★ À maîtriser
📌 L’État unitaire ne comporte qu’une seule organisation politique et juridique, un seul appareil d’État, une seule Constitution et une législation commune, tandis que l’État fédéral superpose une organisation fédérale et des organisations fédérées.
Compléments
📌 Dans l’État fédéral, le principe de superposition organise deux niveaux juridiques et politiques, le principe d’autonomie permet aux unités fédérées de s’auto-organiser et le principe de participation les associe aux institutions fédérales.
PTG : population, territoire, gouvernement effectif
★ À maîtriser
Une Constitution rigide se révise selon une procédure spécifique plus complexe que celle des lois ordinaires, tandis qu’une Constitution souple se révise selon la procédure législative ordinaire.
Le contrôle de constitutionnalité a priori intervient avant l’entrée en vigueur de la loi, pendant la période de promulgation, tandis que le contrôle a posteriori porte sur une loi déjà promulguée.
Dans le contrôle a priori, les dispositions jugées inconstitutionnelles ne peuvent pas être promulguées et la saisine est toujours effectuée par voie d’action.
Le contrôle a posteriori par voie d’action porte sur une loi déjà entrée en vigueur dont les dispositions déclarées contraires à la Constitution sont censées n’avoir jamais existé, tandis que le contrôle a posteriori par voie d’exception est soulevé par un justiciable au cours d’une instance pour demander que la loi ne soit pas appliquée.
Compléments
📌 En France, toute loi organique doit être déférée au Conseil constitutionnel par le Premier ministre pendant la période de promulgation.
A priori avant la promulgation, a posteriori après l’entrée en vigueur
📌 En France, la saisine du Conseil constitutionnel est facultative pour les lois ordinaires, mais obligatoire pour les lois organiques et effectuée par le Premier ministre pendant la période de promulgation.
📌 Dans le modèle américain, le juge saisi de l’affaire tranche lui-même l’exception d’inconstitutionnalité, tandis que dans le modèle européen il doit surseoir à statuer et saisir la Cour constitutionnelle d’une question préjudicielle.
A priori avant promulgation, a posteriori après promulgation
La souveraineté populaire est divisible, car chaque citoyen en détient une fraction, tandis que la souveraineté nationale est indivisible, car la nation ne peut la déléguer qu’en totalité à des représentants élus.
Le scrutin uninominal majoritaire à un tour élit immédiatement le candidat arrivé en tête et favorise le bipartisme, tandis que la représentation proportionnelle répartit les sièges selon les voix obtenues et favorise le multipartisme intégral.
Le régime présidentiel repose sur une séparation stricte des pouvoirs, avec un exécutif moniste et sans moyens de pression réciproques, tandis que le régime parlementaire repose sur une collaboration entre un exécutif dualiste et un Parlement politiquement responsable.
Présidentiel : séparation stricte ; parlementaire : collaboration
★ À maîtriser
📌 Le texte de 1958 instaure un régime parlementaire moniste dans lequel le président est un arbitre et le Premier ministre dirige l’exécutif, mais la pratique présidentialiste fait du président le chef de l’exécutif et du Premier ministre l’exécutant de la politique élyséenne.
Compléments
1958 : chute de la IVe République, Constitution, présidentialisme, cohabitation
📌 Le président de la République négocie et ratifie les traités, tandis que les traités les plus importants doivent être préalablement autorisés par une loi en vertu de l’article 53 de la Constitution.
📌 Le droit dérivé de l’Union européenne entre directement dans le droit interne après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne, contrairement au droit primaire qui nécessite une ratification autorisée par la loi.
Constitution au sommet, traités et droit européen en dessous
★ À maîtriser
📌 La démocratie repose notamment sur un suffrage universel, direct, égal et secret, sur la liberté de formation et d’activité des partis politiques, sur le référendum et la représentation, ainsi que sur l’égalité des citoyens devant la loi.
Compléments
I-L-D-S : indivisible, laïque, démocratique et sociale
★ À maîtriser
Depuis la loi référendaire du 6 novembre 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct, alors que la Constitution de 1958 prévoyait initialement une élection par un collège de notables.
Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours : la majorité absolue est requise au premier tour et seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent participer au second tour.
Le candidat à l’élection présidentielle doit être français, âgé d’au moins 18 ans, jouir de ses droits civils et politiques, recueillir 500 présentations provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer et remettre une déclaration de situation patrimoniale.
Depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels consécutifs.
En cas de vacance ou d’empêchement définitif du président, le président du Sénat assure l’intérim et, s’il est lui-même empêché, le gouvernement exerce provisoirement la fonction de chef de l’État.
📌 Le président bénéficie de l’irresponsabilité pour les actes non détachables de sa fonction, tandis que les actes détachables sont couverts seulement par une inviolabilité temporaire jusqu’à un mois après la fin du mandat.
📌 Le président peut être destitué en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat, la décision étant prise par la Haute Cour à la majorité des deux tiers de ses membres.
Compléments
Élection → mandat → intérim → responsabilité
★ À maîtriser
📌 Après les élections législatives de 1986, 1993 et 1997, le président privé de majorité doit se cantonner à une fonction d’arbitre et cohabiter avec un Premier ministre politiquement hostile qui gouverne comme chef de l’exécutif.
📌 En droit, le président est politiquement irresponsable devant le Parlement, mais la crise de 1962 a illustré une responsabilité indirecte lorsque l’Assemblée nationale a censuré le gouvernement Pompidou le 5 octobre 1962.
Compléments
Peuple : sanction directe ; Assemblée : responsabilité indirecte
★ À maîtriser
L’article 5 de la Constitution ne confère pas directement au président des compétences nouvelles, mais fonde l’exercice de ses pouvoirs constitutionnels d’arbitre.
Les huit pouvoirs propres du président, énumérés notamment à l’article 19 de la Constitution, sont dispensés de contreseing ministériel et leur exercice discontinu ne lui permet pas juridiquement de gouverner.
Compléments
En cas de crise éminemment grave, le recours à l’article 16 permet au président de concentrer temporairement le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif afin de rétablir rapidement la légalité républicaine compromise.
Le président est l’interprète privilégié de la Constitution, ce qui fonde notamment sa saisine du Conseil constitutionnel au titre des articles 61 alinéa 2 et 54, sans contreseing ministériel.
CIG : Constitution, Institutions, Garanties nationales
★ À maîtriser
La dissolution du 9 octobre 1962, suivie des élections législatives des 18 et 25 novembre 1962, a créé une majorité parlementaire absolue et homogène à l’origine du fait majoritaire.
En 2017, Emmanuel Macron a obtenu une majorité présidentielle de 356 députés, dont 314 députés LRM et 42 députés MoDem, dépassant la majorité absolue fixée à 289 sièges sur 577.
Pendant la crise sanitaire, 124 ordonnances ont été prises en 2020, contre 58 lois promulguées, ce qui a renforcé la prépondérance de l’Élysée et limité le rôle du Parlement.
📌 Après les élections législatives de juin 2022, Emmanuel Macron a dû passer du présidentialisme « jupitérien » au présidentialisme « vulcanien », en recherchant des alliances avec des groupes parlementaires d’opposition en raison de ses 250 députés, soit 39 sièges de moins que la majorité absolue.
Compléments
Sous Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon a été présenté comme un « collaborateur », tandis que le président déterminait seul la politique nationale et choisissait l’intégralité des ministres et secrétaires d’État en 2007.
La grande loi de programmation militaire voulue sous Emmanuel Macron prévoit un effort financier de 413 milliards d’euros pour la période 2024-2030.
De Gaulle majoritaire → Sarkozy hyperprésidentiel → Macron jupitérien puis vulcanien
★ À maîtriser
Emmanuel Macron est à l’origine de plusieurs techniques de rationalisation du parlementarisme, notamment le vote bloqué de l’article 44 alinéa 3 de la Constitution, la procédure accélérée de l’article 45 alinéa 2 et l’engagement de responsabilité du gouvernement sur le fondement de l’article 49 alinéa 3.
Élisabeth Borne a utilisé 23 fois l’article 49 alinéa 3 lors de l’examen de cinq textes financiers, dont les lois de finances et de financement de la sécurité sociale de 2023 et 2024 ainsi que la loi de financement rectificative relative à la réforme des retraites.
La configuration politique de l’Assemblée nationale issue des élections de 2022 ne donnait pas au gouvernement la majorité absolue, qui nécessitait 289 députés sur 577, et une coalition de 327 députés d’opposition pouvait renverser le gouvernement.
Compléments
Président initiateur, Premier ministre sous contrainte, Parlement renforcé
★ À maîtriser
📌 Lors de la première cohabitation, le président et le Premier ministre exerçaient conjointement le pouvoir dans les affaires étrangères, la défense nationale et la justice, tandis que Jacques Chirac conduisait les politiques économique, sociale et financière.
La cohabitation ouverte en 2024 est atypique car aucune formation politique ni coalition n’a obtenu la majorité absolue ou même une majorité relative à l’Assemblée nationale.
Le gouvernement de Michel Barnier a été renversé le 4 décembre 2024 par une motion de censure défensive adoptée par 332 voix, alors que 289 voix auraient suffi.
Compléments
Mitterrand-Chirac, Mitterrand-Balladur, Chirac-Jospin, Macron-Barnier-Bayrou-Lecornu
📌 La Constitution n’autorise pas le président à révoquer directement le Premier ministre, même si, en période présidentialiste, celui-ci démissionne généralement à la demande du chef de l’État.
📌 Pour dissoudre l’Assemblée nationale, le président doit recueillir les avis simples du Premier ministre et des présidents des deux assemblées, mais ces avis ne le lient pas et la dissolution n’est pas soumise au contreseing ministériel.
La dissolution est neutralisée dans trois circonstances :
La dissolution du 9 juin 2024 a été qualifiée d’insensée et suicidaire car la liste macroniste n’avait obtenu que 14 % des voix aux élections européennes, contre 32 % pour la liste du Rassemblement national.
Nommer sans révoquer, dissoudre sous conditions
★ À maîtriser
📌 Le référendum d’initiative partagée (RIP) est une initiative parlementaire soutenue par des citoyens, et non un référendum d’initiative citoyenne (RIC).
📌 Le RIP nécessite l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soit 185 parlementaires sur 925 sièges effectivement pourvus, soutenue par un dixième des électeurs inscrits, soit plus de 4 900 000 citoyens en 2025.
📌 Le référendum de l’article 11 peut porter sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale et aux services publics concernés, ou sur l’autorisation de ratifier certains traités.
Compléments
Initiative → contrôle constitutionnel → soutiens → décision
★ À maîtriser
📌 L’article 16 ne peut être déclenché que si une menace grave et immédiate pèse sur les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité du territoire ou l’exécution des engagements internationaux, et si le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu.
📌 Pendant l’application de l’article 16, le président prend les mesures exigées par les circonstances et exerce les pouvoirs législatif et exécutif, mais il ne peut ni dissoudre l’Assemblée nationale ni réviser la Constitution.
Compléments
📌 Les décisions présidentielles prises dans le domaine législatif échappent au contrôle du juge administratif, tandis que les décisions réglementaires peuvent faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État. - CE, ass., Rubin de Servens, 2 mars 1962
Menace grave et interruption des pouvoirs → concentration temporaire du pouvoir
★ À maîtriser
En période de présidentialisme, le président domine la composition du gouvernement, tandis qu’en période de cohabitation le Premier ministre joue le rôle déterminant, sous réserve du droit de veto présidentiel dans les secteurs partagés.
Le président préside le Conseil des ministres, en fixe avec Matignon la composition et l’ordre du jour, et conduit véritablement les débats en période présidentialiste, alors que sa présidence devient surtout symbolique en période de cohabitation.
Les décrets délibérés en Conseil des ministres sont signés par le président et contresignés par le Premier ministre et les ministres responsables, tandis que les autres décrets relèvent normalement du Premier ministre.
Le président promulgue la loi dans les quinze jours suivant sa transmission au gouvernement et peut demander au Parlement une nouvelle délibération avant l’expiration de ce délai.
Compléments
📌 Le président peut accorder uniquement des grâces individuelles, qui remettent tout ou partie de la durée de la peine et sont soumises au contreseing ministériel.
Présidentialisme : Élysée moteur ; cohabitation : Matignon décide
La hiérarchie gouvernementale comprend :
Le Conseil des ministres délibère les projets de loi, adopte les ordonnances et les principaux décrets, procède à certaines nominations supérieures et fixe le programme de travail du gouvernement.
Le Conseil des ministres, présidé par le chef de l’État, fixe le programme de travail du gouvernement, autorise le Premier ministre à engager la responsabilité gouvernementale, délibère les projets de loi et adopte les ordonnances et les principaux décrets.
Sous le quinquennat, le Premier ministre est généralement un technicien, un gestionnaire ou une personnalité politique dévouée au président, tandis qu’en période de cohabitation il est généralement une personnalité politique issue de la majorité parlementaire.
Le gouvernement démissionnaire expédie les affaires courantes, y compris les affaires urgentes ou imposées par les circonstances selon l’arrêt Brocas du Conseil d’État du 19 octobre 1962.
La démission constitutionnelle obligatoire résulte du rejet d’une question de confiance ou de l’adoption d’une motion de censure, tandis que la démission constitutionnelle coutumière intervient après une élection présidentielle ou législative sans être imposée par les textes.
L’article 20 de la Constitution charge le gouvernement de déterminer et de conduire la politique de la nation, mais cette compétence est en pratique exercée par le président de la République sauf pendant les périodes de cohabitation.
Lorsqu’une intervention des forces armées à l’étranger dépasse quatre mois, le gouvernement doit soumettre sa prolongation à l’autorisation du Parlement, lequel est compétent pour déclarer la guerre.
Le gouvernement dispose de plusieurs moyens d’action dans la procédure législative, notamment l’initiative des projets de loi, le dépôt d’amendements, la maîtrise de l’ordre du jour pendant deux semaines de séance sur quatre, le vote bloqué et l’engagement de responsabilité sur le fondement de l’article 49, alinéa 3.
Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État, signées par le président de la République, puis maintenues en vigueur si un projet de loi de ratification est déposé dans le délai prévu par la loi d’habilitation.
📌 Une ordonnance ratifiée a valeur législative, tandis qu’une ordonnance non ratifiée conserve une valeur réglementaire pour les matières réglementaires et peut être soumise au contrôle du juge administratif.
📌 En présidentialisme, le Premier ministre met principalement en œuvre les orientations du président et peut servir de bouclier ou de fusible, tandis qu’en cohabitation il détermine et conduit la politique de la nation.
| Critère | État unitaire | État fédéral |
|---|---|---|
| Organisation | Un seul appareil d’État | Deux niveaux d’organisation superposés |
| Normes | Une Constitution et une législation communes | Le droit fédéral s’impose au droit fédéré |
| Autonomie | Déconcentration ou décentralisation interne | Autonomie d’auto-organisation des États fédérés |
| Institutions | Un exécutif, un Parlement et une organisation juridictionnelle | Parlement bicaméral représentant la population et les États fédérés |
| Notion | Entrée dans le droit interne | Effet |
|---|---|---|
| Droit primaire de l’Union européenne | Ratification autorisée par la loi | Engagement international contrôlable par le Conseil constitutionnel |
| Règlement européen | Publication au Journal officiel de l’Union européenne | Applicabilité immédiate et directe |
| Directive européenne | Transposition par les États membres | Résultat obligatoire, moyens laissés aux États |
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1. Concernant les conditions constitutives de l’État :
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Quelles sont les trois conditions cumulatives fondant l'État ?
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Quelle différence principale existe entre État unitaire et État fédéral ?
L'État unitaire a une seule organisation politique et juridique, l'État fédéral en superpose plusieurs.
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