QCM : Légalité et application de la loi pénale (70 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue le droit pénal des autres branches du droit quant à sa fonction et aux comportements visés ?

Il assure une véritable fonction punitive et vise les comportements collectivement les plus graves.
Il encadre la fonction punitive, tandis que le droit disciplinaire réprime les comportements graves.
Il assure une fonction punitive pour toute conduite jugée socialement répréhensible.
Il vise les comportements les plus graves, mais sa fonction principale est de réparer les préjudices.

Il assure une véritable fonction punitive et vise les comportements collectivement les plus graves.

Explication

Le droit pénal se distingue par sa véritable fonction punitive et par son attention aux comportements considérés comme les plus graves pour la collectivité. La réparation civile concerne les préjudices, la désapprobation sociale ne suffit pas à définir son champ, et le droit disciplinaire n’est pas la branche visée ici.

2. Dans un litige, une personne risque une peine privative de liberté, tandis que l’autre partie à un litige civil risque au plus une condamnation au paiement d’une somme. Quelle différence d’enjeu justifie des garanties procédurales pénales supplémentaires ?

Le procès civil entraîne principalement une peine privative de liberté.
Le procès pénal met en jeu la liberté de la personne poursuivie.
Le procès civil met en jeu la liberté de la personne poursuivie.
Le procès pénal porte essentiellement sur le montant d’une dette.

Le procès pénal met en jeu la liberté de la personne poursuivie.

Explication

La liberté de la personne poursuivie est en jeu au procès pénal, ce qui justifie des garanties procédurales supplémentaires par rapport au procès civil, dont l’enjeu peut être un paiement. Assimiler la liberté à une somme d’argent, inverser les enjeux des deux procès ou réduire l’enjeu pénal à une dette méconnaît cette distinction.

3. Comment caractériser le double rôle du droit pénal dans les rapports entre l’État et les individus ?

Une arme de protection sans rôle dans la répression des comportements.
Une arme de répression et un bouclier qui encadre le pouvoir de punir.
Un pouvoir de punir sans encadrement destiné aux droits individuels.
Un encadrement des sanctions civiles sans rapport avec le pouvoir de l’État.

Une arme de répression et un bouclier qui encadre le pouvoir de punir.

Explication

Le droit pénal permet à l’État de réprimer les comportements, tout en encadrant son pouvoir de punir afin de protéger les droits individuels. Le réduire à la répression oublie son rôle protecteur, tandis que la protection n’efface pas le pouvoir de punir et ne relève pas ici des seules juridictions civiles.

4. Une équipe prépare une réforme pénale et doit classer deux règles : l’une détermine quelle juridiction juge une affaire, l’autre définit les conditions de responsabilité pénale. Comment les classer ?

La compétence relève du droit pénal spécial et la responsabilité de la procédure pénale.
La compétence relève du droit pénal substantiel et la responsabilité de la procédure pénale.
La compétence relève de la procédure pénale et la responsabilité du droit pénal substantiel.
La compétence et la responsabilité relèvent toutes deux de la procédure pénale.

La compétence relève de la procédure pénale et la responsabilité du droit pénal substantiel.

Explication

Les règles de forme, notamment celles qui déterminent la juridiction compétente, relèvent de la procédure pénale ; les règles de fond, dont celles de responsabilité, relèvent du droit pénal substantiel. Inverser forme et fond ou confondre ces catégories avec le droit pénal spécial ne respecte pas cette distinction.

5. Une société passe d’une réaction sans autorité commune ni proportionnalité, à une réponse privée limitée par le principe du Talion, puis à une justice rendue par l’État. Quel ordre historique décrit cette évolution ?

Vengeance privée, justice privée encadrée, puis justice publique.
Vengeance privée, justice publique, puis justice privée encadrée.
Justice privée encadrée, vengeance privée, puis justice publique.
Justice publique, justice privée encadrée, puis vengeance privée.

Vengeance privée, justice privée encadrée, puis justice publique.

Explication

L’évolution distingue d’abord la vengeance privée sans proportionnalité, puis une justice privée encadrée notamment par le Talion, et enfin la justice publique exercée par l’État. Placer l’État avant la justice privée encadrée ou inverser les deux premières périodes confond les étapes historiques.

6. Un historien constate qu’avant la Révolution, les règles pénales variaient selon les régions, favorisaient la noblesse et le clergé, et prévoyaient des exécutions cruelles. Quel système décrit-il ?

Le droit pénal consacré après la Révolution.
La justice privée encadrée par le principe du Talion.
Le droit pénal de l’Ancien Régime.
Le système pénal caractérisé par une justice publique unifiée et égalitaire.

Le droit pénal de l’Ancien Régime.

Explication

Sous l’Ancien Régime, le droit pénal était non unifié, inégalitaire entre catégories sociales et cruel dans l’exécution des peines. L’unification et l’égalité renvoient aux transformations révolutionnaires, le Talion caractérise une étape antérieure de la justice privée, et les faits décrits concernent bien un pouvoir pénal royal.

7. À quelle date la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacre-t-elle le principe de légalité des délits et des peines ?

Le 26 août 1789.
Au XIIIᵉ siècle, avec le recul de la justice privée.
En 1810, lors de l’adoption d’un code pénal.
En 1789, sans date précise en août.

Le 26 août 1789.

Explication

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacre ce principe le 26 août 1789. Retenir seulement l’année laisse de côté la date précise, tandis que 1810 et le XIIIᵉ siècle correspondent à d’autres repères historiques.

8. Une personne omet d’accomplir un acte et son état d’esprit est examiné pour déterminer sa responsabilité. Quels éléments constitutifs de l’infraction sont ainsi recherchés ?

Un élément matériel constitué par l’omission, sans qu’un élément moral soit requis.
Un élément matériel constitué par son état d’esprit et un élément moral lié à l’omission.
Un élément constitutif légal et un élément matériel, sans élément moral.
Un élément matériel constitué par l’omission et un élément moral lié à son état d’esprit.

Un élément matériel constitué par l’omission et un élément moral lié à son état d’esprit.

Explication

Toute infraction suppose un élément matériel, qui peut être une omission, et un élément moral correspondant à l’état d’esprit de l’auteur. Inverser ces éléments confond comportement et état d’esprit, tandis que la loi pénale les définit sans se substituer à eux et que l’élément moral fait partie des éléments requis.

9. Quelle portée politique les articles 5, 7 et 8 de la DDHC donnent-ils au principe de légalité criminelle ?

Il limite les pouvoirs et garantit les libertés individuelles.
Il légitime le pouvoir pénal du gouvernement et élargit ses prérogatives.
Il règle la procédure judiciaire sans encadrer les pouvoirs publics.
Il privilégie la rapidité des poursuites et des condamnations.

Il limite les pouvoirs et garantit les libertés individuelles.

Explication

La consécration du principe dans les articles 5, 7 et 8 limite les pouvoirs et protège les libertés individuelles. L’efficacité des poursuites confond cette garantie avec un objectif de répression, la légitimation du gouvernement inverse sa fonction de limitation, et la seule organisation du procès réduit excessivement sa portée.

10. Un comportement n’est interdit par aucun texte pénal et aucune loi ne prévoit de peine applicable. Que peut faire le juge pénal ?

Il peut retenir une infraction voisine et choisir une peine proportionnée.
Il peut prononcer une peine prévue pour une autre infraction comparable.
Il peut punir le comportement nuisible et déterminer une peine adaptée.
Il ne peut ni punir ce comportement ni fixer une peine de son choix.

Il ne peut ni punir ce comportement ni fixer une peine de son choix.

Explication

Le juge pénal ne peut punir qu’un comportement interdit par la loi et doit prononcer une peine fixée par celle-ci. La nuisance ne remplace pas une interdiction légale, la peine adaptée ne peut être créée par le juge, et une infraction voisine ne permet pas de contourner l’absence de texte applicable.

11. Un gouvernement souhaite créer une nouvelle infraction par décret pour réprimer un comportement jugé nuisible, sans intervention du législateur. Quelle exigence du principe de légalité s’y oppose ?

La création des interdits pénaux relève du gouvernement, sous réserve d’une peine proportionnée.
La création des interdits pénaux relève du législateur, sans limite tenant à leur nécessité.
La création des interdits pénaux relève en principe du gouvernement, si le comportement paraît nuisible.
La création des interdits pénaux relève en principe du législateur, et la loi pénale doit rester nécessaire.

La création des interdits pénaux relève en principe du législateur, et la loi pénale doit rester nécessaire.

Explication

Le principe réserve en principe au législateur la création des interdits pénaux et l’article 8 de la DDHC exige que la loi pénale ne soit édictée que dans les cas strictement nécessaires. Attribuer ce pouvoir au gouvernement méconnaît la première exigence, tandis que nier toute limite de nécessité ou invoquer une simple proportionnalité omet l’exigence de minimalisme pénal.

12. Une règle pénale est adoptée par le Parlement et relie le pouvoir de punir à la volonté du peuple. De quelle conception de la légalité relève-t-elle ?

De la légalité jurisprudentielle.
De la légalité matérielle.
De la textualité réglementaire.
De la légalité formelle.

De la légalité formelle.

Explication

La légalité formelle exige un texte voté par le Parlement et rattache ainsi le pouvoir de punir à la volonté du peuple. L’accessibilité et la prévisibilité caractérisent la légalité matérielle, une règle jurisprudentielle n’est pas une loi formelle, et la textualité réglementaire concerne une autre source de texte.

13. Dans un système de common law, un interdit pénal provient de la jurisprudence, mais il est accessible et prévisible pour la personne concernée. Quel critère de légalité satisfait-il ?

La légalité de la peine.
La légalité matérielle.
La légalité parlementaire.
La légalité formelle.

La légalité matérielle.

Explication

La légalité matérielle exige que l’interdit soit accessible et prévisible, quelle que soit sa source, y compris la jurisprudence selon les systèmes juridiques. La légalité formelle exige un texte voté par le Parlement, l’exclusion de la jurisprudence méconnaît la diversité des sources admises, et la seule peine écrite ne répond pas au critère posé.

14. Une juridiction envisage de sanctionner un comportement qui n’était défini par aucun texte avant les faits. Quelle conséquence découle du principe de textualité ?

Aucune sanction pénale ne peut être prononcée sans texte préalable définissant le comportement punissable.
Une sanction pénale peut être prononcée si le juge établit le caractère répréhensible du comportement.
Une sanction pénale peut être prononcée si un règlement définit le crime ou le délit après les faits.
Une sanction pénale peut être prononcée dès qu’un texte définit le comportement après les faits.

Aucune sanction pénale ne peut être prononcée sans texte préalable définissant le comportement punissable.

Explication

Le principe de textualité interdit toute sanction pénale sans texte préalable définissant le comportement punissable ; la loi définit les crimes et délits, tandis qu’un règlement peut définir les contraventions. Le caractère répréhensible apprécié par le juge ne remplace pas le texte, le règlement ne définit pas crimes et délits, et un texte postérieur ne satisfait pas l’exigence d’antériorité.

15. Dans une affaire pénale, le juge estime qu’une règle nouvelle favorable à la personne poursuivie est justifiée, mais qu’une règle nouvelle défavorable aggraverait la répression. Que peut-il faire ?

Créer la règle défavorable, mais ne pas dégager la règle favorable.
Ne dégager aucune règle nouvelle, qu’elle favorise ou défavorise la personne.
Dégager la règle favorable, mais ne pas créer la règle défavorable.
Dégager les deux règles, dès lors qu’elles améliorent la cohérence juridique.

Dégager la règle favorable, mais ne pas créer la règle défavorable.

Explication

En droit pénal général, le juge peut dégager une règle nouvelle favorable, mais ne peut en créer une défavorable qui aggrave la répression. Inverser cette distinction méconnaît la protection contre l’aggravation judiciaire, interdire toute évolution ignore la possibilité favorable, et invoquer l’utilité ne permet pas de créer une règle défavorable.

16. Une proposition vise à créer un nouveau délit et à fixer la peine qui lui est applicable. Quel organe doit intervenir au regard de l’article 34 de la Constitution ?

Le pouvoir réglementaire, pour déterminer le délit et sa peine
Le pouvoir réglementaire, pour déterminer la contravention et sa peine
Le législateur, pour déterminer le délit et sa peine
Le législateur, pour déterminer la contravention et sa peine

Le législateur, pour déterminer le délit et sa peine

Explication

L’article 34 réserve à la loi la détermination des crimes et délits ainsi que des peines applicables. Le pouvoir réglementaire compétent pour créer les délits confond son rôle avec celui de la loi ; la contravention concerne une autre catégorie ; la fixation législative de sa peine attribue à la loi une compétence qui revient au règlement.

17. Une loi crée une infraction et renvoie à un arrêté la liste précise des substances concernées. Quelle limite l’arrêté doit-il respecter ?

Définir les éléments essentiels si la loi renvoie à un arrêté
Régir une matière extérieure à la loi sans texte législatif préalable
Créer l’infraction dès lors que la loi en fixe la peine
Préciser les éléments accessoires sans créer l’infraction ni en définir les éléments essentiels

Préciser les éléments accessoires sans créer l’infraction ni en définir les éléments essentiels

Explication

Un règlement d’application précise une loi déjà existante, mais ne peut ni créer l’infraction ni en fixer les éléments essentiels. L’option qui lui confie la création de l’infraction confond précision et incrimination ; celle qui délègue les éléments essentiels dépasse la limite du renvoi ; le règlement autonome relève du partage prévu à l’article 37.

18. Une matière ne relève pas du domaine défini par l’article 34 et aucune loi préalable ne l’encadre. Quel fondement permet au règlement de la régir ?

Le règlement autonome prévu par l’article 37
Un arrêté définissant les éléments essentiels d’une infraction légale
Le règlement d’application pris sur le fondement d’une loi
La loi, qui régit les matières résiduelles de l’article 37

Le règlement autonome prévu par l’article 37

Explication

L’article 37 confie au règlement autonome les matières qui ne relèvent pas de l’article 34, sans nécessiter de loi préalable. Le règlement d’application complète une loi existante ; l’article 37 ne réserve pas ce domaine au législateur ; définir les éléments essentiels d’une infraction ne correspond pas à la fonction indiquée.

19. Quelle combinaison caractérise la coutume comme norme ?

Une répétition collective et une reconnaissance par le législateur
Une pratique fréquente et l’approbation de l’autorité judiciaire
Une répétition collective et la croyance en sa valeur contraignante
Une croyance individuelle et une application par le pouvoir réglementaire

Une répétition collective et la croyance en sa valeur contraignante

Explication

La coutume associe un élément matériel, la répétition collective, et un élément psychologique, la croyance en sa valeur contraignante. La répétition seule omet l’élément psychologique ; l’approbation judiciaire n’est pas l’élément requis ; la croyance individuelle ne remplace pas la pratique collective.

20. Une loi pénale est contestée au regard d’un droit fondamental garanti par le bloc de constitutionnalité. Quel rôle la Constitution peut-elle jouer ?

Fixer elle-même le quantum de la peine contestée
Créer directement l’infraction pénale contestée
Permettre le contrôle de la conformité de la loi pénale aux droits fondamentaux
Contrôler uniquement la compétence des juridictions pénales

Permettre le contrôle de la conformité de la loi pénale aux droits fondamentaux

Explication

La Constitution ne définit pas elle-même les infractions, mais le bloc de constitutionnalité permet de contrôler la conformité des lois pénales aux droits fondamentaux. La création de l’infraction et la fixation de la peine ne sont pas le rôle indiqué ; le contrôle ne se limite pas à la compétence des juridictions.

21. Une directive pénale de l’Union vise à rendre plus efficaces ses propres politiques, plutôt qu’à harmoniser de façon autonome des infractions graves. Quel fondement de l’article 83 TFUE correspond à cette démarche ?

L’harmonisation pénale autonome du paragraphe 1
L’harmonisation pénale accessoire du paragraphe 2
L’harmonisation pénale autonome du paragraphe 2
Les eurocrimes du paragraphe 2

L’harmonisation pénale accessoire du paragraphe 2

Explication

L’article 83, paragraphe 2, prévoit l’harmonisation pénale accessoire destinée à assurer l’efficacité des politiques de l’Union. Le paragraphe 1 concerne l’harmonisation autonome et les eurocrimes ; attribuer l’efficacité des politiques au paragraphe 1 inverse les deux régimes.

22. Après l’adoption d’un texte européen relatif à une infraction pénale, quelle démarche permet d’établir en droit interne la sanction exacte ?

Appliquer directement le texte européen, qui fixe lui-même la sanction exacte
Transposer le texte dans le droit interne, qui précise la sanction exacte
Demander à l’Union de fixer le quantum avant toute transposition
Transposer le texte, tout en laissant le quantum exact à l’Union

Transposer le texte dans le droit interne, qui précise la sanction exacte

Explication

Les textes européens de droit pénal doivent être transposés en droit interne, seul habilité à préciser le quantum exact des peines. L’application directe omet cette transposition ; la fixation du quantum par l’Union lui attribue un rôle qu’elle n’exerce pas ; laisser le quantum à l’Union contredit également cette répartition.

23. Après avoir épuisé les recours internes, une personne conteste l’application d’un texte pénal national au regard de la Convention EDH. Quel recours peut-elle exercer ?

Saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur le fondement de la Convention
Saisir la Cour EDH pour contester l’application du texte pénal
Demander à la Cour EDH de créer l’infraction nationale
Saisir la Cour EDH avant l’épuisement des recours internes

Saisir la Cour EDH pour contester l’application du texte pénal

Explication

Après épuisement des recours internes, tout justiciable peut saisir la Cour EDH pour contester un texte pénal interne ou son application. La Convention ne crée pas directement d’infraction ; saisir la Cour avant les recours internes omet une condition ; la Cour EDH relève du système conventionnel européen des droits de l’homme, et non de l’Union européenne.

24. Un conducteur conteste une contravention créée par un règlement qu’il estime contraire à la loi. Quelle voie lui permet de soulever cette illégalité devant le tribunal pénal saisi de l’affaire ?

Un recours pour excès de pouvoir devant le juge pénal
Une question prioritaire de constitutionnalité devant le juge administratif
Un recours en annulation devant le Conseil constitutionnel
Une exception d’illégalité devant le juge pénal

Une exception d’illégalité devant le juge pénal

Explication

L’exception d’illégalité permet de contester un règlement pénal devant le juge pénal saisi de la contravention. Le recours pour excès de pouvoir relève du juge administratif, la QPC porte sur la constitutionnalité d’une loi et le Conseil constitutionnel n’annule pas un règlement par cette voie.

25. Dans un procès pénal, le juge constate qu’un règlement applicable est illégal. Quelle mesure peut-il prendre dans l’affaire dont il est saisi ?

Saisir le Conseil constitutionnel pour censurer le règlement
Annuler le règlement pour tous ses destinataires
Abroger le règlement pour l’avenir
Écarter le règlement pour cette affaire

Écarter le règlement pour cette affaire

Explication

Le juge pénal peut écarter l’application du règlement illégal dans le procès dont il est saisi, mais seul le juge administratif peut l’annuler. L’abrogation générale et la censure constitutionnelle ne correspondent pas au pouvoir décrit.

26. Une loi est contestée pour inconstitutionnalité avant sa promulgation, tandis qu’une autre contestation survient au cours d’un procès. Comment qualifier ces deux contrôles, dans cet ordre ?

Contrôle administratif, puis contrôle de légalité
Contrôle a priori, puis contrôle a posteriori par QPC
Contrôle de conventionnalité, puis contrôle a priori
Contrôle a posteriori, puis contrôle a priori par QPC

Contrôle a priori, puis contrôle a posteriori par QPC

Explication

Le contrôle a priori intervient avant la promulgation, alors que la QPC permet un contrôle a posteriori à l’occasion d’un procès. La confusion consiste à inverser ces moments; les contrôles de conventionnalité et de légalité portent sur d’autres questions.

27. Dans un procès, un juge interne estime qu’une loi est contraire à un traité régulièrement ratifié. Quelle décision peut-il rendre au sujet de cette loi ?

L’abroger pour toutes les situations futures
La censurer avec effet général au nom de la Constitution
La renvoyer au juge administratif pour annulation
L’écarter pour le cas dont il est saisi

L’écarter pour le cas dont il est saisi

Explication

En vertu de l’article 55 de la Constitution, le juge interne peut écarter, pour le cas soumis, une loi contraire à un traité régulièrement ratifié, sans l’abroger. L’abrogation générale et l’annulation administrative ne sont pas les effets de ce contrôle de conventionnalité.

28. Un législateur rédige une nouvelle infraction. Quel objectif doit-il respecter pour que les personnes puissent orienter leur conduite avant toute condamnation ?

Laisser au juge le choix de déterminer l’interdit après les faits
Permettre de connaître à l’avance l’interdit et la sanction encourue
Prévoir une sanction sans définir les comportements interdits
Énumérer chaque comportement imaginable dans une liste complète

Permettre de connaître à l’avance l’interdit et la sanction encourue

Explication

Le principe de légalité exige une norme suffisamment claire et précise pour que le justiciable sache à l’avance ce qui est interdit et quelle sanction est encourue. Une liste exhaustive n’est pas toujours possible ni souhaitable, et la définition de l’interdit ne peut être laissée à une détermination arbitraire après les faits.

29. Quelle décision du Conseil constitutionnel, rendue le 19 janvier 1981, exige une définition suffisamment claire et précise des infractions pour exclure l’arbitraire ?

La décision « Sécurité et Liberté »
L’arrêt « Jacques Vabre »
La décision relative à l’article 111-4
La décision sur la question prioritaire de constitutionnalité

La décision « Sécurité et Liberté »

Explication

La décision « Sécurité et Liberté » du Conseil constitutionnel, rendue le 19 janvier 1981, relie la clarté et la précision des infractions à la nécessité d’exclure l’arbitraire. « Jacques Vabre » est un arrêt portant sur le contrôle de conventionnalité, et les autres réponses attribuent ou qualifient mal la décision.

30. Une personne peut consulter et comprendre un texte pénal, mais ne peut pas prévoir que l’interprétation jurisprudentielle étendra l’interdit à sa conduite. Quelle exigence fait défaut ?

La prévisibilité de l’interdit pénal
La légalité formelle de la sanction
La précision absolue de chaque terme légal
L’accessibilité matérielle de la norme

La prévisibilité de l’interdit pénal

Explication

La prévisibilité exige que le justiciable puisse connaître à l’avance l’interdit pénal et concerne aussi l’interprétation jurisprudentielle. L’accessibilité porte sur la possibilité de trouver et de comprendre la norme; l’interprétation stricte et la précision absolue sont des notions distinctes.

31. Un juge pénal examine un texte d’incrimination ambigu. Quel principe d’interprétation lui impose l’article 111-4 du Code pénal ?

La loi pénale est d’interprétation extensive
La loi pénale est d’interprétation discrétionnaire
La loi pénale est d’interprétation conforme aux usages
La loi pénale est d’interprétation stricte

La loi pénale est d’interprétation stricte

Explication

L’article 111-4 du Code pénal dispose que la loi pénale est d’interprétation stricte. L’interprétation extensive et le choix discrétionnaire de l’interdit contredisent cette règle; l’interprétation ne se définit pas automatiquement par référence aux usages.

32. Quel est l’objectif du principe d’interprétation stricte de la loi pénale ?

Permettre au juge de compléter la loi lorsque ses dispositions paraissent insuffisantes
Interdire au juge toute qualification juridique des faits soumis à son examen
Limiter la marge du juge pour prévenir l’arbitraire et éviter qu’il ne refasse la loi pénale
Réserver au juge le choix de la peine indépendamment des limites fixées par la loi

Limiter la marge du juge pour prévenir l’arbitraire et éviter qu’il ne refasse la loi pénale

Explication

L’interprétation stricte encadre la marge du juge pénal afin qu’il ne substitue pas sa propre règle à la loi. L’interdiction de qualifier les faits confond interprétation et qualification, le pouvoir de compléter la loi va à l’encontre du principe, et le choix de la peine ne définit pas son objectif.

33. Un texte pénal clair mais imprécis ne mentionne pas une nouvelle technologie utilisée pour commettre le comportement qu’il vise. Quelle démarche le juge peut-il adopter ?

Étendre la règle par analogie à toute situation techniquement comparable
Retenir uniquement le sens intelligible d’un texte devenu obscur ou absurde
Rechercher l’objectif du législateur pour adapter le texte à la technique nouvelle
Écarter la finalité de la loi et s’en tenir au sens littéral isolé des termes

Rechercher l’objectif du législateur pour adapter le texte à la technique nouvelle

Explication

Face à un texte clair mais imprécis, le juge peut s’appuyer sur l’objectif du législateur pour l’adapter à une technique nouvelle. Retenir le seul sens intelligible correspond au traitement d’un texte obscur ou absurde, l’extension par analogie est en principe interdite, et le sens littéral isolé néglige l’interprétation téléologique.

34. Un juge ne parvient à dégager aucun sens intelligible d’un texte pénal applicable aux faits poursuivis. Quelle décision doit-il prendre ?

Étendre à ces faits la règle d’un texte visant une situation similaire
Faire trancher l’incertitude en défaveur de la personne poursuivie
Relaxer ou acquitter la personne poursuivie
Adapter le texte en recherchant l’objectif législatif présumé

Relaxer ou acquitter la personne poursuivie

Explication

Lorsqu’aucun sens intelligible ne peut être dégagé, le doute profite à l’accusé et le juge doit relaxer ou acquitter. Rechercher une finalité concerne un texte clair mais imprécis, faire peser le doute sur la personne poursuivie inverse le principe, et l’analogie ne permet pas de créer un sens pénal manquant.

35. Une règle pénale visant une situation précise pourrait être étendue par analogie à une situation similaire, mais cette extension serait favorable à la personne poursuivie. Quelle solution est admissible ?

Écarter l’analogie, car toute extension d’une règle pénale est prohibée
Admettre l’analogie dès que les deux situations présentent une ressemblance
Admettre exceptionnellement l’analogie parce qu’elle favorise la personne poursuivie
Retenir le seul sens intelligible du texte sans examiner l’effet de l’analogie

Admettre exceptionnellement l’analogie parce qu’elle favorise la personne poursuivie

Explication

L’analogie est en principe interdite en droit pénal, mais elle peut être admise lorsqu’elle favorise la personne poursuivie. Son interdiction sans exception oublie cette faveur, la simple ressemblance ne suffit pas à autoriser une extension défavorable, et le seul sens intelligible concerne le traitement d’un texte obscur ou absurde.

36. Une personne commet un acte qui constitue une infraction à cette date, alors qu’une peine déterminée est alors légalement applicable. Quel cadre l’article 112-1 impose-t-il pour la poursuite ?

Écarter la poursuite dès lors qu’aucune condamnation définitive n’existait à cette date
Fonder la punissabilité et la peine sur les règles applicables à la date des faits
Fonder la punissabilité sur la loi du jugement et la peine sur celle des faits
Fonder la punissabilité sur la loi des faits et la peine sur celle du jugement

Fonder la punissabilité et la peine sur les règles applicables à la date des faits

Explication

L’article 112-1 prévoit que les faits doivent constituer une infraction à la date de leur commission et que seules les peines alors applicables peuvent être prononcées. La loi du jugement ne remplace pas ces règles pour l’incrimination ou la peine, et l’absence de condamnation définitive à la date des faits n’écarte pas à elle seule la poursuite.

37. Après la commission d’un fait, une loi nouvelle crée une infraction qui le vise. La personne n’a pas encore été jugée. Cette nouvelle incrimination peut-elle s’appliquer à ce fait antérieur ?

Oui, si la nouvelle incrimination précise le comportement déjà commis
Non, une incrimination nouvelle plus sévère ne s’applique pas rétroactivement
Oui, dès lors que le jugement n’est pas encore devenu définitif
Non, sauf si la personne avait connaissance de la loi nouvelle avant le jugement

Non, une incrimination nouvelle plus sévère ne s’applique pas rétroactivement

Explication

Une loi nouvelle qui crée une incrimination est plus sévère et ne peut s’appliquer rétroactivement à des faits antérieurs à son entrée en vigueur. L’absence de jugement définitif ne rend pas rétroactive une loi plus sévère, la précision du texte ne change pas cette règle, et la connaissance acquise après les faits n’est pas déterminante.

38. Après des faits constitutifs d’une infraction, une loi nouvelle réduit la peine encourue. La condamnation n’est pas encore définitive. Quelle règle s’applique ?

La loi nouvelle ne s’applique qu’aux faits commis après son entrée en vigueur
La loi nouvelle plus douce s’applique rétroactivement aux faits antérieurs
La loi ancienne s’applique jusqu’à ce que la condamnation devienne définitive
La loi nouvelle s’applique uniquement si elle supprime entièrement l’infraction

La loi nouvelle plus douce s’applique rétroactivement aux faits antérieurs

Explication

La rétroactivité in mitius permet d’appliquer une loi pénale plus douce aux faits antérieurs lorsqu’aucune condamnation définitive n’est intervenue, notamment si elle atténue la peine. La non-rétroactivité concerne la loi plus sévère, une condamnation définitive ferait obstacle à cette règle générale, et la loi plus douce peut aussi réduire une peine sans supprimer l’infraction.

39. Après une condamnation devenue définitive, une loi nouvelle retire au fait condamné son caractère d’infraction. Quel effet cette loi produit-elle sur la peine ?

La peine est réduite, mais son exécution se poursuit malgré la dépénalisation
La peine continue de s’exécuter jusqu’à la fin prévue par le jugement
La peine cesse de s’exécuter seulement si la condamnation n’est pas définitive
La peine cesse d’être exécutée, même si la condamnation est définitive

La peine cesse d’être exécutée, même si la condamnation est définitive

Explication

En vertu de l’article 112-4, alinéa 2, lorsque la loi retire au fait son caractère d’infraction, la peine cesse de recevoir exécution même après une condamnation définitive. La loi ne se limite donc pas aux condamnations non définitives, et la disparition de l’infraction ne correspond pas à une simple réduction de peine.

40. Une réforme pénale transforme un crime en délit et supprime une circonstance aggravante, mais alourdit la peine prévue. Quels éléments rendent cette réforme plus douce ?

La suppression de la circonstance aggravante et l’alourdissement de la peine
La transformation du crime en délit et l’alourdissement de la peine
La transformation du crime en délit et la suppression de la circonstance aggravante
L’alourdissement de la peine et le maintien de la qualification criminelle

La transformation du crime en délit et la suppression de la circonstance aggravante

Explication

Une loi est plus douce notamment lorsqu’elle transforme un crime en délit ou supprime une circonstance aggravante. L’alourdissement de la peine est, lui, un élément plus sévère; les réponses qui le présentent comme plus doux confondent donc les critères.

41. Une loi pénale nouvelle réduit la peine pour une infraction, mais ajoute aussi une condition qui élargit les comportements punissables. Si ces deux règles peuvent être séparées, comment le juge doit-il les traiter dans le temps ?

Appliquer à l’ensemble de la loi le régime de la disposition plus sévère
Appliquer à l’ensemble de la loi le régime de la disposition plus douce
Dissocier les règles et appliquer à chacune son régime temporel
Écarter la loi nouvelle jusqu’à ce que ses règles soient harmonisées

Dissocier les règles et appliquer à chacune son régime temporel

Explication

Lorsque les dispositions plus douces et plus sévères sont dissociables, chacune reçoit son propre régime temporel. Appliquer un régime unique à toute la loi confond cette situation avec celle où la dissociation est impossible.

42. À quel moment la réalisation d’une infraction est-elle acquise ?

Lorsque tous ses éléments constitutifs matériels et moraux sont réunis
Lorsque le tribunal prononce une condamnation définitive
Lorsque le ministère public engage les poursuites pénales
Lorsque les faits sont découverts par les autorités compétentes

Lorsque tous ses éléments constitutifs matériels et moraux sont réunis

Explication

L’infraction est réalisée dès que l’ensemble de ses éléments matériels et moraux est réuni. La découverte, les poursuites et la condamnation sont des étapes ultérieures qui ne déterminent pas sa réalisation.

43. Un comportement interdit se prolonge pendant plusieurs semaines et cesse après l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle. À quel moment l’infraction continue est-elle considérée comme consolidée pour l’application de cette loi ?

À sa cessation
À sa découverte
À son premier acte
À l’ouverture des poursuites

À sa cessation

Explication

Une infraction continue se prolonge dans le temps et est considérée comme consolidée à sa cessation pour l’application d’une loi nouvelle. La date du premier acte la traite à tort comme instantanée, tandis que la découverte et les poursuites ne fixent pas ce moment.

44. Après l’ouverture d’un procès mais avant tout jugement au fond en première instance, une loi transfère l’affaire à une juridiction nouvellement compétente. Quelle règle s’applique ?

La nouvelle loi de compétence s’applique après le jugement au fond en première instance
La nouvelle loi de compétence s’applique seulement aux faits postérieurs
La nouvelle loi de compétence s’applique seulement si l’enquête recommence
La nouvelle loi de compétence s’applique immédiatement au procès en cours

La nouvelle loi de compétence s’applique immédiatement au procès en cours

Explication

Les lois de compétence et d’organisation judiciaire s’appliquent immédiatement tant qu’aucun jugement au fond n’a été rendu en première instance. La date des faits ne commande pas leur application, et la règle ne dépend pas de la reprise de l’enquête.

45. Lorsqu’une nouvelle règle de procédure entre en vigueur pendant un procès, quelle conséquence a-t-elle sur les actes d’enquête déjà accomplis ?

Elle s’applique seulement si les faits sont postérieurs à son entrée en vigueur
Elle attend la fin du procès avant de pouvoir être appliquée
Elle impose de refaire les actes d’enquête déjà accomplis
Elle régit immédiatement la suite du procès sans remettre en cause ces actes

Elle régit immédiatement la suite du procès sans remettre en cause ces actes

Explication

Les lois de procédure s’appliquent immédiatement au procès en cours, mais ne remettent pas en cause les actes déjà accomplis. Refaire ces actes confond application immédiate et effet rétroactif sur la procédure passée.

46. Quelle loi a instauré l’application immédiate des lois de prescription aux affaires en cours lorsque la prescription n’est pas acquise ?

La loi du 9 mars 2004
La loi de 2017 sur les délais de prescription
Une loi générale sur les formes de la procédure
L’adoption de l’article 112-2 du Code pénal

La loi du 9 mars 2004

Explication

La loi du 9 mars 2004 a instauré l’application immédiate des lois de prescription aux affaires en cours lorsque la prescription n’est pas acquise. La réforme de 2017 a modifié des délais, mais n’est pas la loi qui a établi ce principe.

47. Dans une affaire, le délai de prescription est déjà arrivé à son terme avant l’entrée en vigueur d’une loi qui allonge ce délai. Que peut produire la loi nouvelle dans cette affaire ?

Elle s’applique si les poursuites n’ont pas encore été engagées
Elle suspend la prescription jusqu’à une décision du juge
Elle ne peut pas rouvrir la prescription déjà acquise
Elle rouvre la prescription si le nouveau délai est plus long

Elle ne peut pas rouvrir la prescription déjà acquise

Explication

Une loi nouvelle de prescription s’applique immédiatement lorsque la prescription n’est pas acquise, mais elle ne peut pas rouvrir une prescription déjà acquise. Allonger le délai ou constater l’absence de poursuites ne change pas cette limite.

48. Une infraction relève de la loi pénale française. Quelle loi le juge français compétent doit-il appliquer ?

La loi pénale française
La loi pénale du pays de résidence de l’auteur
La loi pénale du pays ayant le lien le plus étroit avec l’affaire
La loi pénale choisie par le juge parmi celles des États concernés

La loi pénale française

Explication

Lorsque la loi pénale française s’applique, le juge français est compétent et ne peut appliquer que la loi pénale française. Le choix d’une loi étrangère confond la matière pénale avec des règles de conflit civil, tandis que la résidence de l’auteur ou le choix entre plusieurs lois ne modifie pas ce principe.

49. Un élément matériel d’une infraction se déroule en France, tandis que les autres faits constitutifs ont lieu à l’étranger. La loi pénale française s’applique-t-elle au titre de l’article 113-2 ?

Oui, à condition que l’auteur soit de nationalité française
Oui, à condition que la victime soit de nationalité française
Non, car tous les faits constitutifs doivent avoir eu lieu en France
Oui, car un fait constitutif a eu lieu en France

Oui, car un fait constitutif a eu lieu en France

Explication

L’article 113-2 permet de tenir l’infraction pour commise en France dès qu’un de ses faits constitutifs y a eu lieu. Exiger que tous les faits s’y déroulent confond cette règle avec la commission entièrement territoriale; la nationalité de l’auteur ou de la victime n’est pas le critère indiqué ici.

50. Une infraction est commise à bord d’un aéronef immatriculé en France alors qu’il se trouve à l’étranger. Quel droit pénal s’applique, sous les conditions légales prévues ?

La loi pénale du pays où l’aéronef se trouve
La loi pénale du pays dont le pilote est ressortissant
La loi pénale française
La loi pénale du pays dont les passagers sont ressortissants

La loi pénale française

Explication

Les aéronefs immatriculés en France sont soumis à la loi pénale française en quelque lieu qu’ils se trouvent, sous les conditions prévues par l’article 113-4. La présence de l’appareil à l’étranger ne commande donc pas l’application de la loi locale, et la nationalité des personnes à bord ne remplace pas le critère d’immatriculation.

51. Une infraction est réalisée intégralement en France dans un cas, mais un seul de ses faits constitutifs a lieu en France dans un autre. Quelle distinction s’applique ?

La première est entièrement commise en France; la seconde y est réputée commise
Les deux sont entièrement commises en France dès qu’un fait s’y déroule
Aucune n’est localisée en France si tous les faits ne s’y déroulent pas
La première y est réputée commise; la seconde y est entièrement commise

La première est entièrement commise en France; la seconde y est réputée commise

Explication

Une infraction est entièrement commise sur le territoire lorsqu’elle y est réalisée; elle est réputée commise sur le territoire dès qu’un de ses faits constitutifs s’y est produit. Inverser les termes confond ces deux notions, et exiger que tous les faits soient en France méconnaît la règle de localisation réputée.

52. Une personne commet en France un acte de complicité relatif à un délit commis à l’étranger. Le délit est puni dans les deux pays et une décision étrangère définitive a constaté l’infraction principale. Quelle loi s’applique à la complicité ?

Aucune loi pénale française, puisque l’infraction principale est étrangère
La loi pénale française seulement si l’auteur principal est français
La loi pénale française
La loi pénale étrangère seulement

La loi pénale française

Explication

L’article 113-5 rend la loi française applicable à la complicité commise en France si l’infraction principale est punie dans les deux pays et constatée par une décision étrangère définitive. Négliger l’une de ces conditions méconnaît le régime, tandis qu’exiger une infraction principale commise en France inverse la situation visée.

53. L’infraction principale est commise en France, mais l’acte de complicité est accompli à l’étranger. Quelle loi régit la complicité ?

La loi pénale française seulement si le complice se trouve ensuite en France
La loi pénale française
La loi pénale du pays où l’acte de complicité a été accompli
La loi du pays de nationalité du complice

La loi pénale française

Explication

Lorsque l’infraction principale est commise en France, la loi française s’applique à l’acte de complicité quel que soit le lieu où celui-ci a été accompli. Retenir la loi du lieu de l’acte confond la localisation de la complicité avec celle de l’infraction principale; la nationalité ou la présence ultérieure du complice ne sont pas les critères énoncés.

54. Une infraction commise à l’étranger est liée à une infraction commise en France, mais les deux faits restent séparables. Ce lien suffit-il à rendre la loi française applicable à l’infraction étrangère ?

Non, car une infraction connexe est nécessairement sans lien avec l’autre
Non, la simple connexité ne suffit pas
Oui, dès lors que les infractions concernent les mêmes personnes
Oui, car toute connexité rend les infractions indivisibles

Non, la simple connexité ne suffit pas

Explication

Les infractions indivisibles forment un tout inséparable, tandis que les infractions simplement connexes restent séparables; la connexité seule ne rend donc pas la loi française applicable à l’infraction commise à l’étranger. Assimiler les deux notions efface cette distinction, et la séparabilité n’implique pas l’absence de tout lien factuel.

55. Un délit est commis au moyen d’un réseau de communication électronique contre une personne physique résidant en France. Où ce délit est-il réputé commis au sens de l’article 113-2-1 ?

En France seulement si la victime a la nationalité française
Dans le pays où se trouve l’auteur
En France
Dans le pays où se trouve le serveur

En France

Explication

L’article 113-2-1 répute commis en France le crime ou délit réalisé au moyen d’un réseau électronique au préjudice d’une personne physique qui y réside. Le lieu de l’auteur ou du serveur ne remplace pas ce critère, et la règle vise la résidence de la victime, non sa nationalité.

56. Une infraction commise à l’étranger porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État français, sans que la nationalité de l’auteur ou de la victime soit déterminante. Quel fondement de compétence peut justifier l’application de la loi pénale française ?

La compétence réelle
La compétence territoriale
La compétence personnelle passive
La compétence personnelle active

La compétence réelle

Explication

La compétence réelle se fonde sur les intérêts français atteints par l’infraction commise à l’étranger. La compétence personnelle active se rattache à l’auteur, la compétence personnelle passive à la victime, et la compétence territoriale au lieu de commission.

57. À l’étranger, un individu contrefait des billets de banque français sans viser un agent diplomatique et sans porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Quelle catégorie de faits l’article 113-10 vise-t-il explicitement dans cette situation ?

La contrefaçon de documents privés sans valeur publique
La falsification de billets émis par un État étranger
La falsification ou contrefaçon de billets de banque
Les infractions visant des agents diplomatiques français

La falsification ou contrefaçon de billets de banque

Explication

L’article 113-10 vise notamment la falsification ou contrefaçon de pièces de monnaie, de billets de banque et d’effets publics. La contrefaçon de billets étrangers, les documents privés et les atteintes diplomatiques correspondent à d’autres périmètres.

58. Deux infractions distinctes sont commises à l’étranger : dans la première, l’auteur est français; dans la seconde, la victime est française. Quel critère distingue les compétences personnelles active et passive ?

L’auteur pour la compétence active, la victime pour la compétence passive
Le lieu des faits pour la compétence active, la nationalité pour la passive
La victime pour la compétence active, l’auteur pour la compétence passive
La nationalité de l’auteur pour les deux compétences personnelles

L’auteur pour la compétence active, la victime pour la compétence passive

Explication

La compétence personnelle active prend pour critère l’auteur, tandis que la compétence personnelle passive prend pour critère la victime. Inverser ces critères confond les deux formes de compétence; le lieu des faits ne les distingue pas.

59. Un Français commet à l’étranger un délit qui constitue une infraction dans ce pays, même si sa qualification juridique diffère de celle retenue en France. Quelle condition de l’article 113-6 est satisfaite ?

La qualification étrangère est identique à la qualification française
Les faits portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation
Les faits sont punissables dans le pays où ils ont été commis
La victime est française au moment de l’infraction

Les faits sont punissables dans le pays où ils ont été commis

Explication

Pour un délit commis à l’étranger par un Français, l’article 113-6 exige que les faits y soient également punissables, sans exiger une qualification juridique identique. La double incrimination est distincte des critères de l’article 113-7, et la règle diffère pour les crimes.

60. Une approche définit l’infraction par le texte qui la prévoit, tandis qu’une autre s’attache à l’atteinte portée aux valeurs de l’État. Comment nomme-t-on ces deux conceptions, dans cet ordre ?

La conception subjective puis la conception objective
La conception objective puis la conception subjective
La conception substantielle puis la conception formelle
La conception formelle puis la conception substantielle

La conception formelle puis la conception substantielle

Explication

La conception formelle définit l’infraction par le texte qui l’érige en infraction; la conception substantielle s’intéresse à l’atteinte aux valeurs de l’État. Les conceptions objective et subjective portent plutôt sur l’acte et l’état d’esprit.

61. Dans l’analyse d’un comportement, un juriste examine d’abord l’acte commis, tandis qu’un autre se concentre sur l’état d’esprit fautif de son auteur. Quelle distinction appliquent-ils ?

La conception subjective insiste sur l’acte et l’objective sur l’état d’esprit
La conception substantielle insiste sur l’acte et la formelle sur l’état d’esprit
La conception formelle insiste sur l’acte et la substantielle sur l’état d’esprit
La conception objective insiste sur l’acte et la subjective sur l’état d’esprit

La conception objective insiste sur l’acte et la subjective sur l’état d’esprit

Explication

La conception objective met l’accent sur le comportement ou l’acte, tandis que la conception subjective met l’accent sur l’état d’esprit fautif. Inverser ces critères confond les deux approches; les conceptions formelle et substantielle reposent sur un autre contraste.

62. Pour évaluer un comportement, une juridiction française doit prendre en compte à la fois l’acte et l’état d’esprit de son auteur. Quelle conception applique-t-elle ?

La conception subjective
La conception substantielle
La conception objective
La conception mixte

La conception mixte

Explication

La conception retenue en France est mixte : elle exige un élément objectif relatif au comportement et un élément subjectif relatif à l’état d’esprit. Les conceptions objective et subjective isolent chacune un aspect, tandis que la conception substantielle se définit par l’atteinte aux valeurs.

63. Dans un dossier pénal, une personne a commis un acte interdit avec l’état d’esprit requis, mais invoque une cause de non-responsabilité. Selon la distinction entre infraction et responsabilité pénale, quels éléments composent l’infraction ?

L’élément moral et l’absence de cause de non-responsabilité
La responsabilité pénale et l’absence de cause de non-responsabilité
L’élément matériel et l’élément moral
L’élément matériel et l’absence de cause de non-responsabilité

L’élément matériel et l’élément moral

Explication

Les composantes de l’infraction sont l’élément matériel et l’élément moral; l’absence de cause de non-responsabilité relève de la responsabilité pénale. La rattacher aux composantes de l’infraction confond deux étapes de l’analyse.

64. Quelle classification de l’article 111-1 du Code pénal répartit les infractions selon leur gravité ?

La distinction entre juridictions de jugement et d’instruction
La distinction entre crimes, délits et contraventions
La distinction entre infractions instantanées et continues
La distinction entre infractions intentionnelles et non intentionnelles

La distinction entre crimes, délits et contraventions

Explication

La classification tripartite répartit les infractions selon leur gravité en crimes, délits et contraventions. La distinction entre infractions instantanées et continues porte sur la durée, celle entre infractions intentionnelles et non intentionnelles sur l’élément moral, et les types de juridictions ne constituent pas cette classification.

65. Une infraction est assortie d’une peine de réclusion criminelle. Dans quelle catégorie doit-elle être classée à partir de la peine prévue ?

Comme une infraction non intentionnelle
Comme un crime
Comme un délit
Comme une contravention

Comme un crime

Explication

La réclusion ou la détention criminelle indique que l’infraction est un crime. L’emprisonnement renvoie en principe au délit, l’amende à la contravention, et le caractère non intentionnel concerne l’élément moral plutôt que la catégorie fondée sur la peine.

66. Quelle différence d’élément moral distingue une infraction intentionnelle d’une infraction non intentionnelle ?

L’infraction non intentionnelle exige une intention, contrairement à l’infraction intentionnelle
L’infraction non intentionnelle se définit par l’absence d’acte matériel
L’infraction intentionnelle se définit par une peine plus grave que l’infraction non intentionnelle
L’infraction intentionnelle exige une intention, contrairement à l’infraction non intentionnelle

L’infraction intentionnelle exige une intention, contrairement à l’infraction non intentionnelle

Explication

L’intention est requise au titre de l’élément moral d’une infraction intentionnelle, mais pas d’une infraction non intentionnelle. La gravité de la peine ne définit pas cette distinction, et l’absence d’intention ne signifie pas l’absence d’acte matériel.

67. Un acte concret s’étale sur plusieurs semaines, mais la définition légale de l’infraction permet qu’elle soit réalisée en un trait de temps. Comment la qualifier au regard de la durée de l’acte ?

D’infraction continue
D’infraction d’omission
D’infraction permanente
D’infraction instantanée

D’infraction instantanée

Explication

La qualification dépend de la définition légale : une infraction reste instantanée si elle peut être réalisée en un trait de temps, même lorsque son exécution concrète dure. L’infraction continue suppose un acte qui s’étend dans le temps et ne peut être instantané, tandis que la permanence concerne la durée du résultat.

68. Une infraction continue prend fin le 12 avril. À partir de quand son délai de prescription commence-t-il à courir ?

À la date de découverte de l’infraction
À la fin de l’acte, le 12 avril
Au début de l’acte, dès sa première réalisation
À la commission de chaque acte matériel

À la fin de l’acte, le 12 avril

Explication

Pour une infraction continue, le délai de prescription commence à courir à la fin de l’acte, ici le 12 avril. Le point de départ dès la commission de l’acte correspond à l’infraction instantanée, et la découverte des faits n’est pas le critère donné ici.

69. Une personne accomplit volontairement un geste que la loi pénale sanctionne. Quelle catégorie fondée sur les modalités de l’acte correspond à cette situation ?

Une infraction d’omission
Une infraction continue
Une infraction de commission
Une infraction permanente

Une infraction de commission

Explication

L’infraction de commission sanctionne un acte positif, c’est-à-dire le fait d’avoir agi. L’omission correspond à une abstention, tandis que les catégories continue et permanente concernent respectivement la durée de l’acte et celle du résultat.

70. Une personne s’abstient d’accomplir un acte dont l’absence est pénalement sanctionnée. Quelle catégorie décrit cette infraction ?

Une infraction de commission
Une infraction d’omission
Une infraction permanente
Une infraction continue

Une infraction d’omission

Explication

L’infraction d’omission punit un acte négatif, c’est-à-dire le fait de ne pas avoir agi. La commission sanctionne une action positive, tandis que les infractions continues et permanentes se distinguent par la durée de l’acte ou du résultat.

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