QCM : État souverain et formes politiques (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans quel sens le terme « souveraineté » peut-il être employé en droit de l’État ?

Il peut désigner la puissance suprême de l’État, l’organe qui l’exerce ou le pouvoir souverain lui-même.
Il désigne la reconnaissance de l’État par les autres membres de la communauté internationale.
Il désigne l’ensemble des décisions administratives prises par les représentants de l’État.
Il désigne le territoire de l’État, les personnes qui y vivent ou les règles qui les régissent.

Il peut désigner la puissance suprême de l’État, l’organe qui l’exerce ou le pouvoir souverain lui-même.

Explication

La souveraineté peut désigner le degré suprême de puissance de l’État, l’institution ou l’organe qui exerce ce pouvoir, ou le pouvoir souverain lui-même. La reconnaissance internationale concerne le statut extérieur de l’État, et non les différents sens du terme souveraineté.

2. Quelle distinction Carré-de-Malberg établit-il entre le titulaire de la souveraineté et les organes de l’État ?

Le titulaire fixe les frontières de l’État, tandis que les organes déterminent les personnes qui en font partie.
Le titulaire représente l’État à l’étranger, tandis que les organes contrôlent les compétences de ses juridictions.
Le titulaire exécute les décisions de l’État, tandis que les organes détiennent le pouvoir souverain en leur nom propre.
Le titulaire détient le pouvoir, tandis que les organes l’exercent concrètement par des décisions imputées à l’État.

Le titulaire détient le pouvoir, tandis que les organes l’exercent concrètement par des décisions imputées à l’État.

Explication

Carré-de-Malberg distingue la détention du pouvoir souverain, attribuée à son titulaire, de son exercice concret par les organes de l’État. L’exercice des organes ne signifie pas qu’ils détiennent eux-mêmes la souveraineté en leur nom propre.

3. Quels éléments sont généralement retenus pour identifier un État ?

Une population, un territoire et une puissance publique.
Une population, une constitution et une reconnaissance internationale.
Une puissance publique, une armée permanente et une langue officielle.
Un territoire, une monnaie nationale et un gouvernement élu.

Une population, un territoire et une puissance publique.

Explication

Les trois éléments généralement retenus sont une population, un territoire et une puissance publique. Une constitution ou une reconnaissance internationale ne remplace pas l’un de ces trois éléments dans cette définition.

4. Un État applique son droit à une personne étrangère présente sur son territoire et y détient seul le pouvoir correspondant. Quelles caractéristiques de sa compétence territoriale cela illustre-t-il ?

Elle est générale quant aux personnes concernées et exclusive quant au pouvoir exercé sur le territoire.
Elle est générale quant aux matières concernées et partagée quant aux personnes relevant de sa juridiction.
Elle est limitée aux nationaux quant aux personnes concernées et exclusive dans les relations internationales.
Elle est exclusive quant aux personnes concernées et générale quant au partage du pouvoir avec d’autres États.

Elle est générale quant aux personnes concernées et exclusive quant au pouvoir exercé sur le territoire.

Explication

La compétence territoriale est générale parce que le droit de l’État s’applique aux personnes présentes sur son territoire, qu’elles soient nationales ou étrangères, et exclusive parce que l’État y détient seul ce pouvoir. La compétence n’est donc pas limitée aux nationaux.

5. Qu’est-ce qui distingue le peuple de la nation dans la définition de ces deux notions ?

Le peuple réunit les personnes présentes sur le territoire, tandis que la nation désigne les seuls citoyens ayant la nationalité.
Le peuple et la nation désignent tous deux les habitants sédentaires d’un territoire, quelle que soit leur nationalité.
Le peuple désigne un groupe uni par une langue commune, tandis que la nation rassemble les citoyens liés à l’État par la nationalité.
Le peuple rassemble les citoyens liés à l’État par la nationalité, tandis que la nation repose sur un sentiment d’appartenance commune.

Le peuple rassemble les citoyens liés à l’État par la nationalité, tandis que la nation repose sur un sentiment d’appartenance commune.

Explication

Le peuple est défini par le lien juridique de la nationalité, alors que la nation correspond à un groupement dont les membres se sentent unis par des liens matériels et spirituels. La présence sur le territoire caractérise plutôt la population, qui comprend aussi les étrangers.

6. Quel auteur associe le monopole de la contrainte physique légitime à la direction administrative de l’État ?

R. Carré-de-Malberg
Max Weber
Hans Kelsen
Denys de Béchillon

Max Weber

Explication

Max Weber définit le monopole de la violence physique légitime comme une revendication portée par la direction administrative de l’État. Denys de Béchillon définit plutôt la puissance publique comme le pouvoir politique auquel sont soumis le territoire et la population.

7. Quel rôle joue la sécularisation du pouvoir dans la formation de la souveraineté moderne au XVIᵉ siècle ?

Elle soumet l’État aux décisions religieuses prises par les autorités ecclésiastiques.
Elle confie aux gouvernants locaux la production du droit religieux et civil.
Elle transfère l’autorité politique vers l’État, qui affirme son pouvoir face à l’Église.
Elle maintient au pape la direction juridique et politique de l’ensemble du pouvoir.

Elle transfère l’autorité politique vers l’État, qui affirme son pouvoir face à l’Église.

Explication

La sécularisation inscrit la souveraineté dans le domaine politique et accompagne l’affirmation de l’autorité de l’État sur l’Église. Le maintien de la direction du pape décrit plutôt le modèle médiéval antérieur à cette rupture.

8. À quelle date Jean Bodin a-t-il défini la souveraineté comme la puissance absolue et perpétuelle d’une République ?

En 1628, dans la Pétition de droit
En 1776, dans la déclaration d’indépendance américaine
En 1576, dans Les Six Livres de la République
Au XVIᵉ siècle, lors de la sécularisation du pouvoir politique

En 1576, dans Les Six Livres de la République

Explication

Jean Bodin formule cette définition dans Les Six Livres de la République, publiés en 1576. La sécularisation du pouvoir se développe au XVIᵉ siècle, mais elle ne correspond pas à la date de publication de son ouvrage.

9. En quoi la conception de l’État comme personne morale diffère-t-elle de sa définition par des éléments matériels comme le territoire et la population ?

Elle le réduit à l’organisation administrative chargée d’exercer la puissance publique.
Elle le définit comme une population unie par une même culture et une même langue.
Elle le présente comme un territoire dont les frontières déterminent l’ensemble des règles applicables.
Elle le comprend comme un ordre juridique, plutôt que comme une simple addition de faits matériels.

Elle le comprend comme un ordre juridique, plutôt que comme une simple addition de faits matériels.

Explication

Pour Kelsen, l’État doit être compris avant tout comme un ordre juridique, et non comme une simple somme d’éléments factuels dont l’identification présuppose déjà l’État. La définition par la population et le territoire demeure ainsi insuffisante pour saisir sa nature juridique.

10. Quel philosophe associe le pacte social à la création d’un État souverain chargé d’assurer la sécurité face à la guerre de chacun contre chacun ?

Pierre Clastres, dans sa critique du pouvoir coercitif
Thomas Hobbes, dans le *Leviathan*
Jean-Jacques Rousseau, dans sa théorie de la volonté générale
John Locke, dans sa théorie des droits naturels

Thomas Hobbes, dans le *Leviathan*

Explication

Thomas Hobbes décrit l’état de nature comme une guerre de chacun contre chacun et présente le pacte social comme le fondement d’un État souverain garant de la sécurité. Locke attribue plutôt au pacte la mise en place d’un juge impartial pour protéger les droits et les propriétés.

11. Pourquoi la déconcentration ne confère-t-elle pas aux agents territoriaux une autonomie juridique à l’égard de l’État ?

Parce qu’ils relèvent d’une collectivité territoriale dotée d’une personnalité morale distincte de l’État.
Parce qu’ils peuvent adopter des lois locales sans contrôle de l’administration centrale.
Parce qu’ils sont élus localement et disposent de compétences propres fixées par leurs administrés.
Parce qu’ils agissent au nom de l’État et restent soumis à l’autorité du ministre, qui peut encadrer leurs décisions.

Parce qu’ils agissent au nom de l’État et restent soumis à l’autorité du ministre, qui peut encadrer leurs décisions.

Explication

La déconcentration confie des compétences à des agents de l’État, mais ceux-ci restent placés sous l’autorité ministérielle, qui peut leur donner des instructions et modifier leurs décisions. À la différence de la décentralisation, ce mécanisme ne transfère pas ces compétences à une personne morale territoriale autonome.

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Quels trois sens le terme « souveraineté » peut-il désigner ?

Le degré suprême de puissance de l’État, l’institution qui exerce ce pouvoir ou le pouvoir souverain lui-même.

Selon R. Carré-de-Malberg, qui exerce concrètement la souveraineté ?

Les organes de l’État, en prenant des décisions imputées à l’État.

Quels sont les trois éléments constitutifs généralement retenus pour identifier un État ?

Une population, un territoire et une puissance publique.

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