QCM : Responsabilité administrative sans faute (38 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel principe l’arrêt Blanco de 1873 consacre-t-il quant aux règles régissant la responsabilité de l’État ?

Des règles propres aux départements, sans rapport avec le service public
Les règles du droit privé, appliquées telles quelles aux services publics
Des règles autonomes du droit privé, adaptées aux besoins du service public
Une irresponsabilité générale de l’État dans l’exercice du service public

Des règles autonomes du droit privé, adaptées aux besoins du service public

Explication

Blanco affirme que la responsabilité de l’État relève de règles autonomes par rapport au droit privé et adaptées aux besoins du service public. L’application du droit privé confond autonomie et droit commun, l’irresponsabilité générale inverse le principe et l’extension aux départements renvoie à Feutry.

2. Une victime demande réparation à l’État pour un dommage lié au fonctionnement d’un service public. Quel apport juridictionnel de l’arrêt Blanco justifie que le juge administratif examine cette responsabilité ?

Il fonde la compétence du juge administratif pour ce contentieux
Il étend le contentieux aux départements sans déterminer le juge compétent
Il fonde la compétence du juge judiciaire pour ce contentieux
Il écarte la compétence juridictionnelle en matière de service public

Il fonde la compétence du juge administratif pour ce contentieux

Explication

Blanco fonde la compétence du juge administratif pour connaître de la responsabilité de l’État liée au fonctionnement du service public. Les règles autonomes concernent le droit applicable, tandis que l’extension aux départements est associée à Feutry.

3. Un service de police commet une faute dans son fonctionnement et cette faute cause un dommage. Quelle évolution jurisprudentielle, illustrée par l’arrêt Tomaso Grecco de 1905, permet d’envisager la responsabilité de l’État ?

La faute du service de police peut engager la responsabilité de l’État
La faute du service de police étend la responsabilité aux départements
La faute du service de police relève uniquement du droit privé
La faute du service de police maintient l’irresponsabilité de l’État

La faute du service de police peut engager la responsabilité de l’État

Explication

Tomaso Grecco remet en cause l’irresponsabilité de l’État en matière de police et admet qu’une faute du service puisse engager sa responsabilité. L’irresponsabilité maintenue contredit cette évolution, l’extension aux départements relève de Feutry et les règles autonomes sont affirmées par Blanco.

4. Une faute administrative a causé une perte financière alléguée par un usager. Quelles conditions cumulatives celui-ci doit-il établir pour obtenir réparation au titre de la faute prouvée ?

Un préjudice réel et évaluable, sans faute administrative établie
Une faute et un préjudice réel, sans lien causal direct à démontrer
Une faute, un préjudice éventuel et un lien causal indirect
Une faute, un préjudice réel, direct et évaluable, et un lien causal direct

Une faute, un préjudice réel, direct et évaluable, et un lien causal direct

Explication

La faute prouvée exige cumulativement une faute administrative, un préjudice réel, direct et évaluable, ainsi qu’un lien de causalité direct entre eux. Un préjudice éventuel, l’absence de faute établie ou l’absence de lien causal direct ne satisfait pas cette règle.

5. Quel principe le Conseil d’État affirme-t-il dans l’arrêt Driancourt de 1973 au sujet d’une illégalité administrative ?

Elle constitue en principe une faute susceptible d’engager la responsabilité
Elle n’est fautive que si l’administration aurait pris une autre décision
Elle exclut en principe toute faute susceptible d’engager la responsabilité
Elle entraîne automatiquement l’indemnisation de tout préjudice allégué

Elle constitue en principe une faute susceptible d’engager la responsabilité

Explication

Driancourt pose qu’une illégalité commise par l’administration constitue en principe une faute susceptible d’engager sa responsabilité. Cela ne signifie pas que l’indemnisation soit automatique, et la question de la décision qui aurait été prise est illustrée par l’arrêt Société LIDL.

6. Une décision administrative illégale est contestée, mais l’irrégularité n’a pas directement causé le dommage et l’administration aurait pris la même décision en respectant la procédure. Quelle conclusion s’impose quant à l’indemnisation ?

La même décision envisagée établit à elle seule un préjudice indemnisable
L’illégalité ouvre nécessairement droit à indemnisation
L’absence de causalité directe confirme le droit à indemnisation
L’illégalité ne suffit pas à ouvrir droit à indemnisation

L’illégalité ne suffit pas à ouvrir droit à indemnisation

Explication

Une illégalité ne donne pas automatiquement droit à indemnisation : elle doit notamment avoir causé directement le préjudice et avoir influé sur la décision. La faute susceptible d’exister ne remplace pas ces conditions, et l’absence de causalité ou l’absence d’incidence sur la décision écarte l’indemnisation.

7. Dans un régime de faute prouvée, une victime réclame réparation d’un dommage causé par un service administratif. Selon le principe illustré par Tomaso Grecco, que doit-elle établir ?

Le préjudice et, en particulier, la faute de l’administration
La faute de l’administration, sans avoir à établir le préjudice
La présomption de faute, sans établir le préjudice ni la faute
Le préjudice, l’administration devant établir l’absence de faute

Le préjudice et, en particulier, la faute de l’administration

Explication

En matière de faute prouvée, la victime doit prouver le préjudice et, en particulier, la faute de l’administration. Le renversement de la charge de la preuve correspond à une présomption de faute, et non au principe général décrit par Tomaso Grecco.

8. Pour apprécier si une défaillance atteint le niveau de la faute lourde, quel critère le juge prend-il notamment en compte ?

La sévérité de la sanction encourue par l’agent responsable
La fréquence des réclamations adressées contre le service
Le degré de défaillance au regard des difficultés rencontrées par le service
La gravité du dommage indépendamment de l’activité du service

Le degré de défaillance au regard des difficultés rencontrées par le service

Explication

La faute lourde correspond à un niveau élevé de défaillance apprécié en fonction des difficultés rencontrées par le service. La gravité du dommage, la sanction de l’agent et le nombre de réclamations ne constituent pas ce critère.

9. Une autorité édicte une mesure de police, puis un service rencontre des difficultés particulières en l’appliquant concrètement. Quels niveaux de faute s’appliquent en principe à ces deux étapes ?

Faute simple pour l’édiction, faute lourde pour la mise en œuvre difficile
Faute lourde pour l’édiction comme pour la mise en œuvre difficile
Faute lourde pour l’édiction, faute simple pour la mise en œuvre difficile
Faute simple pour l’édiction comme pour la mise en œuvre difficile

Faute simple pour l’édiction, faute lourde pour la mise en œuvre difficile

Explication

En principe, une faute simple suffit pour l’édiction d’une mesure de police, tandis que sa mise en œuvre peut exiger une faute lourde lorsqu’elle présente une difficulté particulière. L’inversion des régimes confond les deux étapes, et les deux réponses uniformes ignorent leur distinction.

10. Pour engager la responsabilité de l’État du fait du fonctionnement de la justice judiciaire, quelles conditions prévoit l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire ?

Une faute lourde ou un déni de justice
Une faute simple ou un déni de justice
Le dépassement du délai raisonnable ou une faute simple
Une faute lourde ou une décision juridictionnelle définitive

Une faute lourde ou un déni de justice

Explication

L’article L. 141-1 permet d’engager la responsabilité de l’État pour le fonctionnement de la justice judiciaire en cas de faute lourde ou de déni de justice. La faute simple relève notamment de l’exception concernant le délai raisonnable en justice administrative, et une décision définitive n’est pas une condition prévue par cet article.

11. Une décision juridictionnelle administrative est devenue définitive et le préjudice invoqué résulte du contenu même de cette décision. Quel régime s’applique selon la règle posée dans l’arrêt Darmont ?

La responsabilité n’est pas engagée pour une faute tenant au contenu même de cette décision
La responsabilité peut être engagée dès qu’une faute simple est démontrée
La responsabilité est engagée dès que la décision cause un préjudice
La responsabilité peut être engagée dès qu’une faute lourde est démontrée

La responsabilité n’est pas engagée pour une faute tenant au contenu même de cette décision

Explication

Selon Darmont, la responsabilité liée à l’activité juridictionnelle administrative exige en principe une faute lourde, mais ne peut être engagée lorsque la faute résulte du contenu même d’une décision devenue définitive. La faute lourde ne lève pas cette exclusion, et ni la faute simple ni le seul préjudice ne suffisent.

12. Un particulier subit un dommage causé par une violation du droit de l’Union imputable à un État membre. Quel principe ressort de l’arrêt Francovich et Bonifaci ?

L’État membre répare le dommage seulement si la violation est commise par l’Union
L’Union doit réparer les dommages causés par la violation imputable à l’État membre
L’État membre doit réparer les dommages causés par la violation qui lui est imputable
L’État membre répare le dommage seulement s’il résulte d’une décision définitive

L’État membre doit réparer les dommages causés par la violation qui lui est imputable

Explication

Francovich et Bonifaci consacre l’obligation des États membres de réparer les dommages causés aux particuliers par les violations du droit de l’Union qui leur sont imputables. L’Union n’est pas le débiteur visé par ce principe, et celui-ci ne dépend ni d’une décision définitive ni d’une violation commise par l’Union.

13. Un hôpital présente un défaut d’organisation du service qui cause un dommage à un patient. Quel degré de faute suffit à engager sa responsabilité ?

Une faute lourde
Une faute simple
Un défaut d’information sur un risque connu
Une faute médicale appréciée au regard des règles de l’art

Une faute simple

Explication

Pour un défaut d’organisation ou de surveillance du service hospitalier, une faute simple suffit à engager la responsabilité de l’hôpital. La faute lourde correspond à l’ancien seuil plus exigeant, tandis que l’erreur médicale individuelle et le défaut d’information relèvent d’autres situations.

14. Quel changement majeur la loi du 4 mars 2002 apporte-t-elle aux droits des patients ?

Elle subordonne l’information médicale à l’existence d’une faute lourde
Elle remplace le consentement par une présomption d’accord aux soins
Elle renforce le droit à la réparation sans prévoir de droits d’information
Elle renforce le droit au consentement et le droit à l’information

Elle renforce le droit au consentement et le droit à l’information

Explication

La loi du 4 mars 2002 renforce notamment le droit du patient au consentement et à l’information. La réparation relève d’autres règles, et la loi ne remplace pas le consentement par un accord présumé ni ne rétablit l’exigence d’une faute lourde.

15. Avant une intervention, un médecin omet d’informer un patient d’un risque connu lié à celle-ci. Quelle conséquence cette omission peut-elle entraîner pour l’hôpital ?

Une réparation automatique de l’intégralité du dommage subi
L’absence de responsabilité puisque le risque était connu
Une responsabilité pouvant ouvrir droit à réparation au titre de la perte de chance
Une responsabilité fondée sur le défaut de consentement à l’intervention

Une responsabilité pouvant ouvrir droit à réparation au titre de la perte de chance

Explication

Le défaut d’information sur un risque connu peut engager la responsabilité de l’hôpital et ouvrir droit à réparation au titre de la perte de chance. Le défaut d’information se distingue du non-respect du consentement, et la réparation n’est pas pour autant automatiquement égale à l’intégralité du dommage.

16. Quelle règle le Conseil d’État retient-il dans l’arrêt Mme V. de 1992 pour engager la responsabilité hospitalière en matière d’actes médicaux ?

La faute lourde demeure le seuil applicable
La loi Kouchner établit cette règle dans l’arrêt Mme V.
La faute simple remplace la faute lourde
Le défaut d’organisation remplace l’examen de la faute médicale

La faute simple remplace la faute lourde

Explication

Dans l’arrêt Mme V. de 1992, le Conseil d’État abandonne l’exigence de faute lourde en matière d’actes médicaux et retient la faute simple. Le maintien de la faute lourde contredit cette évolution, tandis que la loi Kouchner date de 2002.

17. Une victime demande réparation d’un dommage lié à des soins après l’entrée en vigueur de la loi Kouchner. Quelle démarche doit-elle satisfaire pour établir la responsabilité ?

Invoquer un dommage médical, qui suffit à établir la responsabilité
Prouver une faute appréciée au regard des règles de l’art
Prouver un défaut d’information, même si le litige concerne d’autres soins
Établir une faute lourde, indépendamment des règles de l’art

Prouver une faute appréciée au regard des règles de l’art

Explication

La loi Kouchner généralise la faute simple, mais la responsabilité n’est pas automatique : la victime doit prouver une faute évaluée au regard des règles de l’art. L’exigence de faute lourde est dépassée, et un dommage ou un défaut d’information ne remplace pas cette preuve.

18. Un parent demande réparation au titre du préjudice résultant du seul fait que son enfant est né avec un handicap congénital. Quel principe pose l’article L. 114-5 du Code de l’action sociale et des familles ?

Les charges du handicap sont à la charge de l’hôpital
La naissance avec un handicap ouvre automatiquement un droit à réparation
Nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance
Le handicap congénital constitue en lui-même une faute hospitalière

Nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance

Explication

L’article L. 114-5 exclut la réparation d’un préjudice fondé sur le seul fait de la naissance. Qualifier le handicap de faute médicale confond le dommage et sa cause, tandis que l’indemnisation automatique et la mise à charge de l’hôpital contredisent ce principe.

19. Un hôpital n’a pas décelé un handicap congénital avant la naissance. Quelle condition doit être établie pour engager sa responsabilité au titre de ce handicap ?

La preuve d’une faute simple dans les soins
La prise en charge hospitalière des charges du handicap
La preuve d’une faute lourde dans le diagnostic
L’établissement d’une faute caractérisée

L’établissement d’une faute caractérisée

Explication

Pour un handicap congénital, la responsabilité de l’hôpital suppose une faute caractérisée, tandis que les charges liées au handicap relèvent de la solidarité nationale. La faute simple et la faute lourde sont confondues avec ce seuil particulier dans les distracteurs.

20. Dans un litige relatif à un handicap congénital, le juge cherche à distinguer la faute caractérisée de la faute simple et de la faute lourde. Quels critères permettent de la reconnaître ?

Un simple manquement aux règles professionnelles
Une intensité et une évidence particulières
Un seuil identique à celui de la faute lourde
Un préjudice financier d’une gravité particulière

Une intensité et une évidence particulières

Explication

La faute caractérisée se distingue par son intensité et son évidence, et ne se confond ni avec la faute simple ni avec la faute lourde. Le simple manquement relève de la faute simple, tandis que le préjudice financier ne définit pas la faute caractérisée.

21. Un détenu subit des conditions de détention qui lui imposent une souffrance dépassant ce qu’entraîne inévitablement la détention. Quel principe s’applique ?

Le détenu doit accepter toute souffrance liée à la détention
Le détenu a droit à des conditions conformes à la dignité humaine
La protection porte principalement sur les biens personnels du détenu
La dignité dépend exclusivement de l’existence d’un dommage matériel

Le détenu a droit à des conditions conformes à la dignité humaine

Explication

Selon la décision Thévenot, les conditions de détention doivent respecter la dignité humaine et ne pas soumettre le détenu à une épreuve dépassant le seuil inévitable de souffrance. Assimiler toute souffrance à une conséquence ordinaire ou limiter la protection aux biens méconnaît ce principe.

22. Une entreprise réclame réparation après une erreur de l’administration fiscale, mais invoque comme seul préjudice le paiement de l’impôt dû. Quelle conséquence découle de la règle applicable ?

Le paiement de l’impôt suffit à établir un préjudice indemnisable
La responsabilité exige une faute lourde et un préjudice indirect
Le seul paiement de l’impôt ne constitue pas un préjudice indemnisable
La faute simple permet l’indemnisation sans préjudice direct et certain

Le seul paiement de l’impôt ne constitue pas un préjudice indemnisable

Explication

La faute simple suffit pour engager la responsabilité de l’État dans les opérations d’établissement ou de recouvrement de l’impôt, mais le préjudice doit être direct et certain et ne peut résulter du seul paiement de l’impôt. Le paiement seul est donc confondu avec un préjudice indemnisable dans un distracteur, tandis que les autres négligent le seuil de faute ou les conditions du préjudice.

23. Une personne subit un dommage lié à l’action de l’administration, mais aucune faute n’est établie. Quel principe caractérise la responsabilité sans faute fondée sur le risque ?

L’administration ne peut indemniser qu’après preuve d’une faute.
L’administration peut devoir indemniser malgré l’absence de faute.
L’absence de faute exclut toute possibilité d’indemnisation.
L’indemnisation suppose une rupture de l’égalité devant les charges publiques.

L’administration peut devoir indemniser malgré l’absence de faute.

Explication

Le fondement du risque permet une indemnisation même lorsqu’aucune faute de l’administration n’est établie. Exiger une faute confond les deux régimes, écarter toute indemnisation nie le principe, et la rupture de l’égalité constitue un autre fondement sans faute.

24. À la suite d’un fait générateur imputable à l’administration, une victime réclame réparation. Quels éléments doit-elle démontrer selon l’arrêt Commune de Barjols ?

Le préjudice et le lien de causalité avec le fait générateur administratif.
Le fait générateur administratif et la preuve d’une faute personnelle.
Le préjudice et la rupture de l’égalité devant les charges publiques.
La faute de l’administration et le lien de causalité avec le préjudice.

Le préjudice et le lien de causalité avec le fait générateur administratif.

Explication

Selon Commune de Barjols, la victime doit établir le préjudice ainsi que son lien causal avec le fait générateur administratif. La faute n’est pas une condition de ce régime, le fait générateur seul ne suffit pas, et la rupture de l’égalité relève d’un fondement distinct.

25. Un ouvrier de l’État est blessé dans un accident de service alors qu’aucune faute n’est établie. Quel raisonnement issu de l’arrêt Cames permet son indemnisation ?

Indemniser l’accident au titre de la socialisation des risques supportés dans l’intérêt général.
Indemniser l’accident après avoir établi une faute de l’administration dans le service.
Indemniser l’accident au titre de la rupture de l’égalité devant les charges publiques.
Refuser l’indemnisation, car l’ouvrier n’est pas un tiers au service public.

Indemniser l’accident au titre de la socialisation des risques supportés dans l’intérêt général.

Explication

L’arrêt Cames reconnaît l’indemnisation sans faute de l’ouvrier de l’État victime d’un accident de service, au titre de la socialisation des risques supportés dans l’intérêt général. La faute n’est pas requise, la règle vise précisément un ouvrier de l’État, et la rupture de l’égalité est un fondement différent.

26. Une habitante prête bénévolement son concours à un service public et se blesse à cette occasion. Quel régime peut permettre sa réparation ?

L’indemnisation sans faute réservée aux agents permanents victimes d’un accident de service.
L’indemnisation sans faute réservée aux agents exposés à des circonstances exceptionnelles.
L’indemnisation sans faute comme personne ayant apporté son concours au service public.
L’indemnisation sans faute réservée aux proches d’un agent décédé sans pension forfaitaire.

L’indemnisation sans faute comme personne ayant apporté son concours au service public.

Explication

Une personne qui apporte son concours à un service public peut obtenir réparation sans faute des dommages subis à cette occasion. La qualité d’agent permanent n’est pas exigée; la pension des proches et les circonstances exceptionnelles concernent d’autres hypothèses.

27. Une personne est sollicitée pour participer à une mission d’intérêt général, puis subit un dommage pendant cette participation. Quelle conséquence découle de l’arrêt Gamba ?

La responsabilité sans faute peut couvrir le dommage lié à une mission d’intérêt privé.
La responsabilité sans faute peut couvrir le dommage d’un agent public en service ordinaire.
La responsabilité sans faute peut couvrir le dommage du collaborateur occasionnel requis.
La responsabilité sans faute peut couvrir le dommage du collaborateur occasionnel sollicité.

La responsabilité sans faute peut couvrir le dommage du collaborateur occasionnel sollicité.

Explication

Selon Gamba, un collaborateur occasionnel participant à une mission d’intérêt général peut bénéficier de la responsabilité sans faute, que sa participation soit requise ou sollicitée. Limiter le régime aux personnes requises exclut à tort les personnes sollicitées; il ne suppose pas un statut d’agent public et concerne une mission d’intérêt général.

28. Un riverain subit d’abord une nuisance durable liée au fonctionnement d’un ouvrage public, puis des dégâts provoqués par une opération exceptionnelle et irrégulière. Quels fondements de responsabilité sans faute correspondent à ces deux dommages, dans cet ordre ?

La rupture de l’égalité devant les charges publiques pour les deux dommages
La rupture de l’égalité devant les charges publiques, puis le risque
Le risque pour les deux dommages
Le risque, puis la rupture de l’égalité devant les charges publiques

La rupture de l’égalité devant les charges publiques, puis le risque

Explication

Les dommages permanents relèvent de la rupture de l’égalité devant les charges publiques, tandis que les dommages accidentels relèvent du risque. Inverser ces fondements confond les deux catégories ; retenir un seul fondement pour les deux méconnaît cette distinction.

29. Une personne qui ne se sert pas d’un ouvrage public subit un dommage causé par celui-ci. Quel régime de responsabilité s’applique en principe à cette victime tierce ?

La responsabilité sans faute fondée sur le risque
La responsabilité pour rupture de l’égalité devant les charges publiques
La responsabilité pour faute présumée de l’usager
La responsabilité pour faute simple en cas de défaut d’entretien normal

La responsabilité sans faute fondée sur le risque

Explication

La victime tierce à un ouvrage public relève en principe de la responsabilité sans faute fondée sur le risque. Le défaut d’entretien normal concerne l’usager, tandis que la rupture de l’égalité caractérise les dommages permanents.

30. Une piétonne utilisant un trottoir se blesse dans une saignée laissée sur celui-ci. Si le dommage révèle un défaut d’entretien normal de l’ouvrage, quel régime s’applique ?

La responsabilité sans faute fondée sur le risque
La responsabilité sans faute pour rupture de l’égalité devant les charges publiques
La responsabilité pour faute lourde
La responsabilité pour faute simple

La responsabilité pour faute simple

Explication

Pour l’usager d’un ouvrage public, le défaut d’entretien normal engage la responsabilité pour faute simple. Le régime du risque correspond en principe à la victime tierce ; la rupture de l’égalité concerne les dommages permanents.

31. Une personne extérieure à un établissement subit un dommage causé par un mineur placé sous la garde de l’administration dans un dispositif éducatif. Quel fondement peut engager la responsabilité de l’administration ?

La responsabilité sans faute fondée sur le risque
La responsabilité pour rupture de l’égalité devant les charges publiques
La responsabilité pour faute simple fondée sur une surveillance défectueuse
La responsabilité pour faute lourde dans l’organisation du service

La responsabilité sans faute fondée sur le risque

Explication

Le risque peut engager la responsabilité sans faute pour les dommages causés aux tiers par des personnes placées sous la garde de l’administration. Exiger la preuve d’une faute de surveillance ajoute une condition qui n’est pas requise par ce fondement.

32. Lors d’une opération de police impliquant une arme à feu, un passant non visé est blessé, tandis qu’une autre personne directement visée subit un dommage. Quels régimes s’appliquent respectivement ?

La faute simple pour le passant, le risque sans faute pour la personne visée
Le risque sans faute pour le passant, la faute simple pour la personne visée
La faute simple pour les deux victimes
Le risque sans faute pour les deux victimes

Le risque sans faute pour le passant, la faute simple pour la personne visée

Explication

Les dommages causés aux tiers par les armes à feu utilisées par la police relèvent de la responsabilité sans faute, tandis que la victime directement visée relève de la faute simple. Inverser ces régimes confond la situation du tiers avec celle de la personne visée.

33. Après la loi du 4 mars 2002, un patient subit un accident médical non fautif dont le dommage remplit les conditions d’anormalité et de gravité. Quel régime d’indemnisation s’applique ?

L’indemnisation par l’assureur du praticien concerné
La responsabilité de plein droit de l’établissement de santé
La solidarité nationale par l’intermédiaire de l’ONIAM
La responsabilité sans faute selon les seules conditions de Bianchi

La solidarité nationale par l’intermédiaire de l’ONIAM

Explication

Depuis la loi Kouchner, l’ONIAM indemnise au titre de la solidarité nationale les accidents médicaux non fautifs remplissant les conditions d’anormalité et de gravité. Les conditions de Bianchi relèvent du régime antérieur, la responsabilité de plein droit concerne notamment certaines infections nosocomiales, et l’indemnisation n’est pas attribuée ici à l’assureur du praticien.

34. Une infection nosocomiale entraîne une incapacité permanente inférieure au seuil légal. En l’absence de cause étrangère, quel régime s’applique ?

La responsabilité de plein droit de l’établissement de santé
La responsabilité de l’établissement seulement si une faute est démontrée
L’indemnisation par l’ONIAM dès lors que l’infection est nosocomiale
L’indemnisation par l’ONIAM au titre de la solidarité nationale

La responsabilité de plein droit de l’établissement de santé

Explication

Sous le seuil légal d’incapacité permanente, l’établissement de santé engage sa responsabilité de plein droit, sauf cause étrangère. L’ONIAM intervient pour les incapacités supérieures au seuil ; exiger la preuve d’une faute méconnaît le caractère de plein droit du régime.

35. Un mineur placé sous la garde de l’administration cause un dommage à un tiers. Quel fondement de responsabilité peut s’appliquer ?

La responsabilité civile des parents du mineur
La responsabilité sans faute applicable aux majeurs détenus
La responsabilité pour faute, sous réserve de prouver une surveillance défaillante
La responsabilité sans faute liée à la garde administrative

La responsabilité sans faute liée à la garde administrative

Explication

La responsabilité sans faute liée à la garde administrative couvre les dommages causés par des mineurs placés sous la garde de l’administration. Le régime ne requiert pas la preuve d’une faute de surveillance et ne se limite pas aux majeurs détenus.

36. Une administration a la garde d’un mineur placé dans un établissement en milieu fermé, et celui-ci cause un dommage. Quelle distinction faut-il retenir pour la responsabilité liée à la garde administrative ?

Elle suppose que le dommage soit causé au sein de l’établissement
Elle s’applique seulement si le mineur bénéficie d’une sortie autorisée
Elle exige un placement en milieu ouvert comme dans Thouzellier
Elle peut s’appliquer sans placement en milieu ouvert

Elle peut s’appliquer sans placement en milieu ouvert

Explication

La responsabilité liée à la garde administrative ne dépend pas d’un placement en milieu ouvert, à la différence du régime associé à Thouzellier. Exiger le milieu ouvert confond les deux régimes ; ni une sortie autorisée ni la survenance du dommage dans l’établissement ne constituent ici la distinction déterminante.

37. Une juridiction rend une décision après un délai excessif, mais aucun vice n’affecte la validité de cette décision. Quelle conséquence le dépassement du délai peut-il entraîner ?

L’annulation de la décision rendue
La responsabilité de l’État pour faute lourde
La responsabilité de l’État pour faute simple
L’irresponsabilité de l’État en l’absence de faute intentionnelle

La responsabilité de l’État pour faute simple

Explication

Le dépassement du délai raisonnable peut engager la responsabilité de l’État pour faute simple sans remettre en cause la validité de la décision. La faute lourde confond les régimes, l’annulation confond réparation et validité, et l’exigence d’une faute intentionnelle ajoute une condition qui n’est pas requise.

38. Un patient subit un dommage anormal et d’une extrême gravité lié à un risque thérapeutique connu mais exceptionnel, alors qu’il n’y était pas particulièrement exposé. Dans le régime de l’aléa thérapeutique décrit par l’arrêt Bianchi, quelle conséquence s’applique ?

La responsabilité sans faute est exclue puisque le risque était connu
La responsabilité sans faute est exclue puisque le risque était exceptionnel
La responsabilité de l’hôpital exige la preuve d’une faute médicale
La responsabilité sans faute de l’hôpital peut être engagée

La responsabilité sans faute de l’hôpital peut être engagée

Explication

Dans le régime Bianchi, ces conditions — risque connu mais exceptionnel, absence d’exposition particulière et dommage anormal d’une extrême gravité — permettent d’engager la responsabilité sans faute. Exiger une faute médicale confond les régimes, tandis que le caractère connu ou exceptionnel du risque ne l’exclut pas à lui seul.

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Quel arrêt affirme l’autonomie des règles de responsabilité de l’État par rapport au droit privé ?

L’arrêt Blanco, 1873.

À quels besoins les règles de responsabilité de l’État doivent-elles être adaptées selon Blanco ?

Aux besoins du service public.

Quel arrêt fonde la compétence du juge administratif pour la responsabilité liée au service public ?

Blanco, 1873.

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