Fiche de révision : Tentative et responsabilité pénale

Plan du Cours

  1. Classification tripartite des infractions
  2. Légalité et loi pénale dans le temps
  3. Application territoriale de la loi pénale
  4. Actes préparatoires et tentative
  5. Corréité et complicité pénale
  6. Infraction intentionnelle et mobile
  7. Infraction non intentionnelle
  8. Responsabilité pénale des personnes
  9. Conditions de la légitime défense
  10. Troubles mentaux et contrainte
  11. Erreur de droit et excuses absolutoires
  12. Peines applicables aux personnes physiques et morales
  13. Concours des infractions et cumul des peines
  14. Circonstances aggravantes
  15. Récidive pénale
  16. Suspension du prononcé
  17. Peines de remplacement et sursis
  18. Réhabilitation et grâce

Repères chronologiques

  1. 3 avril 2014La Cour de cassation a admis que le vol de documents strictement nécessaires à la défense devant le tribunal du travail pouvait constituer un fait justificatif.
  2. janvier 2018La Cour de cassation a reconnu le statut de lanceur d’alerte aux personnes poursuivies pour avoir extrait des informations dans le cadre de l’affaire LuxLeaks.
  3. 16 mai 2023La loi transpose la directive UE 2019/1937 et prévoit l’irresponsabilité pénale du lanceur d’alerte qui remplit les conditions requises.

1. Classification tripartite des infractions

★ À maîtriser

📌 L’article 1 du Code pénal classe les infractions en contraventions, délits et crimes selon un critère objectif : la peine prévue par la loi.

  • Les contraventions ne sont pas punies d’emprisonnement et sont généralement passibles d’une amende maximale de 250 €, sous réserve d’exceptions légales, notamment certaines infractions au Code de la route pour lesquelles l’amende peut atteindre 500 €.

  • L’action publique se prescrit en principe par 10 ans pour un crime, 5 ans pour un délit et 1 an pour une contravention.

  • La prescription des peines est en principe de 20 ans pour un crime, 5 ans pour un délit et 2 ans pour une contravention.

  • La décriminalisation permet de traiter un crime comme un délit et la décorrectionnalisation permet de traiter un délit comme une contravention, lorsque les circonstances atténuantes justifient une catégorie moins sévère.

Compléments

  • La réhabilitation de droit est prévue par l’article 646 du Code de procédure pénale, tandis que la réhabilitation judiciaire peut être demandée après 5 ans pour une condamnation criminelle et après 3 ans pour une condamnation correctionnelle, une fois la peine entièrement exécutée.

  • Un acte de procédure interrompt le délai de prescription de l’action publique et fait courir un nouveau délai.

  • Les délais de prescription de l’action publique sont déterminés par la peine prévue par le texte répressif, et la décriminalisation ou la décorrectionnalisation ne les modifie pas.

  • Les crimes peuvent être punis de réclusion à temps ou à vie, d’amendes et d’interdictions qui peuvent être obligatoires.

  • Les délits peuvent être punis d’emprisonnement, d’amendes supérieures à 250 € et d’interdictions facultatives.

  • La distinction entre crimes, délits et contraventions détermine notamment les juridictions compétentes, les délais de prescription, les règles de tentative et les conséquences de la récidive.

Astuce mémo

La peine classe l’infraction, pas la gravité ressentie des faits.

2. Légalité et loi pénale dans le temps

Notions clés & Définitions

  • Principe de légalité : Le principe de légalité impose que toute infraction pénale soit prévue par une loi existant au moment des faits et implique la non-rétroactivité de la loi pénale.

★ À maîtriser

📌 La loi pénale s’interprète strictement et ne peut être appliquée par analogie ou induction, mais une interprétation large ou extensive est admise lorsqu’elle est favorable au prévenu.

📌 Une loi pénale plus douce profite toujours au prévenu, tandis qu’une loi pénale plus sévère ne s’applique pas rétroactivement.

Compléments

📌 La non-rétroactivité s’applique aussi aux revirements de jurisprudence défavorables qui n’étaient pas prévisibles, alors qu’un revirement prévisible peut être appliqué.

  • Le principe de légalité est notamment consacré par : l’article 19 de la Constitution luxembourgeoise, l’article 7 de la CEDH, l’article 49 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, l’article 2 du Code pénal

  • La Cour constitutionnelle statue exclusivement sur la conformité des lois à la Constitution, tandis que chaque juridiction peut écarter un règlement ou un arrêté contraire à la loi dans l’affaire qu’elle juge.

Astuce mémo

Loi plus sévère : pas de rétroactivité ; loi plus douce : bénéfice au prévenu.

3. Application territoriale de la loi pénale

Notions clés & Définitions

  • Territorialité de la loi pénale : La territorialité de la loi pénale est un principe d’ordre public selon lequel le juge vérifie sa compétence et applique la loi luxembourgeoise lorsque les conditions légales de rattachement au territoire sont réunies.

★ À maîtriser

  • La pensée criminelle, la résolution et les actes préparatoires ne sont en principe pas punissables, car ils ne constituent pas encore un commencement d’exécution.

  • Selon l’article 7-2 du Code de procédure pénale, la loi luxembourgeoise peut s’appliquer dès qu’un élément constitutif de l’infraction a été commis au Luxembourg.

  • Un Luxembourgeois ou une personne ayant sa résidence habituelle au Luxembourg peut être poursuivi au Luxembourg pour un crime commis à l’étranger, tandis qu’un délit commis à l’étranger exige en principe la double incrimination, une plainte de la victime ou une dénonciation par le parquet étranger compétent, et une décision de poursuite du parquet luxembourgeois.

  • La tentative de crime est toujours punissable en vertu de l’article 52 du Code pénal, tandis que la tentative de délit n’est punissable que si la loi le prévoit expressément conformément à l’article 53.

Compléments

  • Pour une infraction simple ou instantanée, la loi applicable dépend du lieu où l’acte constitutif a été commis, tandis que les infractions continues, successives ou complexes peuvent relever de la loi luxembourgeoise si un élément constitutif s’y déroule.

  • Pour une infraction tentée, le commencement d’exécution doit avoir eu lieu au Luxembourg ; un acte préparatoire commis au Luxembourg ne suffit pas à fonder ce rattachement.

  • La tentative de contravention n’est en principe pas punissable, sauf notamment la tentative de dépassement dangereux expressément prévue par la loi.

  • L’article 7 du Code de procédure pénale prévoit notamment des règles de compétence extraterritoriale pour le terrorisme et certains crimes commis par des étrangers à l’étranger contre la sûreté de l’État, la sécurité publique ou la foi publique luxembourgeoise.

  • En application du principe non bis in idem, une personne ne peut pas être condamnée au Luxembourg pour des faits déjà jugés à l’étranger, et une peine subie à l’étranger est imputée sur la peine prononcée au Luxembourg.

  • La tentative d’escroquerie est punissable parce que l’article 496 du Code pénal emploie le terme « tenter ».

  • Un acte préparatoire peut constituer une infraction autonome, comme la détention d’une arme prohibée, et la loi incrimine parfois certains actes préparatoires, notamment la participation à une organisation criminelle ou la préparation d’actes terroristes visée à l’article 135-14 du Code pénal.

4. Actes préparatoires et tentative

Notions clés & Définitions

  • Tentative : Existe lorsque l’auteur voulait manifestement commettre une infraction, mais n’a pas pu la commettre pour une raison indépendante de sa volonté.

★ À maîtriser

  • La préparation d’un acte terroriste ne se déduit pas automatiquement d’un acte équivoque : le juge peut s’appuyer sur des éléments supplémentaires, comme la construction d’une bombe et la consultation de sites faisant l’apologie d’actes terroristes.

  • Le désistement est volontaire lorsque l’auteur aurait pu commettre l’infraction mais décide de ne pas le faire ; l’arrivée de la police, qui l’empêche d’agir, conduit à retenir la tentative plutôt qu’un désistement volontaire.

  • Selon l’article 52 du Code pénal, la tentative de crime est punie de la peine immédiatement inférieure à celle prévue pour le crime consommé.

Compléments

  • Pour apprécier l’intention de tuer lors d’un choc volontaire avec une voiture ou d’une blessure au couteau, la jurisprudence examine notamment la trajectoire et la zone visée ; une personne visée peut conduire à retenir une tentative de meurtre.

  • L’adhésion à une organisation criminelle ou à une association de malfaiteurs peut constituer une infraction même avant la commission d’un crime.

  • L’article 135-14 du Code pénal réprime la préparation d’un acte terroriste, notamment la préparation d’une bombe ou l’achat de bombes et d’armes.

  • La tentative doit être expressément prévue par la loi pour être punissable.

  • Le repentir actif après une tentative ou une infraction consommée ne supprime pas l’infraction qualifiée, mais peut constituer une circonstance atténuante.

  • Pour une tentative de meurtre puni de réclusion à vie, le juge peut prononcer une réclusion de vingt à trente ans.

  • La tentative de vol avec violence, dont la peine prévue est une réclusion de cinq à dix ans, relève d’un emprisonnement d’au moins trois mois, avec un maximum général de cinq ans.

Astuce mémo

Préparer reste équivoque ; tenter manifeste le passage à l’acte.

5. Corréité et complicité pénale

Notions clés & Définitions

  • Corréité : La corréité désigne la participation à une infraction comme auteur ou coauteur ; le droit ne distingue pas leur répression, même si la jurisprudence emploie parfois « coauteur » pour un participant au rôle moins important.

★ À maîtriser

  • L’auteur ou coauteur accomplit un acte principal sans lequel l’infraction n’aurait pas eu lieu, tandis que le complice apporte une contribution accessoire dont l’infraction aurait pu se passer.

  • L’article 67 du Code pénal incrimine comme complices ceux qui donnent des instructions pour commettre un crime ou un délit, fournissent sciemment des armes ou d’autres moyens destinés à l’infraction, ou aident sciemment l’auteur dans les faits qui la préparent, la facilitent ou la consomment.

  • La peine du complice d’un crime est la peine immédiatement inférieure à celle prévue pour le crime, tandis que, pour un délit, elle ne peut dépasser les deux tiers de la peine prononcée contre l’auteur.

Compléments

📌 Une personne qui profite des violences pour prendre un bien peut être retenue comme auteur d’un vol avec violence, même si elle n’a pas elle-même porté les coups ; si elle prend le bien plus tard, le fait peut relever du recel frauduleux.

  • La corréité suppose quatre éléments :

    • une volonté de participation
    • un acte positif de participation
    • un acte principal punissable
    • un mode de participation incriminé par le Code pénal
  • Les modes de participation incriminés comprennent : les instructions, la fourniture d’armes, d’instruments ou d’autres moyens, l’aide ou l’assistance accessoire, le recèlement habituel de malfaiteurs

  • Lorsque l’auteur n’a commis qu’une tentative de crime et que le prévenu n’est que complice, les deux diminutions successives de peine constituent un double rabais.

Astuce mémo

Acte principal sans lequel l’infraction échoue : auteur ; aide accessoire : complice.

6. Infraction intentionnelle et mobile

Notions clés & Définitions

  • Intention : Volonté consciente de commettre un acte que l’on sait interdit par la loi et constitue un élément de toute infraction intentionnelle.

★ À maîtriser

📌 Le mobile, qui explique pourquoi l’auteur a commis l’infraction, est en principe indifférent à la jurisprudence, contrairement à l’intention, qui est un élément constitutif de l’infraction.

Compléments

  • Le dol simple entraîne la peine ordinaire, tandis que le dol aggravé correspond notamment à la préméditation et entraîne une répression plus sévère.

  • Le dol déterminé correspond au résultat recherché par le délinquant, tandis que le dol indéterminé désigne un résultat qui dépasse son intention, comme la mort causée sans intention de la donner.

  • L’association de malfaiteurs suppose que l’association ait pour but de porter atteinte aux personnes ou aux propriétés.

  • En l’absence de règle spécifique, le dol peut être déduit de la matérialité des faits et des moyens employés, par exemple un coup de couteau porté au cou.

  • Le mobile est notamment pris en compte pour :

    • la discrimination
    • le terrorisme
    • l’association de malfaiteurs
  • Le mobile terroriste peut viser :

    • l’intimidation
    • la contrainte
    • la déstabilisation
  • Le dol général est l’intention abstraite de commettre volontairement un acte que l’on sait interdit par la loi, tandis que le dol spécial est une volonté criminelle spécifique, par exemple l’homicide ou le vol.

  • Par un arrêt du 25 février 2010, la Cour de cassation a abandonné les infractions matérielles en exigeant un élément moral même lorsque l’incrimination ne l’énonce pas expressément.

7. Infraction non intentionnelle

Notions clés & Définitions

  • Faute non intentionnelle : Comportement qui cause un dommage sans que le prévenu ait voulu ni recherché le résultat.

★ À maîtriser

📌 Toute faute directe ou indirecte peut engager la responsabilité pénale si les juridictions établissent un lien de causalité certain entre la faute et le dommage.

  • Les deux infractions non intentionnelles mentionnées sont les coups et blessures involontaires et l’homicide involontaire.

Compléments

  • L’imprudence consciente, ou faute avec prévoyance, existe lorsque l’agent a conscience du risque, tandis que l’imprudence inconsciente, ou faute sans prévoyance, est illustrée par l’erreur d’un médecin ou la chute d’un marteau depuis un échafaudage.

  • La preuve de la faute pénale incombe au ministère public.

  • La constatation d’une faute pénale entraîne automatiquement la faute civile, sans que la partie civile ait à prouver de nouveau cet élément.

  • La preuve du lien de causalité incombe au ministère public et ne fait l’objet d’aucune présomption.

8. Responsabilité pénale des personnes

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité pénale personnelle : N’engage que les personnes ayant elles-mêmes accompli un acte de participation prévu par la loi ou causé un dommage par défaut de prévoyance ou imprudence.
  • Dirigeant de fait : Dirige réellement l’entreprise sans figurer comme dirigeant dans les documents sociétaires.

★ À maîtriser

📌 La responsabilité pénale du chef d’entreprise peut être engagée si sa propre faute a contribué à l’infraction commise par un préposé et si un lien causal existe entre cette faute et l’infraction.

📌 Selon l’article 34 du Code pénal, la responsabilité pénale d’une personne morale peut être engagée pour un crime ou un délit commis en son nom et dans son intérêt par un de ses organes légaux, un dirigeant de fait ou une personne agissant comme membre d’un organe exerçant un pouvoir de direction.

Compléments

  • En cas de circonstance aggravante réelle, plusieurs participants peuvent être condamnés pour celle-ci lorsqu’ils en ont profité, même si tous n’ont pas personnellement accompli les actes qui la constituent.

  • La jurisprudence exige que l’infraction du préposé soit liée à l’entreprise ou commise dans son intérêt pour engager la responsabilité pénale du chef d’entreprise.

  • Une délégation de pouvoirs valable exonère le chef d’entreprise de sa responsabilité pénale ; une décharge accordée au dirigeant par les organes statutaires n’a aucun effet.

  • La responsabilité pénale d’une personne morale n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices de la même infraction.

  • La responsabilité pénale personnelle concerne l’auteur ou le coauteur, le complice et l’auteur d’une infraction non intentionnelle.

  • Une délégation de pouvoirs valable doit :

    • être effective
    • être expresse et publique
    • donner au délégué des moyens réels
    • faire l’objet d’un contrôle effectif

9. Conditions de la légitime défense

★ À maîtriser

  • Le commandement de l’autorité légitime ne justifie pas un acte lorsque l’ordre reçu est manifestement illégal ; la personne qui le reçoit doit vérifier qu’il ne présente pas ce caractère.

  • La légitime défense suppose une attaque injuste, une riposte concomitante, nécessaire et proportionnée.

  • Une riposte disproportionnée ne relève pas de la légitime défense : répondre par un coup de poing à une gifle est donné comme exemple de disproportion.

  • Une provocation verbale, même grave, ne justifie jamais des coups au titre de la légitime défense, qui suppose une attaque physique.

Compléments

  • Une riposte concomitante répond immédiatement à l’agression, contrairement à une revanche exercée plus tard sur les lieux.

  • La pratique d’un sport n’est pas une infraction lorsque les coups portés respectent les règles applicables ; leur violation peut permettre de poursuivre l’auteur pour coups et blessures volontaires.

  • Les blessures causées par un chirurgien ne constituent pas une infraction lorsqu’elles sont réalisées dans le but de soigner le patient et de pratiquer la médecine.

  • Pour les crimes de guerre ou d’agression, la justification fondée sur l’ordre reçu suppose que la personne ait l’obligation légale d’obéir, ignore l’illégalité de l’ordre et que celui-ci ne soit pas manifestement illégal.

  • La riposte n’est pas nécessaire si la personne pouvait quitter les lieux plutôt que se défendre.

  • La personne qui invoque la légitime défense doit en apporter la preuve, sauf en présence d’une présomption de légitime défense.

  • Une présomption de légitime défense est prévue lorsqu’une personne entre par effraction, la nuit, dans une maison habitée ; elle peut être renversée par le parquet selon les circonstances.

  • Les situations de justification évoquées comprennent :

    • l’ordre ou l’autorisation de la loi
    • le commandement de l’autorité légitime
    • certaines actions policières
    • la privation de liberté
    • les perquisitions
    • les écoutes
    • les infiltrations
    • l’ordre ou l’autorisation de la coutume
    • les pratiques sportives
    • les actes médicaux

10. Troubles mentaux et contrainte

Notions clés & Définitions

  • Trouble mental : Trouble psychique ou neuropsychique susceptible d’influer sur le discernement ou le contrôle des actes d’un individu.
  • Contrainte : Circonstances physiques ou morales, externes ou internes, qui poussent à commettre volontairement un acte répréhensible.

★ À maîtriser

  • L’abolition totale du discernement peut entraîner l’irresponsabilité pénale, tandis que son altération peut seulement atténuer la peine.

  • L’irresponsabilité pénale exclut la peine, mais n’exclut pas la responsabilité civile.

  • L’article 71-2 du Code pénal exclut la responsabilité pénale de la personne qui agit sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister.

Compléments

  • La contrainte physique externe provient de circonstances de fait, tandis que la contrainte physique interne peut résulter d’un malaise, d’un endormissement ou d’une crise d’éternuement.

  • La contrainte morale externe résulte d’une menace déterminante d’un tiers, tandis que la contrainte morale interne peut résulter d’un état craintif ou émotionnel.

  • L’ivresse ou la consommation de drogue ne peut en principe entraîner l’irresponsabilité pénale lorsque la personne s’est elle-même mise dans cet état.

  • La force majeure suppose une situation imprévisible, irrésistible et insurmontable et exclut, les responsabilités pénale et civile.

  • Le trouble mental doit avoir existé au moment de l’infraction pour pouvoir justifier l’irresponsabilité pénale.

  • En matière criminelle, la nomination d’un expert pour évaluer le trouble mental est systématique, sauf notamment pour le faux et l’usage de faux.

  • Si le trouble mental persiste et que la personne présente un danger, une mesure de sûreté de placement peut être prise et maintenue aussi longtemps que le trouble existe.

  • Pour évaluer un trouble mental, le juge demande si le trouble existait au moment des faits, s’il a aboli ou altéré le discernement, et s’il persiste au moment du jugement ou de l’instruction.

Astuce mémo

Trouble mental : discernement aboli ou altéré ; contrainte : force à laquelle l’agent ne peut résister.

11. Erreur de droit et excuses absolutoires

★ À maîtriser

📌 L’erreur de droit peut être retenue si elle est invincible, si l’agent a entrepris les diligences nécessaires pour connaître le droit et si des informations erronées lui ont été fournies.

Compléments

  • L’excuse absolutoire liée à l’abus de confiance ne s’applique pas à l’abus de faiblesse, qui constitue une infraction autonome.

  • L’erreur de droit suppose la bonne foi et ne peut être invoquée lorsque l’agent savait que l’autorisation obtenue était erronée.

  • Il n’y a pas de vol entre ascendants, descendants et époux en raison de l’excuse absolutoire liée à la paix familiale.

  • L’article 452 du Code pénal exclut les poursuites répressives pour les discours ou écrits d’un avocat devant le tribunal, sauf notamment s’ils insultent ou menacent des juges.

  • Le lanceur d’alerte doit dénoncer des actes ou omissions illicites, ou des actes contraires à l’objet ou à la finalité du droit national ou européen d’application directe.

  • L’article 71-1 du Code pénal permet aux juridictions du fond de tenir compte de circonstances atténuantes sans être liées au barème de l’article 74 du Code pénal pour fixer la peine.

  • Les excuses absolutoires fondées sur l’entraide ou la paix familiales concernent notamment l’évasion de détenus, le recel de cadavre, le vol, l’abus de confiance et l’escroquerie.

  • Des excuses absolutoires destinées à encourager la dénonciation sont prévues notamment aux articles 136, 192, 326, 135-7, 135-8 et 134 du Code pénal pour les infractions qui y sont visées.

12. Peines applicables aux personnes physiques et morales

★ À maîtriser

📌 La confiscation par équivalent permet de confisquer un bien de valeur équivalente lorsque le produit de l’infraction a été dépensé ou a disparu.

  • Les peines privatives de liberté pour les crimes sont la réclusion à vie ou des peines de 20 à 30, 15 à 20, 10 à 15 ou 5 à 10 ans ; les délits sont punis de 8 jours à 5 ans, avec des exceptions pouvant aller jusqu’à 10 ans, et les contraventions n’emportent aucune peine privative de liberté.

  • Les amendes des personnes physiques sont d’au moins 250 € pour les crimes et les délits, et d’au plus 250 € pour les contraventions.

  • Les articles 35 à 38 du Code pénal prévoient pour les personnes morales l’amende, la confiscation spéciale, l’exclusion des marchés publics et la dissolution, mais aucune peine privative de liberté.

Compléments

📌 La dissolution peut être prononcée contre une société créée dans le but de commettre une infraction.

  • Un travail d’intérêt général peut remplacer une peine d’emprisonnement inférieure à 6 mois, dure de 40 à 240 heures, exige la présence et l’accord du prévenu, doit commencer dans les 6 mois suivant la décision et s’exécuter dans les 24 mois.

  • Le montant de l’amende est déterminé selon les circonstances de l’infraction ainsi que les ressources et les charges du prévenu.

  • La contrainte par corps correspond à 100 € par jour d’emprisonnement en cas de non-paiement de l’amende.

  • La confiscation de valeur existe depuis 2022 et peut notamment être exécutée sur un salaire ou un héritage.

  • En matière de terrorisme et de blanchiment, des biens destinés à commettre une infraction peuvent être confisqués même s’ils appartiennent à un tiers.

  • Pour une personne morale, l’amende criminelle va de 500 € à 750 000 €, tandis que l’amende correctionnelle a un minimum de 500 € et un maximum égal au double de l’amende prévue pour une personne physique.

  • Le taux de l’amende des personnes morales est quintuplé pour certaines infractions, notamment le trafic de stupéfiants et le blanchiment.

  • La CRF peut bloquer les comptes, puis transmettre un courrier au parquet afin qu’il prononce la saisie des fonds, ensuite gérés par le Bureau de gestion des avoirs saisis et confisqués.

13. Concours des infractions et cumul des peines

★ À maîtriser

📌 En concours de contraventions, les peines se cumulent ; en concours de délits, seule la peine la plus forte est en principe prononcée, avec une possibilité de l’élever jusqu’au double de son maximum sans dépasser le cumul des peines maximales.

📌 En concours de crimes, seule la peine la plus forte est prononcée, mais le juge peut l’augmenter de cinq ans s’il estime le comportement particulièrement grave.

Compléments

  • Lorsqu’un même fait constitue plusieurs infractions, seule la peine la plus forte est retenue si l’infraction la plus grave couvre les autres, comme un délit couvrant les contraventions qui décrivent la faute.

  • En concours de délits, le cumul des peines ne peut pas conduire à une peine maximale moins favorable que le cumul des peines maximales prévues pour les délits commis.

  • En cas de concours entre un crime, un délit et une contravention, seule la peine la plus forte est prononcée ; les délits et contraventions ne sont pas ajoutés à la peine criminelle.

  • Un crime décriminalisé est traité comme un délit pour les règles de concours et est puni d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans.

  • La peine la plus forte s’apprécie selon :

    • La peine privative de liberté la plus élevée
    • L’amende la plus élevée
    • La peine prévue pour le crime

Astuce mémo

Contraventions : cumul ; délits : peine la plus forte, parfois relevée ; crimes : peine la plus forte, parfois augmentée de cinq ans.

14. Circonstances aggravantes

Notions clés & Définitions

  • Circonstances aggravantes : Circonstances de fait expressément prévues par la loi qui entraînent une augmentation légale de la peine.

★ À maîtriser

  • Les circonstances aggravantes réelles tiennent notamment aux violences ou menaces, à la gravité des blessures, à la condition de la victime, au lieu de l’infraction, à l’escalade, à l’effraction ou aux fausses clés, tandis que les circonstances personnelles tiennent au lien de parenté ou de subordination et à la qualité de l’auteur.

  • Les circonstances aggravantes réelles s’appliquent aux auteurs et coauteurs qui en ont profité, tandis que les circonstances personnelles ne s’appliquent qu’à l’auteur concerné.

  • Pour un vol avec violences ou menaces dans une maison habitée, la peine est de 15 ans de réclusion en présence d’une circonstance aggravante prévue, et de 20 ans en présence de deux de ces circonstances.

Compléments

  • Pour un vol avec violences ou menaces ayant causé une maladie paraissant incurable, une incapacité permanente de travail personnel, la perte de l’usage absolu d’un organe ou une mutilation grave, la peine peut atteindre 20 ans de réclusion.

  • Les circonstances aggravantes prévues pour ce vol sont : l’effraction, l’escalade ou les fausses clés, la commission par un fonctionnaire public à l’aide de ses fonctions, l’usurpation du titre ou des insignes d’un fonctionnaire ou l’allégation d’un faux ordre public, la commission de nuit par au moins deux personnes, l’emploi ou la présentation d’armes

Astuce mémo

Réelles : elles se transmettent aux coauteurs qui en profitent ; personnelles : elles restent propres à leur auteur.

15. Récidive pénale

★ À maîtriser

  • La récidive suppose une condamnation définitive antérieure suivie d’une nouvelle infraction, tandis que le concours d’infractions concerne plusieurs infractions commises avant toute condamnation pour celles-ci.

  • Après une première condamnation pour crime, une nouvelle infraction criminelle peut entraîner une récidive sans limitation dans le temps ; l’application est obligatoire si le nouveau crime est puni de plus de 15 ans de réclusion et facultative s’il est puni de moins de 15 ans.

  • Après une condamnation pour délit, la récidive délictuelle est facultative, limitée aux cinq ans suivant l’exécution ou la prescription de la peine, et peut permettre de doubler le maximum de la peine.

Compléments

  • En cas de récidive entre crimes, les peines sont aggravées par tranches : 5 à 10 ans deviennent 10 à 15 ans, 10 à 15 ans deviennent 15 à 20 ans, et 15 à 20 ans ont un minimum porté à 17 ans.

  • Après une première condamnation pour crime, la récidive suivie d’un délit n’a pas de disposition spécifique, tandis qu’après une première condamnation pour délit, une nouvelle infraction criminelle ne constitue pas une récidive spécifique.

  • Pour la récidive de la même contravention, le juge doit prononcer le maximum de l’amende ; l’exemple donné est une amende maximale de 250 € après une première amende de 25 € pour un ticket de parking impayé.

  • Les condamnations prononcées à l’étranger sont prises en compte pour la récidive en vertu de l’article 7-5 du CPP.

  • En cas de récidive, les amendes prévues pour les personnes physiques peuvent être multipliées par quatre, contre deux en l’absence de récidive, selon les articles 57-2 et 57-3 du CP.

Astuce mémo

Récidive : condamnation définitive antérieure ; concours : plusieurs infractions sans condamnation préalable.

16. Suspension du prononcé

Notions clés & Définitions

  • Suspension du prononcé : Décision par laquelle le juge retient la culpabilité du prévenu sans prononcer de peine contre lui.

★ À maîtriser

  • Les circonstances atténuantes objectives concernent notamment la faiblesse du trouble à l’ordre public et le comportement fautif de la victime, tandis que les circonstances subjectives concernent notamment l’absence d’antécédents judiciaires et la situation personnelle de l’auteur.

  • Selon l’article 74 du CP, les circonstances atténuantes peuvent remplacer la réclusion à vie par une réclusion à temps d’au moins 15 ans, la réclusion de 20 à 30 ans par une réclusion d’au moins 10 ans, et celle de 15 à 20 ans par une réclusion d’au moins 5 ans.

  • La suspension du prononcé exige que l’infraction soit établie, que le prévenu n’ait pas été antérieurement condamné à une peine d’emprisonnement ou à une amende sans sursis, que les faits ne soient pas de nature à entraîner plus de 2 ans d’emprisonnement et que le prévenu y consente.

Compléments

  • Le procureur d’État peut anticiper une décriminalisation, recourir à une mini-instruction ou choisir de ne pas saisir le juge d’instruction.

  • Selon l’article 74 du CP, une réclusion de 10 à 15 ans peut être remplacée par une réclusion de 5 à 10 ans ou par un emprisonnement d’au moins 3 ans, et une réclusion de 5 à 10 ans par un emprisonnement d’au moins 3 mois.

  • Selon l’article 78 du CP, avec des circonstances atténuantes, l’emprisonnement peut ne pas être prononcé et l’amende peut être réduite sous 251 € sans descendre sous 25 €.

  • Les juridictions du fond peuvent ordonner la suspension du prononcé d’office, à la demande du procureur d’État ou à la demande du prévenu, mais l’accord de celui-ci reste nécessaire.

  • La révocation de la suspension du prononcé est obligatoire après une condamnation à une peine d’emprisonnement ferme de plus de 6 mois et facultative après une peine ferme inférieure à 6 mois ; la peine prononcée pour l’infraction suspendue ne peut alors excéder 2 ans d’emprisonnement.

  • Les juridictions du fond retiennent principalement les circonstances atténuantes pour réduire la peine, et les juridictions d’instruction peuvent s’en servir pour décriminaliser ou décorrec­tionnaliser les faits.

  • La durée de la suspension du prononcé est comprise entre 1 et 5 ans, et elle peut être assortie d’un sursis probatoire.

  • La suspension du prononcé met fin aux poursuites, mais le prévenu reste condamné aux frais et le tribunal demeure compétent pour l’action civile.

  • La suspension du prononcé ne figure pas au casier judiciaire.

17. Peines de remplacement et sursis

★ À maîtriser

📌 Le sursis simple suspend l’exécution de la peine sans condition particulière autre que l’absence d’une nouvelle infraction, tandis que le sursis probatoire subordonne son bénéfice au respect d’obligations imposées au condamné.

📌 Un sursis probatoire peut être envisagé lorsque la personne a déjà été condamnée à une peine d’emprisonnement, avec ou sans sursis, inférieure à 1 an.

  • Pour éviter une peine d’emprisonnement, les options citées sont : les travaux d’intérêt général, la suspension du prononcé, le prononcé d’une amende à la place de l’emprisonnement selon l’article 20 du CP, la décorrec­tionnalisation, les peines de substitution prévues par l’article 21 du CP

  • Les délais de mise à l’épreuve du sursis simple sont de 7 ans pour les peines criminelles, de 5 ans pour les peines délictuelles et de 2 ans pour les peines de police.

Compléments

📌 Une condamnation antérieure assortie du sursis simple exclut en principe un nouveau sursis simple, mais peut laisser la possibilité d’un sursis probatoire ; pour les personnes morales, une amende antérieure avec ou sans sursis exclut un nouveau sursis.

  • Les peines de substitution mentionnées comprennent l’interdiction ou la limitation du droit de conduire certains véhicules pendant 5 ans ou plus, la confiscation d’un ou plusieurs véhicules appartenant au prévenu et l’interdiction de détenir une arme.

  • Les conditions obligatoires du sursis probatoire sont : répondre aux convocations des agents du SCAS, accepter leurs visites, attester tout changement d’emploi ou de résidence

  • Les obligations facultatives du sursis probatoire peuvent porter sur : la contribution aux charges familiales, l’établissement de la résidence dans un lieu déterminé, la réparation des dommages, le suivi d’obligations professionnelles, la consultation de contenus pédopornographiques dans les situations évoquées

  • La période probatoire dure de 3 à 5 ans.

  • Le sursis peut porter sur tout ou partie d’une peine, et les peines assorties d’un sursis peuvent se cumuler avec une nouvelle condamnation si le condamné récidive.

  • En cas de manquement au sursis probatoire, le SCAS informe le parquet général, qui peut avertir la personne avant de faire prononcer la peine si le manquement persiste.

18. Réhabilitation et grâce

★ À maîtriser

📌 La réhabilitation légale prévue à l’article 646 du CP s’applique automatiquement, tandis que la réhabilitation judiciaire peut être demandée après exécution de la peine, après 3 ans pour un délit et 5 ans pour un crime.

Compléments

📌 Le grand-duc peut accorder une grâce en vertu de la Constitution, notamment pour aménager une interdiction de conduire en autorisant les trajets professionnels qui n’étaient pas permis par la condamnation initiale.

  • La réhabilitation judiciaire vise à effacer la mention de la condamnation au casier judiciaire afin que la personne soit traitée comme n’ayant jamais été condamnée.

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1. Une personne arrache un téléphone avec violence, mais les circonstances atténuantes conduisent à retenir une peine prévue pour un délit. Selon quel critère la catégorie de l’infraction est-elle déterminée ?

2. Des circonstances atténuantes conduisent à traiter un délit comme une contravention. Quel mécanisme est alors mis en œuvre ?

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Selon l’article 1 du Code pénal, quel critère distingue les catégories d’infractions ?

La peine prévue par la loi.

Quel délai de prescription de l’action publique s’applique en principe à un crime ?

10 ans.

Qu’exige le principe de légalité pénale quant à l’infraction et au moment des faits ?

L’infraction doit être prévue par une loi existant au moment des faits.

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