Fiche de révision : Institutions et souveraineté politique

Plan du Cours

  1. Sources du bloc constitutionnel
  2. Fondations historiques et politiques
  3. Révision et limites constitutionnelles
  4. Notion et fondements de l’État
  5. État unitaire, fédéral et régional
  6. Démocratie et régimes politiques
  7. Régimes parlementaires et régime présidentiel
  8. Cycles constitutionnels et souveraineté
  9. Démocratie, suffrage et représentation
  10. Justice constitutionnelle et État de droit
  11. Fondation de la Ve République
  12. Élection et statut présidentiels
  13. Pouvoirs du président de la République
  14. Organisation et fonctions du gouvernement
  15. Sénateurs et protection parlementaire
  16. Organisation interne du Parlement
  17. Législation et contrôle parlementaire
  18. Conseil constitutionnel et contrôles

Repères chronologiques

  1. 17 juin 1789Les États généraux se proclament Assemblée nationale, qui devient constituante le 9 juillet 1789.
  2. 20 juin 1789Les députés prêtent le serment du Jeu de paume de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France.
  3. 1954la décolonisation de l’Indochine, de la Tunisie et du Maroc s’inscrit dans le contexte de la crise algérienne, l’Algérie étant alors un département français
  4. 2 juin 1958De Gaulle demande les pleins pouvoirs pour régler la crise algérienne et gouverner par décret
  5. 4 septembre 1958le projet de Constitution est présenté aux Français ; le Parti communiste et certains membres de la SFIO s’y opposent, craignant une dérive du pouvoir
  6. 23 et 30 novembre 1958Les élections législatives ont lieu et l’Union pour la nouvelle République obtient la majorité.
  7. 21 décembre 1958De Gaulle est élu président par un collège électoral élargi composé d’élus locaux et de parlementaires, avec 78,5 % des suffrages.
  8. 6 novembre 1962La révision constitutionnelle établit l’élection du président de la République au suffrage universel direct.
  9. 6 novembre 1962Le Conseil constitutionnel se déclare incompétent pour contrôler la constitutionnalité d’une loi constitutionnelle et pour examiner une loi adoptée par référendum.
  10. 14 février 2014La loi a interdit le cumul du mandat parlementaire avec certaines fonctions exécutives locales, notamment celles de maire, d’adjoint au maire, de maire délégué et de vice-président d’un département ou d’une région ; cette interdiction a pris effet pour les élections législatives de 2017.

1. Sources du bloc constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • Droit constitutionnel : Organise et encadre le fonctionnement des pouvoirs publics et conditionne la validité de l’ensemble de l’ordre juridique.
  • Constitution matérielle : Rassemble principalement les règles qui organisent le fonctionnement de l’État et limitent le pouvoir.
  • Constitution formelle : Document écrit de valeur supérieure aux lois ordinaires, dont la modification suit une procédure particulière plus exigeante que l’adoption d’une loi ordinaire.
  • Objectif de valeur constitutionnelle : Règle qui guide l’action du législateur et de l’administration.

★ À maîtriser

📌 L’État est à la fois l’objet du droit constitutionnel, puisqu’il est organisé par celui-ci, et sa source, puisqu’il énonce ses propres règles d’organisation.

  • L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution.
  • Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l’environnement.

  • En 1971, le Conseil constitutionnel reconnaît une valeur juridique à l’ensemble du Préambule de la Constitution, permettant d’invoquer les droits et principes qu’il contient.

  • Les PFRLR répondent à trois critères :

    • être issus de la législation républicaine
    • provenir d’une loi antérieure à 1946
    • avoir fait l’objet d’une application continue

Compléments

  • La Constitution britannique est présentée comme un ensemble composite de lois et de coutumes, et non comme une Constitution formelle réunie dans un document unique.

  • Le Préambule de 1946 consacre notamment les droits suivants :

    • des droits-créances
    • le droit à la santé
    • l’égalité entre les femmes et les hommes
    • l’accès à l’instruction
    • l’accès à la culture
  • Le Conseil constitutionnel reconnaît la dignité humaine comme principe de valeur constitutionnelle en 1994, puis la fraternité en 2018.

📌 Les lois organiques précisent les modalités d’application de principes constitutionnels, sont obligatoirement contrôlées par le Conseil constitutionnel et doivent être examinées après un délai de quinze jours.

  • Les règlements des assemblées sont contrôlés par le Conseil constitutionnel, mais ne possèdent ni valeur constitutionnelle ni valeur législative.

2. Fondations historiques et politiques

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir constituant : Organe ou groupe qui élabore la Constitution ; l’expression est fondée par l’abbé Sieyès.
  • Mandat impératif : Oblige les élus à suivre les instructions de leurs électeurs ou de leur parti et est interdit en France par l’article 27 de la Constitution.

★ À maîtriser

  • Les lois fondamentales du royaume organisaient coutumièrement le pouvoir, notamment par l’hérédité masculine et la continuité de la Couronne, sans constituer une Constitution formelle.

  • La Révolution française substitue à la légitimité divine du pouvoir une légitimité terrestre fondée sur la volonté de la nation et sur des représentants qui écrivent la Constitution.

📌 La séparation des pouvoirs vise à empêcher la concentration du pouvoir dans un seul organe, tandis que la collaboration des pouvoirs permet leurs relations et leurs mécanismes réciproques.

  • Montesquieu distingue les fonctions exécutive, législative et judiciaire et défend une distribution des pouvoirs où « le pouvoir arrête le pouvoir ». - l’Esprit des lois

📌 La séparation des pouvoirs est souple dans le régime parlementaire, où le gouvernement est responsable devant le Parlement, et stricte dans le régime présidentiel, où ce mécanisme de responsabilité n’existe pas.

  • La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme la liberté et l’égalité en droit, et son article 4 définit la liberté comme la possibilité de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

  • La souveraineté nationale appartient à la nation, représentée par des élus, tandis que la souveraineté populaire appartient à l’ensemble des citoyens.

  • Le pouvoir constituant originaire crée une nouvelle Constitution et est théoriquement illimité, tandis que le pouvoir constituant dérivé révise la Constitution selon les limites qu’elle prévoit.

  • L’adoption autoritaire d’une Constitution peut prendre la forme d’une charte octroyée par le souverain, tandis que les modes démocratiques font participer le peuple par référendum ou par une assemblée constituante.

Compléments

  • Emmanuel Joseph Sieyès défend la souveraineté nationale, tandis que Jean-Jacques Rousseau défend la souveraineté populaire.

  • La loi du 3 juin 1958 impose au pouvoir constituant chargé de la Constitution de la Ve République l’adoption d’un régime parlementaire.

  • Une petite Constitution est une norme provisoire qui organise les pouvoirs avant l’adoption d’une nouvelle Constitution et remplit une fonction préconstituante.

Astuce mémo

La loi fondamentale s’impose par la coutume ; la Constitution est voulue

3. Révision et limites constitutionnelles

★ À maîtriser

  • La révision de la Constitution est l’œuvre du pouvoir constituant dérivé, soumis à la procédure prévue par la Constitution.

📌 Une Constitution rigide impose une procédure de révision distincte et plus exigeante que celle d’une loi ordinaire, tandis qu’une Constitution souple laisse davantage de marge à la révision.

  • L’article 89 confie l’initiative de la révision au Président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement.

  • Selon l’article 89, une révision est adoptée après un vote des deux assemblées en termes identiques, puis par référendum ou, pour un projet, par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

  • L’article 89 interdit d’engager ou de poursuivre une révision lorsque l’intégrité du territoire est atteinte et interdit de réviser la forme républicaine du Gouvernement.

📌 Les limites matérielles interdisent la révision de certaines dispositions, tandis que les limites procédurales imposent des conditions ou des circonstances particulières pour réviser la Constitution.

Compléments

  • La Constitution française a été révisée en 1962 pour instaurer l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, en recourant à l’article 11 plutôt qu’à la procédure ordinaire de l’article 89.

  • La révision de 1974 permet à soixante députés ou soixante sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel.

  • L’abolition de la peine de mort est inscrite dans la Constitution en 2007.

  • L’article 79, alinéa 3, de la Loi fondamentale allemande interdit les révisions qui toucheraient à l’organisation fédérale, à la participation des Länder à la législation ou aux principes énoncés aux articles 1 et 20.

  • La notion de supra-constitutionnalité interroge l’existence, au sein de la Constitution, de dispositions supérieures aux autres et susceptibles de limiter le pouvoir constituant dérivé.

4. Notion et fondements de l’État

Notions clés & Définitions

  • État-nation : Conception dans laquelle une nation, réalité sociologique, acquiert une consistance politique par l’État.
  • Personne morale de droit public : Groupement auquel le droit reconnaît des compétences et qui dispose de prérogatives dérogatoires au droit commun pour agir dans l’intérêt général.
  • Souveraineté : Pouvoir suprême, initial et inconditionné, qui est perpétuel et inaliénable et qui n’obéit à aucune autre volonté que la sienne.

★ À maîtriser

📌 En France, une révision constitutionnelle est interdite lorsque l’intégrité du territoire est atteinte, lorsque la présidence de la République est vacante ou lorsque l’article 16 est appliqué.

📌 En France, la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision constitutionnelle, selon l’article 89.

  • Le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la constitutionnalité des lois de révision constitutionnelle, notamment dans sa décision Maastricht de 1992 et en mai 2003.

📌 L’approche classique conçoit l’État comme la fusion d’une population dotée d’une identité commune et d’un pouvoir, tandis que l’approche juridique inspirée de Kelsen identifie l’État à l’ordre juridique créé par le droit.

  • Les théories contractualistes sont associées à :
    • Hobbes
    • Locke
    • Rousseau

📌 Pour Hobbes, l’état de nature est une guerre permanente de tous contre tous et le contrat autorise un souverain illimité à garantir la sécurité, tandis que Locke voit l’état de nature comme un état de liberté, d’égalité et d’harmonie et confie au souverain un pouvoir limité protégeant les droits naturels.

  • Dans le contrat social de Rousseau, les individus confient à une volonté commune l’élaboration des règles de vie collective afin de réduire les inégalités et de promouvoir l’intérêt général.

Compléments

  • La Constitution suisse prévoit qu’elle peut être révisée en tout temps, totalement ou partiellement.

📌 Le Conseil constitutionnel estime ne pas être habilité à contrôler une loi constitutionnelle, car l’article 61 ne lui confère le contrôle que des lois organiques, des lois ordinaires et des traités.

  • Le Conseil constitutionnel considère que contrôler une loi de révision reviendrait à contrôler la volonté du peuple souverain, qui s’exprime par le pouvoir constituant dérivé.

Astuce mémo

L’État-nation unit population et pouvoir ; chez Kelsen, l’État coïncide avec l’ordre juridique

5. État unitaire, fédéral et régional

Notions clés & Définitions

  • Territoire étatique : Espace sur lequel s’exerce le pouvoir souverain de l’État et qui fonde sa compétence territoriale.
  • Population : Ensemble des personnes résidant sur le territoire d’un État, quelle que soit leur nationalité.
  • Gouvernement effectif : Ensemble des organes qui représentent l’État et expriment sa volonté, en exerçant concrètement ses fonctions étatiques.
  • État unitaire : Ensemble unique d’institutions gouvernantes et constituantes sur l’ensemble du territoire national.
  • État fédéral : Association d’États qui se soumettent en partie à un pouvoir central tout en conservant une large autonomie, sans conserver leur souveraineté.
  • État régional : Demeure formellement un État unitaire, mais reconnaît à ses régions une véritable autonomie politique, notamment un pouvoir de production du droit.

★ À maîtriser

  • Les éléments constitutifs de l’État sont (Convention de Montevideo, 1933) :

    • un territoire
    • une population
    • un gouvernement effectif
  • Le gouvernement doit satisfaire aux exigences d’ : effectivité, indépendance à l’égard des autres États et des collectivités infra-étatiques, unicité

  • L’indivisibilité de l’État unitaire concerne :

    • la souveraineté
    • le territoire
    • le peuple
    • la Constitution
    • le gouvernement
    • le parlement
    • l’organisation judiciaire
  • L’État fédéral se caractérise par : l’unité de l’État fédéral, la pluralité des États fédérés, la participation des États fédérés à l’exercice du pouvoir

📌 Dans un État fédéral, seule l’entité fédérale peut engager l’Union sur le plan international, tandis que les États fédérés n’ont pas de personnalité internationale propre.

Compléments

  • Le droit international ne fixe pas de superficie minimale pour le territoire d’un État et n’exige pas que celui-ci soit géographiquement stable ou continu, dès lors que l’État peut y exercer son pouvoir de commandement.

📌 La conception allemande de la nation repose sur des éléments objectifs tels que la langue, l’histoire, la religion, le lieu de naissance ou l’origine, tandis que la conception française est volontariste et repose sur le désir de vivre ensemble et le sentiment de communauté.

  • Le 9 mai 1991, le Conseil constitutionnel a affirmé qu’il n’existe qu’un seul peuple français et a censuré la mention du peuple corse comme composante de celui-ci dans la loi Joxe.

  • En France, les collectivités territoriales disposent de la personnalité morale, mais ne possèdent pas la souveraineté interne ni de compétences internationales leur permettant de conclure des traités.

  • La France est un État à la fois déconcentré, par ses circonscriptions administratives, et décentralisé, par ses collectivités territoriales dotées de la personnalité morale.

Astuce mémo

Unitaire : unité ; fédéral : autonomie et participation ; régional : autonomie politique sans autonomie constitutionnelle

6. Démocratie et régimes politiques

Notions clés & Définitions

  • Démocratie libérale : Associe la souveraineté populaire à la limitation du pouvoir, au respect des droits et libertés et au pluralisme.
  • Régime autoritaire : Réduit le pluralisme et les droits et libertés, et se caractérise notamment par la violence et l’arbitraire.
  • Régime totalitaire : Concentre tous les pouvoirs dans l’État, contrôle l’ensemble de la société et tend à éliminer les différences.
  • Parlementarisme rationalisé : Encadre les pouvoirs du Parlement, notamment en délimitant le domaine de la loi et en permettant au gouvernement de recourir aux ordonnances.

★ À maîtriser

📌 La démocratie formelle concerne la légitimation du pouvoir, tandis que la démocratie matérielle implique notamment la séparation des pouvoirs et la garantie des droits et libertés.

  • Une démocratie suppose : des élections libres, pluralistes et sincères, un statut de l’opposition permettant l’accès au pouvoir, des droits et libertés garantis par une juridiction indépendante, un pouvoir d’origine séculière

  • Le régime parlementaire se caractérise par un exécutif bicéphale et la responsabilité politique du chef du gouvernement devant le Parlement ; le droit de dissolution peut également le caractériser sans être une condition nécessaire.

Compléments

  • Les régimes autoritaires peuvent prendre la forme d’ : un régime militaire, une dictature concentrant le pouvoir autour d’un seul homme, un régime présidentialiste où le président élu au suffrage plébiscitaire direct détient la totalité des pouvoirs

  • Selon Carl Friedrich, le régime totalitaire se caractérise par : une idéologie officielle couvrant les aspects de la vie sociale, un parti unique contrôlant les instances politiques, le monopole de l’information, le monopole des forces de l’ordre, le recours accru à la violence policière, le contrôle de l’activité économique

📌 Dans la typologie de Montesquieu, le régime parlementaire repose sur une séparation souple des pouvoirs, tandis que le régime présidentiel repose sur une séparation stricte sans mécanisme de responsabilité politique.

Astuce mémo

La démocratie libérale garantit pluralisme et libertés ; les régimes autoritaire et totalitaire les réduisent ou les éliminent

7. Régimes parlementaires et régime présidentiel

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité politique : La responsabilité politique implique d’assumer les conséquences de ses actes politiques en quittant le pouvoir en cas de faute politique, de défaite électorale ou de perte du soutien de la majorité parlementaire.
  • Investiture parlementaire : L’investiture parlementaire est l’élection du chef du gouvernement par le Parlement ; elle est présentée comme un correctif à la présidentialisation du parlementarisme.

★ À maîtriser

  • Au Royaume-Uni, le Premier ministre et les membres du cabinet sont issus du Parlement, et une même personne peut être ministre et parlementaire, contrairement à la pratique française sous la Ve République.

  • Le Premier ministre britannique maîtrise la composition du cabinet et dirige ses travaux, ce qui lui donne un rôle d’impulsion gouvernementale.

📌 Dans un régime présidentiel, le Parlement ne peut pas renverser le pouvoir exécutif et l’exécutif ne peut pas dissoudre le Parlement.

  • Dans le modèle présidentiel décrit, le président est élu au suffrage universel et peut opposer son veto à la majorité parlementaire.

  • Le président des États-Unis exerce un mandat de quatre ans et ne peut accomplir que deux mandats consécutifs ; auparavant, les mandats pouvaient être cumulés, comme pour Roosevelt, qui en a exercé quatre.

  • L’élection présidentielle américaine se déroule en deux degrés : les électeurs élisent les grands électeurs, puis les grands électeurs élisent le président et le vice-président.

  • Aux États-Unis, un projet de loi doit être soumis à la signature du président, qui dispose de 10 jours pour le signer ou opposer un veto motivé.

📌 Chacune des chambres du Congrès peut surmonter le veto présidentiel à la majorité des deux tiers des voix.

Compléments

  • Le roi désigne le Premier ministre britannique, qui est responsable devant son parti.

  • Le Premier ministre britannique est chef des armées et dispose du droit de dissolution de la Chambre des communes.

  • Au Royaume-Uni, le Premier ministre prend l’initiative principale des projets de loi, tandis que le Parlement joue un rôle résiduel dans cette initiative.

  • Dans les régimes parlementaires contemporains évoqués, les gouvernants ont tendance à s’accrocher à leur poste, ce qui contribue à la désuétude de la responsabilité politique.

  • Agnès Buzyn a été mise en cause pendant la crise sanitaire pour mise en danger de la vie d’autrui et abstention volontaire de combattre un sinistre, mais la Cour de cassation a annulé l’accusation pour défaut de procédure et elle n’a finalement pas été jugée.

  • En Allemagne, le chef de l’État propose un candidat au poste de chef du gouvernement, qui doit être élu à la majorité absolue des suffrages ; si le candidat échoue, la chambre basse soumet elle-même un candidat.

Astuce mémo

Le PM britannique dépend du Parlement ; le président américain ne peut ni le dissoudre ni être renversé par lui.

8. Cycles constitutionnels et souveraineté

Notions clés & Définitions

  • Gouvernement des assemblées : Le gouvernement des assemblées est un régime caractérisé par une séparation nette entre les pouvoirs exécutif et législatif au profit du pouvoir législatif.
  • Empire : L’Empire est un régime caractérisé par la concentration des pouvoirs au profit du pouvoir exécutif.
  • Régime parlementaire : Le régime parlementaire est caractérisé par une collaboration entre les pouvoirs exécutif et législatif et par une séparation équilibrée entre eux.
  • Souveraineté de l’État : La souveraineté de l’État est un pouvoir originaire dont proviennent tous les autres pouvoirs ; elle implique une plénitude de compétences à l’intérieur de ses frontières et sur le plan international.
  • Souveraineté interne : La souveraineté interne est le pouvoir de l’État d’imposer ses décisions à ses sujets.
  • Souveraineté externe : La souveraineté externe est l’indépendance juridique de l’État à l’égard des relations internationales.
  • Protectorat : Un protectorat est un statut dans lequel un État conserve sa souveraineté interne par traité international, mais l’exerce sous l’autorité d’un pays tiers.

Points essentiels

  • Selon Maurice Hauriou, la France a connu 15 régimes constitutionnels et son histoire constitutionnelle suit des cycles qui se répètent. - Maurice Harjou, 1929

  • La théorie des cycles constitutionnels ne s’applique pas à certains régimes, notamment au régime de Vichy.

  • Le premier cycle constitutionnel français est présenté comme allant de 1789 à 1848 : gouvernement des assemblées de 1789 à 1799, concentration des pouvoirs exécutifs de 1795 à 1814, puis phase parlementaire de 1814 à 1848.

  • Le second cycle constitutionnel français est présenté comme allant de 1848 à 2023 : gouvernement d’assemblée de 1848 à 1851, Second Empire de 1851 à 1870, puis régime parlementaire à partir de 1875.

  • Le transfert de compétences à l’Union européenne, notamment en matière douanière, est présenté comme une difficulté pour l’exercice de la souveraineté interne de l’État.

  • En janvier 1999, le Conseil constitutionnel juge que la compétence de la Cour pénale internationale pour juger des crimes contre l’humanité porte atteinte à la souveraineté pénale de l’État.

  • La France a ratifié le protocole 13 à la Convention européenne des droits de l’homme, qui abolit la peine de mort en temps de paix comme en temps de guerre ; le Conseil constitutionnel a considéré que cette ratification ne portait pas atteinte à la Constitution.

  • La souveraineté européenne heurte la conception classique de la souveraineté parce qu’elle est pensée dans un cadre étatique et ne repose pas sur un peuple européen.

Astuce mémo

Assemblée → Empire → Parlement : les trois phases des cycles constitutionnels.

9. Démocratie, suffrage et représentation

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté populaire : La souveraineté populaire attribue à chaque citoyen une part de la souveraineté et privilégie la démocratie directe ; le suffrage y est universel et le référendum constitue un mode légitime d’adoption de la loi.
  • Souveraineté nationale : La souveraineté nationale est le modèle théorisé par Sieyès dans lequel la souveraineté réside dans la nation, dont la volonté est inaliénable et unique et s’exprime par l’intermédiaire de représentants.
  • Démocratie directe : La démocratie directe est un mode d’exercice du pouvoir souverain dans lequel le peuple prend les décisions sans passer par des représentants.
  • Recall : Le recall, ou droit de rappel, est une procédure d’initiative populaire permettant de révoquer des agents locaux ou des élus avant la fin de leur mandat.
  • Démocratie participative : La démocratie participative vise à combler les failles de la démocratie représentative en faisant participer les corps intermédiaires et en permettant aux catégories sous-représentées de s’exprimer, sans transférer directement au peuple la décision politique.
  • Scrutin : Le scrutin désigne l’ensemble des opérations de vote et le mode de calcul permettant de départager les candidats à une élection.
  • Scrutin majoritaire : Le scrutin majoritaire attribue les sièges aux candidats qui obtiennent le plus de voix et favorise le vote utile.
  • Suffrage : Le suffrage est l’expression de la volonté individuelle de l’électeur et d’un choix politique par l’acte de vote.
  • Sincérité du scrutin : La sincérité du scrutin exige l’absence de pressions matérielles ou immatérielles et peut conduire à l’annulation d’une élection si une irrégularité a influencé le résultat de manière déterminante.

★ À maîtriser

📌 Le référendum d’initiative partagée, créé en 2008, exige l’initiative d’un cinquième des parlementaires puis le soutien d’un dixième du corps électoral, soit 4 500 000 signatures en neuf mois ; après validation par le Conseil constitutionnel, le Parlement dispose de six mois pour s’opposer à la proposition avant que le président organise le référendum.

  • En France, l’élection législative utilise un scrutin uninominal à deux tours ; au premier tour, l’élection est acquise à la majorité absolue si la participation atteint 25 % des électeurs inscrits, et un candidat doit notamment obtenir 12,5 % des inscrits pour se maintenir au second tour.

📌 L’égalité du suffrage signifie qu’aucun électeur ne possède un droit supérieur ou inférieur à celui des autres et exclut le vote plural.

📌 La liberté du suffrage est garantie par le secret du vote, conformément à l’article 3, alinéa 3, de la Constitution.

Compléments

  • Dans le modèle de souveraineté populaire, les représentants parlementaires sont les porte-paroles des citoyens, qui exercent un droit de regard sur eux au moyen du mandat impératif.

  • Dans le modèle de souveraineté nationale, les représentants détiennent un mandat représentatif et ne sont pas tenus par un mandat impératif.

  • Sieyès défend un suffrage capacitaire, tandis que le suffrage universel n’est pas nécessaire à la souveraineté nationale.

Astuce mémo

Souveraineté populaire : citoyens et mandat impératif ; souveraineté nationale : représentants et mandat représentatif.

10. Justice constitutionnelle et État de droit

Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des normes : Kelsen, Théorie pure du droit, 1962 - La hiérarchie des normes est une organisation dans laquelle les normes juridiques sont superposées et la validité d’une norme inférieure dépend de sa conformité à une norme supérieure.
  • Contrôle de constitutionnalité : Kelsen - Le contrôle de constitutionnalité vérifie la régularité d’une loi par rapport à la Constitution et garantit ainsi sa validité dans l’ordre juridique.

★ À maîtriser

📌 Dans le modèle européen de justice constitutionnelle, le contrôle de constitutionnalité est concentré dans une cour qui détient le monopole du contrôle des lois, contrairement au modèle américain où ce contrôle est diffus entre les juridictions.

  • Le modèle européen de justice constitutionnelle trouve son origine en Autriche sous l’influence de Hans Kelsen et s’est diffusé dans la plupart des ordres juridiques européens.

📌 Kelsen défend une cour constitutionnelle unique plutôt qu’un contrôle confié à tous les juges, afin d’éviter des délais de procédure trop longs, l’inaction des juges européens trop respectueux de la loi et les interprétations constitutionnelles divergentes.

📌 Dans le modèle américain, le contrôle de constitutionnalité est diffus : tout juge peut déclarer une loi contraire à la Constitution, et les affaires peuvent remonter jusqu’à la Cour suprême.

  • La Constitution américaine ne confie pas explicitement à la Cour suprême le contrôle de constitutionnalité ; la Cour se reconnaît cette compétence dans l’arrêt Marbury v. Madison de 1803, à l’initiative du Chief Justice Marshall. - Chief of Justice Marshall, Marbury v/ Madison

  • La justice constitutionnelle exerce une fonction normative en veillant au respect de la Constitution et à l’unification de l’ordre juridique ; le contrôle peut conduire à l’abrogation ou à l’annulation d’une loi, ou empêcher sa publication.

Compléments

  • En 1795, Sieyès propose un Jury constitutionnaire chargé de vérifier que le corps législatif respecte la Constitution.

  • Les constituants français refusent le contrôle de constitutionnalité au nom de la souveraineté de la loi, même si le Sénat en est chargé sous l’Empire.

  • Selon Kelsen, une cour constitutionnelle unique assure l’unité de la jurisprudence, évite les interprétations divergentes et donne une portée efficace et absolue à la chose jugée.

  • La Constitution autrichienne du 1er octobre 1920 crée la Haute Cour constitutionnelle d’Autriche, compétente notamment pour contrôler la constitutionnalité des lois votées par les assemblées de province.

  • La Haute Cour constitutionnelle d’Autriche compte 14 membres élus à vie, dont la moitié par le Conseil national et l’autre moitié par le Conseil fédéral.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, la justice constitutionnelle devient un standard démocratique et la Haute Cour constitutionnelle d’Autriche sert de modèle aux démocraties européennes.

  • La Cour suprême assure la cohérence de la jurisprudence en tranchant les contradictions qui remontent jusqu’à elle, notamment par le writ of certiorari, et sélectionne moins de 2 % des affaires renvoyées.

  • La Cour suprême contribue à défendre la suprématie fédérale et à unifier l’interprétation de la Constitution, notamment dans l’arrêt McCulloch v. Maryland de 1819. - Mcculloch v/ Maryland

Astuce mémo

Kelsen concentre le contrôle dans une cour ; le modèle américain le diffuse parmi les juges.

11. Fondation de la Ve République

★ À maîtriser

  • Sous la IVe République, le chef de l’État désigne le chef du gouvernement, mais l’Assemblée nationale doit investir ce dernier.

  • La loi du 3 juin 1958 conditionne l’octroi des pleins pouvoirs à des garanties de forme et de fond pour la nouvelle Constitution.

  • La loi du 3 juin 1958 exige le maintien du suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation de l’exécutif et du législatif, la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, l’indépendance de l’autorité judiciaire et l’aménagement des rapports entre la métropole et les peuples associés.

Compléments

  • En 1958, des émeutiers envahissent à Alger l’organe représentant le gouvernement français et l’armée ne parvient pas à rétablir l’ordre républicain ; deux jours plus tard, De Gaulle se déclare prêt à assumer le pouvoir.

  • Le 28 mai 1958, le gouvernement de Pierre Pflimlin démissionne et, le 29 mai, René Coty appelle De Gaulle à former un gouvernement.

  • De Gaulle, retiré de la vie politique depuis 1946, devient chef du gouvernement en 1958 à la condition de rédiger une nouvelle Constitution.

  • Sous la IVe République, l’article 90 exigeait deux votes du projet de révision par l’Assemblée, à trois mois d’intervalle.

  • Pour réviser la Constitution en 1958, De Gaulle reprend un projet adopté en 1955, en modifie le contenu et le soumet une seconde fois à l’Assemblée, ce qui est présenté comme une violation de l’article 90.

  • La loi du 3 juin 1958 impose de recueillir l’avis du Conseil d’État et du comité constitutionnel consultatif sur le projet de Constitution.

  • De Gaulle est investi le 1er juin 1958 et Michel Debré, garde des Sceaux, participe à la rédaction de la Constitution.

  • Le projet constitutionnel est adopté en Conseil des ministres puis publié à la fin de juillet 1958.

  • Le comité consultatif constitutionnel comprend 39 parlementaires, dont 26 nommés par l’Assemblée et 13 par le gouvernement, et propose des modifications consultatives au projet.

  • À la fin du mois d’août 1958, le Conseil d’État rend un avis favorable au projet de Constitution.

Astuce mémo

Crise algérienne → retour de De Gaulle → loi du 3 juin → nouvelle Constitution.

12. Élection et statut présidentiels

★ À maîtriser

  • Après l’adoption de la Constitution, le gouvernement dispose d’un délai de quatre mois prévu à l’article 38 pour agir par ordonnances de valeur législative, qui ne peuvent faire l’objet d’un recours.

📌 Depuis la révision de 2000, le mandat présidentiel dure cinq ans au lieu de sept ans, notamment afin de réduire le risque de cohabitation.

📌 L’élection présidentielle se déroule en deux tours si aucun candidat n’obtient la majorité au premier tour, conformément à l’article 6 de la Constitution et aux modalités précisées par une loi organique.

  • Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut obtenir le parrainage de 500 élus locaux issus d’au moins 30 départements différents.

  • Le président de la République n’est pas politiquement responsable devant le Parlement, tandis que le gouvernement peut être contraint de démissionner après l’adoption d’une motion de censure.

📌 L’article 67 protège le président contre les poursuites et actes de procédure pendant son mandat pour les actes détachables de ses fonctions, mais ceux-ci peuvent être poursuivis après la fin du mandat.

  • La destitution du président pour manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat est décidée par le Parlement constitué en Haute Cour, à la majorité des deux tiers.

Compléments

  • Les ordonnances portent notamment sur :

    • le statut de la magistrature
    • le Conseil constitutionnel
    • la procédure d’adoption des lois de finances
  • La révision de 1962 est adoptée par référendum avec 62 % de votes favorables.

📌 Depuis la réforme de 2016, le temps de parole des candidats est soumis au principe de stricte équité, apprécié notamment selon leur représentativité, leurs résultats électoraux antérieurs et leur contribution à l’animation du débat.

  • Chaque candidat à l’élection présidentielle reçoit une avance publique de 153 000 euros.

  • L’article 53-2 permet que le président soit jugé par la Cour pénale internationale pour un crime de génocide, un crime contre l’humanité ou un crime d’agression, sous réserve des conditions.

Astuce mémo

Irresponsabilité politique du président, mais responsabilité du gouvernement devant le Parlement

13. Pouvoirs du président de la République

★ À maîtriser

📌 Les pouvoirs propres du président, énumérés à l’article 19, ne nécessitent pas de contreseing ministériel et n’engagent pas la responsabilité politique du gouvernement.

  • Les pouvoirs propres comprennent notamment :

    • la nomination du Premier ministre
    • le référendum
    • la dissolution de l’Assemblée nationale
    • les pouvoirs exceptionnels
    • le droit de message
    • la saisine du Conseil constitutionnel
  • Le président peut dissoudre l’Assemblée nationale après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées, mais aucune nouvelle dissolution ne peut intervenir dans l’année suivant des élections législatives.

  • L’article 11 autorise un référendum législatif sur l’organisation des pouvoirs publics, certaines réformes économiques, sociales ou environnementales et la ratification de certains traités.

  • L’article 16 permet au président d’exercer des pouvoirs exceptionnels si une menace grave et immédiate pèse sur les institutions et si le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu.

  • Les pouvoirs partagés comprennent notamment : la promulgation des lois, la signature des ordonnances et décrets délibérés en Conseil des ministres, la nomination aux emplois civils et militaires, la grâce individuelle

Compléments

  • Les dissolutions ont eu lieu en :

    • 1962
    • 1968
    • 1981
    • 1988
    • 1997
    • 2024
  • L’article 16 a été activé d’avril à septembre 1961 après le putsch des généraux à Alger.

  • En application de l’article 16, le Conseil constitutionnel peut, après 60 jours, examiner si les conditions de fond justifiant les pouvoirs exceptionnels sont toujours réunies.

  • Dans la décision Rubin de Servens du 2 mars 1962, le juge administratif se reconnaît compétent pour contrôler la légalité des actes administratifs pris par le président sous l’article 16.

Astuce mémo

Pouvoir propre sans contreseing ; pouvoir partagé avec contreseing

14. Organisation et fonctions du gouvernement

★ À maîtriser

  • L’article 20 confie au gouvernement la détermination et la conduite de la politique de la nation ainsi que l’exécution des lois.

  • L’article 21 dispose que le Premier ministre dirige l’action du gouvernement et exerce le pouvoir réglementaire de droit commun, tandis que l’article 20 reconnaît au Gouvernement la disposition de l’administration.

  • Les ministres sont nommés par le président de la République sur proposition du Premier ministre.

  • Les ministres n’ont pas de compétence générale pour édicter des normes, mais le Premier ministre peut leur déléguer certains pouvoirs pour organiser leur département.

  • Le Conseil des ministres est présidé par le président de la République, tandis que le Conseil de gouvernement réunit les membres du gouvernement sous la présidence du Premier ministre.

  • Le Parlement comprend 577 députés élus au suffrage direct et 348 sénateurs élus au suffrage indirect, selon l’article 24 de la Constitution.

  • Les députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à deux tours : l’élection est acquise au premier tour avec la majorité absolue des suffrages et une participation d’au moins 25 %.

Compléments

  • Le Premier ministre dirige les débats parlementaires pour le gouvernement, peut engager sa responsabilité sur un texte ou sur une question de confiance et dispose notamment du vote bloqué.

  • Depuis la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, les membres du gouvernement doivent rendre publique une déclaration d’intérêts.

📌 Au second tour des élections législatives, un candidat doit obtenir des suffrages représentant au moins 12,5 % des inscrits pour se maintenir.

  • Le suppléant remplace définitivement un député en cas de décès, de nomination au Conseil constitutionnel ou de mission temporaire confiée par le gouvernement d’au moins six mois.

15. Sénateurs et protection parlementaire

Notions clés & Définitions

  • Irresponsabilité parlementaire : Protection du titulaire du mandat contre les poursuites pour les opinions et votes émis dans l’exercice de ses fonctions.

★ À maîtriser

  • Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs composé d’élus municipaux, départementaux et régionaux, ainsi que de délégués désignés dans certaines grandes villes.

  • Le Sénat représente les collectivités territoriales conformément à l’article 24 de la Constitution ; il est renouvelé par moitié tous les trois ans et les sénateurs sont élus pour six ans.

  • Dans les départements qui élisent deux sénateurs ou moins, le scrutin est majoritaire ; dans ceux qui en élisent au moins trois, le scrutin est proportionnel de liste avec représentation paritaire.

  • En matière criminelle, une arrestation ou une mesure restrictive de liberté visant un parlementaire requiert l’autorisation du bureau de son assemblée, sauf en cas de crime ou délit flagrant.

  • L’inviolabilité parlementaire constitue une garantie procédurale qui protège aussi le parlementaire pour des agissements liés à sa vie privée, tandis que l’irresponsabilité concerne les opinions et votes émis dans l’exercice des fonctions.

  • L’article 23 de la Constitution rend incompatibles les fonctions de membre du Gouvernement et de parlementaire.

Compléments

  • Le vote des grands électeurs aux élections sénatoriales est obligatoire et son omission est passible d’une amende de 100 euros.

  • L’irresponsabilité couvre notamment les actes suivants :

    • les interventions
    • les votes en séance ou en commission
    • les propositions de loi et les amendements
    • les rapports
    • les questions orales ou écrites

📌 Les propos tenus par un parlementaire en dehors de l’exercice de ses fonctions ne bénéficient pas de l’irresponsabilité parlementaire et peuvent donner lieu à condamnation.

  • Le bureau de l’assemblée peut rejeter ou aménager une demande relative à un parlementaire, par exemple en écartant l’autorisation d’arrestation tout en autorisant un placement sous contrôle judiciaire.

📌 Un parlementaire ne peut exercer certaines activités professionnelles liées aux finances publiques ni commencer une activité de conseil pendant son mandat.

📌 Lorsqu’une personne se trouve en situation d’incompatibilité entre ses mandats, elle doit démissionner du mandat le plus ancien.

Astuce mémo

Irresponsabilité pour les actes du mandat, inviolabilité pour les poursuites

16. Organisation interne du Parlement

★ À maîtriser

  • L’indemnité parlementaire est de 7 490 euros, l’avance de frais de mandat est de 5 900 euros et l’enveloppe mensuelle destinée aux collaborateurs est de 10 500 euros pour un député et de 7 500 euros pour un sénateur.

  • Le comité de déontologie du Sénat s’appuie sur six principes :

    • la dignité
    • l’indépendance
    • l’intégrité
    • l’assiduité
    • l’égalité
    • la laïcité
  • Le déontologue exerce notamment les missions suivantes : conseiller les députés et leurs collaborateurs sur les conflits d’intérêts, être informé des cadeaux, voyages et invitations offerts, contrôler l’utilisation des frais de mandat, veiller au respect des règles relatives à l’emploi de membres de la famille comme collaborateurs

  • Le président d’une assemblée représente l’institution, organise et dirige les débats parlementaires et assure la police de la séance.

  • La conférence des présidents fixe l’ordre du jour des débats parlementaires.

  • Le bureau de chaque assemblée exerce une autorité sur ses services administratifs et financiers, organise ses travaux, se prononce sur la levée de l’immunité parlementaire et vérifie notamment la recevabilité financière des projets de loi.

  • L’article 48 de la Constitution réserve deux semaines sur quatre à l’ordre du jour du Gouvernement, qui bénéficie ainsi d’une priorité d’examen durant ces périodes.

  • Un groupe parlementaire doit réunir au moins quinze députés à l’Assemblée nationale ou dix sénateurs au Sénat.

  • L’article 51-1 de la Constitution reconnaît les droits des groupes d’opposition et des groupes minoritaires, notamment un jour de séance par mois pour proposer leur ordre du jour et un droit de tirage pour créer des commissions d’enquête.

Compléments

  • Depuis 1848, les parlementaires perçoivent une indemnité destinée à leur permettre d’exercer leurs fonctions indépendamment et à favoriser l’accès de toutes les classes sociales au mandat parlementaire.

📌 Les frais de mandat doivent être justifiés par chaque élu.

  • En 2011, le bureau de l’Assemblée nationale a adopté un code de déontologie et créé la fonction de déontologue, nommé par le bureau de l’Assemblée.

  • Le président du Sénat assure la fonction de président de la République en cas de vacance, préside le Congrès, est consulté lors du déclenchement de l’article 16, peut saisir le Conseil constitutionnel du contrôle a priori et nomme des membres de celui-ci.

  • Le bureau de l’Assemblée nationale comprend six vice-présidents, trois questeurs et douze secrétaires, tandis que celui du Sénat comprend huit vice-présidents, trois questeurs et quatorze secrétaires.

  • Les conférences des présidents réunissent les présidents et vice-présidents des assemblées, les présidents de groupe et de commission, ainsi qu’un représentant du Gouvernement.

  • L’Assemblée nationale compte huit commissions permanentes et le Sénat en compte sept.

17. Législation et contrôle parlementaire

Notions clés & Définitions

  • Motion de rejet préalable : Motion de procédure qui peut être adoptée si le texte est considéré comme contraire à une disposition constitutionnelle ou s’il est estimé qu’il n’y a pas lieu à délibérer ; son adoption entraîne le rejet du texte dès le début de la séance publique.

★ À maîtriser

  • L’article 24 de la Constitution confie au Parlement le vote de la loi, le contrôle de l’action du Gouvernement et l’évaluation des politiques publiques.

  • Un projet de loi gouvernemental est préparé par le Gouvernement, soumis pour avis au Conseil d’État, délibéré en conseil des ministres puis déposé devant la première assemblée désignée par décret du Premier ministre ; une étude d’impact est requise.

  • Une proposition de loi peut être déposée par un ou plusieurs parlementaires et doit être signée par au moins un parlementaire.

📌 L’article 40 de la Constitution rend irrecevables les propositions et amendements parlementaires qui diminuent une ressource publique ou créent ou aggravent une charge publique.

  • L’article 38 de la Constitution permet au Gouvernement de demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnance, pendant un délai limité, des mesures relevant normalement du domaine de la loi.

  • 🔄 La procédure d’habilitation et de ratification suit les étapes suivantes : le Parlement adopte une loi d’habilitation précisant l’objet et la finalité des mesures, le Gouvernement prend les ordonnances en conseil des ministres après avis du Conseil d’État, le Gouvernement dépose un projet de loi de ratification dans le délai prévu

  • Le droit d’amendement appartient au Gouvernement et aux parlementaires et permet d’ajouter, de supprimer ou de modifier une disposition d’un article, en commission ou en séance.

📌 En cas de désaccord persistant après deux lectures par chaque assemblée, une commission mixte paritaire composée de sept députés et de sept sénateurs peut rechercher un compromis ; en cas d’échec, l’Assemblée nationale peut avoir le dernier mot.

  • L’article 49 prévoit trois mécanismes :
    • l’engagement de responsabilité sur un programme ou une déclaration de politique générale
    • la motion de censure à l’initiative des députés
    • l’engagement de responsabilité sur un texte

📌 Une motion de censure au titre de l’article 49, alinéa 2, doit être signée par un dixième des députés ; si elle est adoptée, le Premier ministre doit remettre la démission du Gouvernement conformément à l’article 50 de la Constitution.

  • Les commissions d’enquête sont temporaires, ne peuvent durer plus de six mois et sont créées par une résolution parlementaire pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion de services ou d’entreprises publics.

📌 Une commission d’enquête ne peut enquêter sur des faits faisant l’objet d’une procédure judiciaire ; l’ouverture d’une information judiciaire relative à ces faits interrompt immédiatement ses travaux.

Compléments

📌 L’article 41 de la Constitution rend irrecevable une proposition de loi qui intervient dans le domaine réglementaire.

  • Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le texte discuté en séance publique est en principe celui adopté par la commission, ce qui revalorise le travail parlementaire en commission.

📌 L’article 44, alinéa 3, de la Constitution permet au Gouvernement de demander un vote bloqué sur tout ou partie du texte en discussion.

Astuce mémo

Initiative, délibération, adoption, puis contrôle

18. Conseil constitutionnel et contrôles

Notions clés & Définitions

  • Question prioritaire de constitutionnalité : Procédure permettant à un justiciable de demander l’abrogation d’une disposition législative qui porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution ; elle est entrée en vigueur le 1er mars 2010.

★ À maîtriser

  • Le contrôle de constitutionnalité porte notamment sur les lois ordinaires et organiques, les règlements des assemblées et les traités internationaux, tandis que le Conseil constitutionnel refuse le contrôle de conventionnalité et le contrôle des lois référendaires et constitutionnelles.

  • Les lois organiques et les règlements des assemblées font obligatoirement l’objet d’un contrôle a priori du Conseil constitutionnel.

📌 Pour qu’une QPC soit transmise, la disposition contestée doit être applicable au litige et ne pas avoir déjà été déclarée conforme à la Constitution, sauf changement de circonstances de droit ou de fait.

  • Le Conseil constitutionnel peut déclarer une disposition conforme, la déclarer totalement ou partiellement non conforme, ou formuler une réserve d’interprétation ; l’inconstitutionnalité peut entraîner une abrogation immédiate ou différée.

  • L’article 59 de la Constitution confie au Conseil constitutionnel le contrôle de la régularité de l’élection des députés et des sénateurs, qui peut être contestée par tout électeur ou candidat de la circonscription.

Compléments

  • L’article 56 de la Constitution distingue les membres nommés du Conseil constitutionnel et ses membres de droit ; le président du Conseil est nommé par le président de la République parmi les membres.

📌 Depuis la révision de 2008, la procédure de nomination au Conseil constitutionnel prévoit l’application de l’article 13 de la Constitution ; une nomination peut être rejetée si le total des votes négatifs dépasse les trois cinquièmes des suffrages exprimés par les commissions compétentes.

  • L’ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel prévoit notamment des incompatibilités avec les fonctions ministérielles, parlementaires et certains mandats locaux, ainsi qu’avec les professions salariées, sauf les activités artistiques, scientifiques ou littéraires.

  • Le décret du 13 novembre 1959 impose aux membres du Conseil constitutionnel une obligation de réserve, notamment sur les questions débattues au Conseil ou susceptibles de faire l’objet d’une QPC.

  • Lors du premier filtre de la QPC, la juridiction de première instance vérifie que la question n’est pas dépourvue de caractère sérieux, tandis que la Cour de cassation et le Conseil d’État vérifient son caractère sérieux.

  • Les réserves d’interprétation peuvent être :

    • directives
    • neutralisantes
    • constructives
  • L’article 60 de la Constitution confie au Conseil constitutionnel le contrôle de la régularité des opérations de référendum.

  • Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité de la proposition de loi référendaire aux exigences de l’article 11 et la régularité des étapes de la procédure du référendum d’initiative partagée.

Astuce mémo

Le contrôle a priori précède la promulgation ; la QPC intervient au cours d’un procès

Tableaux de synthèse

Pouvoirs constituants

PouvoirFonctionLimites
OriginaireCrée une nouvelle ConstitutionThéoriquement illimité
DérivéRévise la Constitution existanteProcédure et limites constitutionnelles

Formes de l’État

FormeAutonomie localeOrganisation du pouvoir
UnitairePas d’autonomie politique régionale requiseInstitutions communes sur le territoire
FédéralLarge autonomie des entités fédéréesPouvoir central et systèmes fédérés
RégionalAutonomie politique et législativeÉtat unitaire sans autonomie constitutionnelle fédérée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Institutions et souveraineté politique avec 66 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la fonction du droit constitutionnel :

2. Parmi les propositions suivantes concernant l’État et le droit constitutionnel, laquelle est exacte ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Institutions et souveraineté politique avec 98 flashcards interactives.

Que règle le droit constitutionnel au sujet des pouvoirs publics ?

Il organise et encadre leur fonctionnement.

Quel double rôle l’État exerce-t-il par rapport au droit constitutionnel ?

Il en est à la fois l’objet et la source.

Que rassemble principalement la Constitution matérielle ?

Les règles organisant le fonctionnement de l’État et limitant le pouvoir.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches