QCM : Service public et police administrative (64 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle conception décrit le mieux le droit administratif français ?

Un ensemble de règles sans évolution historique
Une construction historique qui aurait pu être différente
Un droit naturel qui s’impose nécessairement à l’État
Une adaptation directe des règles du droit civil

Une construction historique qui aurait pu être différente

Explication

Le droit administratif français est une construction historique, et non un droit naturel qui s’imposerait nécessairement. Le droit naturel nécessaire confond construction historique et nécessité ; le droit civil en fait une simple adaptation ; l’absence d’évolution nie son caractère historique.

2. Dans un État de droit, quel rapport l’État entretient-il avec les règles qu’il a établies ?

Il sépare les pouvoirs sans être lié par ses règles
Il laisse au juge le soin de fixer toutes ses règles
Il respecte les règles qu’il s’est lui-même fixées
Il impose ses règles aux citoyens sans s’y soumettre

Il respecte les règles qu’il s’est lui-même fixées

Explication

L’État de droit est un système dans lequel l’État respecte les règles qu’il s’est lui-même fixées. Attribuer la création de toutes les règles au juge confond les rôles ; la séparation des pouvoirs ne suffit pas à définir cette notion ; limiter les règles aux citoyens omet leur application à l’État.

3. En 1791, une entreprise veut faire examiner par un tribunal judiciaire un litige portant sur une décision administrative : quelle conséquence découle des lois des 16 et 24 août 1790, complétées par le décret du 16 fructidor an III ?

Le Conseil d’État tranche l’affaire comme juge indépendant et souverain
Le tribunal judiciaire examine l’affaire, puis l’administration confirme son jugement
Une juridiction administrative spécialisée traite l’affaire dès cette période
Le tribunal judiciaire ne peut connaître de l’affaire, traitée par l’administration

Le tribunal judiciaire ne peut connaître de l’affaire, traitée par l’administration

Explication

Ces textes interdisent aux tribunaux judiciaires de connaître des affaires administratives ; le contentieux est alors traité par l’administration elle-même. L’intervention judiciaire méconnaît cette interdiction, le Conseil d’État souverain relève de l’évolution de 1872, et la juridiction spécialisée indépendante ne correspond pas au système instauré en 1790.

4. Au début du XIXe siècle, un administré conteste une décision de son administration : dans un système de justice retenue, qui rend le jugement selon la voie hiérarchique ?

Le tribunal judiciaire compétent
Le Conseil d’État comme juge indépendant
L’administration elle-même
Une juridiction administrative spécialisée

L’administration elle-même

Explication

La justice retenue signifie que l’administration se juge elle-même par la voie hiérarchique, selon l’idée que juger l’administration, c’est encore administrer. Le Conseil d’État indépendant correspond à la justice déléguée ; le tribunal judiciaire est exclu du contentieux administratif ; la juridiction spécialisée ne décrit pas ce mécanisme.

5. Comment caractériser le droit administratif comme droit autonome ?

Il emprunte ses notions au droit privé sans cadre qui lui soit propre
Il consiste en des dérogations définies par rapport au droit privé
Il repose sur des principes établis exclusivement par le législateur
Il possède ses propres principes, méthodes, concepts et notions

Il possède ses propres principes, méthodes, concepts et notions

Explication

Le droit administratif est autonome parce qu’il dispose de ses propres principes, méthodes, concepts et notions, dont les fondements ont largement été créés par le juge administratif. Le définir par comparaison au droit privé le réduit à un droit dérogatoire ; attribuer ses fondements au seul législateur écarte le rôle du juge ; nier son cadre propre contredit son autonomie.

6. Un usager demande réparation à l’État pour un dommage causé par un service public : quelle règle correspond à la portée de l’arrêt Blanco de 1873 ?

Les règles civiles ordinaires relèvent du juge judiciaire
Des règles spéciales adaptées aux missions de l’État relèvent du juge judiciaire
Les règles civiles ordinaires relèvent du juge administratif
Des règles spéciales adaptées aux missions de l’État relèvent du juge administratif

Des règles spéciales adaptées aux missions de l’État relèvent du juge administratif

Explication

Blanco affirme que la responsabilité de l’État du fait d’un service public n’obéit pas au droit civil : elle relève de règles spéciales adaptées aux missions de l’État et justifie la compétence du juge administratif. Les règles civiles renvoient à une autre logique ; rattacher ces règles spéciales au juge judiciaire inverse la solution ; la justice déléguée est instaurée en 1872.

7. Dans un litige administratif, le juge constate que le fond relève de règles spéciales adaptées au service public : quelle conséquence exprime la liaison entre compétence et fond établie par Blanco ?

La présence de règles spéciales laisse la compétence sans rapport avec le fond
La présence de règles spéciales justifie la compétence d’un juge spécial
La présence de règles spéciales justifie la compétence du juge civil
La présence de règles spéciales justifie la compétence du juge judiciaire

La présence de règles spéciales justifie la compétence d’un juge spécial

Explication

Blanco établit une liaison entre compétence et fond : l’existence de règles spéciales de fond justifie un juge spécial. Attribuer ces règles au juge judiciaire ou civil inverse le rattachement administratif ; dissocier compétence et fond nie précisément cette liaison.

8. Quel trait caractérisait principalement la formation initiale du droit administratif, avant sa codification croissante ?

Il relevait alors principalement du droit privé.
Il s’est construit par la jurisprudence du juge administratif.
Il s’est construit principalement par des codes législatifs.
Il était élaboré principalement par les administrations.

Il s’est construit par la jurisprudence du juge administratif.

Explication

Le droit administratif s’est d’abord développé comme un droit prétorien, façonné par le juge administratif. L’élaboration par les codes confond son évolution ultérieure avec sa formation initiale, le droit privé méconnaît son autonomie, et le rôle des administrations seules efface celui du juge.

9. À partir des années 1990, quelles exigences ont favorisé la codification du droit administratif sous l’influence du droit de l’Union européenne et du Conseil constitutionnel ?

La prévisibilité des jugements, la réduction des recours et la simplification du droit.
La sécurité juridique, l’intelligibilité et la simplification du droit.
La sécurité juridique, la stabilité jurisprudentielle et l’autonomie administrative.
La stabilité des pouvoirs administratifs, la discrétion et l’uniformité des décisions.

La sécurité juridique, l’intelligibilité et la simplification du droit.

Explication

La codification a été favorisée par la recherche de sécurité juridique, d’intelligibilité et de simplification du droit. La réduction du contrôle juridictionnel, la seule stabilité jurisprudentielle et le renforcement de la discrétion administrative ne sont pas les exigences indiquées.

10. Une personne publique gère son domaine privé selon les règles du droit commun, tandis qu’une personne privée exerce une activité soumise à des règles administratives. Quelle conclusion traduit correctement le champ du droit administratif ?

Le champ du droit administratif dépend des règles applicables à l’activité, pas seulement du statut de la personne.
Le droit administratif s’applique dès qu’une personne publique intervient, quel que soit le régime de son activité.
Le droit applicable dépend du statut de la personne, même lorsque son activité suit un régime différent.
Le droit administratif concerne les personnes publiques, tandis que les personnes privées relèvent du droit privé.

Le champ du droit administratif dépend des règles applicables à l’activité, pas seulement du statut de la personne.

Explication

Le droit administratif régit certaines activités sans se limiter aux personnes publiques, et les personnes publiques peuvent relever du droit privé selon leur activité. Le statut public ne suffit donc pas à déterminer le droit applicable, tandis que l’exclusion des personnes privées et la primauté du statut déforment cette distinction.

11. À quelles figures sont associées les deux grandes finalités du droit administratif, le service public et la puissance publique ?

Maurice Hauriou au service public et Léon Duguit à la puissance publique.
Maurice Hauriou au service public et Jean Rivero à la puissance publique.
Jean Rivero au service public et Léon Duguit à la puissance publique.
Léon Duguit au service public et Maurice Hauriou à la puissance publique.

Léon Duguit au service public et Maurice Hauriou à la puissance publique.

Explication

Le service public est associé à Léon Duguit et la puissance publique à Maurice Hauriou. Inverser ces associations confond les deux auteurs, tandis que Jean Rivero ne correspond pas à l’association indiquée pour la puissance publique.

12. Une administration adopte une décision qui s’impose à un administré sans son consentement et sans autorisation judiciaire préalable. Quel principe décrit ce pouvoir ?

L’exécution forcée de la décision.
L’autorisation judiciaire préalable.
Le consentement contractuel préalable.
Le privilège du préalable.

Le privilège du préalable.

Explication

Le privilège du préalable permet à l’administration de prendre un acte unilatéral qui s’impose sans consentement ni autorisation judiciaire préalable. L’autorisation préalable du juge inverse la règle, le consentement contractuel suppose un accord, et l’exécution forcée désigne un autre aspect de l’action administrative.

13. Une autorité de police examine une atteinte à la dignité humaine qui ne relève pas directement de la tranquillité, de la salubrité ou de la sécurité. Comment cette considération se rattache-t-elle à l’ordre public ?

La dignité humaine relève de la moralité publique, sans constituer une composante distincte.
La dignité humaine est une composante ajoutée par la jurisprudence à l’ordre public.
La dignité humaine relève des garanties d’égalité, de continuité et de mutabilité du service public.
La dignité humaine est une composante traditionnelle au même titre que la sécurité publique.

La dignité humaine est une composante ajoutée par la jurisprudence à l’ordre public.

Explication

À la tranquillité, à la salubrité et à la sécurité, la jurisprudence a ajouté la moralité publique et la dignité de la personne humaine. La dignité n’est donc ni une composante traditionnelle ni un simple synonyme de moralité, et les lois de Rolland concernent les garanties du service public.

14. Un service administratif invoque un objectif d’intérêt général pour adopter une mesure que le droit ne prévoit pas et qui méconnaît une norme supérieure. Que requiert le principe de légalité ?

La mesure peut être prise dès lors que l’administration invoque un intérêt général.
La mesure peut être prise si elle respecte les règles internes de l’administration, même contre une norme supérieure.
La mesure peut être prise lorsque l’administration estime son objectif assez important.
La mesure ne peut être prise ainsi : les pouvoirs doivent être prévus par le droit et respecter les normes supérieures.

La mesure ne peut être prise ainsi : les pouvoirs doivent être prévus par le droit et respecter les normes supérieures.

Explication

L’administration ne peut agir arbitrairement : ses pouvoirs doivent être prévus par le droit et respecter la légalité ainsi que les normes supérieures. L’intérêt général ne dispense pas de ces exigences, et le respect des seules règles internes ou l’appréciation discrétionnaire de l’objectif ne suffit pas.

15. Quelle définition du service public René Chapus propose-t-il ?

Une activité d’intérêt général exercée par une personne publique et régie entièrement par le droit public
Une activité d’intérêt général exercée par une personne privée et placée sous le contrôle du juge
Une activité administrative assurée par une personne publique, quelle que soit sa finalité et son régime juridique
Une activité d’intérêt général, assurée ou assumée par une personne publique et régie au moins partiellement par le droit public

Une activité d’intérêt général, assurée ou assumée par une personne publique et régie au moins partiellement par le droit public

Explication

Pour Chapus, le service public est une activité d’intérêt général rattachée à une personne publique et soumise au moins partiellement au droit public. La gestion par une personne privée ne suffit pas à supprimer ce rattachement, tandis que le droit public n’a pas à régir l’activité entièrement.

16. Quels critères cumulatifs le Conseil d’État retient-il dans l’arrêt Narcy du 28 juin 1963 pour caractériser un service public ?

L’intérêt général, la création législative et l’exercice de prérogatives de puissance publique
L’intérêt général, un contrôle renforcé de la personne publique et l’absence de prérogatives de puissance publique
L’intérêt général, la prise en charge par une personne publique et un régime exorbitant du droit privé
L’intérêt général, la gestion par une personne privée et un régime conforme au droit privé

L’intérêt général, la prise en charge par une personne publique et un régime exorbitant du droit privé

Explication

Narcy articule trois critères cumulatifs : l’intérêt général, la prise en charge par une personne publique et un régime juridique exorbitant du droit privé. Le contrôle renforcé sans prérogatives renvoie à l’assouplissement admis plus tard dans APREI.

17. Une association mène une activité d’intérêt général sans prérogatives de puissance publique, mais une personne publique en contrôle étroitement le fonctionnement. Quelle conclusion correspond à l’arrêt APREI du 22 février 2007 ?

L’absence de prérogatives n’empêche pas la qualification de service public
L’absence de prérogatives empêche la qualification de service public
La gestion par une association exclut la qualification de service public
Le contrôle renforcé équivaut à un régime exorbitant du droit privé

L’absence de prérogatives n’empêche pas la qualification de service public

Explication

APREI admet qu’une activité puisse être qualifiée de service public malgré l’absence de prérogatives de puissance publique lorsqu’elle répond à l’intérêt général et fait l’objet d’un contrôle public renforcé. Exiger le critère ordinaire de Narcy sans tenir compte de cet assouplissement méconnaît cette décision.

18. Une activité poursuit un intérêt général, mais aucun élément ne permet de la qualifier de service public. Quelle distinction faut-il retenir ?

L’intérêt général suffit à caractériser un service public, même sans autre élément
L’intérêt général caractérise un service public seulement si une personne privée le gère
L’intérêt général est facultatif dès lors qu’une personne publique gère l’activité
L’intérêt général est nécessaire au service public, mais ne suffit pas à le caractériser

L’intérêt général est nécessaire au service public, mais ne suffit pas à le caractériser

Explication

Toutes les activités de service public sont d’intérêt général, mais l’inverse n’est pas vrai : l’intérêt général ne suffit pas à établir la qualification. Assimiler les deux notions transforme à tort une condition nécessaire en condition suffisante.

19. Une commune gère directement un service public. Quel élément satisfait le critère du régime exorbitant du droit privé ?

Les prérogatives de puissance publique dont dispose la personne publique
Le seul intérêt général poursuivi par l’activité
Les prérogatives de puissance publique dont dispose l’usager
Le contrat de concession conclu avec une personne privée

Les prérogatives de puissance publique dont dispose la personne publique

Explication

Lorsqu’une personne publique gère le service, ses prérogatives de puissance publique satisfont le critère du régime exorbitant du droit privé. Le seul intérêt général ne constitue pas ce régime, et une concession concerne une gestion confiée à une personne privée.

20. Une personne privée exerce une activité d’intérêt général sans prérogatives de puissance publique. Les conditions de création, d’organisation et de fonctionnement montrent une présence et un contrôle renforcés de la personne publique. Quelle qualification peut être retenue ?

Un service public, car la personne privée est réputée disposer de prérogatives
Une activité privée, car le contrôle public ne concerne que les concessions
Un service public, malgré l’absence de prérogatives de puissance publique
Une activité privée, car l’absence de prérogatives exclut le service public

Un service public, malgré l’absence de prérogatives de puissance publique

Explication

Depuis la décision du Conseil d’État de 2007, l’absence de prérogatives ne fait pas obstacle à la qualification lorsque les conditions de création, d’organisation et de fonctionnement révèlent une présence renforcée et un contrôle de la personne publique. Exiger des prérogatives dans tous les cas néglige cet assouplissement.

21. Quelle décision du Tribunal des conflits, rendue le 22 janvier 1921, qualifie le transport assuré par une colonie de service exploité comme une industrie ?

L’arrêt Société commerciale de l’Ouest africain, dit Bac d’Eloka
L’arrêt Mels-sur-Sarthe
L’affaire USIA
L’arrêt Époux Barbier

L’arrêt Société commerciale de l’Ouest africain, dit Bac d’Eloka

Explication

Dans l’arrêt Bac d’Eloka, le Tribunal des conflits qualifie le transport assuré par la colonie de service exploité comme une industrie. Mels-sur-Sarthe concerne un service communal d’électricité, USIA propose des critères de distinction et Époux Barbier porte sur les actes d’organisation d’un SPIC.

22. Pour distinguer un SPA d’un SPIC dans l’affaire USIA, quels éléments le juge examine-t-il ?

L’objet, le financement et l’organisation et le fonctionnement du service
L’organisation, le statut des usagers et le mode de recours
L’objet, le statut du gestionnaire et la juridiction compétente
Le financement, la mission des agents et la forme des contrats

L’objet, le financement et l’organisation et le fonctionnement du service

Explication

Les critères USIA sont l’objet du service, son mode de financement et ses modalités d’organisation et de fonctionnement. Le statut du gestionnaire ou la juridiction compétente ne remplace pas ces trois critères.

23. Une commune crée un service public dont l’objet et le fonctionnement évoquent une activité industrielle, et dont les recettes proviennent surtout des usagers. Quelle qualification peut résulter de l’examen des critères ?

Un SPIC, car une présomption de SPIC s’attache à toute activité payante
Un SPA, car la création par une commune fixe définitivement la qualification
Un SPA, car toute activité d’une personne publique relève du droit public
Un SPIC, car les critères peuvent renverser la présomption de SPA

Un SPIC, car les critères peuvent renverser la présomption de SPA

Explication

La création par une personne publique fait présumer un SPA, mais cette présomption est simple et peut être renversée lorsque les critères révèlent un SPIC. La considérer comme irréfragable ou déduire automatiquement un SPIC du paiement constitue une erreur.

24. Un service municipal est gratuit, alors que son coût réel est élevé. Quel indice son mode de financement fournit-il pour distinguer SPA et SPIC ?

Un indice neutre entre SPA et SPIC
Un indice en faveur d’un SPIC dès que le coût réel est élevé
Un indice en faveur d’un SPIC
Un indice en faveur d’un SPA

Un indice en faveur d’un SPA

Explication

La gratuité ou un coût très faible par rapport au coût réel oriente vers la qualification de SPA. Le financement majoritaire par les usagers oriente plutôt vers le SPIC ; un coût réel élevé ne suffit pas à lui seul à établir ce financement.

25. Quelle proposition caractérise le régime juridique général d’un SPA et d’un SPIC ?

Le SPA relève majoritairement du droit public et le SPIC du droit privé, avec des éléments possibles de l’autre régime
Le SPA relève majoritairement du droit privé et le SPIC du droit public, avec des éléments possibles de l’autre régime
Le SPA et le SPIC relèvent majoritairement du droit public, avec des éléments possibles de droit privé
Le SPA et le SPIC relèvent majoritairement du droit privé, avec des éléments possibles de droit public

Le SPA relève majoritairement du droit public et le SPIC du droit privé, avec des éléments possibles de l’autre régime

Explication

Le régime du SPA est dominé par le droit public, tandis que celui du SPIC est dominé par le droit privé, sans exclure des éléments relevant de l’autre régime. Inverser les régimes dominants ou leur attribuer une identité méconnaît cette distinction.

26. Une association privée gère un SPA et prend un acte en exerçant une prérogative de puissance publique. Quelle est la nature de cet acte ?

Un acte administratif
Un contrat privé conclu avec un usager
Un acte de droit privé
Un acte d’organisation d’un SPIC

Un acte administratif

Explication

L’acte d’une personne privée gestionnaire d’un SPA est administratif lorsqu’il met en œuvre une prérogative de puissance publique. Le statut privé du gestionnaire ne suffit donc pas à rendre l’acte privé, et la règle relative aux SPIC ne s’applique pas ici.

27. Une personne privée gère un SPA et un usager demande réparation d’un dommage causé par ce service. Quel juge est en principe compétent pour le contentieux de responsabilité ?

Le juge administratif, car le service est un SPA
Le juge judiciaire, car le service est nécessairement un SPIC
Le juge administratif
Le juge judiciaire

Le juge judiciaire

Explication

Pour un SPA géré par une personne privée, le contentieux de la responsabilité relève en principe du juge judiciaire. La compétence du juge administratif correspond en principe au SPA géré par une personne publique ; la seule qualification de SPA ne suffit pas à la déterminer.

28. Un SPIC adopte une mesure portant sur l’organisation générale du service, puis prend une décision concernant sa gestion quotidienne. Quels juges sont en principe compétents pour ces deux catégories d’actes ?

Le juge administratif pour les deux catégories d’actes
Le juge administratif pour l’organisation, le juge judiciaire pour la gestion quotidienne
Le juge judiciaire pour l’organisation, le juge administratif pour la gestion quotidienne
Le juge judiciaire pour les deux catégories d’actes

Le juge administratif pour l’organisation, le juge judiciaire pour la gestion quotidienne

Explication

Selon l’arrêt Époux Barbier, les actes d’organisation d’un SPIC relèvent du droit administratif et du juge administratif, tandis que les actes de gestion quotidienne relèvent du juge judiciaire. Inverser ces catégories ou attribuer l’ensemble des actes à un seul juge méconnaît cette répartition.

29. Quelles règles communes, appelées lois de Rolland, s’appliquent aux SPA comme aux SPIC, même sans texte ?

La continuité, l’égalité et les règles propres aux SPA
La continuité, la mutabilité et la neutralité
La continuité, la mutabilité et l’égalité
La continuité, l’égalité et la gratuité

La continuité, la mutabilité et l’égalité

Explication

Les lois de Rolland sont la continuité, la mutabilité ou adaptabilité et l’égalité ; elles concernent les SPA et les SPIC, même sans texte. La gratuité n’en fait pas partie, et la neutralité ne remplace pas la mutabilité dans cette liste.

30. Un service public fonctionne à intervalles réguliers, sans être ouvert en permanence. Quel principe cette situation peut-elle respecter ?

L’égalité, qui exige un fonctionnement régulier
L’immuabilité, qui exige un fonctionnement régulier
La continuité, qui exige un fonctionnement régulier
La permanence, qui exige une ouverture régulière

La continuité, qui exige un fonctionnement régulier

Explication

La continuité requiert le fonctionnement régulier du service, mais ne signifie pas qu’il fonctionne en permanence. La permanence concerne certains services, tandis que l’immuabilité et l’égalité sont d’autres notions.

31. Une commune envisage de supprimer un service public devenu inutile au regard de l’intérêt général. Quelle conséquence découle du principe applicable aux usagers ?

Les usagers peuvent exiger le maintien de sa réglementation
Les usagers peuvent s’opposer à toute interruption du service
Les usagers peuvent exiger le maintien du service
Les usagers ne peuvent exiger le maintien du service

Les usagers ne peuvent exiger le maintien du service

Explication

Les usagers n’ont pas de droit au maintien d’un service public, que l’autorité peut supprimer, comme l’illustre l’arrêt Vanier de 1961. Le droit à un fonctionnement normal ne crée pas un droit à la conservation du service.

32. Dans un service public où le droit de grève n’est pas interdit, aucune loi n’en fixe les modalités. Qui peut alors le réglementer pour le concilier avec la continuité du service ?

Le législateur, même sans intervenir
Le chef de service
Les usagers du service
Le gestionnaire contractuel

Le chef de service

Explication

Depuis la Constitution de 1946, le droit de grève des agents publics se concilie avec la continuité et peut être réglementé par le législateur ou, à défaut, par le chef de service. Le gestionnaire contractuel et les usagers ne reçoivent pas cette compétence.

33. Face à une évolution de l’intérêt général, une administration doit déterminer si son service public peut être ajusté. Quel principe guide cette adaptation ?

La mutabilité du service public
La continuité du service public
L’égalité devant le service public
L’immuabilité du service public

La mutabilité du service public

Explication

Le principe de mutabilité oblige le service public à pouvoir s’adapter aux évolutions de l’intérêt général. La continuité porte sur son fonctionnement régulier, tandis que l’immuabilité s’oppose précisément à l’adaptation.

34. Une administration modifie la réglementation applicable à un service public afin de l’adapter aux besoins actuels. Quel droit les usagers peuvent-ils invoquer à l’égard de l’ancienne réglementation ?

Aucun droit acquis au maintien de l’ancienne réglementation
Un droit acquis à empêcher toute adaptation réglementaire
Un droit acquis au maintien du service sous ses anciennes règles
Un droit acquis au maintien de l’ancienne réglementation

Aucun droit acquis au maintien de l’ancienne réglementation

Explication

La mutabilité permet de modifier ou de supprimer la réglementation d’un service public : les usagers n’ont pas de droit acquis à son maintien. Cette règle ne doit pas être confondue avec un prétendu droit au maintien du service lui-même.

35. Quel arrêt du Conseil d’État a affirmé en 1951 le principe d’égalité devant le service public, corollaire de l’égalité devant la loi énoncée à l’article 6 de la DDHC ?

Barel
Morsang-sur-Orge
Société des concerts du conservatoire
Denoyez et Chorques

Société des concerts du conservatoire

Explication

L’arrêt Société des concerts du conservatoire affirme en 1951 l’égalité devant le service public, déduite de l’égalité devant la loi. Barel concerne les discriminations d’accès, Denoyez et Chorques les différences de traitement, et Morsang-sur-Orge la dignité humaine.

36. Une commune applique un tarif différent à deux catégories d’usagers dont les situations diffèrent de manière appréciable et légitime au regard du service. À quelle condition cette différence de traitement peut-elle être admise ?

Si elle répond à une raison impérieuse liée à l’objet du service
Si elle est liée au but du service et reste proportionnée
Si elle repose sur une différence de situation, même excessive
Si elle est justifiée par un motif sans lien avec le service

Si elle est liée au but du service et reste proportionnée

Explication

Pour des situations différentes, Denoyez et Chorques admet un traitement différencié si la différence est appréciable et légitime, liée au but du service et non excessive. La raison impérieuse d’intérêt général concerne le traitement distinct de personnes en situation identique; l’absence de lien ou l’excès invalide la différence.

37. Dans le cadre de son service, un agent public souhaite exprimer publiquement ses convictions personnelles. Quelle règle s’applique à sa conduite professionnelle ?

Il doit respecter la neutralité et ne pas exprimer publiquement ses convictions dans le service
Il peut exprimer ses convictions comme un usager du service
Il doit renoncer à ses convictions dans sa vie privée
Il respecte la neutralité selon le régime juridique du service

Il doit respecter la neutralité et ne pas exprimer publiquement ses convictions dans le service

Explication

La neutralité s’impose aux agents, quels que soient leurs convictions et le régime juridique du service, et leur interdit d’exprimer publiquement leurs convictions dans l’exercice du service. La liberté reconnue en principe aux usagers ne s’applique pas de la même manière aux agents; cette obligation ne supprime pas les convictions privées.

38. Une usagère porte un signe exprimant ses convictions dans un service public, sans que cela perturbe son fonctionnement. Quel principe s’applique en règle générale ?

Elle conserve en principe sa liberté d’expression, sous réserve du bon fonctionnement du service
Elle est soumise à la neutralité applicable aux agents publics
Elle doit obtenir une autorisation préalable de l’administration
Elle peut exprimer ses convictions même si le service est perturbé

Elle conserve en principe sa liberté d’expression, sous réserve du bon fonctionnement du service

Explication

Les usagers ne sont en principe soumis ni à la neutralité ni à la laïcité dans le service public; leur liberté d’expression peut toutefois être limitée pour en assurer le bon fonctionnement. La neutralité des agents ne leur est pas transposée, et la liberté des usagers n’exclut pas toute restriction.

39. Une autorité municipale prend des mesures avant une manifestation pour éviter des troubles à l’ordre public. À quelle activité correspond cette action ?

À une prestation administrative destinée à répondre aux besoins des usagers
À une intervention répressive visant à punir un trouble déjà commis
À une activité matérielle de prévention et de maintien de l’ordre public
À une procédure judiciaire d’établissement de la responsabilité pénale

À une activité matérielle de prévention et de maintien de l’ordre public

Explication

La police administrative est une activité matérielle qui vise à prévenir, préserver et maintenir l’ordre public. La répression d’une infraction déjà commise relève d’une logique distincte; la sanction pénale et la prestation de service public ne définissent pas cette activité.

40. Un maire est informé d’un risque concret de trouble à l’ordre public et s’abstient d’intervenir. Quelle obligation découle de l’arrêt Doublet de 1959 ?

L’autorité doit indemniser les personnes exposées sans prendre de mesure
L’autorité peut attendre que le trouble se réalise avant d’agir
L’autorité de police est tenue d’agir face au risque de trouble
L’autorité peut déléguer sa décision à une juridiction pénale

L’autorité de police est tenue d’agir face au risque de trouble

Explication

Selon l’arrêt Doublet, l’existence d’un risque de trouble à l’ordre public oblige l’autorité de police à agir. Attendre la réalisation du trouble méconnaît cette obligation; l’indemnisation et la décision judiciaire ne remplacent pas l’action de police.

41. Quels objectifs l’article L. 2212-2 du CGCT associe-t-il à la police municipale ?

Le bon ordre, la moralité, la continuité et la sécurité publiques
La sûreté, la dignité, la continuité et la salubrité publiques
La tranquillité, la moralité, la dignité et la sécurité publiques
Le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques

Le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques

Explication

L’article L. 2212-2 définit la police municipale par la recherche du bon ordre, de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publiques. La moralité et la dignité sont des composantes immatérielles reconnues par la jurisprudence, tandis que la continuité ne figure pas dans cette définition.

42. Un maire interdit une attraction portant atteinte à la dignité humaine, sans invoquer de circonstances locales particulières. Quel principe issu de l’arrêt Morsang-sur-Orge de 1995 justifie cette mesure ?

La dignité humaine est une composante de l’ordre public sans exigence de circonstances locales particulières
L’obligation d’agir en police administrative découle de la seule dignité humaine
La moralité publique constitue l’unique composante immatérielle de l’ordre public
La dignité humaine ne relève de l’ordre public qu’en présence d’un risque pour la sécurité

La dignité humaine est une composante de l’ordre public sans exigence de circonstances locales particulières

Explication

Dans l’arrêt Morsang-sur-Orge, le Conseil d’État reconnaît la dignité humaine comme composante de l’ordre public sans exiger de circonstances locales particulières. L’exigence de telles circonstances ne correspond pas à ce principe; l’ordre public ne se limite pas aux atteintes matérielles, et Doublet traite de l’obligation d’agir.

43. Une autorité prend une mesure pour encadrer l’accès à une activité professionnelle particulière, sans viser les autres activités ni l’ensemble des citoyens. De quel type de police s’agit-il ?

D’une sanction de police administrative
D’une police administrative générale
D’une police judiciaire générale
D’une police administrative spéciale

D’une police administrative spéciale

Explication

La police administrative spéciale vise une activité ou un groupe particulier, contrairement à la police générale qui concerne l’ensemble des citoyens et des activités. La police générale élargit à tort le champ visé, la police judiciaire concerne la répression d’atteintes commises et la sanction est distincte d’une mesure de police préventive.

44. Après un vol déjà commis, une enquête est ouverte afin d’en identifier l’auteur et de le poursuivre. Quelle finalité caractérise cette intervention ?

L’encadrement d’une activité relevant d’une police spéciale
La répression relevant de la police judiciaire
La prévention relevant de la police administrative
L’évitement d’une atteinte par une mesure administrative

La répression relevant de la police judiciaire

Explication

La police judiciaire réprime les atteintes déjà commises, tandis que la police administrative cherche à les prévenir. La prévention et l’évitement décrivent une finalité administrative, et l’encadrement d’une activité particulière relève de la distinction entre police générale et spéciale.

45. Une autorité interdit temporairement l’accès à un bâtiment jugé dangereux afin d’éviter des blessures. Comment qualifier cette mesure de police administrative ?

Une réparation imposée à la suite d’un dommage
Une mesure préventive, et non une sanction
Une répression d’une infraction déjà commise
Une sanction prononcée après une atteinte

Une mesure préventive, et non une sanction

Explication

Une mesure de police administrative vise à éviter une atteinte et ne constitue donc pas une sanction. La peine et la répression supposent une logique de sanction d’un fait commis, tandis que la réparation vise à compenser un dommage.

46. Une commune souhaite confier par contrat à une entreprise privée le pouvoir de décider et d’édicter des mesures de police administrative. Quelle solution s’applique ?

La compétence contractuelle remplace les actes administratifs unilatéraux
La compétence de police doit être exercée par un contrat
Les mesures de police peuvent être confiées à une entreprise privée
La véritable activité de police ne peut être déléguée par contrat

La véritable activité de police ne peut être déléguée par contrat

Explication

L’autorité administrative peut déterminer les mesures de police, notamment par des actes unilatéraux, mais elle ne peut déléguer par contrat une véritable activité de police administrative. Les actes unilatéraux ne sont pas des contrats, et une prestation matérielle ne se confond pas avec l’exercice du pouvoir de police.

47. Face à un risque nécessitant une mesure de police générale applicable dans tout le pays, quelle autorité administrative est compétente de droit commun ?

Le ministre chargé de la culture
Le maire de la commune concernée
Le préfet de département
Le Premier ministre

Le Premier ministre

Explication

Le Premier ministre est l’autorité de police générale de droit commun à l’échelle nationale et peut prendre des mesures applicables sur tout le territoire. Le préfet agit à l’échelle départementale, le maire en principe à l’échelle communale, et le ministre chargé de la culture détient une compétence spéciale pour la police du cinéma.

48. Un trouble touche plusieurs communes d’un même département et nécessite la réquisition de services. Quelle autorité peut agir au nom de l’État ?

Le ministre chargé de la culture
Le préfet de département
Le maire de l’une des communes
Le président du conseil départemental

Le préfet de département

Explication

Le préfet exerce les pouvoirs de police au nom de l’État et peut adopter des mesures couvrant plusieurs communes ainsi que réquisitionner des biens ou des services. Le maire agit en principe dans sa commune, le président du conseil départemental dispose de pouvoirs attribués notamment sur certaines voies, et le ministre exerce une compétence spéciale déterminée.

49. Un maire ne prend aucune mesure face à un trouble relevant de la police administrative générale dans sa commune. Quelle autorité peut se substituer à lui en cas de carence ?

Le Premier ministre
Le ministre chargé de la culture
Le préfet
Le président du conseil départemental

Le préfet

Explication

Le maire exerce en principe la police administrative générale dans la commune, mais le préfet peut se substituer à lui en cas de carence conformément à l’article L. 2215-1 du CGCT. Le Premier ministre agit à l’échelle nationale, le président du conseil départemental exerce des compétences déterminées, et le ministre chargé de la culture relève d’une police spéciale.

50. Un texte institue une police spéciale et désigne expressément l’autorité chargée de l’exercer. Comment cette autorité tient-elle sa compétence ?

De la compétence générale de police reconnue à toute autorité locale
D’un choix contractuel conclu entre l’administration et un opérateur
De la seule capacité de l’autorité à adopter des actes unilatéraux
Du texte qui institue la police et désigne l’autorité compétente

Du texte qui institue la police et désigne l’autorité compétente

Explication

Chaque police spéciale est instituée par un texte qui attribue la compétence à une autorité déterminée, par exemple le ministre chargé de la culture pour la police du cinéma. La compétence générale de police ne suffit pas à exercer une police spéciale, et la désignation ne résulte ni d’un contrat ni de la seule faculté d’édicter des actes unilatéraux.

51. Une autorité de police générale supérieure impose une restriction sur un territoire étendu. Quelle exigence s’applique à la mesure prise par une autorité générale inférieure pour ce territoire ?

Elle doit relever d’un champ de compétence différent.
Elle doit reprendre à l’identique celle de l’autorité supérieure.
Elle doit être plus restrictive que celle de l’autorité supérieure.
Elle doit être moins restrictive que celle de l’autorité supérieure.

Elle doit être plus restrictive que celle de l’autorité supérieure.

Explication

Dans un concours entre polices générales, la mesure de l’autorité inférieure doit être plus restrictive que celle de l’autorité supérieure. La réponse « moins restrictive » inverse la hiérarchie, tandis que « à l’identique » et « champ différent » confondent cette règle avec d’autres situations.

52. Deux autorités envisagent d’agir au titre de polices spéciales distinctes, mais le sujet relève du champ de compétence de l’une seule. Quelle solution s’applique en principe ?

Chaque autorité agit dans son champ propre, sans substitution de l’une à l’autre.
L’autorité inférieure adopte une mesure plus restrictive que l’autre.
L’autorité dont la mesure est la plus stricte se substitue à l’autre.
L’autorité compétente peut étendre sa police spéciale au champ de l’autre.

Chaque autorité agit dans son champ propre, sans substitution de l’une à l’autre.

Explication

En principe, une police spéciale ne peut intervenir que dans son propre champ de compétence et ne se substitue pas à une autre police spéciale. La substitution confond compétence propre et remplacement; la règle de mesure plus restrictive concerne les polices générales; l’extension méconnaît les limites de compétence.

53. Lorsqu’une police générale et une police spéciale poursuivent la même finalité, quel principe le Conseil d’État a-t-il posé en 1930 dans l’affaire Compagnie aérienne française et Chambre syndicale de l’industrie aéronautique ?

La police générale exclut en principe l’intervention de la police spéciale.
La police générale se substitue en principe à la police spéciale.
Les deux polices interviennent en principe conjointement et à égalité.
La police spéciale exclut en principe l’intervention de la police générale.

La police spéciale exclut en principe l’intervention de la police générale.

Explication

Lorsque les deux polices poursuivent la même finalité, l’existence de la police spéciale exclut en principe l’intervention de la police générale. L’inversion de cette exclusion donne priorité à la police générale; la compétence concurrente et la substitution ne correspondent pas au principe posé.

54. Une police spéciale nationale encadre un risque, mais une situation locale présente un péril imminent. Quelle intervention de la police générale peut être admise sans compromettre les mesures nationales ?

S’abstenir de toute intervention dès qu’une police spéciale existe.
Intervenir même si les mesures locales contredisent le dispositif national.
Prendre les premières mesures nécessaires face au péril imminent.
Remplacer durablement le dispositif national par une réglementation locale.

Prendre les premières mesures nécessaires face au péril imminent.

Explication

La police générale peut prendre les premières mesures en cas d’urgence ou de péril imminent, sous réserve de ne pas compromettre les mesures nationales. Le remplacement durable dépasse cette intervention, la contradiction méconnaît sa limite, et l’abstention ignore l’exception d’urgence.

55. Quel principe résume la formule de l’arrêt Corneille de 1917 sur la liberté et les restrictions de police ?

La liberté et la restriction de police ont le même statut de principe.
La restriction de police est la règle et la liberté l’exception.
L’autorité de police fixe librement la règle et l’exception.
La liberté est la règle et la restriction de police l’exception.

La liberté est la règle et la restriction de police l’exception.

Explication

L’arrêt Corneille affirme que la liberté est la règle et que la restriction de police constitue l’exception. La formulation inverse cette hiérarchie; l’égalité de statut et la priorité de l’autorité de police ne reflètent pas ce principe.

56. Un juge examine une mesure de police contestée. Quel ensemble de points relève des contrôles qu’il doit effectuer ?

Le motif d’ordre public, la durée, la popularité et le coût de la mesure.
La compétence, le motif d’ordre public, la discrimination et le but exclusivement financier.
La compétence, l’efficacité économique, l’égalité territoriale et l’opportunité politique.
La proportionnalité, la compétence budgétaire, la consultation et l’accord des administrés.

La compétence, le motif d’ordre public, la discrimination et le but exclusivement financier.

Explication

Le contrôle porte notamment sur la compétence de l’autorité, l’existence d’un motif d’ordre public, l’absence de discrimination et l’absence de but exclusivement financier. L’efficacité économique et l’opportunité politique ne remplacent pas ces critères; le coût ou l’accord des administrés ne forment pas l’ensemble requis.

57. Une municipalité interdit toute réunion dans une salle pour prévenir des troubles, alors qu’un dispositif moins contraignant permettrait de les éviter. Comment apprécier la légalité de l’interdiction ?

Elle est illégale, car une mesure moins contraignante suffisait à prévenir le trouble.
Elle est légale, car l’existence d’un risque autorise toute interdiction préventive.
Elle est légale, si elle est adaptée aux circonstances, même sans nécessité.
Elle est illégale, car une mesure de police ne peut limiter la liberté de réunion.

Elle est illégale, car une mesure moins contraignante suffisait à prévenir le trouble.

Explication

Selon le contrôle de proportionnalité de l’arrêt Benjamin, une restriction doit être nécessaire et proportionnée; elle est illégale si une mesure moins contraignante aurait suffi. La simple existence d’un risque ne justifie pas toute interdiction, l’adaptation seule ne suffit pas, et une limitation de liberté n’est pas automatiquement illégale.

58. Une administration conclut un contrat portant sur la location d’un local dans des conditions comparables à celles d’un propriétaire privé. Quelle conclusion peut-on tirer du seul fait que l’une des parties est une administration ?

Le contrat relève du droit public dès qu’il concerne un bien immobilier.
Le contrat peut relever du droit privé.
Le contrat devient administratif dès sa signature par l’administration.
Le contrat relève nécessairement du droit administratif.

Le contrat peut relever du droit privé.

Explication

La présence d’une administration parmi les parties ne suffit pas à rendre le contrat administratif : elle peut aussi conclure des contrats de droit privé. Assimiler contrat de l’administration et contrat administratif confond les deux catégories, tandis que la qualité publique d’une partie ou la nature immobilière du bien ne tranche pas à elle seule la qualification.

59. Quel élément caractérise le contrat administratif par rapport au contrat soumis au droit commun ?

Il est conclu par une personne publique avec un particulier.
Il obéit à des règles exorbitantes du droit commun.
Il porte sur l’exécution d’une mission de service public.
Il est soumis aux règles ordinaires du droit civil.

Il obéit à des règles exorbitantes du droit commun.

Explication

Le contrat administratif se caractérise par l’application de règles exorbitantes du droit commun. La présence d’une personne publique ou le lien avec un service public peuvent intervenir dans la qualification jurisprudentielle, mais ne constituent pas la définition générale; le droit civil correspond au droit commun.

60. Une loi qualifie expressément d’administratif un contrat conclu entre deux sociétés privées. Quelle qualification faut-il retenir ?

Un contrat administratif seulement si une clause exorbitante est ajoutée.
Un contrat administratif en vertu de la loi.
Un contrat de droit privé jusqu’à ce qu’un juge le requalifie.
Un contrat de droit privé faute de partie publique.

Un contrat administratif en vertu de la loi.

Explication

Lorsqu’une disposition législative qualifie un contrat d’administratif, cette qualification suffit, y compris entre deux personnes privées. Exiger une partie publique ou un critère matériel ajoute des conditions à la qualification législative, et la traiter comme un simple indice méconnaît son effet.

61. Pour qualifier un contrat selon les critères jurisprudentiels, une équipe vérifie d’abord la qualité des parties, puis le lien du contrat avec l’activité publique. Quelle analyse correspond à cette démarche ?

Le critère organique concerne l’objet; le critère matériel concerne la qualité des parties.
Le critère organique concerne les parties; le critère matériel concerne le lien avec l’activité publique.
La présence d’une personne publique suffit, sans examen matériel du contrat.
Les deux critères portent sur la qualité des parties, mais à des degrés différents.

Le critère organique concerne les parties; le critère matériel concerne le lien avec l’activité publique.

Explication

Le critère organique porte en principe sur la présence d’au moins une personne publique parmi les parties; le critère matériel examine le lien avec l’activité publique par l’objet, le contenu ou le contexte. Inverser ces critères brouille leur objet, et la seule présence d’une personne publique ne dispense pas de l’analyse matérielle.

62. Un texte n’impose aucune forme particulière à un contrat administratif de prestation. Quelle forme peut être valable au regard du principe posé par le Conseil d’État dans l’arrêt Époux Bertin ?

Une forme écrite, car tout contrat administratif l’exige.
Une forme orale uniquement après autorisation du juge administratif.
Une procédure dématérialisée, même sans disposition applicable.
Une forme orale, en l’absence d’exigence textuelle d’écrit.

Une forme orale, en l’absence d’exigence textuelle d’écrit.

Explication

En l’absence de disposition imposant l’écrit, un contrat administratif peut être oral, conformément à l’arrêt Époux Bertin. L’exigence d’écrit n’est donc pas générale; la dématérialisation ou l’autorisation d’un juge ne constituent pas des conditions générales de formation.

63. Une administration prépare un marché public et, séparément, une concession. Quelle règle s’applique à la dématérialisation de leurs procédures ?

Elle est obligatoire pour les deux types de contrats.
Elle est facultative pour le marché public et obligatoire pour la concession.
Elle est obligatoire pour le marché public et facultative pour la concession.
Elle est facultative pour les deux types de contrats.

Elle est obligatoire pour le marché public et facultative pour la concession.

Explication

La passation des marchés publics est entièrement dématérialisée, alors que la dématérialisation des concessions est facultative. Rendre la concession obligatoire transpose la règle des marchés; rendre le marché facultatif transpose celle des concessions, et l’écrit est une question distincte.

64. Lors de la sélection de candidats à un contrat de la commande publique, quels principes fondamentaux doivent guider la procédure ?

La liberté d’accès, l’égalité de traitement et la transparence.
La liberté d’accès, la négociation confidentielle et le choix discrétionnaire.
La confidentialité, l’égalité de traitement et la préférence locale.
La publicité, la préférence pour l’offre locale et la sélection sans égalité.

La liberté d’accès, l’égalité de traitement et la transparence.

Explication

La commande publique repose sur la liberté d’accès, l’égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures; ces principes ont valeur constitutionnelle et figurent à l’article L. 3 du Code de la commande publique. La confidentialité, la préférence locale ou le choix discrétionnaire contredisent ces exigences.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 93 flashcards sur Service public et police administrative.

Le droit administratif français est-il un droit naturel ou une construction historique ?

Une construction historique.

Qu’est-ce que l’État de droit ?

Un système dans lequel l’État respecte les règles qu’il s’est lui-même fixées.

Que prohibent les lois des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ?

Les tribunaux judiciaires ne peuvent connaître des affaires administratives.

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