Fiche de révision : Droit international privé notarial

Plan du Cours

  1. Partenariats enregistrés et loi applicable
  2. Régimes matrimoniaux avant septembre 1992
  3. Situations particulières avant 1992
  4. Convention de La Haye sur les régimes matrimoniaux
  5. Choix et rattachements objectifs
  6. Mutabilité automatique sous la Convention
  7. Mutabilité automatique et loi nouvelle
  8. Champ d’application du règlement européen
  9. Choix et détermination de la loi applicable
  10. Changement de régime selon sa loi
  11. Changement de loi applicable

1. Partenariats enregistrés et loi applicable

★ À maîtriser

📌 Pour un partenariat enregistré avant le 29 janvier 2019, l’article 515-7-1 du code civil soumet ses effets patrimoniaux à la loi interne de l’État d’enregistrement, ce qui exclut le renvoi.

📌 Le règlement européen n° 2016-1104, applicable depuis le 29 janvier 2019, régit les effets patrimoniaux des partenariats enregistrés, tandis que leur dissolution et leurs conditions de validité restent soumises à l’article 515-7-1 du code civil.

  • Les partenaires peuvent choisir : la loi de la résidence habituelle de l’un d’eux au moment de la convention de choix, la loi de la nationalité de l’un d’eux au jour de la convention de choix, la loi de l’État où le partenariat a été enregistré

📌 À défaut de choix de loi, le règlement n° 2016-1104 désigne la loi de l’État en vertu duquel le partenariat a été créé pour ses effets patrimoniaux.

Compléments

  • Le PACS, défini à l’article 515-1 du code civil, est un contrat conclu par deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune.

📌 Selon l’article 23 §1 du règlement n° 2016-1104, la convention de choix de loi doit être écrite, datée et signée par les partenaires, et des règles formelles supplémentaires peuvent s’imposer, notamment selon leur résidence habituelle.

Astuce mémo

Avant 2019 : loi du lieu d’enregistrement ; depuis 2019 : choix possible

2. Régimes matrimoniaux avant septembre 1992

Notions clés & Définitions

  • Domicile matrimonial : Lieu où les époux entendent fixer et fixent effectivement leur principal établissement de façon stable après le mariage ; il suppose un domicile stable et effectif au sens de l’article 102 du code civil.

★ À maîtriser

📌 Pour les époux mariés avant le 1er septembre 1992, la loi applicable au régime matrimonial est en principe celle choisie par les époux, sans que le lieu de célébration du mariage détermine cette loi.

📌 En l’absence de contrat de mariage, les époux sont présumés avoir voulu adopter le régime légal de l’État de leur premier domicile matrimonial, mais cette présomption simple ne dispense pas de rechercher leur volonté commune.

Compléments

📌 Avant le 1er septembre 1992, un contrat de mariage établi à l’étranger bénéficie en France d’une présomption de validité lorsqu’une expédition est produite, et les époux pouvaient choisir n’importe quelle loi.

  • Dans l’arrêt Zelcer du 4 juin 1935, la Cour de cassation confie au juge du fond l’appréciation du statut matrimonial voulu par les époux, en tenant notamment compte de leur domicile matrimonial.

  • La doctrine considère qu’un domicile matrimonial ayant duré au moins deux ans peut manifester la volonté des époux, mais une durée supérieure à deux ans ne suffit pas à elle seule à l’établir.

Astuce mémo

Pas de contrat → volonté implicite → premier domicile matrimonial

3. Situations particulières avant 1992

★ À maîtriser

📌 La volonté implicite doit être recherchée à partir d’éléments concomitants au mariage ou légèrement postérieurs, et non à partir de faits survenus très longtemps après celui-ci.

Compléments

📌 Pour établir la volonté implicite des époux mariés avant 1992, les acquisitions immobilières ou la constitution de fonds de commerce peuvent renforcer la présomption tirée du premier domicile matrimonial.

  • Dans un arrêt de 2012 concernant des époux mariés au Maroc en 1984, la Cour de cassation a approuvé l’application du régime légal français malgré quatre années de vie au Maroc, notamment parce que les époux y avaient acquis des biens immobiliers en France.

  • Dans un arrêt du 20 septembre 2023, la Cour de cassation a censuré la prise en compte d’un domicile commun en France rejoint par l’épouse douze ans après le mariage pour déterminer le régime matrimonial d’époux algériens mariés avant le 1er septembre 1992.

📌 Pour deux époux de confession musulmane mariés en Algérie avant l’indépendance, le cours rattache leur régime matrimonial à leur statut personnel et au principe de séparation de biens du droit musulman, même s’ils se sont ensuite installés en France.

📌 Une ketouba sert généralement à prouver le mariage, mais si elle contient des clauses gouvernant les rapports patrimoniaux des époux, elle peut être requalifiée en contrat de mariage.

4. Convention de La Haye sur les régimes matrimoniaux

★ À maîtriser

  • La Convention de La Haye du 14 mars 1978 est entrée en vigueur le 1er septembre 1992 et sert à déterminer la loi applicable aux régimes matrimoniaux des époux mariés entre cette date et le 28 janvier 2019.

📌 La Convention de La Haye s’applique aux régimes matrimoniaux, mais les règles françaises du régime primaire sont des lois de police et s’appliquent dès qu’il existe un lien de rattachement avec la France, quelle que soit la loi du régime matrimonial.

📌 La Convention de La Haye s’applique en France aux situations entrant dans son champ, même si la loi désignée est celle d’un État non contractant, car elle a un caractère universel.

Compléments

  • Dans l’arrêt Cressot de 1997, la Cour de cassation a qualifié les règles du régime primaire de lois de police.

  • La Convention est entrée en vigueur dans trois États :

    • la France
    • les Pays-Bas
    • le Luxembourg
  • La Convention de La Haye concerne les personnes mariées, y compris les couples de même sexe et les mariages polygamiques, mais ne s’applique pas aux partenaires ni aux concubins.

5. Choix et rattachements objectifs

Notions clés & Définitions

  • Dépeçage : Possibilité de soumettre certains immeubles à la loi de leur lieu de situation et les autres biens à une autre loi applicable au régime matrimonial, au prix de masses distinctes à liquider lors de la dissolution.

★ À maîtriser

  • Les époux pouvaient choisir : la loi de la résidence habituelle de l’un d’eux au moment du choix, la loi de la nationalité de l’un d’eux au moment du choix, la loi de la nouvelle résidence habituelle de l’un d’eux après le mariage, la loi du lieu de situation d’un ou plusieurs immeubles concernés

  • La résidence habituelle est un élément de fait qui ne suppose pas nécessairement d’intention, tandis que le domicile est une notion juridique définie notamment à l’article 102 du code civil.

  • À défaut de choix de loi, la Convention de La Haye désigne en principe la loi de la première résidence habituelle commune des époux après le mariage, une résidence de quelques mois pouvant suffire.

  • À défaut de résidence habituelle commune sur le territoire d’un même État, la loi applicable est celle de la nationalité commune des époux ; s’ils n’ont ni résidence habituelle commune ni nationalité commune, c’est la loi de l’État présentant les liens les plus étroits avec le régime matrimonial.

Compléments

  • Le choix de la loi de la nouvelle résidence habituelle après le mariage n’était effectif que si les époux s’installaient réellement dans l’État concerné.

  • Le choix de loi prévu par la Convention de La Haye devait au minimum être écrit, daté et signé par les époux.

  • Pour les époux de nationalité néerlandaise, l’article 5 de la Convention prévoit en principe la loi de leur nationalité commune, sauf s’ils établissent leur première résidence habituelle après le mariage dans un État où ils vivaient depuis plus de cinq ans avant leur union ; dans ce cas, la loi de cette résidence s’applique.

  • Le renvoi au second degré peut conduire à appliquer la loi de la nationalité commune lorsque les époux ont établi leur première résidence habituelle dans un État non contractant qui désigne cette loi, et que l’État de leur nationalité commune, également non contractant, se reconnaît compétent.

Astuce mémo

Résidence commune → nationalité commune → liens les plus étroits

6. Mutabilité automatique sous la Convention

★ À maîtriser

  • L’article 7 de la Convention de La Haye pose le principe de permanence du rattachement : une fois déterminée, la loi du régime matrimonial ne change pas du seul fait d’un changement de résidence habituelle ou de nationalité des époux.

  • La mutabilité automatique ne concerne que les époux mariés entre le 1er septembre 1992 et le 28 janvier 2019 dont la loi applicable résulte de critères objectifs, et non d’un choix de loi.

  • La loi applicable peut changer automatiquement lorsque la résidence habituelle commune converge avec la nationalité commune des époux, lorsque leur nouvelle résidence habituelle dure plus de dix ans, ou lorsque des époux soumis à la loi de leur nationalité commune établissent une résidence habituelle commune dans un autre État.

  • La mutabilité automatique produit en principe ses effets pour l’avenir seulement, de sorte que les biens acquis sous la loi ancienne et ceux acquis sous la loi nouvelle peuvent former deux masses distinctes à liquider.

Compléments

📌 Une convention matrimoniale peut faire obstacle à la mutabilité automatique et, selon l’article 8 de la Convention de La Haye, les époux peuvent donner un effet rétroactif à la loi nouvelle sous réserve des droits des tiers.

7. Mutabilité automatique et loi nouvelle

★ À maîtriser

📌 Une convention matrimoniale manifestant une volonté valide des époux fait obstacle à la mutabilité automatique du régime matrimonial.

📌 L’article 8 de la Convention de La Haye permettait de donner un effet rétroactif à la loi nouvelle en cas de mutabilité automatique, sauf volonté contraire des époux et sous réserve des droits des tiers.

Compléments

  • Depuis le 29 janvier 2019, le règlement européen sur les régimes matrimoniaux gouverne en principe les choix de loi, mais l’article 8 de la Convention de La Haye conserve une vocation à s’appliquer aux cas de mutabilité automatique.

Astuce mémo

Convention matrimoniale choisie contre mutabilité automatique subie

8. Champ d’application du règlement européen

Notions clés & Définitions

  • Régime matrimonial : Ensemble des règles relatives aux rapports patrimoniaux entre époux et avec les tiers, qui résultent du mariage ou de sa dissolution.

★ À maîtriser

  • Le règlement couvre trois catégories de règles :

    • les règles impératives, correspondant au régime primaire
    • les règles facultatives, correspondant au régime légal
    • les règles supplétives, correspondant aux régimes conventionnels
  • Le règlement exclut notamment : la validité du mariage, les obligations alimentaires entre époux, les droits du conjoint survivant, qui relèvent du règlement successions

  • Le règlement s’applique aux personnes mariées, quelle que soit leur combinaison de sexes ou leur caractère monogame ou polygame, mais non aux partenaires ni aux concubins.

  • Le règlement a été adopté par coopération renforcée et n’est obligatoire que dans 18 États membres, dont la France.

📌 Le règlement s’applique aux époux mariés à compter du 29 janvier 2019 et aux époux qui désignent la loi applicable à leur régime matrimonial à compter de cette date.

Compléments

📌 Les règles du régime primaire français ont été qualifiées de lois de police par l’arrêt Cass, 1987, Créssot et s’appliquent lorsque la situation présente un rattachement avec la France.

  • Le règlement est un instrument double qui règle les conflits de lois et les conflits de juridictions, et facilite la circulation des décisions ainsi que celle des actes authentiques dans l’Union européenne.

📌 En vertu de l’article 20, le règlement a un caractère universel et s’applique même lorsque la loi désignée n’est pas celle d’un État membre.

9. Choix et détermination de la loi applicable

★ À maîtriser

  • Selon l’article 22, les époux peuvent convenir de choisir la loi applicable à leur régime matrimonial, mais uniquement la loi de la résidence habituelle ou d’une nationalité de l’un d’eux au moment de la convention.

  • L’article 21 pose le principe d’unité de la loi applicable au régime matrimonial, excluant le dépeçage du régime selon les biens concernés.

  • La convention de choix de loi doit être écrite, datée et signée par les futurs époux selon le formalisme minimal de l’article 23.

  • À défaut de choix de loi, l’article 26 désigne successivement la loi de la première résidence habituelle commune après le mariage, puis celle de la nationalité commune au moment du mariage, puis celle de l’État des liens les plus étroits avec le régime matrimonial.

Compléments

  • La résidence habituelle retenue pour un choix de loi s’apprécie au moment de la convention et doit avoir duré un certain temps, sans que le règlement en donne une définition.

  • La référence à « une » nationalité permet aux époux binationaux de choisir la loi de l’une ou l’autre de leurs nationalités, appréciées au moment de la convention, sans devoir résoudre au préalable un conflit de nationalités.

📌 Les règles formelles supplémentaires s’appliquent si les deux futurs époux résident dans un même État membre qui les impose ; s’ils résident dans deux États membres, les règles de l’un ou l’autre peuvent valider la convention, et si l’un réside dans un État tiers, celles de l’État membre s’appliquent.

📌 Lorsque les époux n’ont pas choisi de loi, n’ont pas de résidence habituelle commune et possèdent plus d’une nationalité commune, la loi applicable est celle de l’État avec lequel le régime matrimonial présente les liens les plus étroits.

Astuce mémo

Résidence commune, nationalité commune, puis liens les plus étroits

10. Changement de régime selon sa loi

Points essentiels

  • Les États se répartissent entre mutabilité absolue, qui permet aux époux de changer librement de régime, immutabilité absolue, qui interdit le changement en cours de mariage, et mutabilité contrôlée, qui l’autorise sous conditions.

📌 La loi applicable au régime matrimonial régit le changement de régime : si elle autorise les conventions matrimoniales en cours de mariage, le changement est possible ; si elle impose l’immutabilité absolue, le changement encourt la nullité ; si elle prévoit une mutabilité contrôlée, ses conditions doivent être respectées.

  • L’arrêt Cass, 4 juin 1935, ZELCER a consacré l’application de la loi du régime matrimonial au changement de régime.

📌 En droit français, l’article 1397 du Code civil permet de changer de régime matrimonial par acte notarié ; les enfants majeurs et les créanciers doivent être informés et disposent de trois mois pour s’opposer, une opposition imposant une homologation.

Astuce mémo

Mutabilité absolue, immutabilité absolue, mutabilité contrôlée

11. Changement de loi applicable

★ À maîtriser

  • L’article 22 du règlement permet aux époux de changer la loi applicable à leur régime pendant le mariage, y compris s’ils se sont mariés avant le 29 janvier 2019 et effectuent leur choix à compter de cette date.

  • Pour changer la loi applicable, les époux peuvent choisir la loi de la résidence habituelle ou d’une nationalité de l’un d’eux, appréciée au moment de la convention.

  • Sous le règlement, le changement de loi produit effet pour l’avenir sauf convention contraire ; les époux peuvent prévoir sa rétroactivité depuis le mariage, sans porter atteinte aux droits des tiers.

  • La convention de changement de loi doit être écrite, datée et signée ; lorsque les deux époux résident en France, un acte notarié est requis au titre des règles formelles supplémentaires, et la doctrine majoritaire estime que les formalités de l’article 1397 ne s’ajoutent pas au choix direct d’un régime conventionnel.

Compléments

  • La doctrine majoritaire et une circulaire de la chancellerie admettent que les époux puissent choisir directement un régime conventionnel lors d’un changement de loi, même si la circulaire n’a pas de valeur normative.

📌 Le choix entre changement de loi et changement de régime dépend notamment de la reconnaissance à l’étranger : le changement de loi est reconnu dans les 18 États participant à la coopération renforcée, tandis que le changement de régime est généralement plus facilement reconnu ailleurs.

  • Le changement de loi peut servir à adapter le régime matrimonial au pays de résidence, à des considérations confessionnelles ou à une anticipation successorale, notamment par l’adoption d’un avantage matrimonial lorsque les conditions le permettent.

Astuce mémo

Convention de changement → loi nouvelle, avec effet futur sauf accord rétroactif

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Droit international privé notarial avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pour un partenariat enregistré avant le 29 janvier 2019, quelle loi régit ses effets patrimoniaux selon l’article 515-7-1 du code civil ?

2. Des partenaires choisissent une loi pour régir les effets patrimoniaux de leur partenariat en vertu de l’article 22 du règlement n° 2016-1104. Parmi les lois suivantes, laquelle est admissible ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Droit international privé notarial avec 10 flashcards interactives.

Quelle loi régit les effets patrimoniaux d’un partenariat enregistré avant le 29 janvier 2019 ?

La loi interne de l’État d’enregistrement, sans renvoi.

Quelle loi régit en principe le régime matrimonial des époux mariés avant le 1er septembre 1992 ?

La loi choisie par les époux.

Quel article définit le PACS comme un contrat destiné à organiser la vie commune de deux personnes majeures ?

L’article 515-1 du code civil.

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