QCM : Notions fondamentales de droit privé (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une administration conteste une décision prise par une société privée, tandis que deux particuliers règlent un différend de voisinage. Quelle distinction classe correctement ces relations ?

Les deux relations relèvent du droit commercial
L’administration relève du droit privé, le voisinage du droit public
Les deux relations relèvent du droit public
L’administration relève du droit public, le voisinage du droit privé

L’administration relève du droit public, le voisinage du droit privé

Explication

Le droit public régit notamment les relations impliquant l’État, les collectivités publiques ou l’administration, tandis que le droit privé régit les relations entre personnes privées. Inverser ces domaines confond les deux branches; traiter le voisinage comme une relation administrative ou commerciale méconnaît les parties en cause.

2. Un commerçant se dispute avec un voisin au sujet d’un dommage sans lien avec son activité professionnelle, et aucune règle commerciale particulière ne traite la situation. Quel droit s’applique par défaut ?

Le droit civil
Le droit du travail
Le droit pénal
Le droit commercial

Le droit civil

Explication

Le droit civil est le droit commun : il s’applique par défaut lorsque les règles particulières ne fournissent pas de solution et lorsque le litige ne découle pas de l’activité professionnelle. Le statut de commerçant ne transforme pas un litige personnel en litige commercial; le droit du travail concerne les relations liées au travail, et le droit pénal les comportements susceptibles d’être sanctionnés.

3. Une personne invoque son droit de propriété, tandis qu’un juriste désigne l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre personnes. Quelle distinction entre les deux sens du mot « droit » convient ?

La propriété est un droit subjectif; l’ensemble des règles est le droit objectif
La propriété est du droit objectif; l’ensemble des règles est un droit subjectif
La propriété est du droit public; l’ensemble des règles est du droit privé
La propriété est du droit commercial; l’ensemble des règles est du droit civil

La propriété est un droit subjectif; l’ensemble des règles est le droit objectif

Explication

Le droit subjectif est une prérogative dont une personne peut être titulaire, comme le droit de propriété; le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite gouvernant les rapports entre personnes. Confondre ces notions inverse prérogative et ensemble de règles, tandis que les autres réponses confondent ce sens avec des branches du droit.

4. Quels textes sont compris parmi les textes à valeur constitutionnelle visés ici ?

La Constitution de 1958 et toute loi ordinaire votée par le Parlement
La Constitution de 1958 et la Déclaration de 1789 à laquelle renvoie le préambule
La Constitution de 1958 et un traité international auquel renvoie le préambule
La Constitution de 1958 et le Code civil auquel renvoie le préambule

La Constitution de 1958 et la Déclaration de 1789 à laquelle renvoie le préambule

Explication

La Constitution de 1958 et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ont valeur constitutionnelle, le préambule renvoyant à cette Déclaration. Le Code civil, une loi ordinaire et un traité ne remplacent pas ce renvoi.

5. Une loi prévoit de priver une personne de sa propriété pour un projet d’intérêt collectif, mais la nécessité publique n’a pas été légalement constatée : quelle exigence de l’article 17 de la Déclaration de 1789 fait défaut ?

La constatation légale de la nécessité publique
L’existence d’un vote parlementaire sur le projet
La démonstration d’un préjudice causé par le propriétaire
La reconnaissance d’un droit de propriété inviolable

La constatation légale de la nécessité publique

Explication

L’article 17 qualifie la propriété de droit inviolable et sacré et ne permet la privation que si la nécessité publique est légalement constatée. L’utilité collective ne se substitue pas à cette constatation, et le vote parlementaire ou le préjudice du propriétaire ne sont pas les conditions énoncées.

6. Un projet de loi fixe les règles relatives aux successions : à quelle autorité l’article 34 attribue-t-il cette compétence ?

À une autorité administrative locale
Au pouvoir réglementaire autonome
À une juridiction civile
Au Parlement

Au Parlement

Explication

L’article 34 confie au Parlement la fixation des règles concernant notamment les successions. Le pouvoir réglementaire autonome intervient hors de la compétence parlementaire, tandis qu’une juridiction ou une autorité locale n’exerce pas cette attribution législative.

7. Une question relève de la compétence du Parlement, qui en fixe les grands principes ; un texte réglementaire en précise ensuite les modalités. De quel type de règlement s’agit-il ?

D’un règlement autonome
D’un arrêté local
D’une loi parlementaire
D’un règlement d’application

D’un règlement d’application

Explication

Le règlement d’application précise les détails d’une question qui relève de la compétence du Parlement. Le règlement autonome concerne une matière hors de cette compétence ; une loi et un arrêté local désignent d’autres catégories de normes.

8. Une entreprise privée invoque une disposition du traité de Rome relative à la concurrence dans un litige : quelle caractéristique du traité rend cette invocation possible ?

Il doit être transposé en droit interne avant toute invocation privée
Il fixe les règles de fonctionnement des institutions européennes
Il contient des règles de vente comparables à celles du Code civil
Il contient des dispositions de droit matériel invocables par des institutions privées

Il contient des dispositions de droit matériel invocables par des institutions privées

Explication

Le traité de Rome contient des dispositions de droit matériel que les institutions privées peuvent invoquer, notamment en droit de la concurrence. Les règles institutionnelles et la transposition décrivent d’autres mécanismes, tandis que les règles de vente renvoient ici à la Convention de Vienne.

9. Une entreprise souhaite invoquer directement une norme européenne, sans attendre une transposition nationale : quel type de norme peut toujours produire un effet direct ?

Un texte de transposition nationale
Une loi française d’origine européenne
Une directive européenne
Un règlement européen

Un règlement européen

Explication

Les règlements européens peuvent toujours produire un effet direct, alors que les directives doivent être transposées en droit interne par les États membres. La directive et le texte de transposition relèvent donc du mécanisme de transposition, et une loi française d’origine européenne est une catégorie distincte.

10. Quelle caractéristique temporelle décrit la Convention européenne des droits de l’homme ?

C’est un traité international datant de 1950, complété au fil du temps.
C’est un traité international datant de 1950, resté inchangé depuis.
C’est une juridiction créée en 1950, dont les règles ont évolué.
C’est un règlement européen adopté en 1950, complété au fil du temps.

C’est un traité international datant de 1950, complété au fil du temps.

Explication

La Convention est un traité international de 1950 auquel des dispositions ont été ajoutées avec le temps. La qualification de règlement européen confond les institutions, la juridiction créée en 1950 confond le traité et la Cour, et l’idée d’un texte inchangé écarte les ajouts ultérieurs.

11. Un justiciable invoque une disposition de la Convention devant un tribunal français. Quelle obligation incombe au juge saisi ?

Transmettre la question à Strasbourg avant toute décision nationale.
Veiller au respect de la Convention dans l’affaire dont il est saisi.
Attendre une loi française qui transpose la disposition invoquée.
Interpréter la Convention sans pouvoir en tenir compte dans l’affaire.

Veiller au respect de la Convention dans l’affaire dont il est saisi.

Explication

La Convention est directement applicable et tous les juges français doivent veiller à son respect. La simple interprétation minimise cette applicabilité, le contrôle réservé à Strasbourg écarte le rôle du juge français et l’exigence de transposition confond la Convention avec un mécanisme nécessitant une loi interne.

12. Un litige porte sur le respect de la vie privée entre un locataire et son propriétaire, tous deux personnes privées. Quel type d’application de la Convention est en jeu ?

L’application horizontale, car le litige oppose deux personnes privées.
L’application verticale, car le litige concerne un droit fondamental.
La saisine européenne, car tout litige privé relève de Strasbourg.
L’absence d’application, car les parties sont des personnes privées.

L’application horizontale, car le litige oppose deux personnes privées.

Explication

L’application horizontale concerne les rapports entre personnes privées, tandis que l’application verticale vise les rapports entre l’État et un particulier. La qualification verticale confond les deux types de rapports, la saisine de Strasbourg est une notion distincte et le caractère privé des parties ne suffit pas à exclure l’application horizontale.

13. Quelle garantie figure parmi les droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme ?

Le droit à un procès assurant une décision favorable au demandeur.
Le droit à une scolarité organisée selon un régime uniforme.
Le droit à un procès équitable devant une juridiction indépendante.
Le droit à un procès devant une juridiction dépendant de l’exécutif.

Le droit à un procès équitable devant une juridiction indépendante.

Explication

La Convention garantit notamment le droit à un procès équitable devant une juridiction indépendante. Une issue favorable n’est pas garantie, la dépendance à l’exécutif contredit l’exigence d’indépendance, et un régime uniforme de scolarité ne correspond pas au droit à l’éducation mentionné.

14. Quel est l’objectif de la codification des règles ayant une philosophie commune ?

Les remplacer par une règle nouvelle pour uniformiser leur contenu.
Les classer selon leur date d’adoption sans les regrouper par matière.
Les réunir dans un ensemble pour les rendre plus facilement compréhensibles.
Les séparer en ensembles distincts pour accentuer leurs différences.

Les réunir dans un ensemble pour les rendre plus facilement compréhensibles.

Explication

La codification réunit des règles communes obéissant à une même philosophie dans un ensemble plus facile à comprendre. Remplacer les règles relève d’une modification normative, le classement chronologique ne reprend pas le critère de philosophie commune, et la séparation poursuit l’objectif inverse du regroupement.

15. Une nouvelle loi réglemente une question particulière de droit civil qui ne figure pas dans le Code civil. Quelle conclusion faut-il en tirer ?

La loi constitue une annotation ajoutée par un éditeur au code.
Le droit civil peut être réglementé par des lois extérieures aux codes.
La question n’est pas réglementée tant qu’un code ne la reprend pas.
La loi doit être intégrée au Code civil pour produire des effets.

Le droit civil peut être réglementé par des lois extérieures aux codes.

Explication

Tout le droit civil ne figure pas dans les codes : des lois nouvelles peuvent réglementer des questions particulières. L’idée d’une intégration obligatoire suppose à tort que le Code civil est exhaustif, l’absence du code n’implique pas une absence de règles, et une loi adoptée n’est pas une annotation éditoriale.

16. Une règle encadre les relations propres aux baux d’habitation, tandis qu’une autre a vocation à s’appliquer à tout le monde. Comment qualifier ces deux règles, dans cet ordre ?

Deux lois spéciales, car elles portent sur des relations juridiques.
Une loi générale, puis une loi spéciale.
Une loi spéciale, puis une loi générale.
Deux lois générales, car elles sont toutes deux des règles.

Une loi spéciale, puis une loi générale.

Explication

La loi spéciale régit des relations spécifiques, comme celles propres aux baux d’habitation, tandis que la loi générale a vocation à s’appliquer à tout le monde. L’ordre inverse confond leurs champs, et les deux autres qualifications effacent la distinction entre portée particulière et portée générale.

17. Un contrat contient une clause contraire à une règle qui protège l’ordre public. Quelle caractéristique de cette règle explique qu’elle s’impose aux parties ?

Elle propose une conduite que les personnes peuvent librement écarter.
Elle s’applique en fonction du choix exprimé par chaque personne.
Elle s’impose indépendamment de la volonté des personnes.
Elle s’applique si les personnes n’ont exprimé aucun choix contraire.

Elle s’impose indépendamment de la volonté des personnes.

Explication

Une loi impérative s’impose à tous parce qu’elle intéresse l’ordre public, même si les personnes souhaitent y déroger. L’application en l’absence de choix contraire décrit une loi supplétive, le choix individuel ne neutralise pas une règle impérative, et une simple recommandation n’a pas de caractère contraignant.

18. Deux parties choisissent expressément une solution différente de celle prévue par une règle supplétive. Quelle règle régit leur situation ?

La règle supplétive s’impose malgré leur choix exprès.
La règle supplétive s’applique parce qu’aucun choix n’a été fait.
Le choix exprès ne vaut que si un juge le confirme.
Le choix exprès des parties écarte la règle supplétive.

Le choix exprès des parties écarte la règle supplétive.

Explication

Une loi supplétive s’applique lorsque les personnes n’ont pas fait de choix contraire ; leur choix exprès l’écarte. La faire prévaloir malgré ce choix revient à la confondre avec une loi impérative, tandis que les autres réponses inventent une condition ou assimilent à tort le choix exprès au silence.

19. Quel ordre présente correctement les catégories de normes, du sommet à la base de la hiérarchie ?

Constitution et textes constitutionnels, normes internationales et traités, normes réglementaires, lois.
Constitution et textes constitutionnels, lois, normes internationales et traités, normes réglementaires.
Constitution et textes constitutionnels, normes internationales et traités, lois, normes réglementaires.
Normes internationales et traités, Constitution et textes constitutionnels, lois, normes réglementaires.

Constitution et textes constitutionnels, normes internationales et traités, lois, normes réglementaires.

Explication

La hiérarchie va de la Constitution et des textes à valeur constitutionnelle aux normes internationales et traités, puis aux lois et enfin aux normes réglementaires. Placer les traités au-dessus de la Constitution, les lois au-dessus des traités ou les règlements au-dessus des lois inverse deux niveaux de cette hiérarchie.

20. Un décret d’application contredit une loi. Quel principe de la hiérarchie des normes permet de conclure que le décret ne peut prévaloir ?

Une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure.
Une norme adoptée plus récemment prévaut sur une norme supérieure.
Une norme plus détaillée prévaut sur une norme de niveau supérieur.
Une norme supérieure doit respecter toute norme inférieure.

Une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure.

Explication

Une norme de catégorie inférieure ne peut pas contredire une norme de catégorie supérieure : le décret ne peut donc prévaloir contre la loi. La date d’adoption et le degré de détail ne renversent pas cette règle, et la dernière réponse inverse la hiérarchie.

21. Au cours d’un procès, le juge saisi estime sérieuse une QPC soulevée par une partie. Quelle suite correspond à la procédure décrite ?

Il la transmet directement au Conseil constitutionnel, sans examen intermédiaire.
Il la transmet à la Cour de cassation ou au Conseil d’État, qui peuvent ensuite la transmettre au Conseil constitutionnel.
Il la transmet au tribunal administratif, qui décide ensuite de sa constitutionnalité.
Il tranche lui-même la constitutionnalité de la loi et clôt la procédure.

Il la transmet à la Cour de cassation ou au Conseil d’État, qui peuvent ensuite la transmettre au Conseil constitutionnel.

Explication

Si la QPC est sérieuse, le juge saisi la transmet à la Cour de cassation ou au Conseil d’État ; ces juridictions examinent à leur tour son sérieux et peuvent la renvoyer au Conseil constitutionnel, qui statue sur la constitutionnalité. Le juge saisi ne rend pas la décision finale, et la procédure prévoit un examen intermédiaire avant une éventuelle transmission au Conseil constitutionnel.

22. Un règlement municipal contredit une loi. Quelle juridiction contrôle sa légalité au regard de cette norme supérieure ?

Le Conseil constitutionnel.
Le tribunal administratif.
La Cour de cassation.
Le conseil municipal.

Le tribunal administratif.

Explication

Le tribunal administratif contrôle la légalité d’un règlement lorsqu’il contredit une norme supérieure, notamment une loi. Le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité, la Cour de cassation appartient à l’ordre judiciaire, et le conseil municipal n’est pas la juridiction chargée de ce contrôle.

23. Une loi règle une matière relevant de l’article 34, mais empiète sur un domaine que le Parlement ne peut encadrer que par des principes généraux. Quel acte peut le tribunal administratif contrôler pour sanctionner ce débordement ?

Un règlement contrôlé par le juge judiciaire
Un décret d’application examiné dans le cadre d’une QPC
Un décret autonome
Un décret d’application conforme à la loi

Un décret autonome

Explication

Lorsque le débordement parlementaire concerne l’article 34, le tribunal administratif peut contrôler la constitutionnalité d’un décret autonome. Le décret d’application conforme à la loi relève d’une autre situation, le contrôle de légalité appartient à la juridiction administrative et la QPC concerne le contrôle constitutionnel d’un décret d’application.

24. Un décret d’application respecte la loi sur laquelle il se fonde, mais sa conformité à la Constitution est contestée. Quelle démarche le tribunal administratif adopte-t-il à l’égard de ce décret ?

Il vérifie la conformité de la loi à la Constitution dans le même recours
Il refuse ce contrôle, qui impliquerait d’examiner la loi au regard de la Constitution
Il contrôle le décret comme un acte autonome relevant de l’article 34
Il transmet la question à une juridiction pénale pour qu’elle statue

Il refuse ce contrôle, qui impliquerait d’examiner la loi au regard de la Constitution

Explication

Contrôler la constitutionnalité d’un décret d’application conforme à la loi conduirait le tribunal administratif à contrôler la loi elle-même au regard de la Constitution, ce qu’il refuse. Le décret autonome relève du contrôle lié à l’article 34, tandis qu’une contestation constitutionnelle de la loi suit la voie de la QPC; la juridiction pénale constitue une exception pour connaître de la légalité d’un règlement.

25. Dans un procès civil, une partie conteste la légalité d’un règlement nécessaire à la résolution du litige. Quelle conduite le juge judiciaire doit-il adopter ?

Transmettre cette question à la juridiction administrative
Contrôler la constitutionnalité du règlement au titre de l’article 34
Trancher lui-même cette question comme une juridiction pénale
Saisir le tribunal administratif d’une QPC sur le règlement

Transmettre cette question à la juridiction administrative

Explication

Le juge judiciaire est en principe incompétent pour connaître de la légalité d’un règlement et transmet cette question à la juridiction administrative. L’exception concerne la juridiction pénale, la QPC porte sur une question de constitutionnalité et l’article 34 intervient dans le contrôle d’un décret autonome.

26. Un décret gouvernemental a été publié au Journal officiel, mais sa date d’entrée en vigueur n’est pas précisée. Quelle partie du Journal officiel correspond à ce texte ?

Une rubrique réservée aux textes dont la date est précisée
Le Journal officiel de l’Union européenne
La partie législative
La partie réglementaire

La partie réglementaire

Explication

Le Journal officiel comprend une partie réglementaire où sont publiés les décrets du gouvernement et une partie législative consacrée aux lois. La publication au Journal officiel de l’Union européenne concerne les directives et règlements de l’Union, et la distinction des parties ne dépend pas de la date d’entrée en vigueur.

27. Une loi publiée au Journal officiel ne précise aucune date d’entrée en vigueur. À quelle date entre-t-elle en vigueur selon l’article 1 ?

À une date ultérieure nécessairement fixée par un autre texte
Le lendemain de sa publication
Vingt jours après sa publication
Le jour même de sa publication

Le lendemain de sa publication

Explication

Selon l’article 1, une loi entre en vigueur à la date qu’elle fixe ou, si elle n’en fixe pas, le lendemain de sa publication. Le délai de vingt jours concerne les textes de l’Union européenne mentionnés dans le cours; la date de publication elle-même n’est pas la règle supplétive.

28. Une nouvelle disposition indique explicitement qu’un article du Code civil est abrogé et remplacé par un nouvel article. Comment qualifier cette opération ?

L’expiration d’une loi temporaire
Une abrogation expresse
Une abrogation implicite
L’entrée en vigueur différée d’une loi

Une abrogation expresse

Explication

L’abrogation expresse consiste à indiquer explicitement qu’une disposition est abrogée et remplacée par une nouvelle disposition. L’expiration concerne une loi adoptée pour une durée limitée, l’entrée en vigueur porte sur la date d’application et une abrogation implicite n’est pas formulée expressément.

29. Lorsqu’une loi nouvelle modifie les règles applicables, quelle question centrale se pose pour une situation juridique déjà en cours ?

Quelle juridiction peut modifier la loi ancienne ?
Quel droit régit désormais la situation en cours ?
À quelle date la situation sera-t-elle nécessairement achevée ?
Quel droit régit les situations qui naîtront après la réforme ?

Quel droit régit désormais la situation en cours ?

Explication

Le changement de loi soulève la question du droit applicable aux situations juridiques en cours. La date de publication concerne l’entrée en vigueur, les actes futurs ne résolvent pas le sort de l’existant, et le choix d’un tribunal relève d’une autre question.

30. Quelles sont les trois solutions envisagées pour régler un conflit de lois dans le temps ?

Appliquer immédiatement la loi nouvelle, maintenir la loi ancienne pour l’existant, ou appliquer la loi nouvelle à l’existant sans revenir sur le passé
Appliquer la loi nouvelle au passé, maintenir l’ancienne pour l’avenir, ou suspendre les deux lois
Maintenir la loi ancienne pour toute situation, puis laisser le juge fixer la date de transition
Appliquer la loi nouvelle aux seules situations futures, puis invalider les situations antérieures

Appliquer immédiatement la loi nouvelle, maintenir la loi ancienne pour l’existant, ou appliquer la loi nouvelle à l’existant sans revenir sur le passé

Explication

Les trois voies sont l’application immédiate de la loi nouvelle, le maintien de la loi ancienne pour les situations en cours, et l’application immédiate à ces situations sans remettre en cause le passé. La suspension des lois et l’inversion de leur portée ne font pas partie de ces solutions.

31. Un contrat est valablement formé sous une loi qui fixe certaines conditions de validité. Une loi nouvelle modifie ensuite ces conditions : quelles règles déterminent la validité de ce contrat déjà conclu ?

Les conditions choisies après coup par les parties
Les conditions nouvelles dès leur entrée en vigueur
Les conditions anciennes uniquement pour les contrats déjà exécutés
Les conditions anciennes en vigueur lors de sa formation

Les conditions anciennes en vigueur lors de sa formation

Explication

La constitution passée d’une situation juridique n’est pas remise en cause : le contrat formé avant la réforme reste soumis aux anciennes conditions de validité. Appliquer les nouvelles conditions à sa formation passée serait rétroactif, tandis que l’exécution ne détermine pas les règles de validité initiale.

32. Une situation juridique s’est éteinte conformément au droit alors applicable. Une loi nouvelle modifie ensuite les conditions de cessation : quelle conséquence en découle pour l’extinction déjà réalisée ?

La situation renaît si les nouvelles conditions ne sont pas remplies
L’extinction est suspendue jusqu’à une décision judiciaire
L’extinction passée demeure acquise
La situation est régie comme si elle était encore en cours

L’extinction passée demeure acquise

Explication

La loi nouvelle ne remet pas en cause une extinction passée intervenue conformément au droit alors applicable. Faire revivre la situation ou réévaluer l’extinction selon les nouvelles conditions reviendrait à remettre en cause le passé.

33. Un gouvernement adopte un règlement qui contredit le principe général de non-rétroactivité inscrit dans le Code civil. Quelle proposition décrit la valeur de ce principe et l’obligation du gouvernement ?

Il a une valeur jurisprudentielle et s’impose aux particuliers
Il a une valeur réglementaire et s’impose au Parlement
Il a une valeur législative et s’impose au gouvernement
Il a une valeur constitutionnelle et ne s’impose qu’aux juges

Il a une valeur législative et s’impose au gouvernement

Explication

Le principe général de non-rétroactivité inscrit dans le Code civil a valeur législative, de sorte que le gouvernement doit le respecter. La valeur constitutionnelle concerne la non-rétroactivité pénale, et non le principe général.

34. Quel fondement confère une valeur constitutionnelle à la non-rétroactivité pénale ?

L’article 2 du Code civil
L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
L’article 112 du Code pénal
L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Explication

L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce que nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi antérieure au délit, ce qui fonde la valeur constitutionnelle de la non-rétroactivité pénale. L’article 2 concerne le principe général civil, tandis que l’article 112 du Code pénal précise les règles temporelles de punissabilité et de peine.

35. Après une infraction, une loi nouvelle diminue la peine encourue pour cette infraction. Quelle règle le juge doit-il appliquer ?

Appliquer rétroactivement la loi nouvelle plus favorable
Appliquer la peine en vigueur au jour des faits
Appliquer rétroactivement la loi nouvelle si elle augmente la peine
Appliquer la loi nouvelle seulement aux infractions futures

Appliquer rétroactivement la loi nouvelle plus favorable

Explication

La rétroactivité in mitius impose l’application rétroactive d’une loi pénale plus favorable, notamment lorsqu’elle diminue la peine encourue ou supprime une incrimination. La règle ne s’étend pas à une loi plus sévère, et l’absence de rétroactivité n’écarte pas cette exception favorable.

36. Une loi nouvelle modifie les conditions requises pour divorcer. Un couple marié avant son entrée en vigueur demande ensuite le divorce : quel principe s’applique à cette situation juridique en cours, sous réserve des droits acquis ?

La loi nouvelle s’applique immédiatement, sans porter atteinte aux droits acquis.
La loi ancienne s’applique, comme pour un contrat conclu avant la réforme.
La loi ancienne s’applique jusqu’à la fin de toute situation commencée auparavant.
La loi nouvelle s’applique seulement si les deux époux y consentent.

La loi nouvelle s’applique immédiatement, sans porter atteinte aux droits acquis.

Explication

La loi nouvelle régit immédiatement les situations juridiques en cours, mais cette application doit respecter les droits acquis. La non-rétroactivité absolue écarte à tort tout effet immédiat, tandis que le consentement des époux et la règle applicable aux contrats ne sont pas les critères énoncés.

37. Un contrat de prestation a été conclu en 2022 et est toujours en cours lorsqu’une loi nouvelle modifie les obligations d’information des parties. Quelle loi régit en principe ce contrat ?

La loi déterminée par la date à laquelle les parties constatent le changement.
La loi en vigueur le jour de la conclusion du contrat.
La loi en vigueur le jour où l’obligation d’information doit être exécutée.
La loi nouvelle dès son entrée en vigueur, comme pour toute situation en cours.

La loi en vigueur le jour de la conclusion du contrat.

Explication

En principe, un contrat en cours reste soumis à la loi en vigueur au jour de sa conclusion. Appliquer l’effet immédiat général méconnaît cette exception, et les dates d’exécution ou de constatation ne remplacent pas la date de conclusion.

38. Une règle prévoit que le temps passé par des salariés à se préparer dans certaines conditions est compté comme temps de travail. Un juge applique cette règle à une situation non mentionnée par la loi, mais très semblable, car les mêmes raisons s’y retrouvent : quel raisonnement utilise-t-il ?

Le raisonnement a contrario.
L’interprétation stricte.
Le raisonnement a fortiori.
Le raisonnement par analogie.

Le raisonnement par analogie.

Explication

L’analogie étend à une situation non visée une règle prévue pour une situation ressemblante, car les mêmes causes doivent produire les mêmes effets. Le raisonnement a fortiori repose sur des raisons encore plus fortes, le raisonnement a contrario déduit une règle inverse, et l’interprétation stricte pénale empêche l’extension.

39. Une règle accorde une protection à une catégorie de personnes exposées à un risque donné. Une personne hors de cette catégorie est exposée à un risque encore plus important ; quel raisonnement peut justifier l’application de la règle à son cas ?

Le raisonnement a contrario.
L’interprétation littérale restrictive.
Le raisonnement a fortiori.
Le raisonnement par analogie.

Le raisonnement a fortiori.

Explication

Le raisonnement a fortiori applique une règle à une situation non exactement visée lorsque des raisons encore plus fortes justifient son application. L’analogie se fonde sur la ressemblance, le raisonnement a contrario tire une conséquence inverse, et l’interprétation restrictive s’en tient à l’hypothèse expressément prévue.

40. Une règle accorde un avantage aux personnes qui remplissent une condition précise. Un justiciable ne remplit pas cette condition : quel raisonnement permet de déduire que la règle inverse s’applique à son cas ?

Le raisonnement par analogie.
Le raisonnement a contrario.
Le raisonnement a fortiori.
L’interprétation extensive.

Le raisonnement a contrario.

Explication

Le raisonnement a contrario déduit de la règle applicable à une hypothèse qu’une règle inverse vaut lorsque cette hypothèse n’est pas réalisée. L’analogie étend une règle à un cas ressemblant, tandis que le raisonnement a fortiori repose sur des raisons plus fortes.

41. Quelle place la loi occupe-t-elle parmi les sources du droit privé en France ?

Une source indirecte parmi les autres
Une source limitée à l’interprétation
Une source secondaire face à la coutume
La source principale et quasi unique

La source principale et quasi unique

Explication

En France, la loi est présentée comme la source principale et quasi unique du droit privé. La « source indirecte » désigne la jurisprudence, tandis que la coutume n’est pas présentée comme la source dominante.

42. Un étudiant examine des règles écrites élaborées par le Parlement et le gouvernement. À quelle notion correspondent-elles ?

À la coutume, ensemble de pratiques répétées dans la société
À la doctrine, ensemble d’analyses rédigées par des juristes
À la jurisprudence, ensemble d’interprétations des tribunaux
À la loi, ensemble de règles contenues dans des textes écrits

À la loi, ensemble de règles contenues dans des textes écrits

Explication

La loi désigne l’ensemble des règles contenues dans les textes écrits élaborés par les autorités législatives, notamment le Parlement et le gouvernement. La jurisprudence relève de l’interprétation, la coutume de pratiques et la doctrine des analyses de juristes.

43. Après avoir condamné un État pour violation d’un droit garanti par la Convention européenne des droits de l’homme, quelle mesure la Cour peut-elle accorder au requérant au titre de l’article 41 ?

L’annulation automatique de la disposition nationale en cause
Une peine financière imposée à titre punitif à l’État
Le renvoi obligatoire de l’affaire devant un tribunal national
Une satisfaction équitable prenant la forme d’une indemnisation

Une satisfaction équitable prenant la forme d’une indemnisation

Explication

L’article 41 permet à la Cour, après avoir constaté une violation, d’accorder au plaideur une satisfaction équitable sous forme d’indemnisation. L’annulation automatique de la loi, la peine punitive et le renvoi obligatoire correspondent à d’autres mesures que cette disposition ne prévoit pas.

44. Un testateur rédige entièrement son testament à la main, mais ne respecte pas les formes prescrites pour cette catégorie de testament. Quelle conséquence juridique découle des règles relatives aux formes testamentaires ?

Le testament entraîne seulement une réduction de la part successorale
Le testament peut être déclaré nul pour non-respect des formes prescrites
Le testament est valable s’il est ensuite authentifié par les héritiers
Le testament reste valable dès lors qu’il est manuscrit

Le testament peut être déclaré nul pour non-respect des formes prescrites

Explication

Les formes testamentaires prescrites doivent être respectées à peine de nullité, même si le testament olographe est admis comme forme valable. La seule écriture manuscrite ne dispense pas de ces exigences, et la règle ne prévoit ni réduction successorale ni validation par les héritiers.

45. À partir de quelle année les juges français admettent-ils le contrôle de conformité des lois aux normes internationales, associé à l’arrêt « Jacques Vabre » ?

1958
1975
1985
1971

1975

Explication

L’admission de ce contrôle est située en 1975 et rattachée à l’arrêt « Jacques Vabre ». 1958 renvoie à l’adoption de la Constitution, tandis que 1971 et 1985 ne correspondent pas à la date donnée.

46. Un prévenu conteste devant une juridiction pénale la légalité d’un règlement applicable à son affaire. Quelle juridiction peut examiner cette légalité au titre de l’exception issue de l’arrêt « Avranches et Desmarets » ?

Une juridiction civile saisie
La juridiction pénale saisie
Le Conseil constitutionnel
La juridiction administrative

La juridiction pénale saisie

Explication

L’arrêt « Avranches et Desmarets » reconnaît à une juridiction pénale la possibilité de connaître de la légalité d’un règlement. Le renvoi au juge administratif correspond à la règle générale, le Conseil constitutionnel contrôle la constitutionnalité, et une juridiction civile n’est pas visée par cette exception.

47. Une personne commet un acte qui ne constitue pas une infraction au moment des faits. Une loi ultérieure le criminalise et prévoit une peine. Quelle décision respecte la non-rétroactivité pénale ?

Poursuivre l’acte et appliquer la peine nouvelle
Poursuivre l’acte mais appliquer l’ancienne peine
Ne pas punir l’acte au titre de cette loi nouvelle
Appliquer la peine en vigueur au jour du jugement

Ne pas punir l’acte au titre de cette loi nouvelle

Explication

L’article 112-1 du Code pénal retient la date des faits : seuls les actes alors constitutifs d’infractions et les peines alors applicables peuvent fonder la sanction. Appliquer la loi nouvelle aux faits antérieurs méconnaît cette règle, retenir la peine nouvelle pour des faits anciens ignore la date pertinente, et se référer au jour du jugement confond la date de décision avec celle des faits.

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Quelles relations le droit privé régit-il ?

Les relations entre personnes privées.

Quelles relations le droit public régit-il ?

Les relations des personnes privées avec l’État, les collectivités publiques et l’administration.

Qu’est-ce que le droit pénal définit ?

Les comportements susceptibles d’être sanctionnés.

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