Fiche de révision : Règle de droit et droits subjectifs

Plan du Cours

  1. Fonction et définition du droit
  2. Branches et divisions du droit
  3. Évolution historique du droit français
  4. Organisation juridictionnelle française
  5. Critères de la règle de droit
  6. Règle de droit et normes sociales
  7. Caractères et contrainte juridique
  8. Fondements du droit
  9. Titularité et sources des droits subjectifs
  10. Classifications et évolutions contemporaines
  11. Droits fondamentaux et protection juridique
  12. Construction et sources du droit
  13. Hiérarchie des normes et Constitution
  14. Traités internationaux et droit européen
  15. Lois, règlements et jurisprudence
  16. Réalité du phénomène jurisprudentiel
  17. Formation et caractères de la coutume
  18. Raisonnement juridique

Repères chronologiques

  1. 1789La Révolution française proclame dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen l’égalité en droit, le respect de la propriété privée et le droit à la sûreté.
  2. 16-24 août 1790La loi a posé le principe de séparation entre les ordres administratif et judiciaire en interdisant aux juges judiciaires de troubler les opérations du corps administratif.
  3. 21 mars 1804Le Code civil, également daté du 30 ventôse an XII, unifie le droit civil français.
  4. 1848L’esclavage a été aboli en France, confirmant la reconnaissance de toutes les personnes physiques comme sujets de droit.
  5. 9 décembre 1905La loi sépare les Églises et l’État, impose la neutralité religieuse de l’État et garantit la liberté de culte.
  6. 31 mai 1949Un arrêt a réhabilité Les Fleurs du Mal de Baudelaire, auparavant censuré en raison d’allusions jugées contraires aux bonnes mœurs.
  7. 28 janvier 1954Un arrêt de la deuxième chambre civile a consacré la théorie de la réalité de la personne morale.
  8. 15 mars 2004La loi interdit le port de signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées.
  9. 11 octobre 2010La loi interdit et sanctionne pénalement la dissimulation du visage dans l’espace public.
  10. 2016La référence aux bonnes mœurs a été supprimée pour apprécier la validité d’un contrat et remplacée par l’exigence d’un contenu licite.

1. Fonction et définition du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit objectif : Ensemble des règles de droit applicables à un moment donné dans un État donné.
  • Droits subjectifs : Ensemble des prérogatives individuelles dont chaque personne peut se prévaloir dans ses rapports avec autrui.

Points essentiels

  • Le cours poursuit plusieurs objectifs : présenter les grandes notions et mécanismes juridiques, fournir des connaissances juridiques élémentaires, construire une culture juridique générale, transmettre la méthodologie du juriste

Astuce mémo

Droit objectif = règles communes ; droits subjectifs = prérogatives individuelles

2. Branches et divisions du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit civil : Droit commun applicable à tous, qui régit notamment le statut des personnes, les relations entre personnes privées et les pouvoirs exercés sur les biens.
  • Droit pénal : Ensemble des règles qui organisent la réaction de l’État envers les infractions et les délinquants en définissant les infractions et les peines correspondantes.

Points essentiels

📌 Le droit privé régit les rapports entre particuliers et protège les intérêts individuels, tandis que le droit public organise l’État et les collectivités publiques et régit leurs rapports avec les individus.

📌 Les règles substantielles fixent les règles de fond et de conduite, tandis que les règles de procédure organisent le service public de la justice, les compétences et le déroulement du procès.

  • La distinction entre droit privé et droit public, appelée summa divisio, permet d’ordonner les connaissances juridiques et les compétences juridictionnelles, mais elle est discutée parce que certaines matières, comme le droit pénal, relèvent des deux branches.

Astuce mémo

Droit privé = particuliers ; droit public = État et collectivités

3. Évolution historique du droit français

Points essentiels

  • Les principaux codes napoléoniens sont :

    • Code civil du 21 mars 1804
    • Code de procédure civile de 1806
    • Code de commerce de 1807
    • Code d’instruction criminelle de 1808
    • Code pénal de 1810
  • Le Code civil est structuré autour des personnes, des biens et de la propriété, des moyens d’acquérir la propriété et des sûretés.

Astuce mémo

Antiquité → Moyen Âge → Ancien droit → Révolution → codification napoléonienne

4. Organisation juridictionnelle française

Notions clés & Définitions

  • Juridiction : Organe étatique chargé de dire le droit et de trancher un litige en appliquant les règles de droit qui lui sont applicables.

Points essentiels

  • Le dualisme juridictionnel distingue l’ordre administratif, placé au sommet sous l’autorité du Conseil d’État, et l’ordre judiciaire, placé au sommet sous l’autorité de la Cour de cassation.
  • La Cour de cassation est juge du droit et ne constitue pas un troisième degré de juridiction, car elle ne rejugе pas les faits mais vérifie la correcte application des règles de droit par les juges du fond.

  • L’appel produit un effet dévolutif, car la cour d’appel rejugе l’intégralité de l’affaire en fait et en droit, et un effet suspensif, car l’exécution de la décision de première instance est suspendue pendant la procédure d’appel.

Astuce mémo

Premier degré → appel → cassation

5. Critères de la règle de droit

★ À maîtriser

📌 Certaines règles juridiques ont un contenu identique ou proche de règles morales ou religieuses, notamment l’interdiction du meurtre et du vol, le respect de la parole donnée et certaines obligations familiales.

Compléments

  • En droit des contrats, le principe pacta sunt servanda impose le respect de la parole donnée et constitue un fondement du droit des contrats.

  • Le droit civil reprend certaines obligations morales, notamment l’obligation pour l’enfant d’honorer et de respecter ses père et mère prévue par l’article 371 du Code civil et les obligations alimentaires entre parents et enfants.

  • Selon le doyen Ripert, « le droit est vivifié par sa sève morale », ce qui souligne l’influence de la morale sur le contenu des règles juridiques.

Astuce mémo

Règle juridique, morale et religieuse peuvent coïncider sans se confondre

6. Règle de droit et normes sociales

★ À maîtriser

📌 La règle de droit peut avoir un contenu identique ou proche de règles morales ou religieuses, notamment l’interdiction du meurtre et du vol, le respect de la parole donnée dans les contrats, certaines règles familiales et l’obligation alimentaire.

📌 La morale et la religion visent principalement la paix intérieure et s’adressent à la conscience de l’individu, tandis que la règle de droit vise la paix sociale dans les rapports avec autrui.

  • L’article 1er de la Constitution qualifie la France de République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Compléments

  • Les données morales et religieuses peuvent constituer des sources réelles du droit en influençant le contenu des règles juridiques, ce que Carbonnier qualifie de phénomène d’inter-normativité. - Carbonier

Astuce mémo

Paix intérieure pour la morale, paix sociale pour le droit

7. Caractères et contrainte juridique

Notions clés & Définitions

  • Contrainte étatique : Possibilité de sanctionner la violation d’une règle de droit par le recours à la force publique.
  • Droit souple : Normes qui ne sont pas directement contraignantes mais qui produisent certains effets juridiques et exercent une force normative.

★ À maîtriser

  • Les quatre caractères traditionnels de la règle de droit sont :
    • générale
    • abstraite
    • impersonnelle
    • permanente

📌 La règle juridique est une prescription impérative, tandis que la norme juridique possède un contenu plus large et peut constituer un modèle susceptible de degrés. - Doyen Carbonnier

📌 Une règle supplétive peut être écartée par une volonté contraire, tandis qu’une règle impérative s’impose aux parties et protège notamment l’ordre public.

Compléments

  • Les sanctions juridiques peuvent être pénales, civiles ou administratives.

  • Le droit souple peut prendre la forme :

    • d’avis
    • de recommandations
    • de chartes éthiques
    • de codes de bonne conduite
  • La peine de mort a été abolie en France en 1981, la contrainte par corps a été supprimée en 1867 et la mort civile a disparu en 1854.

Astuce mémo

Violation de la règle → sanction étatique

8. Fondements du droit

Notions clés & Définitions

  • Positivisme juridique : Considère qu’il n’existe pas de droit en dehors du droit positif et que l’autorité d’une règle dépend de sa forme et de son adoption régulière.
  • Positivisme sociologique : Considère le droit comme un phénomène social qui doit refléter les mœurs, les coutumes et l’état des mentalités d’une société.

★ À maîtriser

📌 Le droit naturel repose sur des règles immuables, universelles et transcendantes, tandis que le droit positif désigne les règles élaborées par les humains et applicables dans un État donné à un moment donné.

  • L’existence d’une société crée un besoin de règles juridiques pour prévenir ou résoudre les conflits et assurer la paix sociale.

Compléments

  • Le droit naturel classique recherche l’essence du droit dans la nature des choses, d’abord dans l’ordre cosmique puis dans l’ordre divin selon la pensée chrétienne.

  • Le droit naturel moderne déduit les prescriptions juridiques de la raison humaine et est notamment représenté par Grotius et Pufendorf.

  • Hans Kelsen a formulé la hiérarchie des normes dans son ouvrage Théorie pure du droit publié en 1934.

Astuce mémo

Droit naturel : conformité à un ordre supérieur ; positivisme : validité de la règle existante

9. Titularité et sources des droits subjectifs

Notions clés & Définitions

  • Droits subjectifs : Prérogatives reconnues à une personne en application du droit objectif.
  • Personnalité juridique : Aptitude à acquérir et à exercer des droits et des obligations.

Points essentiels

📌 L’acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit, tandis que le fait juridique produit des effets de droit indépendamment de la volonté de ces effets.

  • Les personnes physiques acquièrent en principe la personnalité juridique à la naissance et la perdent au décès.

  • Les principales catégories de personnes morales sont :

    • l’État et les établissements publics
    • les sociétés civiles et commerciales
    • les associations
    • les syndicats
    • les partis politiques

Astuce mémo

Personne → acte ou fait → droit subjectif

10. Classifications et évolutions contemporaines

Notions clés & Définitions

  • Droit réel : Droit exercé directement par une personne sur une chose.
  • Droit personnel : Droit exercé par une personne directement à l’encontre d’une autre personne, notamment un droit de créance.

★ À maîtriser

📌 Les droits patrimoniaux ont une valeur monétaire et appartiennent au patrimoine, tandis que les droits extrapatrimoniaux sont attachés à la personne et n’ont pas de valeur marchande directe.

  • Le droit de propriété comprend l’usus, qui permet d’utiliser la chose, le fructus, qui permet d’en percevoir les fruits, et l’abusus, qui permet d’en disposer.

  • La fondamentalisation du droit désigne l’influence croissante des droits de l’Homme et des droits fondamentaux sur l’ensemble des branches du droit privé et public.

  • Depuis la loi du 16 février 2015, les animaux sont juridiquement qualifiés d’êtres vivants doués de sensibilité, mais restent soumis au régime des biens.

Compléments

  • La loi du 1er août 2008 a reconnu en droit français le préjudice écologique pur à la suite de la catastrophe de l’Erika.

  • La réforme française de la garde à vue du 14 avril 2011 a permis à la personne gardée à vue d’être assistée par un avocat, sous l’influence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Astuce mémo

Personnes, choses et catégories intermédiaires : humanité, environnement, animaux

11. Droits fondamentaux et protection juridique

Notions clés & Définitions

  • Préjudice écologique : Atteinte non négligeable aux éléments ou aux fonctions des écosystèmes, ou aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.
  • Droits fondamentaux : Branche particulière des droits subjectifs, issue du développement des droits européens et constitutionnels, qui irrigue l’ensemble du droit privé et du droit public.

★ À maîtriser

📌 La conception substantielle définit les droits fondamentaux par leur contenu universel et inhérent à l’être humain, tandis que la conception formelle les définit par leur valeur juridique supérieure, conférée par des normes supra-législatives.

  • Depuis la loi du 16 février 2015, les animaux sont des êtres sensibles doués de sensibilité et restent soumis au régime juridique des biens, sans être dotés de la personnalité juridique.

Compléments

  • Le Conseil d’État a reconnu le 20 septembre 2022 que le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé constitue une liberté fondamentale invocable dans une procédure de référé-liberté devant le juge administratif.

Astuce mémo

Conception substantielle = contenu universel ; conception formelle = valeur juridique supérieure

12. Construction et sources du droit

Notions clés & Définitions

  • Sources écrites : Sources instituées et fixées dans des textes officiels par des autorités directement habilitées à produire le droit, notamment la Constitution, les traités, les lois et les règlements.

Points essentiels

📌 Les sources réelles ou matérielles expliquent pourquoi une règle est élaborée avec un contenu précis, tandis que les sources formelles expliquent comment, par qui et selon quelle procédure elle est produite.

📌 La loi lato sensu désigne l’ensemble des textes officiels élaborés par les autorités compétentes, tandis que la loi stricto sensu désigne l’acte adopté par le Parlement investi du pouvoir législatif.

Astuce mémo

Donné = matière première ; construit = règle juridique élaborée

13. Hiérarchie des normes et Constitution

Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des normes : Hans KELSEN, Théorie pure du droit, 1934 - Théorie selon laquelle les normes juridiques sont organisées en niveaux et doivent être conformes aux normes supérieures.
  • Bloc de constitutionnalité : Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution de 1958, son préambule et les textes auxquels il renvoie, la Charte de l’environnement et les principes fondamentaux dégagés par le Conseil constitutionnel.

Points essentiels

📌 Le contrôle a priori intervient avant la promulgation de la loi, tandis que le contrôle a posteriori intervient pendant son application par la voie d’une question prioritaire de constitutionnalité.

  • Le Conseil constitutionnel peut rendre : une décision de validation, une décision de censure totale ou partielle, une décision de validation sous réserve d’interprétation

  • Le contrôle de constitutionnalité vérifie la conformité des lois à la Constitution, tandis que le contrôle de légalité vérifie la conformité des actes administratifs aux normes supérieures.

Astuce mémo

La pyramide de Kelsen place règlements, lois et Constitution sur des niveaux successifs

14. Traités internationaux et droit européen

Points essentiels

📌 Le droit originaire de l’Union européenne comprend les traités fondateurs, tandis que le droit dérivé comprend les règlements et les directives adoptés par les institutions européennes.

📌 En droit interne français, les traités régulièrement ratifiés, publiés et appliqués réciproquement ont une autorité supérieure aux lois mais inférieure à la Constitution, conformément aux articles 54 et 55 de la Constitution.

  • La Convention européenne des droits de l’homme a été adoptée en 1959 et ratifiée par la France en 1974; son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme.

  • La Cour de cassation a reconnu sa compétence pour contrôler la conventionnalité des lois dans l’arrêt Société des Cafés Jacques Vabre du 24 mai 1975, puis le Conseil d’État l’a reconnue dans l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989.

  • Le contrôle de conventionnalité vérifie la conformité des lois internes aux conventions internationales et peut conduire le juge à écarter l’application d’une loi incompatible.

Astuce mémo

Traité → loi : contrôle par les juges ordinaires ; Constitution au sommet interne

15. Lois, règlements et jurisprudence

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues par les juridictions nationales ou internationales et activité du juge dans l’application et l’interprétation du droit.

★ À maîtriser

  • L’article 34 de la Constitution énumère les matières relevant de la loi, tandis que l’article 37 attribue au règlement les matières qui ne relèvent pas du domaine législatif.

  • Les règlements d’application complètent une loi sans créer le cadre juridique principal, tandis que les règlements autonomes interviennent dans les matières relevant exclusivement du pouvoir réglementaire selon l’article 37 de la Constitution.

  • L’article 5 du Code civil interdit au juge de rendre des décisions générales et réglementaires applicables à tous les litiges futurs.

  • La loi est votée, promulguée par le Président de la République, publiée au Journal officiel puis entre en vigueur à la date qu’elle fixe ou, à défaut, le lendemain de sa publication.

Compléments

📌 L’abrogation retire une loi de l’ordre juridique sans effet rétroactif et peut être expresse, par une loi postérieure ou une décision du Conseil constitutionnel, ou tacite lorsque la loi nouvelle est incompatible avec la loi ancienne.

  • La Cour de cassation a construit la responsabilité du fait des choses à partir des arrêts Teffaine du 16 juin 1896 et Jand’heur du 13 février 1930.

Astuce mémo

La loi pose la règle générale ; la jurisprudence l’applique et l’interprète sans pouvoir réglementaire

16. Réalité du phénomène jurisprudentiel

Notions clés & Définitions

  • Revirement de jurisprudence : La décision par laquelle une même juridiction retient une solution différente pour un même problème de droit.
  • Coutume : Un comportement répété dont les effets juridiques sont spontanément reconnus par les sujets de droit sans qu’un texte soit nécessaire.

★ À maîtriser

  • La théorie fictive considère que l’interprétation est contenue depuis toujours dans le texte et peut donc s’appliquer rétroactivement, tandis que la théorie réaliste considère que l’interprète choisit une orientation nouvelle et que le revirement devrait s’appliquer pour l’avenir.

  • Une décision déclarative applique une règle de droit à une situation concrète sans créer de règle nouvelle, tandis qu’une décision constitutive produit une situation nouvelle et peut être à l’origine d’une règle ou d’une interprétation nouvelle.

  • L’arrêt de principe tranche solennellement et durablement une question de principe, tandis que l’arrêt d’espèce se limite à appliquer une règle à un cas particulier.

  • L’autorité de fait de la jurisprudence repose sur la hiérarchie des juridictions : les juridictions inférieures suivent généralement les positions des juridictions supérieures afin de limiter les risques de cassation et d’assurer une certaine unité d’interprétation.

Compléments

  • L’arrêt Jand’heur, rendu par les chambres réunies de la Cour de cassation le 13 février 1930, constitue un exemple d’arrêt de principe.

Astuce mémo

Interprétation fictive : le sens est déjà dans le texte ; théorie réaliste : le juge oriente le droit

17. Formation et caractères de la coutume

★ À maîtriser

📌 La coutume repose sur deux éléments cumulatifs : un élément matériel, appelé corpus coutumier, constitué d’une pratique régulière et répétée par une majorité de personnes, et un élément psychologique, appelé animus, constitué par la croyance au caractère obligatoire de cette pratique.

📌 La coutume secundum legem intervient dans le cadre prévu par la loi, la coutume praeter legem comble le silence de la loi et la coutume contra legem contredit une disposition expresse de la loi.

Compléments

  • L’article 1194 du Code civil renvoie à la coutume secundum legem en prévoyant que les contrats obligent également aux suites que l’équité, l’usage ou la loi donnent à l’obligation.

  • Le port du nom du mari par la femme mariée constitue un exemple de coutume praeter legem, car cette pratique n’est pas imposée par les textes.

Astuce mémo

Corpus + animus : pratique répétée + croyance obligatoire

18. Raisonnement juridique

Notions clés & Définitions

  • Qualification juridique : L’opération qui rattache un fait à un concept ou à une catégorie juridique afin de déterminer le régime juridique applicable.
  • Syllogisme juridique : Un raisonnement logique qui applique une règle de droit à une situation concrète au moyen d’une majeure, d’une mineure et d’une conclusion.
  • Non-rétroactivité : Doyen Paul Roubier, Le droit transitoire, 1929 - Le fait que la loi nouvelle ne peut régir la constitution ni les effets passés d’une situation juridique née sous l’empire de la loi ancienne.
  • Effet immédiat : Doyen Paul Roubier, Le droit transitoire, 1929 - Le fait qu’elle s’applique aux effets futurs des situations juridiques en cours au moment de son entrée en vigueur.
  • Charge de la preuve : La partie qui doit établir les faits nécessaires au succès de sa prétention et qui supporte le risque de perdre le procès si elle n’y parvient pas.
  • Présomption : Un mécanisme permettant de déduire un fait inconnu à partir d’un fait connu, ce qui allège l’objet de la preuve et peut renverser la charge de la preuve.
  • Dialogue probatoire : Désigne la charge cumulative de la preuve pesant sur le demandeur et le défendeur à hauteur de leurs prétentions respectives.
  • Présomption : Conséquence que la loi ou le magistrat tire d’un fait connu pour établir un fait inconnu.

Points essentiels

  • Une situation juridique constituée avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle relève en principe de la loi ancienne, une situation constituée après cette entrée en vigueur relève de la loi nouvelle, et une situation en cours produit des effets sous les deux lois.

  • La loi pénale plus douce peut rétroagir si la condamnation pénale n’est pas définitive, tandis que la loi pénale plus sévère ne peut pas rétroagir.

  • En matière contractuelle, la loi ancienne survit en principe pour régir les effets futurs du contrat, mais la loi nouvelle peut s’appliquer si elle contient des dispositions impérieuses d’intérêt général.

  • La présomption simple ou réfragable admet la preuve contraire, tandis que la présomption irréfragable ne peut pas être renversée.

  • Une loi expressément rétroactive doit être justifiée par un impérieux motif d’intérêt général, conformément au contrôle exercé depuis l’arrêt Zielinski contre France de la CEDH du 28 octobre 1999.

  • Selon l’article 1353 du Code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver, tandis que celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait ayant produit l’extinction de son obligation.

  • L’article 2 du Code civil dispose que la loi ne dispose que pour l’avenir et qu’elle n’a point d’effets rétroactifs.

  • 🔄 Le syllogisme juridique comprend trois étapes :

    1. La majeure énonce la règle générale
    2. La mineure applique la règle aux faits de l’espèce
    3. La conclusion détermine les effets juridiques

Astuce mémo

Qualification des faits → majeure → mineure → conclusion

Tableaux de synthèse

Ordres et juridictions suprêmes

OrdreJuridiction suprêmeFonction
AdministratifConseil d’ÉtatJuger les litiges administratifs et exercer la cassation administrative
JudiciaireCour de cassationContrôler l’application du droit et unifier son interprétation

Fondements du droit

ThéorieFondement de l’autoritéRéférence principale
Droit naturelConformité à un ordre supérieur, universel ou à la raison humaineNature ou raison
Positivisme juridiqueExistence et adoption régulière de la règle par l’ÉtatÉtat et procédure
Positivisme sociologiqueConformité aux mœurs et à l’état des mentalités socialesCorps social

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Qu'est-ce que le droit objectif ?

L'ensemble des règles de droit applicables à un moment donné dans un État donné.

Que regroupent les droits subjectifs ?

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Quel est l'objectif principal du cours d’introduction générale au droit ?

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