QCM : Régime général des obligations — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue l’obligation juridique d’un simple devoir moral ?

Elle repose sur une exigence personnelle dépourvue de sanction
Elle constitue un lien de droit entre un débiteur et un créancier
Elle dépend d’une convenance sociale variable selon les personnes
Elle impose une conduite sans prestation déterminée à fournir

Elle constitue un lien de droit entre un débiteur et un créancier

Explication

L’obligation juridique crée un lien de droit qui permet d’exiger une prestation déterminée d’un débiteur au profit d’un créancier. Un devoir moral ne confère pas, par lui-même, un droit permettant d’obtenir cette prestation en justice.

2. Que peut faire le créancier lorsque le débiteur n’exécute pas spontanément la prestation due ?

Transformer automatiquement la prestation en devoir moral
Saisir les tribunaux afin d’obtenir une exécution forcée
Attendre que l’obligation devienne dépourvue de tout effet
Transférer la dette au débiteur d’une autre obligation

Saisir les tribunaux afin d’obtenir une exécution forcée

Explication

Le créancier peut en principe demander l’intervention des tribunaux pour contraindre le débiteur à exécuter la prestation. Cette exécution forcée se distingue de l’exécution spontanée, qui intervient sans recours au juge.

3. Quelle configuration correspond à une obligation pure et simple ?

Plusieurs débiteurs, plusieurs créanciers et des prestations alternatives
Deux débiteurs, un créancier et une prestation soumise à un événement
Un débiteur, plusieurs créanciers et une prestation exigible à une date future
Un débiteur, un créancier et une prestation immédiatement exigible

Un débiteur, un créancier et une prestation immédiatement exigible

Explication

L’obligation pure et simple réunit un seul débiteur, un seul créancier et un objet dû immédiatement et intentionnellement. La présence d’un délai, d’un événement incertain ou de plusieurs sujets relève d’autres formes d’obligations.

4. Quel effet produit le terme sur une obligation ?

Il remplace la prestation due par une indemnité déterminée
Il reporte l’exigibilité de la prestation à l’expiration d’un délai
Il subordonne la naissance de l’obligation à un événement incertain
Il multiplie les débiteurs chargés d’exécuter la même prestation

Il reporte l’exigibilité de la prestation à l’expiration d’un délai

Explication

Le terme est un délai qui différé l’exigibilité de la prestation, alors que l’obligation existe déjà. L’événement incertain constitue plutôt une condition, qui fait dépendre l’obligation de sa réalisation.

5. Dans quelle situation une obligation est-elle conditionnelle ?

Le paiement peut être réclamé par plusieurs créanciers solidaires
Le paiement doit intervenir à l’expiration d’un délai fixé au contrat
Le paiement est exigible immédiatement par un créancier unique
Le paiement dépend de l’obtention future et incertaine d’un prêt

Le paiement dépend de l’obtention future et incertaine d’un prêt

Explication

Une obligation conditionnelle dépend d’un événement futur et incertain, comme l’obtention d’un prêt pour rendre exigible le paiement. Un délai certain reporte l’exigibilité sans introduire cette incertitude.

6. Quelle situation illustre une obligation plurale ?

Un débiteur doit exécuter une prestation après la réalisation d’un événement incertain
Un débiteur doit attendre l’arrivée d’un délai pour exécuter sa prestation
Plusieurs débiteurs doivent fournir des prestations cumulatives ou alternatives
Un débiteur doit immédiatement une prestation à un créancier unique

Plusieurs débiteurs doivent fournir des prestations cumulatives ou alternatives

Explication

Une obligation plurale comporte plusieurs débiteurs ou créanciers, ou plusieurs prestations dues cumulativement ou alternativement. Les autres situations décrivent une obligation simple, à terme ou conditionnelle.

7. À quelles obligations le régime général des obligations s’applique-t-il ?

Aux obligations nées d’un fait dommageable reconnu par le juge
Aux obligations issues des contrats entre personnes privées
Aux obligations quelle que soit leur source juridique
Aux obligations créées directement par une disposition légale

Aux obligations quelle que soit leur source juridique

Explication

Le régime général des obligations régit les obligations indépendamment de leur source, qu’elle soit contractuelle, extracontractuelle, légale ou quasi-contractuelle. Il ne se limite donc pas à une catégorie particulière d’obligations.

8. Où le régime général des obligations figure-t-il dans le Code civil depuis la réforme de 2016 ?

Au Titre II du Livre Ier du Code civil
Au Titre IV du Livre III du Code civil
Au Titre III du Livre IV du Code civil
Au Titre V du Livre II du Code civil

Au Titre IV du Livre III du Code civil

Explication

Depuis la réforme de 2016, le régime général des obligations est consacré au Titre IV du Livre III du Code civil. Le Code civil de 1804 n’avait pas encore intégré une théorie générale des obligations en tant que telle.

9. Dans quelle situation peut-on parler de pluralité de sujets dans une obligation ?

Une obligation comporte plusieurs prestations dues à un même créancier
Un débiteur exécute successivement plusieurs obligations distinctes
Plusieurs débiteurs ou créanciers participent à une même obligation
Un créancier transmet sa créance à une personne étrangère au contrat

Plusieurs débiteurs ou créanciers participent à une même obligation

Explication

La pluralité de sujets suppose que plusieurs débiteurs ou plusieurs créanciers soient parties à une même obligation. La présence de plusieurs prestations ne suffit pas à créer une pluralité de sujets si les parties restent les mêmes.

10. Quelle distinction caractérise la pluralité de sujets ab initio par rapport à la pluralité successorale a posteriori ?

La première apparaît après le décès d’un créancier, tandis que la seconde naît lors du contrat
La première concerne plusieurs prestations, tandis que la seconde concerne plusieurs parties au contrat
La première existe dès la naissance de l’obligation, tandis que la seconde résulte notamment d’une succession
La première repose sur une décision judiciaire, tandis que la seconde découle d’un accord entre débiteurs

La première existe dès la naissance de l’obligation, tandis que la seconde résulte notamment d’une succession

Explication

La pluralité ab initio existe dès la formation de l’obligation, par exemple lorsque plusieurs personnes empruntent ensemble. La pluralité a posteriori apparaît ensuite, notamment à la suite d’une succession.

11. Que prévoit en principe l’article 1309 du Code civil pour une obligation liant plusieurs débiteurs ou créanciers ?

L’obligation reste indivisible lorsque le contrat ne précise pas la part de chacun
L’obligation est répartie selon la solvabilité respective des débiteurs ou des créanciers
L’obligation devient solidaire entre les intéressés dès que leur nombre dépasse deux personnes
L’obligation se divise de plein droit entre les intéressés, par parts égales sauf règle contraire

L’obligation se divise de plein droit entre les intéressés, par parts égales sauf règle contraire

Explication

L’article 1309 pose la division de plein droit de l’obligation, avec des parts égales lorsque la loi ou le contrat ne prévoit pas une autre répartition. La solidarité et l’indivisibilité constituent des exceptions à ce principe.

12. Trois codébiteurs doivent ensemble 300 000 euros à un créancier, sans clause particulière : quelle somme ce dernier peut-il réclamer à chacun selon le principe de division ?

100 000 euros à chacun
150 000 euros à chacun
300 000 euros à chacun
200 000 euros à chacun

100 000 euros à chacun

Explication

En l’absence de disposition contraire, la dette se divise en parts égales entre les trois codébiteurs, soit 100 000 euros par personne. Le créancier ne peut pas réclamer toute la dette à un seul codébiteur non solidaire.

13. Au plan actif, quelle est l’étendue du droit de chaque cocréancier lorsque la créance commune est divisée ?

Chaque cocréancier doit attendre l’accord des autres avant de réclamer sa part
Chaque cocréancier peut réclamer au débiteur la totalité de la créance commune
Chaque cocréancier peut modifier seul la répartition prévue entre les créanciers
Chaque cocréancier peut réclamer au débiteur sa part de la créance commune

Chaque cocréancier peut réclamer au débiteur sa part de la créance commune

Explication

Au plan actif, le principe de division limite le droit de chaque cocréancier à sa part de la créance commune. La réclamation du tout suppose une solidarité active ou un autre régime qui écarte la division.

14. Quel effet la solidarité produit-elle sur le principe de division entre plusieurs sujets ?

Elle permet de demander le tout à chaque débiteur ou à chaque créancier selon le cas
Elle impose au créancier de poursuivre chaque débiteur dans une procédure distincte
Elle répartit la dette en parts égales entre tous les débiteurs concernés
Elle transforme chaque créancier en représentant des autres pour une partie de la créance

Elle permet de demander le tout à chaque débiteur ou à chaque créancier selon le cas

Explication

La solidarité constitue une exception au principe de division : chaque débiteur peut être contraint pour le tout, ou chaque créancier peut réclamer le tout selon la forme de solidarité. La répartition en parts égales correspond au principe ordinaire de division.

15. Dans quelles conditions la solidarité peut-elle exister entre plusieurs débiteurs ou créanciers ?

Elle est présumée dès qu’un créancier demande le paiement intégral
Elle doit être prévue par la loi ou par une convention et ne se présume pas
Elle découle automatiquement de toute obligation ayant plusieurs débiteurs
Elle résulte du silence du contrat lorsque plusieurs personnes sont engagées

Elle doit être prévue par la loi ou par une convention et ne se présume pas

Explication

L’article 1310 distingue la solidarité légale et la solidarité conventionnelle, tout en précisant qu’elle ne se présume pas. Le silence du contrat ne suffit donc pas à établir une solidarité conventionnelle.

16. Quelle distinction oppose correctement la solidarité passive à la solidarité active ?

La solidarité passive concerne plusieurs débiteurs, tandis que la solidarité active concerne plusieurs créanciers
La solidarité passive répartit la dette, tandis que la solidarité active supprime toute obligation
La solidarité passive naît d’une convention, tandis que la solidarité active est toujours légale
La solidarité passive concerne plusieurs créanciers, tandis que la solidarité active concerne plusieurs débiteurs

La solidarité passive concerne plusieurs débiteurs, tandis que la solidarité active concerne plusieurs créanciers

Explication

La solidarité passive unit plusieurs débiteurs à l’égard d’un créancier, tandis que la solidarité active unit plusieurs créanciers à l’égard d’un débiteur. La distinction repose donc sur le côté de l’obligation où se trouve la pluralité.

17. En solidarité passive, quel est l’effet du paiement intégral effectué par l’un des codébiteurs ?

Il transforme la dette solidaire en obligation indivisible
Il libère tous les débiteurs envers le créancier
Il libère le codébiteur payeur, mais pas les autres
Il réduit la dette de chaque débiteur à sa quote-part

Il libère tous les débiteurs envers le créancier

Explication

Chaque codébiteur est tenu de toute la dette envers le créancier, de sorte que le paiement intégral par l’un libère l’ensemble des débiteurs. La contribution entre codébiteurs intervient ensuite dans leurs rapports internes et ne modifie pas cet effet externe.

18. Quelle exception un débiteur solidaire ne peut-il pas opposer au créancier ?

Une exception commune à tous les débiteurs
Une exception portant sur l’existence de la dette
Une exception qui lui est personnelle
Une exception personnelle à un autre codébiteur

Une exception personnelle à un autre codébiteur

Explication

Le débiteur solidaire peut invoquer les exceptions communes et celles qui lui sont personnelles, mais il ne peut pas bénéficier d’une exception attachée à la situation propre d’un autre codébiteur. Cette limite préserve le caractère personnel de cette exception.

19. En solidarité active, que devient le paiement après l’assignation du débiteur par l’un des cocréanciers ?

Il peut être versé à n’importe quel cocréancier
Il doit être consigné jusqu’à l’accord de tous les cocréanciers
Il doit être partagé immédiatement entre les cocréanciers
Il doit être remis au créancier qui a engagé les poursuites

Il doit être remis au créancier qui a engagé les poursuites

Explication

Avant l’assignation, chaque créancier solidaire peut recevoir le paiement total, mais l’assignation fixe le créancier auprès duquel le débiteur doit payer. Le paiement à un autre cocréancier ne respecte donc plus cette règle procédurale.

20. Que signifie l’indivisibilité d’une obligation ?

L’objet de l’obligation ne peut pas être matériellement divisé
Les parties répartissent contractuellement la dette en parts égales
Le créancier renonce à réclamer une partie de la prestation
La loi impose plusieurs débiteurs pour une même prestation

L’objet de l’obligation ne peut pas être matériellement divisé

Explication

L’indivisibilité tient à l’impossibilité matérielle de diviser l’objet de l’obligation entre plusieurs sujets. Elle se distingue ainsi de la solidarité, qui écarte la division par l’effet de la loi ou de la convention.

21. Quelle distinction caractérise l’indivisibilité naturelle et l’indivisibilité conventionnelle ?

La première concerne les créanciers, la seconde concerne les débiteurs
La première résulte d’une décision judiciaire, la seconde d’une règle légale
La première vient de la chose, la seconde de la volonté des parties
La première vient du contrat, la seconde de la nature de la chose

La première vient de la chose, la seconde de la volonté des parties

Explication

L’indivisibilité naturelle découle de la nature de la chose ou de la prestation, tandis que l’indivisibilité conventionnelle est créée par l’accord des parties pour un objet qui pourrait être divisé. La convention modifie donc le régime d’une prestation naturellement divisible.

22. Dans une obligation indivisible passive, quelle demande chaque codébiteur peut-il devoir satisfaire ?

La demande réservée au codébiteur désigné par contrat
La demande limitée à la fraction correspondant à sa part
La demande portant sur l’exécution de toute la prestation
La demande portant sur une indemnité plutôt que sur la prestation

La demande portant sur l’exécution de toute la prestation

Explication

L’indivisibilité passive permet de contraindre chaque codébiteur à exécuter l’obligation entière, car son objet ne peut pas être partagé matériellement. Une limitation à la quote-part correspondrait à une division de la prestation incompatible avec l’indivisibilité.

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Qu'est-ce qu'une obligation juridique ?

Un lien de droit unissant un débiteur et un créancier.

Que peut faire le créancier si le débiteur n'exécute pas spontanément ?

Il peut le contraindre par les tribunaux.

Que peut faire le créancier avec sa créance ?

Il peut la transférer à un tiers gratuitement ou contre paiement.

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