Fiche de révision : Origines antiques du droit

Plan du Cours

  1. Définition et conceptions du droit
  2. Premiers témoignages et droit mésopotamien
  3. Droits égyptien et hébraïque
  4. Évolution juridique des cités grecques
  5. Rome et formation du droit romain
  6. Coutume et sacralité du droit
  7. Lois et publication du droit
  8. Science juridique républicaine
  9. Sources du droit classique
  10. Droit prétorien et constitutions impériales
  11. Législation et codification post-classiques
  12. Coutumes et adaptations juridiques
  13. Christianisme et autorité politique
  14. Premières règles canoniques
  15. Institutionnalisation du droit canonique
  16. Compilation du droit de Justinien
  17. Les parties du Corpus juris civilis
  18. Transmission et influence du droit romain

Repères chronologiques

  1. 509 av. J.-C.marque le début traditionnel de la République romaine
  2. 494 av. J.-C.La première sécession de la plèbe aboutit notamment à la création du tribunat de la plèbe pour défendre ses intérêts.
  3. 462 av. J.-C.Le tribun Gaius Terentilius Harsa réclame la rédaction et la publication du droit afin de limiter l’arbitraire des magistrats.
  4. 451-450 av. J.-C.Une commission de dix décemvirs rédige la loi des Douze Tables, qui met le droit par écrit et le rend public, notamment sur le Forum.
  5. 27 av. J.-C.Octave devient Auguste, marquant traditionnellement le début de l’Empire romain
  6. IIe siècle de notre èreSous Hadrien, le juriste Julien fixe définitivement l’édit du préteur, qui devient l’Édit perpétuel.
  7. À partir du Ve siècleLe droit canonique commence à être organisé en corpus juridiques et en collections canoniques.
  8. 325Le concile de Nicée, premier concile œcuménique, réunit à grande échelle des représentants de l’Église chrétienne.
  9. 395 apr. J.-C.l’Empire romain d’Occident et l’Empire romain d’Orient sont définitivement séparés
  10. 438Théodose II fait élaborer le Code théodosien, qui réunit et classe par thèmes les constitutions impériales et possède une valeur officielle en Orient comme en Occident.

1. Définition et conceptions du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit : Ensemble des règles obligatoires qui organisent les relations entre les êtres humains et dont le respect, dans les sociétés contemporaines, est garanti notamment par l’État.
  • Droit naturel : Repose sur l’idée que certains droits appartiennent à l’être humain par nature et peut notamment servir à définir les droits de l’Homme.
  • Droit divin : Considère que le droit trouve son origine dans une volonté divine, dans les religions monothéistes comme polythéistes.

★ À maîtriser

  • Les sources du droit comprennent :
    • la loi
    • la jurisprudence
    • la coutume
    • la doctrine

📌 Le droit positif est le droit applicable dans une société donnée et résulte de l’organisation de cette société.

Compléments

  • Les classifications du droit peuvent être discutables et parfois arbitraires ; le droit de la famille relève du droit privé, mais sa réglementation évolue avec l’histoire et les événements fondamentaux des sociétés.

  • La distinction entre les conceptions positive, naturelle et divine du droit reste débattue.

Astuce mémo

Droit positif : société humaine ; droit naturel : nature humaine ; droit divin : volonté divine

2. Premiers témoignages et droit mésopotamien

Notions clés & Définitions

  • Ordalie : Épreuve destinée à laisser la divinité révéler la culpabilité ou l’innocence lorsqu’un conflit juridique ne peut être tranché par les hommes.
  • Codification : La codification consiste à regrouper des règles juridiques, à les organiser et à les présenter dans un ensemble cohérent, selon une idée qui annonce les codes modernes comme le Code civil.

★ À maîtriser

  • Les droits cunéiformes se développent au Proche-Orient ancien, notamment en Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate.

  • Les actes conservés concernent notamment :

    • le mariage
    • l’héritage
    • la location
    • le prêt
    • la vente
    • les procès

📌 Le droit mésopotamien répond aux besoins pratiques de la vie quotidienne et peut prendre la forme d’accords entre personnes, de décisions judiciaires, de règles sociales, de textes de portée générale ou de traités entre pouvoirs.

  • Le Code de Hammurabi, datant du XVIIIe siècle avant notre ère, est le texte mésopotamien le plus célèbre et témoigne d’une vie sociale fortement réglementée.

  • Les sanctions mésopotamiennes peuvent comprendre la peine de mort, des sanctions pécuniaires et la confiscation, notamment pour l’homicide, l’adultère ou d’autres infractions.

  • Dans le Code de Hammurabi, Shamash, dieu du Soleil et de la justice, est représenté face au roi, auquel il transmet symboliquement la loi ; le roi en est l’intermédiaire, non le créateur.

Compléments

  • Les premiers témoignages permettant de connaître les règles qui organisent les sociétés humaines remontent à plusieurs millénaires avant notre ère, tandis que la connaissance précise du droit dépend de la conservation des témoignages.

  • Le développement de l’écriture cunéiforme à partir du IVe millénaire avant notre ère multiplie les témoignages écrits sur le droit.

  • Urukagina aurait promulgué vers 2500 avant notre ère un ensemble de règles dont la connaissance reste très limitée.

  • Le Code d’Ur-Nammu, daté vers 2100 avant notre ère, constitue un témoignage important dont la connaissance demeure partielle.

  • Dans l’ordalie du fleuve, le suspect qui meurt dans le fleuve est tenu pour coupable, tandis que celui qui survit est tenu pour innocent.

📌 La conception divine présente la loi comme voulue par les dieux, difficilement contestable et intangible ; des malédictions menacent ceux qui chercheraient à modifier ou détruire le Code de Hammurabi.

📌 Dans certaines infractions, le Code de Hammurabi prend en compte l’intention et confie au juge une part dans la détermination de la sanction, plutôt qu’une application uniquement automatique.

  • Les peines corporelles comprennent notamment :
    • la peine de mort par noyade
    • la peine de mort par le feu
    • la peine de mort par empalement
    • la mutilation de la main
    • la mutilation de la langue
    • la mutilation des oreilles
    • les atteintes aux yeux

3. Droits égyptien et hébraïque

Notions clés & Définitions

  • Loi du talion : La loi du talion repose sur une réciprocité entre le préjudice subi et la sanction, résumée par « Œil pour œil, dent pour dent » ; elle vise notamment à encadrer les représailles.

★ À maîtriser

  • L’Égypte antique ne nous a pas laissé de code juridique comparable au Code de Hammurabi, mais des documents pratiques attestent d’un système juridique et politique élaboré.

  • En Égypte antique, les pharaons sont soumis à la loi des dieux et sont considérés comme des intermédiaires entre les dieux et les hommes.

  • Maât représente :

    • la justice
    • la vérité
    • l’ordre
    • l’équilibre
  • Les femmes peuvent notamment : agir en justice sans être représentées par un homme, posséder des biens, vendre des biens, disposer d’une certaine autonomie juridique

  • Les cinq livres de la Torah sont :

    • la Genèse
    • l’Exode
    • le Lévitique
    • les Nombres
    • le Deutéronome
  • Selon le récit biblique, Dieu transmet à Moïse les Dix Commandements, ou Décalogue, dont figurent notamment l’interdiction de tuer, l’interdiction de voler et l’obligation d’honorer son père et sa mère.

📌 Le droit hébraïque est présenté comme révélé par Dieu, reçu par Moïse et transmis au peuple, plutôt que créé par les hommes ; il est donc réputé ne pas pouvoir être modifié par eux.

📌 Les droits mésopotamien, égyptien et hébraïque sont marqués par l’origine divine du droit, le lien entre droit et religion, l’autorité du droit révélé et la conception de la justice comme expression d’un ordre supérieur.

Compléments

  • Les périodes égyptiennes présentées sont : l’Ancien Empire (-2700 à -2200), la première période intermédiaire (-2200 à -2065), le Moyen Empire (-2065 à -1785), la deuxième période intermédiaire (-1785 à -1580), le Nouvel Empire (-1580 à -1085), la troisième période intermédiaire (-1085 à -633), la Basse Époque (-633 à -332)

  • L’Égypte ancienne possède un système de preuve élaboré dans lequel les preuves occupent une place importante dans la justice.

  • Le droit hébraïque est principalement connu par la Bible, notamment l’Ancien Testament, et son influence ultérieure est importante en raison de la diffusion du christianisme.

  • Selon la tradition biblique, le peuple hébreu :

    • vient de Mésopotamie
    • migre vers l’Égypte
    • quitte l’Égypte sous la conduite de Moïse
    • s’installe en Palestine
  • Saül est considéré comme le premier roi des Hébreux avant David ; les rois sont vus comme représentants de Dieu sur Terre et reçoivent une onction divine.

  • Dans le jugement de Salomon, le roi identifie la véritable mère d’un enfant en observant qu’elle préfère le laisser à l’autre femme plutôt que le voir mourir ; le récit illustre un jugement fondé sur les réactions psychologiques, et non seulement sur des preuves matérielles.

  • Le droit hébraïque ancien prévoit la peine de mort pour certaines infractions et des preuves faisant appel au jugement de Dieu, notamment l’ordalie de l’eau amère imposée à une femme soupçonnée d’infidélité.

4. Évolution juridique des cités grecques

Notions clés & Définitions

  • Thesmos : Désigne dans la Grèce archaïque une règle ou une norme associée à un ordre supérieur et fortement liée à l’origine divine du droit.

★ À maîtriser

  • Dans Les Travaux et les Jours, au VIIIe siècle avant notre ère, Hésiode oppose par la fable de l’épervier et du rossignol la force qui domine le faible à la justice qu’il recommande à son frère Persès.

  • Le nomos désigne la règle, la loi ou la norme et correspond progressivement à une conception du droit comme résultat d’une organisation humaine et politique.

  • Les législateurs mettent le droit par écrit afin de rendre les règles plus accessibles et connues, de renforcer leur autorité et de fixer les droits et obligations de chacun.

  • La loi écrite peut être perçue comme un instrument de libération, d’égalité et de protection contre l’arbitraire, tandis que les citoyens participent progressivement aux assemblées et aux décisions et exercent leur liberté de parole.

📌 Dans Antigone de Sophocle, Antigone désobéit à l’interdiction de Créon d’enterrer Polynice, car elle estime que des lois supérieures imposent de respecter les morts ; la pièce oppose le droit positif de la cité au droit naturel ou supérieur.

📌 Les réflexions grecques sur la diversité des peuples conduisent à considérer que les lois et les traditions humaines peuvent être relatives et qu’il n’existe pas nécessairement une seule manière universelle d’organiser la société.

Compléments

  • La civilisation mycénienne précède la période classique, mais la perte d’une grande partie de ses écrits limite les connaissances sur elle ; les témoignages écrits deviennent plus nombreux à partir du VIIIe siècle avant notre ère.

  • L’Iliade et l’Odyssée d’Homère sont des sources importantes pour comprendre les sociétés grecques anciennes.

  • Les communautés grecques passent progressivement de pouvoirs royaux à des monarchies, puis à des oligarchies où le pouvoir appartient à un petit groupe, souvent issu des élites et de l’aristocratie.

  • Dans la mythologie grecque, Thémis, liée à Zeus, est associée à l’ordre, à la justice et aux règles ; Eunomia représente l’ordre, Dikè la justice et Eiréné la paix.

📌 Hésiode présente la justice comme une caractéristique propre à l’humanité : les animaux suivent la loi du plus fort, tandis que les hommes ont reçu la justice et doivent faire effort pour atteindre le bien. - Les Travaux et les Jours, VIIIe siècle avant

  • À partir des VIIIe-VIIe siècles avant notre ère, les transformations sociales des cités grecques s’accompagnent de conflits liés aux statuts, aux inégalités, au pouvoir, aux difficultés économiques, aux famines, aux guerres et aux conquêtes.

  • À Athènes, Dracon est associé à la première grande mise par écrit des lois, célèbres pour leur extrême sévérité.

  • Au début du VIe siècle avant notre ère, Solon entreprend des réformes destinées notamment à réduire les tensions sociales et à réorganiser la cité, contribuant à une participation plus importante des citoyens.

  • Platon réfléchit dans ses œuvres à la meilleure organisation de la cité et à la manière d’établir les lois.

Astuce mémo

Thesmos divin, puis nomos politique et humain

5. Rome et formation du droit romain

★ À maîtriser

  • Le droit romain constitue une base essentielle du droit français et son influence s’étend à l’ensemble de l’Europe.

  • Au VIe siècle, Justinien fait réaliser des compilations juridiques qui synthétisent le savoir et les techniques du droit romain.

  • À Rome, le droit devient progressivement une matière technique enseignée spécifiquement, tandis qu’émerge le métier de juriste et que s’affirment l’autorité et la responsabilité des juristes.

  • L’ancien droit romain se caractérise par la diversité de ses sources, dont certaines règles et notions fondent encore le droit actuel, et par le développement progressif d’une science juridique.

Compléments

  • La fondation traditionnelle de Rome est fixée à 753 av. J.-C. et son récit mythologique met en scène Romulus et Rémus, Romulus étant présenté comme le fondateur.

  • De 58 à 50 av. J.-C., Jules César conquiert la Gaule.

  • La période de l’ancien droit romain est présentée comme allant du VIIIe au IIe siècle avant notre ère, tandis que la formation du droit romain est également replacée dans une période plus large allant du VIIIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère.

  • Les sources annoncées sont :

    • la coutume
    • le jus
    • la loi

Astuce mémo

Royauté → République → Empire : les étapes traditionnelles de Rome

6. Coutume et sacralité du droit

Notions clés & Définitions

  • Coutume : Règle juridique contraignante dont l’origine est souvent inconnue et qui n’est pas nécessairement écrite.
  • Fas : Le fas désigne ce qui est permis par les dieux et relève de l’ordre religieux, tandis que le jus relève progressivement de l’ordre juridique.
  • Bonne foi : Comportement loyal et respectueux des règles.

★ À maîtriser

📌 La force obligatoire de la coutume repose sur le respect accordé par la société et sur la reconnaissance collective de la règle comme obligatoire.

Compléments

  • Dès le VIIIe siècle av. J.-C., certains usages romains sont considérés comme juridiques, obligatoires et devant être respectés.

  • À Rome, le pater familias fait respecter les usages au sein de la famille, tandis que les patres participent au respect des traditions lorsque les familles se regroupent en tribus.

  • L’autorité est à la fois :

    • juridique
    • morale
    • religieuse
  • Les pontifes connaissent les règles et les formules nécessaires aux actes et aux procès, tout en exerçant une fonction religieuse.

  • Les jours fastes sont les jours où les activités juridiques peuvent être accomplies, selon le calendrier religieux romain.

Astuce mémo

Jus relève du droit, fas de ce qui est permis par les dieux

7. Lois et publication du droit

★ À maîtriser

  • À partir du Ve siècle av. J.-C., la loi prend une importance croissante dans l’ordre juridique romain.

  • À la fin de la période royale, la connaissance du droit est principalement réservée aux patriciens, tandis que la plèbe réclame l’accès au droit et proteste contre l’arbitraire.

📌 Sous la République, les leges rogatae sont votées par les assemblées populaires, tandis que les leges datae sont accordées par un magistrat ou une autorité compétente dans le cadre de ses pouvoirs.

Compléments

  • La lex apparaît d’abord liée à la religion, comme l’illustre la lex templi, qui regroupe les règles relatives au statut d’un temple.

  • Selon la tradition, Numa Pompilius aurait confié à Sextus Papirius la rédaction du Jus Papirianum, recueil de lois promulguées par les rois de Rome, dont l’original a disparu.

8. Science juridique républicaine

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Science et intelligence du droit.

★ À maîtriser

  • Entre le IVe et le IIIe siècle av. J.-C., apparaissent les premiers textes considérés comme des manifestations de la doctrine juridique romaine.

Compléments

  • Appius Claudius Caecus est associé au développement de la réflexion juridique et politique romaine, et les fragments conservés témoignent d’une analyse des textes et des lois.

  • Les contacts croissants avec la culture philosophique grecque contribuent à la théorisation du droit et au développement de la technique juridique.

  • Dans le droit archaïque, les bornes servant à délimiter l’occupation du sol possèdent un caractère sacré.

  • La loi des Douze Tables encadre juridiquement le respect des bornes et des limites entre propriétés, et un arbitre peut être désigné pour trancher un différend lié à une borne arrachée.

9. Sources du droit classique

Notions clés & Définitions

  • Jurisconsulte : Spécialiste du droit qui compose des ouvrages, donne des avis et formule des opinions et des définitions juridiques.
  • Jurisprudence : « la connaissance des choses divines et humaines, la science du juste et de l’injuste ».

★ À maîtriser

  • Au dernier siècle de la République, le droit romain connaît son âge d’or, marqué par l’apparition de grands juristes et le développement des techniques juridiques.

  • À la fin de la République, le déclin du rôle des assemblées dans l’élaboration de la loi favorise le développement de la jurisprudence des spécialistes du droit.

Compléments

  • Celse définit le droit comme « l’art du bon et du juste ».

  • Ulpien définit la justice comme « la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun son droit ».

  • Les préceptes du droit sont :

    • vivre honnêtement
    • ne pas nuire à autrui
    • rendre à chacun son dû
  • Gaius, né vers 120-130 et mort vers 180, rédige les Institutes, manuel de droit destiné notamment aux étudiants et source importante pour la connaissance du droit romain.

10. Droit prétorien et constitutions impériales

Notions clés & Définitions

  • Droit prétorien : Droit d’origine particulière issu de l’activité du préteur, notamment de ses édits annonçant les moyens d’action et les règles qu’il entend appliquer pendant sa magistrature.

★ À maîtriser

  • Les constitutions impériales tiennent lieu de loi et leur nombre augmente à mesure que les lois votées deviennent plus rares.

  • Les constitutions impériales comprennent : les édits, prescriptions générales obligatoires dans l’Empire, les décrets, décisions impériales dans des affaires particulières, les rescrits, réponses impériales à des questions, les mandats, instructions aux fonctionnaires et représentants de l’empereur

Compléments

  • La magistrature du préteur est élective et dure normalement un an.

  • À la fin de la République, le rôle créateur du droit prétorien se stabilise et les innovations nouvelles deviennent moins nombreuses.

  • Ulpien formule l’autorité normative impériale par l’expression « Ce qui plaît au prince a force de loi ».

11. Législation et codification post-classiques

Notions clés & Définitions

  • Dominat : Régime d’affirmation d’un pouvoir impérial absolu, gouverné par le dominus, le maître.

★ À maîtriser

  • À partir du Ier siècle de l’Empire, les textes de l’empereur ont une force équivalente à celle des lois et leur nombre augmente.

  • En 426, la loi des citations reconnaît devant les tribunaux l’autorité de cinq juristes classiques : Gaius, Papinien, Paul, Ulpien et Modestin.

Compléments

  • À partir du IIIe siècle, l’inflation législative s’accentue notamment avec le développement d’une administration impériale importante.

  • Les juristes présentent l’empereur comme une lex animata, une « loi vivante », et affirment que « le prince est délié des lois ».

  • Vers 291, Grégorius élabore le Code grégorien, collection privée de rescrits destinée à circuler et à faciliter le travail des juristes.

  • À la fin du IIIe siècle, Hermogénien réalise le Code hermogénien, une collection privée de rescrits destinée à faciliter le travail des juristes.

12. Coutumes et adaptations juridiques

Notions clés & Définitions

  • Coutume praeter legem : Intervient en dehors de la loi pour combler un vide juridique et reçoit largement une valeur obligatoire.
  • Droit romain vulgaire : Adaptation populaire et locale du droit romain, simplifiée pour rendre ses règles plus compréhensibles et adaptées aux pratiques territoriales.
  • Droit des gens : Règles utilisables par l’ensemble des peuples pour répondre aux besoins du commerce et des échanges.

★ À maîtriser

  • L’édit de Caracalla de 212 accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire, mais ne règle pas automatiquement le statut des nouveaux peuples installés dans l’Empire.

📌 Les peuples fédérés s’installent dans l’Empire après avoir conclu des traités avec Rome et conservent leurs propres règles et coutumes, contrairement aux peuples vaincus militairement dont les conditions sont plus défavorables.

Compléments

📌 La coutume contra legem est contraire à la loi et sa valeur divise les juristes, certains privilégiant la loi impériale et d’autres le consentement des personnes soumises au droit.

  • Les actes de la pratique en Gaule montrent des simplifications du droit romain dans des domaines techniques comme la prescription, la propriété et la possession.

📌 Le droit des gens se fonde davantage sur la bonne foi et l’équité et accorde plus d’importance au consensualisme que le droit romain formaliste.

13. Christianisme et autorité politique

★ À maîtriser

  • Dans l’Épître aux Romains, saint Paul affirme que les personnes doivent se soumettre aux autorités supérieures, car toute autorité vient de Dieu.

Compléments

  • Le Nouveau Testament, principalement composé au Ier siècle de notre ère, comprend les Évangiles et les Épîtres, notamment celles de saint Paul.

  • Le Nouveau Testament met notamment en avant la foi, la passion du Christ, le pardon, la patience et l’espérance.

  • Les premiers chrétiens entrent en conflit avec les autorités romaines parce qu’ils refusent certains rites obligatoires, notamment l’adoration des images et les pratiques religieuses traditionnelles.

14. Premières règles canoniques

Notions clés & Définitions

  • Canon : Désigne à l’origine une règle.

Points essentiels

  • Du Ier au IVe siècle, les règles de discipline des communautés chrétiennes apparaissent dans des courriers entre évêques et dans des textes produits au sein des communautés.

  • Les Pères apostoliques qui développent des règles canoniques comprennent notamment Clément de Rome et Polycarpe de Smyrne.

  • Clément de Rome insiste sur le rétablissement de la discipline et de l’apaisement au sein de la communauté chrétienne.

  • Les représentants de l’Église doivent : éviter l’amour de l’argent, respecter la chasteté, adopter un comportement conforme à leur fonction

15. Institutionnalisation du droit canonique

Notions clés & Définitions

  • Décrétales : Textes du pape, d’abord des réponses à des questions particulières, puis progressivement des textes au contenu plus général à partir du IVe siècle.
  • Infaillibilité pontificale : L’infaillibilité pontificale préserve le pape de l’erreur lorsqu’il définit solennellement une doctrine concernant la foi ou les mœurs dans les conditions prévues par l’Église.

★ À maîtriser

  • Le concile de Nicée condamne l’arianisme, né de la position d’Arius dans le débat sur la nature du Christ et son rapport à Dieu.

  • Les conciles précisent le dogme chrétien et édictent des règles générales concernant la structure et le fonctionnement de l’Église.

Compléments

  • Dès le IVe siècle, les évêques peuvent trancher directement certains litiges entre membres de la communauté chrétienne, et des juridictions ecclésiastiques se développent progressivement.

  • Le terme pape apparaît à la fin du IIIe siècle pour désigner plusieurs évêques, avant d’être progressivement associé spécifiquement à l’évêque de Rome.

  • À partir du Ve siècle, les juridictions seigneuriales et royales entrent progressivement en concurrence avec les juridictions ecclésiastiques.

  • Le célibat ecclésiastique s’impose progressivement alors que le mariage des prêtres était initialement autorisé.

  • Après la chute de l’Empire romain d’Occident, les juridictions épiscopales offrent une stabilité judiciaire et conservent une partie des connaissances juridiques romaines et des règles de procédure, notamment au concile de Carthage.

16. Compilation du droit de Justinien

Notions clés & Définitions

  • Corpus juris civilis : Compilation organisée du droit romain réalisée sous l’autorité de Justinien avec l’aide de juristes.
  • Interpolations : Modifications apportées par les juristes de Justinien à la rédaction de textes anciens pour les adapter au droit et aux institutions de leur époque.

★ À maîtriser

  • En 476, l’Empire romain d’Occident tombe, tandis que l’Empire romain continue d’exister en Orient.

  • Au VIe siècle, Justinien entreprend de reconquérir des territoires de l’ancien Empire romain et fait compiler le droit romain pour administrer efficacement les territoires reconquis.

📌 Une codification à droit constant reprend les textes sans les modifier, tandis qu’une codification à droit modifié comporte des modifications et des adaptations.

Compléments

  • Les compilations justiniennes ne transmettent pas l’intégralité du droit romain ancien, car les textes ont été sélectionnés et parfois modifiés sous l’autorité impériale.

  • Les compilations justiniennes sont commandées par Justinien et réalisées par une équipe de juristes dirigée par Tribonien.

17. Les parties du Corpus juris civilis

★ À maîtriser

  • Le Code, promulgué en 529, rassemble principalement les constitutions impériales et est organisé en 12 livres thématiques.

  • Le Digeste, achevé en 533, rassemble des fragments d’œuvres de jurisconsultes romains sélectionnés et organisés par thèmes.

  • Les Institutes, publiées en 533, sont un manuel principalement destiné aux étudiants en droit et présentent les notions juridiques de manière simple, ordonnée et pédagogique.

  • Les Novelles regroupent les nouvelles constitutions prises par Justinien après la publication du Code, notamment à partir de 535.

Compléments

  • Le Digeste reprend notamment les œuvres de :

    • Ulpien
    • Papinien
    • Gaius
    • Paul
    • Modestin
  • Les Institutes distinguent :

    • les personnes
    • les choses
    • les actions

Astuce mémo

Code, Digeste, Institutes, Novelles : « CDIN » pour garder en mémoire les quatre compilations.

18. Transmission et influence du droit romain

★ À maîtriser

  • Le droit de Justinien, impérial, écrit et organisé, devient progressivement un modèle en Occident.

  • Les compilations justiniennes deviennent un socle essentiel du droit médiéval occidental et influencent le droit sous l’Ancien Régime ainsi que les codifications napoléoniennes.

Compléments

  • Les compilations de Justinien constituent un instrument de la reconquête impériale et visent à rétablir un droit organisé dans les territoires reconquis.

  • Le droit romain enseigné et utilisé en Occident médiéval correspond largement au droit transmis par les compilations justiniennes, qui ne représentent qu’une partie du droit romain ayant existé.

Astuce mémo

Compilation ordonnée → conservation puis diffusion du droit romain en Occident.

Tableaux de synthèse

Conceptions du droit

ConceptionFondementRôle ou portée
Droit positifOrganisation d’une société donnéeDroit qui s’y applique
Droit naturelDroits appartenant à l’être humain par naturePeut définir les droits de l’Homme
Droit divinVolonté divineLe droit est d’origine divine

Thesmos et nomos

NotionFondementConception du droit
ThesmosOrdre supérieur associé aux dieuxRègle d’origine divine
NomosOrganisation humaine et politiqueRègle, loi ou norme élaborée par les hommes

Teste tes connaissances

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1. Quels juristes la loi des citations de 426 reconnaît-elle comme autorités devant les tribunaux ?

2. Quel trait caractérise le droit romain au dernier siècle de la République ?

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Qu’est-ce que le droit ?

L’ensemble des règles obligatoires organisant les relations humaines, dont le respect est notamment garanti par l’État.

Quelles sont les principales sources du droit ?

La loi, la jurisprudence, la coutume et la doctrine.

Qu’est-ce que le droit positif ?

Le droit applicable dans une société donnée, issu de son organisation.

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