Fiche de révision : Fonctions et types de sanctions

Plan du Cours

  1. Définition et fonctions du droit pénal
  2. Sciences criminelles et politique criminelle
  3. L’auteur selon le droit pénal classique
  4. L’homme criminel et le déterminisme
  5. Personnalité et pensées criminelles
  6. Facteurs de la récidive
  7. Délinquance et personne dangereuse
  8. Responsabilité pénale de l’auteur
  9. Trouble mental et minorité
  10. Infraction et atteinte sociale
  11. Portée de l’atteinte pénale
  12. Incrimination et légalité pénale
  13. Acte dangereux et dangerosité
  14. Rétribution et réadaptation pénales
  15. Régime de la répression pénale
  16. Lutte contre l’état dangereux
  17. Peine et mesure de sûreté
  18. Confusion des sanctions pénales

Repères chronologiques

  1. 2 février 1945régissait la justice pénale des mineurs avant son remplacement par le Code de la justice pénale des mineurs
  2. 25 février 2008a instauré une procédure permettant à la chambre de l’instruction de déclarer l’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental après examen des charges et, si l’état de la personne le permet, son audition
  3. 13 janvier 2009La CEDH a condamné la Belgique dans l’arrêt Taxquet contre Belgique parce que son système ne prévoyait pas la motivation des décisions des jurés de cour d’assises.
  4. 10 août 2011La loi a modifié le code de procédure pénale afin d’imposer, en cas de condamnation criminelle, l’énoncé des principaux éléments à charge ayant convaincu la cour d’assises de la culpabilité de l’accusé.
  5. 15 août 2014a prévu une réduction du tiers de la peine encourue pour une personne dont le discernement est altéré
  6. 2 mars 2018Le Conseil constitutionnel a abrogé l’alinéa 2 de l’article 365-1 du code de procédure pénale, qui ne prévoyait pas la motivation de la peine criminelle.
  7. 23 mars 2019Le législateur a réécrit l’article 365-1 du code de procédure pénale pour introduire l’obligation de motiver les peines criminelles.
  8. 11 septembre 2019a créé le Code de la justice pénale des mineurs, entré en vigueur fin septembre 2021
  9. 24 janvier 2022a créé l’article 122-1-1 du Code pénal, qui écarte l’irresponsabilité prévue par l’article 122-1 lorsque l’abolition temporaire du discernement résulte d’une consommation volontaire de substances psychoactives, dans un temps très voisin de l’action

1. Définition et fonctions du droit pénal

Notions clés & Définitions

  • Droit pénal : Ensemble des normes juridiques qui réglementent le recours de l’État à la sanction pénale.

★ À maîtriser

📌 La summa divisio distingue le droit privé, qui organise les relations entre individus, et le droit public, qui organise les relations entre citoyens et État.

  • Dans un État de droit, le droit pénal encadre la répression et limite l’arbitraire de l’État par des règles juridiques et procédurales.

📌 La prévention s’adresse à l’ensemble des citoyens, tandis que la répression ne touche que ceux qui ont contrevenu à l’interdit pénal.

Compléments

  • Les normes pénales figurent notamment dans les textes relatifs à :
    • la presse
    • la route
    • l’urbanisme
    • l’environnement
    • la fraude fiscale

📌 Les infractions dites naturelles, comme le meurtre, les menaces et les violences, s’opposent aux infractions dites artificielles, comme l’édification sans permis de construire, qui ne choquent pas nécessairement le sens commun.

  • Sur autoroute, la limite de 130 km/h illustre la prévention applicable à tous, tandis que son dépassement peut entraîner la répression de l’auteur.

  • L’État organise les juridictions et les procès pénaux, qui peuvent aboutir à une condamnation, une relaxe devant un tribunal ou un acquittement devant une cour.

  • Après l’exécution de la peine, l’État peut appliquer à certains condamnés des mesures de sûreté.

  • L’adultère était un délit pénal jusque dans les années 70, puis a été dépénalisé à la suite de l’évolution des valeurs sociales.

Astuce mémo

Le droit pénal punit, mais encadre aussi le pouvoir de punir.

2. Sciences criminelles et politique criminelle

Notions clés & Définitions

  • Politique criminelle : Ensemble des procédés susceptibles d’être proposés au législateur ou utilisés par lui, à un moment donné dans un pays donné, pour combattre la criminalité.
  • Criminalistique : Étude des procédés de recherche des crimes et des criminels, visant à déterminer comment les crimes sont commis et comment les résoudre.
  • Criminologie : Étude pluridisciplinaire des facteurs et mécanismes de la délinquance, du passage à l’acte et des moyens préventifs et répressifs de lutte contre la criminalité.

★ À maîtriser

  • Les preuves pénales sont libres et une infraction peut être prouvée par tous moyens, dont les procédés de recherche de la criminalistique.

📌 Le droit pénal classique définit objectivement l’infraction à partir d’un comportement interdit par le législateur, puis identifie comme criminel celui qui le commet.

  • Dans l’approche classique, l’ordre d’analyse est l’acte, puis la sanction, puis l’auteur.

📌 L’approche criminologique appréhende l’acte illicite en se référant à la personne qui le commet, l’acte pouvant alors être secondaire ou indifférent.

Compléments

  • Le pénaliste allemand Feuerbach a utilisé pour la première fois la terminologie de politique criminelle en 1803.

  • La médecine légale étudie les morts, notamment par l’autopsie des causes et modalités de la mort, ainsi que les vivants, notamment les victimes.

  • La police scientifique mobilise notamment :

    • la balistique
    • l’étude des explosifs
    • l’étude des incendies
    • l’étude des taches
    • la génétique
  • La criminologie mobilise notamment :

    • les statistiques de la criminalité connue
    • les sondages sur le sentiment d’insécurité
    • les enquêtes de victimisation
    • l’observation des délinquants
    • les biographies de criminels
    • des méthodes et des tests
  • Dans l’approche centrée sur l’auteur, l’ordre d’analyse est l’auteur, puis l’acte, puis la sanction.

  • L’étude du phénomène criminel examine : la définition des comportements illicites, la procédure de mise en œuvre de la réponse pénale, la nature de la réponse, la justification de la réponse

3. L’auteur selon le droit pénal classique

★ À maîtriser

  • Le droit pénal classique repose sur le postulat que l’auteur d’une infraction est un homme libre et fautif, qui choisit de méconnaître la loi pénale.

📌 Selon l’article 122-2 du Code pénal, la contrainte à laquelle l’auteur n’a pas pu résister est une cause d’irresponsabilité pénale.

  • L’auteur peut être déterminé par : sa participation comme auteur, sa participation comme coauteur, sa participation comme complice, sa participation comme receleur, les modalités de son action, notamment tentative ou désistement, une qualité exigée pour certaines infractions

Compléments

  • Une personne qui provoque un accident parce qu’elle a glissé sur une plaque de verglas n’a pas commis d’infraction pénale selon l’exemple présenté.

📌 Une faute pénale peut résulter d’un comportement imprudent ou négligent, même sans volonté de commettre le résultat illicite.

  • Une personne privée de discernement par un trouble mental ayant aboli celui-ci, ou un très jeune mineur non discernant, ne commet pas juridiquement de faute.

  • L’abus de biens sociaux est présenté comme une infraction susceptible d’être commise par un dirigeant de société qui fait un usage personnel des fonds de la société.

  • Le droit pénal tient notamment compte de la majorité ou de la minorité de l’auteur au moment des faits et de l’existence d’un trouble mental.

4. L’homme criminel et le déterminisme

★ À maîtriser

  • La doctrine positiviste, associée à Lombroso, Ferri et Garofalo, soutient que le criminel est déterminé par sa nature et influencé par son milieu, plutôt que libre de choisir ses actes.

  • Ferri distingue cinq types de criminels :

    • le criminel né
    • le criminel aliéné
    • le criminel d’habitude
    • le criminel d’occasion
    • le criminel passionnel
  • Les facteurs de milieu susceptibles d’influencer la délinquance sont :

    • géographiques
    • familiaux
    • sociaux
    • économiques
  • Lacassagne rejette la prédisposition génétique de Lombroso et relie les formes de criminalité au développement inégal de trois zones cérébrales : frontale, pariétale et occipitale.

Compléments

  • Lombroso a publié L’homme criminel en 1876, Ferri Sociologie criminelle en 1881 et Garofalo Criminologie en 1885.

  • Lombroso cherche notamment les signes physiques suivants :

    • la forme du crâne
    • les arcades sourcilières
    • la mâchoire
    • la longueur des bras
    • la dentition
    • les doigts surnuméraires
    • les tatouages
  • Ferri et Garofalo estiment que le milieu peut contribuer au passage à l’acte et mobilisent la notion de pénibilité, définie comme l’évaluation du degré auquel un individu est dangereux pour la société.

📌 Chez Lacassagne, la zone frontale correspond à la criminalité de pensée et peut être associée aux criminels aliénés, la zone pariétale à la criminalité d’actes et la zone occipitale aux instincts et aux criminels jugés les plus dangereux.

5. Personnalité et pensées criminelles

★ À maîtriser

  • Pinatel considère que la personnalité criminelle résulte de facteurs sociaux et familiaux, se développe pendant l’enfance et se consolide à l’adolescence.

📌 Pour Pinatel, il n’existe pas de différence de nature entre délinquants et non-délinquants, mais une différence de degré liée au niveau de dangerosité.

  • Chez Pinatel, les variantes secondaires orientent la conduite criminelle, tandis que le noyau central de la personnalité criminelle régit le passage à l’acte.

  • Le noyau central de la personnalité criminelle comprend :

    • l’égocentrisme
    • la labilité
    • l’agressivité
    • l’indifférence affective
  • Eysenck distingue trois éléments :

    • l’extraversion
    • le névrotisme
    • le psychotisme
  • Selon Yochelson et Samenow, des erreurs de pensée combinées peuvent construire une pensée criminelle et contribuer au passage à l’acte.

Compléments

  • Yochelson et Samenow recensent quinze erreurs ou traits de pensée : l’énergie, la colère, l’orgueil, l’état 0, la sentimentalité artificielle, le mensonge, le pouvoir, la fragmentation, la solitude, les canaux de communication fermés, le « je ne peux pas », la position de victime, le superoptimisme, la corrosion et la coupure, et la perception de soi comme une bonne personne.

6. Facteurs de la récidive

Notions clés & Définitions

  • Récidiviste : Personne qui commet de nouveau une infraction après une première condamnation.

★ À maîtriser

  • La condamnation et la peine ne font pas nécessairement disparaître les facteurs sociaux et personnels qui ont contribué au passage à l’acte.

  • Les quatre facteurs susceptibles de favoriser la récidive sont :

    • l’immaturité psychosociale
    • les handicaps sociaux et personnels
    • l’incidence du passé criminel
    • le poids de la situation post-pénale
  • La carrière criminelle atteint généralement son paroxysme vers 25–30 ans puis décline, notamment avec l’acquisition d’une maturité intellectuelle et morale et le déclin de la forme physique.

  • Les handicaps sociaux et personnels associés à la récidive comprennent : la défaillance de la famille d’origine, notamment l’absence de père, l’alcoolisme parental, l’échec de la formation scolaire et professionnelle, associé à l’instabilité professionnelle, les tares psychosociales, notamment les troubles nerveux, les facultés intellectuelles très limitées

📌 Le risque de récidive augmente avec le nombre d’infractions antérieures et avec la précocité de la première infraction.

  • Une étude publiée en 2024, portant sur les personnes sorties de prison en 2016 et leurs condamnations enregistrées jusqu’à fin août 2024, indique un taux de récidive de 34,6 % à un an et de 62,9 % à cinq ans.

  • Dans cette étude, le taux de récidive est de 77 % pour les personnes libérées avant 25 ans et de 29 % pour celles libérées à 55 ans ou plus.

  • Dans cette étude, le taux de récidive est de 34,6 % sans condamnation antérieure, de 52,9 % avec une condamnation antérieure et de 74 % avec deux condamnations antérieures.

  • À cinq ans, le taux de récidive est de 64,6 % après une sortie sèche et de 58,8 % après un aménagement de peine.

Compléments

  • L’immaturité psychosociale se manifeste par des réactions inadaptées au milieu social, une opposition à la société et des difficultés à établir des relations stables et équilibrées.

7. Délinquance et personne dangereuse

★ À maîtriser

  • Gramatica rejette le droit pénal, les sanctions pénales et la notion de délinquant, qu’il juge relative et artificielle, et propose de leur substituer la défense sociale centrée sur l’amélioration de l’individu. - principes de défense sociales, 1963

  • Pour Gramatica, l’acte importe moins que la personnalité de son auteur, qu’il faut découvrir afin de défendre la société.

  • Marc Ancel propose une voie humaniste qui intègre au droit pénal l’étude de la personnalité du délinquant, plutôt que de supprimer le système pénal. - la défense sociale nouvelle, 1954

  • Pour Ancel, l’acte illicite révèle une personnalité spécifique à étudier afin d’éclairer les raisons du passage à l’acte et les conséquences pénales relatives à la responsabilité et à la sanction. - Marc Ancel

Compléments

  • L’observation du délinquant peut mobiliser plusieurs spécialistes, notamment :

    • un médecin
    • un psychologue
    • un psychiatre
    • un sociologue
  • L’étude de la personnalité ne signifie pas que tous les délinquants sont des malades : chacun possède une personnalité propre à prendre en considération. - Marc Ancel

  • En instruction, une enquête de personnalité peut porter sur la situation matérielle, familiale et sociale de la personne mise en examen et inclure des examens médicaux ou médico-psychologiques, tels qu’une expertise psychiatrique ou psychologique.

  • L’évaluation pluridisciplinaire de la dangerosité et l’expertise médicale réalisée par deux médecins peuvent éclairer la décision de rétention de sûreté après la peine lorsqu’un risque élevé de récidive est associé à un trouble grave de la personnalité.

Astuce mémo

Gramatica écarte l’infraction ; Ancel l’étudie à travers la personnalité.

8. Responsabilité pénale de l’auteur

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité fautive : Faute intentionnelle ou faute d’imprudence ou de négligence lorsque la loi prévoit cette modalité.
  • Fait justificatif : Fait qui rend licite un acte objectivement constitutif d’une infraction, comme la légitime défense, l’autorisation de la loi ou l’état de nécessité.

★ À maîtriser

  • La responsabilité civile conduit à réparer les conséquences d’un acte, tandis que la responsabilité pénale conduit à être sanctionné pour cet acte.

  • Selon l’article 121-1 du Code pénal, nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.

  • La responsabilité pénale du chef d’entreprise pour une infraction commise par un salarié repose sur une faute personnelle liée à ses pouvoirs de surveillance ou à l’absence d’une délégation de pouvoirs valable, et non sur une responsabilité pénale pour autrui.

  • La responsabilité pénale des participants à une infraction collective reste individuelle et dépend du rôle et de la gravité des actes de chacun, même en présence d’une association de malfaiteurs ou d’une bande organisée.

  • L’article 121-3 du Code pénal pose qu’il n’y a pas de crime ou de délit sans intention de le commettre, sauf lorsque la loi prévoit qu’une infraction peut être commise par imprudence ou négligence.

Compléments

  • La responsabilité pénale est individuelle parce que ses sanctions, notamment la privation de liberté, ne peuvent être exécutées par une autre personne que celle qui a été condamnée.

  • Dans un arrêt du 29 août 1997 concernant la Suisse, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’imposition aux héritiers d’une sanction pénale pour une fraude fiscale commise par le défunt, au regard de la présomption d’innocence protégée par l’article 6, paragraphe 2, de la Convention.

  • Lors de violences simultanées formant un ensemble indissociable, comme un lynchage ou un passage à tabac, le juge peut considérer les membres du groupe comme auteurs du coup mortel sans déterminer qui a porté chaque coup.

  • Le vol suppose l’intention de s’approprier frauduleusement une chose appartenant à autrui et ne peut pas être commis par imprudence.

Astuce mémo

Responsabilité civile : réparer le dommage ; responsabilité pénale : répondre de son propre fait par une sanction.

9. Trouble mental et minorité

Points essentiels

  • Selon l’article 122-1 du Code pénal, la personne atteinte d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement au moment des faits est pénalement irresponsable.

  • En cas d’altération du discernement, la personne reste pénalement responsable, mais son état est pris en compte pour déterminer sa peine.

  • Le mineur ne peut être pénalement condamné que s’il est discernant ; il est présumé ne pas l’être avant 13 ans et l’être à partir de 13 ans.

  • Un mineur de moins de 13 ans ne peut pas faire l’objet d’une peine, celle-ci étant considérée comme une réponse inadaptée à son comportement.

10. Infraction et atteinte sociale

Notions clés & Définitions

  • Infraction : Violation d’une prescription de la loi pénale par un comportement interdit parce qu’il porte atteinte à une valeur sociale.
  • Lien de causalité : Lien qui relie l’acte commis au résultat que la loi pénale cherche à éviter.

★ À maîtriser

📌 Les positivistes, notamment Lombroso, conçoivent le criminel comme dangereux par nature et nient sa responsabilité morale fondée sur le libre arbitre, tandis que les mesures sociales visent à neutraliser le danger qu’il représente.

📌 L’infraction se caractérise par un acte, qui est le comportement, et un résultat, qui traduit l’atteinte portée à une valeur sociale importante comme la vie, l’intégrité physique ou la liberté sexuelle.

  • Le résultat de l’infraction traduit une atteinte à une valeur sociale protégée et constitue un élément essentiel à la caractérisation de l’infraction.

📌 Le lien de causalité entre le comportement de l’agent et le résultat à éviter est indispensable à la punition d’un agissement.

📌 Le lien de causalité entre l’acte et l’atteinte à la valeur sociale protégée ne doit pas être trop relâché, sous peine de faire disparaître le caractère objectif de l’infraction.

Compléments

  • Pour les positivistes, le juge diagnostique la dangerosité, établit un pronostic et détermine les mesures destinées à faire cesser le danger, notamment par des mesures de sûreté fondées sur des expertises ou une observation pluridisciplinaire.

  • Les théories de la personnalité criminelle cherchent à expliquer le passage à l’acte et peuvent éclairer le juge sans remettre en cause le principe de la responsabilité pénale.

  • Pour Gramatica, le délinquant est un antisocial à resocialiser et non une personne à punir au titre d’une infraction ; son système rejette donc la responsabilité pénale et le rôle répressif du juge.

  • Le législateur peut incriminer plusieurs comportements différents lorsqu’ils peuvent porter atteinte à une même valeur sociale, comme le meurtre, l’homicide par imprudence et l’empoisonnement pour protéger la vie.

  • Le lien de causalité permet d’objectiver la définition de l’infraction en reliant un acte à un résultat dommageable et à l’atteinte à une valeur sociale, plutôt qu’en réprimant un comportement au hasard.

📌 L’omission de porter secours consiste à reprocher à une personne de s’être abstenue d’agir, alors qu’elle n’a pas créé le péril menaçant la victime.

  • Le droit pénal positif incrimine certaines omissions afin de ne pas laisser impunis des comportements jugés moralement condamnables, même si l’abstention ne cause pas le péril initial.

11. Portée de l’atteinte pénale

★ À maîtriser

  • Si l’on ne retient que l’atteinte effectivement produite, la tentative sans résultat ne peut pas être punie ; le droit pénal corrige cette conséquence en punissant le commencement d’exécution.

  • Les actes préparatoires précèdent l’exécution de l’infraction et ne sont pas punis, tandis que le commencement d’exécution peut rendre la tentative punissable.

  • La responsabilité pénale s’apprécie en principe au moment des faits : un trouble mental ayant aboli le discernement à cette date peut rendre l’agent irresponsable même s’il est ensuite rétabli.

Compléments

  • Le repentir actif, comme la restitution par un voleur des objets volés après l’infraction, est en principe inefficace en droit pénal.

📌 Le juge peut ajourner le prononcé de la peine lorsque le reclassement de l’agent est en voie d’être acquis et que le dommage est en voie d’être réparé.

Astuce mémo

Résultat atteint : infraction consommée ; commencement d’exécution : tentative punissable.

12. Incrimination et légalité pénale

Notions clés & Définitions

  • Procédure pénale : Ensemble des règles juridiques qui permettent de rechercher l’auteur d’une infraction et de le traduire devant une juridiction de jugement.

★ À maîtriser

  • La criminalité apparente désigne les infractions connues, tandis que la criminalité réelle désigne l’ensemble des infractions effectivement commises ; les infractions inconnues forment le chiffre noir de la délinquance.

  • Le droit pénal général étudie les règles applicables aux infractions ou à leurs grandes catégories, tandis que le droit pénal spécial étudie les éléments constitutifs de chaque infraction particulière.

  • Le principe de légalité criminelle interdit de poursuivre ou de condamner une personne pour un comportement qui n’est pas incriminé par la loi pénale, même s’il est choquant.

  • Le juge pénal doit appliquer les textes répressifs en vigueur et ne peut pas créer de règles pénales, en raison de la séparation des pouvoirs et de son absence de légitimité législative.

Compléments

  • La dépénalisation de l’adultère et de l’avortement illustre l’évolution des comportements incriminés avec les mœurs d’une société.

📌 Le raisonnement par analogie ne permet pas d’étendre une incrimination pénale à un comportement qui ressemble à celui décrit par le texte.

  • Beccaria a mis au jour le principe de légalité des délits et des peines et a rédigé le Traité des délits et des peines.

13. Acte dangereux et dangerosité

Notions clés & Définitions

  • Dangerosité : Probabilité qu’un individu commette une infraction contre les biens ou contre les personnes.

★ À maîtriser

📌 La dangerosité psychiatrique est principalement liée à un trouble mental, tandis que la dangerosité criminologique est un phénomène psychosocial associé à la probabilité de commettre une infraction sans qu’une pathologie soit nécessaire.

📌 Les méthodes actuarielles estiment statistiquement un risque de récidive pour des catégories de personnes, mais ne permettent pas de déterminer avec certitude si un individu précis récidivera.

  • L’évaluation de la dangerosité est incertaine parce que la notion est difficile à définir et à évaluer, que les expertises reposent sur des observations limitées et que les méthodes actuarielles restent statistiques.

📌 En droit pénal, la sanction est attachée à l’acte incriminé et dépend de sa gravité, tandis que les théories criminologiques rattachent la sanction à la personne considérée comme dangereuse.

Compléments

  • L’évaluation de la dangerosité peut s’appuyer sur : des enquêtes sociales ou de personnalité, des examens cliniques, des expertises, des méthodes actuarielles fondées sur des statistiques

  • Le VRAG évalue le risque de violence à partir de variables cliniques, démographiques et criminologiques.

  • Le HCR-20 examine 20 éléments portant sur le passé, le présent et le futur de la personne afin d’évaluer le risque de violence.

  • L’échelle de Dittmann prend en compte les éléments favorables et défavorables de la vie du sujet, sa personnalité, son attitude envers ses troubles et sa reconnaissance de l’infraction, sans produire de score chiffré.

14. Rétribution et réadaptation pénales

★ À maîtriser

📌 La rétribution compense dans le présent le mal causé par l’infraction et se tourne vers le passé, tandis que la réadaptation vise la réintégration future du condamné dans la société.

  • La rétribution pénale fait répondre une peine au dommage causé par l’infraction, selon l’idée d’un mal compensant un mal.

  • La réadaptation fait de l’exécution de la peine une étape de la réinsertion, car le condamné doit avoir répondu de sa faute avant de reprendre sa place dans la société.

  • L’article 130-1 du code pénal attribue à la peine les fonctions de sanctionner l’auteur de l’infraction et de favoriser son amendement, son insertion ou sa réinsertion.

Compléments

  • 🔄 L’histoire de la rétribution pénale passe par trois étapes :

    1. La vengeance
    2. L’expiation
    3. La rétribution
  • Dans les sociétés primitives, la vengeance privée pouvait provoquer des règlements de comptes entre individus ou clans et des guerres privées, parfois terminées par une composition versée au groupe offensé.

  • Avec le développement de l’État, la composition est devenue publique et son montant a été fixé par l’État.

  • Dans la conception religieuse de l’expiation, la souffrance infligée au coupable devait satisfaire les dieux et rétablir l’équilibre entre les hommes et les dieux, sans rechercher la satisfaction de la victime.

  • La demi-liberté, la surveillance électronique et les possibilités d’emploi, d’enseignement ou de formation sont présentées comme des moyens de favoriser la réinsertion du condamné.

Astuce mémo

Rétribution tournée vers le passé, réadaptation vers l’avenir

15. Régime de la répression pénale

★ À maîtriser

  • En droit pénal classique, la nature et le taux de la peine doivent être déterminés à l’avance par la loi afin d’éviter l’arbitraire et de rendre la peine encourue prévisible.

  • La loi distingue les infractions ayant le même résultat selon la gravité de leur comportement : le meurtre est passible de 30 ans de réclusion criminelle, tandis que l’homicide involontaire est passible de 3 ans d’emprisonnement.

  • La répression intervient a posteriori : une infraction doit avoir été commise avant que son auteur puisse être puni, ce qui exclut la sanction d’un simple projet criminel sans acte tangible.

  • Une loi pénale nouvelle plus sévère ne s’applique pas aux affaires qui n’ont pas fait l’objet d’un jugement définitif.

  • L’individualisation de la peine conduit le juge à tenir compte des circonstances de l’infraction, de la responsabilité de l’auteur et des fonctions de la peine pour choisir une sanction adaptée, puis à motiver ce choix.

  • En matière correctionnelle, trois arrêts de la Cour de cassation du 1er février 2017 ont posé une obligation générale de motivation des peines, désormais reprise à l’article 132-19 du code pénal.

📌 Selon l’article 132-19 du code pénal, une peine d’emprisonnement ferme ne peut être prononcée qu’en dernier recours, si la gravité de l’infraction et la personnalité de l’auteur la rendent indispensable et si toute autre sanction est manifestement inadéquate.

Compléments

  • Le vol est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, mais le vol commis avec menace ou usage d’une arme, même factice, est puni de 20 ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende.

  • La séquestration est passible de 20 ans de réclusion criminelle, mais sa peine est réduite à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende si la personne est libérée volontairement avant 7 jours.

📌 En matière correctionnelle, le tribunal doit spécialement motiver sa décision au regard des faits de l’espèce, de la personnalité de l’auteur et de sa situation matérielle, familiale et sociale.

16. Lutte contre l’état dangereux

Notions clés & Définitions

  • Substitut pénal : Une action sur les causes générales de la criminalité visant à supprimer une situation criminogène pour éviter la commission d’infractions.

★ À maîtriser

📌 Les théories criminologiques envisagent deux réponses à l’état dangereux : l’élimination et la resocialisation.

  • Dans les théories criminologiques, la détermination d’une mesure part d’un diagnostic de l’état dangereux, établit un pronostic sur les effets de la mesure envisagée, puis adapte la mesure à l’évolution de l’individu.

📌 Dans ces théories, la mesure peut être indéterminée dans sa nature et son importance et révisable à tout moment afin de s’adapter à l’évolution du délinquant.

📌 Les théories criminologiques peuvent préconiser une réponse ante delictum, c’est-à-dire des mesures préventives contre une personne qui n’a pas commis d’acte délictueux mais présente des tendances jugées dangereuses.

Compléments

  • Dans la thèse de Lombroso, le criminel est dangereux par nature et la société doit se défendre contre lui par sa mise à mort ou sa ségrégation.

📌 Les disciples de Lombroso, dont Ferri et Garofalo, distinguent la dangerosité due à l’hérédité, contre laquelle la société ne pourrait rien, de celle due au milieu, qui pourrait être combattue en éloignant l’individu de son milieu criminogène. - Ferry, Garofalo

  • L’éclairage d’une ruelle sombre est présenté comme un substitut pénal qui agit sur une situation criminogène, contrairement à la seule présence policière qui ne règle le problème que temporairement.

  • La défense sociale vise à protéger les délinquants contre une société qui ne les comprend pas en les resocialisant, en les adaptant et en les améliorant.

  • Pour Ancel, une politique criminelle doit prévenir les crimes, traiter les condamnés et tendre à une action systématique de resocialisation des individus.

  • L’article 132-1 du code pénal rattache la personnalisation de la peine à la volonté de favoriser l’amendement, l’insertion ou la réinsertion du condamné.

  • Gramatica décrit le délinquant comme un antisocial malade qu’il faudrait guérir par la rééducation afin qu’il reprenne sa place dans la société.

  • Les exemples de mesures ante delictum évoqués sont l’internement d’un homme jugé susceptible de tuer sa compagne et la séparation d’une fille de son père jugé susceptible d’abuser d’elle.

Astuce mémo

Éliminer le danger ou resocialiser la personne

17. Peine et mesure de sûreté

Notions clés & Définitions

  • Peine : Un châtiment infligé par la société en réponse à la commission d’une infraction.
  • Mesure de sûreté : Une sanction pénale particulière qui vise à prévenir une situation de danger pour la société.

★ À maîtriser

📌 La peine est afflictive parce qu’elle atteint la liberté, le patrimoine ou les droits du condamné, et infamante parce qu’elle l’expose à la réprobation sociale.

  • La peine a une fonction répressive, qui exprime le blâme social en fonction de la gravité de l’infraction, et une fonction préventive générale et individuelle.

  • La mesure de sûreté a une fonction préventive et non répressive, et son application est en principe conçue comme ni afflictive ni infamante.

Compléments

📌 La sévérité de la peine varie selon la catégorie de l’infraction : les peines criminelles sont plus sévères que les peines correctionnelles, elles-mêmes plus sévères que les peines contraventionnelles.

  • L’interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs et la rétention de sûreté sont citées comme exemples de mesures de sûreté.

  • Les catégories de criminels distinguées sont :

    • Les criminels nés ou aliénés
    • Les criminels d’habitude
    • Les criminels d’occasion
    • Les criminels passionnels
  • Dans la classification positiviste rapportée, les criminels nés ou aliénés et les criminels d’habitude sont associés à une déportation perpétuelle ou à une privation de liberté à durée indéterminée, les criminels d’occasion à une privation de liberté non indéfinie et les criminels passionnels à l’obligation de réparer le préjudice. - Ferry et Garofalo

Astuce mémo

La peine punit l’infraction, la mesure de sûreté prévient le danger

18. Confusion des sanctions pénales

★ À maîtriser

📌 En droit positif, peines et mesures de sûreté restent distinguées mais tendent à se confondre lorsque certaines peines acquièrent un objectif préventif ou que certaines mesures de sûreté deviennent afflictives ou infamantes.

  • Certaines peines perdent des caractéristiques traditionnelles de la peine ou acquièrent des traits propres aux mesures de sûreté, notamment lorsqu’elles visent principalement à éviter le renouvellement de l’infraction.

Compléments

  • L’interdiction faite à un médecin d’exercer sa profession après des agressions sexuelles sur des patientes a été considérée par la chambre criminelle comme une mesure de sûreté destinée à prévenir le renouvellement de l’infraction.

  • L’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou sociale lorsque les facilités qu’elle procure ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l’infraction illustre une peine ayant un objectif explicite de prévention.

  • La surveillance judiciaire et la rétention de sûreté peuvent porter atteinte à la liberté d’aller et venir, donnant à certaines mesures de sûreté un caractère afflictif.

📌 Le port d’un bracelet électronique dans le cadre d’un aménagement de peine est justifié par l’exécution de la peine, tandis que son port au titre d’une mesure de sûreté peut être vécu comme infamant alors que la peine a déjà été exécutée.

  • La rétention de sûreté exerce une fonction d’élimination en éloignant de la société une personne considérée comme dangereuse, tout en prévoyant un traitement destiné à faire disparaître les causes de son placement.

Astuce mémo

La prévention rapproche certaines peines des mesures de sûreté

Tableaux de synthèse

Approches de la sanction

ApprocheCibleFondement
Droit pénalActe commisGravité de l’infraction
Théories criminologiquesPersonneDangerosité attribuée à l’individu

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2. Comment définir le droit pénal ?

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Que distingue la summa divisio en droit ?

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Qu’est-ce que le droit pénal ?

L’ensemble des normes juridiques qui réglementent le recours de l’État à la sanction pénale.

Comment le droit pénal limite-t-il l’arbitraire de l’État dans un État de droit ?

En encadrant la répression par des règles juridiques et procédurales.

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