QCM : Justice et indépendance juridictionnelle (36 questions)

Questions et réponses du QCM

1. En 2024, le ministre de la Justice souhaite intervenir dans un dossier pénal précis et adresser une consigne générale aux procureurs. Quelles interventions la loi du 25 juillet 2013 lui permet-elle ?

Donner des instructions générales, mais pas d’instructions dans les affaires individuelles.
Donner des instructions dans les affaires individuelles, mais pas d’instructions générales.
Donner des instructions générales et des instructions dans les affaires individuelles.
Ne donner ni instructions générales ni instructions dans les affaires individuelles.

Donner des instructions générales, mais pas d’instructions dans les affaires individuelles.

Explication

La loi du 25 juillet 2013 interdit au ministre d’adresser aux procureurs des instructions dans les affaires individuelles, tout en maintenant la possibilité d’instructions générales. Interdire aussi les consignes générales étend la règle; autoriser les instructions individuelles la méconnaît; supprimer les deux types d’instructions va au-delà de la loi.

2. Une réforme veut modifier l’organisation des tribunaux et les règles administratives qui encadrent leur fonctionnement. Quels cadres caractérisent la justice comme pouvoir public ?

Un cadre constitutionnel et un cadre administratif
Un cadre moral et un cadre juridictionnel uniquement
Un cadre constitutionnel sans cadre administratif
Un cadre administratif sans cadre constitutionnel

Un cadre constitutionnel et un cadre administratif

Explication

La justice est à la fois un pouvoir encadré par la Constitution et un pouvoir public doté d’un cadre administratif. Réduire son encadrement à un seul de ces cadres omet l’autre, tandis qu’une valeur morale ne décrit pas son statut institutionnel.

3. Comment se distinguent les magistrats professionnels de l’ordre judiciaire des juges non professionnels ?

Les professionnels relèvent du siège ou du parquet ; les non-professionnels siègent dans certaines juridictions d’exception sous un statut spécial.
Les professionnels siègent dans les juridictions d’exception sous un statut spécial ; les non-professionnels relèvent du siège ou du parquet.
Les professionnels relèvent du siège ou du parquet ; les non-professionnels appartiennent au même corps régi par le statut de la magistrature.
Les professionnels relèvent du parquet ; les non-professionnels exercent la fonction de magistrat du siège dans les juridictions ordinaires.

Les professionnels relèvent du siège ou du parquet ; les non-professionnels siègent dans certaines juridictions d’exception sous un statut spécial.

Explication

Les magistrats professionnels de l’ordre judiciaire comprennent ceux du siège et du parquet ; les juges non professionnels siègent dans certaines juridictions d’exception et ont un statut spécial. Le statut spécial n’est pas celui de la magistrature, et les juges non professionnels ne font pas partie du corps des magistrats professionnels.

4. Une loi applicable à un litige est contraire à un traité international. Quelle démarche le juge peut-il adopter ?

Écarter la loi en raison de sa contrariété au traité
Demander au Parlement de suspendre la loi avant de statuer
Appliquer la loi tant que le Conseil constitutionnel ne l’a pas censurée après une QPC
Écarter la loi dès qu’il la juge inopportune, sans examiner le traité

Écarter la loi en raison de sa contrariété au traité

Explication

Le juge peut écarter une loi contraire à un traité international. Exiger une déclaration du Conseil constitutionnel après une QPC confond ce contrôle avec le cas distinct d’une loi déclarée contraire à la Constitution; l’injustice alléguée ne suffit pas, et le juge n’a pas à demander au Parlement de suspendre la loi.

5. Dans une juridiction, un magistrat du parquet reçoit des directives de sa hiérarchie, tandis qu’un magistrat du siège fait l’objet d’une mutation imposée. Quelle distinction statutaire s’applique ?

Le parquet et le siège sont tous deux soumis à la hiérarchie du garde des Sceaux.
Le parquet est soumis à une hiérarchie, tandis que le siège bénéficie de l’inamovibilité constitutionnelle.
Le parquet et le siège bénéficient tous deux de l’inamovibilité constitutionnelle.
Le parquet bénéficie de l’inamovibilité constitutionnelle, tandis que le siège est soumis à une hiérarchie.

Le parquet est soumis à une hiérarchie, tandis que le siège bénéficie de l’inamovibilité constitutionnelle.

Explication

Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l’autorité du garde des Sceaux, alors que les magistrats du siège bénéficient de l’inamovibilité constitutionnelle. Attribuer l’inamovibilité au parquet inverse les garanties; étendre la hiérarchie ou l’inamovibilité aux deux catégories efface leur distinction.

6. Une partie conteste une décision rendue en premier degré, puis envisage de critiquer en cassation la décision d’une juridiction du fond. Quels recours correspondent à ces deux niveaux de la hiérarchie juridictionnelle ?

Le double degré de juridiction, puis le recours en cassation
Le recours en cassation, puis le double degré de juridiction
Le recours en cassation aux deux niveaux
Le double degré de juridiction aux deux niveaux

Le double degré de juridiction, puis le recours en cassation

Explication

Entre les juridictions de premier et de second degré, la hiérarchie s’exprime par le double degré de juridiction ; entre juridictions du fond et juridictions de cassation, elle s’exprime par le recours en cassation. Inverser ces recours ou appliquer le même mécanisme aux deux niveaux méconnaît cette distinction.

7. Quelle qualification décrit l’arbitrage comme mode de règlement d’un conflit ?

Une transaction par laquelle les parties règlent leur différend
Une médiation privée où un tiers propose un accord aux parties
Une justice privée d’origine conventionnelle, juridictionnelle et encadrée
Une juridiction étatique qui tranche les litiges de droit commun

Une justice privée d’origine conventionnelle, juridictionnelle et encadrée

Explication

L’arbitrage est une justice privée fondée sur une convention, de nature juridictionnelle et encadrée. La médiation vise un accord avec un tiers, la transaction repose sur des concessions réciproques et une juridiction étatique relève de la justice publique.

8. Quel organisme assure la protection et le contrôle des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel ?

Le Conseil d’État en tant que juridiction administrative suprême.
Le Conseil supérieur de la magistrature de l’ordre judiciaire.
Le Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel.
Le ministère de la Justice en tant qu’autorité exécutive.

Le Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel.

Explication

Le Conseil supérieur des TA et CAA, inspiré du Conseil supérieur de la magistrature, est chargé de la protection et du contrôle des magistrats de ces juridictions. Le CSM concerne l’ordre judiciaire; le Conseil d’État et le ministère de la Justice ne sont pas l’organisme désigné pour cette fonction.

9. Dans un procès, quel magistrat tranche le litige plutôt que de veiller à l’ordre public et à la bonne application de la loi ?

Le juge non professionnel
Le représentant du ministère public
Le magistrat du parquet
Le magistrat du siège

Le magistrat du siège

Explication

Le magistrat du siège tranche les litiges, tandis que le magistrat du parquet veille à l’ordre public et à la bonne application de la loi sans juger les affaires. Le ministère public désigne le parquet, et le statut de juge non professionnel ne définit pas la fonction de jugement décrite ici.

10. Dans un différend, les parties cherchent elles-mêmes une solution avec l’aide d’un tiers impartial, compétent et diligent, dans un cadre confidentiel. À quelle famille de modes de règlement cette situation correspond-elle ?

À une procédure devant une juridiction étatique
À la transaction entre les parties
À la conciliation ou à la médiation
À l’arbitrage conventionnel

À la conciliation ou à la médiation

Explication

La conciliation et la médiation reposent sur la recherche d’un accord par les parties avec l’aide d’un tiers impartial, compétent et diligent, dans un cadre confidentiel. L’arbitre tranche le litige, la transaction formalise des concessions réciproques et la juridiction étatique rend une décision publique.

11. Pourquoi la révision constitutionnelle issue du projet de réforme du CSM de 2013 n’a-t-elle pas abouti ?

Le Conseil constitutionnel a annulé le projet
Le Congrès n’a pas été convoqué
Les deux chambres ont rejeté le projet en 2016
Le président de la République a retiré le projet avant son examen

Le Congrès n’a pas été convoqué

Explication

Le projet a été adopté par les deux chambres en 2016, mais la révision n’a pas abouti faute de convocation du Congrès. Le rejet des chambres contredit leur adoption, et l’annulation par le Conseil constitutionnel ou le retrait présidentiel ne sont pas les motifs indiqués.

12. Dans une discussion sur la justice, une personne parle à la fois d’un idéal d’équité, des institutions qui jugent les litiges et d’un service public organisé. Quelle notion rend compte de ces trois sens ?

La justice, au seul sens de la fonction juridictionnelle
La justice, au seul sens substantiel d’une valeur
La justice, au sens des seuls professionnels judiciaires
La justice, au sens substantiel, institutionnel et organisationnel

La justice, au sens substantiel, institutionnel et organisationnel

Explication

Le terme « justice » peut désigner une valeur, les organes qui tranchent les litiges et un principe d’organisation correspondant au pouvoir juridictionnel et au service public. La valeur morale ne couvre que le premier sens, les professionnels ne sont pas les institutions elles-mêmes, et la fonction de juger ne recouvre pas les autres sens.

13. Dans un débat sur une réforme du CSM, quelle proposition correspond aux axes de réforme discutés ?

Réduire la représentation des magistrats, confier les nominations extérieures à l’exécutif et limiter les pouvoirs sur le parquet
Réduire la représentation des magistrats, confier les nominations extérieures à des autorités indépendantes et renforcer les pouvoirs sur le parquet
Rétablir une majorité de magistrats, confier les nominations extérieures à des autorités indépendantes et renforcer les pouvoirs sur le parquet
Rétablir une majorité de magistrats, confier les nominations extérieures à l’exécutif et limiter les pouvoirs sur le parquet

Rétablir une majorité de magistrats, confier les nominations extérieures à des autorités indépendantes et renforcer les pouvoirs sur le parquet

Explication

Les débats portent sur une majorité de magistrats dans les formations, des nominations de personnalités extérieures par des autorités indépendantes de l’exécutif et un renforcement des pouvoirs concernant la nomination et la discipline des magistrats du parquet. Les autres propositions inversent chacune un de ces axes : majorité des magistrats, indépendance des nominations ou renforcement des compétences relatives au parquet.

14. Quelle conception de la justice D. Rousseau défend-il en 2021 ?

Une institution juridictionnelle dirigée par le Conseil d’État
Une institution démocratique fondée sur l’indépendance
Une institution subalterne réformée par le CSM
Un service étatique placé sous l’autorité du gouvernement

Une institution démocratique fondée sur l’indépendance

Explication

D. Rousseau préconise de refonder la justice comme une institution démocratique reposant sur le principe d’indépendance. La réforme du CSM est une piste distincte, la subordination de la justice contredit sa proposition, et le Conseil d’État n’est pas présenté comme son dirigeant.

15. Une juridiction examine si le ministère public constitue une autorité judiciaire au sens de la Convention européenne des droits de l’homme, en tenant compte de son indépendance envers l’exécutif. Quelle conclusion correspond aux positions des juridictions concernées ?

Le Conseil constitutionnel et la Cour de cassation lui refusent la qualité de membre de l’autorité judiciaire, mais la CEDH la lui reconnaît en raison de son indépendance envers l’exécutif.
Le Conseil constitutionnel et la CEDH le tiennent pour membre de l’autorité judiciaire, mais la Cour de cassation lui refuse cette qualité en raison de son lien avec l’exécutif.
Le Conseil constitutionnel lui refuse la qualité de membre de l’autorité judiciaire, mais la CEDH et la Cour de cassation la lui reconnaissent en raison de son indépendance envers l’exécutif.
Le Conseil constitutionnel le tient pour membre de l’autorité judiciaire, mais la CEDH et la Cour de cassation lui refusent cette qualité conventionnelle en raison de son manque d’indépendance envers l’exécutif.

Le Conseil constitutionnel le tient pour membre de l’autorité judiciaire, mais la CEDH et la Cour de cassation lui refusent cette qualité conventionnelle en raison de son manque d’indépendance envers l’exécutif.

Explication

Le Conseil constitutionnel considère que le ministère public appartient à l’autorité judiciaire; au sens de la Convention, la CEDH, suivie par la Cour de cassation, estime qu’il ne répond pas à cette notion en raison de son manque d’indépendance envers l’exécutif. La confusion entre les deux cadres juridiques inverse leurs positions; attribuer à la Cour de cassation une solution opposée ou une indépendance reconnue contredit cette analyse.

16. Une juridiction n’assure pas d’audience ordinaire pendant une période de l’année, mais organise une permanence pour les affaires urgentes. Quelle exigence du service public de la justice cette organisation traduit-elle ?

L’égalité, assurée par un traitement identique de toutes les affaires urgentes
La neutralité, assurée par l’absence d’opinions dans les audiences
La publicité, assurée par l’ouverture des audiences au public toute l’année
La continuité, assurée au besoin par des permanences malgré certaines juridictions non permanentes

La continuité, assurée au besoin par des permanences malgré certaines juridictions non permanentes

Explication

La continuité exige un fonctionnement de la justice sans interruption toute l’année, avec des permanences si nécessaire pour les urgences, même si certaines juridictions ne sont pas permanentes. Elle ne signifie pas que chaque juridiction siège en permanence, et la publicité et la neutralité portent sur d’autres exigences.

17. Dans une société, les personnes cessent d’exercer une vengeance sans limites, règlent ensuite leurs conflits par une justice privée, puis confient le jugement à des institutions publiques. Quelle évolution décrit cette situation ?

De la vengeance privée à la justice privée, puis à la justice publique
De la vengeance privée à la justice publique, sans étape intermédiaire
De la justice privée à la vengeance illimitée, puis à la justice publique
De la justice publique à la justice privée, puis à la vengeance privée

De la vengeance privée à la justice privée, puis à la justice publique

Explication

La construction du monopole étatique suit la progression de la vengeance privée illimitée vers la justice privée, puis vers la justice publique. L’inversion place le processus à l’envers, la confusion assimile deux étapes distinctes, et l’omission supprime l’étape intermédiaire.

18. Dans un régime, un même organe participe à plusieurs fonctions, mais aucun organe ne détient à lui seul la totalité des pouvoirs. Comment cette organisation se rapporte-t-elle à la séparation des pouvoirs ?

Elle concentre les pouvoirs dès qu’un organe participe à plusieurs fonctions
Elle correspond à une séparation totale, sans partage de fonctions entre organes
Elle exclut toute séparation dès qu’un organe exerce plusieurs fonctions
Elle correspond à une séparation non totale, sans concentration complète des pouvoirs

Elle correspond à une séparation non totale, sans concentration complète des pouvoirs

Explication

La séparation des pouvoirs n’est pas totale : un organe peut exercer plusieurs fonctions, mais aucun ne doit disposer de la totalité des pouvoirs. Le cloisonnement intégral est donc excessif, et le partage de fonctions ne signifie pas à lui seul l’absence de séparation ni une concentration complète.

19. En quelle année la séparation des pouvoirs est-elle affirmée en France dans le contexte révolutionnaire ?

En 1804
En 1787
En 1791
En 1789

En 1789

Explication

La séparation des pouvoirs est affirmée en 1789 afin de diviser les pouvoirs et de les affaiblir. Les autres dates renvoient à des périodes proches ou à d’autres étapes historiques, pas à l’affirmation indiquée.

20. Une formation du CSM est chargée des magistrats du parquet : quelle configuration institutionnelle lui correspond ?

15 membres, présidée par le procureur général près la Cour de cassation
15 membres, présidée par le Premier président de la Cour de cassation
15 membres, présidée par le président de l’Assemblée nationale
12 membres, présidée par le procureur général près la Cour de cassation

15 membres, présidée par le procureur général près la Cour de cassation

Explication

La formation compétente pour les magistrats du parquet comprend 15 membres et est présidée par le procureur général près la Cour de cassation. Le Premier président préside les formations du siège et plénière; l’effectif de 12 et la présidence par le président de l’Assemblée nationale ne correspondent pas à cette formation.

21. Deux entreprises règlent un différend commercial en acceptant chacune de renoncer à une partie de ses prétentions afin d’éviter une contestation future. Quel accord concluent-elles ?

Un accord unilatéral par lequel une seule entreprise abandonne ses prétentions
Un arbitrage confiant à un arbitre le pouvoir de trancher le différend
Une médiation conduite par un tiers impartial pour aider à un accord
Une transaction mettant fin à une contestation par des concessions réciproques

Une transaction mettant fin à une contestation par des concessions réciproques

Explication

La transaction met fin à une contestation née ou éventuelle au moyen de concessions réciproques. L’arbitrage confie le règlement à un arbitre, la médiation fait intervenir un tiers et l’abandon unilatéral ne comporte pas de concessions des deux parties.

22. Quelle qualification juridique distingue la justice française des pouvoirs législatif et exécutif, tout en soulevant la question de sa place constitutionnelle ?

Une autorité, et non un pouvoir
Un organe de l’exécutif chargé de juger
Un pouvoir, au même rang que les deux autres
Une juridiction constitutionnelle autonome

Une autorité, et non un pouvoir

Explication

La justice française est juridiquement qualifiée d’autorité, ce qui nourrit le débat sur sa place constitutionnelle face aux pouvoirs législatif et exécutif. Le statut de pouvoir correspond à la revendication débattue, l’organe exécutif confond jugement et administration, et la juridiction constitutionnelle renvoie à une réforme envisagée.

23. Le Conseil supérieur des TA et CAA établit un tableau d’avancement selon les compétences et les aptitudes des magistrats. Quelle procédure s’applique ensuite à leur avancement ?

L’avancement est prononcé par le Conseil supérieur à partir de ce tableau.
L’avancement est prononcé par le président de la République sans s’appuyer sur ce tableau.
L’avancement est prononcé par décret du garde des Sceaux à partir de ce tableau.
L’avancement est prononcé par décret du président de la République à partir de ce tableau.

L’avancement est prononcé par décret du président de la République à partir de ce tableau.

Explication

Pour les membres des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel, le président de la République prononce l’avancement par décret à partir du tableau établi par le Conseil supérieur selon les compétences et les aptitudes. Confondre l’élaboration du tableau et la décision finale attribue celle-ci au Conseil; désigner le garde des Sceaux ou écarter le tableau ne respecte pas la procédure.

24. Une affaire relève de la juridiction administrative : quelle succession d’institutions correspond à cet ordre juridictionnel ?

Tribunal administratif, cour administrative d’appel, Conseil d’État
Tribunal judiciaire, cour d’appel, Cour de cassation
Tribunal administratif, cour d’appel, Cour de cassation
Conseil d’État, cour administrative d’appel, tribunal administratif

Tribunal administratif, cour administrative d’appel, Conseil d’État

Explication

L’ordre administratif comprend les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et le Conseil d’État. Le tribunal judiciaire et la Cour de cassation appartiennent à l’ordre judiciaire, tandis que l’autre parcours administratif proposé inverse le degré des juridictions.

25. Pendant qu’un litige est en cours, le législateur adopte un texte destiné à imposer au juge la manière de le trancher. Quel principe cette démarche méconnaît-elle ?

L’obligation pour le juge d’interpréter une loi obscure ou incomplète
L’interdiction pour le législateur d’influencer une affaire en cours ou d’ordonner aux juridictions
La faculté pour le juge d’écarter une loi contraire à un traité international
L’interdiction pour le juge de prononcer des dispositions générales dans les causes soumises

L’interdiction pour le législateur d’influencer une affaire en cours ou d’ordonner aux juridictions

Explication

Le législateur ne doit ni influencer une affaire en cours par un texte ni adresser d’ordres aux juridictions. L’interdiction des dispositions générales vise le juge, tandis que l’interprétation des lois et l’écartement d’une loi contraire à un traité relèvent d’autres règles.

26. Une mesure relative au statut d’un membre d’un tribunal administratif est contestée au motif que son inamovibilité ne serait pas inscrite dans le droit applicable. Quelle règle permet de trancher ?

La loi du 24 mai 1872 a inscrit cette inamovibilité dans le Code de justice administrative.
La loi du 6 janvier 1986 a laissé cette inamovibilité au seul usage administratif.
La loi du 6 janvier 1986 a inscrit cette inamovibilité dans la Constitution.
La loi du 6 janvier 1986 a inscrit cette inamovibilité dans le Code de justice administrative.

La loi du 6 janvier 1986 a inscrit cette inamovibilité dans le Code de justice administrative.

Explication

La loi du 6 janvier 1986 a inscrit dans le Code de justice administrative l’inamovibilité des membres des TA et des CAA. La situer dans la Constitution confond le fondement juridique; la date de 1872 ne correspond pas à cette garantie; la réduire à un usage nie son inscription dans le code.

27. Quelle loi fait officiellement du Conseil d’État une juridiction indépendante ?

La loi des 16 et 24 août 1790
Le décret du 2 septembre 1795
La loi du 24 mai 1872
La loi de 1799

La loi du 24 mai 1872

Explication

La loi du 24 mai 1872 confère officiellement au Conseil d’État le statut de juridiction indépendante. La date de 1799 renvoie à sa création, les textes de 1790 à l’interdiction faite au juge d’intervenir dans l’action administrative, et le décret de 1795 aux recours contre les actes administratifs.

28. Un responsable exécutif cherche à intervenir dans les décisions concernant les magistrats judiciaires. Quelle mission essentielle du CSM cette situation met-elle en jeu ?

Garantir leur indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif
Trancher les litiges entre les magistrats judiciaires
Représenter l’intérêt général auprès du pouvoir exécutif
Exercer leur discipline sans intervenir dans leur nomination

Garantir leur indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif

Explication

La mission essentielle du CSM est de garantir l’indépendance des magistrats judiciaires à l’égard du pouvoir exécutif; il intervient aussi dans leur nomination, leur discipline et la veille déontologique. « Trancher les litiges » confond cette mission avec la fonction des juges, tandis que la discipline seule et la représentation de l’État ne rendent pas compte de sa mission essentielle.

29. Un Parlement adopte une loi, puis un tribunal tranche un litige opposant deux personnes. Quelle répartition des fonctions s’applique ?

Le tribunal exerce la fonction législative et le Parlement la fonction juridictionnelle
Le Parlement exerce la fonction législative et le tribunal la fonction juridictionnelle
Le Parlement exerce la fonction juridictionnelle et le tribunal la fonction exécutive
Le tribunal exerce les fonctions législative et juridictionnelle dans le litige

Le Parlement exerce la fonction législative et le tribunal la fonction juridictionnelle

Explication

La fonction législative est confiée au Parlement, tandis que la fonction juridictionnelle consiste à trancher les litiges. Attribuer la loi au juge ou le règlement du litige au Parlement inverse ces fonctions; l’exécution de la loi est une fonction distincte.

30. Un justiciable conteste une juridiction spécialisée au motif qu’elle traite un contentieux particulier. Quelle analyse respecte le principe d’égalité devant la justice ?

L’égalité impose que toutes les juridictions traitent les mêmes contentieux
La spécialisation est interdite dès qu’elle distingue une catégorie de contentieux
La juridiction est admissible si elle favorise les justiciables de rang supérieur
La spécialisation est admise si elle vise un contentieux spécifique avec la compétence requise

La spécialisation est admise si elle vise un contentieux spécifique avec la compétence requise

Explication

L’égalité interdit les privilèges de juridiction fondés sur le rang des justiciables, mais permet des juridictions spécialisées adaptées à des contentieux spécifiques. Assimiler toute spécialisation à un privilège ou exiger des juridictions identiques confond égalité et uniformité.

31. Un groupe affirme pouvoir recourir à la violence de sa propre initiative, sans que l’État lui reconnaisse ce droit. Quel principe permet de comprendre pourquoi cette prétention ne constitue pas une source légitime du droit à la violence ?

Le monopole étatique de la violence physique légitime
L’obligation étatique de rendre une décision de justice
La faculté de régler les conflits par arbitrage
Le droit d’accès à un tribunal étatique

Le monopole étatique de la violence physique légitime

Explication

Le monopole étatique de la violence physique légitime fait de l’État l’unique source du droit à la violence. L’accès au tribunal concerne la justice, l’arbitrage est un mode privé de règlement des conflits, et l’obligation de juger relève d’une autre implication du monopole.

32. Dans quelle disposition la Constitution du 4 octobre 1958 traite-t-elle de la composition et des pouvoirs du Conseil supérieur de la magistrature ?

À l’article 67
À l’article 65
À l’article 66
À l’article 64

À l’article 65

Explication

L’article 64 prévoit le CSM, tandis que l’article 65 porte sur sa composition et ses pouvoirs. L’article 64 est donc confondu avec la disposition qui détaille son organisation; les articles 66 et 67 ne sont pas les dispositions indiquées pour ces éléments.

33. Un juge doit statuer sur un litige alors que la loi applicable lui paraît injuste et que son texte est incomplet. Que doit-il faire ?

Suspendre le litige jusqu’à ce que le Parlement complète la loi
Écarter la loi et refuser de trancher le litige
Édicter une règle générale pour remplacer la loi incomplète
Appliquer la loi et l’interpréter pour trancher le litige

Appliquer la loi et l’interpréter pour trancher le litige

Explication

Le juge doit appliquer la loi même s’il la juge injuste ou inopportune et interpréter les textes obscurs ou incomplets afin de trancher le litige; refuser de statuer constituerait un déni de justice. Écarter la loi pour son caractère injuste, attendre une nouvelle loi ou édicter une règle générale ne correspond pas à cette obligation.

34. Lors d’un procès, les débats et le prononcé de la décision ont lieu en audience publique, tandis que les juges délibèrent à huis clos. Comment caractériser cette organisation ?

Elle respecte le huis clos des débats et la publicité du délibéré
Elle méconnaît la publicité, car le prononcé devrait être secret
Elle méconnaît la publicité, car le délibéré devrait être public
Elle respecte la publicité des débats et le secret du délibéré

Elle respecte la publicité des débats et le secret du délibéré

Explication

La publicité de la justice implique que les débats et le prononcé des décisions se tiennent en audience publique, tandis que le délibéré reste secret. Rendre public le délibéré inverserait cette distinction, et le huis clos concerne certaines exceptions à la publicité des débats.

35. Une personne demande qu’un conflit soit tranché par un organisme qui n’a pas été institué légalement comme tribunal par l’État. Quelle exigence du monopole étatique est directement en jeu ?

La justice doit être rendue par des tribunaux étatiques légalement institués
La justice suppose seulement qu’une décision soit accessible au public
La justice peut être rendue par tout organisme choisi par les parties
La justice exige que l’État exécute toute décision privée

La justice doit être rendue par des tribunaux étatiques légalement institués

Explication

Le monopole implique que la justice soit rendue par des tribunaux étatiques légalement institués, et il oblige l’État à rendre justice. La liberté de choisir tout organisme confond justice étatique et règlement privé, l’accès au juge est une conséquence distincte, et l’exécution des décisions privées n’est pas l’exigence visée.

36. Après avoir conclu une transaction portant sur des droits civils patrimoniaux, deux parties veulent faire exécuter de force leur accord. Quelle démarche est nécessaire pour que la transaction ait force exécutoire ?

Faire intervenir un médiateur
Faire constater son effet extinctif
Saisir une juridiction de cassation
Obtenir son homologation

Obtenir son homologation

Explication

La transaction oblige les parties et éteint les actions ayant le même objet entre elles, mais elle n’a force exécutoire qu’après homologation. Son effet obligatoire ou extinctif ne remplace donc pas cette formalité, et l’intervention d’un médiateur ne la confère pas.

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Quels sont les trois sens du terme « justice » ?

Une valeur, les organes qui tranchent les litiges ou un principe d’organisation.

Quel cadre encadre la justice comme pouvoir public ?

La Constitution et un cadre administratif.

En quelle année la séparation des pouvoirs est-elle affirmée pour les diviser et les affaiblir ?

En 1789.

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