QCM : Fondements historiques du juge administratif (10 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi les révolutionnaires de 1789 cherchent-ils à limiter l’intervention des juges dans l’action administrative ?

Pour soustraire les décisions des juges des parlements à toute forme de contrôle politique
Pour confier aux parlements la direction des services administratifs et renforcer leur autorité
Pour remplacer les autorités administratives par des juridictions chargées de gérer les services publics
Pour éviter le retour des abus des parlements de l’Ancien Régime et les ingérences judiciaires dans l’administration

Pour éviter le retour des abus des parlements de l’Ancien Régime et les ingérences judiciaires dans l’administration

Explication

Les révolutionnaires veulent empêcher que les juges reproduisent les abus des parlements de l’Ancien Régime ou s’immiscent dans l’action administrative. Renforcer le rôle des parlements irait à l’encontre de cette volonté de prévenir leurs interventions.

2. Quelle évolution caractérise progressivement le contrôle de l’Administration à ses origines ?

Il passe d’un contrôle exercé par les administrés à une fonction consultative confiée aux parlements
Il passe du contrôle parlementaire à la gestion des litiges par les autorités judiciaires ordinaires
Il passe de l’autocontrôle de l’Administration à l’apparition d’une fonction de juger en son sein
Il passe d’un contrôle judiciaire complet à la suppression de toute fonction de jugement administratif

Il passe de l’autocontrôle de l’Administration à l’apparition d’une fonction de juger en son sein

Explication

Le contrôle évolue d’un système où l’Administration se contrôle elle-même vers l’émergence progressive d’une fonction de juger au sein de l’Administration. Un contrôle judiciaire complet dès le départ ne correspond pas à cette évolution.

3. Que signifie la séparation des autorités administratives et judiciaires dans son principe initial ?

Elle confie aux juridictions administratives la conduite quotidienne des services publics
Elle sépare le conseil donné à l’Administration du jugement de ses litiges
Elle permet au juge judiciaire de contrôler les décisions administratives sans restriction
Elle établit un cloisonnement entre l’action d’administrer et l’acte de juger

Elle établit un cloisonnement entre l’action d’administrer et l’acte de juger

Explication

Cette séparation impose un cloisonnement entre l’acte d’administrer et l’acte de juger. La séparation entre conseil et contentieux relève d’une distinction différente, qui ne définit pas le principe initial.

4. Quelle interdiction l’article 13 des lois des 16 et 24 août 1790 impose-t-il aux juges ?

Conseiller les corps administratifs dans leurs opérations
Annuler les décisions des corps administratifs
Diriger les opérations des corps administratifs
Troubler les opérations des corps administratifs

Troubler les opérations des corps administratifs

Explication

L’article 13 interdit aux juges de troubler les opérations des corps administratifs. Il ne leur attribue pas pour autant un rôle de conseil auprès de ces corps.

5. Que désigne la justice retenue dans l’organisation du contentieux administratif ?

Une justice où le Conseil d’État rend des décisions définitives en son propre nom
Une justice où les préfets tranchent les appels contre les décisions ministérielles
Une justice où l’exécutif conserve le pouvoir de décision sur les litiges administratifs
Une justice où les juridictions judiciaires contrôlent les actes de l’Administration

Une justice où l’exécutif conserve le pouvoir de décision sur les litiges administratifs

Explication

La justice retenue signifie que le pouvoir de décision reste entre les mains de l’exécutif, même lorsque le Conseil d’État examine le litige. À l’inverse, le Conseil d’État ne rend pas alors seul une décision définitive en son propre nom.

6. À quelle autorité le Conseil d’État rétabli en l’An VIII est-il placé sous l’autorité ?

Le Tribunal des conflits, après sa création
Napoléon, au Consulat
Le ministre de la Justice, sous la République
Le chef des préfets, sous le Directoire

Napoléon, au Consulat

Explication

Au Consulat, le Conseil d’État est rétabli en l’An VIII sous l’autorité de Napoléon. Le ministre conserve le pouvoir de décision dans le contentieux, mais il n’est pas l’autorité sous laquelle le Conseil d’État est rétabli.

7. Quelle fonction la justice déléguée attribue-t-elle au juge administratif dans le règlement des litiges ?

Proposer une solution au ministre, qui conserve le pouvoir de décision
Conseiller l’administration active avant qu’elle statue sur le litige
Examiner en appel les décisions rendues par les ministres
Trancher les litiges en qualité de juge, avec le pouvoir de décision

Trancher les litiges en qualité de juge, avec le pouvoir de décision

Explication

La justice déléguée fait du juge administratif l’autorité qui juge et décide, séparant ainsi le jugement de l’action administrative. Dans la justice retenue, au contraire, le ministre ou l’exécutif conserve le pouvoir de décision.

8. À quelle date le Conseil d’État rend-il l’arrêt Cadot, qui met fin à la théorie du ministre-juge ?

Le 16 fructidor An III
Le 24 mai 1872
Le 22 pluviôse An VIII
Le 13 décembre 1889

Le 13 décembre 1889

Explication

L’arrêt Cadot est rendu le 13 décembre 1889 et conduit le Conseil d’État à connaître directement des litiges administratifs en premier et dernier ressort. Le 24 mai 1872 correspond à l’instauration de la justice déléguée, étape antérieure à la fin du ministre-juge.

9. En quoi le modèle initial de contrôle de l’Administration diffère-t-il de la juridiction administrative qui se forme progressivement ?

Les tribunaux judiciaires contrôlent d’abord l’Administration, puis le pouvoir exécutif reprend cette compétence.
Les administrés contrôlent d’abord les actes administratifs, puis le Conseil d’État prend en charge leur exécution.
L’Administration se contrôle d’abord elle-même, puis une fonction de juger apparaît progressivement en son sein.
Le pouvoir législatif tranche d’abord les litiges administratifs, puis les révolutionnaires confient cette tâche aux parlements.

L’Administration se contrôle d’abord elle-même, puis une fonction de juger apparaît progressivement en son sein.

Explication

À l’origine, l’Administration assure elle-même son contrôle, avant que se développe progressivement une fonction juridictionnelle au sein de celle-ci. L’intervention initiale des tribunaux judiciaires ne correspond pas à cette évolution, car les révolutionnaires cherchent justement à éviter leur immixtion dans l’action administrative.

10. Quelle conséquence découle de la conception selon laquelle juger l’Administration relève de l’acte d’administrer ?

L’Administration est soumise au contrôle des tribunaux judiciaires.
Le juge judiciaire devient l’autorité de contrôle des actes administratifs.
Le Conseil d’État reçoit le pouvoir de décider à la place du ministre.
Le juge judiciaire est écarté du jugement de l’Administration.

Le juge judiciaire est écarté du jugement de l’Administration.

Explication

Assimiler le jugement de l’Administration à une opération administrative conduit à exclure le juge judiciaire de ce rôle. Cette séparation ne confie pas pour autant au Conseil d’État le pouvoir de décision ministériel.

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En 1789, quels abus des juges les révolutionnaires cherchent-ils à éviter ?

Les abus des juges des parlements de l’Ancien Régime.

Comment évolue le contrôle de l’Administration vers le jugement administratif ?

Il passe de l’autocontrôle à l’apparition progressive d’une fonction de juger au sein de l’Administration.

Qu’imposent les lois des 16 et 24 août 1790, dans leur article 13, aux juges ?

Elles leur interdisent de troubler les opérations des corps administratifs.

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