QCM : Histoire de l’administration française (69 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une collectivité étudie des décisions passées pour éviter de reproduire des erreurs et mieux saisir les enjeux de son époque. Quelles fonctions de l’histoire mobilise-t-elle ?

Éviter les erreurs passées et comprendre le monde présent
Préserver les traditions anciennes et expliquer les choix individuels
Transmettre des dates historiques et prédire les crises futures
Commémorer les événements passés et prévoir précisément l’avenir

Éviter les erreurs passées et comprendre le monde présent

Explication

L’histoire aide à ne pas renouveler les erreurs du passé et à comprendre le monde dans lequel on vit. La commémoration, la prévision certaine et la simple mémorisation de dates ne résument pas ces fonctions.

2. Une ligne de défense laisse plusieurs secteurs sans protection, et l’ennemi contourne les fortifications par ces passages. Quel enseignement illustre cette situation ?

Une défense trop coûteuse devient nécessairement inefficace
Une défense incomplète et discontinue peut être inefficace
Une défense continue reste inefficace face à toute manœuvre de contournement
Une défense ancienne échoue en raison de son manque de modernité

Une défense incomplète et discontinue peut être inefficace

Explication

L’exemple de la ligne Maginot montre qu’une ligne de défense incomplète et discontinue peut être inefficace. Le coût, l’ancienneté ou l’inefficacité de toute ligne continue ne sont pas l’enseignement ciblé.

3. Une équipe doit identifier ce qui constitue l’administration française. Quelle description associe ses composantes, sa mission et son objectif ?

Des organes et personnes publiques exécutant des missions publiques pour l’intérêt de l’État au moyen de prérogatives de puissance publique
Des entreprises et personnes privées exécutant des missions publiques pour l’intérêt général au moyen de contrats commerciaux
Des organes et personnes publiques exécutant des missions publiques pour l’intérêt général au moyen de prérogatives de puissance publique
Des organes et personnes publiques exécutant des missions privées pour l’intérêt général au moyen de décisions judiciaires

Des organes et personnes publiques exécutant des missions publiques pour l’intérêt général au moyen de prérogatives de puissance publique

Explication

L’administration française rassemble des organes et des personnes publiques qui accomplissent des missions publiques pour servir l’intérêt général grâce à des prérogatives de puissance publique. Les entreprises privées, l’intérêt propre de l’État et les décisions judiciaires ne correspondent pas à cette définition.

4. Pour évaluer si une action relève de l’administration, une analyste examine à la fois son objectif et les moyens employés. Quels deux critères doit-elle distinguer ?

Les missions publiques et le contrôle exercé par les tribunaux
Le statut public des agents et la diversité des missions accomplies
Les prérogatives de puissance publique et la continuité du service public
La poursuite de l’intérêt général et les prérogatives de puissance publique

La poursuite de l’intérêt général et les prérogatives de puissance publique

Explication

L’administration se caractérise par son but — la poursuite de l’intérêt général — et par ses moyens — les prérogatives de puissance publique. Le statut des agents, le contrôle des tribunaux et la continuité ne constituent pas cette distinction.

5. Quelle conception Jean Rivero donne-t-il de l’intérêt général ?

La sphère des nécessités vitales pour la société auxquelles l’initiative privée ne peut répondre
L’ensemble des nécessités de l’administration auxquelles les entreprises publiques répondent
La sphère des besoins définis par les collectivités locales pour leurs habitants
La somme des intérêts privés que les individus choisissent de poursuivre ensemble

La sphère des nécessités vitales pour la société auxquelles l’initiative privée ne peut répondre

Explication

Pour Jean Rivero, l’intérêt général couvre les nécessités vitales de la société auxquelles l’initiative privée ne peut répondre. La somme des intérêts privés, les seuls besoins locaux ou les besoins propres de l’administration déforment cette définition.

6. Pour construire un équipement d’utilité publique, l’État contraint un particulier à lui vendre son immeuble. Quelle prérogative illustre cette situation ?

La sanction pénale d’un propriétaire au service de l’intérêt général
La vente amiable d’un bien immeuble au service de l’intérêt général
La réquisition temporaire d’un bien immeuble au service de l’intérêt général
L’expropriation d’un bien immeuble au service de l’intérêt général

L’expropriation d’un bien immeuble au service de l’intérêt général

Explication

L’expropriation permet à l’État de contraindre un particulier à vendre un bien immeuble afin de servir l’intérêt général. Une vente amiable n’est pas contrainte, une sanction pénale punit une infraction et une réquisition temporaire ne correspond pas à cette vente.

7. Quelles sont les trois catégories statutaires qui composent la fonction publique de l’Ancien Régime ?

Les officiers, les commissaires et les commis
Les commis, les soldats et les conseillers du roi
Les officiers, les magistrats et les secrétaires d’État
Les commissaires, les ministres et les intendants

Les officiers, les commissaires et les commis

Explication

La fonction publique de l’Ancien Régime se répartit entre officiers, commissaires et commis. Les magistrats, les ministres et les soldats ne constituent pas les trois catégories statutaires décrites.

8. Quelle caractéristique définit un office sous l’Ancien Régime ?

Un titre militaire acheté auprès d’un supérieur et transmis par nomination
Une charge publique accordée par le roi et rémunérée par des gages ou des taxations
Un emploi administratif choisi par des organes élus et payé par l’État
Une mission définie par le roi et exercée sans rémunération régulière

Une charge publique accordée par le roi et rémunérée par des gages ou des taxations

Explication

L’office est une charge ou fonction publique accordée par le roi et rémunérée par des gages ou des taxations. La mission par commission correspond au statut du commissaire, tandis qu’un titre militaire ou un emploi électif ne définit pas l’office.

9. Un officier transmet à son héritière la charge publique qu’il détient. Quel principe rend cette transmission possible ?

L’avancement par examen, accordé aux héritiers de l’officier
La propriété de l’office, liée à sa vénalité et à son hérédité
La révocabilité de la fonction, liée à la lettre de commission
La nomination royale, renouvelée au décès du titulaire

La propriété de l’office, liée à sa vénalité et à son hérédité

Explication

Les officiers sont propriétaires de leur office et peuvent le vendre ou le transmettre à leurs héritiers en raison de la vénalité et de l’hérédité des offices. La révocabilité caractérise la commission, et ni une nouvelle nomination ni un examen ne fondent cette transmission.

10. Le roi confie à un agent une mission précise par lettre de commission, puis décide de mettre fin à ses fonctions. Quel statut correspond à cet agent ?

Un héritier, investi d’une fonction par succession familiale
Un commis, titulaire d’un office rémunéré par des taxations
Un officier, propriétaire d’une charge publique transmissible
Un commissaire, investi d’une mission définie et révocable par le roi

Un commissaire, investi d’une mission définie et révocable par le roi

Explication

Le commissaire reçoit du roi une mission définie par lettre de commission, ne possède pas sa fonction et peut être révoqué. La propriété transmissible relève des officiers, et la vente d’une charge n’est pas une révocation.

11. Dans un royaume, les autorités locales sont soumises au gouvernement central; dans un autre, des collectivités distinctes de l’État sont administrées librement par des organes élus. Quelle qualification correspond à ces deux organisations, dans cet ordre ?

Centralisation, puis déconcentration
Centralisation, puis décentralisation
Décentralisation, puis centralisation
Déconcentration, puis décentralisation

Centralisation, puis décentralisation

Explication

La centralisation soumet les autorités au gouvernement, tandis que la décentralisation reconnaît des personnes publiques distinctes de l’État, administrées librement par des organes élus. L’ordre inversé confond les deux notions; la déconcentration ne correspond pas à la définition de la décentralisation donnée ici.

12. Quel auteur affirme que la centralisation administrative est une institution de l’Ancien Régime plutôt qu’une œuvre de la Révolution ou de l’Empire ?

Alexis de Tocqueville
Montesquieu
Jean-Jacques Rousseau
Michelet

Alexis de Tocqueville

Explication

Alexis de Tocqueville défend cette thèse dans *L’Ancien Régime et la Révolution*. Montesquieu et Rousseau sont des penseurs politiques, tandis que Michelet est associé ici à un commentaire sur la guerre de Sept Ans.

13. Une affaire concerne la fiscalité, le budget et les activités économiques du royaume. Vers quelle formation du Conseil du roi doit-elle être dirigée ?

Le Conseil des dépêches
Le Conseil d’État
Le Conseil royal des finances
Le conseil du chancelier

Le Conseil royal des finances

Explication

Le Conseil royal des finances traite les affaires financières, économiques, fiscales et budgétaires. Le Conseil d’État s’occupe notamment des questions diplomatiques et militaires, tandis que le Conseil des dépêches est chargé de l’administration intérieure.

14. Une formation du Conseil du roi gère une question administrative puis tranche le litige qui en découle. Quel principe caractérise cette double fonction ?

Le principe de l’administrateur-juge
Le principe de la spécialisation financière
Le principe de la vénalité des offices
Le principe de la décentralisation élective

Le principe de l’administrateur-juge

Explication

Sous l’Ancien Régime, les formations du Conseil du roi exercent à la fois des fonctions de gestion administrative et des fonctions contentieuses : c’est le principe de l’administrateur-juge. La décentralisation concerne des organes élus, la vénalité les offices, et la spécialisation financière la répartition des matières.

15. Dans un département, l’État nomme un agent qui le représente localement, sans créer une personne publique distincte dotée d’organes élus. Quelle technique administrative est appliquée ?

La déconcentration
La décentralisation
L’élection des autorités locales
La répartition ministérielle des compétences

La déconcentration

Explication

La déconcentration consiste à établir sur le territoire des agents représentant l’État. La décentralisation confie l’administration à des personnes publiques distinctes dotées d’organes élus; la répartition ministérielle concerne les domaines d’action, et l’élection locale ne caractérise pas la déconcentration.

16. À la fin de l’Ancien Régime, combien d’intendances la France compte-t-elle, et quel est le rôle principal de l’intendant dans sa province ?

30 intendances; l’intendant est le principal juge élu de sa province
33 intendances; l’intendant est le principal agent de l’administration centrale dans sa province
33 intendances; l’intendant dirige une assemblée provinciale autonome
36 intendances; l’intendant est un inspecteur envoyé ponctuellement par le roi

33 intendances; l’intendant est le principal agent de l’administration centrale dans sa province

Explication

À la fin de l’Ancien Régime, la France compte 33 intendances et l’intendant est le principal agent de l’administration centrale dans sa province. Le réduire à un juge, à un élu autonome ou à un inspecteur ponctuel ne correspond pas à cette fonction.

17. Un intendant doit assurer la perception des impôts et superviser la construction de routes. Quels domaines relèvent de sa mission dans cette situation ?

La fiscalité et les travaux publics avec les ponts et chaussées
La justice et la maréchaussée avec les relations postales
La police et les relations postales avec les juridictions
La fiscalité et la justice avec la seule surveillance des juridictions

La fiscalité et les travaux publics avec les ponts et chaussées

Explication

L’intendant contrôle la fiscalité et le recouvrement des impôts, et dirige les travaux publics en s’appuyant sur les ponts et chaussées. Le maintien de l’ordre relève de sa mission de police; les juridictions et la maréchaussée relèvent de sa surveillance en matière de justice.

18. À la fin du XVIIIe siècle, un administré dénonce des décisions arbitraires et le fait que le même système administratif exerce des fonctions d’administration et de jugement. Quelle critique de l’administration royale exprime-t-il ?

Le caractère arbitraire et le cumul des fonctions d’administrateur et de juge
La perception fiscale par des autorités provinciales indépendantes
L’absence de relations entre les intendants et le pouvoir central
Le partage équilibré des fonctions entre juges élus et assemblées

Le caractère arbitraire et le cumul des fonctions d’administrateur et de juge

Explication

Les critiques de la fin du XVIIIe siècle visent notamment l’arbitraire et le cumul des fonctions d’administrateur et de juge. La séparation entre juges élus et assemblées n’est pas la critique décrite, et la perception fiscale ou les liens avec le pouvoir central ne résument pas ce grief.

19. Quel ensemble de principes la Révolution rejette-t-elle tout en contestant les pratiques administratives jugées inadaptées à leur époque ?

Les intendances, les impôts et les administrations locales
Les assemblées élues, les juges et la représentation nationale
Les libertés individuelles, les constitutions et le pouvoir législatif
Les privilèges, les vestiges de la féodalité et l’absolutisme royal

Les privilèges, les vestiges de la féodalité et l’absolutisme royal

Explication

La Révolution s’oppose aux privilèges, aux vestiges de la féodalité et à l’absolutisme royal, ainsi qu’à des pratiques administratives jugées inadaptées. Cela ne signifie pas qu’elle rejette les assemblées élues ou toute administration, ni que sa rupture se limite à la fiscalité.

20. À quelle date les États généraux s’ouvrent-ils à Versailles ?

Le 9 juillet 1789
Le 9 novembre 1799
Le 5 mai 1789
En 1791

Le 5 mai 1789

Explication

Les États généraux s’ouvrent à Versailles le 5 mai 1789. Le 9 juillet correspond à leur transformation en Assemblée constituante, tandis que le 9 novembre 1799 marque le coup d’État de Bonaparte.

21. Après la chute de Robespierre, un gouvernement est organisé par une constitution adoptée en 1795. Quelle organisation du pouvoir exécutif cette constitution prévoit-elle ?

Un roi exerçant le pouvoir exécutif comme délégué de la nation
Cinq directeurs choisis par le pouvoir législatif
Des juges élus chargés de désigner les directeurs
Une assemblée élue exerçant seule le pouvoir exécutif

Cinq directeurs choisis par le pouvoir législatif

Explication

La Constitution de l’an III, en 1795, organise le Directoire et confie le pouvoir à cinq directeurs choisis par le pouvoir législatif. L’exécutif royal appartient au cadre de la Constitution de 1791; les juges élus et l’assemblée législative n’ont pas ce rôle de désignation.

22. Quel événement se produit le 9 novembre 1799, correspondant au 18 Brumaire ?

Les États généraux deviennent l’Assemblée constituante
Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d’État
Les États généraux s’ouvrent à Versailles
Le Directoire est organisé par la Constitution de l’an III

Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d’État

Explication

Le 9 novembre 1799, ou 18 Brumaire, Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d’État. L’ouverture des États généraux et leur transformation en Assemblée constituante datent de 1789; le Directoire est organisé en 1795.

23. Quelle mesure l’Assemblée prend-elle dans la nuit du 4 août 1789 concernant les offices administratifs ?

Elle interdit l’hérédité des offices dans la Constitution de 1791.
Elle établit l’élection de tous les titulaires d’offices administratifs.
Elle abolit les privilèges et la patrimonialité des offices administratifs.
Elle indemnise les propriétaires sans abolir la patrimonialité des offices.

Elle abolit les privilèges et la patrimonialité des offices administratifs.

Explication

La nuit du 4 août 1789 marque l’abolition des privilèges et de la patrimonialité des offices administratifs. L’indemnisation concerne les propriétaires après cette abolition, l’élection relève du mode de recrutement et l’interdiction de l’hérédité est proclamée en 1791.

24. Quel principe l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme-t-il le 26 août 1789 au sujet des emplois publics ?

Tous les citoyens les obtiennent de plein droit, indépendamment de leurs capacités.
Tous les citoyens y sont admissibles selon leurs capacités, leur vertu et leur talent.
Les autorités les attribuent selon leur fidélité politique plutôt que leur mérite.
Les citoyens issus de familles privilégiées y sont admissibles selon leur naissance.

Tous les citoyens y sont admissibles selon leurs capacités, leur vertu et leur talent.

Explication

L’article 6 pose l’égalité d’admissibilité aux dignités, places et emplois publics selon les capacités, sans autre distinction que la vertu et le talent. L’accès n’est pas automatique, et la naissance ou la fidélité politique ne remplacent pas ces critères.

25. Dans une administration révolutionnaire, les responsabilités sont confiées en grande partie à des élus patriotes, même si certains manquent d’expérience professionnelle. Quelle conception explique ce choix ?

La fidélité au monarque leur paraît déterminante pour choisir les administrateurs.
Le patriotisme leur paraît suffisant, car ils jugent la qualification administrative peu nécessaire.
L’autorité des ministres leur paraît devoir remplacer le choix des élus.
L’expertise professionnelle leur paraît indispensable pour toute responsabilité administrative.

Le patriotisme leur paraît suffisant, car ils jugent la qualification administrative peu nécessaire.

Explication

Les révolutionnaires confient l’essentiel des responsabilités à des élus parce qu’ils estiment que le patriotisme suffit et que l’administration ne demande pas vraiment de qualification professionnelle. La priorité à l’expertise, au monarque ou aux ministres ne correspond pas à cette conception.

26. Une réforme révolutionnaire doit déterminer le mode de recrutement d’un magistrat local et celui d’un haut fonctionnaire. Quelle répartition correspond à la distinction établie par les révolutionnaires ?

Élection du magistrat local et nomination du haut fonctionnaire par le pouvoir.
Élection du magistrat local et élection du haut fonctionnaire par les citoyens.
Nomination du magistrat local et élection du haut fonctionnaire par les citoyens.
Nomination du magistrat local et nomination du haut fonctionnaire par le pouvoir.

Élection du magistrat local et nomination du haut fonctionnaire par le pouvoir.

Explication

Les révolutionnaires privilégient l’élection pour les emplois publics, tandis que le pouvoir nomme les titulaires des postes les plus importants, notamment les hauts fonctionnaires et les généraux. La nomination des emplois ordinaires inverse cette distinction, et l’élection des hauts fonctionnaires ne respecte pas l’exception prévue.

27. Quelle réforme la loi des 27 avril et mai 1791 réalise-t-elle pour l’administration centrale ?

Elle répartit les affaires publiques entre six départements issus des anciennes provinces.
Elle répartit les affaires publiques entre cinq ministères créés sous le Directoire.
Elle répartit les affaires publiques entre six ministères issus des anciens départements ministériels.
Elle répartit les affaires publiques entre cinq directeurs issus des anciens ministères.

Elle répartit les affaires publiques entre six ministères issus des anciens départements ministériels.

Explication

La loi de 1791 répartit les affaires publiques entre six ministères, transformés à partir des anciens départements ministériels. Les départements territoriaux et les cinq directeurs renvoient à d’autres réorganisations.

28. En juillet 1793, un ministre constate que l’essentiel du pouvoir administratif est exercé par un organe dominé par Robespierre. Quel organe prend ainsi le dessus ?

Le collège des cinq directeurs.
Le conseil exécutif formé de six ministres.
Le comité de division chargé du découpage territorial.
Le Comité de salut public.

Le Comité de salut public.

Explication

À partir de juillet 1793, le Comité de salut public, dominé par Robespierre, capte l’essentiel du pouvoir, notamment administratif, et éclipse les ministres. Le conseil exécutif date de 1792 et les cinq directeurs du Directoire, à partir de 1795.

29. À l’automne 1789, l’Assemblée adopte la départementalisation afin de remplacer les anciennes circonscriptions et de limiter l’esprit de province. Quelle caractéristique institutionnelle découle de ce choix ?

Le département est une collectivité locale dotée d’une personnalité morale autonome.
Le département est une collectivité fédérée dotée d’une autonomie politique propre.
Le département maintient les anciennes provinces comme unités territoriales distinctes.
Le département est une circonscription administrative de l’État, sans autonomie territoriale.

Le département est une circonscription administrative de l’État, sans autonomie territoriale.

Explication

La départementalisation remplace les circonscriptions de l’Ancien Régime et vise à limiter l’esprit de province, tout en préservant l’unité nationale : le département est une circonscription administrative, non une collectivité autonome. Le fédéralisme, la personnalité morale autonome et le maintien des provinces contredisent cette finalité.

30. Quelle division territoriale l’Assemblée vote-t-elle le 26 février 1790 ?

Le découpage de la France en six départements.
Le découpage de la France en 83 départements.
L’adoption du principe de départementalisation sans fixer leur nombre.
Le découpage de la France en 83 circonscriptions par les directeurs.

Le découpage de la France en 83 départements.

Explication

Le 26 février 1790, l’Assemblée vote la division de la France en 83 départements, selon un projet préparé par les députés sous la conduite d’un comité de division. L’adoption du principe date de l’automne 1789, les six ministères concernent l’administration centrale et les directeurs appartiennent au Directoire.

31. En 1793, l’administration militaire doit soutenir une armée d’environ un million de soldats. Quelle évolution administrative cette situation entraîne-t-elle sous la Convention ?

Une diminution des emplois dans les bureaux militaires
Une consolidation progressive de la réglementation publique
Une extension du nombre de départements et de communes
Une forte augmentation des effectifs bureaucratiques

Une forte augmentation des effectifs bureaucratiques

Explication

L’administration militaire doit équiper et nourrir environ un million de soldats, ce qui entraîne une forte hausse des effectifs bureaucratiques sous la Convention. La professionnalisation relève du Directoire, l’uniformisation territoriale est une autre innovation révolutionnaire, et la diminution des emplois inverse l’effet décrit.

32. Entre 1795 et 1799, une réforme rend les services administratifs plus professionnels, mais laisse les règles de la fonction publique incomplètes et peu claires. À quelle période cette situation correspond-elle ?

Au Consulat
Au Directoire
À la Convention
À l’Empire

Au Directoire

Explication

Sous le Directoire, l’administration se professionnalise et la bureaucratie se consolide, tandis que la réglementation reste souvent confuse et lacunaire. La Convention correspond à la forte croissance des effectifs, et le Consulat comme l’Empire sont des périodes postérieures.

33. Quelle combinaison décrit les innovations administratives durables apportées par la Révolution ?

Le maintien des privilèges et l’uniformisation territoriale par les départements et les communes
La création des départements et des préfets sans abolition des privilèges
L’abolition des privilèges et l’uniformisation territoriale par les départements et les communes
L’abolition des privilèges et le remplacement des communes par les préfets

L’abolition des privilèges et l’uniformisation territoriale par les départements et les communes

Explication

La Révolution apporte notamment l’abolition des privilèges et l’uniformisation du territoire grâce à la création des départements et des communes. Le maintien des privilèges contredit cette rupture, tandis que la hiérarchie préfectorale relève de la centralisation napoléonienne.

34. Quel événement ouvre le Consulat, organisé par la Constitution de l’an VIII en décembre 1799 ?

La loi du 28 pluviôse an VIII, le 17 février 1800
Le coup d’État du 18 brumaire an VIII, le 9 novembre 1799
L’adoption de la Constitution de l’an III, en 1795
La proclamation de l’Empire, le 2 décembre 1804

Le coup d’État du 18 brumaire an VIII, le 9 novembre 1799

Explication

Le coup d’État de Bonaparte du 18 brumaire an VIII, soit le 9 novembre 1799, renverse le Directoire et ouvre le Consulat. La loi de pluviôse date de 1800, la proclamation de l’Empire de 1804 et la Constitution de l’an III organise le Directoire.

35. Sous le Consulat, un ministre est nommé puis révoqué à la discrétion du chef de l’État et ne prend pas les décisions majeures. Quel rôle correspond à cette situation ?

Des décideurs autonomes dirigeant l’action du chef de l’État
Des conseillers consultatifs répartis en sections spécialisées
Des élus locaux chargés de contrôler l’administration centrale
Des exécutants dépendant du chef de l’État

Des exécutants dépendant du chef de l’État

Explication

Sous le Consulat puis l’Empire, les décisions se concentrent entre les mains du chef de l’État et les ministres, nommés et révoqués discrétionnairement, agissent principalement comme des exécutants. Les décideurs autonomes inversent cette relation, le Conseil d’État est consultatif et les ministres ne sont pas des élus locaux.

36. Dans un département, quel agent représente l’État et le gouvernement, administre le département et dirige la plupart des services déconcentrés de l’État ?

Le conseiller d’État
Le sous-préfet
Le préfet
Le maire

Le préfet

Explication

Le préfet est le représentant de l’État et le délégué du gouvernement dans le département; il est chargé de l’administration départementale et dirige la plupart des services déconcentrés. Le sous-préfet intervient à l’échelon de l’arrondissement, le maire à celui de la commune, et le conseiller d’État appartient à un organe consultatif central.

37. Un ordre émis par le pouvoir central doit être transmis selon la hiérarchie administrative napoléonienne. Quel parcours suit-il jusqu’au maire ?

Du pouvoir central au préfet, puis au maire et au sous-préfet
Du pouvoir central au préfet, puis au sous-préfet et au maire
Du pouvoir central au sous-préfet, puis au préfet et au maire
Du maire au sous-préfet, puis au préfet et au pouvoir central

Du pouvoir central au préfet, puis au sous-préfet et au maire

Explication

La chaîne administrative transmet les ordres du pouvoir central aux préfets, puis des préfets aux sous-préfets, avant qu’ils n’atteignent les maires. L’ordre préfet-sous-préfet est inversé dans le parcours concurrent, le parcours partant des maires remonte la hiérarchie et le maire ne précède pas le sous-préfet.

38. Sous le régime napoléonien, à qui revient le règlement des litiges administratifs soustraits aux tribunaux judiciaires ?

Aux tribunaux judiciaires
À l’administration elle-même
Au Parlement
Au Conseil d’État statuant en son propre nom

À l’administration elle-même

Explication

Le régime napoléonien maintient le principe qui soustrait les litiges administratifs aux tribunaux judiciaires et en confie le règlement à l’administration. Les tribunaux judiciaires correspondent à la juridiction écartée, le Parlement n’est pas chargé de ce règlement et le Conseil d’État ne tranche pas alors lui-même.

39. Un recours contre une décision d’un conseil de préfecture est examiné par le Conseil d’État sous Napoléon, mais qui prononce la décision finale dans ce système de justice retenue ?

Le conseil de préfecture
Le chef de l’État
Le préfet
Le Conseil d’État

Le chef de l’État

Explication

Dans la justice retenue, le Conseil d’État examine le recours et rend un avis, tandis que le chef de l’État tranche le litige. La justice déléguée confie la décision au Conseil d’État, et ni le conseil de préfecture ni le préfet ne rendent cette décision finale.

40. Quel auteur qualifie d’« extension du fonctionnarisme » l’accroissement de la puissance administrative napoléonienne et de son influence sur la vie des Français ?

François Burdeau
Charles X
Louis XVIII
Napoléon Bonaparte

François Burdeau

Explication

François Burdeau est l’auteur de la formule « extension du fonctionnarisme », qui désigne la croissance de la puissance administrative napoléonienne et de son influence. Louis XVIII, Napoléon Bonaparte et Charles X sont des figures politiques, non l’auteur de cette qualification.

41. Dans une administration napoléonienne, un agent bénéficie d’un emploi stable et de traitements régulièrement versés. Quelle évolution supplémentaire pouvait accompagner la professionnalisation de la fonction publique ?

La garantie d’un recrutement indépendant du chef de l’État
Le développement d’un droit à pension après une certaine durée de service
Le remplacement des emplois stables par des mandats temporaires
L’avancement automatique selon l’ancienneté

Le développement d’un droit à pension après une certaine durée de service

Explication

La fonction publique devient plus stable et les traitements sont régulièrement versés ; dans certaines administrations, un droit à pension se développe après un certain temps de service. Le recrutement reste souvent à la discrétion du chef de l’État, l’avancement demeure imparfait et les emplois ne sont pas remplacés par des mandats temporaires.

42. Après 1815, pourquoi l’administration redevient-elle un enjeu politique ?

Le Parlement cherche à maîtriser l’administration, tandis que les gouvernements s’en méfient
Les tribunaux cherchent à maîtriser l’administration, tandis que les gouvernements s’en désintéressent
Les gouvernements cherchent à la maîtriser, tandis que le Parlement s’en méfie
Les fonctionnaires cherchent à maîtriser les gouvernements, tandis que le Parlement les soutient

Les gouvernements cherchent à la maîtriser, tandis que le Parlement s’en méfie

Explication

Après la chute de Napoléon, l’administration est tiraillée entre des gouvernements qui veulent la maîtriser pour conduire leur politique et un Parlement qui s’en méfie. Les autres réponses inversent ces rôles ou substituent aux acteurs mentionnés les fonctionnaires ou les tribunaux.

43. Quelle orientation Louis XVIII adopte-t-il en 1815 en mettant en place une monarchie constitutionnelle ?

Réconcilier la France d’Ancien Régime et celle issue de la Révolution
Rétablir sans compromis l’organisation de l’Ancien Régime
Instaurer la Monarchie de Juillet après la chute de Charles X
Renverser Louis-Philippe et établir une république

Réconcilier la France d’Ancien Régime et celle issue de la Révolution

Explication

En établissant une monarchie constitutionnelle en 1815, Louis XVIII cherche à réconcilier la France d’Ancien Régime et celle issue de la Révolution. La Monarchie de Juillet est associée à 1830, la république à une autre rupture politique, et le projet de Louis XVIII ne consiste pas à effacer tout l’héritage révolutionnaire.

44. Un gouvernement écarte de l’administration des agents qu’il juge indignes d’y servir. Comment désigne-t-on cette mesure ?

Une réorganisation administrative
Une épuration politique
Un recrutement par clientèle politique
Une nomination discrétionnaire

Une épuration politique

Explication

L’épuration politique désigne l’élimination de l’administration des personnels jugés indignes d’en faire partie. La nomination discrétionnaire concerne le choix des agents à nommer, tandis qu’une réorganisation des services ou un recrutement décrit d’autres opérations.

45. Après la chute de Charles X en 1830, quelle conséquence administrative caractérise l’établissement de la Monarchie de Juillet ?

Une épuration importante touchant notamment préfets, magistrats, policiers et conseillers d’État
La révocation des préfets de Louis-Philippe et leur remplacement par des républicains
Une réforme concentrée sur les seuls conseillers d’État
Une épuration limitée, voulue par Louis XVIII pour réconcilier les deux Frances

Une épuration importante touchant notamment préfets, magistrats, policiers et conseillers d’État

Explication

La chute de Charles X et l’établissement de la Monarchie de Juillet en 1830 s’accompagnent d’une épuration particulièrement importante, qui touche notamment les préfets, magistrats, policiers et conseillers d’État. Le remplacement des préfets de Louis-Philippe par des républicains correspond à 1848, et l’épuration de la Restauration est présentée comme limitée.

46. Sous la Restauration, un préfet cherche à renforcer les chances du candidat soutenu par le gouvernement auprès des électeurs censitaires. Quel rôle l’administration locale joue-t-elle dans cette situation ?

Elle veille à empêcher toute intervention administrative dans les choix électoraux.
Elle confie aux conseils municipaux le soin de soutenir le candidat gouvernemental.
Elle mobilise ses moyens pour favoriser les candidats opposés au gouvernement.
Elle mobilise ses moyens pour orienter les choix électoraux en faveur du gouvernement.

Elle mobilise ses moyens pour orienter les choix électoraux en faveur du gouvernement.

Explication

Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, l’administration locale est mise au service des intérêts électoraux du gouvernement, notamment par l’action des préfets. La neutralité administrative méconnaît cette pratique, les conseils municipaux élus ne sont pas le levier décrit et l’opposition n’est pas la bénéficiaire de cette mobilisation.

47. Une règle électorale accorde le droit de vote aux citoyens qui paient un impôt déterminé en fonction de leur fortune. De quel type de suffrage s’agit-il ?

Du suffrage indirect, fondé sur la désignation préalable d’électeurs.
Du suffrage communal, fondé sur la résidence dans la commune concernée.
Du suffrage universel, fondé sur la participation de tous les citoyens.
Du suffrage censitaire, fondé sur le paiement d’un cens lié à la fortune.

Du suffrage censitaire, fondé sur le paiement d’un cens lié à la fortune.

Explication

Le suffrage censitaire réserve le vote aux citoyens qui paient un cens, c’est-à-dire un impôt lié à leur fortune. Le suffrage universel ne dépend pas de cette condition de fortune, la résidence relève d’un autre critère et l’éligibilité ne définit pas le droit de vote.

48. En 1832, une commune organise le renouvellement de son conseil municipal en appliquant la loi de 1831. Quelle procédure doit-elle suivre ?

Faire élire les conseillers pour six ans au suffrage universel, le maire restant nommé par le pouvoir.
Faire élire les conseillers pour trois ans par des électeurs censitaires, le maire restant nommé par le pouvoir.
Faire élire les conseillers pour six ans par des électeurs censitaires, le maire restant nommé par le pouvoir.
Faire élire les conseillers pour six ans par des électeurs censitaires, le conseil choisissant le maire.

Faire élire les conseillers pour six ans par des électeurs censitaires, le maire restant nommé par le pouvoir.

Explication

La loi de 1831 prévoit l’élection des conseillers municipaux pour six ans par des électeurs censitaires, tandis que le pouvoir continue de nommer les maires. Le suffrage universel et le choix du maire par le conseil municipal relèvent d’une évolution ultérieure, et le mandat de trois ans ne correspond pas à cette loi.

49. Sous le Second Empire, les habitants d’une commune élisent leurs conseillers locaux au suffrage universel. Qui désigne alors le maire ?

Le pouvoir, qui nomme de nouveau les maires.
Les électeurs au suffrage universel, qui élisent directement le maire.
Les électeurs censitaires, qui élisent séparément le maire.
Le conseil municipal, qui choisit le maire parmi ses membres.

Le pouvoir, qui nomme de nouveau les maires.

Explication

Sous le Second Empire, les conseils restent élus au suffrage universel, mais le pouvoir nomme de nouveau les maires. Le choix municipal correspond à la Deuxième République, tandis que le suffrage censitaire et l’élection directe du maire ne décrivent pas cette règle.

50. Dans un ministère de la première moitié du XIXe siècle, un chef de service choisit librement les nouveaux agents, sans règle commune à l’ensemble de la fonction publique. Quelle situation ce cas illustre-t-il ?

Un recrutement généralement soumis à une procédure uniforme fixée pour tous les agents.
Un avancement généralement décidé par les chefs de service après l’entrée en fonction.
Un recrutement généralement laissé au choix des chefs de service, sans règle générale commune.
Un recrutement généralement organisé par concours identiques pour tous les services.

Un recrutement généralement laissé au choix des chefs de service, sans règle générale commune.

Explication

Dans la première moitié du XIXe siècle, les nominations sont généralement laissées au choix des chefs de service et aucune règle générale ne s’applique à tous les agents. Les concours concernent certaines fonctions qualifiées, l’avancement intervient après le recrutement et il n’existe pas de procédure uniforme commune.

51. Deux agents ont une ancienneté comparable, mais leur chef de service promeut celui qu’il préfère plutôt que de suivre l’ordre d’ancienneté. Quel mécanisme de carrière cette décision illustre-t-elle ?

La procédure disciplinaire, qui détermine les sanctions des agents.
L’avancement au choix, qui peut favoriser le favoritisme.
L’avancement à l’ancienneté, qui suit la durée de service.
Le recrutement par concours, qui classe les candidats à l’entrée.

L’avancement au choix, qui peut favoriser le favoritisme.

Explication

L’avancement au choix est laissé à la discrétion des chefs de service et se substitue souvent à l’ancienneté, ce qui favorise le favoritisme. L’ancienneté repose sur la durée de service, le concours concerne le recrutement et la discipline porte sur les sanctions.

52. Un fonctionnaire doit prêter serment, respecter une obligation de réserve et obéir à sa hiérarchie, mais ne bénéficie pas d’une protection équivalente contre un renvoi arbitraire. Quel diagnostic correspond à cette situation ?

Des obligations réduites accompagnées de garanties insuffisantes contre le renvoi arbitraire.
Des obligations fortes accompagnées de garanties insuffisantes contre le renvoi arbitraire.
Des obligations réduites accompagnées d’une protection complète contre le renvoi arbitraire.
Des obligations fortes accompagnées d’une protection complète contre le renvoi arbitraire.

Des obligations fortes accompagnées de garanties insuffisantes contre le renvoi arbitraire.

Explication

Les fonctionnaires sont soumis au serment, à la réserve et à l’obéissance hiérarchique, sans garanties équivalentes contre un renvoi arbitraire. La présence de ces obligations ne constitue pas une protection complète, et leur absence ne correspond pas au régime décrit.

53. En 1895, un agent public conteste une sanction disciplinaire devant le Conseil d’État. Quel obstacle correspond au régime disciplinaire du XIXe siècle ?

Les recours des fonctionnaires contre les décisions disciplinaires sont encore rejetés, et les règles varient selon les services.
Les recours des fonctionnaires contre les décisions disciplinaires sont encore rejetés, sous des règles identiques dans tous les services.
Les décisions disciplinaires ne peuvent être contestées, car aucun service ne prévoit de règles particulières.
Les recours des fonctionnaires contre les décisions disciplinaires sont admis, et les règles varient selon les services.

Les recours des fonctionnaires contre les décisions disciplinaires sont encore rejetés, et les règles varient selon les services.

Explication

Jusqu’en 1898, le Conseil d’État rejette les recours des fonctionnaires contre les décisions disciplinaires, alors que les règles varient d’un service à l’autre. L’admission des recours est donc prématurée, l’uniformité des règles est inexacte et l’absence de règles générales ne signifie pas que les services n’ont aucune règle particulière.

54. En 1848, une administration souhaite recruter ses agents selon leurs aptitudes plutôt que par faveur. Quelle orientation constitutionnelle correspond à cet objectif ?

Recruter selon l’ancienneté dans les emplois publics
Réserver les postes aux candidats les plus fortunés
Développer les concours au nom de la méritocratie
Maintenir le choix discrétionnaire des ministres

Développer les concours au nom de la méritocratie

Explication

La Constitution de 1848 affirme la méritocratie et souhaite développer les concours d’accès à la fonction publique. Le choix ministériel discrétionnaire relève d’une autre logique, l’ancienneté n’est pas le principe visé, et la fortune personnelle ne correspond pas à la méritocratie.

55. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, quel changement de recrutement contribue à démocratiser la fonction publique ?

Le renforcement du recrutement dans la haute bourgeoisie
L’accès accru des professions libérales aux postes administratifs
Le déplacement des recrutements vers les entreprises privées
L’accès accru des classes moyennes et populaires aux emplois administratifs

L’accès accru des classes moyennes et populaires aux emplois administratifs

Explication

L’entrée plus fréquente de membres des classes moyennes et populaires dans les emplois administratifs élargit le recrutement social et contribue à la démocratisation. Le recrutement renforcé dans la haute bourgeoisie resserrerait l’accès, les professions libérales ne constituent pas le changement décrit, et les entreprises privées ne sont pas la fonction publique.

56. Un salarié du secteur privé redoute le chômage lié au développement du capitalisme et envisage un emploi administratif en ville, offrant des possibilités d’ascension sociale. Quel ensemble de facteurs rend ce choix attractif ?

Rémunération élevée, accès aux professions libérales et prestige marchand
Risque de chômage, éloignement urbain et immobilité sociale
Stabilité du secteur privé, carrière commerciale et mobilité rurale
Sécurité de l’emploi, attrait de la ville et ascension sociale

Sécurité de l’emploi, attrait de la ville et ascension sociale

Explication

La fonction publique attire notamment par la sécurité de l’emploi face au chômage privé, par l’attrait de la ville et par les possibilités d’ascension sociale. Le risque de chômage est ici associé au privé, tandis que le prestige marchand ou la stabilité des carrières privées ne sont pas les motifs indiqués.

57. Un employé public sous le Second Empire cherche à comprendre le régime de retraite instauré à partir de 1853. Quelle description lui correspond ?

Un régime uniformisé, financé par les cotisations des employés sans garantie de l’État
Un régime réservé à l’armée, financé par les cotisations des employés et garanti par l’État
Un régime uniformisé, financé par l’État sans cotisations des employés
Un régime uniformisé, financé par les cotisations des employés et garanti par l’État

Un régime uniformisé, financé par les cotisations des employés et garanti par l’État

Explication

À partir de 1853, le régime de retraite de la fonction publique est uniformisé, financé par les cotisations des employés et assorti d’une garantie de l’État. La retraite auparavant réservée à l’armée est confondue avec le régime des fonctionnaires; les autres réponses omettent la garantie ou les cotisations.

58. Une commune comptant 900 habitants doit-elle ouvrir une école de filles en application de la loi Falloux de 1850 ?

Oui, car elle dépasse le seuil de 800 habitants
Non, car l’école doit accueillir filles et garçons ensemble
Non, car la loi ne fait qu’encourager l’ouverture d’une école
Oui, car elle dépasse le seuil de 500 habitants

Oui, car elle dépasse le seuil de 800 habitants

Explication

La loi Falloux impose une école de filles dans chaque commune de plus de 800 habitants, dans un système scolaire non mixte. Le seuil de 500 habitants relève de la loi Duruy, et l’obligation ne se réduit pas à un encouragement ni à une école mixte.

59. Quelle situation décrit la présence des femmes parmi les employées des ministères en 1913 ?

Douze ministères sur neuf emploient des dactylographes, majoritairement des hommes, dans des postes modestes
Neuf ministères sur douze emploient des femmes surtout à des postes de direction
Neuf ministères sur douze emploient des dactylographes, majoritairement des femmes, dans des postes modestes
Neuf ministères sur douze emploient des femmes surtout dans des postes à responsabilité

Neuf ministères sur douze emploient des dactylographes, majoritairement des femmes, dans des postes modestes

Explication

En 1913, neuf des douze ministères emploient des dactylographes, dont la majorité sont des femmes, et leurs postes restent modestes. Les confondre avec des cadres ou inverser la répartition des sexes ne correspond pas à cette situation.

60. En 1928, quelle situation caractérise l’égalité professionnelle des femmes dans la fonction publique ?

L’égalité des rémunérations et l’accès aux responsabilités sont acquis dans la plupart des ministères
Les rémunérations restent inégales et l’accès aux responsabilités est entravé dans la plupart des ministères
L’accès aux responsabilités est acquis, mais les rémunérations restent inégales dans la plupart des ministères
L’égalité des rémunérations est acquise, mais l’accès aux responsabilités reste entravé dans la plupart des ministères

L’égalité des rémunérations est acquise, mais l’accès aux responsabilités reste entravé dans la plupart des ministères

Explication

En 1928, l’égalité des rémunérations est acquise, tandis que l’accès des femmes aux postes à responsabilité demeure entravé dans la plupart des ministères. L’égalité salariale ne signifie donc pas que les obstacles à la promotion ont disparu.

61. En 1936, un décret réserve certaines fonctions élevées d’un ministère aux hommes en invoquant l’intérêt du service. Quelle position le Conseil d’État adopte-t-il dans l’arrêt Demoiselle Bobard ?

Le gouvernement peut restreindre l’accès sans devoir invoquer l’intérêt du service
Le gouvernement ne peut restreindre l’accès dès lors que les femmes sont légalement admises
Le gouvernement peut restreindre l’accès et l’avancement des femmes si l’intérêt du service le justifie
Le gouvernement doit appliquer l’égalité salariale pour décider de l’accès aux fonctions

Le gouvernement peut restreindre l’accès et l’avancement des femmes si l’intérêt du service le justifie

Explication

Dans l’arrêt Demoiselle Bobard, le Conseil d’État admet des restrictions à l’accès de certaines fonctions et à l’avancement des femmes lorsque l’intérêt du service le justifie. L’admission légale n’écarte donc pas toute restriction, et l’arrêt ne porte pas sur une règle salariale.

62. Une association d’agents publics créée sous le régime de 1901 veut négocier avec l’administration des améliorations professionnelles. Quel obstacle juridique rencontre-t-elle ?

La liberté d’association lui confère le pouvoir de négocier comme un syndicat.
Le droit de grève lui confère le pouvoir de négocier comme un syndicat.
La liberté d’association ne lui confère pas le pouvoir de négocier comme un syndicat.
La loi de 1884 lui confère le pouvoir de négocier comme un syndicat.

La liberté d’association ne lui confère pas le pouvoir de négocier comme un syndicat.

Explication

La loi de 1901 permet aux agents publics de s’associer, mais une association ne dispose pas du pouvoir de négociation reconnu au syndicat, tandis que la loi de 1884 n’est pas destinée à la fonction publique. Assimiler association et syndicat confond les deux formes, et invoquer la loi de 1884 ou le droit de grève ne résout pas cet obstacle.

63. Lors d’une grève de fonctionnaires en 1909, quelle réponse l’administration doit-elle apporter selon l’arrêt Winkell ?

Révoquer nécessairement chaque gréviste sans organiser de remplacement.
Indemniser les grévistes pour les dommages liés à la grève.
Reconnaître la grève et attendre la reprise normale du service.
Déclarer la grève illicite et remplacer immédiatement les grévistes.

Déclarer la grève illicite et remplacer immédiatement les grévistes.

Explication

Dans l’arrêt Winkell, le Conseil d’État considère la grève des fonctionnaires illicite et impose à l’administration des mesures d’urgence, dont le remplacement immédiat des grévistes. La reconnaissance du droit de grève relève de 1946, la révocation est associée à Minaire et l’indemnisation à Leberre.

64. Des agents publics sont sanctionnés pour avoir participé à une grève en 1937. Quelle conclusion le Conseil d’État tire-t-il dans l’arrêt Demoiselle Minaire ?

Les grévistes bénéficient d’un droit de grève reconnu.
Les grévistes doivent être réintégrés avec indemnisation.
Les grévistes doivent être remplacés sans pouvoir être sanctionnés.
Les grévistes peuvent être légalement révoqués.

Les grévistes peuvent être légalement révoqués.

Explication

L’arrêt Demoiselle Minaire rappelle que les fonctionnaires grévistes se mettent hors la loi et peuvent donc être légalement révoqués. La reconnaissance constitutionnelle du droit de grève intervient en 1946, tandis que l’indemnisation pour dommage administratif concerne une autre question.

65. Quel texte reconnaît aux agents publics la liberté syndicale et le droit de grève ?

La loi sur la liberté syndicale de 1884.
L’arrêt Demoiselle Minaire rendu en 1937.
La loi sur la liberté d’association de 1901.
Le préambule de la Constitution de 1946.

Le préambule de la Constitution de 1946.

Explication

Le préambule de la Constitution de 1946 reconnaît aux agents publics la liberté syndicale et le droit de grève. La loi de 1884 concerne la liberté syndicale sans s’appliquer à la fonction publique, la loi de 1901 porte sur l’association, et Minaire rappelle la possibilité de révocation des grévistes.

66. Un projet présenté à partir de 1930 vise à remplacer les concours organisés séparément par chaque ministère et chaque corps. Quel dispositif propose-t-il ?

Une école d’administration destinée à se substituer à la multiplicité des concours.
Un statut général destiné à se substituer aux concours ministériels.
Un examen final destiné à remplacer les concours des seuls grands corps.
Une école propre à chaque ministère destinée à renforcer ses concours.

Une école d’administration destinée à se substituer à la multiplicité des concours.

Explication

À partir de 1930, plusieurs projets envisagent une école d’administration pour remplacer la multiplicité des concours ministériels et propres aux corps. Un statut général fixe les règles applicables aux fonctionnaires, tandis que le projet ne vise pas à renforcer les concours séparés.

67. En 1936, Jean Zay défend un projet d’écoles d’administration organisé selon le diplôme des candidats. Quelle structure prévoit-il ?

Une école recrutant des bacheliers pour les emplois inférieurs et une autre des licenciés pour les grands corps.
Une école unique recrutant des bacheliers pour les emplois inférieurs et les grands corps.
Des écoles ministérielles recrutant des bacheliers et des licenciés selon les concours de chaque corps.
Une école recrutant des licenciés pour les emplois inférieurs et une autre des bacheliers pour les grands corps.

Une école recrutant des bacheliers pour les emplois inférieurs et une autre des licenciés pour les grands corps.

Explication

Le projet de Jean Zay prévoit deux écoles : l’une recrute des bacheliers pour les emplois inférieurs, l’autre des licenciés pour les grands corps. Inverser les diplômes déplace les niveaux de recrutement, et une école unique ou des écoles ministérielles ne correspondent pas à cette organisation.

68. Dans la fonction publique, que désigne un statut ?

L’accord qui organise la négociation entre syndicats et administration.
Le texte qui fixe les modalités de recrutement, sans définir droits et obligations.
Le texte qui fixe les règles applicables aux fonctionnaires, notamment leurs droits et obligations.
La décision qui nomme un agent à un emploi et fixe ses fonctions particulières.

Le texte qui fixe les règles applicables aux fonctionnaires, notamment leurs droits et obligations.

Explication

Le statut est le texte qui détermine les règles applicables aux fonctionnaires, notamment leurs droits et leurs obligations. Le réduire au recrutement, à un accord de négociation ou à une nomination individuelle confond le statut avec des objets distincts.

69. Avant 1941, un fonctionnaire constate que les règles régissant sa situation figurent dans plusieurs textes et statuts spéciaux. Quelle interprétation est correcte ?

Sa situation relève d’un statut général unique, réparti entre plusieurs textes.
Sa situation relève d’un statut général adopté entre 1906 et 1921.
Sa situation relève d’une pluralité de textes, faute de statut général unique.
Sa situation ne relève d’aucun texte avant l’adoption d’un statut général.

Sa situation relève d’une pluralité de textes, faute de statut général unique.

Explication

Avant 1941, la situation des fonctionnaires dépend d’une multitude de textes et de statuts spéciaux, les propositions en faveur d’un statut général ayant échoué. Parler d’un statut général unique contredit cette distinction, tandis que l’échec des propositions ne signifie pas une absence de règles.

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