Fiche de révision : Introduction au droit des obligations

Plan du Cours

  1. Réforme du droit des contrats
  2. Rapport entre créancier et débiteur
  3. Objet des obligations classiques
  4. Obligations de résultat et de moyens
  5. Obligations monétaires et en nature
  6. Sources des obligations
  7. Délit et quasi-délit
  8. Quasi-contrats et leurs catégories
  9. Actes juridiques et contrats
  10. Obligation naturelle et effets

1. Réforme du droit des contrats

★ À maîtriser

  • L’ordonnance du 10 février 2016 réforme le droit des contrats, le régime général et la preuve des obligations, mais ne réforme pas la responsabilité civile.

📌 Le droit des contrats distingue l’ancien droit de 1804 à 2016, la période transitoire sous l’empire de l’ordonnance de 2016 à 2018, puis la période ouverte par la loi de ratification de 2018.

📌 Un contrat est régi par le droit applicable au moment où il a été conclu.

Compléments

  • La loi de ratification du 20 avril 2018 apporte des ajustements à l’ordonnance de 2016.

Astuce mémo

1804–2016 : ancien droit, 2016–2018 : période transitoire, depuis 2018 : droit ratifié

2. Rapport entre créancier et débiteur

Notions clés & Définitions

  • Obligation : Lien de droit entre deux personnes par lequel le créancier peut exiger du débiteur une prestation ou une abstention.

★ À maîtriser

📌 L’obligation envisagée du côté actif est une créance détenue par le créancier, tandis que du côté passif elle est une dette due par le débiteur.

Compléments

📌 Un droit personnel relie une personne à une autre, tandis qu’un droit réel relie une personne à une chose, comme le droit de propriété.

  • Dans un bail, le locataire est débiteur du loyer et créancier du droit d’utiliser le logement, tandis que le bailleur est créancier du loyer et débiteur de la mise à disposition du logement.

3. Objet des obligations classiques

Notions clés & Définitions

  • Obligation de faire : Impose au débiteur d’accomplir une prestation positive, comme réparer un immeuble ou une voiture.
  • Obligation de donner : Impose au débiteur de transférer au créancier la propriété ou un autre droit réel sur une chose lui appartenant, à titre gratuit ou onéreux.
  • Obligation de ne pas faire : Impose au débiteur de s’abstenir de certains actes, comme faire concurrence ou détruire un immeuble.

★ À maîtriser

📌 Avant la réforme de 2016, l’objet de l’obligation était classé en obligation de donner, de faire ou de ne pas faire, distinction abandonnée par l’ordonnance sans que ces notions perdent tout intérêt.

📌 Depuis la réforme de 2016, l’article 1221 permet au créancier, après mise en demeure, de poursuivre l’exécution en nature, sauf impossibilité ou disproportion manifeste entre son coût pour le débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier.

Compléments

  • L’ancien article 1126 du Code civil définissait l’objet du contrat comme une chose qu’une partie s’oblige à donner, ou une prestation à faire ou à ne pas faire.

  • L’ancien article 1142 prévoyait que l’inexécution d’une obligation de faire ou de ne pas faire se résolvait en dommages-intérêts.

4. Obligations de résultat et de moyens

★ À maîtriser

  • Dans une obligation de résultat, le débiteur promet d’atteindre un résultat déterminé, tandis que dans une obligation de moyens, il promet de mettre en œuvre les moyens nécessaires sans garantir le résultat.

  • Dans une obligation de résultat, la seule absence du résultat établit l’inexécution et engage la responsabilité du débiteur, sauf cause étrangère.

  • Dans une obligation de moyens, le créancier doit prouver que le débiteur n’a pas mis en œuvre tous les moyens nécessaires, et le débiteur peut s’exonérer en prouvant l’absence de faute ou une cause étrangère.

Compléments

  • La distinction entre obligations de résultat et de moyens est attribuée à Demogue, qui l’a proposée pour résoudre une contradiction entre les anciens articles 1137 et 1147 du Code civil.

  • La cause étrangère comprend :

    • le fait d’un tiers
    • la faute de la victime
    • la force majeure
  • Le médecin est tenu de mettre tout en œuvre pour guérir son patient, ce qui constitue un exemple d’obligation de moyens.

Astuce mémo

Résultat promis : résultat dû ; moyens promis : diligence due

5. Obligations monétaires et en nature

Notions clés & Définitions

  • Obligation monétaire : Porte sur le transfert d’une certaine quantité de monnaie et constitue une variété de l’obligation de donner.
  • Obligation en nature : Toute obligation dont l’objet n’est pas une somme d’argent.

★ À maîtriser

📌 L’obligation monétaire est soumise à la dépréciation monétaire et peut être indexée sur un indice, tandis que l’obligation en nature est indifférente aux variations monétaires.

Compléments

📌 Une chose de genre est interchangeable avec une autre chose de même espèce, contrairement à un corps certain.

  • Une obligation de payer un loyer est une obligation monétaire.

  • Depuis la réforme de 2016, les obligations de sommes d’argent font l’objet de dispositions spécifiques aux articles 1343 et suivants, et l’article 1231-6 prévoit une sanction spéciale de leur inexécution.

Astuce mémo

L’argent varie avec les indices ; la prestation en nature y reste indifférente

6. Sources des obligations

Notions clés & Définitions

  • Fait juridique : Agissement ou événement auquel la loi attache des effets de droit, sans que ces effets aient nécessairement été recherchés.

★ À maîtriser

  • L’article 1100 du Code civil dispose que les obligations naissent d’actes juridiques, de faits juridiques ou de l’autorité seule de la loi, et qu’elles peuvent aussi naître de l’exécution volontaire ou de la promesse d’exécution d’un devoir de conscience envers autrui.

Compléments

  • L’ancien article 1370 distinguait quatre sources d’obligations :

    • le contrat
    • le quasi-contrat
    • le délit
    • le quasi-délit
  • L’obligation alimentaire entre parents et descendants est un exemple d’obligation imposée par la loi.

📌 Les faits juridiques se divisent en faits illicites, appelés délits ou quasi-délits, et faits licites, appelés quasi-contrats.

7. Délit et quasi-délit

★ À maîtriser

  • L’article 1240 du Code civil oblige l’auteur d’un dommage causé par sa faute à le réparer et fonde la responsabilité civile extracontractuelle du fait personnel.

  • L’article 1241 du Code civil rend chacun responsable du dommage causé par sa négligence ou son imprudence, même sans faute volontaire.

Compléments

  • La responsabilité extracontractuelle peut concerner :

    • le fait personnel
    • les choses gardées
    • le fait d’autrui
  • Dans l’arrêt Fullenwarth, Ass. plén., 1984, la responsabilité des parents du fait de leur enfant est illustrée par un enfant qui blesse un autre enfant avec un bâton.

📌 Le délit est présenté comme un fait illicite volontaire, tandis que le quasi-délit est un fait illicite involontaire résultant notamment d’une négligence ou d’une imprudence.

  • Le délit et le quasi-délit ont pour effet d’obliger leur auteur à réparer le dommage.

Astuce mémo

Délit : faute volontaire ; quasi-délit : négligence ou imprudence

8. Quasi-contrats et leurs catégories

Notions clés & Définitions

  • Quasi-contrat : Fait purement volontaire dont il résulte un engagement de celui qui en profite sans y avoir droit et parfois un engagement de son auteur envers autrui.

★ À maîtriser

📌 Le quasi-contrat ne repose pas sur un accord de volontés : les obligations qui en résultent sont prévues par la loi, même si un acte volontaire est intervenu.

  • Les trois types de quasi-contrats sont :
    • la gestion d’affaires
    • le paiement de l’indu
    • l’enrichissement injustifié

Compléments

  • La gestion d’affaires peut se produire lorsqu’un voisin fait réparer en urgence le toit d’une personne absente afin d’éviter une infiltration d’eau.

  • Le paiement de l’indu peut résulter du paiement deux fois d’une même dette ou de la réception d’un virement qu’aucune dette ne justifie.

9. Actes juridiques et contrats

Notions clés & Définitions

  • Acte juridique : L’acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit et peut être conventionnel ou unilatéral.
  • Contrat : Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.

★ À maîtriser

📌 L’acte juridique unilatéral résulte d’une seule manifestation de volonté, tandis que le contrat résulte d’un accord de volontés.

📌 Le contrat unilatéral ne crée d’obligations qu’à l’égard d’une seule partie, tandis que le contrat synallagmatique crée des obligations réciproques entre les parties.

Compléments

  • L’engagement unilatéral de volonté est notamment reconnu pour : la souscription d’actions lors de la constitution d’une société anonyme, les engagements de l’employeur envers les salariés, la promesse d’exécuter une obligation naturelle, l’offre faite à une personne déterminée pour un délai déterminé

  • Un acte juridique collectif peut être formé par l’addition de plusieurs volontés, comme un vote majoritaire, ou produire des effets collectifs, comme une convention collective applicable à un secteur professionnel.

10. Obligation naturelle et effets

★ À maîtriser

  • L’obligation civile peut être exigée en justice et faire l’objet d’une exécution forcée, tandis que le créancier d’une obligation naturelle ne peut pas en poursuivre judiciairement l’exécution.

  • Selon l’article 1302 du Code civil, un paiement suppose une dette et ce qui a été reçu sans être dû doit être restitué, sauf lorsqu’il s’agit d’une obligation naturelle volontairement acquittée.

  • Le refus de restitution suppose que le débiteur ait payé volontairement en connaissance de cause, en sachant que le créancier ne pouvait pas exiger le paiement.

  • Un simple devoir moral ne suffit pas à produire un effet juridique : il faut que la personne manifeste clairement sa volonté de l’exécuter par un paiement volontaire ou une promesse d’exécution.

Compléments

  • L’article 1100, alinéa 2, prévoit que les obligations peuvent naître de l’exécution volontaire ou de la promesse d’exécution d’un devoir de conscience envers autrui.

  • Dans un arrêt de la première chambre civile du 12 juillet 1994, n° 92-13375, un père qui verse une pension à son fils majeur en croyant être légalement tenu peut en demander la restitution. - 1e chambre civile

📌 La promesse d’exécuter une obligation naturelle peut la transformer en obligation civile et permettre au créancier d’agir contre le débiteur.

📌 Une obligation illicite ne peut pas donner lieu à une exécution valable au titre d’une obligation naturelle.

Astuce mémo

Devoir de conscience + volonté de l’exécuter → effet juridique

Tableaux de synthèse

Obligations de résultat et de moyens

CritèreRésultatMoyens
EngagementAtteindre un résultat déterminéMettre en œuvre les moyens nécessaires
Preuve de l’inexécutionL’absence du résultat suffitLe créancier prouve le défaut de diligence
ExonérationCause étrangèreAbsence de faute ou cause étrangère

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1. Quel domaine n’a pas été réformé par l’ordonnance du 10 février 2016 ?

2. Comment se succèdent les grandes périodes du droit des contrats autour de la réforme de 2016 ?

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Quelles matières l’ordonnance du 10 février 2016 réforme-t-elle ?

Le droit des contrats, le régime général et la preuve des obligations.

Quelle matière l’ordonnance du 10 février 2016 ne réforme-t-elle pas ?

La responsabilité civile.

Quelles sont les trois périodes du droit des contrats depuis 1804 ?

L’ancien droit (1804-2016), la période transitoire (2016-2018) et la période ouverte en 2018.

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