’inconditionné inverse sa règle.

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Quelles règles le droit constitutionnel étudie-t-il ?

Les règles relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’État et des personnes publiques.

Comment le droit constitutionnel agit-il sur le pouvoir de l’État ?

Il encadre son exercice et contribue à limiter son action.

Quel juriste est associé à l’idée que le droit constitutionnel dépasse le droit écrit dans la constitution ?

George Vedel.

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