★ À maîtriser
📌 Le droit objectif est l’ensemble des règles qui organisent la vie en société, tandis que le droit subjectif est une prérogative individuelle tirée de ces règles.
Le droit tend vers un idéal de justice et contribue à organiser les rapports sociaux.
Le droit présuppose l’existence d’une société et contribue à instaurer des liens sociaux entre ses membres.
Compléments
Le droit traduit des choix politiques concernant l’organisation de la société.
Chaque État possède son propre droit et ses institutions, de sorte qu’il n’existe pas un ordre juridique étatique unique.
Droit objectif : organiser la société ; droit subjectif : prérogative d’un sujet.
★ À maîtriser
La règle de droit prescrit une conduite à suivre, tandis que le constat porte sur une conduite observée dans la réalité.
Une règle de droit doit avoir une portée normative et prescriptive ; une disposition seulement descriptive peut être censurée par le Conseil constitutionnel.
Une règle d’ordre public s’impose aux destinataires, tandis qu’une règle supplétive s’applique en l’absence d’expression de volonté contraire.
Compléments
La règle prescrit ce qui doit être, tandis que le fait décrit ce qui est.
★ À maîtriser
📌 La morale prescrit le bien et le mal et relève d’une exigence intérieure, tandis que le droit vise l’organisation collective et peut être imposé par une sanction étatique.
📌 Les règles religieuses ont une vocation spirituelle et une sanction interne, tandis que les règles juridiques ont une vocation temporelle et matérielle et peuvent être imposées par la contrainte publique.
Compléments
📌 La morale de l’obligation porte sur les devoirs, tandis que la morale de la vertu ou d’aspiration vise l’excellence et le bonheur au-delà de la règle.
📌 Le port de tenues manifestant une appartenance religieuse peut être prohibé au travail si cette restriction est justifiée par la nature des tâches à accomplir.
📌 Les règles de politesse prescrivent des comportements sociaux, mais ne sont pas assorties en elles-mêmes de la contrainte étatique propre au droit.
Droit : contrainte publique ; morale : exigence intérieure.
★ À maîtriser
📌 Le droit naturel désigne des règles idéales supérieures au droit positif, tandis que le droit positif regroupe les règles en vigueur dans un État donné.
Compléments
Grotius rattache le droit à la nature humaine et à la liberté, et l’utilise pour fonder la légitimité du pouvoir et le pacte social.
Hans Kelsen développe une théorie pure du droit qui traite le droit comme un système de normes et distingue la science juridique de la science politique.
Les principales branches du positivisme présentées sont :
Le positivisme est critiqué parce qu’il peut déconnecter le droit de la justice et de l’éthique et légitimer l’application de lois injustes.
Droit naturel supérieur au droit positif ; positivisme centré sur le droit établi.
★ À maîtriser
Compléments
📌 Aristote distingue la justice commutative de la justice distributive.
★ À maîtriser
Le droit public régit les relations impliquant une personne publique, tandis que le droit privé réglemente les relations entre personnes privées.
Le droit international public régit les relations entre États et l’étude des organisations internationales, tandis que le droit international privé détermine le droit applicable aux personnes privées dans des relations juridiques internationales.
Le droit substantiel répartit les droits et obligations, tandis que le droit processuel organise leur mise en œuvre procédurale.
Compléments
Le dualisme juridictionnel distingue les juridictions administratives compétentes pour le droit public et les juridictions judiciaires compétentes pour le droit privé.
Le droit public comprend notamment le droit constitutionnel, administratif et des finances publiques, tandis que le droit privé comprend notamment le droit civil, social, de la concurrence et de la consommation.
★ À maîtriser
📌 L’exégèse interprète littéralement le texte pour rechercher l’intention du législateur, tandis que la libre recherche scientifique adapte l’interprétation au but de la règle et aux faits nouveaux.
Les exceptions s’interprètent strictement, et l’interprète ne doit pas distinguer là où la loi ne distingue pas.
🔄 Le syllogisme juridique enchaîne :
Compléments
Les arguments d’interprétation comprennent : l’argument d’analogie, qui applique une règle à une situation jugée similaire, l’argument a fortiori, qui raisonne à plus forte raison, l’argument a contrario, qui déduit une solution inverse d’une formulation négative
Pour statuer, le juge choisit la règle de droit applicable aux faits et peut construire un raisonnement qui donne l’apparence d’un syllogisme sans en suivre réellement la logique.
Qualifier les faits, interpréter la règle, puis conclure par syllogisme.
★ À maîtriser
📌 Le règlement européen est directement applicable et s’applique uniformément dans les États de l’Union, tandis que la directive lie les États quant au résultat à atteindre.
📌 La primauté du droit de l’Union impose d’écarter une norme nationale contraire, tandis que l’effet direct permet à un particulier d’invoquer une norme européenne devant un tribunal si ses dispositions sont claires et inconditionnelles.
Compléments
Le bloc de constitutionnalité comprend les normes constitutionnelles de référence, dont les droits fondamentaux consacrés par le préambule de la Constitution.
Un traité international est conclu par écrit entre États et régi par le droit international ; certaines de ses dispositions peuvent être invoquées devant les tribunaux si elles sont directement applicables aux particuliers.
Une pyramide place les normes supra-législatives au-dessus des lois, elles-mêmes au-dessus des règlements.
★ À maîtriser
📌 Une loi impérative s’impose sans possibilité de dérogation, une loi supplétive s’applique faute de volonté exprimée et une loi dispositive laisse un choix aux citoyens qui doivent l’exprimer explicitement.
Compléments
L’inflation législative, favorisée notamment par la complexification de la société, peut dégrader la qualité des lois et leur sécurité juridique.
Les décrets peuvent être délibérés en Conseil des ministres, soumis à l’avis du Conseil d’État ou être des décrets simples.
📌 Les décrets autonomes interviennent dans le domaine réglementaire propre, tandis que les décrets d’application précisent les modalités d’application d’une loi.
Les arrêtés sont des actes exécutoires à portée générale ou individuelle pris par des ministres ou d’autres autorités administratives et sont subordonnés aux décrets.
Les textes réglementaires doivent respecter les textes législatifs supérieurs, et leur légalité peut être contestée devant les juridictions à l’occasion d’un litige.
Loi impérative : on ne peut y déroger ; loi supplétive : elle s’applique faute de volonté contraire.
★ À maîtriser
L’usage est une pratique répétée sans sentiment d’obligation, tandis que la coutume associe la répétition à la conviction qu’elle est obligatoire.
La coutume secundum legem suit une délégation de la loi, la coutume praeter legem intervient dans le silence de la loi et la coutume contra legem s’oppose à la loi.
En droit continental, la loi écrite est la source principale et la jurisprudence une source complémentaire, tandis qu’en common law la jurisprudence constitue une source principale et obligatoire selon la règle du précédent, ou stare decisis.
Compléments
Les usages peuvent être locaux, familiaux ou commerciaux, comme la lex mercatoria.
La jurisprudence interprète, complète et précise la loi et peut parfois créer une règle en cas de vide juridique.
Usage : pratique répétée ; coutume : pratique accompagnée d’un sentiment d’obligation.
★ À maîtriser
📌 L’article 4 du Code civil oblige le juge à statuer même si la loi est silencieuse ou incomplète, tandis que l’article 5 lui interdit de rendre des dispositions générales et réglementaires.
📌 L’article 12-1 du Code de procédure civile impose au juge de trancher le litige conformément aux règles de droit applicables, plutôt que selon son seul sentiment de justice.
Compléments
En France, la jurisprudence est une source complémentaire mais incontournable du droit et peut consacrer un usage ou une coutume avant sa légalisation.
La répétition des décisions jurisprudentielles contribue à la sécurité juridique en formant une jurisprudence constante.
En France, les débats sur le pouvoir créateur des juges s’expliquent notamment par le souvenir des arrêts de règlement de l’Ancien Régime, qui menaçaient la séparation des pouvoirs et la sécurité juridique.
En 1991, en l’absence de texte sur les conventions de mère porteuse, les juges les ont jugées illicites en s’appuyant notamment sur l’indisponibilité de l’état des personnes et la fraude à l’adoption.
Le 17 novembre 2000, l’assemblée plénière de la Cour de cassation a admis la réparation du préjudice d’être né handicapé dans l’arrêt Perruche ; la loi du 4 mars 2002 a ensuite disposé que nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance.
L’article 9 du Code civil garantit le respect de la vie privée sans définir cette notion, que la jurisprudence précise.
📌 La marge d’interprétation du juge est faible lorsque la loi est détaillée et forte lorsqu’elle utilise des standards comme la bonne foi, la vie privée ou l’intérêt de l’enfant, ou des règles générales comme l’article 1240 du Code civil.
Loi silencieuse → le juge doit statuer → une règle jurisprudentielle peut émerger.
★ À maîtriser
📌 En France, une règle jurisprudentielle n’est obligatoire que dans l’instance où elle a été formulée ; l’article 1351 du Code civil rattache cette limite à la relativité de la chose jugée.
Compléments
La hiérarchie des juridictions renforce l’autorité pratique de la jurisprudence, car les décisions des juges inférieurs risquent la censure lorsqu’elles contredisent l’interprétation des juridictions supérieures.
Sur une question de droit nouvelle, difficile à interpréter et susceptible de se reproduire, un juge inférieur peut demander un avis consultatif au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, généralement suivi en pratique.
La jurisprudence peut inciter le législateur à confirmer ou à infirmer une solution jurisprudentielle, comme l’illustre la légalisation du changement juridique de sexe après la jurisprudence de 1992 et l’interdiction des mères porteuses après celle de 1991.
En common law, le précédent oblige ; en France, il influence sans lier les autres juges.
★ À maîtriser
📌 Les arrêts de principe énoncent une règle abstraite et généralisable, tandis que les arrêts d’espèce sont liés aux faits particuliers et ne créent pas de règle jurisprudentielle générale.
📌 Le juge peut exceptionnellement moduler les effets temporels d’un revirement lorsque sa rétroactivité aurait des conséquences excessives, notamment en privant une partie de son accès au juge.
Compléments
📌 L’article 6-1 de la CEDH protège le droit d’accès au juge au titre du droit à un procès équitable.
★ À maîtriser
📌 En France, le juge doit statuer sur le cas particulier qui lui est soumis et ne peut pas prononcer une disposition générale et réglementaire, conformément à l’article 5 du Code civil.
Compléments
L’arrêt de principe guide les juges sans les obliger ; l’arrêt de règlement imposait une règle générale et est interdit.
| Système | Finalité | Sanction |
|---|---|---|
| Droit | Organisation collective | Contrainte publique |
| Morale | Bien, devoir et vertu | Exigence intérieure |
| Religion | Vocation spirituelle | Sanction interne |
| Politesse | Comportement social | Pas de contrainte étatique propre |
| Décision | Portée | Effet |
|---|---|---|
| Arrêt de principe | Règle nouvelle ou interprétation importante | Guide les juges sans les obliger |
| Arrêt d’espèce | Cas lié à des faits particuliers | Pas de portée générale |
| Arrêt de règlement | Règle générale imposée par les juges | Interdit en France par l’article 5 du Code civil |
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