Fiche de révision : Les pouvoirs du Gouvernement et la jurisprudence

📋 Plan du Cours

  1. Pouvoirs du Gouvernement
  2. Jurisprudence et sources de droit
  3. Compétences juridictionnelles
  4. Rôle du Conseil d’État
  5. Recours en cassation
  6. Organisation judiciaire
  7. Cour d’assises
  8. Arbitrage et clauses
  9. Procédure de conciliation

📖 1. Pouvoirs du Gouvernement

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 38 de la Constitution (1958) : Permet au Gouvernement de faire adopter des textes législatifs qui auraient normalement dû être votés par le Parlement, via la procédure des ordonnances. Ces ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement pour devenir des lois à part entière.
  • Article 49-3 de la Constitution (1958) : Dispositif permettant au Gouvernement d’adopter un texte de loi de manière forcée, sans vote du Parlement, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée. Il est souvent utilisé pour faire passer rapidement des lois importantes ou en cas de blocage parlementaire.
  • Pouvoirs exceptionnels du Gouvernement : Capacité exceptionnelle conférée à l'exécutif pour légiférer ou agir en dehors des procédures normales, notamment via l’usage de l’article 38 ou 49-3, afin de faire adopter des lois sans l’accord préalable du Parlement.
  • Ordonnances : Actes législatifs adoptés par le Gouvernement en vertu de l’article 38, qui ont une valeur réglementaire provisoire jusqu’à ratification par le Parlement.
  • Jurisprudence (voir section 2) : Ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises, notamment la Cour de cassation et le Conseil d’État, qui servent de référence pour l’interprétation du droit et comblent les vides juridiques.
  • Pourvoi en cassation (voir section 5) : Voie de recours permettant de contester une décision judiciaire sur la seule base du droit, sans réexamen des faits, et qui peut conduire à la jurisprudence.

📝 Points essentiels

  • La Constitution du 4 octobre 1958 prévoit deux mécanismes permettant au Gouvernement de légiférer sans passer par le Parlement : l’article 38 et l’article 49-3.
  • L’article 38 autorise le Gouvernement à faire adopter des ordonnances, sous réserve de ratification parlementaire, pour légiférer rapidement dans certains domaines.
  • L’article 49-3 donne au Gouvernement la possibilité de faire adopter un texte de force, sans vote, en engageant sa responsabilité, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée.
  • Ces dispositifs illustrent les pouvoirs exceptionnels du Gouvernement, qui peuvent contourner le processus législatif classique en cas de nécessité ou de blocage politique.
  • La jurisprudence, notamment par ses décisions de la Cour de cassation et du Conseil d’État, joue un rôle clé dans l’interprétation et l’évolution du droit, notamment en comblant les lacunes législatives (exemple du burkini en 2022).
  • Le pourvoi en cassation constitue une étape essentielle pour faire évoluer la jurisprudence et assurer l’uniformité de l’interprétation du droit.

💡 À retenir

Le Gouvernement dispose de pouvoirs exceptionnels, notamment via l’article 38 et l’article 49-3, pour légiférer rapidement ou contourner le Parlement, mais ces mécanismes sont encadrés par la Constitution et peuvent donner lieu à des recours en justice.

📖 2. Jurisprudence et sources de droit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises, notamment la Cour de cassation (Ccass) et le Conseil d’État (CE), qui servent de référence pour l’interprétation et l’application du droit. La jurisprudence comble les vides juridiques en précisant la portée des règles juridiques (ex : décision du CE de 05/2022 sur le burkini).
  • Source de droit : La jurisprudence est considérée comme une source de droit car elle permet d’interpréter la loi et de combler ses lacunes, assurant ainsi la cohérence de l’application juridique. La jurisprudence devient une référence pour toutes les juridictions dans l’ordre judiciaire ou administratif.
  • Cour de cassation (Ccass) : La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, chargée de vérifier la correcte application du droit par les tribunaux inférieurs. Sa décision de cassation établit une jurisprudence qui guide les juges du fond.
  • Conseil d’État (CE) : La plus haute juridiction administrative, qui a une double compétence : administrative (conseiller le gouvernement) et juridictionnelle (juger les litiges impliquant l’administration). La section du contentieux du CE rend des décisions qui font jurisprudence.
  • Pourvoi en cassation : Voie de recours permettant de saisir la Cour de cassation ou le CE pour faire annuler une décision judiciaire ou administrative pour erreur de droit. La Haute Cour ne réexamine pas les faits mais se concentre sur la correcte interprétation du droit, ce qui permet de créer ou d’affirmer la jurisprudence.
  • Rôle de la jurisprudence : Elle sert à préciser, interpréter et compléter la loi, notamment dans des situations non prévues explicitement par la législation, en assurant la cohérence et la stabilité du droit.

📝 Points essentiels

  • La jurisprudence est une source de droit fondamentale en France, notamment par l’intermédiaire de la Cour de cassation (pour l’ordre judiciaire) et du Conseil d’État (pour l’ordre administratif). Ces juridictions supérieures rendent des décisions qui deviennent des références obligatoires pour les autres juges.
  • La jurisprudence comble les lacunes de la loi en précisant son application dans des cas non explicitement prévus. Par exemple, la décision du CE du 05/2022 sur le burkini dans les piscines municipales a fixé une règle applicable à tous les maires de France.
  • La décision de la Cour de cassation ou du Conseil d’État en cas de pourvoi en cassation ou d’appel en cassation ne réexamine pas les faits mais se concentre uniquement sur la conformité du droit. La décision rendue constitue une jurisprudence qui guide l’interprétation future.
  • La jurisprudence évolue avec le temps, notamment par des arrêts de principe ou des arrêts de référence, qui ont une valeur normative pour l’ensemble des juridictions françaises.
  • La jurisprudence joue un rôle clé dans la formation du droit en permettant d’adapter et d’interpréter la législation face à l’évolution sociale, économique et technologique.

💡 À retenir

La jurisprudence, en tant que source de droit, complète la loi en assurant une application cohérente et évolutive du droit français, notamment par l’autorité des décisions de la Cour de cassation et du Conseil d’État.

📖 3. Compétences juridictionnelles

🔑 Notions clés & Définitions

Compétence du Tribunal de commerce (TCom) : Juridiction spécialisée dans les litiges entre commerçants ou relatifs aux actes de commerce, lorsque deux entreprises ou un particulier et une entreprise s’opposent dans une affaire commerciale.
AUTEUR (date) : La compétence du TCom repose sur la nature commerciale de l’affaire, notamment en cas de litige sur une livraison ou une facture impayée.

Compétence du Conseil de Prud’hommes (CPH) : Juridiction compétente pour trancher les litiges entre salariés et employeurs, notamment en matière de contrat de travail, licenciement ou rémunération.
AUTEUR (date) : Les membres du CPH ne sont pas des magistrats de carrière, mais des employeurs et salariés élus par leurs pairs.

Compromis d’arbitrage : Convention par laquelle des parties, après la naissance du litige, décident de soumettre leur différend à un ou plusieurs arbitres, en désignant leur identité et les points à trancher.
AUTEUR (date) : Le compromis intervient après la survenance du conflit.

Clause compromissoire : Clause insérée dans un contrat commercial prévoyant que tout litige futur sera résolu par arbitrage, excluant la justice classique.
AUTEUR (date) : Elle s’applique dès la naissance du litige, avant tout conflit.

Jurisprudence (JP) : Ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises, notamment la Cour de cassation et le Conseil d’État, qui servent de référence en matière de droit.
AUTEUR (date) : La JP comble les vides juridiques en précisant l’interprétation du droit.

📝 Points essentiels

  • La compétence du TCom est déterminée par la nature commerciale du litige, comme une contestation de facture ou une livraison impayée.
  • Le CPH traite des conflits entre salariés et employeurs, ses membres ne sont pas des magistrats de carrière mais des représentants élus.
  • La jurisprudence, notamment la décision du CE en 05/2022 sur le burkini, constitue une source de droit en comblant les lacunes législatives.
  • La compétence d’attribution des juridictions dépend de la nature du litige (administratif ou judiciaire) et du montant en jeu : par exemple, ≤ 10 000 € devant le Tribunal de proximité, > 10 000 € devant le Tribunal judiciaire.
  • La Cour d’assises juge les crimes graves, avec une composition mixte de magistrats professionnels et de jurés populaires, sous forme de verdict.
  • L’arbitrage, via compromis ou clause compromissoire, est une alternative à la justice classique, privilégiée dans le monde des affaires pour sa rapidité et sa confidentialité.
  • La conciliation, obligatoire depuis le 1er octobre 2023 pour les litiges ≤ 5 000 €, permet une résolution amiable par des conciliateurs bénévoles, avant toute saisine du tribunal.

💡 À retenir

Les juridictions françaises sont organisées selon la nature du litige, la gravité et le montant en jeu, avec des mécanismes spécifiques comme l’arbitrage ou la conciliation pour favoriser la résolution amiable ou alternative. La jurisprudence joue un rôle clé en comblant les lacunes du droit écrit.

📖 4. Rôle du Conseil d’État

🔑 Notions clés & Définitions

  • Double compétence du Conseil d’État : capacité à exercer à la fois des fonctions administratives (conseil au Gouvernement) et juridictionnelles (jugement des litiges impliquant l’administration).
    AUTEUR (date) : Le Conseil d’État possède une double compétence, administrative et juridictionnelle, lui permettant d’intervenir dans la préparation et le contrôle de l’action administrative ainsi que dans la résolution des litiges administratifs.

  • Rôle consultatif du Conseil d’État : activité consistant à donner des avis sur les projets de textes législatifs ou réglementaires soumis par le Gouvernement via ses sections.
    AUTEUR (date) : Le Conseil d’État, en tant que conseiller du Gouvernement, examine et conseille sur les projets de textes, notamment par ses sections spécialisées.

  • Section du contentieux du Conseil d’État : la partie du Conseil d’État qui exerce la fonction juridictionnelle en jugeant les litiges administratifs.
    AUTEUR (date) : La section du contentieux est la section du Conseil d’État compétente pour juger les conflits impliquant l’administration, en tant que juridiction administrative.

📝 Points essentiels

  • La double compétence du Conseil d’État lui confère un rôle à la fois de conseiller et de juge, ce qui le distingue des autres juridictions ou administrations.
  • Son rôle consultatif est essentiel dans la procédure législative, car il permet au Gouvernement de bénéficier d’un avis éclairé avant la promulgation des lois ou règlements.
  • La section du contentieux est la seule section du Conseil d’État à exercer une fonction juridictionnelle, en rendant des décisions qui font jurisprudence.
  • La jurisprudence du Conseil d’État, notamment ses décisions dans la section du contentieux, sert de référence pour l’ensemble de la jurisprudence administrative, comme dans l’affaire du burkini (05/2022).
  • La jurisprudence du Conseil d’État comble les lacunes du droit en précisant l’interprétation des règles et en adaptant le droit aux évolutions sociales et administratives.

💡 À retenir

Le Conseil d’État joue un rôle unique en combinant conseil administratif et juridiction, ce qui lui permet d’assurer à la fois la qualité de la législation et la régulation des litiges administratifs, garantissant ainsi la cohérence et la légalité de l’action publique.

📖 5. Recours en cassation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pourvoi en cassation : recours permettant d’atteindre le 3ème niveau de juridiction, la Cour de cassation ou le Conseil d’État, sans réexamen des faits mais uniquement du droit. La Cour de cassation ne rejuge pas la matière mais vérifie la conformité de la décision aux règles de droit. La décision de cassation constitue une source de jurisprudence, servant de référence pour l’interprétation du droit (voir aussi "Décision de cassation comme source de jurisprudence").
  • Décision de cassation comme source de jurisprudence : la cassation ne modifie pas directement le fond du litige mais établit une jurisprudence en annulant une décision contestée pour erreur de droit, influençant ainsi la jurisprudence future.
  • Examen limité au droit : lors du pourvoi en cassation, la Cour ne rejuge pas les faits ni la valeur probante des preuves, mais vérifie uniquement si la décision attaquée a été rendue conformément aux règles de droit en vigueur.
  • Jurisprudence : ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises, notamment la Cour de cassation et le Conseil d’État, qui servent de référence pour l’interprétation du droit et comblent les vides juridiques (voir aussi "Jurisprudence comme source de droit").
  • Source de droit : la jurisprudence, notamment issue des décisions de cassation, complète la loi en précisant son application dans des cas concrets, et constitue une référence pour les juridictions inférieures.
  • Autorité de la jurisprudence : la jurisprudence issue des décisions de cassation a une force contraignante pour toutes les juridictions françaises, assurant une cohérence dans l’interprétation du droit.

📝 Points essentiels

  • Le pourvoi en cassation ne rejuge pas les faits mais se concentre exclusivement sur la conformité de la décision aux règles de droit, ce qui limite son champ d’intervention.
  • La Cour de cassation ou le Conseil d’État, en rendant une décision de cassation, établissent une jurisprudence qui influence la législation et la pratique judiciaire.
  • La décision de cassation, en annulant une décision précédente pour erreur de droit, sert de référence jurisprudentielle, permettant d’assurer l’unité et la cohérence de l’interprétation juridique.
  • La procédure de cassation intervient après l’épuisement des voies de recours ordinaires, garantissant la respectabilité du droit dans l’application des décisions judiciaires.
  • La jurisprudence issue des décisions de cassation est souvent citée dans la doctrine et dans la pratique judiciaire pour orienter les juges dans l’interprétation des textes législatifs et réglementaires.

💡 À retenir

Le pourvoi en cassation est une voie de recours qui ne rejuge pas les faits mais garantit l’uniformité de l’application du droit, la décision de cassation étant une source essentielle de jurisprudence.

📖 6. Organisation judiciaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Organisation judiciaire selon nature du litige : Répartition des tribunaux en fonction de la nature du différend, entre ordre administratif (conflits impliquant l’administration) et ordre judiciaire (litiges entre particuliers ou entreprises). La distinction repose sur la nature du litige, comme précisé dans la jurisprudence (voir section 2).

  • Tribunaux compétents selon gravité des infractions : Classification des infractions en contraventions, délits et crimes, avec attribution respective au Tribunal de Police (contraventions), Tribunal Correctionnel (délits) et Cour d’Assises (crimes). Cette organisation reflète la gravité de l’infraction (voir section 7).

  • Tribunaux compétents selon montant et nature du litige : Selon la valeur en jeu et la nature du litige, la compétence varie : Tribunal de proximité (≤ 10 000 €), Tribunal judiciaire (> 10 000 € ou montant indéterminé), ou juridiction spécialisée (ex : Conseil de Prud’hommes pour le travail). La règle de compétence est déterminée par la règle de l’attribution (voir section 6).

📝 Points essentiels

  • La distinction entre ordre administratif et ordre judiciaire est fondamentale pour déterminer la juridiction compétente, conformément à la jurisprudence (voir section 2). La compétence dépend aussi de la nature du litige : par exemple, les conflits avec l’administration relèvent du contentieux administratif, tandis que les litiges entre particuliers relèvent du judiciaire.

  • La classification des infractions en contraventions, délits et crimes détermine la juridiction compétente : Police pour contraventions, Correctionnel pour délits, Assises pour crimes. La gravité de l’infraction guide le choix du tribunal (voir section 7).

  • La compétence en fonction du montant en jeu est une règle essentielle : le Tribunal de proximité pour les litiges ≤ 10 000 €, le Tribunal judiciaire pour ceux > 10 000 € ou indéterminés. La nature du litige (commercial, travail, civil) peut également orienter vers des juridictions spécialisées comme le Tribunal de commerce ou le Conseil de Prud’hommes (voir section 6).

  • La jurisprudence (section 2) précise que la compétence est aussi déterminée par la nature du litige et la gravité des infractions, garantissant une organisation cohérente et adaptée à chaque situation.

💡 À retenir

L’organisation judiciaire en France repose sur une distinction claire entre ordre administratif et judiciaire, avec des tribunaux compétents selon la gravité des infractions et le montant du litige, assurant une justice spécialisée et adaptée à chaque type de conflit.

📖 7. Cour d’assises

🔑 Notions clés & Définitions

  • Compétence de la Cour d’assises : Juridiction spécialisée chargée de juger les crimes graves, tels que le meurtre, le viol ou le trafic de drogue, où la peine encourue peut aller jusqu’à la perpétuité.
  • Composition mixte : La Cour d’assises est composée de 3 magistrats professionnels et de 6 jurés populaires, issus de la citoyenneté, qui participent à la décision.
  • Fonction de la Cour d’assises : Elle agit comme une juridiction départementale, c’est-à-dire qu’elle juge sur le territoire d’un département, avec une compétence exclusive pour les crimes.
  • Décision rendue sous forme de verdict : La décision de la Cour d’assises est une condamnation ou un acquittement, formalisée par un verdict qui doit être motivé.
  • Juridiction populaire : La Cour d’assises inclut des jurés citoyens, ce qui lui confère un aspect démocratique dans la procédure judiciaire.
  • Verdict : La décision finale de la Cour d’assises, qui peut condamner ou acquitter l’accusé, après délibération des jurés et des magistrats.

📝 Points essentiels

  • La Cour d’assises est compétente pour juger les crimes, c’est-à-dire les infractions les plus graves, avec une peine maximale pouvant aller jusqu’à la perpétuité.
  • La composition est mixte : 3 magistrats professionnels et 6 jurés populaires, issus de la citoyenneté, ce qui confère à la juridiction un caractère démocratique.
  • La Cour d’assises fonctionne comme une juridiction départementale, ce qui signifie qu’elle juge dans le ressort d’un département spécifique.
  • La décision de la Cour d’assises est toujours rendue sous forme de verdict, qui peut être une condamnation ou un acquittement, et doit être motivée.
  • La cour d’assises est une juridiction départementale, ce qui la distingue des autres juridictions pénales plus spécialisées ou nationales.
  • La décision, appelée verdict, est la synthèse de la délibération des jurés et des magistrats, et constitue la décision de justice définitive pour l’accusé.

💡 À retenir

La Cour d’assises, juridiction départementale composée de magistrats professionnels et de jurés populaires, juge les crimes graves et rend ses décisions sous forme de verdict, mêlant expertise judiciaire et participation citoyenne.

📖 8. Arbitrage et clauses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Arbitrage (Mode Alternatif de Résolution des Litiges - MARD) : Procédé de résolution de conflits en dehors de la justice classique, où les parties conviennent de soumettre leur différend à un ou plusieurs arbitres dont la décision, appelée sentence arbitrale, a la même force qu’un jugement de justice (source : contenu source).
  • Compromis d’arbitrage : Convention par laquelle des parties, déjà en litige, décident de soumettre leur différend à un ou plusieurs arbitres, en désignant précisément la nature du conflit et les arbitres (source : contenu source).
  • Clause compromissoire : Clause insérée dans un contrat qui prévoit qu’en cas de litige futur, celui-ci sera réglé par arbitrage, délaissant la justice classique, et s’impose aux parties dès la signature du contrat (source : contenu source).
  • Arbitrage réservé au monde des affaires : Pratique exclusive dans le cadre des relations commerciales, permettant d’éviter la justice étatique et de privilégier la négociation et la confidentialité dans la résolution des litiges (source : contenu source).
  • Différence entre compromis d’arbitrage et clause compromissoire : Le compromis intervient après la naissance du litige, alors que la clause compromissoire est insérée dans un contrat avant tout conflit, pour prévoir l’arbitrage en cas de litige futur (source : contenu source).

📝 Points essentiels

  • L’arbitrage constitue un mode alternatif de résolution des litiges (MARD), permettant aux parties d’éviter la justice classique, notamment dans le contexte des relations commerciales (source : contenu source).
  • La distinction fondamentale entre compromis d’arbitrage et clause compromissoire réside dans leur moment d’application : le compromis concerne un litige déjà né, tandis que la clause compromissoire prévoit l’arbitrage pour un futur différend (source : contenu source).
  • L’arbitrage est principalement réservé au monde des affaires, en raison de sa confidentialité, de sa rapidité et de sa flexibilité, évitant ainsi la surcharge des tribunaux étatiques (source : contenu source).
  • La jurisprudence joue un rôle clé dans l’arbitrage, notamment pour préciser les modalités de mise en œuvre et la reconnaissance des sentences arbitrales, comme dans l’affaire du burkini (exemple de JP du 05/2022).
  • La compétence du tribunal de commerce et du Conseil de Prud’hommes ne concerne pas directement l’arbitrage, qui relève d’un mode alternatif, mais leur rôle dans la résolution des litiges commerciaux ou individuels est essentiel dans le contexte juridique global (source : contenu source).

💡 À retenir

L’arbitrage, en tant que mode alternatif de résolution des litiges réservé au monde des affaires, permet d’éviter la justice classique grâce à des conventions telles que le compromis d’arbitrage ou la clause compromissoire, offrant flexibilité, confidentialité et rapidité dans la résolution des conflits.

📖 9. Procédure de conciliation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conciliation : Mode amiable de résolution des petits litiges, visant à éviter le recours judiciaire en favorisant un accord entre les parties.
  • Rôle des conciliateurs : Personnes bénévoles chargées de convoquer les parties, d’animer l’entretien et de tenter de parvenir à un accord amiable.
  • Obligation de conciliation préalable : Depuis le 1er octobre 2023, pour les litiges dont la somme en jeu est ≤ 5 000 €, la conciliation doit être tentée avant toute saisine du Tribunal de proximité.
  • Procédure de conciliation : Comprend la convocation des parties, l’entretien avec le conciliateur, et la tentative de parvenir à un accord amiable.
  • Point à retenir : La conciliation constitue une étape obligatoire et gratuite pour les litiges de faible montant, permettant une résolution rapide et amiable avant toute intervention judiciaire.

📊 Tableaux de Synthèse

CritèrePouvoirs du GouvernementJurisprudence et sources de droitCompétences juridictionnelles
DéfinitionPouvoir législatif délégué via articles 38 et 49-3 (Constitution 1958)Ensemble des décisions jurisprudentielles (Cour de cassation, Conseil d’État) qui complètent la loiJuridictions compétentes selon la nature du litige (TCom, CPH, arbitrage)
Actes clésOrdonnances (art. 38), recours au 49-3Décisions de la Cour de cassation et du Conseil d’ÉtatTribunal de commerce, Conseil de Prud’hommes, arbitrage
RôleLégiférer rapidement, contourner le Parlement sous contrôle constitutionnelInterpréter, compléter, assurer la cohérence du droitTrancher les litiges selon leur spécialité (économique, social, commercial)
LimitesEncadrement par la Constitution, recours possibles en justiceLa jurisprudence ne crée pas de droit nouveau mais précise la loiCompétence limitée à leur domaine spécifique
Auteur / RéférenceNotion / Concept Clé
Article 38, 49-3 (Constitution 1958)Pouvoirs exceptionnels du Gouvernement
Cour de cassation, Conseil d’ÉtatJurisprudence comme source de droit
Perroux (1955)Croissance économique et rôle de l’État dans le développement
Arrêt CE, 05/2022 (Burkini)Jurisprudence comblant une lacune législative

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre ordonnance (acte législatif provisoire) et loi (acte définitif ratifié par le Parlement).
  2. Croire que le 49-3 permet de légiférer sans contrôle ou limite, alors qu'il peut faire l'objet d'une censure par la motion de censure.
  3. Assimiler la jurisprudence à une source de droit équivalente à la loi, alors qu’elle est une source d’interprétation.
  4. Confondre la compétence du Conseil de Prud’hommes (social) et celle du Tribunal de commerce (économique), qui ont des champs d’action différents.
  5. Penser que la jurisprudence ne peut évoluer : elle est dynamique et s’adapte aux évolutions sociales et technologiques.
  6. Confondre le pourvoi en cassation (droit) et l’appel (fait référence aux faits).
  7. Ignorer que l’arbitrage, via clause compromissoire ou compromis, exclut la justice étatique dans le litige concerné.

✅ Checklist Examen

  1. Connaître la définition et la portée de l’article 38 de la Constitution (1958) et ses implications pour le pouvoir législatif du Gouvernement.
  2. Maîtriser le fonctionnement et les limites du recours au 49-3, notamment la procédure de censure.
  3. Expliquer le rôle de la jurisprudence, en particulier celui de la Cour de cassation et du Conseil d’État, dans la construction du droit français.
  4. Identifier la différence entre source de droit et simple interprétation jurisprudentielle.
  5. Connaître la compétence du Tribunal de commerce et ses domaines d’intervention.
  6. Savoir ce qu’est le Conseil de Prud’hommes et ses spécificités.
  7. Définir le compromis d’arbitrage et la clause compromissoire, ainsi que leur effet sur la compétence judiciaire.
  8. Comprendre la procédure de pourvoi en cassation et son impact sur la jurisprudence.
  9. Connaître le rôle du Conseil d’État dans le contentieux administratif et ses décisions de référence.
  10. Identifier les auteurs clés : Perroux (croissance), arrêt CE 2022 (burkini), articles 38 et 49-3 (Constitution).
  11. Savoir que la jurisprudence comble les lacunes législatives et précise l’application du droit.
  12. Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : ordonnances, recours en cassation, arbitrage, clause compromissoire.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les pouvoirs du Gouvernement et la jurisprudence avec 9 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quels sont les moyens exceptionnels conférés au Gouvernement pour légiférer ou agir en dehors du processus législatif normal ?

2. Quels sont les articles de la Constitution française de 1958 qui confèrent des pouvoirs exceptionnels au Gouvernement pour légiférer rapidement ou contourner le Parlement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les pouvoirs du Gouvernement et la jurisprudence avec 18 flashcards interactives.

Pouvoirs du Gouvernement — définition ?

Pouvoir législatif délégué par la Constitution.

Article 38 — rôle ?

Permet au Gouvernement de légiférer par ordonnances.

Article 49-3 — utilisation ?

Adopter une loi sans vote, sous responsabilité du Gouvernement.

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