QCM : Fondements du droit administratif (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne l’administration au sens matériel ?

Les collectivités territoriales administrées
Les pouvoirs particuliers de l’administration
Les organes chargés d’administrer
L’activité consistant à administrer

L’activité consistant à administrer

Explication

Au sens matériel, l’administration désigne l’activité d’administrer. La référence aux personnes ou aux organes correspond au sens organique de l’administration.

2. Quelle distinction décrit correctement la décentralisation et la déconcentration ?

La décentralisation concerne les missions privées, tandis que la déconcentration concerne les missions d’intérêt général.
La décentralisation confie une compétence à une personne morale distincte de l’État, tandis que la déconcentration la fait exercer par un organe de l’État.
La décentralisation renforce les pouvoirs de l’administration centrale, tandis que la déconcentration supprime ces pouvoirs.
La décentralisation confie une compétence à un organe de l’État, tandis que la déconcentration la transfère à une personne morale distincte.

La décentralisation confie une compétence à une personne morale distincte de l’État, tandis que la déconcentration la fait exercer par un organe de l’État.

Explication

La décentralisation implique un transfert de compétence à une personne morale distincte de l’État, alors que la déconcentration maintient la compétence au sein de l’État. L’erreur fréquente consiste à inverser les deux notions en confondant personne morale distincte et organe de l’État.

3. Comment les écoles du service public et de la puissance publique expliquent-elles le droit administratif ?

La première par les relations privées, la seconde par la gestion économique des collectivités.
La première par les pouvoirs particuliers de l’administration, la seconde par les missions d’intérêt général.
La première par les missions d’intérêt général, la seconde par les pouvoirs particuliers de l’administration.
La première par l’organisation territoriale, la seconde par la personnalité morale de l’État.

La première par les missions d’intérêt général, la seconde par les pouvoirs particuliers de l’administration.

Explication

L’école du service public met l’accent sur la poursuite de missions d’intérêt général, tandis que l’école de la puissance publique insiste sur les pouvoirs particuliers de l’administration. La confusion classique consiste à attribuer les moyens de l’action administrative à l’école du service public, qui renvoie plutôt à sa finalité.

4. Selon Benoît Chapus, quelle relation existe entre le service public et la puissance publique ?

Le service public est le moyen, tandis que la puissance publique est la finalité de l’action administrative.
Le service public concerne les personnes privées, tandis que la puissance publique concerne les collectivités territoriales.
Le service public désigne les organes administratifs, tandis que la puissance publique désigne leurs missions.
Le service public est la finalité, tandis que la puissance publique est le moyen de satisfaire l’intérêt général.

Le service public est la finalité, tandis que la puissance publique est le moyen de satisfaire l’intérêt général.

Explication

Pour Benoît Chapus, le service public correspond au but ou à la finalité, alors que la puissance publique constitue le moyen employé pour satisfaire l’intérêt général. Inverser ces notions revient à confondre la finalité de l’action administrative avec les instruments dont elle dispose.

5. Quelle définition correspond à la justice déléguée instaurée par la loi du 24 mai 1872 ?

Le Conseil d’État rend lui-même des décisions juridictionnelles au nom du peuple français
Le juge judiciaire examine les recours dirigés contre les actes de l’administration
Le ministre statue en dernier ressort sur les litiges opposant l’administration aux particuliers
Le Conseil d’État prépare les décisions que le gouvernement adopte ensuite

Le Conseil d’État rend lui-même des décisions juridictionnelles au nom du peuple français

Explication

La justice déléguée signifie que le Conseil d’État dispose du pouvoir de juger lui-même les litiges administratifs, sans soumettre ses décisions à l’approbation du gouvernement. La justice retenue de 1799 correspondait au contraire à un système dans lequel le Conseil d’État proposait une solution au chef de l’État.

6. Quelle décision du Conseil d’État, rendue le 6 décembre 1996, admet que des règles issues du droit pénal puissent servir au contrôle de la légalité d’un acte administratif ?

L’arrêt Société Lambda
L’arrêt Monpeurt
L’arrêt Société des eaux du Nord
L’arrêt Société Million et Marais

L’arrêt Société Lambda

Explication

L’arrêt Société Lambda, rendu par l’Assemblée du Conseil d’État le 6 décembre 1996, reconnaît que des règles pénales peuvent être utilisées pour contrôler la légalité d’un acte administratif. L’arrêt Société Million et Marais concerne plutôt l’application du droit de la concurrence au champ administratif.

7. Quelle est la fonction principale du Tribunal des conflits dans l’organisation juridictionnelle française ?

Juger en appel les décisions des tribunaux administratifs
Contrôler la conformité des lois aux normes constitutionnelles
Unifier la jurisprudence rendue par les juridictions judiciaires
Répartir les compétences entre les ordres administratif et judiciaire

Répartir les compétences entre les ordres administratif et judiciaire

Explication

Le Tribunal des conflits détermine l’ordre de juridiction compétent lorsqu’un litige oppose les compétences administrative et judiciaire. Le contrôle de constitutionnalité relève principalement du Conseil constitutionnel, tandis que l’appel administratif appartient aux cours administratives d’appel.

8. À quelle période l’évolution du droit administratif a-t-elle tendu à renforcer la protection des droits et libertés des individus ?

Depuis la création du Conseil d’État en 1799
Depuis la Seconde Guerre mondiale
Depuis l’arrêt Blanco de 1873
Depuis la loi du 24 mai 1872

Depuis la Seconde Guerre mondiale

Explication

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le droit administratif s’est progressivement orienté vers une protection accrue des individus face aux pouvoirs de l’administration. La loi de 1872 concerne principalement la justice déléguée et ne marque pas, dans ce cadre, le début de cette évolution protectrice.

9. Quelle comparaison distingue correctement le service public au sens organique du service public au sens matériel ?

Le sens organique décrit le contrôle juridictionnel, tandis que le sens matériel décrit l’organisation administrative
Le sens organique concerne les personnes privées, tandis que le sens matériel concerne les établissements publics
Le sens organique vise l’intérêt général, tandis que le sens matériel vise les prérogatives de puissance publique
Le sens organique vise les agents et moyens mobilisés, tandis que le sens matériel vise l’activité d’intérêt général

Le sens organique vise les agents et moyens mobilisés, tandis que le sens matériel vise l’activité d’intérêt général

Explication

Le sens organique désigne l’ensemble des agents et moyens affectés par une personne publique, alors que le sens matériel désigne une activité d’intérêt général assumée par l’administration. La distinction ne repose donc pas principalement sur le statut privé ou public de l’organisme qui exerce l’activité.

10. Quelle conséquence juridique découle principalement de la qualification d’une activité comme service public industriel et commercial ?

Ses relations avec les usagers relèvent en principe du droit privé
Ses agents bénéficient d’un statut administratif comparable à celui des fonctionnaires
Ses relations avec les usagers relèvent principalement du droit administratif
Ses actes concernant le service relèvent systématiquement du juge judiciaire

Ses relations avec les usagers relèvent en principe du droit privé

Explication

La qualification de SPIC entraîne l’application principale du droit privé aux relations avec les usagers, aux contrats conclus avec eux, aux agents et à la responsabilité. Toutefois, certains actes liés à l’usage du service ou à l’exercice de prérogatives de puissance publique peuvent rester administratifs.

11. Une collectivité conclut un contrat dont l’objet principal est de faire exécuter une mission de service public ; quelle qualification ce contrat reçoit-elle en principe ?

Un acte administratif unilatéral en raison de l’intérêt général poursuivi
Un contrat commercial en raison de la rémunération prévue
Un contrat administratif en raison de son objet de service public
Un contrat civil en raison de la qualité privée du cocontractant

Un contrat administratif en raison de son objet de service public

Explication

L’exécution d’un service public peut suffire à conférer au contrat la qualification de contrat administratif, comme l’a admis l’arrêt Époux Bertin. La rémunération ou la qualité du cocontractant ne déterminent pas, à elles seules, cette qualification.

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Qu'est-ce que l'administration au sens matériel ?

L'activité d'administrer.

Que comprend l'administration selon l'article L. 100-3 du Code des relations entre le public et l'administration ?

Les administrations de l’État, collectivités territoriales, établissements publics administratifs et personnes privées chargées d’une mission de service public.

Comment l’école du service public explique-t-elle le droit administratif ?

Par la poursuite de missions d’intérêt général.

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