QCM : Expertise judiciaire et déontologie (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une société démocratique, comment la sécurité et les libertés sont-elles liées, malgré la tension possible entre elles ?

La sécurité et les libertés évoluent indépendamment, sans pouvoir se limiter.
La sécurité constitue elle-même une liberté, sans influer sur les autres libertés.
La liberté favorise l’exercice de la sécurité, mais son renforcement peut réduire celle-ci.
La sécurité favorise l’exercice des libertés, mais son renforcement peut réduire celles-ci.

La sécurité favorise l’exercice des libertés, mais son renforcement peut réduire celles-ci.

Explication

La sécurité est présentée comme une condition de l’exercice des libertés, mais l’évolution de l’une peut réduire l’autre. Assimiler sécurité et liberté confond les notions ; inverser leur relation déplace le rôle de condition ; nier toute tension méconnaît leur possible réduction réciproque.

2. Quelle loi rend l’aléa thérapeutique indemnisable ?

La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, dite loi Kouchner.
La loi adoptée en 1985 à la suite de l’affaire du sang contaminé.
L’arrêt Perruche du 17 novembre 2000.
Le principe de précaution acquis force de loi.

La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, dite loi Kouchner.

Explication

La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, dite loi Kouchner, rend l’aléa thérapeutique indemnisable. L’année 1985 correspond au tournant associé au sang contaminé ; l’arrêt Perruche participe à l’évolution de la responsabilité médicale, mais n’est pas la loi qui rend l’aléa indemnisable ; le principe de précaution est une notion distincte.

3. Lorsqu’un dommage médical doit être indemnisé et qu’aucun responsable n’est d’emblée identifié, quelle démarche faut-il suivre ?

Identifier la cause du dommage sans en quantifier l’ampleur.
Identifier la cause du dommage, puis quantifier celui-ci.
Conclure qu’aucune cause n’est à identifier faute de responsable.
Quantifier le dommage, puis rechercher sa cause.

Identifier la cause du dommage, puis quantifier celui-ci.

Explication

L’indemnisation suppose d’abord d’identifier le responsable ou, dans le cas de l’aléa thérapeutique, la cause du dommage, puis de quantifier ce dommage. Commencer par la quantification inverse les étapes ; renoncer à rechercher une cause confond absence de responsable et absence de cause ; s’arrêter à l’identification omet la quantification.

4. Dans un litige où il est mandaté par une juridiction, quel rôle caractérise l’expert judiciaire assermenté ?

Représenter conjointement les parties dans leur recherche d’un accord.
Présenter les faits de manière à servir les objectifs d’une partie.
Déterminer seul le montant de l’indemnisation due à la victime.
Contribuer à établir la vérité technique ou scientifique applicable au litige.

Contribuer à établir la vérité technique ou scientifique applicable au litige.

Explication

L’expert judiciaire est assermenté et contribue à la manifestation de la vérité technique ou scientifique applicable au litige. Servir les objectifs d’une partie caractérise le conseil ; fixer seul l’indemnisation ne définit pas sa mission ; représenter les parties relève d’un autre rôle.

5. Une personne expose les conclusions techniques en les orientant vers les objectifs de son client : quel rôle décrit cette démarche ?

Le rôle d’expert judiciaire assermenté.
Le rôle de conseil.
Le rôle de tiers expert entre parties rivales.
Le rôle d’expert indépendant.

Le rôle de conseil.

Explication

Le conseil présente la vérité de manière à servir les objectifs de son client, tandis que l’expert indépendant vise à dire la vérité. L’expert est donc confondu avec une défense d’intérêts dans le premier cas ; le tiers expert se distingue par son indépendance absolue ; l’assermentation caractérise l’expertise judiciaire, pas cette démarche de conseil.

6. Dans un litige entre deux parties rivales, quel type d’expert respecte le contradictoire et demeure absolument indépendant des parties ?

Le conseil d’une partie.
L’expert de partie.
Le tiers expert.
L’expert mandaté par une partie non antagoniste.

Le tiers expert.

Explication

Le tiers expert intervient entre des parties rivales, respecte le contradictoire et est absolument indépendant des parties. L’expert de partie assiste une partie seule ou des parties non antagonistes et son indépendance n’est pas absolue ; le conseil sert les objectifs de son client ; un mandat par une partie non antagoniste correspond à l’expert de partie.

7. Un litige comporte des éléments techniques complexes devant un juge relevant de la common law. Quel constat s’applique aussi à un litige comparable relevant du droit romano-germanique ?

Les deux systèmes prévoient un mécanisme d’expertise pour éclairer le juge.
Seul le droit romano-germanique prévoit un mécanisme d’expertise judiciaire.
Les deux systèmes confient à l’expert le pouvoir de trancher le litige.
Seul le droit de common law permet d’éclairer le juge par un expert.

Les deux systèmes prévoient un mécanisme d’expertise pour éclairer le juge.

Explication

Les droits de common law et romano-germanique prévoient tous deux une expertise destinée à éclairer le juge sur les aspects techniques ou scientifiques. Dire que ce mécanisme est propre à un seul système confond existence commune et différences de modalités; attribuer le pouvoir de trancher à l’expert confond expertise et jugement.

8. Dans un procès français, le juge désigne un expert, fixe le périmètre de son intervention et surveille la réalisation de sa mission. Quel modèle cette situation illustre-t-elle ?

Le modèle français de l’expertise amiable
Le modèle anglais de l’expert witness
Le modèle français de l’expertise judiciaire
Le modèle anglais de l’expert désigné par le juge

Le modèle français de l’expertise judiciaire

Explication

En droit français, le juge désigne l’expert, définit sa mission et en contrôle l’exécution. Le choix par les parties relève du modèle anglais; l’expertise amiable n’est pas la procédure décrite, et l’expert n’établit pas lui-même les termes de sa mission.

9. Un expert est appelé par des parties dans un procès anglais, tandis qu’un expert intervenant dans un procès français reçoit sa mission du juge et lui remet un rapport. Quelle distinction caractérise ces deux interventions ?

L’expert anglais reçoit sa mission du juge; l’expert français est sollicité comme témoin par les parties.
L’expert anglais rend un rapport constituant une preuve judiciaire; l’expert français témoigne à la demande des parties.
L’expert anglais témoigne à la demande des parties; l’expert français rend compte au juge dans une preuve judiciaire.
Les deux experts témoignent à la demande des parties, mais seul l’expert français remet un rapport.

L’expert anglais témoigne à la demande des parties; l’expert français rend compte au juge dans une preuve judiciaire.

Explication

Dans le modèle anglais, l’expert intervient comme témoin à la demande des parties; dans le modèle français, il tient sa mission du juge et lui rend compte dans un rapport constituant une preuve judiciaire. L’inversion des rôles confond les deux systèmes, tandis que les autres erreurs attribuent à l’un le mode de saisine de l’autre.

10. Quelle distinction décrit correctement les deux dimensions de la compétence d’un expert ?

Une dimension professionnelle limitée à la technique pratique et une dimension procédurale limitée au droit de sa profession
Une dimension professionnelle, technique et juridique dans le droit de sa profession, et une dimension procédurale pour conduire l’expertise
Une dimension professionnelle centrée sur la procédure et une dimension procédurale centrée sur la technique théorique
Une dimension professionnelle limitée aux règles juridiques et une dimension procédurale limitée à l’expérience

Une dimension professionnelle, technique et juridique dans le droit de sa profession, et une dimension procédurale pour conduire l’expertise

Explication

La compétence associe la maîtrise professionnelle — technique théorique et pratique, ainsi que juridique dans le droit de la profession — à la compétence procédurale nécessaire au bon déroulement de l’expertise. La technique pratique seule néglige la théorie, les règles de procédure ne définissent pas la compétence professionnelle, et l’expérience ne remplace pas la dimension procédurale.

11. Un expert judiciaire vient d’être inscrit sur une liste en 2025. Quel calendrier correspond au régime d’inscription décrit ?

Une période probatoire de trois ans, puis des réinscriptions possibles par périodes de cinq ans après évaluation
Une période probatoire de trois ans, puis des réinscriptions par périodes de cinq ans sans évaluation
Une inscription initiale de cinq ans, puis une période probatoire de trois ans avant réinscription
Une période probatoire de cinq ans, puis des réinscriptions possibles par périodes de trois ans après évaluation

Une période probatoire de trois ans, puis des réinscriptions possibles par périodes de cinq ans après évaluation

Explication

Le régime prévoit d’abord trois ans à titre probatoire, puis des réinscriptions possibles pour des périodes de cinq ans après évaluation de la compétence. L’inversion des durées confond les deux étapes, tandis que le renouvellement sans évaluation ou après une séquence inversée ne correspond pas à ce régime.

12. Quels critères indissociables fondent la crédibilité de tout expert ?

La compétence, l’indépendance et le respect de la déontologie
La compétence, la neutralité de résultat et la confidentialité
La compétence, la procédure et le respect des délais
La compétence, l’expérience et la formation continue

La compétence, l’indépendance et le respect de la déontologie

Explication

La crédibilité de l’expert repose conjointement sur sa compétence, son indépendance et le respect de la déontologie. L’expérience et la formation contribuent à la compétence, la confidentialité relève de la déontologie, et la procédure ne remplace pas l’indépendance.

13. Une experte n’est soumise à aucune pression personnelle, mais dépend financièrement de quelques donneurs d’ordre. Quel aspect de son indépendance est directement menacé ?

Son indépendance économique
Son indépendance d’esprit
Sa compétence procédurale
Son indépendance vis-à-vis des personnes physiques et morales

Son indépendance économique

Explication

La dépendance financière envers un petit nombre de donneurs d’ordre menace l’indépendance économique de l’experte. L’indépendance d’esprit concerne les contraintes et a priori, tandis que l’indépendance vis-à-vis des personnes concerne les liens avec des personnes physiques ou morales; la compétence procédurale est un autre domaine.

14. Dans un rapport, un expert constate que les données reconnues étayent une conclusion différente de son intuition personnelle. Que doit-il exposer ?

Son sentiment, présenté comme une conclusion technique
Les éléments scientifiques et techniques reconnus
Sa vérité personnelle, même si les données la contredisent
L’opinion du donneur d’ordre, même si les données la contredisent

Les éléments scientifiques et techniques reconnus

Explication

L’expert doit fonder son rapport sur les éléments scientifiques et techniques reconnus; l’intime conviction et le sentiment personnel n’ont pas leur place dans l’expertise. Faire prévaloir son intuition ou l’opinion du donneur d’ordre substituerait une appréciation subjective aux éléments étayés.

15. Quelle proposition regroupe des exigences déontologiques applicables à l’expert pendant sa mission ?

La liberté d’esprit, l’indépendance économique, la récusation et la confidentialité
L’expérience, la connaissance juridique, la liberté d’esprit et la récusation
Le contradictoire, les délais, la compétence technique et la formation continue
La conscience, l’objectivité, l’honnêteté, la rigueur intellectuelle, l’impartialité et la confidentialité

La conscience, l’objectivité, l’honnêteté, la rigueur intellectuelle, l’impartialité et la confidentialité

Explication

La déontologie rassemble notamment la conscience, l’objectivité, l’honnêteté, la rigueur intellectuelle, l’impartialité et la confidentialité du contenu de la mission. La liberté d’esprit et l’indépendance économique relèvent de l’indépendance, tandis que le contradictoire, les délais et la formation concernent la compétence ou la procédure.

16. Pour un juriste, que désigne une expertise ?

Une mesure d’instruction confiée à un technicien
Une consultation juridique confiée à un technicien
Une mesure d’exécution confiée à un technicien
Une décision juridictionnelle confiée à un technicien

Une mesure d’instruction confiée à un technicien

Explication

Pour le juriste, l’expertise est une mesure d’instruction confiée à un technicien. La décision juridictionnelle relève du juge, la consultation juridique est une autre forme d’avis et la mesure d’exécution vise à mettre en œuvre une décision.

17. Dans un différend technique, quelle est la finalité principale de l’expertise en tant qu’élément de preuve ?

Déterminer une indemnisation en fixant les sommes dues
Résoudre le différend en imposant une décision aux parties
Aider une décision en contribuant à rechercher la vérité technique ou scientifique
Établir une responsabilité juridique en interprétant les règles applicables

Aider une décision en contribuant à rechercher la vérité technique ou scientifique

Explication

L’expertise contribue à la recherche de la vérité technique ou scientifique afin d’aider une décision amiable, juridictionnelle ou publique. L’établissement du droit revient au juge, tandis que la résolution imposée et la fixation d’une indemnisation ne définissent pas sa finalité principale.

18. Dans un procès portant sur la conformité technique d’un ouvrage, quel partage des rôles faut-il retenir entre le juge et l’expert ?

L’expert tranche le droit applicable et le juge détermine la technique
Le juge établit les faits techniques et l’expert répond du droit
Le juge répond du droit et l’expert éclaire les faits techniques
L’expert valide juridiquement la procédure et le juge certifie la technique

Le juge répond du droit et l’expert éclaire les faits techniques

Explication

Dans le procès, le juge répond du droit tandis que l’expert contribue souvent à établir les faits, notamment techniques; l’intégration de la validité technique à la procédure importe aussi à la validité juridique. Inverser les rôles ou faire trancher le droit par l’expert confond ces fonctions, et la certification technique n’est pas le rôle du juge.

19. Pour classer une expertise, une équipe veut examiner à la fois quand elle est demandée et le cadre institutionnel ou le donneur d’ordre. Quels critères doit-elle retenir ?

Le cadre de l’expertise, puis le seul type de rapport
Le moment de la demande, puis le seul domaine technique
Le donneur d’ordre, puis le seul domaine technique
Le moment de la demande, puis le cadre et le donneur d’ordre

Le moment de la demande, puis le cadre et le donneur d’ordre

Explication

L’expertise peut être classée selon le moment de la demande ou selon le cadre dans lequel elle s’inscrit et le donneur d’ordre. Se limiter au domaine technique ou au type de rapport ne reprend pas ces deux critères de classement.

20. En France, quel événement marque en 1985 un tournant dans la quête du risque zéro, et quand le principe de précaution acquiert-il force de loi ?

L’affaire du sang contaminé ; en 1995 avec la loi Barnier
L’affaire du sang contaminé ; en 1985 avec la loi Barnier
L’arrêt Perruche ; en 1985 avec la loi Barnier
L’arrêt Perruche ; en 1995 avec la loi Barnier

L’affaire du sang contaminé ; en 1995 avec la loi Barnier

Explication

L’affaire du sang contaminé marque le tournant de 1985, tandis que le principe de précaution acquiert force de loi en 1995 avec la loi Barnier. L’arrêt Perruche est associé à la demande indemnitaire, et non au tournant de 1985.

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Dans une société démocratique, quel rôle la sécurité joue-t-elle pour les libertés ?

Elle est présentée comme une condition de leur exercice.

Quelle loi rend l’aléa thérapeutique indemnisable ?

La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, dite « Loi KOUCHNER ».

Quelle est la première étape de l’indemnisation d’un dommage médical ?

Identifier le responsable ou, en cas d’aléa thérapeutique, la cause du dommage.

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