QCM : Fondements idéologiques du droit (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une personne réclame la réparation prévue par le droit en vigueur, tandis qu’une autre dénonce une règle en invoquant un idéal d’équité qui la dépasse. Quelle conception de la justice correspond à chacune de ces démarches, dans cet ordre ?

La justice positive, puis les droits subjectifs
La justice idéale, puis la justice positive
La justice positive, puis la justice idéale
Le fonctionnement judiciaire, puis la justice idéale

La justice positive, puis la justice idéale

Explication

La justice positive consiste à rendre ce qui est dû en vertu du droit en vigueur, tandis que la justice idéale renvoie à un idéal d’équité et de raison qui peut s’en écarter. Inverser les deux confond leur rapport au droit positif ; assimiler l’idéal aux droits subjectifs confond un idéal avec des prérogatives reconnues ; réduire la première démarche aux institutions confond une conception de la justice avec l’appareil judiciaire.

2. Une règle juridique applicable reconnaît à une personne le droit d’exiger l’exécution d’un contrat. Comment qualifier la règle et la prérogative qu’elle accorde, dans cet ordre ?

Le droit objectif, puis une institution judiciaire
Une institution judiciaire, puis un droit subjectif
Un droit subjectif, puis le droit objectif
Le droit objectif, puis un droit subjectif

Le droit objectif, puis un droit subjectif

Explication

Le droit objectif rassemble les règles applicables, et le droit subjectif est la prérogative qu’elles reconnaissent à une personne. Inverser les termes confond la règle avec le droit accordé ; parler d’institution confond une prérogative avec un organe judiciaire ; l’autre inversion place également l’institution au mauvais niveau.

3. Une communauté répartit des charges publiques et des richesses entre ses membres en tenant compte du mérite de chacun. Quelle conception de la justice d’Aristote est mise en œuvre ?

La justice corrective
La justice distributive
La justice commutative
La justice positive

La justice distributive

Explication

La justice distributive répartit les richesses et les charges de la communauté politique selon le mérite. La justice commutative concerne l’équilibre entre individus ; la justice corrective règle la rectitude des transactions privées ; la justice positive désigne le juste au regard du droit en vigueur.

4. Deux personnes contestent la rectitude d’une transaction privée, qu’elle ait été conclue volontairement ou imposée sans consentement. Quelle catégorie de justice Aristote associe à ce problème ?

La justice idéale
La justice distributive
La justice commutative
La justice corrective

La justice corrective

Explication

La justice corrective concerne la rectitude des transactions privées, volontaires ou involontaires. La justice distributive porte sur la répartition au sein de la communauté ; limiter la correction aux transactions volontaires oublie les actes involontaires ; la justice commutative met l’accent sur l’équilibre et l’obtention du dû entre individus.

5. Un juge doit trancher un litige civil pour lequel une règle de droit applicable existe. Quelle conduite l’article 12, alinéa 1, du Code de procédure civile lui impose-t-il ?

Trancher le litige selon toute règle de droit, même étrangère au cas
Reporter le litige afin que le législateur fixe une nouvelle règle
Trancher le litige selon sa conception personnelle de la justice
Trancher le litige conformément aux règles de droit applicables

Trancher le litige conformément aux règles de droit applicables

Explication

L’article 12, alinéa 1, impose au juge de trancher chaque litige conformément aux règles de droit qui lui sont applicables. L’équité personnelle ne remplace pas cette obligation ; une règle étrangère au litige n’est pas applicable ; attendre une nouvelle loi ne correspond pas à la règle énoncée.

6. Une règle positive ne prévoit pas clairement la solution d’un litige, ou son application littérale produirait un résultat trop rigoureux. À quoi le recours à l’équité peut-il servir ?

Créer une prérogative individuelle sans lien avec le litige
Écarter les règles applicables chaque fois qu’une partie le demande
Confier au législateur la résolution directe du litige
Combler une lacune du droit positif ou en corriger l’application trop rigoureuse

Combler une lacune du droit positif ou en corriger l’application trop rigoureuse

Explication

L’équité applique les principes de justice à un litige pour combler une lacune du droit positif ou corriger une application trop rigoureuse. Elle ne dispense pas systématiquement le juge des règles applicables ; une prérogative individuelle relève des droits subjectifs ; le recours à l’équité n’équivaut pas à transférer le litige au législateur.

7. Quel événement caractérise la décision du juge Magnaud du 4 mars 1898 dans l’affaire Ménard ?

Il acquitte Mademoiselle Ménard, qui avait volé du pain après deux jours sans manger, en invoquant l’état de nécessité
Il acquitte Mademoiselle Ménard après une transaction portant sur une vente de pain
Il répartit les charges d’une communauté en tenant compte du mérite de Mademoiselle Ménard
Il condamne Mademoiselle Ménard à réparer le préjudice après le vol de pain

Il acquitte Mademoiselle Ménard, qui avait volé du pain après deux jours sans manger, en invoquant l’état de nécessité

Explication

Le 4 mars 1898, Magnaud acquitte Mademoiselle Ménard, qui avait volé du pain après deux jours sans manger, en invoquant l’état de nécessité. La condamnation confond acquittement et peine ; la vente relève d’une transaction privée et n’est pas le fait de l’affaire ; la répartition selon le mérite relève de la justice distributive.

8. Quelle conception distingue le droit naturel des règles juridiques positives en vigueur dans un lieu et à un moment donnés ?

Des normes édictées par le législateur, qui servent à apprécier la nature humaine
Des règles en vigueur dans une société donnée, qui déterminent les principes moraux universels
Des règles adoptées par consentement collectif, qui varient selon les décisions des peuples
Des principes immuables, liés à la nature humaine et découverts par la raison, qui permettent d’évaluer les règles positives

Des principes immuables, liés à la nature humaine et découverts par la raison, qui permettent d’évaluer les règles positives

Explication

Le droit naturel désigne des principes supérieurs, immuables et rationnellement découverts, qui servent à éprouver la valeur du droit positif. Le premier distracteur confond droit naturel et droit positif, le deuxième le confond avec le droit volontaire et le troisième inverse le rôle des règles positives.

9. Une juriste cherche des principes supérieurs en étudiant les capacités et les comportements humains, puis en raisonnant à partir de ses observations. Quelle démarche correspond à l’école moderne du droit naturel ?

Observer l’ordre de l’univers afin d’y trouver un droit idéal indépendant de l’homme
Découvrir, par la raison et l’observation de la nature humaine, un droit supérieur fondé sur cette nature
Déduire, par l’étude des Écritures, une loi divine reflétée par le droit positif
Établir, par le consentement des peuples, un droit volontaire dépourvu de fondement naturel

Découvrir, par la raison et l’observation de la nature humaine, un droit supérieur fondé sur cette nature

Explication

L’école moderne fait de la raison et de l’observation de la nature humaine les voies d’accès à un droit supérieur fondé sur l’être humain. La révélation relève de la pensée chrétienne, le consentement caractérise le droit volontaire et l’observation de l’ordre cosmique correspond à une autre conception du droit idéal.

10. Une théorie juridique passe de principes conçus comme inhérents à l’ordre du monde à des droits reconnus à chaque personne. Quelle évolution caractérise-t-elle ?

Le passage du droit rationnel à un droit volontaire fondé sur le consentement
Le passage du droit positif à un droit objectif fondé sur l’ordre du monde
Le passage d’un droit naturel objectif à des droits naturels subjectifs attachés aux individus
Le passage des droits subjectifs individuels à un droit naturel objectif universel

Le passage d’un droit naturel objectif à des droits naturels subjectifs attachés aux individus

Explication

Les doctrines modernes favorisent le passage d’un droit naturel objectif, inhérent à l’ordre du monde, à des droits subjectifs attachés aux individus. Le droit positif désigne les règles en vigueur, l’option inverse renverse l’évolution et le droit volontaire se définit par le consentement des peuples.

11. Deux pays appliquent des règles très différentes dans un même domaine. Quelle critique du droit naturel cette diversité permet-elle de formuler ?

Elle confirme que le droit naturel sert à évaluer la valeur des règles positives
Elle montre que les individus peuvent refuser les règles et compromettre l’effectivité du droit
Elle met en doute le caractère immuable du droit naturel, puisque les règles varient selon les pays
Elle prouve que les règles de chaque pays découlent nécessairement du consentement des peuples

Elle met en doute le caractère immuable du droit naturel, puisque les règles varient selon les pays

Explication

La diversité des règles entre pays sert à contester la prétention du droit naturel à l’immutabilité. La menace sur l’effectivité concerne le risque de refus des règles, le consentement des peuples relève du droit volontaire et l’évaluation du droit positif est une fonction du droit naturel, non une critique de son immutabilité.

12. Un législateur adopte une règle contraire aux principes du droit naturel, et des citoyens invoquent ces principes pour refuser de s’y conformer. Quel risque souligne cette critique ?

La règle serait automatiquement remplacée par un accord conclu entre les peuples
Le droit naturel perdrait sa fonction d’évaluation des règles positives
La diversité des règles entre pays rendrait impossible toute comparaison juridique
Le refus de respecter la règle pourrait mettre en péril l’effectivité du droit

Le refus de respecter la règle pourrait mettre en péril l’effectivité du droit

Explication

Cette critique met en avant le risque que les individus refusent légitimement une règle contraire au droit naturel, ce qui menace l’effectivité du droit. La diversité entre pays constitue une autre critique, l’abrogation automatique n’est pas affirmée, et le consentement des peuples définit le droit volontaire.

13. Dans une conception où le droit se réduit aux règles applicables dans un lieu et à un moment donnés, quelle est la source et la justification du droit selon le positivisme étatique ?

La volonté sociale, origine de la force du droit
Les valeurs fondamentales, légitimation des lois
Les faits sociaux, fondement des règles juridiques
L’État, seul fondement du droit positif

L’État, seul fondement du droit positif

Explication

Le positivisme étatique tient le droit positif pour le seul droit et fait de l’État sa source et sa justification. L’option sur les faits sociaux confond cette doctrine avec le positivisme scientifique; celle sur les valeurs extérieures ajoute une légitimation distincte; celle sur la volonté sociale relève de la conciliation des fondements juridiques.

14. Une juriste examine une règle qui contredit la Constitution, alors que toutes les normes situées entre les deux lui sont conformes. Quel principe du système normativiste de Kelsen permet de juger cette règle ?

Elle doit respecter les normes supérieures jusqu’à la Constitution
Elle doit être validée par une autre règle de même niveau
Elle peut écarter la Constitution si les normes intermédiaires l’appuient
Elle doit être confirmée par les coutumes et les mœurs sociales

Elle doit respecter les normes supérieures jusqu’à la Constitution

Explication

Dans la pyramide normativiste, chaque norme inférieure doit respecter les normes qui lui sont supérieures, jusqu’à la Constitution. L’efficacité sociale ne remplace pas cette hiérarchie; le soutien des normes intermédiaires ne permet pas de contredire la Constitution; une norme de même rang ne constitue pas le critère hiérarchique pertinent.

15. Une chercheuse distingue deux approches : l’une étudie les faits sociaux qui entourent le droit, l’autre se concentre sur le droit positif. Comment caractériser la première approche ?

Un positivisme étatique clos sur le droit
Un positivisme scientifique ouvert sur le fait
Un idéalisme juridique ouvert sur les valeurs
Un normativisme centré sur la hiérarchie des normes

Un positivisme scientifique ouvert sur le fait

Explication

Le positivisme scientifique est ouvert sur le fait, tandis que le positivisme étatique est clos sur le droit. L’option sur le positivisme étatique inverse cette distinction; l’idéalisme renvoie à une autre approche; le normativisme de Kelsen porte sur la hiérarchie des normes, non sur l’ouverture aux faits sociaux.

16. Pour comprendre l’apparition d’une règle, une juriste étudie les coutumes locales, les mœurs et les transformations économiques. À quelles sources cette démarche rattache-t-elle le droit ?

À des normes supérieures définies par la Constitution
À des principes idéaux indépendants des faits sociaux
À des sources économiques, sociales et historiques
Aux seules décisions adoptées par les institutions étatiques

À des sources économiques, sociales et historiques

Explication

Le positivisme scientifique rattache le droit à des sources économiques, sociales et historiques, notamment aux coutumes, aux mœurs et aux faits sociaux. La hiérarchie constitutionnelle décrit le normativisme; les principes idéaux ne sont pas les sources factuelles visées; les décisions étatiques correspondent à une conception centrée sur l’État.

17. Une loi est votée par l’Assemblée nationale et tire sa force initiale de la volonté sociale, mais elle ne respecte pas une valeur fondamentale. Que conclut la conciliation des fondements juridiques ?

Son origine étatique garantit son caractère contraignant
La volonté sociale suffit à rendre inutile le respect des valeurs fondamentales
Sa forme juridique provient directement des seules mœurs sociales
Sa production étatique ne suffit pas à préserver son caractère contraignant

Sa production étatique ne suffit pas à préserver son caractère contraignant

Explication

La conciliation distingue la production étatique du droit de sa légitimité : pour conserver son caractère contraignant et coercitif, le droit doit aussi respecter des valeurs fondamentales. L’origine étatique ne suffit donc pas; la volonté sociale ne dispense pas de ces valeurs; les mœurs peuvent éclairer le fondement social sans remplacer la production étatique.

18. Dans la conception conciliatrice, comment s’articulent la production étatique du droit, la volonté sociale et les valeurs fondamentales ?

La volonté sociale produit le droit, l’État lui donne une force initiale et les valeurs fondamentales déterminent sa forme
L’État produit le droit, la volonté sociale lui donne une force initiale et les valeurs fondamentales soutiennent son caractère contraignant
Les valeurs fondamentales produisent le droit, la volonté sociale lui donne sa forme et l’État assure son acceptabilité
L’État produit le droit et lui donne toute sa légitimité, tandis que la volonté sociale et les valeurs jouent un rôle secondaire

L’État produit le droit, la volonté sociale lui donne une force initiale et les valeurs fondamentales soutiennent son caractère contraignant

Explication

La conciliation attribue la production du droit à l’État, sa force initiale à la volonté sociale et le maintien de son caractère contraignant au respect de valeurs fondamentales. L’option centrée sur les valeurs leur attribue la production formelle; celle centrée sur l’État écarte les fondements social et axiologique; celle qui inverse État et volonté sociale confond forme et force initiale.

19. En cherchant un droit idéal au-delà des lois écrites, quelle démarche correspond à la conception de Platon ?

Contempler les Idées et raisonner sur la nature des êtres et l’ordre de l’univers
Consulter les Écritures saintes pour connaître la volonté divine
Étudier les lois écrites en vigueur et leur application par les tribunaux
Déduire les règles d’un accord établi entre les membres de la cité

Contempler les Idées et raisonner sur la nature des êtres et l’ordre de l’univers

Explication

Pour Platon, le droit idéal se découvre par la raison et la contemplation des Idées, à partir de la nature des êtres et de l’ordre de l’univers. Étudier les lois en vigueur confond ce droit idéal avec le droit positif, consulter les Écritures relève de la révélation religieuse et l’accord des citoyens correspond à une origine conventionnelle du droit.

20. Quel juriste est présenté comme le fondateur de l’école moderne du droit naturel ?

Hugo de Groot, dit Grotius
Thomas d’Aquin
Aristote
Cicéron

Hugo de Groot, dit Grotius

Explication

Hugo de Groot, dit Grotius, est présenté comme le fondateur de l’école moderne du droit naturel. Thomas d’Aquin est associé à une conception chrétienne de la loi, tandis qu’Aristote et Cicéron appartiennent à des traditions antérieures.

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Que désigne la justice positive ?

Le fait de rendre à chacun ce à quoi il peut légitimement prétendre selon le droit en vigueur.

Que désigne la justice idéale ?

Un idéal d’équité et de raison.

Que regroupe le droit objectif dans la conception positive ?

Les principes et les règles applicables.

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