QCM : Genèse du droit administratif (15 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une collectivité publique conclut un contrat avec une entreprise privée. Quelle branche du droit régit notamment cette relation entre personnes publiques et personnes privées ?

Le droit administratif
Le droit constitutionnel
Le droit civil
Le droit pénal

Le droit administratif

Explication

Le droit administratif régit les relations entre personnes publiques ainsi qu’entre personnes publiques et personnes privées. Le droit constitutionnel concerne l’organisation des pouvoirs publics, le droit pénal les infractions et le droit civil les relations privées.

2. Après la Révolution, un citoyen conteste une décision administrative devant un juge judiciaire, qui pourrait en bloquer l’exécution. Quelle crainte des révolutionnaires cette situation illustre-t-elle ?

Que le juge judiciaire bloque l’action de l’administration
Que le droit civil régisse les relations entre personnes publiques
Que le juge judiciaire renforce le contrôle de l’administration
Que les parlements s’opposent aux décisions du roi

Que le juge judiciaire bloque l’action de l’administration

Explication

Les révolutionnaires voulaient empêcher le juge judiciaire de contrôler l’administration afin qu’il ne fasse pas obstacle à son action. L’opposition des parlements au roi concerne la période antérieure à la Révolution, tandis que le renforcement du contrôle judiciaire inverse cette crainte.

3. Un étudiant veut faire annuler par un tribunal judiciaire une décision administrative prise par une université publique. Quelle conséquence découle de l’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Le tribunal judiciaire ne peut pas annuler cette décision administrative
Le tribunal judiciaire peut annuler la décision si elle est contestée
Le tribunal judiciaire peut annuler cette décision administrative
Le tribunal judiciaire peut se substituer à l’administration pour décider

Le tribunal judiciaire ne peut pas annuler cette décision administrative

Explication

L’article 13 sépare les autorités administratives et judiciaires et interdit au juge judiciaire d’annuler les décisions administratives ou de s’immiscer dans les fonctions administratives. Le pouvoir d’annulation attribué au tribunal judiciaire contredit cette séparation, et l’obligation de motivation ne correspond pas à la règle énoncée.

4. Quel texte renouvelle en 1795 l’interdiction faite aux tribunaux judiciaires de connaître des actes d’administration ?

Le décret du 16 fructidor an III
Un édit royal antérieur à la Révolution
La loi du 16 août 1790
La loi des 16 et 24 août 1790

Le décret du 16 fructidor an III

Explication

Le décret du 16 fructidor an III, adopté en 1795, renouvelle l’interdiction faite aux tribunaux judiciaires de connaître des actes d’administration. La loi des 16 et 24 août 1790 établit le principe initial de séparation, mais ne constitue pas le renouvellement de 1795.

5. Quelle institution Napoléon Bonaparte crée-t-il en 1799 pour conseiller le gouvernement et participer au règlement des litiges administratifs ?

Le Conseil constitutionnel
Le Tribunal des conflits
La Cour de cassation
Le Conseil d’État

Le Conseil d’État

Explication

Créé en 1799, le Conseil d’État conseille le gouvernement et participe au règlement des litiges administratifs. Le Tribunal des conflits répartit les compétences entre ordres de juridiction, le Conseil constitutionnel intervient dans le contrôle constitutionnel et la Cour de cassation appartient à l’ordre judiciaire.

6. Dans un système où le chef de l’État conserve le dernier mot sur les décisions du Conseil d’État, de quel type de justice s’agit-il ?

Du règlement des conflits de compétence
De la justice déléguée
De la justice retenue
De la théorie du ministre-juge

De la justice retenue

Explication

La justice retenue laisse au chef de l’État le dernier mot sur les décisions du Conseil d’État. La justice déléguée permet au Conseil d’État de décider lui-même, le Tribunal des conflits répartit les compétences et le ministre-juge concerne l’examen préalable d’une contestation par un ministre.

7. En 1872, un justiciable conteste la décision d’une administration et les deux ordres de juridiction se disputent la compétence pour juger l’affaire. Quelle institution peut désigner l’ordre compétent ?

Le Tribunal des conflits
Le Conseil d’État statuant sur le fond
Le chef de l’État approuvant le jugement
Le Conseil constitutionnel

Le Tribunal des conflits

Explication

La loi du 24 mai 1872 rétablit le Tribunal des conflits pour déterminer l’ordre de juridiction compétent. Le Conseil d’État peut juger un litige administratif, mais le conflit entre ordres relève du Tribunal des conflits; le chef de l’État renvoie à la justice retenue et le Conseil constitutionnel n’a pas cette fonction.

8. Après qu’un ministre a rendu une décision administrative, une personne souhaite contester cette décision directement devant le Conseil d’État, sans saisir d’abord le ministre. Quel repère jurisprudentiel permet cette démarche, sous réserve des exceptions prévues par les textes ?

L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889
La loi du 24 mai 1872
Le rétablissement du Tribunal des conflits
La création du Conseil d’État en 1799

L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889

Explication

L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 met fin à la théorie du ministre-juge et permet de saisir directement le Conseil d’État, sous réserve des exceptions prévues par les textes. La création de 1799 institue le Conseil d’État, tandis que la loi de 1872 porte notamment sur la justice déléguée et le Tribunal des conflits.

9. Que désigne la jurisprudence dans le fonctionnement du droit administratif ?

L’ensemble des textes législatifs et réglementaires
Le recueil commenté des arrêts administratifs majeurs
La désignation de l’ordre compétent pour juger un litige
L’ensemble des décisions rendues par les juridictions

L’ensemble des décisions rendues par les juridictions

Explication

La jurisprudence est l’ensemble des décisions rendues par les juridictions, dont certaines dégagent des principes réutilisables dans d’autres affaires. Les textes législatifs et réglementaires sont d’autres sources, le recueil commenté désigne le GAJA et la répartition des compétences relève du Tribunal des conflits.

10. Un étudiant décrit l’évolution du droit administratif français : quelle séquence rend compte de la place de la jurisprudence dans sa construction ?

Une construction issue d’abord du GAJA, ensuite complétée par les décisions
Une construction d’abord codifiée, ensuite commentée par les juridictions
Une construction d’abord législative, ensuite remplacée par la jurisprudence
Une construction largement jurisprudentielle, ensuite complétée par des textes

Une construction largement jurisprudentielle, ensuite complétée par des textes

Explication

Le droit administratif s’est largement construit par la jurisprudence avant d’être progressivement complété par les textes législatifs et réglementaires. L’option législative inverse cette évolution, le code général ne caractérise pas sa construction initiale et le GAJA rassemble et commente des décisions sans se substituer à elles.

11. À la suite d’un dommage causé dans le cadre d’un service public, quelle approche le Tribunal des conflits retient-il pour déterminer les règles applicables à la responsabilité de l’État ?

L’absence de règles de responsabilité pour l’État
Des règles particulières adaptées aux besoins du service public
Le Code civil comme régime complet de responsabilité
Les règles ordinaires applicables aux particuliers

Des règles particulières adaptées aux besoins du service public

Explication

La responsabilité de l’État ne se règle pas uniquement par le Code civil : elle obéit à des règles particulières adaptées aux besoins du service public. Le « régime complet du Code civil » confond responsabilité administrative et responsabilité civile, tandis que l’absence de règles ou l’application ordinaire du droit des particuliers méconnaît cette spécificité.

12. Quelle chronologie montre que le droit administratif existait déjà avant l’arrêt Blanco ?

Le Conseil d’État est créé en 1790, puis la séparation des autorités est posée en 1799
Blanco crée le droit administratif en 1873, après la création du Conseil d’État
Le Tribunal des conflits est créé en 1790, puis le Conseil d’État en 1799
La séparation des autorités est posée en 1790 et le Conseil d’État est créé en 1799

La séparation des autorités est posée en 1790 et le Conseil d’État est créé en 1799

Explication

La séparation des autorités date de 1790 et le Conseil d’État est créé en 1799, tous deux avant l’arrêt Blanco de 1873. Faire de Blanco l’origine du droit administratif confond son rôle historique avec son rôle symbolique, tandis que les autres réponses confondent les institutions ou inversent les dates.

13. À quelle date le Tribunal des conflits rend-il l’arrêt Blanco ?

Le 8 février 1873
Le 8 février 1973
En 1799, lors de la création du Conseil d’État
En 1790, lors de la séparation des autorités

Le 8 février 1873

Explication

Le Tribunal des conflits rend l’arrêt Blanco le 8 février 1873. La date de 1790 renvoie à la séparation des autorités, celle de 1799 à la création du Conseil d’État, et 1973 décale l’arrêt d’un siècle.

14. Une association privée gère une activité d’intérêt général qui lui a été confiée sous certaines conditions. Selon la définition du service public, comment cette activité peut-elle être qualifiée ?

Comme une activité étrangère au service public en raison du gestionnaire
Comme un service public confié à une personne privée
Comme un service public assuré directement par une personne publique
Comme une activité privée dépourvue de lien avec l’intérêt général

Comme un service public confié à une personne privée

Explication

Un service public peut être une activité d’intérêt général confiée à une personne privée sous certaines conditions. Exclure cette qualification en raison du gestionnaire méconnaît cette possibilité, tandis que les autres réponses écartent soit l’intérêt général, soit la gestion privée admise par la définition.

15. Au XXe siècle, quel rôle l’arrêt Blanco joue-t-il dans la présentation du droit administratif ?

Il sert surtout à définir les activités exercées par les personnes privées
Il marque la création historique du droit administratif, qui n’existait pas avant 1873
Il devient un symbole de l’autonomie du droit administratif, avec le service public au centre de sa présentation
Il remplace la séparation des autorités comme fondement historique du droit administratif

Il devient un symbole de l’autonomie du droit administratif, avec le service public au centre de sa présentation

Explication

Au XXe siècle, Blanco est mis en avant comme symbole de l’autonomie du droit administratif, et le service public prend une place centrale dans la présentation de cette matière. Présenter l’arrêt comme une création historique confond symbole et origine réelle, tandis que les autres réponses déplacent son rôle vers des notions différentes.

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Quelles relations le droit administratif régit-il ?

Les relations entre personnes publiques, ainsi qu’entre personnes publiques et personnes privées.

Pourquoi les révolutionnaires voulaient-ils empêcher le juge judiciaire de contrôler l’administration ?

Pour éviter qu’il ne bloque l’action de l’administration.

Qu’interdit l’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 au juge judiciaire ?

Il lui interdit d’annuler les décisions administratives ou de s’immiscer dans les fonctions administratives.

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