QCM : L’application de la loi dans le temps (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’effet de la promulgation d’une loi par le Président de la République ?

Elle détermine la durée pendant laquelle la loi restera applicable.
Elle atteste l’existence de la loi et ordonne aux autorités publiques de l’observer et de la faire observer.
Elle insère la loi au Journal officiel et fixe la date de sa mise en application.
Elle autorise les juridictions à appliquer la loi avant sa publication officielle.

Elle atteste l’existence de la loi et ordonne aux autorités publiques de l’observer et de la faire observer.

Explication

Par la promulgation, le Président de la République atteste l’existence de la loi et ordonne aux autorités publiques de l’observer et de la faire observer. L’insertion au Journal officiel relève de la publication, qui est une étape distincte.

2. Une loi est promulguée et publiée le 10 juin, mais ses dispositions finales fixent son entrée en vigueur au 1er juillet : quand devient-elle applicable ?

Après une décision judiciaire confirmant la publication officielle.
À la date de promulgation, car celle-ci déclenche l’application de la loi.
Le 1er juillet, car l’entrée en vigueur peut être postérieure à la publication.
Le 10 juin, car la publication rend immédiatement la loi applicable.

Le 1er juillet, car l’entrée en vigueur peut être postérieure à la publication.

Explication

L’entrée en vigueur suppose que la loi soit promulguée et publiée, mais ne coïncide pas nécessairement avec la date de publication. Ici, la date fixée dans les dispositions finales est le 1er juillet.

3. Quelle distinction caractérise les lois de moratoire et les lois expérimentales ?

Les moratoires suppriment définitivement les lois ordinaires, tandis que les lois expérimentales les rétablissent après la crise.
Les moratoires testent une règle pour une durée déterminée, tandis que les lois expérimentales suspendent les lois ordinaires pendant une crise.
Les moratoires suspendent des lois ordinaires pendant une crise, tandis que les lois expérimentales testent une règle pour une durée déterminée.
Les moratoires prolongent les lois ordinaires après la crise, tandis que les lois expérimentales fixent leur date de publication.

Les moratoires suspendent des lois ordinaires pendant une crise, tandis que les lois expérimentales testent une règle pour une durée déterminée.

Explication

Une loi de moratoire suspend l’application des lois ordinaires pendant une période de crise, alors qu’une loi expérimentale teste une règle pour une durée déterminée et peut être pérennisée si elle est efficace. Inverser ces fonctions confond la suspension liée à la crise avec l’expérimentation temporaire.

4. Quelles conséquences l’abrogation d’une loi produit-elle sur ses effets passés ?

Elle remplace la loi par un décret qui reprend ses effets antérieurs.
Elle annule les effets passés et maintient la loi applicable pour l’avenir.
Elle suspend la loi pendant une crise tout en préservant ses effets futurs.
Elle supprime la loi pour l’avenir sans effacer rétroactivement les effets déjà produits.

Elle supprime la loi pour l’avenir sans effacer rétroactivement les effets déjà produits.

Explication

L’abrogation met fin à l’application de la loi pour l’avenir sans effacer rétroactivement les effets qu’elle a déjà produits. L’annulation des effets passés correspond à une remise en cause rétroactive, et non à la définition de l’abrogation.

5. Dans la théorie de Paul Roubier, qu’est-ce qu’une situation juridique ?

Un droit déjà acquis que la loi nouvelle ne peut remettre en cause.
Un ensemble de faits antérieurs soumis aux règles en vigueur au moment où ils se produisent.
Une situation comportant une phase de constitution ou d’extinction, puis une phase de production des effets.
Une simple expectative de droit susceptible d’être supprimée par la loi nouvelle.

Une situation comportant une phase de constitution ou d’extinction, puis une phase de production des effets.

Explication

Roubier utilise la notion de situation juridique, qui comprend une phase de constitution ou d’extinction et une phase où elle produit ses effets. Le droit acquis appartient à la distinction classique entre droits acquis et expectatives, que cette approche remplace.

6. Quelle condition le Conseil constitutionnel a-t-il posée, dans sa décision du 18 décembre 1998, pour admettre une disposition rétroactive ?

Elle doit être approuvée par référendum et respecter les droits acquis sous la loi ancienne.
Elle doit concerner une loi pénale plus douce et bénéficier à toutes les personnes concernées.
Elle doit être qualifiée d’interprétative et être adoptée avant l’ouverture d’un procès.
Elle doit répondre à un motif d’intérêt général suffisant et préserver les garanties constitutionnelles.

Elle doit répondre à un motif d’intérêt général suffisant et préserver les garanties constitutionnelles.

Explication

Le Conseil constitutionnel exige un motif d’intérêt général suffisant et interdit qu’une disposition rétroactive prive de garantie légale des exigences constitutionnelles. L’approbation par référendum n’est pas la condition formulée dans cette décision.

7. Quel est l’objectif de l’application immédiate d’une loi nouvelle à une situation juridique légale en cours ?

Maintenir la loi ancienne pour les effets futurs afin de préserver les attentes individuelles
Remplacer la loi ancienne pour les effets passés et futurs de la situation
Régir les effets futurs de la situation sans remettre en cause les effets déjà produits
Soumettre la situation à la loi nouvelle seulement après son extinction

Régir les effets futurs de la situation sans remettre en cause les effets déjà produits

Explication

Cette application immédiate permet à la loi nouvelle de déterminer les effets à venir d’une situation légale, tout en laissant intacts les effets passés. Le maintien de la loi ancienne pour les effets futurs correspond plutôt au principe applicable aux contrats en cours.

8. En matière de contrat de travail, quand la Cour de cassation a-t-elle affirmé que l’ordre public social impose l’application immédiate des lois nouvelles améliorant la condition ou la protection des salariés ?

Le 12 juillet 2000, dans un arrêt de la chambre sociale
Le 14 novembre 1984, dans un arrêt de la Cour de cassation
Le 29 avril 1960, dans un arrêt de la première chambre civile
Le 23 janvier 2004, dans un arrêt de l’Assemblée plénière

Le 12 juillet 2000, dans un arrêt de la chambre sociale

Explication

La chambre sociale a posé cette règle dans un arrêt du 12 juillet 2000, en reconnaissant l’application immédiate de telles lois aux contrats de travail en cours. L’arrêt du 14 novembre 1984 concerne plutôt l’application de la loi nouvelle aux effets futurs des situations non contractuelles.

9. Quelle comparaison distingue la règle générale applicable aux contrats conclus avant une loi nouvelle de l’exception fondée sur l’ordre public ?

Dans les deux cas, les effets futurs relèvent de la loi nouvelle dès qu’elle modifie les règles applicables aux contrats.
En principe, la loi nouvelle régit les effets futurs du contrat, mais la loi ancienne s’applique si un intérêt général impérieux le justifie.
En principe, la loi ancienne régit les effets futurs du contrat, mais une loi nouvelle peut s’appliquer immédiatement si un intérêt général impérieux le justifie.
Dans les deux cas, les effets futurs relèvent de la loi ancienne, même lorsque la nouvelle poursuit un objectif économique ou social impérieux.

En principe, la loi ancienne régit les effets futurs du contrat, mais une loi nouvelle peut s’appliquer immédiatement si un intérêt général impérieux le justifie.

Explication

La survie de la loi ancienne protège en principe les prévisions des parties, tandis qu’un motif impérieux d’intérêt général peut justifier l’application immédiate de la loi nouvelle aux contrats en cours. L’option qui exclut cette exception confond la règle générale avec une application sans dérogation.

10. Pourquoi une loi nouvelle peut-elle, par exception, modifier les effets futurs d’un contrat déjà en cours ?

Parce qu’un motif d’intérêt général suffisamment impérieux peut justifier son application immédiate au nom de l’ordre public.
Parce que la non-rétroactivité impose de remplacer la loi ancienne dès qu’un contrat produit de nouveaux effets.
Parce que les parties peuvent modifier rétroactivement la loi applicable en poursuivant l’exécution du contrat.
Parce que tout contrat en cours relève automatiquement de la loi en vigueur au moment de son exécution.

Parce qu’un motif d’intérêt général suffisamment impérieux peut justifier son application immédiate au nom de l’ordre public.

Explication

Un motif d’intérêt général suffisamment impérieux peut écarter la survie de la loi ancienne et permettre l’application immédiate de la loi nouvelle au contrat en cours. La règle ordinaire demeure la survie de la loi ancienne, et non le remplacement automatique de celle-ci pendant l’exécution du contrat.

11. Une loi publiée le 10 juin nécessite des décrets d’application pour pouvoir être exécutée. Ces décrets entrent en vigueur le 20 juillet : à partir de quand la loi devient-elle effectivement applicable ?

À partir du 11 juin, lendemain de sa publication au Journal officiel
À partir du 10 juin, dès sa publication, même avant les décrets
À partir de la date de promulgation, indépendamment des mesures d’application
À partir du 20 juillet, date d’entrée en vigueur des mesures d’application nécessaires

À partir du 20 juillet, date d’entrée en vigueur des mesures d’application nécessaires

Explication

Lorsque l’exécution d’une loi nécessite des mesures d’application, son entrée en vigueur effective est reportée à la date d’entrée en vigueur de ces mesures. Le lendemain de la publication constitue la règle par défaut, mais ne s’applique pas lorsque des mesures nécessaires retardent l’application effective.

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Que fait le Président de la République par la promulgation d’une loi ?

Il atteste l’existence de la loi et ordonne aux autorités publiques de l’observer et de la faire observer.

Quelles formes la disparition d’une loi peut-elle prendre ?

Elle peut être anticipée, souhaitée ou subie.

Quel effet le retard ou l’absence des décrets d’application peut-il avoir sur une loi votée ?

Il peut en paralyser de fait l’entrée en vigueur.

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