QCM : Les sources du droit — 27 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que regroupent les sources du droit ?

Les décisions rendues par les juridictions dans les litiges privés
Les textes adoptés par le Parlement selon la procédure législative
Les pratiques sociales reconnues explicitement par une autorité publique
Tout ce qui peut produire une règle nouvelle ou modifier le sens d’une règle existante

Tout ce qui peut produire une règle nouvelle ou modifier le sens d’une règle existante

Explication

Les sources du droit comprennent les éléments susceptibles de créer une nouvelle règle ou d’attribuer un sens nouveau à une règle existante. Les textes parlementaires et les décisions judiciaires constituent des sources possibles, mais ils ne couvrent pas toute la notion.

2. Quelle distinction oppose les sources formelles au droit souple issu de pratiques sociales ?

Les sources formelles sont écrites et étatiques, tandis que le droit souple peut provenir de pratiques non reconnues par l’État
Les sources formelles proviennent des juridictions, tandis que le droit souple est adopté par le Parlement
Les sources formelles reposent sur des usages sociaux, tandis que le droit souple exige un texte étatique écrit
Les sources formelles et le droit souple désignent deux catégories de règles écrites adoptées par une autorité publique

Les sources formelles sont écrites et étatiques, tandis que le droit souple peut provenir de pratiques non reconnues par l’État

Explication

Les sources formelles correspondent à des règles écrites émanant d’une autorité étatique, alors que l’école sociologique reconnaît aussi l’influence de pratiques sociales. Assimiler le droit souple à une production parlementaire ou juridictionnelle méconnaît cette distinction.

3. Une règle écrite adoptée par le Parlement relève-t-elle de la loi au sens formel ?

Oui, parce que toute règle écrite est une loi formelle
Oui, parce qu’elle émane de l’organe parlementaire
Non, parce que la loi formelle désigne toute règle écrite, quelle que soit son origine
Non, parce qu’une loi formelle doit être adoptée par le Gouvernement

Oui, parce qu’elle émane de l’organe parlementaire

Explication

La loi au sens formel est définie par son origine parlementaire et par son caractère écrit. Le simple fait d’être écrite suffit à caractériser la loi au sens matériel, mais pas à exclure l’exigence d’une adoption par le Parlement pour le sens formel.

4. Quel critère permet de reconnaître une loi au sens matériel ?

Elle constitue une règle écrite, quelle que soit l’autorité qui l’a adoptée
Elle est nécessairement votée par le Parlement après un débat législatif
Elle organise exclusivement les rapports entre les pouvoirs publics
Elle provient d’une pratique sociale progressivement suivie par les citoyens

Elle constitue une règle écrite, quelle que soit l’autorité qui l’a adoptée

Explication

La loi au sens matériel est identifiée par son contenu de règle de droit écrite, indépendamment de l’autorité qui l’a adoptée. L’origine parlementaire caractérise plutôt la loi au sens formel.

5. Quelle est la fonction principale de la Constitution de la Ve République ?

Déterminer les décisions rendues par les juridictions dans chaque litige
Organiser le fonctionnement et l’organisation des pouvoirs publics
Fixer le contenu détaillé de toutes les règles administratives
Régler les relations contractuelles entre les personnes privées

Organiser le fonctionnement et l’organisation des pouvoirs publics

Explication

La Constitution de la Ve République est un recueil de lois fondamentales qui organise les pouvoirs publics. Les juridictions, les contrats privés et les règles administratives relèvent de domaines distincts, même s’ils doivent respecter le cadre constitutionnel.

6. Quels textes composent le bloc de constitutionnalité ?

La Constitution, les codes, les conventions collectives et les principes jurisprudentiels
La Constitution, les lois organiques, les traités internationaux et les règlements administratifs
La Constitution, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004
La Déclaration de 1789, les lois ordinaires, les règlements et les décisions judiciaires

La Constitution, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004. Les lois organiques et les autres catégories citées ne font pas partie de cet ensemble.

7. Quel contrôle permet à un justiciable de contester la conformité d’une disposition législative aux droits et libertés constitutionnels ?

La procédure parlementaire de ratification
La question préjudicielle de droit international
Le recours pour excès de pouvoir
La question prioritaire de constitutionnalité

La question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité permet de vérifier qu’une disposition législative respecte les droits et libertés garantis par la Constitution. Le recours pour excès de pouvoir vise les actes administratifs, tandis que la ratification concerne les traités.

8. Un traité contraire à la Constitution peut-il être ratifié sans modifier la Constitution ?

Oui, si le traité a été approuvé par une majorité parlementaire renforcée
Non, car les traités ne peuvent produire aucun effet dans l’ordre juridique français
Non, une révision constitutionnelle doit intervenir avant sa ratification
Oui, car les traités internationaux prévalent sur toutes les normes françaises

Non, une révision constitutionnelle doit intervenir avant sa ratification

Explication

Dans l’ordre juridique français, la Constitution est supérieure aux traités internationaux ; un traité incompatible ne peut donc être ratifié qu’après une révision constitutionnelle. Cela ne signifie pas que les traités sont dépourvus d’effet, mais qu’ils doivent respecter la norme constitutionnelle.

9. Qu’est-ce qu’un traité international ?

Un engagement pris par une personne privée auprès d’une organisation publique
Un accord bilatéral ou multilatéral conclu entre plusieurs États
Une décision rendue par une juridiction internationale à l’égard d’un État
Une règle nationale adoptée par le Parlement pour organiser la diplomatie

Un accord bilatéral ou multilatéral conclu entre plusieurs États

Explication

Un traité international est un accord conclu entre deux ou plusieurs États, qu’il soit bilatéral ou multilatéral. Une décision juridictionnelle et une règle parlementaire ont une nature différente et ne constituent pas un traité.

10. Quelles conditions rendent un traité opposable aux particuliers en France ?

La ratification, la conformité aux règlements et l’enregistrement auprès d’une juridiction
La ratification, la réciprocité et la publication au Journal officiel
La publication, l’adoption d’une loi nouvelle et l’accord des personnes privées
La signature diplomatique, l’approbation parlementaire et la décision d’un tribunal

La ratification, la réciprocité et la publication au Journal officiel

Explication

L’application française d’un traité suppose notamment sa ratification, la réciprocité et sa publication au Journal officiel, cette dernière condition permettant son opposabilité aux particuliers. La publication ne remplace pas la ratification et une loi supplémentaire n’est pas présentée comme une condition générale.

11. Quand un traité possède-t-il un effet direct ?

Lorsqu’il impose des engagements diplomatiques qui concernent les États signataires
Lorsqu’il est publié au Journal officiel sans créer de droits juridiquement invocables
Lorsqu’un particulier peut invoquer directement les droits ou obligations qu’il crée devant un juge
Lorsqu’il nécessite une loi nationale pour préciser les droits accordés aux particuliers

Lorsqu’un particulier peut invoquer directement les droits ou obligations qu’il crée devant un juge

Explication

Un traité a un effet direct lorsqu’il crée des droits ou obligations dont les particuliers peuvent se prévaloir directement devant les juridictions sans loi supplémentaire. Un engagement qui ne lie que les États ne permet pas, par lui-même, une invocation directe par un particulier.

12. Quelle caractéristique distingue le droit de l’Union européenne du Conseil de l’Europe ?

Il constitue une organisation de coopération entre 46 États membres
Il repose sur une convention internationale sans intégration économique
Il constitue un ordre juridique intégré entre 27 États membres
Il organise une coopération politique entre des États non membres de l’Union

Il constitue un ordre juridique intégré entre 27 États membres

Explication

Le droit de l’Union européenne forme un ordre juridique intégré destiné notamment à favoriser la libre circulation et l’harmonisation entre ses 27 États membres. Le Conseil de l’Europe est, quant à lui, une organisation internationale de coopération, et non un ordre juridique intégré de l’Union.

13. Lorsqu’une juridiction nationale doute de l’interprétation d’une règle de l’Union européenne, quelle démarche peut-elle engager ?

Demander au Conseil de l’Europe d’annuler la règle
Suspendre la règle nationale sans saisir une juridiction européenne
Transmettre directement l’affaire au Parlement européen
Saisir la CJUE par un renvoi préjudiciel

Saisir la CJUE par un renvoi préjudiciel

Explication

Le renvoi préjudiciel permet à une juridiction nationale d’interroger la CJUE sur l’interprétation ou la validité du droit de l’Union. La juridiction nationale ne transmet donc pas directement l’affaire au Parlement européen, qui n’exerce pas cette fonction juridictionnelle.

14. Quel effet juridique caractérise un règlement européen ?

Il invite les États à suivre une orientation dépourvue de portée obligatoire
Il est obligatoire et directement applicable dans les États membres
Il règle une situation individuelle concernant un destinataire déterminé
Il fixe des objectifs nécessitant une transposition nationale

Il est obligatoire et directement applicable dans les États membres

Explication

Le règlement a une portée générale, est obligatoire et s’applique directement dans les États membres, où il peut être invoqué dans un litige. La directive, en revanche, fixe des objectifs et nécessite en principe une transposition nationale.

15. Comment une directive européenne agit-elle dans l’ordre juridique des États membres ?

Elle s’applique directement sans intervention des autorités nationales
Elle formule une recommandation dépourvue d’objectifs juridiquement définis
Elle règle une situation individuelle avec une force obligatoire immédiate
Elle impose des objectifs et laisse le choix des moyens de transposition

Elle impose des objectifs et laisse le choix des moyens de transposition

Explication

La directive lie les États membres quant aux objectifs à atteindre, tout en leur laissant le choix des moyens, ce qui requiert une transposition dans leur ordre juridique interne. Elle se distingue ainsi du règlement, qui est directement applicable.

16. Quelle est la place du droit européen par rapport aux normes françaises selon la hiérarchie indiquée ?

Il est placé au même niveau que les lois françaises et les règlements
Il est inférieur aux lois françaises mais supérieur à la Constitution
Il est supérieur à la Constitution lorsqu’il est publié au Journal officiel
Il est supérieur aux lois françaises mais inférieur à la Constitution

Il est supérieur aux lois françaises mais inférieur à la Constitution

Explication

En France, le droit européen est présenté comme supérieur aux lois mais inférieur à la Constitution. La publication des traités, règlements et directives au Journal officiel de l’Union européenne assure leur diffusion, sans modifier cette hiérarchie.

17. Quel principe les articles 34 et suivants de la Constitution mettent-ils en place en matière de législation ?

Ils confient au Parlement la totalité du pouvoir réglementaire
Ils répartissent le pouvoir de légiférer entre le Parlement et le Gouvernement
Ils organisent le contrôle obligatoire de toutes les lois par la CJUE
Ils attribuent au Gouvernement la compétence pour modifier la Constitution

Ils répartissent le pouvoir de légiférer entre le Parlement et le Gouvernement

Explication

Les articles 34 et suivants répartissent les compétences normatives entre le Parlement, dans le domaine de la loi, et le Gouvernement, notamment dans le domaine réglementaire. Le contrôle de la CJUE ne constitue pas le mécanisme décrit par cette règle constitutionnelle.

18. Quelle procédure peut permettre l’adoption d’une loi constitutionnelle ?

Un référendum ou une adoption par le Congrès
Un vote du Gouvernement ou une décision du Conseil d’État
Une consultation des collectivités ou un avis du Conseil constitutionnel
Une proposition parlementaire ou une décision de la CJUE

Un référendum ou une adoption par le Congrès

Explication

La loi constitutionnelle modifie ou établit la Constitution et peut être adoptée par référendum ou par le Congrès. Une loi organique, en revanche, concerne l’organisation des pouvoirs publics et suit une procédure spécifique.

19. Quelle caractéristique définit l’inflation législative ?

La multiplication excessive des lois, avec plus de 1 500 textes votés chaque année
La modification de la Constitution par une série de référendums nationaux
La publication de textes européens destinés à harmoniser les législations
La diminution du nombre de lois afin de rendre le droit plus lisible

La multiplication excessive des lois, avec plus de 1 500 textes votés chaque année

Explication

L’inflation législative désigne la multiplication excessive des lois, qui peut dépasser 1 500 textes votés par an. Elle ne correspond donc ni à une réduction du nombre de lois ni à l’harmonisation des législations européennes.

20. Qu’est-ce qui caractérise une ordonnance prise par le Gouvernement ?

Elle précise les modalités pratiques d’application d’une loi existante
Elle émane d’une autorité administrative dans le domaine réglementaire
Elle est directement adoptée par le Parlement après un vote législatif
Elle intervient après une habilitation parlementaire dans le domaine de la loi

Elle intervient après une habilitation parlementaire dans le domaine de la loi

Explication

Une ordonnance est prise par le Gouvernement après que le Parlement l’a habilité à intervenir dans une matière relevant en principe de la loi. Elle se distingue ainsi de la loi, qui est directement adoptée par le Parlement.

21. Quelle succession d’étapes correspond au régime de l’ordonnance prévue par l’article 38 de la Constitution ?

Une loi est appliquée par décret, puis le Conseil constitutionnel la transforme en ordonnance
Une loi d’habilitation précède l’ordonnance, puis une ratification peut lui conférer une valeur législative
Une décision présidentielle est prise en urgence, puis le Parlement la convertit en règlement
Une ordonnance précède la loi d’habilitation, puis le Gouvernement lui confère une valeur législative

Une loi d’habilitation précède l’ordonnance, puis une ratification peut lui conférer une valeur législative

Explication

L’article 38 prévoit d’abord une loi d’habilitation, puis l’adoption de l’ordonnance par le Gouvernement ; une ratification parlementaire peut ensuite lui donner une valeur législative. La procédure d’urgence de l’article 16 répond à une logique différente.

22. Quel acte administratif peut établir une règle générale et impersonnelle ou prendre une mesure individuelle ?

Un traité international conclu entre plusieurs États et intégré à l’ordre juridique
Une loi votée par le Parlement pour organiser les relations entre les particuliers
Un règlement administratif émanant du pouvoir exécutif ou d’une autorité administrative
Une ordonnance adoptée par le Parlement dans une matière relevant du domaine de la loi

Un règlement administratif émanant du pouvoir exécutif ou d’une autorité administrative

Explication

Le règlement administratif est un acte du pouvoir exécutif ou d’une autorité administrative qui peut être général et impersonnel ou individuel. Une ordonnance relève, quant à elle, d’une habilitation gouvernementale dans le domaine de la loi.

23. Quelle distinction entre les décrets et les arrêtés est exacte ?

Les décrets relèvent du pouvoir judiciaire, tandis que les arrêtés sont adoptés par les assemblées parlementaires
Les décrets sont pris par le président ou le Premier ministre, tandis que les arrêtés émanent d’autorités administratives
Les décrets sont pris par les maires et les préfets, tandis que les arrêtés émanent du président ou du Premier ministre
Les décrets précisent les traités internationaux, tandis que les arrêtés organisent la procédure parlementaire

Les décrets sont pris par le président ou le Premier ministre, tandis que les arrêtés émanent d’autorités administratives

Explication

Les décrets sont pris par le président de la République ou le Premier ministre, alors que les arrêtés peuvent être pris par des ministres, des préfets ou des maires. La distinction repose donc sur l’autorité compétente pour les édicter.

24. Que signifie la hiérarchie des normes dans l’ordre juridique ?

Une règle tire sa légitimité de l’autorité qui l’applique plutôt que de son rang juridique
Les normes administratives peuvent écarter les normes supérieures lorsqu’elles sont plus précises
Chaque règle doit respecter la norme supérieure qui fonde sa légitimité
Chaque règle possède une valeur identique dès lors qu’elle est régulièrement publiée

Chaque règle doit respecter la norme supérieure qui fonde sa légitimité

Explication

La hiérarchie des normes impose à chaque règle d’être conforme à la norme qui lui est supérieure, dont elle tire sa légitimité. Les règles n’ont donc pas toutes une valeur identique dans l’ordre juridique.

25. Quel organe exerce le contrôle de constitutionnalité des lois ?

Les juridictions administratives, en vérifiant leur conformité aux traités internationaux
Le Parlement, en vérifiant leur conformité aux actes administratifs individuels
Le Conseil constitutionnel, en vérifiant leur conformité à la Constitution
Les juridictions judiciaires, en vérifiant leur conformité aux règlements administratifs

Le Conseil constitutionnel, en vérifiant leur conformité à la Constitution

Explication

Le contrôle de constitutionnalité confronte les lois aux règles de la Constitution et relève du Conseil constitutionnel. Le contrôle de conventionalité porte plutôt sur la conformité aux traités et peut être exercé par les juridictions judiciaires ou administratives.

26. Quel contrôle vérifie qu’un acte administratif respecte les normes qui lui sont supérieures, notamment les lois ?

Le contrôle de conventionalité
Le contrôle de ratification parlementaire
Le contrôle de constitutionnalité
Le contrôle de légalité

Le contrôle de légalité

Explication

Le contrôle de légalité porte sur la conformité des actes administratifs aux normes supérieures, notamment aux lois. Le contrôle de constitutionnalité concerne les lois au regard de la Constitution, tandis que le contrôle de conventionalité les confronte aux traités.

27. Que peut faire un juge lorsqu’une loi applicable à un litige est contraire à un traité ?

Transmettre automatiquement la loi au Parlement pour une nouvelle promulgation
Annuler le traité afin de préserver la primauté de la loi nationale
Écarter cette loi et ne pas l’appliquer dans le litige
Modifier la loi en lui ajoutant les dispositions prévues par le traité

Écarter cette loi et ne pas l’appliquer dans le litige

Explication

Dans le cadre du contrôle de conventionalité, le juge peut écarter la loi contraire au traité et refuser de l’appliquer au litige. Il ne modifie pas lui-même la loi et ne supprime pas le traité.

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Quelles règles regroupent les sources du droit ?

Celles qui peuvent créer ou modifier une règle de droit.

Qu'imposent les sources formelles du droit ?

Elles sont des règles écrites venant d'une autorité étatique.

Que reconnaît l'école sociologique en droit ?

Le droit peut naître de pratiques non reconnues par l'État.

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