QCM : Régionalisation et formes d’État (63 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une société commerciale et une commune sont en désaccord sur un contrat conclu entre elles. Quelle distinction permet de déterminer le domaine juridique pertinent ?

Le droit public régit les relations entre personnes privées, tandis que le droit privé concerne les personnes publiques.
Le droit privé régit tout contrat, tandis que le droit public concerne les actes sans rapport contractuel.
Le droit privé concerne les personnes publiques, tandis que le droit public régit les relations entre particuliers.
Le droit public concerne notamment les personnes publiques, tandis que le droit privé régit les relations entre personnes privées.

Le droit public concerne notamment les personnes publiques, tandis que le droit privé régit les relations entre personnes privées.

Explication

Le droit privé encadre les relations entre personnes privées, alors que le droit public concerne notamment l’État et les autres personnes publiques. Assimiler tout contrat au droit privé ou inverser les deux domaines revient à négliger la qualité des personnes en relation.

2. Un juge ordinaire envisage d’annuler une décision prise par une administration. Quelle règle issue de la loi des 16 et 24 août 1790, article 13, s’applique à cette situation ?

Il ne peut pas contrôler les décisions des personnes privées.
Il peut annuler cette décision s’il siège comme juge administratif.
Il peut annuler cette décision administrative après contrôle.
Il ne peut pas annuler cette décision administrative.

Il ne peut pas annuler cette décision administrative.

Explication

L’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 interdit aux juges ordinaires d’annuler les décisions de l’administration. Leur reconnaître ce pouvoir inverse la règle, tandis que le rôle des juridictions administratives relève d’une distinction différente.

3. Un particulier conteste une décision administrative, tandis qu’un autre litige oppose deux personnes privées. Quelle répartition des juridictions convient ?

La juridiction administrative traite les deux litiges en raison de la présence d’un particulier.
La juridiction judiciaire traite le premier litige et la juridiction administrative le second.
La juridiction judiciaire traite les deux litiges dès lors qu’une personne saisit un juge.
La juridiction administrative traite le premier litige et la juridiction judiciaire le second.

La juridiction administrative traite le premier litige et la juridiction judiciaire le second.

Explication

La juridiction administrative connaît des litiges de droit public et la juridiction judiciaire des litiges de droit privé. Orienter le premier litige vers le juge judiciaire confond la décision administrative avec une relation privée, et inverser le second méconnaît sa nature privée.

4. Dans un régime où les pouvoirs publics se contrôlent mutuellement tout en collaborant, quelle conception de la séparation des pouvoirs est attribuée à Montesquieu ?

Les fonctions législative, exécutive et judiciaire relèvent d’autorités distinctes qui collaborent et se contrôlent.
Les fonctions législative et exécutive sont séparées, tandis que la fonction judiciaire reste sous leur direction commune.
Les fonctions législative, exécutive et judiciaire relèvent d’une autorité unique qui coordonne leurs décisions.
Les fonctions publiques sont réparties entre l’État et les personnes privées selon leur domaine d’activité.

Les fonctions législative, exécutive et judiciaire relèvent d’autorités distinctes qui collaborent et se contrôlent.

Explication

Pour Montesquieu, les fonctions législative, exécutive et judiciaire doivent être confiées à trois autorités différentes, sans exclure leur collaboration ni leur contrôle réciproque. Une séparation sans collaboration ou la concentration des fonctions s’écarte de cette conception.

5. Quels éléments la Convention de Montevideo de 1933 énumère-t-elle pour caractériser un État ?

Une population permanente, un territoire déterminé, un gouvernement et une identité nationale partagée.
Une population permanente, un territoire déterminé, une constitution écrite et la capacité d’entrer en relation avec d’autres États.
Une population permanente, un gouvernement, une monnaie propre et la capacité d’entrer en relation avec d’autres États.
Une population permanente, un territoire déterminé, un gouvernement et la capacité d’entrer en relation avec d’autres États.

Une population permanente, un territoire déterminé, un gouvernement et la capacité d’entrer en relation avec d’autres États.

Explication

La Convention de Montevideo énumère la population permanente, le territoire déterminé, le gouvernement et la capacité d’entrer en relation avec d’autres États. La constitution écrite, l’identité nationale ou la monnaie ne remplacent pas l’un de ces éléments dans cette énumération.

6. Un État enclavé revendique une zone maritime sous sa souveraineté au large de son territoire. Quelle distinction territoriale s’applique ?

Il étend son territoire terrestre jusqu’à la mer la plus proche.
Il acquiert un espace maritime souverain dès qu’il obtient un accès à la mer.
Il dispose de territoires terrestre et maritime, mais pas de territoire aérien.
Il dispose de territoires terrestre et aérien, mais pas d’espace maritime sous sa souveraineté.

Il dispose de territoires terrestre et aérien, mais pas d’espace maritime sous sa souveraineté.

Explication

La souveraineté de l’État s’exerce sur ses territoires terrestre et aérien, tandis qu’un État enclavé ne dispose pas d’espace maritime sous sa souveraineté. L’absence d’espace maritime ne signifie pas l’absence d’espace aérien, et un accès à la mer ne confère pas en lui-même une souveraineté maritime.

7. Un aéronef étranger prévoit de traverser la colonne d’air au-dessus du territoire terrestre et de la mer territoriale d’un État sans autorisation. Quelle règle s’applique ?

Il peut pénétrer dans cette colonne d’air en vertu du passage inoffensif des navires.
Il peut survoler la mer territoriale, mais pas l’espace aérien au-dessus des terres.
Il ne peut pénétrer dans cette colonne d’air sans l’autorisation de l’État.
Il peut pénétrer dans cette colonne d’air en vertu de la liberté de survol en haute mer.

Il ne peut pénétrer dans cette colonne d’air sans l’autorisation de l’État.

Explication

La colonne d’air au-dessus du territoire terrestre et de la mer territoriale relève de la souveraineté de l’État ; un aéronef étranger ne peut y pénétrer sans autorisation. Le passage inoffensif concerne les navires et la liberté de la haute mer ne s’étend pas à cet espace aérien souverain.

8. Un navire étranger navigue à 10 milles nautiques de la côte d’un État et traverse la mer territoriale sans menacer sa sécurité. Quelle règle décrit sa situation ?

Il se trouve dans la zone contiguë, où la souveraineté de l’État est soumise au passage inoffensif.
Il se trouve dans la mer territoriale, où la souveraineté de l’État est soumise au passage inoffensif.
Il se trouve dans la mer territoriale, où l’État peut écarter le passage inoffensif des navires étrangers.
Il se trouve en haute mer, où le passage inoffensif dépend de l’autorisation de l’État côtier.

Il se trouve dans la mer territoriale, où la souveraineté de l’État est soumise au passage inoffensif.

Explication

La mer territoriale s’étend jusqu’à 12 milles nautiques de la côte et reste soumise à la souveraineté de l’État, sous réserve du passage inoffensif des navires étrangers. À 10 milles, le navire se trouve dans cette zone ; la zone contiguë et la haute mer sont des espaces distincts.

9. Un État compte une population permanente de faible taille, dont les membres parlent plusieurs langues et pratiquent différentes religions. Quelle conclusion le droit international permet-il de tirer de ces caractéristiques ?

Cette diversité linguistique empêche l’existence d’un État.
Cette faible taille empêche l’existence d’un État.
Cette diversité religieuse empêche l’existence d’un État.
Ces caractéristiques n’empêchent pas l’existence d’un État.

Ces caractéristiques n’empêchent pas l’existence d’un État.

Explication

Une population permanente est nécessaire, mais sa taille et ses caractéristiques religieuses, linguistiques ou ethniques sont indifférentes au droit international. La faible taille et les diversités religieuse ou linguistique ne constituent donc pas des obstacles à l’existence de l’État.

10. Dans une région, les habitants partagent un sentiment d’appartenance et la volonté de vivre ensemble, même s’ils ne présentent pas tous les mêmes caractéristiques. Quelle notion ce lien collectif désigne-t-il ?

La nation, fondée sur un lien collectif partagé.
La souveraineté, définie par le pouvoir étatique.
La nation, définie par des traits physiques communs.
La population, définie par la résidence permanente.

La nation, fondée sur un lien collectif partagé.

Explication

La nation renvoie à un lien collectif ou à un sentiment d’appartenance partagé, et ne se confond donc pas avec la population. La résidence permanente décrit la population, les traits observables relèvent d’une théorie objective, et la souveraineté désigne le pouvoir de l’État.

11. Deux approches expliquent l’appartenance nationale : l’une s’appuie sur des caractéristiques communes observables, l’autre sur la volonté de vivre ensemble. Comment les classer ?

Observable : subjective ; volonté commune : objective.
Observable : objective ; volonté commune : objective.
Observable : subjective ; volonté commune : subjective.
Observable : objective ; volonté commune : subjective.

Observable : objective ; volonté commune : subjective.

Explication

Les théories objectives fondent l’appartenance sur des caractéristiques communes observables, tandis que les théories subjectives privilégient une volonté ou une conscience de vivre ensemble. Inverser les étiquettes ou attribuer les deux critères à une seule approche confond cette distinction.

12. Quelle définition de la souveraineté Jean Bodin donne-t-il dans Les Six Livres de la République ?

La volonté collective de vivre ensemble dans une nation.
La puissance absolue et perpétuelle de l’État.
L’obligation des autorités publiques d’appliquer des règles de droit.
La compétence de l’État à déterminer ses compétences.

La puissance absolue et perpétuelle de l’État.

Explication

Jean Bodin définit la souveraineté comme la puissance absolue et perpétuelle de l’État. La compétence de déterminer ses compétences renvoie à la formule associée à Jellinek, tandis que la volonté de vivre ensemble relève de la nation et la soumission aux règles de l’État de droit.

13. Une classification générale distingue l’État unitaire d’une autre grande forme, dont l’État fédéral est un exemple. Quelle est cette autre forme ?

L’État déconcentré.
L’État composé.
L’État centralisé.
L’État régionalisé.

L’État composé.

Explication

Les deux grandes formes d’État sont l’État unitaire et l’État composé, dont l’État fédéral est un exemple. La déconcentration et la centralisation sont des modes d’organisation de l’État unitaire, et la régionalisation demeure une forme d’État unitaire.

14. Dans un département, un agent nommé par l’État applique les décisions du pouvoir central et ne dispose pas d’autonomie de décision. De quelle organisation s’agit-il ?

Du fédéralisme.
De la régionalisation.
De la décentralisation.
De la déconcentration.

De la déconcentration.

Explication

La déconcentration confie l’action locale à des agents nommés et contrôlés par l’État, qui appliquent les décisions centrales sans autonomie de décision. La décentralisation repose sur des personnes juridiques autonomes gérées par des conseils élus, tandis que régionalisation et fédéralisme désignent d’autres répartitions des pouvoirs.

15. Une collectivité dotée de la personnalité juridique confie certaines décisions administratives à un conseil élu. Quel mode d’organisation cela illustre-t-il ?

La décentralisation.
La centralisation.
Le fédéralisme.
La déconcentration.

La décentralisation.

Explication

La décentralisation confie une partie des décisions administratives à des personnes juridiques autonomes, gérées par des conseils élus. La déconcentration fait agir des agents de l’État sans autonomie de décision, et la centralisation ou le fédéralisme ne décrivent pas ce dispositif.

16. Un pays demeure un État unitaire, mais accorde une autonomie locale poussée ; un autre répartit plus largement l’organisation étatique entre plusieurs niveaux de pouvoir. Comment caractériser ces deux pays ?

Le premier est déconcentré et le second centralisé.
Le premier est régionalisé et le second fédéral.
Le premier est décentralisé et le second régionalisé.
Le premier est fédéral et le second régionalisé.

Le premier est régionalisé et le second fédéral.

Explication

Un État régionalisé reste un État unitaire tout en accordant une autonomie locale poussée, alors qu’un État fédéral partage plus largement l’organisation étatique entre ses niveaux de pouvoir. Inverser les catégories confond précisément ces degrés et ces formes de répartition.

17. Une réforme italienne prévoit de transférer intégralement aux régions le commerce extérieur et la gestion de l’environnement. Quelle conclusion découle des limites constitutionnelles décrites ?

Seule la gestion de l’environnement est transférable, tandis que le commerce extérieur demeure national.
Le transfert devient valide dès qu’un accord de coopération loyale est conclu entre l’État et les régions.
Le transfert est bloqué, car les matières entières ne peuvent être transférées et ces domaines sont non transférables.
Le transfert est permis si chaque région accepte de gérer ces domaines en commun avec l’État.

Le transfert est bloqué, car les matières entières ne peuvent être transférées et ces domaines sont non transférables.

Explication

Le législateur italien ne peut transférer des matières entières, et le commerce extérieur ainsi que la gestion totale de l’environnement figurent parmi les matières non transférables. La demande régionale, le transfert partiel mal interprété et l’accord de coopération ne lèvent pas ces limites.

18. Une décision prise par l’État dans l’exercice de ses compétences risque d’avoir des effets locaux dans une région italienne. Que demande le principe de coopération loyale ?

L’État négocie seul avec la région avant de lui transférer la compétence concernée.
La région reprend la compétence nationale dès que la décision produit des effets locaux.
L’État et la région recherchent des accords dans l’exercice de leurs compétences.
La région annule la décision nationale dès qu’elle constate un impact local.

L’État et la région recherchent des accords dans l’exercice de leurs compétences.

Explication

La coopération loyale impose à l’État et aux régions de rechercher des accords lorsqu’une décision relevant de leurs compétences a un impact local. Ce principe ne donne pas un veto automatique, ne fait pas peser le devoir sur l’État seul et n’entraîne pas un transfert de compétence.

19. En Catalogne, après un référendum interdit auquel participe moins de 40 % de la population, le Parlement déclare l’indépendance en 2017. Quelle suite institutionnelle s’ensuit ?

Le Tribunal constitutionnel valide la déclaration et l’État applique temporairement l’article 155.
Le Tribunal constitutionnel annule la déclaration et l’article 155 supprime définitivement l’autonomie.
Le Parlement catalan annule la déclaration et le Tribunal constitutionnel applique l’article 155.
Le Tribunal constitutionnel annule la déclaration et l’État applique temporairement l’article 155.

Le Tribunal constitutionnel annule la déclaration et l’État applique temporairement l’article 155.

Explication

Le Tribunal constitutionnel a annulé la déclaration d’indépendance, puis l’État a utilisé l’article 155 pour placer temporairement la communauté sous tutelle. La déclaration n’a pas été validée, l’article 155 relève de l’État et la tutelle n’était pas une suppression définitive de l’autonomie.

20. Une région française ne vote pas de lois, n’a pas d’autonomie institutionnelle ou financière et ne peut saisir le Conseil constitutionnel. Quelle caractérisation s’impose ?

La France est un État régionalisé à autonomie législative limitée.
La France n’est pas un État régionalisé.
La France est un État fédéral à autonomie financière régionale.
La France est un État régionalisé comparable à l’Espagne.

La France n’est pas un État régionalisé.

Explication

L’absence d’autonomie institutionnelle et financière, de pouvoir législatif régional et de saisine du Conseil constitutionnel conduit à ne pas qualifier la France d’État régionalisé. L’existence de régions ne suffit pas à établir cette forme d’autonomie, contrairement aux compétences législatives évoquées pour les communautés autonomes espagnoles.

21. En Nouvelle-Calédonie, quelle configuration correspond aux articles 76 et 77 de la Constitution ?

Des demandes de dérogation aux lois nationales, sans lois du pays ni citoyenneté propre.
Des compétences transférées, une citoyenneté nationale distincte et des lois du pays contrôlées par le Conseil constitutionnel.
Des compétences transférées, une citoyenneté propre et des lois du pays contrôlées par le Conseil constitutionnel.
Des compétences transférées, une citoyenneté propre et des lois du pays contrôlées par l’Assemblée locale.

Des compétences transférées, une citoyenneté propre et des lois du pays contrôlées par le Conseil constitutionnel.

Explication

Les articles 76 et 77 prévoient des compétences transférées, une citoyenneté propre et la possibilité pour l’assemblée d’adopter des lois du pays contrôlées par le Conseil constitutionnel. Le contrôle n’est pas exercé par l’Assemblée, et le dispositif dépasse de simples demandes de dérogation.

22. Depuis 2002, l’Assemblée de Corse souhaite adapter une loi nationale à une situation insulaire. Quel pouvoir peut-elle exercer ?

Remplacer la loi nationale par une règle corse de souveraineté générale.
Demander à déroger à la loi nationale, sans voter ses propres lois.
Adopter une loi corse et demander au Conseil constitutionnel de l’approuver.
Saisir le Conseil constitutionnel pour faire écarter la loi nationale.

Demander à déroger à la loi nationale, sans voter ses propres lois.

Explication

L’Assemblée de Corse peut demander à déroger aux lois nationales, mais elle ne vote pas ses propres lois et ne peut saisir le Conseil constitutionnel contre l’État. Le pouvoir d’adaptation ne correspond donc ni à un pouvoir législatif autonome ni à un transfert général de souveraineté.

23. Dans un État fédéral où les institutions, les normes, les juridictions et les compétences fonctionnent aux niveaux fédéral et fédéré, quel principe est illustré ?

Le principe de primauté du droit fédéral.
Le principe de participation fédérée.
Le principe d’autonomie locale.
Le principe de superposition.

Le principe de superposition.

Explication

La superposition désigne l’existence parallèle des institutions, normes, juridictions et compétences aux niveaux fédéral et fédéré. La primauté concerne la hiérarchie des normes, tandis que la participation porte sur la contribution des États fédérés aux décisions fédérales.

24. Au début des années 1930, une crise économique pousse le président américain à lancer une politique de relance financée par le gouvernement fédéral et comprenant de grands travaux. Quel effet institutionnel cette politique a-t-elle eu ?

Elle a renforcé l’autonomie des États fédérés.
Elle a réduit le rôle économique du gouvernement fédéral.
Elle a renforcé le gouvernement fédéral.
Elle a transféré le financement des infrastructures aux États fédérés.

Elle a renforcé le gouvernement fédéral.

Explication

Le New Deal a injecté des fonds fédéraux dans l’économie et financé de grandes infrastructures, ce qui a renforcé le gouvernement fédéral. L’autonomie accrue des États fédérés, la réduction du rôle fédéral et le transfert du financement aux États ne correspondent pas à cet effet.

25. Un État américain impose une taxe à une institution créée par le pouvoir fédéral pour exercer ses compétences. Quel principe la Cour suprême a-t-elle appliqué dans l’arrêt McCulloch v. Maryland ?

L’État peut taxer l’institution dès lors qu’elle agit sur son territoire.
L’État ne peut pas taxer cette institution fédérale.
La taxe de l’État prévaut si le Congrès n’a pas adopté de loi fiscale.
Le Congrès ne peut exercer que les pouvoirs expressément énumérés.

L’État ne peut pas taxer cette institution fédérale.

Explication

Dans McCulloch v. Maryland, la Cour reconnaît les pouvoirs implicites du Congrès et juge qu’un État ne peut taxer une institution créée par le pouvoir fédéral dans l’exercice de ses compétences. L’imposition par l’État et la limitation du Congrès aux seuls pouvoirs expressément énumérés contredisent ce principe.

26. En Allemagne, une décision fédérale concerne un domaine de compétence du Bund et suscite des échanges avec les Länder. Quelle description correspond au fédéralisme coopératif allemand ?

Le Bund décide sans coopération avec les Länder, qui ne participent qu’à l’application des décisions.
Le Bund et les Länder coopèrent dans leurs domaines de compétence, sans accord systématique des Länder pour chaque décision fédérale.
Les Länder prennent les décisions fédérales, tandis que le Bund se limite à les coordonner.
Le Bund ne peut décider dans un domaine de compétence fédérale qu’après l’accord de tous les Länder.

Le Bund et les Länder coopèrent dans leurs domaines de compétence, sans accord systématique des Länder pour chaque décision fédérale.

Explication

Le fédéralisme coopératif allemand repose sur la coopération entre le Bund et les Länder dans leurs domaines de compétence, mais n’exige pas systématiquement l’accord des Länder pour toute décision fédérale. L’accord obligatoire de tous les Länder, l’absence de coopération et la substitution des Länder au Bund déforment chacun un aspect distinct du modèle.

27. Dans une association créée par traité international, les États membres conservent leur souveraineté et une importante indépendance. De quel type d’association s’agit-il ?

Un État fédéral.
Une confédération.
Une organisation administrative intérieure.
Une union d’États fédérés au sein d’un seul État.

Une confédération.

Explication

Une confédération est une association souple créée par un acte juridique international, généralement un traité, dont les membres conservent leur souveraineté et une importante indépendance. Un État fédéral réunit des États fédérés au sein d’un seul État, tandis qu’une organisation administrative intérieure ne correspond pas à cette association souveraine.

28. Une association volontaire regroupe principalement d’anciens territoires de l’Empire britannique, sans constituer une confédération au sens strict. De quelle association s’agit-il ?

Le Commonwealth.
Le fédéralisme coopératif allemand.
Une fédération d’États fédérés.
Une confédération d’États souverains.

Le Commonwealth.

Explication

Le Commonwealth est une association volontaire composée principalement d’anciens territoires de l’Empire britannique, mais il n’est pas une confédération au sens strict. Le qualifier de confédération stricte confond association volontaire et confédération, tandis qu’une fédération et le modèle Bund-Länder désignent d’autres formes d’organisation.

29. En 1951, six États décident de mettre en commun la production et la gestion du charbon et de l’acier. Quelle organisation est ainsi créée ?

La Communauté européenne de l’énergie atomique
L’Union européenne
La Communauté européenne du charbon et de l’acier
La Communauté économique européenne

La Communauté européenne du charbon et de l’acier

Explication

Le traité de Paris de 1951 crée la CECA, par laquelle six États mettent en commun le charbon et l’acier. La CEE et Euratom sont issues des traités de Rome, tandis que l’Union européenne est créée par le traité de Maastricht.

30. Un accord européen de 1957 vise à établir un marché commun et à favoriser la libre circulation, tout en créant aussi une communauté consacrée à l’énergie atomique. Quelles entités institue-t-il ?

La CEE et Euratom
Euratom et l’Union européenne
La CECA et l’Union européenne
La CEE et la CECA

La CEE et Euratom

Explication

Les traités de Rome de 1957 créent la CEE, tournée notamment vers le marché commun et la libre circulation, ainsi qu’Euratom. La CECA relève du traité de Paris et l’Union européenne du traité de Maastricht.

31. Un particulier invoque devant une juridiction nationale une disposition communautaire qui peut produire des effets dans son ordre juridique. Quel principe la Cour de justice a-t-elle reconnu dans l’arrêt Van Gend en Loos de 1963 ?

La création de l’Union européenne par les Communautés
L’effet direct de certaines dispositions communautaires
La primauté du droit communautaire sur le droit national
La compétence générale du Parlement européen

L’effet direct de certaines dispositions communautaires

Explication

Dans Van Gend en Loos (1963), la Cour de justice reconnaît l’effet direct de certaines dispositions du droit communautaire. La primauté est associée à Costa contre ENEL, tandis que l’arrêt ne crée ni l’Union européenne ni une compétence générale du Parlement.

32. Une règle nationale entre en conflit, dans un domaine relevant du droit de l’Union, avec une règle communautaire. Quel principe la Cour de justice a-t-elle affirmé dans Costa contre ENEL en 1964 ?

La compétence générale du Parlement européen
La création de la Communauté économique européenne
L’effet direct de certaines dispositions communautaires
La primauté du droit communautaire sur les droits nationaux

La primauté du droit communautaire sur les droits nationaux

Explication

Dans Costa contre ENEL (1964), la Cour de justice affirme la primauté du droit communautaire sur les droits nationaux dans le champ d’application du droit de l’Union. L’effet direct est le principe reconnu dans Van Gend en Loos.

33. Un traité établissant une Constitution pour l’Europe est signé en 2004, mais des référendums négatifs ont lieu en France et aux Pays-Bas en 2005. Quelle conséquence en résulte ?

Le traité entre en vigueur après ratification
Le traité n’entre pas en vigueur
Le traité provoque le retrait du Royaume-Uni
Le traité est remplacé par le traité de Maastricht

Le traité n’entre pas en vigueur

Explication

Le traité constitutionnel signé en 2004 n’est jamais entré en vigueur après les référendums négatifs de 2005 en France et aux Pays-Bas. Sa signature ne suffit donc pas à le rendre applicable.

34. Un juriste décrit l’Union européenne comme une organisation supranationale qui dépasse la simple coopération entre États, tout en précisant qu’elle n’est pas un État fédéral. Quelle qualification respecte cette distinction ?

Une organisation supranationale, sans être un État fédéral
Une simple coopération interétatique sans intégration
Un État fédéral doté d’une souveraineté générale
Une fédération constituée en État européen

Une organisation supranationale, sans être un État fédéral

Explication

L’Union peut être qualifiée d’organisation supranationale ou de « fédération d’États-nations », mais elle ne constitue pas un État fédéral. L’assimiler à un État fédéral efface cette distinction, tandis que la réduire à une simple coopération ignore son caractère supranational.

35. Après le référendum britannique favorable à la sortie de l’Union européenne du 23 juin 2016, à quelle date le retrait effectif du Royaume-Uni a-t-il eu lieu ?

Le 7 octobre 2021
En 2004
Le 23 juin 2016
Le 31 janvier 2020

Le 31 janvier 2020

Explication

Le référendum favorable à la sortie a lieu le 23 juin 2016, mais le retrait effectif intervient le 31 janvier 2020. Le 7 octobre 2021 correspond à la décision polonaise K 3/21.

36. Dans un cas pratique, il faut identifier les règles fondamentales qui organisent les pouvoirs publics et encadrent leur exercice, sans se limiter au texte formel d’une constitution. De quelle notion s’agit-il ?

La primauté du droit de l’Union
La Constitution formelle
La séparation des pouvoirs
La Constitution matérielle

La Constitution matérielle

Explication

La Constitution matérielle désigne l’ensemble des règles fondamentales qui organisent les pouvoirs publics et encadrent leur exercice. La Constitution formelle renvoie à la constitution considérée comme texte, tandis que la primauté concerne les rapports entre droit de l’Union et droits nationaux.

37. Quelle caractéristique définit une Constitution écrite ?

Un document juridique fixant les règles fondamentales des institutions et pouvant protéger les droits fondamentaux
Un document juridique portant principalement sur les décisions ordinaires des autorités publiques
Une pratique institutionnelle qui protège les droits sans fixer de règles d’organisation
Un ensemble de pratiques répétées reconnues comme obligatoires pour organiser les institutions

Un document juridique fixant les règles fondamentales des institutions et pouvant protéger les droits fondamentaux

Explication

La Constitution écrite est un document juridique qui établit les règles fondamentales d’organisation des institutions et peut aussi protéger les droits fondamentaux. La pratique répétée relève de la Constitution coutumière, tandis que les décisions ordinaires ne caractérisent pas la définition donnée.

38. Dans un pays, une pratique institutionnelle répétée au fil du temps est considérée par les acteurs comme obligatoire, sans avoir été rassemblée dans un document constitutionnel unique. De quel type de Constitution s’agit-il ?

D’un ensemble de conventions politiques dépourvues de caractère obligatoire
D’une Constitution écrite réunissant les règles fondamentales dans un document juridique
D’une Constitution coutumière formée progressivement par des pratiques reconnues comme obligatoires
D’une Constitution codifiée dont les règles proviennent d’un texte unique

D’une Constitution coutumière formée progressivement par des pratiques reconnues comme obligatoires

Explication

Une Constitution coutumière se forme progressivement à partir de pratiques répétées que les acteurs reconnaissent comme obligatoires. L’absence de document unique n’implique pas l’absence de règles, et une Constitution écrite ou codifiée repose sur des textes.

39. Une pratique institutionnelle est répétée depuis longtemps, mais les acteurs estiment qu’elle n’est pas juridiquement obligatoire. Quelle conclusion s’impose quant à sa qualification comme coutume juridique ?

Elle constitue une coutume juridique si les acteurs la suivent par habitude
Elle constitue une coutume juridique dès lors que sa répétition est durable
Elle constitue une coutume juridique dès qu’une autorité la mentionne publiquement
Elle ne constitue pas une coutume juridique faute de conviction de son caractère obligatoire

Elle ne constitue pas une coutume juridique faute de conviction de son caractère obligatoire

Explication

La coutume juridique requiert à la fois la répétition durable d’une pratique et la conviction qu’elle est obligatoire. Une répétition ancienne ou une simple habitude ne remplace pas cet élément psychologique.

40. Comment la Constitution du Royaume-Uni est-elle organisée ?

Elle est réunie dans un document unique qui rassemble les lois et les décisions de justice
Elle est constituée de lois écrites et de conventions, sans décisions de justice ni règles coutumières
Elle repose sur des règles coutumières, sans lois écrites ni décisions de justice
Elle repose sur plusieurs sources, notamment des lois écrites, des décisions de justice, des conventions et des règles coutumières

Elle repose sur plusieurs sources, notamment des lois écrites, des décisions de justice, des conventions et des règles coutumières

Explication

La Constitution britannique n’est pas codifiée dans un document unique et repose sur plusieurs sources, dont les lois écrites, les décisions de justice, les conventions constitutionnelles et les règles coutumières. La réduire à un texte unique ou à la seule coutume méconnaît cette pluralité.

41. Dans la distinction de Maurice Hauriou, quelle dimension constitutionnelle concerne les droits et libertés ainsi que les principes structurant la société ?

La Constitution politique
La Constitution sociale
La Constitution institutionnelle
La Constitution normative

La Constitution sociale

Explication

Pour Maurice Hauriou, la Constitution sociale concerne notamment les droits et libertés et les principes qui structurent la société. L’organisation des pouvoirs publics et leurs relations relèvent de la Constitution politique.

42. En comparant l’ordre des dispositions constitutionnelles, que révèle le fait que les premiers titres de la Constitution française de 1958 présentent le président et le gouvernement avant le Parlement, contrairement à l’organisation des articles Ier à III de la Constitution américaine de 1787 ?

Il traduit le renforcement de l’exécutif voulu par les rédacteurs français
Il traduit la répartition fédérale des compétences entre les pouvoirs français
Il traduit l’absence de distinction entre pouvoirs exécutif et judiciaire
Il traduit la primauté du pouvoir législatif dans l’organisation française

Il traduit le renforcement de l’exécutif voulu par les rédacteurs français

Explication

Dans la Constitution française de 1958, la place précoce du président et du gouvernement traduit le renforcement de l’exécutif voulu par ses rédacteurs. L’ordre américain présenté dans la comparaison commence, lui, par le pouvoir législatif.

43. Une Constitution accorde une autonomie importante à certaines régions, tout en maintenant l’État sans organisation fédérale. Quelle forme d’État décrit cette situation ?

Un État régionalisé
Une confédération d’États
Un État fédéral
Un État unitaire décentralisé

Un État régionalisé

Explication

Un État régionalisé accorde une autonomie importante à certaines régions sans adopter nécessairement une organisation fédérale. Un État fédéral répartit le pouvoir avec des États fédérés dotés de compétences propres, tandis que l’État unitaire conserve une centralisation politique malgré d’éventuelles décentralisations.

44. Quel effet a eu la décision « Liberté d’association » rendue par le Conseil constitutionnel le 16 juillet 1971 ?

Elle a révisé la Constitution pour établir la séparation des pouvoirs comme droit fondamental
Elle a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 et renforcé la protection des droits et libertés auxquels il renvoie
Elle a inscrit le droit d’association dans le texte de la Constitution de 1958 et supprimé le contrôle des lois
Elle a reconnu la valeur constitutionnelle des décisions de justice et remplacé le Préambule de 1958

Elle a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 et renforcé la protection des droits et libertés auxquels il renvoie

Explication

La décision du 16 juillet 1971 reconnaît la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958, renforçant ainsi la protection des droits et libertés auxquels il renvoie. Elle n’a ni remplacé le Préambule ni révisé la Constitution pour y inscrire un nouveau droit.

45. Deux articles figurent dans une même Constitution : l’un fixe un délai précis, tandis que l’autre laisse une marge d’appréciation aux autorités. Quelle conclusion s’applique à leur valeur constitutionnelle ?

L’article laissant une marge d’appréciation n’a pas de valeur constitutionnelle.
L’article le plus précis a une valeur constitutionnelle supérieure à celle de l’autre.
L’article le plus contraignant prévaut dans la hiérarchie constitutionnelle générale.
Ils ont en principe la même valeur constitutionnelle, malgré des degrés de précision et de contrainte différents.

Ils ont en principe la même valeur constitutionnelle, malgré des degrés de précision et de contrainte différents.

Explication

Les dispositions d’un même texte constitutionnel ont en principe toutes une valeur constitutionnelle, même si leur précision et leur degré de contrainte diffèrent. La précision ne crée pas une valeur supérieure, le degré de contrainte n’établit pas une hiérarchie générale et la marge d’appréciation ne retire pas sa valeur constitutionnelle à une disposition.

46. Après avoir consulté le Premier ministre et les présidents des assemblées, le président de la République envisage de ne pas dissoudre l’Assemblée nationale. Quelle qualification correspond à la règle constitutionnelle applicable ?

La dissolution est une faculté que le président peut exercer sans y être obligé.
La dissolution est une option entre deux procédures constitutionnelles équivalentes.
La dissolution est une obligation dès que les consultations ont eu lieu.
La dissolution est une règle assortie d’un délai à respecter par le président.

La dissolution est une faculté que le président peut exercer sans y être obligé.

Explication

L’article 12 accorde au président une faculté de dissolution après les consultations prévues, sans lui imposer de l’exercer. La qualifier d’obligation confond faculté et devoir, l’option entre procédures renvoie à une autre catégorie de règle, et le délai obligatoire ne caractérise pas cette disposition.

47. Un État modifie une disposition de sa Constitution en suivant la procédure de révision prévue par celle-ci. Quel pouvoir constituant exerce-t-il ?

Le pouvoir constituant originaire, puisqu’une révision remplace nécessairement toute la Constitution.
Le pouvoir constituant dérivé, puisqu’il établit une Constitution nouvelle sans procédure préalable.
Le pouvoir constituant dérivé, puisqu’il modifie une Constitution existante selon sa procédure.
Le pouvoir constituant originaire, puisqu’il intervient sur une norme constitutionnelle.

Le pouvoir constituant dérivé, puisqu’il modifie une Constitution existante selon sa procédure.

Explication

Le pouvoir constituant dérivé modifie une Constitution existante en respectant la procédure qu’elle prévoit. L’établissement d’une Constitution nouvelle relève du pouvoir originaire ; une révision ne signifie pas nécessairement un remplacement intégral, et le pouvoir dérivé ne crée pas une nouvelle Constitution.

48. À la suite d’une révolution, les autorités d’un pays décident de rédiger un texte constitutionnel entièrement nouveau. Quelle circonstance peut expliquer cette rédaction ?

Un changement politique majeur, tel qu’une révolution, peut conduire à une nouvelle Constitution.
Une modification ordinaire d’un article entraîne nécessairement le remplacement complet de la Constitution.
La création d’un nouvel État est la seule circonstance pouvant conduire à une nouvelle Constitution.
Une nouvelle Constitution peut découler uniquement d’un vote populaire direct.

Un changement politique majeur, tel qu’une révolution, peut conduire à une nouvelle Constitution.

Explication

Un changement politique majeur, notamment une révolution, peut conduire à la rédaction d’une nouvelle Constitution, tout comme la création d’un nouvel État. La création étatique n’est donc pas l’unique circonstance, une révision ordinaire n’équivaut pas nécessairement à un remplacement, et l’intervention directe du peuple n’est pas la seule voie possible.

49. Des dirigeants accordent une Constitution sans véritable participation populaire à son élaboration. Comment qualifie-t-on cette Constitution ?

Une Constitution adoptée par le peuple dans l’exercice direct du pouvoir constituant.
Une Constitution issue d’une négociation constituante avec le peuple.
Une Constitution élaborée par une assemblée constituante élue.
Une Constitution octroyée.

Une Constitution octroyée.

Explication

Une Constitution est dite octroyée lorsqu’elle est accordée par les dirigeants sans véritable participation populaire à son élaboration. L’assemblée élue, l’exercice direct du pouvoir constituant par le peuple et la négociation populaire décrivent des modalités différentes.

50. Dans un pays, les électeurs élisent une assemblée spécialement chargée de rédiger et d’adopter une Constitution nouvelle. Une fois cette mission achevée, l’assemblée est dissoute. Quelle procédure est suivie ?

La procédure d’une assemblée législative ordinaire chargée de réviser le texte.
La procédure d’un organe constituant permanent après l’adoption du texte.
La procédure de l’assemblée constituante.
La procédure du référendum constituant sans assemblée spécialisée.

La procédure de l’assemblée constituante.

Explication

Dans la procédure de l’assemblée constituante, les électeurs élisent un organe spécialement chargé de rédiger et d’adopter la nouvelle Constitution, puis cet organe est dissous à l’achèvement de sa mission. Une assemblée législative ordinaire n’est pas l’organe spécialisé décrit, le référendum ne correspond pas à l’élection de cette assemblée et celle-ci n’est pas permanente.

51. Un pays modifie sa Constitution par la même procédure que celle utilisée pour adopter une loi ordinaire. Quel type de Constitution cette situation caractérise-t-elle ?

Une Constitution coutumière
Une Constitution souple
Une Constitution rigide
Une Constitution provisoire

Une Constitution souple

Explication

Une Constitution souple peut être modifiée selon la procédure législative ordinaire. Une Constitution rigide exige une procédure distincte, tandis que « provisoire » concerne la durée et « coutumière » la forme de la Constitution.

52. Une assemblée élue pour exercer le pouvoir législatif reçoit aussi la tâche d’élaborer une nouvelle Constitution. Quel rôle exerce-t-elle alors ?

Une fonction constituante
Une fonction de contrôle juridictionnel
Une fonction constituante réservée à une assemblée spécialement élue
Une fonction de consultation électorale

Une fonction constituante

Explication

Une assemblée parlementaire ordinaire peut élaborer ou adopter une Constitution et exerce alors une fonction constituante, même si elle n’a pas été élue à cette fin. La fonction législative ordinaire ne suffit pas à décrire cette tâche, et un référendum relève d’une autre procédure.

53. Lorsqu’un projet de Constitution est soumis directement aux électeurs par procédure référendaire, comment ceux-ci se prononcent-ils généralement ?

En classant plusieurs projets constitutionnels
En votant une série d’amendements article par article
En élisant des représentants chargés du projet
Par oui ou par non

Par oui ou par non

Explication

Le référendum constitutionnel soumet directement un projet au vote des électeurs, qui répondent généralement par oui ou par non. L’élection de représentants et la délibération parlementaire sont des mécanismes différents.

54. Un référendum constitutionnel se tient avec une faible participation, un débat public restreint et un accès inégal à l’information. Que faut-il examiner pour évaluer son caractère démocratique ?

La procédure législative ordinaire employée après le vote
Le seul décompte des suffrages exprimés
Le fait que le projet soit adopté plutôt que rejeté
La participation, la liberté du débat et l’accès à l’information

La participation, la liberté du débat et l’accès à l’information

Explication

Le caractère démocratique d’un référendum dépend aussi de la participation électorale, de la liberté du débat public et de l’accès à l’information. Se limiter au décompte des voix ou au résultat du vote néglige ces conditions.

55. Dans un État, un projet de révision est lancé, examiné et soumis au vote, puis entériné définitivement. Quelles sont les trois étapes de la procédure dans leur ordre général ?

Discussion et vote, initiative, adoption définitive
Initiative, adoption définitive, discussion et vote
Adoption définitive, discussion et vote, nouvelle initiative
Initiative, discussion et vote, adoption définitive

Initiative, discussion et vote, adoption définitive

Explication

La procédure comprend l’initiative, la discussion et le vote, puis l’adoption définitive. Commencer par la discussion inverse l’ordre, et l’adoption définitive constitue la dernière étape.

56. En Belgique, une révision est proposée par les autorités prévues, le Parlement est dissous, puis le nouveau Parlement doit voter le texte. Quelle majorité est requise pour ce vote ?

La majorité des trois cinquièmes
L’unanimité des membres du Parlement
La majorité simple des suffrages
La majorité des deux tiers

La majorité des deux tiers

Explication

Dans la procédure décrite, le nouveau Parlement belge vote la révision à la majorité des deux tiers. La majorité simple et celle des trois cinquièmes ne correspondent pas à cette règle, et l’unanimité n’est pas exigée.

57. Une Constitution suspend toute possibilité de révision pendant une période de crise politique, sans soustraire durablement aucune disposition à la modification. De quel type de limite s’agit-il ?

De la supra-constitutionnalité
D’une limitation temporelle
D’une procédure de révision renforcée
D’une limitation matérielle

D’une limitation temporelle

Explication

La limitation temporelle suspend la révision pendant une période déterminée, par exemple lors de circonstances troublées. La limitation matérielle protège des dispositions intangibles, la procédure renforcée encadre les modalités de révision, et la supra-constitutionnalité place certains principes au-dessus de la Constitution.

58. Une disposition constitutionnelle protège un principe fondamental et le texte interdit expressément de la modifier, sans fixer de période d’attente. Quelle limite est appliquée ?

Une limitation temporelle
Une limitation matérielle
La supra-constitutionnalité
Une garantie procédurale renforcée

Une limitation matérielle

Explication

La limitation matérielle rend certaines dispositions constitutionnelles intangibles afin de protéger des principes fondamentaux. La limitation temporelle suspend la révision pendant une période, une garantie procédurale encadre son déroulement, et la supra-constitutionnalité concerne des principes situés au-dessus de la Constitution.

59. Des juristes soutiennent que certains principes fondamentaux restent intangibles même si la Constitution ne prévoit explicitement aucune protection à leur égard. Quelle notion décrit cette hypothèse ?

La limitation temporelle
La supra-constitutionnalité
La limitation matérielle
L’égale représentation au Sénat

La supra-constitutionnalité

Explication

La supra-constitutionnalité désigne l’hypothèse de principes fondamentaux placés au-dessus de la Constitution et intangibles même sans protection explicite dans son texte. La limitation matérielle est, elle, une protection prévue par la Constitution, tandis que la limitation temporelle suspend la révision durant une période.

60. Où la Constitution de la Ve République prévoit-elle sa procédure de révision constitutionnelle ?

Dans le titre XV, composé de l’article 89
Dans une loi organique extérieure à la Constitution
Dans le titre XVI, composé de l’article 88
Dans le titre XVI, composé de l’article 89

Dans le titre XVI, composé de l’article 89

Explication

La Constitution de la Ve République est rigide et son titre XVI, composé de l’article 89, prévoit la procédure de révision. L’article pertinent n’est pas l’article 88, et la procédure figure dans la Constitution, non dans une loi organique extérieure.

61. Pour une révision relevant de l’article 89, les deux assemblées adoptent un texte en termes différents. Quelle conséquence découle de cette étape de la procédure ?

L’initiative doit être reprise par le Premier ministre
Le président peut arrêter seul le texte adopté par une assemblée
Le texte peut être soumis au référendum malgré les différences
La procédure est bloquée faute de texte voté en termes identiques

La procédure est bloquée faute de texte voté en termes identiques

Explication

L’article 89 exige que les deux assemblées votent le texte en termes identiques avant l’adoption définitive; en cas de désaccord, la procédure est bloquée. Le référendum intervient après cette étape, et l’initiative ne remplace pas l’accord parlementaire requis.

62. Un État rassemble des groupes dont les religions, les langues et les écritures diffèrent. Quel précédent historique illustre le risque de conflit associé à une telle diversité au sein d’un même État ?

La Yougoslavie, dont le conflit sanglant commence en 1918
La Yougoslavie, dont le conflit sanglant commence en 1991
Le Canada, dont les provinces déclenchent un conflit en 1991
La Yougoslavie, créée en 1991 après un conflit sanglant

La Yougoslavie, dont le conflit sanglant commence en 1991

Explication

La Yougoslavie, créée en 1918 en réunissant des groupes aux religions, langues et écritures différentes, connaît un conflit sanglant à partir de 1991. Le Canada fédéral est un autre exemple, tandis que 1918 est l’année de création et 1991 celle du début du conflit.

63. Une réforme régionale italienne est contestée devant la Cour constitutionnelle en 2024. Quel résultat caractérise la décision concernant la réforme Calderoli ?

Une annulation complète de la réforme et sept points d’inconstitutionnalité
Un blocage partiel de la réforme et l’annulation du statut catalan
Un blocage partiel de la réforme et sept points d’inconstitutionnalité
Un blocage partiel de la réforme et un rejet référendaire à 61 %

Un blocage partiel de la réforme et sept points d’inconstitutionnalité

Explication

En 2024, la Cour constitutionnelle italienne bloque partiellement la réforme Calderoli et relève sept points d’inconstitutionnalité. L’annulation complète exagère la portée de la décision, le statut catalan relève de l’Espagne et le taux de 61 % concerne un référendum antérieur.

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