Fiche de révision : Introduction au droit public

Plan du Cours

  1. Droit public et droit constitutionnel
  2. Souveraineté de l’État
  3. Territoire et population de l’État
  4. État unitaire et organisation territoriale
  5. État fédéral et partage des compétences
  6. Fonctions et formes constitutionnelles
  7. Pouvoir constituant et révision
  8. Garantie juridictionnelle de la Constitution
  9. Fonctions du contrôle constitutionnel
  10. Modalités du contrôle de constitutionnalité
  11. Justification de la séparation des pouvoirs
  12. Distribution et interactions des pouvoirs
  13. Principes de la Constitution de 1791
  14. Organes de la Constitution de 1791
  15. Fonctionnement de la Constitution de 1791
  16. Chartes de la Restauration
  17. Apprentissage du régime parlementaire

Repères chronologiques

  1. 1539L’ordonnance de Villers-Cotterêts impose la rédaction des actes judiciaires et administratifs en français plutôt qu’en latin ou dans une langue régionale.
  2. 24 février 1803Dans l’arrêt Marbury vs Madison, la Cour suprême des États-Unis reconnaît son pouvoir de contrôler la constitutionnalité des lois.
  3. 4 juin 1814Louis XVIII octroie une charte constitutionnelle après le rejet du projet de constitution préparé par le gouvernement provisoire et le Sénat.
  4. 1830L’Adresse réclame au roi un changement de gouvernement ; après le refus de Charles X, la dissolution de la chambre et des ordonnances restreignant notamment la liberté de la presse, une révolution éclate et le roi abdique.
  5. 5 avril 1884La loi municipale confie de nouveaux pouvoirs aux communes, notamment aux maires élus par les conseils municipaux.
  6. 1958L’article 2 de la Constitution affirme que la langue de la République est le français.
  7. 1982Les lois Deferre transfèrent de nombreuses compétences de l’État central aux communes, départements et régions, et assouplissent la tutelle du préfet.
  8. 28 mars 2003La révision constitutionnelle inscrit à l’article 1er que l’organisation de la République est décentralisée.

1. Droit public et droit constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • Droit constitutionnel : Discipline juridique qui énonce les principes et les règles relatifs à l’organisation des pouvoirs publics dans l’État, principalement dans la Constitution.

★ À maîtriser

📌 Le droit privé régit principalement les rapports entre particuliers, notamment par des relations contractuelles, tandis que le droit public concerne l’intérêt général, l’action des pouvoirs publics et les rapports d’autorité entre l’État et les particuliers.

Compléments

  • Le droit constitutionnel s’applique aux institutions par lesquelles le pouvoir s’établit, s’exerce ou se transmet dans l’État, y compris dans des sociétés non démocratiques.

  • La sanction des règles constitutionnelles est souvent politique plutôt que juridictionnelle, et certains pans de la Constitution échappent au contrôle d’un juge.

  • La pratique des institutions aide à interpréter les règles constitutionnelles, car elle éclaire le sens des textes et leur esprit.

  • De Gaulle résume le droit constitutionnel par « un esprit, une constitution, une pratique ». - De Gaule

2. Souveraineté de l’État

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté : Puissance indépendante, qui n’est soumise à aucune autre autorité, et absolue au sens où elle n’est pas liée par une puissance supérieure.

★ À maîtriser

  • Jean Bodin définit en 1576, dans Les Six Livres de la République, la souveraineté comme une puissance indépendante et absolue.

📌 Un État ne peut s’engager par traité qu’en vertu de sa propre volonté, et un traité signé sous la contrainte est nul selon la Convention de Vienne.

  • Les marques de souveraineté comprennent : le pouvoir de faire la loi et de battre monnaie, le pouvoir de déclarer la guerre et de faire la paix, le pouvoir de nommer des agents, le pouvoir de juger en dernier ressort, le droit d’accorder la grâce

Compléments

  • La théorie française de la souveraineté s’est développée sous la monarchie, lorsque le pouvoir royal s’affirmait contre les grands seigneurs, l’empereur romain germanique et le pape.

  • Le caractère absolu de la souveraineté signifie que les États ne possèdent pas des degrés différents de souveraineté et que certains pouvoirs leur sont exclusivement réservés.

📌 La souveraineté présente une face externe, l’indépendance, et une face interne, le caractère absolu du pouvoir étatique.

  • Un État peut librement limiter l’exercice de sa souveraineté en adhérant à une organisation supranationale, comme l’Union européenne, et conserve la liberté d’en sortir.

Astuce mémo

Indépendance externe et puissance absolue interne

3. Territoire et population de l’État

Notions clés & Définitions

  • Territoire étatique : Espace géographique borné par des frontières où s’exerce le pouvoir de l’État et sur lequel il peut revendiquer ses compétences.
  • Population : Regroupement d’individus rattachés à un territoire étatique, envisagé comme une masse humaine ou comme un groupe uni par des liens communautaires.

★ À maîtriser

  • Le territoire constitue l’assise matérielle de l’État, et un État ne peut exister sans territoire, même si celui-ci est de très petite taille.

📌 La conception objective de la nation la fonde sur une communauté d’origine et de sang, tandis que la conception subjective la fonde sur la volonté de vivre ensemble.

Compléments

  • La conception objective de la nation a longtemps été associée à Fichte, tandis que la conception subjective a été développée par Ernest Renan, qui la décrit comme un « vouloir vivre ensemble » et un « plébiscite de tous les jours ».

  • Ernest Renan souligne également que l’histoire commune participe à la formation de la nation.

  • Un État multinational peut adapter sa forme à la diversité de sa population, notamment par la fédéralisation.

  • La Yougoslavie regroupait :

    • la Slovénie
    • la Croatie
    • la Serbie
    • la Bosnie-Herzégovine
    • le Monténégro
    • la Macédoine du Nord
    • le Kosovo

4. État unitaire et organisation territoriale

Notions clés & Définitions

  • État unitaire : État composé d’un bloc, doté d’une organisation politique unifiée et d’une organisation administrative pouvant varier selon les territoires.
  • Déconcentration : Confier un pouvoir de décision encadré à des agents locaux de l’État, soumis au pouvoir hiérarchique des autorités centrales.
  • Décentralisation : Transfère des compétences propres de l’État à des collectivités territoriales qui s’administrent librement par des autorités locales.

★ À maîtriser

  • L’unité politique repose sur :

    • un seul pouvoir politique
    • un seul législateur
    • une seule constitution
  • L’unité nationale française s’appuie notamment sur :

    • la langue française
    • l’indivisibilité de la République
    • l’application uniforme de la loi
    • une certaine centralisation administrative
  • La Constitution espagnole de 1978 reconnaît l’unité indissoluble de la nation et le droit à l’autonomie des nationalités et des régions, organisées en 17 communautés autonomes.

Compléments

  • Le Conseil constitutionnel a censuré la référence à « un peuple Corse composante du peuple français ».

  • La centralisation administrative française s’est développée avec les intendants représentant le roi dans les provinces, puis avec les préfets de département créés sous Napoléon.

📌 La décentralisation française ne confère pas aux collectivités territoriales de pouvoir législatif, mais elles disposent de pouvoirs exécutifs propres et de compétences fiscales encadrées par la loi ; leur libre administration reste encadrée par l’État.

  • L’Italie compte 15 régions à statut ordinaire et 5 régions à statut spécial, qui disposent d’une autonomie renforcée et de particularités relatives aux langues régionales.

  • Les régions italiennes disposent de pouvoirs législatif, exécutif, administratif, fiscal et politique, exercés notamment par un conseil régional élu et une junte régionale.

5. État fédéral et partage des compétences

Notions clés & Définitions

  • État fédéral : État composé d’entités fédérées autonomes, formé par l’association ou la transformation d’États, avec une répartition des pouvoirs entre celles-ci et un gouvernement fédéral.
  • Pouvoir implicite : Théorie américaine permettant au Congrès de légiférer dans un domaine non expressément attribué par la Constitution si cela permet l’exercice d’une compétence qu’il détient déjà.

★ À maîtriser

  • Les treize colonies américaines déclarent leur indépendance vis-à-vis de l’Angleterre en 1776, puis la Constitution de 1787 crée l’État fédéral après une période de confédération.

  • Dans une fédération, chaque État fédéré dispose généralement de pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, d’une constitution propre et d’un appareil judiciaire dirigé par une cour suprême.

📌 Les États fédérés ne sont pas souverains, car ils ont transféré au gouvernement fédéral des prérogatives notamment militaires, diplomatiques et monétaires.

  • La répartition fédérale distingue : les compétences exclusives du gouvernement fédéral, les compétences concurrentes, les compétences complémentaires ou d’appui des États fédérés

Compléments

  • Une fédération peut naître par association d’États indépendants ou par dissociation d’un État unitaire, comme en Russie, au Brésil ou en Belgique.

  • Une confédération est une union d’États indépendants qui conservent leur souveraineté et concluent des accords, notamment de libre-échange.

  • Aux États-Unis, le pouvoir législatif fédéral appartient au Congrès, composé de la Chambre des représentants et du Sénat, où chaque État dispose de deux sénateurs.

📌 Contrairement aux États fédérés, les entités fédérées belges ne disposent pas de constitution propre.

📌 En Allemagne, les Länder peuvent conclure des traités internationaux avec l’accord du gouvernement fédéral et dans le cadre de leurs compétences.

  • Les compétences fédérales exclusives comprennent notamment :

    • la politique étrangère
    • la défense nationale
    • la politique monétaire
    • la justice fédérale
    • le commerce
    • la nationalité
  • Une cour suprême ou une cour constitutionnelle fédérale tranche les conflits de compétences et contribue à la construction du fédéralisme.

6. Fonctions et formes constitutionnelles

Notions clés & Définitions

  • Conventions constitutionnelles : Règles non écrites relatives au fonctionnement des pouvoirs publics, issues de pratiques répétées auxquelles les acteurs se conforment comme à des règles de droit.

★ À maîtriser

  • Dans les démocraties libérales, les constitutions assurent deux fonctions fondamentales : limiter le pouvoir et garantir les droits individuels.

  • L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a point de Constitution.

  • Le préambule de 1946 énonce notamment :

    • le droit au travail
    • le droit de grève
    • l’égalité entre les femmes et les hommes
    • le droit à la santé
    • le droit à l’instruction
  • La plupart des constitutions sont réunies dans un texte écrit, mais certains systèmes comportent aussi des règles constitutionnelles non écrites.

Compléments

  • Benjamin Constant affirme au XIXe siècle que « Toutes les constitutions sont des actes de défiance », notamment envers le despotisme d’un individu ou de la majorité.

  • Tocqueville souligne que le despotisme peut aussi être l’effet des masses.

  • John Locke défend au XVIIe siècle la séparation des pouvoirs comme moyen de limiter le pouvoir.

  • La Déclaration d’indépendance américaine de 1776 énonce des droits, tandis qu’en France la déclaration des droits de 1789 précède la Constitution de 1791.

  • La Constitution des États-Unis est adoptée en 1787, puis la France se dote d’une constitution en 1791.

  • Des régimes autoritaires possèdent également des constitutions écrites, comme l’URSS en 1936, la Chine populaire en 1975 et le Chili en 1980.

  • La Constitution britannique associe des règles non écrites à des textes tels que la Grande Charte de 1215 et le Bill of Rights de 1689.

Astuce mémo

Limiter le pouvoir et garantir les droits

7. Pouvoir constituant et révision

★ À maîtriser

📌 Le pouvoir constituant originaire crée une constitution, tandis que le pouvoir constituant dérivé modifie une constitution déjà en vigueur.

  • L’abbé Sieyès, dans Qu’est-ce que le Tiers-État ? en 1789, affirme que le pouvoir constituant appartient à la nation souveraine, qui possède le droit imprescriptible de se doter d’une constitution. - Qu’est ce que le Tiers-état ?

📌 Le pouvoir constituant dérivé suit une procédure de révision prévue par la Constitution, comme l’article 89 en France.

Compléments

  • Le pouvoir constituant originaire peut s’exercer après une révolution ou un coup d’État, lors de la création d’un nouvel État ou dans un contexte d’occupation.

  • Le pouvoir constituant originaire peut être exercé : par le roi en monarchie, par l’empereur en régime césariste, par des assemblées élues en régime représentatif, par le peuple en régime démocratique

  • La Constitution française de 1875 a été élaborée par le Parlement sans être soumise à l’approbation populaire, comme la Constitution italienne de 1947.

  • La loi du 3 juin 1958 fixe des limites de fond à l’élaboration de la nouvelle Constitution française, notamment le suffrage universel et la séparation des pouvoirs.

  • Le titre VII, article 1er, de la Constitution de 1791 reconnaît à la nation le droit imprescriptible de changer sa constitution.

  • La Déclaration des droits de l’homme de 1793 affirme qu’un peuple peut toujours revoir, réformer et changer sa constitution et qu’une génération ne peut assujettir les générations futures à ses lois.

📌 Une constitution est rigide lorsque sa révision suit une procédure plus contraignante que celle d’une loi ordinaire, et souple lorsque sa révision suit une procédure comparable à celle d’une loi ordinaire.

  • Aux États-Unis, un amendement constitutionnel doit être approuvé par 38 États sur 50.

📌 En France, l’article 89 interdit de réviser la Constitution pour porter atteinte au territoire ou à la forme républicaine du gouvernement, et l’Allemagne interdit les révisions portant atteinte aux droits fondamentaux.

Astuce mémo

Originaire : créer ; dérivé : réviser

8. Garantie juridictionnelle de la Constitution

Notions clés & Définitions

  • Légicentrisme : Tendance à placer la loi au centre de l’ordre juridique et politique.

★ À maîtriser

  • Le contrôle juridictionnel de constitutionnalité permet à des juges de sanctionner les atteintes à la Constitution et vise notamment les lois votées par le législateur.

  • Sieyès propose une « Jurie constitutionnaire » chargée de vérifier que le corps législatif vote des lois conformes à la Constitution, mais son projet est rejeté en 1791 et en 1795.

  • La réforme de 1974 permet aux parlementaires de saisir le Conseil constitutionnel.

  • La réforme constitutionnelle de 2008 instaure la question prioritaire de constitutionnalité, qui permet de contrôler une loi après sa promulgation.

Compléments

  • La nécessité du contrôle constitutionnel est illustrée par l’idée que les constitutions sont des « barrières de papier », susceptibles d’être violées par les gouvernants.

  • Le projet de tribunal des censeurs proposé par Kersaint est rejeté pendant la Révolution, dans un contexte de légicentrisme qui place la loi au centre et la considère comme expression de la volonté générale.

  • Au XIXe siècle, le contrôle de constitutionnalité est critiqué comme une atteinte à l’autorité de la loi et comme un risque de « gouvernement des juges », où des juges non élus légiféreraient contre la volonté populaire.

  • La Constitution française de 1946 crée un comité constitutionnel doté de faibles pouvoirs de contrôle.

  • La Constitution américaine de 1787 ne confère pas explicitement à la Cour suprême le pouvoir de contrôler la conformité des lois à la Constitution.

  • Le juge Marshall justifie le contrôle par la suprématie de la Constitution, qui ne peut être laissée sans protection contre les atteintes aux États-Unis.

  • Aux États-Unis, le contrôle de constitutionnalité n’est pas réservé à la Cour suprême et peut être exercé par les autres juges.

Astuce mémo

En France, création progressive ; aux États-Unis, reconnaissance par le juge

9. Fonctions du contrôle constitutionnel

Notions clés & Définitions

  • État de droit : Soumission de l’État au droit et respect des droits fondamentaux.

★ À maîtriser

  • Le contrôle de constitutionnalité affirme la supériorité de la Constitution sur les autres normes juridiques.

Compléments

  • Dans les années 1920, Kelsen contribue à créer l’une des premières cours constitutionnelles en Autriche et défend la garantie de la supériorité de la Constitution dans une conception hiérarchique du droit.

  • Le contrôle de constitutionnalité permet de vérifier que le législateur respecte les règles constitutionnelles, notamment celles relatives aux droits fondamentaux.

Astuce mémo

Contrôle des lois → suprématie constitutionnelle et protection des droits

10. Modalités du contrôle de constitutionnalité

★ À maîtriser

📌 Le contrôle par voie d’action est abstrait et engagé hors d’un litige, tandis que le contrôle par voie d’exception est concret et soulevé à l’occasion d’un procès.

  • Le contrôle par voie d’action peut être exercé avant ou après la promulgation d’une loi, par une autorité politique ou, dans certains pays, par un particulier ou une collectivité locale.

📌 Si une loi est déclarée inconstitutionnelle avant sa promulgation, elle ne peut pas entrer en vigueur telle quelle ; si le contrôle intervient après sa promulgation, la loi est abrogée.

  • Le contrôle par voie d’exception est nécessairement postérieur à la promulgation et diffus, car tout juge peut l’exercer à l’occasion d’un litige.

  • La QPC, applicable en France depuis 2010, est soulevée au cours d’un litige sous la forme d’une question préjudicielle sur la conformité de la loi à la Constitution.

Compléments

  • Dans un contrôle par voie d’action, le recours est normalement porté devant une juridiction spéciale ; en France, le Conseil constitutionnel exerce seul ce contrôle, dit concentré.

  • Une décision rendue par voie d’action s’applique à tous et produit un effet erga omnes.

📌 Dans le contrôle par voie d’exception, le juge peut écarter la loi pour le cas d’espèce, mais ne peut pas l’abroger.

  • En France, la QPC suit une transmission juridictionnelle avant l’examen du Conseil constitutionnel.

Astuce mémo

Action : procès à la loi ; exception : litige contre l’application de la loi

11. Justification de la séparation des pouvoirs

★ À maîtriser

  • La séparation des pouvoirs s’inscrit dans une philosophie libérale selon laquelle le pouvoir est nocif et doit être modéré.

  • Dans Le traité du gouvernement civil, publié en 1690, John Locke défend un pacte social destiné à protéger les droits individuels contre le gouvernement, notamment le droit de propriété.

  • Dans De l’esprit des lois, publié en 1748, Montesquieu soutient que tout homme qui détient le pouvoir est porté à en abuser jusqu’à ce qu’il rencontre des limites.

  • Montesquieu recommande de répartir les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire entre plusieurs organes afin que le pouvoir arrête le pouvoir.

Compléments

  • Pour Hobbes, l’état de nature est un état de guerre réciproque dans lequel la liberté de chacun s’exerce au détriment d’autrui, ce qui conduit les individus à s’accorder pour créer un souverain et mettre fin à l’insécurité. - Thomas Hobbes

  • Locke distingue trois pouvoirs (John Locke) :

    • Le pouvoir législatif.
    • Le pouvoir exécutif, qui comprend le judiciaire.
    • Le pouvoir fédératif, chargé des relations internationales.

Astuce mémo

Pouvoir porté à l’abus → nécessité de lui donner des limites

12. Distribution et interactions des pouvoirs

Notions clés & Définitions

  • Distribution des pouvoirs : La distribution des pouvoirs repose sur le principe de non-cumul des pouvoirs et admet que les organes participent à plusieurs fonctions sans que les pouvoirs soient isolés.
  • Spécialisation des pouvoirs : Attribution de chaque fonction étatique à un organe unique.

★ À maîtriser

  • La séparation étanche est impraticable, car les constitutions organisent des interactions et des moyens d’action réciproques entre les pouvoirs.

Compléments

📌 L’indépendance des pouvoirs signifie que les membres d’un pouvoir ne dépendent pas d’un autre pour leur nomination ou leur révocation et qu’un pouvoir ne peut empêcher un autre d’exercer sa fonction.

  • La Constitution américaine de 1787 répartit les fonctions législative, exécutive et judiciaire entre le Congrès, le gouvernement fédéral et la Cour suprême.

  • Les facultés d’empêcher désignent les moyens donnés à un pouvoir pour empêcher l’action d’un autre ; aux États-Unis, le Congrès peut engager une procédure d’impeachment contre le président.

  • Le gouvernement français peut déposer un projet de loi et le président des États-Unis peut opposer son veto aux lois votées par le Congrès.

  • Les révolutionnaires français interprètent la séparation des pouvoirs comme une distribution fondée sur le non-cumul, lecture associée à l’article 16 de la DDHC.

Astuce mémo

Séparation étanche impossible ; distribution permet des interactions limitées

13. Principes de la Constitution de 1791

Notions clés & Définitions

  • Régime représentatif : Le régime représentatif confie l’exercice de la souveraineté à des représentants élus qui gouvernent au nom de la nation.
  • Mandat impératif : Le mandat impératif permet aux électeurs d’exiger que les représentants agissent conformément à leurs volontés, faculté que Sieyès refuse aux électeurs dans le régime représentatif.

★ À maîtriser

  • La Constitution du 3 septembre 1791 est la première constitution écrite française.

  • La Déclaration du 26 août 1789 affirme à son article 3 que le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ; la Constitution de 1791 reprend ce principe en déclarant que les pouvoirs émanent de la nation.

  • La Constitution de 1791 confie le pouvoir législatif à l’Assemblée nationale, le pouvoir exécutif au roi et le pouvoir judiciaire à des juges élus pour un temps déterminé par le peuple.

Compléments

  • La théorie du régime représentatif élaborée par Sieyès en 1789 considère que les citoyens doivent élire des représentants, car ils sont occupés par le travail et ne possèdent pas l’instruction nécessaire pour gouverner. - Labbé sieyes

14. Organes de la Constitution de 1791

★ À maîtriser

  • Les députés sont élus pour deux ans au suffrage censitaire, réservé aux citoyens actifs français, hommes, âgés d’au moins 25 ans et payant un impôt équivalant à trois journées de travail.

  • Le corps législatif a l’initiative et le vote des lois, fixe les dépenses publiques et la valeur de la monnaie, décide de créer ou supprimer des emplois publics, déclare la guerre sur proposition du roi, ratifie les traités négociés par le roi, qui conduit les relations internationales, et peut poursuivre les ministres pour atteinte à la sûreté générale de l’État.

📌 Le veto royal de 1791 suspend un texte pendant deux législatures, après quoi un nouveau corps législatif peut permettre son adoption ; il s’agit d’un veto suspensif et temporaire.

Compléments

  • Le corps législatif de 1791 est une assemblée monocamérale, choix justifié par l’unité de la nation et par le refus d’une seconde chambre aristocratique à l’image de l’Angleterre.

  • En 1791, la France compte quatre millions d’électeurs sur 26 millions d’habitants.

  • Le roi est inviolable et sacré, règne selon l’hérédité et prête serment de fidélité à la nation, aux lois et à la Constitution.

  • Le roi peut être déchu dans trois cas :

    • Il viole son serment.
    • Il prend la tête d’une armée contre la nation.
    • Il refuse de rentrer au royaume après l’avoir quitté.
  • Le roi désigne seul les ministres, dirige l’administration et les armées et nomme les fonctionnaires.

Astuce mémo

L’Assemblée propose et vote ; le roi peut sanctionner ou opposer son veto

15. Fonctionnement de la Constitution de 1791

★ À maîtriser

  • La Constitution de 1791 ne s’applique qu’environ dix mois et prend fin après l’insurrection du 10 août 1792, qui renverse la monarchie.

  • La Constitution de 1791 est marquée par un conflit entre le roi, dont la légitimité est héréditaire, et le corps législatif, dont la légitimité repose sur l’élection.

Compléments

  • Le roi Louis XVI utilise cinq fois son veto en dix mois, sans que la Constitution de 1791 limite le nombre de ses usages.

  • La Constitution de 1791 ne crée pas de gouvernement collégial et place les ministres sous l’autorité du roi, qui les nomme et les révoque.

📌 La responsabilité pénale des ministres devant l’Assemblée ne constitue pas une responsabilité politique, même si l’Assemblée utilise cette procédure à des fins politiques.

Astuce mémo

Légitimité royale fragile → veto contesté → blocage politique

16. Chartes de la Restauration

Notions clés & Définitions

  • Régime parlementaire : Un régime parlementaire suppose que le gouvernement s’appuie sur une majorité parlementaire et puisse être politiquement responsable devant elle.

★ À maîtriser

  • La Charte de 1814 affirme un retour à la tradition monarchique et divine, notamment en déclarant le catholicisme religion de l’État à son article 6.

  • La Charte reconnaît notamment les libertés suivantes :

    • L’égalité devant la loi.
    • Les libertés individuelles.
    • La propriété.
    • La sûreté.
  • Sous la Restauration, le suffrage censitaire exige au moins 30 ans et un cens élevé pour voter, et au moins 40 ans pour être éligible.

  • Le parlement de la Charte est bicaméral et comprend une chambre des pairs nommés à vie par le roi, éventuellement héréditaires, et une chambre des députés élue au suffrage censitaire.

  • La Charte répartit la puissance législative entre le roi et les deux chambres, tandis que l’établissement et la perception des impôts nécessitent le consentement des deux chambres et la sanction royale.

Compléments

  • La Restauration s’étend de 1814 à 1848 et voit se succéder Louis XVIII, Charles X de 1824 à 1830, puis Louis-Philippe de 1830 à 1848.

  • La Charte est octroyée par le roi et ne constitue pas un pacte contractuel entre le roi et ses sujets ; le roi ne prête pas serment et tient sa souveraineté du principe dynastique.

  • En 1830, la France compte 88 000 électeurs sur 26 millions d’habitants et seulement 16 000 personnes éligibles.

  • La chambre des pairs vote les lois à égalité avec la chambre des députés, tandis que celle-ci vote notamment les lois et le budget et peut mettre les ministres en accusation pour haute trahison.

  • Le roi nomme et révoque les ministres, qui exposent la politique de leur ministère devant les chambres, mais toutes leurs décisions restent soumises à l’approbation royale.

  • Le roi peut dissoudre la chambre des députés, mais les chambres ne disposent pas du pouvoir de renverser le gouvernement, ce qui déséquilibre les moyens d’action entre les organes.

  • Chateaubriand, dans De la monarchie, affirme que le gouvernement doit disposer de la majorité et marcher avec elle.

  • Dans un régime parlementaire, le chef de l’État passe au second plan tandis que le gouvernement conduit l’action exécutive ; Thiers résume cette position par la formule « le roi règne mais ne gouverne pas ». - Adolphe Thiers

  • Benjamin Constant défend l’idée que le roi doit disposer d’un pouvoir neutre et se limiter à un rôle d’arbitre.

Astuce mémo

Le roi conserve l’initiative ; les chambres gagnent des moyens de contrôle politique

17. Apprentissage du régime parlementaire

★ À maîtriser

  • Une interpellation inscrit à l’ordre du jour une question relative à l’action gouvernementale et peut être suivie d’un vote de confiance ou de défiance.

Compléments

  • L’Adresse est une réponse des chambres au discours du trône et peut servir à contester la politique royale.

  • Les questions posées oralement aux ministres en séance permettent aux chambres de mettre en jeu la responsabilité politique du gouvernement.

  • Le vote du budget peut servir de moyen de pression des chambres sur le gouvernement.

Astuce mémo

Adresse, pétitions, questions, interpellations, budget : moyens de pression sur l’exécutif

Tableaux de synthèse

Contrôle par action et par exception

CritèreVoie d’actionVoie d’exception
DéclenchementHors d’un litigeÀ l’occasion d’un litige
NatureAbstrait et concentréConcret et diffus
Effet sur la loiAbrogation après promulgationÉcartement pour le cas d’espèce
DécisionEffet erga omnesExamen lié au litige

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1. Une commune conclut un contrat de location avec un particulier, puis prend une décision obligatoire concernant l’accès à une place publique au nom de l’intérêt général. Quelle distinction caractérise le mieux ces deux situations ?

2. Quel est l’objet central du droit constitutionnel ?

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Révisez avec les flashcards

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À quels rapports le droit privé s’applique-t-il principalement ?

Aux rapports entre particuliers, notamment contractuels.

Qu’est-ce que la souveraineté de l’État ?

Une puissance indépendante et absolue.

Qui résume le droit constitutionnel par « un esprit, une constitution, une pratique » ?

De Gaule.

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