QCM : Première approche du droit (66 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une disposition s’applique à toute personne qui accomplit un acte répondant à des critères généraux, sans nommer ses destinataires. Quelle caractéristique exprime-t-elle ?

L’universalité de la règle
La stabilité de la règle
La généralité de la règle
Le caractère individuel de la norme

La généralité de la règle

Explication

Une règle générale vise un nombre indéterminé de faits ou de personnes, sans désigner de destinataire particulier. Le caractère individuel concerne des personnes identifiables, l’universalité suppose une portée sans limites de groupe, et la stabilité renvoie à la durée de la règle.

2. Un législateur formule une règle abstraite pouvant s’appliquer à de nombreuses situations semblables. Quel effet cette démarche favorise-t-elle ?

Désigner les personnes concernées par leur nom
Empêcher toute réforme législative ultérieure
Réduire le besoin de multiplier les lois
Limiter l’application à une situation particulière

Réduire le besoin de multiplier les lois

Explication

Une règle abstraite peut couvrir de nombreux cas, ce qui évite de créer une loi pour chaque situation et contribue à lutter contre l’obésité législative. Les autres réponses confondent abstraction et individualisation, immutabilité ou application au cas unique.

3. Une règle réserve une procédure collective aux commerçants en cessation de paiements. Comment faut-il caractériser sa portée ?

Individuelle, car elle vise des commerçants identifiables
Non générale, car elle comporte des critères d’application
Universelle, car elle s’applique sans distinction à tous
Générale, car elle vise un groupe défini objectivement

Générale, car elle vise un groupe défini objectivement

Explication

Une règle peut rester générale tout en visant un groupe défini par des critères objectifs, comme les commerçants en cessation de paiements. La réponse individuelle suppose des destinataires identifiables, tandis que la portée universelle s’étendrait au-delà de cette catégorie.

4. Une règle demeure en vigueur et conserve sa force après plusieurs applications. Quel effet sa permanence et sa stabilité permettent-elles notamment aux individus ?

Déduire un effet juridique de conditions définies
Savoir que la règle décrit les comportements observés
Écarter toute possibilité de réforme de la règle
Se conformer à la règle et prévoir ses effets juridiques

Se conformer à la règle et prévoir ses effets juridiques

Explication

La permanence et la stabilité permettent aux individus de se conformer à la règle et garantissent la prévisibilité de la loi. Elles ne rendent pas la règle immuable; les autres réponses confondent stabilité avec description ou caractère conditionnel.

5. Une loi reste applicable pendant plusieurs années, puis une réforme législative en modifie les dispositions. Quelle conclusion convient-il d’en tirer ?

La règle était stable, mais elle pouvait être réformée
La règle avait changé avec le pouvoir politique, sans réforme
La règle avait cessé d’exister avant l’adoption de la réforme
La règle était immuable, donc la réforme était impossible

La règle était stable, mais elle pouvait être réformée

Explication

La stabilité signifie que la règle perdure, mais elle n’exclut pas qu’une réforme législative la modifie. L’immutabilité interdirait toute réforme; les autres réponses attribuent à la réforme des effets qui ne découlent pas de cette distinction.

6. Une disposition prévoit que si une personne cause fautivement un dommage à autrui, alors elle doit le réparer. Quel caractère de la règle cette structure illustre-t-elle ?

Le caractère prescriptif
Le caractère descriptif
Le caractère conditionnel
Le caractère permanent

Le caractère conditionnel

Explication

Le caractère conditionnel consiste à déduire un effet juridique de conditions abstraitement définies, selon le schéma « si…, alors… ». Une prescription commande un comportement, une description rapporte ce qui est, et la permanence concerne la durée de la règle.

7. Une disposition exige qu’un comportement soit adopté, au lieu de rapporter les comportements effectivement observés. Quel caractère de la règle de droit manifeste-t-elle ?

Le caractère conditionnel
Le caractère descriptif
Le caractère permanent
Le caractère prescriptif

Le caractère prescriptif

Explication

Une règle prescriptive commande ce qui doit être, tandis qu’une description indique ce qui est. La conditionnalité porte sur le lien entre des conditions et un effet juridique, et la permanence concerne la stabilité de la règle dans le temps.

8. En France, quelle portée historique a eu la loi du 9 décembre 1905 pour les règles juridiques et religieuses ?

Elle a supprimé toute convergence entre les règles juridiques et religieuses.
Elle a marqué leur distinction, même si elles peuvent converger ou diverger.
Elle a rendu les règles juridiques et religieuses identiques dans leur contenu.
Elle a réuni les règles juridiques et religieuses dans un même ordre.

Elle a marqué leur distinction, même si elles peuvent converger ou diverger.

Explication

La loi de 1905 marque la séparation de l’Église et de l’État et donc la distinction entre ces deux types de règles, sans exclure qu’elles convergent ou divergent. La fusion, l’identité de contenu et l’absence totale de convergence sont des confusions sur la portée de cette séparation.

9. Un permis de construire désigne une personne identifiable et concerne un projet précis. De quel type de norme s’agit-il ?

Une règle de droit générale, applicable à une catégorie de situations.
Une norme individuelle, taillée pour une situation particulière.
Une règle morale, guidant les conduites sans viser un cas précis.
Un principe universel, mobilisable en cas de vide juridique.

Une norme individuelle, taillée pour une situation particulière.

Explication

Une norme individuelle vise des personnes identifiables dans une situation particulière et est destinée à un usage unique. La règle générale n’est pas adaptée à un seul cas, le principe est plus général, et la règle morale relève d’un autre type de norme.

10. Face à un vide juridique, un juge cherche une norme plus générale que les règles de droit, universelle et inconditionnée. Que mobilise-t-il ?

Une règle religieuse.
Un principe.
Une norme individuelle.
Une règle de droit de portée générale.

Un principe.

Explication

Les principes sont plus généraux que les règles de droit, universels et inconditionnés ; ils peuvent aider le juge en cas de vide juridique. Une règle de droit peut connaître des exceptions, une norme individuelle cible un cas particulier, et une règle religieuse appartient à un autre ordre normatif.

11. Une personne invoque un droit non écrit, immuable et universel, situé au-dessus des règles établies par les institutions. De quelle conception du droit s’agit-il ?

D’une norme individuelle.
Du droit naturel.
D’une règle sociale.
Du droit positif.

Du droit naturel.

Explication

Le droit naturel est conçu comme non écrit, immuable et universel, et comme supérieur au droit émanant des institutions. Le droit positif provient des institutions ; une norme individuelle vise un cas particulier, et une règle sociale n’exprime pas cette conception universelle.

12. Comment caractériser le droit positif ?

Le droit non écrit situé au-dessus des institutions.
Le droit produit par la seule conscience collective.
Le droit qui émane des institutions.
Le droit révélé aux hommes par Dieu.

Le droit qui émane des institutions.

Explication

Le droit positif est le droit qui émane des institutions. Le droit naturel est présenté comme supérieur aux institutions, le droit révélé renvoie à la loi divine, et la conscience collective caractérise le positivisme sociologique plutôt que la définition générale du droit positif.

13. Une théorie affirme que seul l’État peut créer le droit et accorde une importance majeure à la forme des lois ; une autre voit le droit comme reflet de la conscience collective. Quelle distinction correspond à ces deux approches ?

Le positivisme étatique reflète la conscience collective ; le sociologique réserve le droit à l’État.
Le positivisme étatique place le droit naturel au-dessus des institutions ; le sociologique privilégie la forme.
Le positivisme étatique privilégie l’État et la forme ; le sociologique met l’accent sur la réalité sociale.
Le positivisme étatique se fonde sur la révélation divine ; le sociologique sur les décisions judiciaires.

Le positivisme étatique privilégie l’État et la forme ; le sociologique met l’accent sur la réalité sociale.

Explication

Le positivisme étatique réserve la création du droit à l’État et privilégie la forme, tandis que le positivisme sociologique voit le droit comme le reflet de la réalité sociale et de la conscience collective. L’inversion échange leurs critères ; les autres réponses les confondent avec des conceptions différentes.

14. Dans un groupe, une règle fixe les conditions de voisinage afin d’éviter les conflits entre habitants. Quelle fonction du droit illustre cet exemple ?

Protéger une personne contre ses propres choix
Imposer une conduite au moyen d’une règle impérative
Organiser les relations entre les personnes
Exprimer une valeur par un message législatif

Organiser les relations entre les personnes

Explication

Le droit organise les rapports entre les personnes d’un groupe social, car il suppose l’altérité et vise à éviter le chaos. Le rapport à soi-même confond les domaines, l’imposition relève d’une autre fonction et l’expression porte sur les valeurs.

15. Un employeur propose un salaire inférieur au SMIC en affirmant que le salarié peut accepter cette condition. Quel type de règle s’applique ?

Une règle impérative qui s’impose aux parties
Une règle facultative laissée au choix de l’employeur
Une règle supplétive écartée par l’accord des parties
Une règle symbolique destinée à transmettre un message

Une règle impérative qui s’impose aux parties

Explication

Le respect du SMIC relève d’une règle impérative ou d’ordre public qui s’impose aux personnes. Le choix contractuel et la dérogation volontaire correspondent à la confusion avec une règle supplétive, tandis que la règle symbolique ne caractérise pas cette obligation.

16. Un couple adopte par contrat un régime matrimonial différent de celui prévu par défaut par la loi. Comment qualifier la règle légale écartée ?

Une loi impérative, qui s’impose malgré la volonté contraire
Une règle symbolique, qui manifeste une valeur de la société
Une règle prohibitive, qui interdit de choisir un autre régime
Une loi supplétive, applicable par défaut et écartable par volonté contraire

Une loi supplétive, applicable par défaut et écartable par volonté contraire

Explication

Une loi supplétive règle une situation par défaut et peut être écartée par une volonté contraire, comme le choix d’un contrat de mariage. La loi impérative ne se laisse pas écarter ainsi, la prohibition suppose une interdiction et le symbolisme législatif concerne l’expression d’un message.

17. Un gouvernement adopte une loi pour mettre en avant une valeur collective et faire passer un message, sans que son effet pratique soit l’objectif principal. Quelle fonction du droit est illustrée ?

Organiser les relations entre les personnes d’un groupe social
Proposer une règle applicable par défaut et écartable
Exprimer les valeurs de la société par le symbolisme législatif
Imposer une conduite par une règle d’ordre public

Exprimer les valeurs de la société par le symbolisme législatif

Explication

La règle de droit peut exprimer les valeurs sociales, et le symbolisme législatif désigne l’usage de la loi pour faire passer un message. Organiser concerne les relations, imposer concerne les règles obligatoires et proposer décrit le fonctionnement d’une loi supplétive.

18. Une mairie prend une décision concernant l’organisation d’un service municipal et ses rapports avec les habitants. Quelle branche du droit est principalement concernée ?

Le droit privé
Le droit international privé
Le droit public
Le droit des rapports entre particuliers

Le droit public

Explication

Le droit public traite de l’organisation de l’État et de ses relations avec les citoyens, et intervient lorsqu’une personne publique est impliquée. Le droit privé concerne principalement les rapports entre personnes privées, tandis que le droit international privé porte sur des conflits liés à l’extranéité.

19. Deux entreprises privées concluent un contrat commercial sans qu’une personne publique y participe. Quel ensemble de règles gouverne principalement leur rapport ?

Le droit international public
Le droit public
Le droit des relations entre l’État et les citoyens
Le droit privé

Le droit privé

Explication

Le droit privé gouverne les rapports entre particuliers et personnes morales de droit privé, notamment les entreprises. Le droit public se rattache à l’organisation ou à l’intervention d’une personne publique, le droit international public concerne les relations entre États, et l’intérêt général ne suffit pas à qualifier ce contrat.

20. Pour comparer le droit public et le droit privé dans une situation donnée, quels critères principaux faut-il examiner ?

La matière enseignée, la durée du contrat et le mode de preuve
Le régime juridique, l’ordre juridictionnel compétent et l’objectif recherché
Le nombre de parties, leur nationalité et la valeur financière du litige
La nature écrite de la règle, son ancienneté et son niveau territorial

Le régime juridique, l’ordre juridictionnel compétent et l’objectif recherché

Explication

La distinction repose sur le régime juridique applicable, l’ordre juridictionnel compétent et l’objectif poursuivi : intérêt général en droit public, intérêts particuliers en droit privé. La seule identité des parties est insuffisante, et la nationalité ou les caractéristiques du contrat ne remplacent pas ces critères.

21. Un couple de nationalités différentes conteste le tribunal compétent et la loi applicable à son divorce. Quel domaine du droit international traite ce type de difficulté ?

Le droit constitutionnel
Le droit international public
Le droit administratif
Le droit international privé

Le droit international privé

Explication

Le droit international privé règle notamment les conflits de lois et de juridictions liés à des éléments d’extranéité, comme dans un divorce international. Le droit international public traite des relations entre États ou au sein d’organisations internationales, tandis que les deux autres relèvent du droit public interne.

22. Une nouvelle branche du droit privé possède des règles distinctes, mais ne développe pas de concepts propres. Quelle condition de formation lui manque-t-il ?

L’autonomie conceptuelle
La spécialisation de son domaine
L’autonomie de principe
Le rattachement au droit civil

L’autonomie conceptuelle

Explication

Une branche du droit privé doit réunir une autonomie de principe et une autonomie conceptuelle. L’autonomie de principe est ici déjà acquise; le rattachement au droit civil ou la spécialisation ne remplace pas l’autonomie conceptuelle.

23. Une règle spéciale ne prévoit pas de solution pour une situation donnée. Quelle place le droit civil occupe-t-il par rapport à cette branche spécialisée ?

Un domaine indépendant des branches spécialisées
Une règle qui déroge à la branche spécialisée
Un droit spécial qui remplace la branche concernée
Le droit commun qui sert de tronc commun

Le droit commun qui sert de tronc commun

Explication

Le droit civil est le tronc commun du droit privé et constitue le droit commun par rapport aux branches spécialisées. Le droit civil n’est pas lui-même un droit spécial et sa fonction ne consiste pas à déroger au droit spécial.

24. Laquelle de ces matières fait partie du droit civil ?

Le droit commercial
Le droit de l’environnement
Le droit des sûretés
Le droit de la concurrence

Le droit des sûretés

Explication

Le droit civil comprend notamment le droit des sûretés, relatif aux garanties du créancier. Le droit commercial, le droit de la concurrence et le droit de l’environnement relèvent de domaines spécialisés plutôt que des matières énumérées du droit civil.

25. Une règle de droit spécial ne traite pas une question rencontrée dans un litige. Quel rôle le droit commun peut-il alors jouer ?

Écarter toute règle spéciale applicable au litige
Compléter le droit spécial resté incomplet
Empêcher le droit spécial de déroger au droit commun
Remplacer l’ensemble du droit spécial par le droit commun

Compléter le droit spécial resté incomplet

Explication

Le droit commun complète un droit spécial incomplet, même si le droit spécial peut déroger au droit commun. Dire que le droit commun ne peut compléter la règle spéciale ou qu’il la remplace entièrement confond complément et dérogation.

26. Un État ne dispose pas d’un texte constitutionnel unique écrit, mais applique des règles organisant l’exercice du pouvoir politique. Comment qualifier sa constitution ?

Une constitution inexistante
Un règlement administratif
Une constitution non écrite
Un régime électoral

Une constitution non écrite

Explication

Une constitution est un ensemble de règles organisant l’exercice du pouvoir politique et elle peut être écrite ou non écrite. L’absence d’un texte unique n’exclut donc pas l’existence d’une constitution; un règlement ou un régime électoral n’en donne qu’une conception trop limitée.

27. Un étudiant classe les droits à la santé et à l’obtention d’un emploi, auxquels renvoient les Principes Particulièrement nécessaires à Notre Temps, dans une catégorie de droits. Laquelle convient ?

Les droits civils et politiques de première génération
Les droits économiques et sociaux de deuxième génération
Les droits environnementaux issus de la Charte de 2004
Les droits et libertés issus de la Déclaration de 1789

Les droits économiques et sociaux de deuxième génération

Explication

Les PPNT comprennent des droits économiques et sociaux de deuxième génération, comme le droit à la santé et le droit d’obtenir un emploi. Les droits civils et politiques sont ceux de première génération; les autres réponses confondent les PPNT avec les renvois à la DDHC ou à la Charte de l’environnement.

28. Une décision constitutionnelle rassemble plusieurs textes ayant valeur constitutionnelle dans un ensemble appelé bloc de constitutionnalité. Quelle décision a créé cet ensemble ?

La décision relative à la saisine parlementaire de 1974
La Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958
La Charte de l’environnement adoptée en 2004
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

Le Conseil constitutionnel a créé le bloc de constitutionnalité dans la décision Liberté d’association du 16 juillet 1971; ce bloc rassemble les textes à valeur constitutionnelle. La Constitution de 1958, la réforme de la saisine en 1974 et la Charte de 2004 ne sont pas la décision fondatrice.

29. Un accord est conclu entre trois États. Quelle catégorie de traité correspond à cette situation ?

Un traité conclu entre deux organisations internationales
Un traité bilatéral
Un traité conclu entre un État et une organisation internationale
Un traité multilatéral

Un traité multilatéral

Explication

Un traité conclu entre plus de deux États est multilatéral. Le distracteur bilatéral confond le nombre de parties; les autres attribuent à tort à l’accord des parties qui ne sont pas décrites dans la situation.

30. Un État signataire envisage de ne plus appliquer un traité parce que l’autre partie ne le respecte pas. Le traité porte sur les droits sociaux. Que permet la condition de réciprocité prévue à l’article 55 ?

Elle ne peut pas être invoquée pour refuser l’application du traité
Elle ne peut pas être invoquée pour les traités économiques
Elle permet le refus dès qu’une partie manque à ses obligations
Elle permet le refus si le traité manque de précision

Elle ne peut pas être invoquée pour refuser l’application du traité

Explication

La réciprocité peut permettre de refuser l’application d’un traité non respecté par l’autre partie, mais cette condition ne s’invoque pas pour les traités relatifs aux droits de l’homme ou aux droits sociaux. Le deuxième distracteur oublie cette exception; les autres confondent réciprocité et effet direct ou inventent une exception économique.

31. Un État membre doit appliquer une règle européenne uniformément, sans choisir les modalités nationales de mise en œuvre. De quel type d’acte s’agit-il ?

Une directive européenne
Un règlement européen
Un traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
Une loi nationale de transposition

Un règlement européen

Explication

Un règlement européen est directement et immédiatement applicable dans tous les États membres, sans marge de manœuvre. Une directive fixe des objectifs et peut laisser varier leur mise en œuvre; les deux autres réponses désignent un traité ou une mesure nationale, et non le type d’acte décrit.

32. Dans le sens de l’expression « loi stricto sensu », quels textes sont désignés ?

L’ensemble des textes émanant du pouvoir législatif
L’ensemble des normes applicables sur le territoire
Les textes qui révisent la Constitution
Les actes réglementaires émanant du pouvoir exécutif

L’ensemble des textes émanant du pouvoir législatif

Explication

La loi stricto sensu regroupe les textes émanant du pouvoir législatif. L’ensemble des normes est plus large, les lois constitutionnelles n’en forment qu’une catégorie et les actes réglementaires relèvent du pouvoir exécutif.

33. Une réforme vise à fixer les modalités d’organisation des pouvoirs publics sans modifier les dispositions de la Constitution. Quelle catégorie de loi convient ?

Une loi constitutionnelle
Une loi référendaire
Une loi ordinaire
Une loi organique

Une loi organique

Explication

Les lois organiques complètent la Constitution en organisant les pouvoirs publics, tandis que les lois constitutionnelles la révisent et que les lois ordinaires portent sur les autres domaines. Le distracteur référendaire désigne une loi adoptée par une procédure particulière, pas cette catégorie fondée sur son objet.

34. Un texte est préparé par le Gouvernement, puis déposé devant le Parlement. Quelle étape de la confection parlementaire est prévue ensuite dans le processus décrit ?

La transmission du texte au Conseil d’État pour avis
Son adoption dans les mêmes termes par les deux chambres
Son examen en commission des lois
Sa promulgation par le Président de la République

La transmission du texte au Conseil d’État pour avis

Explication

Après la création du projet et son dépôt devant le Parlement, le texte est transmis au Conseil d’État pour avis, avant son examen en commission et son adoption par les deux chambres. Les autres réponses reprennent des étapes ultérieures ou placent la promulgation avant la fin du processus.

35. Une loi adoptée a été validée par le Conseil constitutionnel après un contrôle a priori. Quel acte établit alors son entrée en tant que loi ?

Sa promulgation par le Président de la République
Sa validation par le Conseil constitutionnel
Son adoption par les deux chambres du Parlement
Son dépôt devant le Parlement

Sa promulgation par le Président de la République

Explication

Après validation par le Conseil constitutionnel, le Président de la République promulgue la loi; c’est la promulgation qui constitue son acte de naissance, et non son adoption. Le contrôle constitutionnel précède cette étape, tandis que le dépôt intervient au début de l’élaboration.

36. Une loi fixe les principes fondamentaux d’une politique de santé et renvoie à un décret la définition de ses modalités concrètes. Quelle répartition des compétences correspond à l’article 34 ?

Le pouvoir réglementaire fixe les principes et le législateur précise les modalités
Le législateur fixe les principes et précise lui-même les modalités réglementaires
Le pouvoir réglementaire intervient dans un domaine extérieur à celui de la loi
Le législateur fixe les principes et le pouvoir réglementaire précise les modalités

Le législateur fixe les principes et le pouvoir réglementaire précise les modalités

Explication

Dans le domaine partagé, le législateur fixe les principes fondamentaux et le pouvoir réglementaire en précise les modalités. Confondre les rôles inverse les compétences, assimiler ce domaine à un domaine extérieur à la loi méconnaît la loi existante, et confier les modalités au législateur brouille la répartition décrite.

37. Une matière ne relève pas du domaine de la loi et aucune loi n’en fixe les principes. Quel acte le Gouvernement peut-il prendre en vertu de l’article 37 ?

Un règlement autonome dans un domaine extérieur à celui de la loi
Un règlement d’application qui précise les modalités d’une loi existante
Une loi qui fixe les principes fondamentaux de cette matière
Un décret qui complète nécessairement une loi déjà adoptée

Un règlement autonome dans un domaine extérieur à celui de la loi

Explication

L’article 37 permet au Gouvernement de prendre des règlements autonomes dans les domaines extérieurs à celui de la loi. Le règlement d’application suppose une loi à préciser, tandis que les deux autres réponses attribuent à la loi ou à son complément un rôle qui ne correspond pas à la situation.

38. La loi ne bénéficie plus d’une présomption d’infaillibilité, car elle doit respecter la Constitution ainsi que les normes internationales et européennes. De quelle crise s’agit-il ?

La crise quantitative
La crise qualitative
La crise liée à l’instabilité législative
La crise de confiance

La crise de confiance

Explication

La crise de confiance traduit la remise en cause de l’infaillibilité de la loi par le contrôle constitutionnel et l’exigence de conformité aux normes internationales et européennes. L’inflation législative relève de la crise quantitative, tandis que la dégradation du matériau législatif relève de la crise qualitative.

39. Une loi est adoptée pour répondre à un fait divers et une autre se limite à exprimer un hommage sans édicter de règle normative. Quelle crise ces exemples illustrent-ils ?

La crise qualitative de la loi
La crise du domaine partagé de la loi
La crise de confiance envers la loi
La crise quantitative de la loi

La crise qualitative de la loi

Explication

Les lois faits divers et les lois non normatives illustrent la dégradation du matériau législatif, caractéristique de la crise qualitative. La crise quantitative concerne l’inflation et l’instabilité des lois, la crise de confiance leur conformité aux normes supérieures, et le domaine partagé répartit les compétences entre législateur et pouvoir réglementaire.

40. Un acte émanant du pouvoir exécutif est qualifié de décret, d’arrêté ou d’une autre manière selon son auteur et sa forme. Quelle caractéristique générale des règlements cette situation illustre-t-elle ?

Leur dénomination varie selon leur auteur et leur forme
Leur dénomination est identique pour tous les actes exécutifs
Leur dénomination varie selon l’autorité qui les contrôle
Leur dénomination dépend uniquement de la matière qu’ils régissent

Leur dénomination varie selon leur auteur et leur forme

Explication

Les règlements sont des actes du pouvoir exécutif, et leur dénomination varie selon leur auteur et leur forme. Les réponses concurrentes font dépendre cette dénomination d’un critère non indiqué, la rendent uniforme ou confondent la catégorie avec un autre type d’acte.

41. Un décret est délibéré en Conseil d’État, mais pas en Conseil des ministres. Qui le signe selon les catégories de décrets ?

Le Président de la République
Le Premier ministre
Le président du Conseil d’État
Le ministre compétent

Le Premier ministre

Explication

Un décret délibéré en Conseil d’État est signé par le Premier ministre. Le Président signe les décrets délibérés en Conseil des ministres, tandis que le ministre compétent et le président du Conseil d’État ne sont pas les signataires indiqués pour cette catégorie.

42. Un litige civil portant sur 8 500 euros concerne des nuisances de voisinage. Quelle juridiction est compétente pour le traiter ?

Le tribunal de proximité
Le tribunal de police
Le tribunal de commerce
Le tribunal judiciaire

Le tribunal de proximité

Explication

Le tribunal de proximité connaît des litiges civils jusqu’à 10 000 euros et des litiges de voisinage. Le tribunal judiciaire est associé aux litiges civils dépassant ce seuil, le tribunal de police aux contraventions et le tribunal de commerce aux litiges commerciaux.

43. Une salariée conteste son licenciement par son employeur. Quelle juridiction peut trancher ce litige, et quelle caractéristique correspond à sa composition ?

Le tribunal de proximité, composé paritairement de magistrats
Le tribunal de commerce, composé de juges consulaires non professionnels
Le tribunal judiciaire, composé de magistrats professionnels
Le conseil de prud’hommes, composé paritairement de conseillers non professionnels

Le conseil de prud’hommes, composé paritairement de conseillers non professionnels

Explication

Le conseil de prud’hommes juge les litiges entre employeurs et salariés et ses conseillers, non professionnels, représentent paritairement salariés et employeurs. Le tribunal de commerce traite les litiges commerciaux, tandis que les tribunaux judiciaires et de proximité ne sont pas caractérisés par cette composition.

44. Deux commerçants se disputent au sujet d’une vente. Quelle juridiction est compétente et quel type de juges y siège ?

Le tribunal de police, composé de juges consulaires
Le tribunal judiciaire, composé de magistrats professionnels
Le conseil de prud’hommes, composé de conseillers non professionnels
Le tribunal de commerce, composé de juges consulaires non professionnels

Le tribunal de commerce, composé de juges consulaires non professionnels

Explication

Le tribunal de commerce tranche les litiges entre commerçants et comprend des juges consulaires non professionnels. Le conseil de prud’hommes traite les conflits du travail, le tribunal judiciaire les litiges civils de droit commun et le tribunal de police les contraventions.

45. Une personne est poursuivie pour un délit passible de huit ans d’emprisonnement. Quelle juridiction juge cette infraction et quelle peine peut-elle prononcer au maximum ?

La cour d’assises, au moins 20 ans de réclusion
Le tribunal correctionnel, jusqu’à 10 ans d’emprisonnement
La cour criminelle départementale, de 15 à 20 ans de réclusion
Le tribunal de police, principalement des amendes

Le tribunal correctionnel, jusqu’à 10 ans d’emprisonnement

Explication

Le tribunal correctionnel juge les délits et peut prononcer jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Le tribunal de police traite les contraventions, tandis que les cours criminelles et d’assises jugent des crimes soumis à des peines de réclusion criminelle.

46. Des tribunaux tranchent régulièrement une même question juridique de la même façon, et cette manière de décider se maintient. Comment qualifie-t-on cette situation ?

Une jurisprudence constante
Une loi générale
Une autorité relative de la chose jugée
Un revirement de jurisprudence

Une jurisprudence constante

Explication

La jurisprudence désigne l’habitude des tribunaux de trancher une question d’une certaine manière, et elle est constante lorsque cette manière se maintient. Un revirement suppose un changement d’interprétation, la loi relève du législateur et l’autorité de la chose jugée concerne les parties et l’objet d’un jugement.

47. Les tribunaux abandonnent l’interprétation d’une règle qu’ils retenaient auparavant et en adoptent une nouvelle. De quel phénomène s’agit-il ?

Une disposition générale et réglementaire
Un revirement de jurisprudence
Une jurisprudence constante
Une autorité relative de la chose jugée

Un revirement de jurisprudence

Explication

Un revirement de jurisprudence est un changement de l’interprétation adoptée par les tribunaux. La jurisprudence constante désigne au contraire le maintien d’une manière de trancher; les deux autres notions concernent respectivement les arrêts de règlement et les effets d’un jugement entre les parties.

48. Dans un litige, un juge envisage de fixer une règle générale destinée à s’appliquer à toutes les affaires semblables. Quelle règle du Code civil s’y oppose ?

L’article 5, qui oblige le juge à suivre une interprétation antérieure
L’article 5, qui interdit les dispositions générales et réglementaires sur les causes soumises au juge
L’article 4, qui oblige le juge à trancher même si la loi est insuffisante
L’article 1355, qui limite l’autorité du jugement aux parties et à son objet

L’article 5, qui interdit les dispositions générales et réglementaires sur les causes soumises au juge

Explication

L’article 5 interdit au juge de prononcer des dispositions générales et réglementaires sur les causes dont il est saisi, ce qui fonde la prohibition des arrêts de règlement. L’article 4 impose de juger malgré les lacunes de la loi, tandis que l’article 1355 encadre l’autorité de la chose jugée.

49. Une décision est formulée en termes généraux, mais les tribunaux ne la reprennent pas et leurs décisions restent divergentes. Que lui manque-t-il pour accéder au rang de règle de droit ?

La généralisation et l’uniformité de la solution
La formulation en termes généraux et la seule ancienneté de la décision
L’obligation de juger et l’absence de silence de la loi
L’autorité de la chose jugée et l’identité des parties

La généralisation et l’uniformité de la solution

Explication

Pour accéder au rang de règle de droit, une décision jurisprudentielle doit être formulée en termes généraux, se généraliser et être uniforme. Le caractère général ne suffit donc pas à lui seul; l’identité des parties et l’obligation de juger concernent d’autres principes.

50. Quelle combinaison caractérise une coutume juridique ?

Une pratique répétée sans croyance en son caractère obligatoire
Une règle écrite adoptée par une autorité publique
Un accord de volontés créant des obligations
Une pratique répétée tenue pour obligatoire

Une pratique répétée tenue pour obligatoire

Explication

La coutume est une règle non écrite fondée à la fois sur une pratique répétée et sur la croyance en son caractère obligatoire. La règle écrite confond coutume et loi, la pratique sans croyance omet l’élément psychologique, et l’accord de volontés relève du contrat.

51. Dans une profession, une habitude est suivie depuis longtemps, mais ses membres la considèrent comme une simple commodité sans obligation : quel élément nécessaire à la coutume fait défaut ?

Le renvoi exprès de la loi à cette pratique
L’opinio juris, soit la croyance au caractère obligatoire
L’élément matériel, soit la répétition suffisamment longue
La fixité, soit l’application selon un mode déterminé

L’opinio juris, soit la croyance au caractère obligatoire

Explication

Une coutume suppose la répétition suffisamment longue d’une pratique et la croyance en son caractère obligatoire ; ici, c’est cette opinio juris qui manque. La durée concerne l’élément matériel, la fixité est une condition particulière du droit du travail, et le renvoi légal caractérise la coutume secundum legem.

52. Une entreprise verse une prime à tous ses salariés selon un calcul défini, mais cette pratique ne se poursuit que depuis quelques mois : quelle condition de la coutume en droit du travail n’est pas encore établie ?

La fixité du mode de calcul de la prime
La constance de la pratique dans le temps
La généralité de la pratique parmi les salariés
L’opinio juris des salariés quant à son caractère obligatoire

La constance de la pratique dans le temps

Explication

En droit du travail, la coutume requiert une pratique générale, fixe et constante ; quelques mois ne suffisent pas à établir la constance décrite. La généralité et la fixité sont présentes dans le cas, tandis que l’opinio juris est un élément général de la coutume, non l’une des trois conditions particulières citées.

53. Une pratique coutumière contredit une exigence légale et n’est pas obligatoire : de quelle catégorie relève-t-elle ?

La coutume contra legem
La coutume secundum legem
La coutume praeter legem
La coutume appelée à compléter la loi

La coutume contra legem

Explication

La coutume contra legem est contraire à la loi et n’est pas obligatoire. La coutume secundum legem est appelée par la loi, tandis que la coutume praeter legem intervient hors de toute prévision légale ; la dernière réponse décrit ce dernier rôle plutôt qu’une contrariété à la loi.

54. Un passager conclut un contrat de transport qui le soumet à des règles établies unilatéralement par le transporteur : comment qualifier ce pouvoir normatif privé ?

Une loi publique fondée sur une décision de l’État
Une opinion doctrinale sans base contractuelle
Une réglementation de droit privé fondée sur le contrat
Une clause contractuelle négociée conjointement par les parties

Une réglementation de droit privé fondée sur le contrat

Explication

La réglementation de droit privé désigne des actes unilatéraux privés dont le pouvoir normatif repose sur une base contractuelle, comme les règles imposées à l’usager après la conclusion du contrat de transport. Une loi publique relève de l’État, une clause négociée n’est pas un acte unilatéral, et une opinion doctrinale n’a pas cette base contractuelle.

55. Que désigne la doctrine en droit ?

Les décisions rendues par les juridictions dans les litiges
Les opinions émises par des juristes universitaires ou praticiens
Les accords conclus entre personnes pour créer des obligations
Les règles juridiquement obligatoires édictées par le législateur

Les opinions émises par des juristes universitaires ou praticiens

Explication

La doctrine rassemble les opinions émises par les juristes, qu’ils soient universitaires ou praticiens. La loi édicte des règles obligatoires, les tribunaux rendent des décisions et les accords de volontés relèvent des contrats.

56. Un juriste publie une analyse qui inspire ensuite une réforme législative, sans que son avis s’impose directement aux citoyens : quel rôle de la doctrine cette situation illustre-t-elle ?

Une influence indirecte sur le processus législatif
Une réglementation privée imposée par une partie au contrat
Une règle directement obligatoire pour les citoyens
Une décision juridictionnelle qui tranche un litige

Une influence indirecte sur le processus législatif

Explication

La doctrine ne constitue pas une source directe du droit et ne s’impose pas à autrui, mais elle peut influencer indirectement le processus législatif. Une règle directement obligatoire relève de la loi, une décision qui tranche un litige relève de la juridiction, et une réglementation privée repose sur une base contractuelle.

57. Un règlement est pris pour appliquer une loi, mais il en contredit une disposition. Quel principe de la hiérarchie des normes permet de conclure que ce règlement doit être écarté ou corrigé ?

Toute norme doit respecter les normes qui lui sont supérieures.
Toute norme doit respecter les normes qui lui sont inférieures.
Un règlement peut modifier une loi lorsqu’il en précise l’application.
Une norme ne doit respecter que les principes généraux du droit.

Toute norme doit respecter les normes qui lui sont supérieures.

Explication

Dans la hiérarchie des normes théorisée par Hans Kelsen, chaque norme doit respecter celles qui lui sont supérieures. L’inversion entre loi et règlement méconnaît leur rang, la confusion porte sur un contrôle différent et la dernière réponse réduit à tort les normes supérieures aux seuls principes généraux du droit.

58. Un règlement administratif respecte la loi, mais contredit un principe général du droit dégagé par le Conseil d’État. Quelle exigence s’impose au règlement ?

Il doit aussi respecter les principes généraux du droit.
Il peut écarter ces principes dès lors qu’il respecte la loi.
Il doit faire prévaloir ses dispositions sur celles de la loi.
Il doit obtenir l’approbation du législateur avant toute application.

Il doit aussi respecter les principes généraux du droit.

Explication

Le règlement est inférieur à la loi et doit également respecter les principes généraux du droit dégagés par le juge administratif, notamment le Conseil d’État. La deuxième réponse oublie cette exigence, la troisième inverse la hiérarchie et la dernière attribue au législateur une approbation qui n’est pas le principe décrit.

59. Dans les deux mois suivant l’entrée en vigueur d’un règlement, une personne demande au juge administratif de le faire disparaître de l’ordre juridique en raison de son illégalité. Quelle voie de contrôle sollicite-t-elle ?

Le contrôle par voie d’exception.
Le contrôle par voie d’action.
Le contrôle de constitutionnalité de la loi.
Le contrôle de conformité d’une loi à un traité.

Le contrôle par voie d’action.

Explication

La voie d’action vise à obtenir l’annulation du règlement et doit être engagée dans les deux mois de son entrée en vigueur ; si l’illégalité est constatée, l’annulation est rétroactive. La voie d’exception sert à écarter un règlement dans un litige, tandis que les deux autres réponses concernent d’autres objets de contrôle.

60. Saisi d’un litige, un juge judiciaire doute sérieusement de la légalité d’un règlement et ne constate pas d’illégalité manifeste. Quelle démarche doit-il en principe suivre ?

Écarter lui-même le règlement sans saisir le juge administratif.
Annuler lui-même le règlement avec un effet rétroactif.
Poursuivre le litige en tenant le règlement pour légal.
Surseoir à statuer et poser une question préjudicielle au juge administratif.

Surseoir à statuer et poser une question préjudicielle au juge administratif.

Explication

En principe, en cas de doute sérieux sur la légalité d’un règlement, le juge judiciaire sursoit à statuer et pose une question préjudicielle au juge administratif. L’annulation relève ici d’une confusion sur le pouvoir du juge, l’écartement direct est possible en cas d’illégalité manifeste, et tenir le règlement pour légal ne répond pas au doute sérieux.

61. Quel est le rôle de la promulgation d’une loi par le chef de l’État ?

Fixer la date d’entrée en vigueur lorsque la loi ne le précise pas.
Attester l’existence de la loi et ordonner aux autorités de l’appliquer.
Rendre la loi publique au Journal officiel et assurer sa diffusion.
Adopter la loi au terme du vote des assemblées parlementaires.

Attester l’existence de la loi et ordonner aux autorités de l’appliquer.

Explication

La promulgation atteste l’existence de la nouvelle loi et ordonne aux autorités de la faire appliquer. La publication au Journal officiel est une condition distincte de son exécution, la date d’entrée en vigueur relève d’une règle séparée et l’adoption appartient au processus parlementaire.

62. Une loi française a été promulguée par décret présidentiel, mais n’a pas encore été publiée au Journal officiel. Peut-elle déjà être exécutée ?

Non, car sa publication au Journal officiel est également nécessaire.
Oui, car le décret de promulgation suffit à la rendre exécutoire.
Oui, dès son adoption par les assemblées parlementaires.
Non, car elle doit d’abord être approuvée par le Conseil d’État.

Non, car sa publication au Journal officiel est également nécessaire.

Explication

En France, une loi n’est exécutoire qu’après le décret de promulgation pris par le Président de la République et sa publication au Journal officiel. La deuxième réponse néglige la publication, la troisième confond adoption et exécution, et la dernière ajoute une condition qui n’est pas requise.

63. Une loi ne précise aucune date d’entrée en vigueur et aucune règle particulière ne s’applique. Si elle est publiée le 10 mai, à quelle date entre-t-elle en vigueur ?

Le 11 mai, le lendemain de sa publication.
Le 10 juillet, deux mois après sa publication.
Le 10 mai, le jour même de sa publication.
À la date d’entrée en vigueur d’un décret d’application.

Le 11 mai, le lendemain de sa publication.

Explication

Lorsque la loi ne fixe pas sa date d’entrée en vigueur, l’article 1er du Code civil prévoit qu’elle entre en vigueur le lendemain de sa publication : ici, le 11 mai. Le jour même correspond à l’exception d’urgence, le délai de deux mois concerne un autre mécanisme et le report aux décrets d’application suppose une disposition en ce sens.

64. En France, à quelle date la peine de mort a-t-elle été abolie malgré l’opposition d’une grande partie de la société à l’époque ?

Le 9 octobre 1981
Le 18 septembre 1981
Le 9 octobre 1971
Le 9 octobre 1982

Le 9 octobre 1981

Explication

L’abolition française de la peine de mort a eu lieu le 9 octobre 1981, en dépit d’une opposition sociale importante. Le 18 septembre 1981 est une date proche mais erronée, 1982 décale l’abolition d’un an et 1971 la situe dix ans trop tôt.

65. Une entreprise propose de rémunérer des personnes pour fournir des organes destinés à des greffes. Quel principe de la dignité humaine s’oppose directement à cette pratique ?

Reconnaître le consentement comme autorisation de marchandiser le corps
Garantir à chacun les moyens de satisfaire ses besoins vitaux
Ne pas traiter la personne comme un réservoir de matériaux biologiques
Protéger la personne contre les atteintes à sa vie privée

Ne pas traiter la personne comme un réservoir de matériaux biologiques

Explication

La dignité interdit de réifier l’être humain, notamment en le traitant comme un réservoir de matériaux biologiques. Les besoins vitaux relèvent d’un autre pilier de la dignité, la vie privée est ici une notion distincte, et le consentement ne lève pas cette interdiction.

66. Un traité conclu entre des représentants d’États a reçu l’autorisation parlementaire requise et a été ratifié par le président de la République. Quelle étape reste nécessaire pour qu’il entre dans l’ordre juridique français ?

Son dépôt auprès d’une organisation internationale
Son approbation par une juridiction française
Sa signature par le président de la République
Sa publication

Sa publication

Explication

La publication est nécessaire pour qu’un traité entre dans l’ordre juridique français, après sa conclusion, l’autorisation parlementaire lorsqu’elle est prévue et sa ratification présidentielle. L’autorisation parlementaire ne remplace pas la publication, l’entrée en vigueur internationale ne suffit pas à l’intégration en droit français, et la ratification relève du président.

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Combien d’actes ou de faits la règle de droit vise-t-elle ?

Un nombre indéterminé.

À qui s’adresse la règle de droit ?

À tous, sans désigner une personne particulière.

Quel effet le caractère abstrait de la règle de droit a-t-il sur son application ?

Il permet de l’appliquer à de nombreux cas.

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