Fiche de révision : Sources du droit et justice

Plan du Cours

  1. Droit, morale, justice et équité
  2. Droit et religion
  3. L’ancien droit français
  4. Révolution et droit intermédiaire
  5. Codification napoléonienne
  6. Droit pénal et intérêts protégés
  7. Droit positif et normes constitutionnelles
  8. Traités et droit européen
  9. Lois et règlements nationaux
  10. Jurisprudence, coutume et doctrine
  11. Juridictions constitutionnelles
  12. Juridictions judiciaires de première instance
  13. Les juridictions du second degré
  14. La Cour de cassation
  15. Les juridictions administratives
  16. L’introduction de l’instance
  17. La préparation du dossier et les conclusions
  18. L’audience et la décision de justice

Repères chronologiques

  1. 1463L’ordonnance de Montils-lès-Tours, obtenue par les états généraux auprès de Charles VII, prescrivit la rédaction officielle des coutumes de tous les pays de France.
  2. 1789La Révolution a mis fin à l’organisation juridique de l’ancien droit et le droit postrévolutionnaire s’est construit en opposition à celui-ci.
  3. 5 octobre 1790L’Assemblée constituante affirma sa volonté de donner à la France un code général.
  4. 13 août 1800Un arrêté des consuls chargea une commission de quatre magistrats — Tronchet, Bigot de Préameneu, Malleville et Portalis — de rédiger un nouveau projet de code.
  5. entre 1803 et 180436 lois furent votées et promulguées pour adopter le Code civil.
  6. 21 mars 1804Une loi réunit les lois déjà rendues obligatoires dans le Code civil des Français et abrogea le droit antérieur.
  7. 9 décembre 1905La loi a séparé les Églises et l’État et consacré le principe de laïcité.
  8. 4 novembre 1950La Convention européenne des droits de l’homme a été signée à Rome.
  9. 1974La France a ratifié la Convention européenne des droits de l’homme.
  10. 1er mars 2010La QPC, introduite par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, est entrée en vigueur.

1. Droit, morale, justice et équité

Notions clés & Définitions

  • Sujet de droit : Titulaire d’un droit subjectif.

★ À maîtriser

📌 Le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite qui régissent les relations entre les personnes, tandis que les droits subjectifs sont les prérogatives reconnues à un individu et invocables dans ses relations avec autrui.

  • Le droit fournit des règles de conduite destinées à assurer l’ordre, le progrès et la justice dans les relations sociales et à prévenir le recours à la violence ou à la loi du plus fort.

  • La morale puise notamment ses règles dans la religion, la conscience individuelle ou collective et la science, tandis que les règles de droit sont issues de l’État et des autorités étatiques.

  • La morale tend vers la perfection des individus, tandis que le droit vise principalement l’ordre et la paix pour la collectivité sans rechercher nécessairement cette perfection.

  • Le droit a une portée plus large que la justice, car certaines règles juridiques sont techniques et dépourvues de dimension de justice, et sa rigidité peut parfois conduire à sacrifier l’objectif de justice pour préserver son fonctionnement.

  • En droit français écrit, l’équité peut corriger la rigidité du droit mais ne le remplace pas, et le juge ne statue généralement pas en équité sauf lorsque la loi l’y autorise.

Compléments

📌 La morale impose des devoirs envers autrui, envers soi-même et parfois envers une divinité, tandis que le droit peut être moralement neutre ou consolider des situations immorales.

📌 La violation d’une règle morale est sanctionnée par la conscience, tandis que la violation d’une règle de droit est sanctionnée par l’autorité étatique et les pouvoirs publics.

  • Le recours à l’équité comporte un risque d’arbitraire et d’incertitude et peut provoquer des inégalités.

Astuce mémo

La morale vise la perfection individuelle ; le droit organise l’ordre collectif.

2. Droit et religion

Notions clés & Définitions

  • Système romano-germanique : Famille juridique fondée sur le droit romain et enrichie de solutions germaniques, où la législation constitue la base du droit et où les règles sont classées selon des catégories communes.
  • Common Law : Système juridique principalement anglo-saxon, formé progressivement à partir des affaires soumises aux juges et fondé sur la pratique des tribunaux et les précédents.

★ À maîtriser

📌 L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 qualifie la France de République indivisible, laïque, démocratique et sociale, garantit l’égalité devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion et respecte toutes les croyances.

📌 Lorsque des règles religieuses heurtent les valeurs fondamentales de la République sur lesquelles repose l’ordre juridique, le droit prime sur la règle religieuse.

Compléments

📌 Le droit émane de l’État, tandis que la religion émane d’instances religieuses diverses, même si le droit a été influencé ou dicté par la religion à certaines époques.

  • La liberté de conscience est prévue par l’article 10 de la DDHC de 1789 et la liberté religieuse est protégée par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.

  • La famille romano-germanique comprend notamment le droit français, la plupart des droits du continent européen et ceux d’Amérique latine.

  • Le cours cite comme pays de Common Law :

    • l’Angleterre
    • les États-Unis
    • l’Irlande
    • l’Inde
    • l’Australie
  • D’autres systèmes juridiques reposent sur des idéologies politiques, comme le droit communiste de l’ex-URSS, sur des religions, comme en Afghanistan, ou sur des coutumes, notamment dans des pays asiatiques ou africains.

Astuce mémo

La religion peut inspirer une règle ; en cas de conflit avec les valeurs fondamentales, le droit prime.

3. L’ancien droit français

Notions clés & Définitions

  • Coutume : Droit non écrit né des usages et caractérisé par une grande variété.

★ À maîtriser

📌 La diversité des coutumes entraînait une fragmentation du droit entre provinces et villes, tandis que leur imprécision créait une incertitude juridique.

Compléments

  • L’ancien droit français comptait environ 60 coutumes générales et environ 700 coutumes locales.

  • À partir du XVIIe siècle, la France était divisée entre le nord, où dominait la coutume, et le sud, où le droit romain était la coutume fondamentale des pays de droit écrit.

  • Le droit canonique, issu des règles de l’Église chrétienne et principalement des décisions des papes, a influencé l’évolution des coutumes et régissait notamment le mariage.

📌 Les ordonnances royales s’étendaient à tout le royaume à condition d’être enregistrées par les parlements.

  • La doctrine et la jurisprudence ont contribué à unifier le droit en écrivant, interprétant et fixant les coutumes.

4. Révolution et droit intermédiaire

★ À maîtriser

  • Le droit intermédiaire désigne la période allant de la Révolution à l’adoption du Code civil en 1804.

  • Le droit intermédiaire est marqué par des principes individualistes, libéraux et égalitaires, ainsi que par la succession d’une monarchie constitutionnelle, d’une république, d’un Directoire et d’un Consulat.

Compléments

  • La période révolutionnaire a laïcisé le mariage et l’état civil, nationalisé les biens du clergé et supprimé les institutions aristocratiques et les privilèges.

  • La Révolution a consacré la liberté et la propriété individuelle et supprimé les provinces, contribuant à l’unité politique de la France.

  • La suppression des tribunaux et des parlements suprêmes provinciaux et la mise en place d’un système judiciaire commun ont unifié la justice française.

5. Codification napoléonienne

★ À maîtriser

  • Le Code civil, aussi appelé Code napoléonien, a consacré une grande partie des réformes révolutionnaires dans un esprit individualiste et libéral et a servi de modèle à de nombreux codes étrangers.

Compléments

  • La Constitution de 1791 prévoyait de se référer à un code des lois civiles communes à tout le royaume.

  • Plusieurs projets de code préparés par Cambacérès furent rejetés parce qu’ils étaient jugés trop compliqués et trop conservateurs.

  • La commission rédigea son projet en quatre mois, qui fut discuté au Conseil d’État sous la présidence de Cambacérès ou de Bonaparte, ce dernier prenant personnellement part aux débats.

  • Le Code civil reste en vigueur, bien qu’il ait été largement réformé et que certaines de ses parties aient été réécrites ou renumérotées.

  • Environ un cinquième du Code civil n’a jamais été modifié et conserve des dispositions de l’époque de sa rédaction.

  • Le Code civil a perdu une partie de son rôle de fondement du droit avec le développement de disciplines comme le droit de la concurrence, le droit de l’environnement et le droit de la consommation.

  • Après le Code civil, le Code de procédure civile a été adopté en 1806, le Code de commerce en 1807, le Code d’instruction criminelle en 1808 et le Code pénal en 1810.

6. Droit pénal et intérêts protégés

Notions clés & Définitions

  • Droit pénal : Institue et aménage le droit de punir appartenant à la société, exercé par la personne publique, notamment le ministère public ou le procureur de la République.
  • Règle supplétive : S’applique à défaut d’une volonté contraire des personnes concernées.

★ À maîtriser

📌 Le droit public poursuit généralement l’intérêt général et comporte surtout des règles impératives, tandis que le droit privé vise les intérêts individuels et comprend des règles impératives et supplétives.

Compléments

  • Le droit pénal protège les individus dans leur vie, leur propriété et leur honneur et constitue ainsi une sanction ultime du droit privé.

  • En droit du mariage, la prohibition de l’inceste est une règle impérative, tandis que le régime légal de communauté réduite aux acquêts s’applique par défaut si les époux n’ont pas conclu de contrat de mariage.

Astuce mémo

Intérêt général pour le droit public, intérêts individuels pour le droit privé

7. Droit positif et normes constitutionnelles

Notions clés & Définitions

  • Droit positif : Ensemble des règles juridiques en vigueur dans un État à un moment donné.
  • Constitution : Détermine la forme de l’État, la dévolution et l’exercice du pouvoir ainsi que les principes auxquels l’État est attaché.
  • Loi au sens large : Regroupe l’ensemble des textes juridiques qui composent le droit positif.

★ À maîtriser

📌 Une loi demeure applicable de son entrée en vigueur jusqu’à son abrogation ; un texte désuet qui n’a jamais été abrogé appartient toujours au droit positif.

  • Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement et des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Compléments

📌 Une loi est abstraite, générale et formulée pour des situations typiques, tandis qu’une décision destinée à régler un cas particulier ne présente pas ces caractéristiques générales.

  • La Constitution de la Ve République date du 4 octobre 1958.

  • Les lois organiques précisent généralement l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics et ont une forme juridique supérieure aux lois ordinaires, sans avoir valeur constitutionnelle ni être directement intégrées au bloc de constitutionnalité.

8. Traités et droit européen

★ À maîtriser

  • Les traités et accords internationaux sont signés par le représentant de l’État français puis ratifiés ; la signature seule ne suffit pas à les faire entrer en vigueur.

  • Dans la hiérarchie des normes, les traités doivent être conformes à la Constitution et sont supérieurs aux lois ordinaires, sous condition de réciprocité.

  • Les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme n’annulent pas le droit interne, mais ils sont obligatoires et peuvent condamner les États.

  • Un règlement européen est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable sans transposition, tandis qu’une directive lie les États quant au résultat et doit en principe être transposée en droit interne.

  • La primauté impose d’écarter une loi nationale incompatible avec une norme européenne applicable, tandis que la subsidiarité limite l’intervention de l’Union aux compétences qui lui sont attribuées.

Compléments

📌 Les traités entrés dans le droit interne sont immédiatement applicables lorsqu’ils énoncent des obligations suffisamment précises, mais pas lorsque leurs obligations sont trop vagues pour une application directe par le juge national.

  • La Cour européenne des droits de l’homme peut être saisie par des États ou des particuliers, ces derniers devant notamment avoir épuisé les voies de recours internes.

  • Le droit primaire de l’Union européenne repose sur le traité sur l’Union européenne (TUE) et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), dont la dernière version mentionnée date de 2009.

  • Un règlement européen entre en vigueur le vingtième jour suivant sa publication au Journal officiel de l’Union européenne, sauf disposition contraire.

📌 Une directive non transposée peut produire des effets analogues à ceux d’un règlement si elle est inconditionnelle et suffisamment précise.

  • Les compétences exclusives de l’Union européenne comprennent : l’union douanière, les règles de concurrence du marché intérieur, la politique monétaire des États de la zone euro, la politique commerciale commune

  • Les compétences partagées de l’Union européenne comprennent notamment :

    • la politique sociale
    • la politique agricole
    • la politique environnementale
    • la protection des consommateurs
    • les transports

Astuce mémo

Règlement directement applicable, directive à transposer en principe

9. Lois et règlements nationaux

Notions clés & Définitions

  • Ordonnance : Règle prise par le gouvernement ou le président de la République avec force de loi, sans être votée par le Parlement, dans les cas prévus par la Constitution.
  • Règlement administratif : Acte pris par le pouvoir exécutif, notamment sous la forme d’un décret ou d’un arrêté.

★ À maîtriser

  • Les lois proprement dites émanent du pouvoir législatif et du Parlement ; leur initiative appartient au Premier ministre et, sous certaines réserves, aux membres du Parlement.

  • 🔄 L’adoption d’une loi suit généralement les étapes suivantes :

    1. le Parlement vote le texte
    2. le président de la République le promulgue
    3. le texte est publié au Journal officiel

📌 Une loi nouvelle abroge implicitement une loi ancienne lorsqu’elles sont incompatibles, car la loi nouvelle prime alors sur la loi ancienne.

📌 La loi n’est en principe pas rétroactive et ne s’applique pas aux situations antérieures dont les effets ont été entièrement consommés sous la loi précédente.

Compléments

  • Le président de la République dispose de quinze jours pour promulguer une loi ; sauf délai différent prévu par la loi, celle-ci entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel.

  • Les lois référendaires sont adoptées par référendum en application de l’article 11 de la Constitution, tandis que les lois parlementaires sont votées par le Parlement.

  • L’article 38 de la Constitution permet au gouvernement, après autorisation du Parlement, de prendre par ordonnance pendant une durée limitée des mesures relevant normalement du domaine de la loi ; ces ordonnances sont soumises à ratification parlementaire.

  • L’article 16 de la Constitution permet au président de la République de prendre les mesures exigées par des circonstances menaçant gravement les institutions, l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire ou les engagements internationaux, lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu.

  • Les décrets peuvent être :

    • simples
    • pris en conseil des ministres
    • pris après avis du Conseil d’État
  • Les arrêtés peuvent être :

    • ministériels
    • préfectoraux
    • municipaux

Astuce mémo

Vote → promulgation → publication → entrée en vigueur

10. Jurisprudence, coutume et doctrine

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions de justice rendues dans une matière ou une branche du droit.
  • Coutume : Usage général et prolongé qui constitue une source du droit sans pouvoir être contraire à la loi.
  • Doctrine : Ensemble des analyses, opinions et commentaires écrits par des spécialistes du droit, qui inspirent le législateur et les juges.

★ À maîtriser

📌 La jurisprudence se forme lorsque plusieurs décisions de justice vont dans le même sens ; une décision isolée ne constitue pas une jurisprudence.

Compléments

  • Les juges peuvent interpréter ou compléter les règles et s’appuyer sur des principes généraux, ce qui permet à la jurisprudence de compléter les règles manquantes et de créer du droit.

📌 La loi prime sur la jurisprudence et peut consolider, amplifier ou combattre une solution jurisprudentielle.

11. Juridictions constitutionnelles

Notions clés & Définitions

  • Question prioritaire de constitutionnalité : Permet à un justiciable de contester, au cours d’une instance, la conformité à la Constitution d’une disposition législative déjà en vigueur.

★ À maîtriser

  • Le Conseil constitutionnel comprend neuf membres nommés pour neuf ans, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans ; les anciens présidents de la République peuvent également en être membres s’ils le souhaitent.

  • Le Conseil constitutionnel contrôle a priori la conformité des lois et des engagements internationaux à la Constitution avant leur promulgation.

Compléments

  • Le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat nomment chacun trois membres du Conseil constitutionnel.

  • Pour être transmise au Conseil constitutionnel, une QPC doit concerner une disposition : applicable au litige, qui n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution, qui n’est pas dépourvue de caractère sérieux

12. Juridictions judiciaires de première instance

Notions clés & Définitions

  • Tribunal judiciaire : Juridiction civile de droit commun qui juge les affaires de droit privé lorsque la loi n’en attribue pas la compétence à une autre juridiction.

★ À maîtriser

  • Les tribunaux de commerce, composés de juges commerçants élus, connaissent des litiges entre commerçants et des procédures collectives de redressement ou de liquidation judiciaire.

  • Les conseils de prud’hommes jugent les litiges entre employeurs et salariés et sont composés de représentants nommés des deux groupes, à parité de deux représentants chacun.

📌 Les contraventions relèvent du tribunal de police, les délits du tribunal correctionnel et les crimes de la cour criminelle départementale ou de la cour d’assises selon le cas.

Compléments

  • La loi du 23 mars 2019 a fusionné le tribunal de grande instance et le tribunal d’instance en un tribunal judiciaire à compter du 1er janvier 2020.

  • Le tribunal judiciaire statue à juge unique pour les affaires dont l’enjeu est inférieur à 10 000 € et de manière collégiale pour celles dont l’enjeu est supérieur à 10 000 € ; certains anciens tribunaux d’instance sont devenus des tribunaux de proximité.

  • La procédure prud’homale commence par une tentative de conciliation devant le bureau de conciliation ; en cas d’échec, l’affaire est renvoyée devant le bureau de jugement.

  • Le tribunal paritaire des baux ruraux juge uniquement les litiges relatifs aux baux ruraux et comprend un juge du tribunal judiciaire et quatre assesseurs, dont deux propriétaires terriens et deux fermiers ou métayers.

  • Le pôle social du tribunal judiciaire connaît des contestations entre les organismes de sécurité sociale et les usagers.

  • Les contraventions sont réparties en cinq classes ; l’amende va de 38 € pour la première classe à 1 500 € pour la cinquième classe et peut être doublée en cas de récidive.

  • Les délits sont des infractions de moyenne gravité punies d’une amende d’au moins 3 750 € et d’un emprisonnement pouvant atteindre dix ans, voire vingt ans en cas de récidive.

  • Les crimes sont les infractions les plus graves et sont punis d’une peine de réclusion criminelle de quinze ans à la perpétuité.

  • La cour criminelle départementale, entrée en fonction le 1er janvier 2023, comprend cinq magistrats professionnels et juge les crimes punis de quinze à vingt ans de réclusion commis par des majeurs hors récidive légale.

  • La cour d’assises est compétente pour les crimes qui ne relèvent pas de la cour criminelle départementale et comprend des magistrats et six jurés citoyens tirés au sort sur les listes électorales.

Astuce mémo

Contravention → police ; délit → correctionnel ; crime → assises ou cour criminelle

13. Les juridictions du second degré

Notions clés & Définitions

  • Appel : Voie de recours qui soumet une décision de premier degré à une juridiction supérieure, laquelle rejugera l’affaire en fait et en droit et pourra confirmer ou infirmer la décision.

★ À maîtriser

  • La cour d’appel est la juridiction de second degré de droit commun pour les litiges relevant des juridictions judiciaires et comprend des chambres civile, commerciale, sociale et criminelle.

  • La cour d’assises d’appel connaît des appels des décisions des cours d’assises et comprend neuf jurés, contre six dans la cour d’assises initiale.

Compléments

  • Le double degré de juridiction garantit au justiciable un nouvel examen de son affaire par des magistrats présentés comme plus expérimentés et souvent moins surchargés.

  • En audience ordinaire, la cour d’appel siège en formation collégiale de trois magistrats : un président et deux conseillers.

  • En audience solennelle, la cour d’appel siège avec cinq magistrats : un président et quatre conseillers, notamment lors d’un renvoi après cassation.

  • L’accusé et le ministère public peuvent faire appel d’une décision de cour d’assises ; si la partie civile est la seule à faire appel, son recours porte uniquement sur les dommages et intérêts devant la chambre des appels correctionnels.

14. La Cour de cassation

★ À maîtriser

  • La Cour de cassation est la juridiction suprême de l’ordre judiciaire et contrôle les décisions des juges du fond afin d’assurer le respect de la loi et l’uniformité de son interprétation.

📌 La Cour de cassation est juge du droit et ne constitue pas un troisième degré de juridiction, car elle ne rejugera pas l’affaire en fait et en droit.

  • L’assemblée plénière réunit toutes les chambres lorsqu’un pourvoi pose une question de principe ou qu’un second pourvoi sur le même moyen oppose les juges du fond à la Cour de cassation.

  • Après une cassation avec renvoi, une juridiction de même degré rejugera l’affaire ; si elle refuse de suivre la Cour de cassation sur le même moyen, un second pourvoi conduit l’assemblée plénière à statuer, et sa décision s’impose à la juridiction de renvoi ultérieure.

Compléments

  • La Cour de cassation comprend six chambres, dont trois chambres civiles, une chambre commerciale, une chambre sociale et une chambre criminelle, avec au moins cinq membres par chambre.

  • La chambre mixte réunit au moins trois chambres lorsqu’une affaire relève de plusieurs chambres ou que celles-ci ont rendu des solutions divergentes.

📌 La cassation sans renvoi est possible lorsque la correction de la règle de droit ne modifierait pas la solution du litige.

Astuce mémo

La Cour de cassation juge le droit ; les juges du fond jugent les faits et le droit.

15. Les juridictions administratives

Notions clés & Définitions

  • Ordre administratif : Ordre compétent pour connaître des litiges entre les particuliers et les administrations lorsque la puissance publique est en cause, notamment celle de l’État, des départements, des régions, des communes ou des établissements publics.
  • Tribunal des conflits : Juridiction qui tranche les conflits de compétence entre les juridictions de l’ordre judiciaire et celles de l’ordre administratif.

★ À maîtriser

  • Les tribunaux administratifs sont les juridictions de droit commun du premier degré en matière administrative et statuent en premier et dernier ressort sur les litiges énumérés à l’article R. 222-13 du Code de justice administrative.

  • Les cours administratives d’appel connaissent des appels formés contre les décisions des tribunaux administratifs.

  • Le Conseil d’État peut intervenir comme juge de cassation, juge d’appel ou juge de premier et dernier ressort selon les matières.

Compléments

  • Parmi les juridictions administratives spécialisées figurent : la Cour des comptes, la Commission centrale d’aide sociale, la Cour nationale du droit d’asile, les sections disciplinaires des ordres professionnels

  • Le Conseil d’État comprend six sections, dont cinq sections administratives et une section contentieuse ; les sections administratives examinent les projets d’ordonnances, de décrets et d’arrêtés au regard des textes supérieurs.

  • Le Tribunal des conflits est présidé par un président élu en son sein et comprend huit membres : quatre conseillers d’État élus par le Conseil d’État et quatre magistrats de la Cour de cassation élus par celle-ci.

16. L’introduction de l’instance

Notions clés & Définitions

  • Instance : Ensemble des actes de procédure allant de la demande en justice jusqu’au jugement ; une voie de recours ouvre une nouvelle instance.
  • Assignation : Acte de procédure par lequel le demandeur informe son adversaire qu’il engage un procès et l’appelle à comparaître devant une juridiction.
  • Principe du contradictoire : Exige que chaque partie ait pu prendre connaissance des arguments de l’autre et les discuter.
  • Intervention : Entrée dans le procès d’une personne qui n’en était pas partie ; elle peut être volontaire ou forcée.
  • Signification : Acte par lequel une partie porte un acte ou une décision de justice à la connaissance de son adversaire, par l’intermédiaire d’un commissaire de justice.
  • Notification : Communication d’une demande par le tribunal.

★ À maîtriser

  • En première instance, la partie qui forme la demande est le demandeur et celle contre laquelle elle est formée est le défendeur ; en appel, les parties sont respectivement l’appelant et l’intimé.

  • La demande principale est présentée d’emblée, tandis que les demandes subsidiaires ne sont examinées qu’en cas de rejet de la demande principale.

  • En procédure écrite, les demandes et arguments doivent être présentés par écrit pour être pris en compte ; en procédure orale, ils peuvent être présentés oralement ou par écrit si le contradictoire est respecté.

Compléments

  • La qualité d’appelant ne dépend pas de celle de demandeur en première instance : le défendeur peut faire appel et devenir appelant, tandis que le demandeur devient alors intimé.

📌 L’appel formé en premier est l’appel principal et l’appel formé ensuite par l’autre partie est l’appel incident.

  • En cours d’instance, le demandeur peut former des demandes additionnelles et le défendeur des demandes reconventionnelles.

  • La procédure écrite est obligatoire devant la cour d’appel, la cour administrative et pour les litiges de plus de 10 000 €.

Astuce mémo

L’appel principal ouvre la voie ; l’appel incident permet à l’autre partie de répondre par un appel.

17. La préparation du dossier et les conclusions

Notions clés & Définitions

  • Référé : Procédure d’urgence dans laquelle un juge unique peut prendre une mesure provisoire en attendant que le litige soit tranché au fond.
  • Mise en état : Phase d’instruction d’une procédure écrite, conduite par un juge de la mise en état avant le jugement.
  • Conclusions : Écrits des avocats qui exposent leurs demandes et leurs moyens de fait ou de droit ; devant les juridictions administratives, ces écrits sont appelés mémoires.

★ À maîtriser

📌 Les moyens sont les arguments des parties, tandis que les motifs sont les réponses et le raisonnement du juge qui constituent la motivation de la décision.

  • Le juge doit répondre à l’ensemble des moyens, et l’absence de motivation ou de réponse à l’un d’eux peut conduire à la cassation de la décision.

Compléments

  • L’ordonnance de référé est rendue après une audience publique et contradictoire, est exécutoire à titre provisoire et n’a pas au fond l’autorité de la chose jugée.

  • Pendant la mise en état, la représentation par avocat est obligatoire et le juge peut ordonner les mesures d’instruction nécessaires et statuer sur les exceptions de procédure.

  • La mise en état se termine par une ordonnance de clôture, par laquelle le juge se dessaisit du dossier et renvoie l’affaire devant la juridiction de jugement.

  • Les conclusions sont obligatoires en procédure écrite et ne peuvent pas être déposées après la clôture des débats, tandis qu’elles ne sont pas obligatoires en procédure orale.

  • En matière pénale, le procureur de la République présente des réquisitions ; lorsqu’il intervient dans une affaire civile, il présente des conclusions.

  • Les arguments juridiques des parties peuvent être analogiques, a fortiori, a contrario ou présentés à titre principal et subsidiaire dans une argumentation à tiroir.

  • Le juge doit relever d’office les moyens dont l’existence ressort des pièces du dossier lorsque la jurisprudence impose ce relevé.

18. L’audience et la décision de justice

Notions clés & Définitions

  • Décision définitive : Décision qui n’est plus susceptible de recours, parce que les recours ont été épuisés ou que leurs délais sont écoulés.
  • Exécution provisoire : Décision accessoire de la juridiction de première instance qui autorise l’exécution du jugement malgré un recours.

★ À maîtriser

  • À l’audience, les avocats plaident, le défendeur prend la parole en dernier, puis le juge clôt les débats et met l’affaire en délibéré.

  • Une décision de justice doit être motivée afin d’exposer les raisons du choix du juge et de permettre aux parties de la comprendre et de la contester.

  • Les juridictions du premier degré rendent des jugements, tandis que les juridictions d’appel, la Cour de cassation et la cour d’assises rendent des arrêts.

📌 L’appel est suspensif et suspend l’exécution de la décision de première instance jusqu’à l’arrêt d’appel, tandis que le pourvoi en cassation n’est pas suspensif.

📌 L’autorité de la chose jugée interdit aux parties d’engager un nouveau procès sur le même différend, tandis que la force de la chose jugée confère à la décision définitive le caractère d’une vérité judiciaire irréfragable.

Compléments

  • Le délibéré est la période pendant laquelle les juges examinent les pièces et débattent de la décision ; aucun délai général de deux mois n’est imposé pour rendre celle-ci.

  • Les décisions des tribunaux et des cours d’appel peuvent faire l’objet d’une exécution forcée lorsqu’elles sont définitives et revêtues de la formule exécutoire.

  • Si une décision exécutée à titre provisoire est infirmée en appel, l’exécution réalisée est remise en cause et donne lieu à des restitutions.

Astuce mémo

Débats clos → délibéré → décision motivée.

Tableaux de synthèse

Juridictions pénales selon l’infraction

InfractionJuridictionRepère
ContraventionTribunal de policeCinq classes
DélitTribunal correctionnelInfraction de moyenne gravité
CrimeCour criminelle départementale15 à 20 ans, majeur hors récidive légale
CrimeCour d’assisesCrimes ne relevant pas de la cour criminelle départementale

Formations de la cour d’appel

FormationCompositionSituation
Audience ordinaireTrois magistrats : un président et deux conseillersFormation habituelle
Audience solennelleCinq magistrats : un président et quatre conseillersNotamment après un renvoi de cassation

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Que désigne le droit objectif ?

L’ensemble des règles de conduite régissant les relations entre les personnes.

Quels objectifs le droit poursuit-il dans les relations sociales ?

Assurer l’ordre, le progrès et la justice, et prévenir le recours à la violence ou à la loi du plus fort.

De quelles sources proviennent principalement les règles de droit ?

De l’État et des autorités étatiques.

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